Salut à tous mes petits bisounours ! On a quitté Lina sur une montagne de guimauve (oui, j'en ai conscience... sorry :P), y aura un peu plus d'action dans ce chapitre, promis ! On n'est plus très loin de la fin de la fic, encore quelques chapitres... TOT

Sans plus attendre, BANKAI !

Chapitre 11 : Le combat du démon

Le lendemain, la matinée fut calme. L'après-midi, Kenpachi participa à une patrouille et je demandais à les accompagner, plutôt que de les suivre en cachette. Le capitaine de la onzième accepta sans rechigner à mon grand étonnement. Décidément, il se montrait conciliant depuis hier. Si ses hommes trouvèrent cela étrange, aucun n'osa cependant faire de commentaire, j'avais de la chance.

Participer à la patrouille était beaucoup plus sympathique que de l'espionner. J'avais des gens avec qui parler, je pouvais combattre et surtout, je pouvais être aux côtés de Ken-chan (oui, ça y est, elle s'est décidé à l'appeler comme ça... dans sa tête en tout cas :D). Je ne savais pas si c'était le fait d'être dehors ou le fait de ne pas être seuls, mais il n'y eu pas de gêne ou de tension entre nous cette fois-ci.

Quand nous fûmes de retour au camp d'entraînement, je signalais au guerrier qu'il fallait que j'aille voir mon capitaine.

- Tss, fais comme tu le sens, fit-il en retournant dans son bureau.

Eh bien, pour une fois que je faisais allusion à Unohana sans qu'il n'aie l'air énervé... Il faudrait qu'un jour je sache pourquoi. La chef des soigneurs était une femme charmante et d'une gentillesse absolue... Enfin, tant qu'on lui obéissait. En fait, finalement, je pensais comprendre pourquoi il ne l'aimait pas, c'était tout simplement pas le genre de mec à aimer obéir (ba ouais, deux sadiques ensemble ils peuvent pas se blairer XD).

Je me rendis donc au bâtiment des soins où j'expliquais à ma supérieure que j'avais préféré tout dire à Kenpachi et que, contre toute attente, j'étais toujours la bienvenue dans la onzième division. Mon capitaine me lança un regard amusé.

- Je m'attendais un peu à cela, dit-elle.

- Ah bon ? répondis-je, surprise.

Parce-que, sérieux, moi pas ! Enfin, pas que je m'en plaigne, hein, mais c'était pas vraiment dans les habitudes du démon d'être indulgent. Bon, après, faut dire qu'il avait des choses à se faire pardonner mais ça, Unohana n'était pas censé le savoir.

- Dès que j'ai vu que tu arrivais à le gérer, lors de ton premier jour en tant que vice-capitaine, je me suis doutée que tu parviendrais à le... l'apprivoiser, avoua-t-elle avec un sourire rusé.

Apprivoiser ?! Bon, après tout, ça lui allait plutôt bien vu qu'il réagissait parfois comme une bête sauvage... Mais, ça voulait dire qu'elle m'avait envoyé au casse-pipe exprès parce qu'elle avait prévu que je finirais par apprécier le guerrier et... vice-versa ? Comment aurait-elle pu le savoir ? Est-ce qu'elle se doutait des sentiments que j'éprouvais envers lui ? Je me mis à rougir et elle sourit de plus belle.

- Tu es le genre de personne qu'il respecte, déclara-t-elle. Tu es intelligente, tu sais te battre et tu ne te laisses pas marcher sur les pieds, mais tu sais également faire preuve de compréhension et de sollicitude. Je pensais que non seulement il t'accepterait mais que tu réussirais à le comprendre. C'est un homme difficile à cerner et c'est à cause de ça qu'il est... si seul.

Je fus étonnée du fait qu'elle semblait si bien connaître Kenpachi. Elle avait eu l'air attristée en disant cette dernière phrase... Se pouvait-il qu'il ait eu quelque chose entre eux ? Non, c'était impossible, il la détestait. Quoique, entre l'amour et la haine, il n'y avait qu'un pas disait-on.

- Vous avez l'air de bien le connaître, ne pus-je m'empêcher de dire avec une pointe de jalousie.

