Bonjour à toutes et à tous,
Merci pour vos nombreuses reviews, c'est toujours un immense plaisir de vous lire et de voir que vous êtes toujours aussi nombreux à nous lire chaque semaine !
Maintenant, plus de parlotes, place au chapitre !
Bonne lecture !
Chapitre 11 : Hypnose
Pansy avait fermé les rideaux du salon. La pièce baignait dans la pénombre. Anxieuse, Hermione jouait nerveusement avec sa baguette, assise sur le canapé. Elle avait visiblement du mal à tenir en place. Minerva s'approcha de son ancienne élève et lui prit l'objet des mains.
- Ca va aller. Ne t'en fais pas, murmura-t-elle d'un ton rassurant.
- Bien sûr que ça va aller, ricana Pansy. C'est le super docteur en hypnose, moi, qui vais officier aujourd'hui ! Qu'est-ce que vous croyez ?
- Que ça mal finir, marmonna la Gryffondor, maussade.
Pansy s'installa confortablement dans un fauteuil et posa un livre sur ses jambes croisées. Elle l'ouvrit et le feuilleta rapidement.
- Histoire de l'hypnose, je m'en tape… Les différents courants, rien à battre. Ah ! Voilà ! Mettre quelqu'un en état d'hypnose. Bon… gnagnagna… Ouais… moui… D'accord… fit la Serpentard en lisant. C'est bon, j'ai le truc. Hermione, ferme les yeux et laisse-toi aller contre le dossier.
La Gryffondor jeta un coup d'œil angoissé à McGonagall qui se tenait droite à côté du divan. Cette dernière acquiesça et la brune fit ce que la vert et argent lui disait.
- Respire tranquillement, murmura Pansy d'un ton apaisant. Concentre-toi sur ma voix. Tous tes muscles se détendent… Tes paupières sont lourdes… Respire calmement, Hermione.
- Tu m'énerves, grommela la rouge et or, les yeux fermés.
- Tu te sens merveilleusement bien, continua Parkinson, imperturbable, en jetant un coup d'œil au manuel. Tu vas t'endormir. Tu es fatiguée… Tu veux te reposer…
Elle se mit à murmurer, épiant les réactions de la Gryffondor. Hermione tentait de rester sérieuse, ravalant la grimace qui se dessinait sporadiquement sur ses lèvres. Minerva soupira en roulant des yeux. Elle alla s'asseoir à côté de son ancienne préfète et lui prit doucement la main.
- Laisse-toi aller Hermione. Écoute la voix de Pansy, laisse-toi bercer par son rythme.
La Serpentard remercia muettement la Directrice et continua à tenter d'endormir sa collègue. Elle finit par y parvenir un quart d'heure plus tard, et elle en fut la première étonnée.
- Ca marche vraiment ce truc ! chuchota-t-elle en regardant la couverture du livre. La prochaine fois, je tente l'hypnose érotique. C'est marqué qu'on peut avoir des orgasmes…
Minerva toussota, comme pour rappeler à l'ordre la vert et argent.
- Bref… Hermione… Tu es dans le parc de Poudlard. Tu viens d'arroser Minerva avec l'eau magique… Tu t'en souviens ?
- Oui… fit la Gryffondor d'une voix lointaine.
- Génial. Et avant, tu étais dans ton lit à Sainte Mangouste. Tu t'es réveillée d'un coma.
- Oui… Ron est venu me voir. Je l'ai quitté.
- Et avant ton réveil ? Tu peux remonter en arrière ? Me dire ce qui s'est passé ? Que vois-tu ?
La brune se tendit brusquement et écrasa la main de Minerva qui grimaça de douleur.
- Ca… ça va trop vite… dit rapidement la rouge et or. Il se passe tellement de choses…
- Essaye de faire un arrêt sur image, proposa doucement Pansy.
- Rose… ma fille. Elle est possédée… On se bat. Et… Par Merlin ! NON ! s'écria Hermione.
- Vous êtes sure de vous ? interrogea rapidement l'animagus en regardant la médicomage, fronçant un sourcil.
- Tout à fait, il faut continuer, elle se souvient, argumenta cette dernière.
Minerva reporta son attention vers la rouge et or qui pleurait maintenant.
- Ca n'est qu'un rêve, murmura doucement l'Ecossaise. Tu ne risques rien, et les personnes dans ton songe ne sont pas réelles. N'ais pas peur. Dis-nous ce que tu vois.
