Note : J'étais déjà désolée au chapitre précédent... Et je le suis toujours. Encore du Neaicream. C'est ce qui m'inspire en ce moment.
Chapitre 11 : Déclinaisons
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Chocolats
La St Valentin.
Jeanne ne voit que peu d'intérêt à cette fête Hao aucun. Mais ça n'empêche pas Tamao de s'appliquer en préparant ses chocolats qu'elle mettrait ensuite dans des ballotins rouges. Elle a fait du chocolat noir en pensant à Hao, du chocolat blanc pour représenter Jeanne et du chocolat au lait pour elle-même. Et désormais, elle les répartit équitablement dans chaque ballotin.
- Il y a plus de chocolats blancs que de chocolats au lait dans le mien, je dois y voir un signe ? fait Hao en haussant un sourcil lorsqu'elle lui tend son présent.
Mais Tamao l'ignore royalement. Elle les a comptés, elle sait qu'il y en a autant dans chaque.
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Fruits
- Je vous propose un jeu, lance Yoh avec enthousiasme. On pense tous à deux ou trois personnes, on trouve le fruit qui leur irait le mieux et on l'écrit sur un petit bout de papier. Après on les mélange et on s'amuse à deviner qui correspond au fruit qu'on tire.
Hao soupire. Son frère ne grandira jamais.
Cependant, il attrape une feuille de papier et un crayon comme les autres et se prête au jeu.
Alors, un lichi pour Jeanne – coque bien dur d'Iron Maiden à l'extérieur, toute tendre et sucrée à l'intérieur – et une framboise pour Tamao.
Yoh mélange tous les petits papiers dans un chapeau qu'il a emprunté à Faust puis en tire un au hasard.
- Piment ! s'exclame-t-il.
Et tous les regards convergent aussitôt vers Hao. Lequel d'entre eux a écrit ça ?
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Saisons
Jeanne trouve que Tamao lui fait penser au printemps. C'est un sentiment qu'elle a du mal à expliquer mais quelque chose dans son sourire, dans sa voix et dans ses gestes évoque les fleurs qui s'ouvrent après l'hiver. À moins que ce ne soit simplement dû à la couleur de ses cheveux qui est pareille à celle des fleurs de cerisier.
Jeanne en a parlé à Hao, une fois. Et comme elle s'est laissée emballer, elle a commencé à le comparer à l'automne, lui et sa robe orangée, ses longs cheveux bruns et ses apparitions au crépuscule. Elle-même s'identifie assez bien à l'hiver, parce qu'elle est aussi douce que la neige, pas vrai ? Et non pas aussi mordante que le froid comme disent certains.
- Je peux aussi faire l'été, s'était proposé Hao avec un sourire en coin.
Et il avait trouvé drôle de faire monter la température de la pièce d'une dizaine de degrés.
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Parfums
Ça les tracassait. Elles savaient bien qu'elles ne devaient pas en tenir compte mais ça ne leur sortait plus de la tête. Que Magna les ait appelées « les deux poupées », ça ne leur plaisait pas. Qu'il ait ajouté que, comme ça, même quand il y en avait une d'occupée il y en avait toujours une de libre, ça ne leur plaisait vraiment pas. Elles n'étaient pas interchangeables. Et parce qu'elles avaient toutes deux un léger problème de confiance en elles il fallait qu'elles le prouvent, aussi s'étaient-elles mises en tête de faire passer des tests à Hao. Et parce qu'il savait qu'elles avaient besoin d'être rassurées et que, de toute façon, à un contre deux il n'avait pas le choix, il s'était prêté au jeu.
Elles lui avaient demandé qui avait cuisiné le gâteau et il avait répondu Jeanne, car ça manquait de beurre. Elles lui avaient demandé qui avait utilisé la salle de bains en dernière et il avait répondu Tamao, car les shampoings et savons étaient rangés par ordre selon leurs noms japonais. Elles lui avaient demandé à qui appartenait la silhouette derrière une tenture et il avait répondu Tamao, car Jeanne était plus grande. Elles lui avaient demandé de qui Casablanca était le film préféré et il avait répondu Jeanne, car Tamao préférait Titanic.