- Disons que nous avons un passé commun, mais tu n'as pas à t'en faire, nous n'avons jamais eu le genre de relation que vous avez tous les deux, me rassura-t-elle avant de rire malicieusement.

Je faillis m'étouffer. Comment ça "le genre de relation que vous avez tous les deux" ?! J'étais sûre que mon visage était devenu écrevisse.

- Je... Non, il n'y a pas... Ce n'est pas...

- Inutile de te justifier, il n'y a rien de mal à cela, se moqua gentiment mon capitaine. Au contraire, ça lui fera peut-être rentrer un peu de bon sens dans le crâne d'avoir une personne à protéger...

Bon, là, j'en pouvais plus ! Je balbutiais comme une idiote avant de m'incliner pour lui dire au-revoir et de m'enfuir à toutes jambes. Comment ma supérieure avait-elle comprit qu'il y avait quelque chose entre Ken-chan et moi ? (les supers-pouvoirs d'Unohana la sadique ! XD) Était-ce parce qu'elle m'avait vu les yeux gonflés et rougis après que j'ai pleuré hier ?

En tout cas, c'était clairement embarrassant ! J'avais eu l'impression que ma mère me demandait si j'avais un petit copain... C'était horriblement gênant ! Je fis en sorte de me calmer un peu avant de retourner à la onzième division, je n'avais pas envie qu'on me demande pourquoi je ressemblais à une tomate !

Finalement, je soignais tout le monde, le capitaine de la onzième compris, sans qu'on ne me pose de question sur mon visage. Je devais avoir réussi à avoir l'air "normale".

- Hey... me lança le démon avant que je ne quitte son bureau.

Je me retournais, la main sur la poignée de la porte. Il me souriait avec son sourire sadique, que je n'avais pas vu depuis un moment. Je lui retournais un regard intrigué.

- T'as fait du bon travail aujourd'hui.

Euh, ok. Il parlait de la patrouille ? Parce que niveau soin, j'avais pas branlé grand chose... J'attendais des précisions mais il retourna à sa paperasse sans m'accorder plus d'attention. Haussant les épaules, je le remerciais avant de rentrer chez moi plutôt guillerette. Après tout, c'était un compliment. Venant de Zaraki Kenpachi, ça devait être rare !

Les jours suivant furent plutôt calmes, enfin, en ce qui concernait les journées parce que Matsumoto avait décidé d'inviter Momo toutes nos soirées et cette dernière n'osait pas dire non à la belle rousse. Du coup, Momo finit encore une fois sur mon canapé (avec une coiffure made in Yumichika bourré XP) après avoir bu un Long island ice tea, qu'elle croyait être une boisson sans alcool à base de thé (ah ah ah !).

Un soir, j'entendis frapper à ma porte alors que je m'apprêtais à me coucher. Étant donné que je dormais nue, je pris le temps d'enfiler un peignoir en soie noir, qui me couvrait jusqu'au dessus des genoux. Au moins, cette fois, s'il s'agissait d'Ikkaku, je n'aurais pas à rougir de ma tenue. Je nouais rapidement ma ceinture avant d'aller ouvrir la porte.

J'arrêtais de respirer pendant un temps indéterminé, la main figée sur le battant de ma porte, le cœur battant à toute allure. Mon visiteur garda le silence pendant une dizaine de secondes, visiblement perturbé par ma tenue – pourtant bien plus chaste qu'une simple serviette !

- Salut, finit-il par lâcher d'une voix rauque.

Mes poumons décidèrent de se remettre à fonctionner en même temps que je sentais mes joues chauffer. Euh... C'était moi ou sa voix avait l'air beaucoup plus sexy que d'habitude ?! Je sentis immédiatement des papillons danser dans mon bas-ventre.

- Ken...pachi... ? articulais-je difficilement. Qu'est-ce que...

- Je sors ce soir, m'annonça-t-il tandis qu'il ne se gênait pas pour parcourir ma silhouette du regard. Je me suis dit que ça serait plus simple qu'on parte ensemble au lieu que tu me rejoigne en cours de route.