Hermione tremblait de tout son corps et resserra ses doigts sur la main de l'animagus.
- Je… je suis sur un toit. Il pleut. C'est une véritable tempête. Je me bats au sabre contre un homme. Je le connais. C'est… c'est Harry. Il m'accuse de lui avoir volé sa vie, sa femme…
La Gryffondor se tut avant de se plier en deux, hurlant de douleur. Elle porta ses mains à son estomac.
- Il vient de me planter l'épée de Gryffondor dans le ventre… Il me pousse du toit…
Pansy se leva rapidement en fronçant les sourcils et s'approcha de son amie pour prendre son pouls.
- Et merde… Son coeur s'affole. Faut la réveiller, grommela la médicomage en récupérant son livre. Comment on fait ? Putain… ça urge ! Foutu index qui sert à rien !
Minerva regardait la Serpentard en panique et comprit que la situation était effectivement grave. Elle se pencha à nouveau vers Hermione.
- Tu es avec nous maintenant, tu n'as pas succombé à cette blessure.
Mais les mots n'avaient visiblement aucun effet sur la sorcière qui avait de plus en plus de difficulté à respirer. L'animagus se pencha plus près et déposa ses lèvres sur celles de la jeune femme. Lentement, le baiser sembla atténuer l'affolement qui l'emportait quelques instants auparavant.
- Hermione, réveille-toi, c'est fini, dit doucement Pansy avant de balancer le livre dans la poubelle la plus proche.
La Gryffondor sembla sortir lentement de son demi-sommeil et soupira sur les lèvres de l'animagus.
- Je ne recommencerai jamais ça… haleta-t-elle.
- Compte sur moi, le bouquin me servira à allumer la prochaine flambée dans la cheminée, grommela la vert et argent. Méthode à la con…
- Dommage que vous n'ayez pas la complète maitrise du sujet, fit McGonagall en passant sa main sur le front de la Gryffondor. Vous aviez réussi à atteindre sa mémoire.
- Peut-être, mais je ne servirais plus de cobaye ! gronda Hermione d'une voix dure. Et finalement, je ne veux pas de ces souvenirs. Je suis mieux sans ! Je laisse tomber. Tant pis si je suis la Source, je ne veux plus rien savoir !
Sur ces mots, la brune transplana. Pansy regarda l'animagus avant de s'allumer une clope.
- Une idée d'où elle a pu aller ?
- Aucune, fit Minerva, inquiète. J'espère qu'elle ne va pas faire de bêtises.
- Vu son état, elle en est tout à fait capable… répondit sombrement Parkinson.
Cela faisait une demi-heure qu'Hermione était prostrée sur son canapé. La tête entre les mains, elle était assaillie de flashs qui ressemblaient plus à des extraits de ses pires cauchemars qu'à un rêve idyllique. Elle était entourée de zombis, de créatures sorties tout droit de films d'horreur, ses amis mouraient les uns après les autres : Harry, Ginny, sa fille… Les larmes roulaient sur ses joues alors que Poudlard explosait, emportant Minerva dans sa destruction.
- Je ne peux pas… Je vais devenir folle… gémit-elle en essayant de chasser, en vain, les images effrayantes.
Elle se leva de son canapé et, la mort dans l'âme, transplana pour Sainte Mangouste. Elle était résignée à se faire interner de nouveau au service psychiatrique. Mieux valait retourner dans un état d'ignorance béate que de subir ces flashs. Arrivée dans le hall, elle se dirigea prestement vers l'accueil et tomba nez à nez avec la responsable des infirmières.
- Docteur Granger ! fit Morgane avec un sourire bienveillant. On ne vous attendait pas avant la semaine prochaine. Que puis-je pour vous ?
- Je viens pour une consultation, répondit la Gryffondor. En psychiatrie.
L'infirmière fronça un sourcil et observa la jeune femme qui se tenait devant elle. Elle avait le teint pâle, les yeux rouges et effrayés, son corps tremblait et elle semblait fiévreuse.
- Vous avez l'air d'avoir plutôt une mauvaise grippe… Je vais vous installer dans une salle de consultation. Venez avec moi, dit doucement la sorcière en prenant la main d'Hermione.
Trop fatiguée et éprouvée pour contredire Morgane, la rouge et or la suivit docilement et s'allongea sur la table d'examen.