Puis elles lui avaient fait faire des jeux. Reconnaître leurs dessins, reconnaître leurs cupcakes, reconnaître leurs vêtements, reconnaître leurs broderies, reconnaître leurs tentes, reconnaître leurs écritures, les reconnaître elles, après les avoir attrapées dans le noir. Sans tricher et utiliser ses sens shamaniques. Il aurait eu envie de répliquer que ce n'était pas tricher mais il s'était plié docilement à leurs contraintes. Il était patient, quand il en avait envie.
Décidé à attraper Jeanne en premier, il suit le parfum français sur sa droite que Marco fait livrer exprès pour elle, délaissant temporairement l'arôme fruité sur sa gauche. Coincer sa reine contre un mur est un jeu d'enfant.
Il met un bras de chaque côté de sa tête, se rapproche, embrasse sa gorge, tique sur le goût de sa peau et sa respiration.
- Et vous vous croyez malines, hein ? souffle-t-il en comprenant.
Elles avaient échangé leurs parfums.
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Pâtisseries
Tamao s'est appliqué pour réussir ses éclairs au chocolat. Elle en est assez fière. Ils seront parfaits avec ses religieuses à la créme et ses tartelettes aux framboises.
Toute contente, elle aligne ses pâtisseries sur un grand plateau et part à la recherche de ses amants. Elle tombe assez vite sur Hao qui accepte de la suivre, non sans un sourire moqueur.
Cependant, quand ils arrivent à la cuisine, nulle trace de pâtisserie.
- Jeanne ! appelle Tamao, contrariée.
Mais elle sait déjà que quand elle mettra la main sur la gourmande, ses grands yeux innocents la forceront à la pardonner.
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Vins
Comme ils sont en France, Jeanne les a invités au restaurant. Elle est toute fière, toute heureuse, alors qu'elle demande leur table au serveur.
- J'ai réservé au nom de Maxwell, indique-t-elle.
Hao lève les yeux au ciel.
- Une table pour trois, suivez-moi.
Jeanne emboîte le pas au serveur avec un grand sourire, Tamao avec hésitation.
- Voilà, c'est ici, leur indique le serveur en leur présentant une table.
Hao tire une chaise à Tamao qui vire au rouge brique en s'asseyant. Jeanne attend car elle veut qu'il lui fasse la même chose. Et comme il le fait en se moquant d'elle, elle fait mine d'être vexée.
- Vous prendrez quelque chose à boire ? leur propose le serveur.
- Un verre de vin blanc, demande aussitôt Jeanne.
- Doux ou sec ?
- Doux.
Elle préfère le sucré.
- Et pour vous ?
Tamao sent ses joues la brûler.
- Un verre de rosé, s'il vous plaît, s'efforce-t-elle d'articuler.
- Et un verre de rouge pour Monsieur ? plaisante le serveur en se tournant vers Hao.
Ce dernier sourit, de ce sourire que Jeanne et Tamao savent reconnaître comme annonciateur des pires tourments et des nuits blanches.
- Vous n'auriez pas plutôt du saké ?
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Couleurs
Tamao ne s'était jamais essayé à la peinture, c'était une première.
C'était Jeanne qui l'y avait poussé, elle voulait peindre elle aussi. Elles avaient pris une grande toile, qu'elles avaient posé sur un chevalet acheté exprès sur l'insistance de la française. À côté reposait la palette de peinture avec toutes les couleurs imaginables. Le but de Jeanne, c'était de les mettre toutes sur la toile.
- Ça risque de faire trop, non ? avait fait remarquer Tamao.
Mais Jeanne ne voulait rien entendre. Elle s'était armée de ses pinceaux qu'elle avait trempé dans la peinture rose, mais n'avait pas encore commencé à peindre qu'elle poussa un grand cri.
Tamao contempla avec stupeur les longs cheveux blancs plein de peinture rouge.
- Oh pardon, j'ai confondu avec la toile, blanc sur blanc, tout ça…
Coupable, Hao balançait son pinceau devant lui avec un immense sourire.
Jeanne partit aussitôt à l'attaque, éclaboussant le poncho blanc du roi avec sa peinture rose. Hao réussit cependant, après l'avoir esquivée une ou deux fois, à bloquer la main de Jeanne et à retourner sa peinture rose contre elle, colorant sa robe de poupée de porcelaine blanche et noire.
Tamao les regarda se battre avec désespoir, jusqu'à ce qu'ils commencent à mettre de la peinture sur les murs. Ils n'allaient quand même pas lui saccager l'auberge !