Oh. Il allait dans le Hueco Mundo. C'était... sympa de sa part d'être passé me chercher. Oui, bon, ce mot était bizarre, accolé à son nom, mais j'y pouvais rien, c'était ce qui m'était venu à l'esprit. Je frissonnais sous son regard de braise, bien qu'on aurait pu croire que c'était dû au vent et à ma tenue légère. Bien entendu, lui n'y crut pas du tout et son sourire sadique apparut de nouveau sur son visage.

- Je... heu... merci, balbutiais-je en m'avançant vers lui avant de me souvenir de ma tenue. Je... Hum, je vais m'habiller si... tu veux bien m'attendre.

Je m'attendais presque à ce qu'il me dise de me dépêcher en grognant, mais au lieu de cela il sourit de plus belle en continuant de me mater.

- Dommage, t'aurais fait un joli appât à hollows comme ça, railla-t-il.

Je me hâtais de lui fermer la porte au nez alors que je l'entendais ricaner derrière. Dire que ça avait été calme entre nous ces derniers jours et voilà que je me retrouvais à avoir des bouffées de chaleurs parce qu'il m'avait seulement vue en peignoir... En même temps, il m'avait littéralement dévorée du regard cet idiot ! Comment j'étais sensée réagir moi ?

Faisant de mon mieux pour me presser, je fus prête à partir quelques minutes à peine plus tard, essayant vainement de sortir un mot de ma tête. Joli. Il avait dit que je ferait un "joli" appât... Bon, le terme "appât" n'était pas vraiment romantique, mais il me trouvait jolie ! (la fille qui pète un câble pour si peu... mdr !) Bref, je fis en sorte d'avoir l'air totalement calme en ouvrant la porte, histoire de ne pas être plus ridicule que je ne l'étais déjà.

- On peut y aller, lançais-je à mon compagnon d'une voix ferme.

Il se permit un sourire furtif avant de reprendre son sérieux. Nous filâmes rapidement à travers les ruelles désertes du Seireitei. Sur le chemin qui menait au grand désert, j'en profitais pour questionner Ken-chan.

- Dis, à propos de notre dernière sortie, fis-je prudemment, voyant son visage se fermer alors que j'évoquais ce souvenir sûrement désagréable pour lui – pas que c'ait été agréable pour moi, hein. Tu n'as pas pensé qu'il s'agissait d'un piège ? Ce hollow, seul, qui semblait être une proie facile, avant que ses quatre copains débarquent...

- Kss, bien sûr que j'y ai pensé, répondit le guerrier d'un air suffisant.

- L'un des adjuchas m'a carrément ignorée pour venir te combattre, insistais-je, voyant qu'il n'ajoutait rien. C'est pas normal, il aurait du me bouffer avant de venir te voir. Y a un truc pas clair.

- Tu vas pas t'en plaindre quand même ! râla-t-il.

Comprenant qu'il me dirait sûrement de rentrer chez moi si je continuais à lui faire part de mes angoisses, je me tus. La nuit était claire, nous parcourûmes une bonne distance avant que je ne me rende compte que quelque chose clochait. Je m'arrêtais brusquement, forçant le guerrier à en faire de même. Il me lança un regard énervé.

- Ça fait plus d'une heure qu'on est là et on n'a pas croisé un seul hollow, lui fis-je remarquer, inquiète.

Il fronça un peu plus les sourcils, se rendant compte que j'avais raison. D'habitude, au bout de vingt minutes on tombait forcément sur un ou deux hollows.

- Ma compagnie est-elle si charmante que tu en a perdu toute notion du temps ? tentais-je de plaisanter pour me détendre un peu.

- Reste près de moi, m'enjoignit-il avec autorité en ignorant ma pique.

Nous restâmes silencieux, dos à dos, scrutant les dunes et les cieux à l'aide de nos yeux et de notre pouvoir spirituel. Rien. Pas la moindre petite énergie. Cela me fit dresser les cheveux sur la nuque.

- Ken-chan... Ce désert ne peut pas être rempli de vide à des lieues à la ronde, l'avertis-je en me mettant inconsciemment en position de garde.