- Buvez ça, ordonna gentiment l'infirmière en lui tendant une potion qu'elle avait récupérée dans une armoire. Ca va faire baisser la fièvre et vous calmer. Je vais chercher un médicomage.
La brune acquiesça et but d'une traite le contenu de la fiole. Elle ferma les yeux et posa sa tête sur le petit oreiller que l'infirmière avait installé. Cette dernière couvrit l étudiante d'une couverture avant de sortir de la pièce pour se diriger vers les cheminées. Elle jeta une poignée de poudre verte et toussa pour s'éclaircir la voix.
- Pansy Parkinson ! appela-t-elle.
- Votre correspondant est actuellement absent. Vous pouvez laisser un message après la fumée rouge. C'est à vous… fit une voix automatique.
Morgane coupa la communication et se rendit dans le bureau des infirmières. Elle fouilla rapidement dans les dossiers du personnel pour trouver le numéro de portable de la médicomage.
- Certaines inventions moldus valent le coup, soupira-t-elle en sortant son téléphone.
Elle composa rapidement le numéro et attendit que son interlocutrice décroche.
Pansy Parkinson apparut dans le hall et remit une mèche de cheveux rebelle derrière son oreille.
- Putain de transplanage… A chaque fois, ça me décoiffe… marmonna-t-elle en se dépêchant de gagner l'accueil de l'hôpital sorcier.
L'infirmière Morgane vint à sa rencontre et les deux femmes se serrèrent brièvement la main.
- Merci de m'avoir appelée, fit Pansy. Comment va-t-elle ?
- Elle dort… je lui ai administré une potion de sommeil sans rêve et de quoi faire baisser la fièvre. Je sais que vous êtes proches et je voulais savoir si elle avait été malade, récemment ? Aurait-elle pu contracter une infection pendant son opération ?
- Je ne pense pas, répondit Pansy.
- Vous voulez que je demande au docteur Grant de l'examiner ?
- Ca ne sera pas nécessaire. Elle est un peu surmenée en ce moment. Je vais la ramener et l'attacher à son lit.
- Tout un programme… fit Morgane avec un sourire.
- Granger n'a pas… l'exclusivité de mes services. Si ça vous tente… susurra Pansy avec un clin d'œil appuyé.
- J'y penserai, répondit l'infirmière, amusée. Vous la trouverez salle 5.
- Merci.
Parkinson tourna les talons et pénétra dans la petite pièce. Hermione était aussi blanche que le drap qui couvrait la table d'auscultation. Pansy regarda la silhouette allongée et grimaça en pensant à ses talons.
- Dix contre un que je m'en pète un, grommela-t-elle en prenant la Gryffondor dans ses bras. Et faudra la faire manger un peu… Trop légère…
L'instant suivant, Pansy se matérialisa aux limites du domaine de Poudlard. Elle déposa délicatement Hermione au sol avant d'attraper sa baguette.
- Mobilicorpus. Va pas croire que même en poids plume je vais te porter jusqu'à ta dulcinée, ma chérie !
Elle se mit en route vers les portes monumentales du domaine, et vit la Directrice venir à sa rencontre.
- Vous l'avez trouvée où ? demanda Minerva en jetant un coup d'œil à son ancienne élève endormie.
- Sainte Mangouste, elle voulait se faire interner. Mais notre infirmière en chef l'a interceptée et lui a filé une potion. Elle devrait dormir un bon moment. Ceci dit, je peux pas la surveiller tout le temps, je bosse.
- Et vous croyez que je suis en vacances ?
- En tous cas, vous l'aurez sous la main. Si elle veut sortir de vos appartements, ce sera sous votre nez !
- Je vous rappelle qu'elle a déjà transplané depuis le château.
- Votre problème, pas le mien, répliqua la future médicomage en montant les marches.
McGonagall haussa les épaules et devança la Serpentard dans les couloirs du château. Elle donna le mot de passe à la gargouille qui ne bougea pas.
- Quidditch ! répéta la Directrice de Poudlard.
- Qu'arrive-t-il à la Source ? demanda la statue d'une voix grave.
Pansy et Minerva échangèrent un regard perplexe avant de se retourner vers la gargouille.
- Vous l'avez appelée la Source ? fit l'animagus en fronçant les sourcils.
La statue ne répondit pas, se contentant de pivoter.