Elle attrapa les deux tubes qui lui tombèrent sous la main – blanc et noir – les ouvrit et les vida sur ses deux amants. Si cela calma Jeanne, ça n'ôta pas son sourire à Hao.
- Tu veux de l'aide pour tout nettoyer ?
Et avant que Tamao n'ait le temps de refuser, il se mit à pleuvoir dans l'auberge.
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Bijoux
Jeanne porte toujours une chaîne en argent avec une croix, lorsqu'elle doit choisir comment se vêtir. Même quand le col de sa robe couvre sa gorge, elle enfile son collier et le glisse à l'intérieur du vêtement.
Hao, lui, a ses boucles d'oreille. Il les porte moins souvent maintenant qu'il est roi mais celui lui arrive de les remettre.
Tamao par contre ne porte jamais de bijoux et Jeanne est bien embêtée pour savoir quoi lui choisir.
- Un collier ? Des boucles ? Un bracelet ? Une bague ?
- Toujours là ? lui demande Hao en la rejoignant dans la boutique.
- Oui, soupira Jeanne. Aide-moi, supplie-t-elle.
- À ta place, je lui offrirais des fleurs.
Et Jeanne, contrariée, lui tire la langue, non sans décider de suivre son conseil et de plutôt offrir à Tamao une nouvelle ceinture pour ses kimonos.
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Fleurs
Jeanne regarde Tamao arroser ses fleurs roses en chantonnant, assise sur le muret. Elle voulait vraiment s'y assoir, alors elle a lissé sa jolie robe et elle a demandé à Hao de l'y déposer sans abîmer ses vêtements. Il avait été assez adorable pour la contenter, non sans se moquer bien sûr.
- Ce sont des camélias ? demande-t-elle.
Hao lui adresse un sourire doux.
- J'aurai pu lui choisir des camélias… originaires du Japon, symboles de perfection… mais j'ai préféré des bleuets.
Jeanne se vexe et détourne la tête.
- Qu'est-ce qu'il y a ? lui demande Hao.
- Je n'aime pas tu te moques de la sorte.
- Je ne me moque pas.
Et il le dit d'une voix si sérieuse que Jeanne le foudroie du regard.
- Des bleuets roses ? lance-t-elle.
- Oui, répond simplement Hao sans se départir de son calme. Il en existe des roses, des blancs et des bleus.
- Oh…
La contrariété disparaît du visage de Jeanne.
- Je suis désolée, je n'ai pas été correcte.
- Que t'arrive-t-il Maiden ? Serais-tu en train de s'excuser ?
Jeanne affronte le regard moqueur du Shaman King quelques instants avant de détourner la tête, le feu aux joues. Elle n'aime pas quand il l'appelle Maiden. Elle ne l'est plus depuis déjà un petit moment et il le sait très bien, étant donné qu'il en est en partie responsable.
- Pourquoi les bleuets au lieu des camélias ? demande-t-elle, espérant reprendre une contenance.
- Ils représentent la poésie, la délicatesse et la timidité, accepta de lui répondre le roi en s'asseyant à côté d'elle sur le muret.
- Et les lys, ils représentent aussi quelque chose ? questionne soudain Jeanne en pensant aux fleurs qu'il lui a remis le matin même.
Les lèvres d'Hao s'étirent en un sourire.
- La légende dit que le lys serait né des larmes d'Eve lors de son départ du jardin d'Eden… C'est une fleur faite pour toi, Maiden.
Et Jeanne se jure de lui offrir des orties.
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Glaces
Elles n'ont pas très faim, alors elles ne prennent qu'une boule de glace chacune : Vanille pour Jeanne, Fraise pour Tamao. Hao, lui, préfère la glace au chocolat.
- Ah je suis désolé, on n'a plus de chocolat, s'excuse le vendeur.
Tamao sent la tension dans l'air monter d'un coup et plaint le pauvre garçon qui vient de s'attirer l'ire du roi. Puis elle croise le regarde de Jeanne qui a le sourire au bord des lèvres et ne peut s'empêcher de trouver cela drôle, elle aussi.
- Ce n'est pas grave, donnez-moi plutôt une vanille-fraise, susurre Hao.
Les deux femmes se figent au timbre de sa voix et déglutissent. Elles savent reconnaître les menaces et promesses sous-jacentes de leur amant et, brusquement, elles n'ont plus du tout envie de rire.