Plus le silence s'épaississait, plus je sentais la sensation de danger grandir. Je n'avais même pas remarqué que je l'avais appelé Ken-chan à voix haute, mais en fait il avait l'air de s'en foutre comme de l'an quarante (en même temps, il a d'autres chats à fouetter ! :P). Nous avions peut-être l'air un peu idiots, à rester ainsi immobiles, aux aguets, mais j'étais persuadée qu'il allait se passer quelque chose.

Le démon semblait attendre un peu plus d'action avec impatience. Je décidais de lancer sans plus attendre un kekkai sur lui.

- Je reste en soutien, indiquais-je à mon compagnon avant de me concentrer pour lancer un sort de dissimulation sur moi-même. Bakudo no niju roku : Kyokko !

Cette technique me permettait de disposer d'un camouflage sensoriel effaçant ma présence en incurvant la lumière autour de moi. Pratique, mais ça ne dissimulerait pas la provenance de mes sorts. J'allais devoir utiliser le shunpo pendant tout le combat pour me déplacer avant que les ennemis ne m'attrapent et demeurer ainsi cachée, mais ça utiliserait pas mal de mes réserves de reiatsu.

Enfin, si combat il y avait. Parce que pour le moment, on se faisait un peu chier. Quelques minutes après que je me sois fait cette réflexion, ils apparurent. Un par un, de puissants reiatsu apparaissaient comme par magie au sud de notre position, comme s'ils avaient été masqués jusqu'à présent. Sauf que les adjuchas n'étaient pas sensés savoir faire ça. Mentalement, je les comptais : un, deux, trois...

- Six, soufflais-je avec appréhension.

Il y avait six reiatsu différents qui venaient de la même direction. Cinq étaient du niveau des adjuchas. Le dernier... Il semblait masquer sa puissance, même si son reiatsu était désormais visible. Sans doute était-ce celui qui avait masqué la présence de tous les autres. Le guerrier à mes côtés se mit à vibrer d'impatience et, malgré moi, je sentis l'appel de la bataille m'emporter, un frisson d'excitation parcourant mon échine.

A deux contre six, le combat était plus qu'inégal, mais j'avais Zaraki Kenpachi à mes côtés, ça changeait la donne. L'adrénaline commençait à couler dans mes veines et je souris, tout comme le démon qui m'accompagnait. Je me mis à préparer un sort que je n'avais vu à l'œuvre qu'une seule fois dans ma vie : le canon de tonnerre du dragon ailé bouleversant les cieux. Un sort lancé par la maîtresse du kido incontestée, Unohana Retsu, mon capitaine.

C'était une technique de destruction de haut niveau difficile à mettre en œuvre et qui demandait beaucoup de reiatsu, mais au vu de notre infériorité numérique, il fallait frapper fort dès le début pour tenter de réduire aux maximum les forces de l'ennemi avant qu'il n'arrive sur nous. Levant mon bras gauche tendu vers l'avant, j'utilisais le droit comme soutien en saisissant mon bras de tir avec, la paume gauche tournée vers la direction d'où provenait l'énergie spirituelle de nos adversaires.

- Ô éclairs de lumière... Ô vents impétueux... Ô ciel déchaîné... Ô battements d'ailes... Ô toi créature divine aux milles éclats ! Rigueur et intransigeance... La foudre frappe ! Le tonnerre gronde ! Le ciel se déchire ! Entend le calme avant la tempête... Entend le hurlement du dragon céleste qui résonne dans nos âmes !

Je sentais le reiatsu se concentrer intensément dans ma paume, cela me brûlait même, mais je ne bougeais pas d'un pouce. Veillant à rester concentrée sur mon incantation, je sentais l'énergie spirituelle affluer dans mon bras tel un raz-de-marée. Ajustant la position de mes jambes pour rester en équilibre lorsque le sort partirait, j'attendis quelques secondes, le temps que mes cibles soient visibles, avant d'ouvrir les yeux brusquement.

- Hado no hachiju hachi : Hiryu gekizoku shinten raiho ! criais-je, me raidissant pour mieux encaisser le choc.