- Bon, j'vous l'installe où ? marmonna Parkinson en grimpant les marches. Dans votre salon ou dans votre chambre ?
- Elle sera mieux dans un lit. La chambre est au fond.
- Je ne visite jamais la couche d'une femme sans qu'elle m'y emmène. Vous me montrez ? susurra Pansy avec un sourire coquin.
- Je ne vous y invite pas non plus, sourit en retour McGonagall, tout en ouvrant la porte de la pièce.
A deux, elles installèrent la Gryffondor le plus confortablement possible et repassèrent dans le bureau de la Directrice. Celle-ci s'assit à son fauteuil et désigna un siège à la vert et argent.
- Bon, on sait maintenant qu'Hermione n'a pas inventé de toutes pièces les souvenirs dont elle nous parle, ils sont effectivement quelque part dans sa mémoire. On sait aussi que des êtres vivants et des objets magiques la reconnaissent comme la Source.
- Deux points que vous savez depuis deux ans, persiffla Pansy.
Minerva la foudroya du regard.
- L'heure n'est plus à chercher des coupables, mais à l'aider. Je disais donc… l'afflux des souvenirs semble traumatisant, ce n'est donc pas la chose primordiale à faire ou en tous cas à accélérer.
- Je suis assez d'accord. Je ne vais pas passer mon temps à prendre des douches froides ou à massacrer mes talons !
Minerva la toisa à nouveau.
- J'ai rien dit… marmonna Parkinson.
- Par contre, nous avons le fou furieux qui s'en prend à elle... et là c'est l'inconnu... il ou elle ? Une ou deux personnes ? Voire plusieurs...
- En tous cas, c'est quelqu'un qui est capable de l'atteindre, et qui la connait en tant que Source. Il en sait certainement plus que nous trois réunies sur le sujet, ajouta pensivement Pansy en sortant une cigarette.
Elle se l'alluma, ignorant le regard noir de la Directrice de Poudlard, et souffla la fumée.
- Et dans ces conditions, je me permets d'émettre une objection et une supposition. Etre la Source doit lui accorder certains… pouvoirs. Et si ses souvenirs lui permettent de les maîtriser, ce sera à creuser pour lutter contre celui ou ceux qui lui en veulent.
Elle regarda sa montre et soupira.
- Bon sang, si peu de temps et tellement de chose à faire ! Je dois vous laisser, Minerva. Surveillez Hermione comme du lait sur le feu. Et appelez-moi au moindre problème.
- Pas besoin. Pomfresh est dans son infirmerie.
- Oui… Mettez-la en face de Granger, et vous aurez un recrutement de plus à faire, ironisa la vert et argent. A demain après-midi !
Pansy salua d'un geste de la main l'animagus et quitta le bureau, laissant une McGonagall songeuse. Elle se laissa aller dans son fauteuil et passa une main sur son visage fatigué.
- Qui peut lui en vouloir à ce point ? murmura-t-elle. Et en quoi consiste être la Source ?
- Vous vous attendez à une réponse ? ironisa Rogue.
McGonagall ignora la réplique, prit une pile de dossier et partit s'installer dans son salon. Elle devait travailler au calme, et ce n'est pas avec Severus persifflant qu'elle y arriverait.
Hermione émergeait, prenant conscience de son corps reposant sur une surface souple. Elle n'ouvrit pas les yeux tout de suite, tentant de se remémorer ses dernières actions. Elle s'était rendue à Sainte Mangouste pour se faire interner et Morgane lui avait donné une potion. Ensuite, plus rien. Le trou noir.
Elle respira à fond et ouvrit les yeux. Surprise par l'environnement, son regard parcourut rapidement la chambre dans laquelle elle se trouvait. Assurément pas une cellule d'isolement. Elle se leva péniblement et prit quelques instants à retrouver son équilibre.
Elle observa la pièce et ne la reconnut pas. Elle n'était pas chez Pansy, ni dans son ancien studio. Où était-elle et qui l'avait amenée ici ? Elle avisa une porte et se dirigea vers elle en titubant. Après deux essais laborieux, elle réussit à viser la poignée et à poser sa main dessus.
Hermione pénétra dans une nouvelle pièce, plus grande, et remarqua Minerva McGonagall assise à une table, écrivant sur un parchemin.
- Je suis à toi dans trente secondes. Assieds-toi sur le canapé, fit doucement la Directrice de Poudlard.
La rouge et or regarda autour d'elle puis fit quelques pas avant de se laisser tomber sur les coussins moelleux. Elle bailla profondément avant d'étendre ses jambes et de fermer les yeux.
- Bien dormi ? demanda l'animagus.
- Oui, merci… murmura la rouge et or.
Elle sentit quelqu'un s'asseoir à côté d'elle et des lèvres chaudes se posèrent sur les siennes. Hermione répondit doucement au baiser et soupira d'aise alors que des doigts se perdaient dans ses cheveux bruns.
- Je demande ce genre de réveil tous les jours que Merlin fait, sourit la jeune femme, les yeux toujours clos.
- Tu peux rester ici aussi longtemps que tu le souhaites, répondit l'Ecossaise. Pourquoi voulais-tu te faire de nouveau interner ?
La brune déglutit et son visage s'assombrit.
- Après la séance d'hypnose, des dizaines de flashs m'ont assaillie. C'était... affreux. La mort, la souffrance... Je voulais tout oublier. Je pense que Ron a raison. Je suis dingue.
- Et moi je pense que tu es sensée, répondit l'Ecossaise en passant son bras dans le dos de la jeune femme pour l'attirer contre elle. Je sais que je le considère un peu tard et que ton désarroi actuel est de mon fait, mais tu dois me promettre de ne plus dire que tu es dingue.
- D'accord... fit la brune avec un pâle sourire.
- Madame la Directrice, Molly Weasley demande à vous voir... fit la voix de la gargouille.
Le sourire d'Hermione s'effaça aussitôt et la panique envahit son regard.
- Et merde... Elle vient nous tuer...
- Rectification, je pense qu'elle vient ME tuer, soupira l'animagus en se dégageant. Reste tranquillement dans mes appartements, je m'en occupe.
Elle posa ses lèvres sur celles de la brune avant de se lever, puis passa dans son bureau, laissant cependant la porte entrouverte afin qu'Hermione puisse entendre. Elle eut à peine le temps de faire un pas dans son bureau que la matriarche Weasley pénétrait dans la pièce ovale.
- Où... est... elle ? articula furieusement Molly en foudroyant du regard McGonagall.
- Bonjour Molly. Puis-je vous offrir une tasse de thé, proposa la Directrice en indiquant un siège à la visiteuse.
- Ne vous moquez pas de moi ! hurla la rousse en bousculant l'animagus, repoussant violement la porte menant aux appartements privés. Toi ! vociféra-t-elle en pointant du doigt accusateur vers la brune qui se levait péniblement du canapé. Espèce de …
- Je... Molly, c'est compliqué, tenta la brune.
- C'est très clair au contraire, siffla la matriarche en pointant sa baguette sur la Gryffondor.
- Rangez ça immédiatement Molly, feula Minerva en rejoignant son ancienne préfète.
- Ron avait raison... poursuivit la rousse, ivre de colère, sa baguette toujours pointée sur la rouge et or. Tu es complètement folle ! C'est ton ancien professeur ! Elle a quatre fois ton âge ! Que penses-tu qui va arriver ? Elle te jettera quand elle se sera assez amusée ! Retourne te faire soigner à Sainte Mangouste ! Les trois premiers mois n'ont visiblement pas suffit à te remettre les idées en place !
Les mots de Molly Weasley étaient aussi douloureux que des coups de poignard et Hermione les encaissa, incapable de répondre. La brune se laissa retomber dans le canapé, balbutiant.
- C'est pas ce que vous croyez, murmura-t-elle sans être entendue.
- Vous êtes donc d'accord avec votre fils, fit Minerva d'une voix dangereusement douce. Si vous considérez votre opinion comme sérieuse Molly, vous devriez être soulagée pour Ron, non ?
- Vous devriez avoir honte, McGonagall ! Profitez de la faiblesse mentale de votre ancienne préfète pour jouer au couguar ! Quant à toi, Hermione, je te croyais plus intelligente que ça ! Quelle sera ta vie à présent ? As-tu pensé aux conséquences de tes actes ?
La Gryffondor voulut répondre mais une douleur violente lui vrilla le crâne, comme s'il allait se fendre en deux. Elle glissa du canapé pour tomber sur le sol, se tenant la tête. Des flashs s'imposèrent à elle. Molly Weasley vociférait comme jamais, l'insultant, tandis qu'une Ginny plus âgée prenait sa défense. La matriarche tempêtait contre leur union, traitant sa bru de "catin de Grindelwald", l'accusant de tous les maux de l'existence de son unique fille.