Une gigantesque onde de choc électrique bleutée crépita en direction de nos ennemis avant d'exploser à leur hauteur. Malgré la distance, je dus mettre un bras en protection devant moi pour éviter de recevoir du sable dans les yeux tellement le souffle de l'explosion fut puissant. Les cheveux volant en arrière et les yeux brillants de fierté d'avoir réussi mon coup, je me tournais vers Ken-chan.

- Kss, le kido c'est pour les chochottes ! siffla-t-il en souriant tout de même, amusé. Rappelle-moi de ne pas te laisser le temps d'incanter si jamais je t'énerve de trop un de ces quatre (que celui qui oserait utiliser le kido sur mon Ken-chan adoré soit fouetté et jeté aux cachots ! Non mais ! :P)

Je ris quelques instants de sa plaisanterie avant de reprendre mon sérieux. En me concentrant, je m'aperçus qu'il n'y avait plus que cinq reiatsu. Avais-je réussi à en toucher un mortellement ? Voyant les silhouettes reparaître à travers la poussière qui s'était soulevée du désert, je les comptais. C'était bien ça, plus que cinq. Mais ils se déplaçaient désormais bien plus rapidement, ayant compris le danger de rester à découvert trop longtemps.

Tss, dommage, je n'aurais pas le temps de lancer un second sort aussi puissant que celui-ci. Serrant les poings, je sentis une douleur irradier tout le long de mon bras gauche et je rouvris vivement ma main, dont la paume était brûlée au second degré. Avec l'euphorie du moment, je n'avait pas senti que j'étais blessée. Utilisant le kaido pour me soigner rapidement, je souris nerveusement. Note à moi-même : ne pas utiliser de sorts trop puissants sous peine de finir carbonisée, ok.

Les hollows ne mirent pas longtemps à arriver jusqu'à nous, mais étrangement, ils n'attaquèrent pas tout de suite, se regroupant les uns derrière les autres. Je me demandais ce qu'ils foutaient jusqu'à ce qu'un homme sorte de derrière le plus gros. Je fronçais les sourcils. Non, ce n'était pas un homme, ça n'était pas possible de toute façon. C'était certainement un hollow ayant une apparence très humaine... Mais je n'en avais jamais vu de tel !

En y regardant de plus près, j'aperçus un masque de hollow avec deux crocs et une corne, relevé sur le sommet de son crâne. Comment se pouvait-il qu'un hollow retire son masque ?! C'était impossible ! Alors que je me remettais de ma surprise, je vis avec horreur un sabre à la ceinture de l'homme-hollow.

- Qu'est-ce que... murmurais-je, médusée, les yeux prêts à sortir de leurs orbites.

J'entendis Kenpachi siffler pour m'avertir de ne pas me révéler. Quelle idiote, j'avais failli bousiller ma couverture. Mais ce... truc, il avait un putain de zampakuto... ! Comment c'était possible ?! Seuls les shinigamis étaient censés avoir des zampakuto ! J'étais tellement choquée que j'en avais presque la nausée. Cette chose était une ignominie sans nom, on aurait dit un croisement entre un hollow et un shinigami. Il me débectait !

- Shinigami... lança la "chose" à l'adresse de mon compagnon d'une voix tout à fait normale. Tu nous as mené la vie dure ces derniers temps à moi et mes semblables.

- Tes semblables ? releva le capitaine de la onzième, qui avait eu pour une fois l'intelligence de parler avant de foncer dans le tas.

- Mes adjuchas, précisa la "chose" en montrant ses petits copains. On m'a rapporté qu'un shinigami s'amusait à affaiblir mon armée en se baladant la nuit dans le grand désert et en tuant tout ce qu'il trouvait... Tss tss, ça n'est pas prudent, shinigami, de s'aventurer ainsi en territoire ennemi.

J'étais partagée entre l'effroi de savoir qu'une armée d'adjuchas servait cette chose et l'envie d'éclater de rire en entendant quelqu'un parler de cette manière à Zaraki Kenpachi. Pour le bien de ma couverture, je choisis de ne pas rire bien entendu (Lina, entourée de gros méchants hollows : "Ah ah, vous ne pouvez pas me voir bande de nuls !" "Ouais mais on peut t'entendre... Attrapez-là !" Oups, boulette ! XD).