- Non, gémit-elle. Pas ça…
Molly afficha un rictus de dégout.
- Navrant, c'est tout ce que j'ai à dire.
- Taisez-vous, gronda l'animagus en faisant rapidement le tour du canapé avant de s'agenouiller auprès de la jeune femme. Je ne vous retiens pas Molly, vous pensez pouvoir trouver la sortie ?
La matriarche Weasley leva le nez, regardant la Directrice tenter d'empêcher son ancienne préfète de se frapper la tête au sol.
- Pitoyable, fit-elle encore avant de tourner les talons.
Minerva soupira, tout en réussissant à redresser la brune pour la prendre dans ses bras et la bercer doucement.
- C'est fini Hermione, elle est partie.
La brune déglutit difficilement et enfouit son visage dans l'épaule de l'Ecossaise.
- Au moins, je sais maintenant à quoi j'ai échappé... murmura-t-elle, la douleur s'estompant lentement.
- Qu'as-tu vu ? demanda doucement McGonagall en caressant les cheveux de la Gryffondor.
- J'étais apparemment mariée avec Ginny... Et j'ai eu un aperçu de Molly en belle-mère... grimaça Hermione. C'est plutôt confus. Je pense avoir vécu deux existences dans ce rêve. En tout cas, Pansy est une vraie amie, si on peut dire. Elle m'a débarrassée de Weasley mère.
Minerva haussa un sourcil, sentant qu'il y avait un double sens dans cette dernière phrase, tandis qu'Hermione quittait le réconfort de ses bras pour s'asseoir sur le canapé, toujours un peu confuse.
- La confrontation est passée maintenant, conclut l'animagus. Et je sais de qui Ginerva tient son caractère.
- Et encore, vous n'avez pas vécu avec... maronna la rouge et or en se frottant le front.
Son regard s'attarda sur sa montre et elle lâcha un juron.
- J'vais être en retard au boulot, maugréa-t-elle en cherchant ses chaussures du regard.
- Elles doivent être dans la chambre, Pansy t'y a déshabillée.
- Faudra que je vérifie que j'ai toujours ma vertu… grommela Hermione en regagnant en titubant l'autre pièce. Ils m'ont donné quoi à Sainte Mangouste, pour que je sois aussi défoncée ?
Minerva sourit à l'allusion.
- Une potion de sommeil sans rêve, tu avais l'air épuisé et l'infirmière a appelé Miss Parkinson pour te ramener. Cependant, je me permets de te rappeler que tu es en arrêt. Tu devrais profiter de ces quelques jours pour te reposer.
- Je vais bien… Je ne peux pas me permettre de perdre des jours de travail…
Un bruit de chute se fit entendre.
- C'est rien ! fit Hermione. Je me suis pris les pieds dans le tapis.
Quelques minutes plus tard, elle ressortit de la pièce de sa démarche toujours incertaine.
- Merci pour tout, Minerva… euh… On se revoit quand ? Enfin, si vous en avez envie…
- Bien sûr, répondit l'animagus. Tu peux repasser demain midi pour déjeuner si tu veux, et je peux te faire préparer un appartement si tu souhaites rester plus longtemps. Ou bien te faire une place dans les miens…
La brune rougit brusquement et passa une main dans ses cheveux avant de reprendre d'un ton qu'elle espérait dégagé.
- J'accepte le déjeuner avec plaisir. Pour le reste, c'est gentil mais faut que je vois avec Pansy… Il ne manquerait plus qu'elle me fasse son cinéma parce que je l'abandonne !
Hermione se pencha et posa brièvement ses lèvres sur celles de la Directrice de Poudlard.
- Bonne soirée. A demain !
Et sur ces mots, elle transplana. Minerva haussa un sourcil. Décidément elle ne se faisait pas à cette habitude que prenait la jeune femme de disparaître dans l'enceinte même de Poudlard.
- A demain donc, dit-elle en se replongeant dans ses dossiers.
La suite la semaine prochaine !
Ca vous a plu ? Des commentaires ? Des coups de batte ? La review est faite pour vous !
Bises et passez un excellent week-end,
Sygui et Link9