- C'est pas vraiment dans ma nature d'être prudent, ironisa le démon. T'es quoi exactement ?

Ah ba voilà ! Enfin une bonne question ! La "chose" ressemblait à un humain de taille moyenne pour un homme, avec de long cheveux noirs qui semblaient doux comme de la soie, une peau pâle et un visage allongé. Son menton était légèrement pointu, ses dents aiguisées comme celles d'un requin et ses petits yeux plissés étaient noirs comme un puits sans fond. Il portait un pantalon ample noir, il était pieds nus et sur son torse fin mais musclé, il n'avait que quelques bandages et bien entendu, un trou en plein milieu, signe distinctif des hollows.

- Mon nom est Hiwaw Zuroch, je suis ce que nous appelons un "arrancar". Il est inutile de te présenter, shinigami, nous avons entendu parler de toi, Zaraki Kenpachi, persifla le chef de nos ennemis.

- Peuh, jamais entendu parler de toi en tout cas, se moqua mon compagnon.

- Les arrancars sont des hollows ayant réussi à arracher leur masque pour prendre forme humaine et obtenir tels que les vôtres, shinigami, cracha l'arrancar irrité par l'attitude nonchalante de ce dernier. Nous avons évolués dans le but de vous combattre plus efficacement et bientôt, lorsque nous serons assez nombreux, vous ne pourrez plus rien contre nous !

- Donc pour le moment vous n'êtes pas assez nombreux pour ça ? C'est plutôt une bonne nouvelle.

Je cru que le dénommé Hiwaw allait lui sauter dessus tellement il semblait agacé, mais il n'en fit rien. A la place, il sorti son arme de son fourreau et je pus constater qu'il s'agissait bien d'un zampakuto.

- Assez parlé, shinigami ! Nous n'aimons pas les fouineurs ici, je me vois donc dans l'obligation de mettre un terme à ton existence ! s'exclama l'arrancar en faisant un geste en direction de ses semblables, qui passèrent immédiatement à l'attaque.

Alors que le meneur restait en retrait, les adjuchas se jetèrent en avant. Ken-chan ne pu qu'esquiver une telle charge frontale et j'en fit de même, bondissant hors de leur portée de justesse. Putain, même si cet arrancar de mes deux restait en dehors du combat, ça laissait tout de même quatre adversaires de haut niveau... Déjà que ça c'était pas super bien passé la dernière fois... On était un peu dans la merde. Essayant de me reconcentrer, je réfléchis rapidement au meilleur moyen d'aider Kenpachi.

- Bakudo no niju ichi : Sekienton ! chuchotais-je.

Il y eut un bruit d'explosion et une fumée opaque un peu rougeâtre se propagea autour de nous. Cela me permettrait d'intervenir sans être repérée par le chef des ennemis et ça éviterait à Ken-chan de se faire harceler par les quatre adjuchas d'un coup, ils allaient devoir le chercher dans cette purée de pois ! Je me contentais ensuite de suivre les mouvements du démon, harcelant ses ennemis avec des sorts simples de boules de feu ou d'éclairs.

Bientôt, les adjuchas se rendirent compte de ma présence, mais toujours protégée derrière mon sort de dissimulation, je ne me posais que le temps d'incanter puis j'utilisais le shunpo pour déguerpir avant d'être touchée par des éventuelles représailles. Comme je n'utilisais que des sorts mineurs, mon reiatsu ne diminuait que très peu à cause des sorts mais un peu plus à cause de l'utilisation continue du shunpo.

Le premier kekkai de mon compagnon avait rapidement été brisé et dès que j'en avait l'occasion, j'en remettais un en place pour lui éviter de trop nombreuse blessures. L'arrancar observait toujours le combat de loin, n'y voyant sans doute pas grand chose, mais soudain, le vent se leva et emporta avec lui les vestiges de mon écran de fumée. J'avais paralysé l'un des adjuchas grâce à une technique d'immobilisation qui n'allait pas tarder à céder, j'en harcelais un second avec des éclairs et Ken-chan jouait avec les deux derniers.

Oui, je dis "jouais" parce que, franchement, ils n'étaient pas vraiment en très bon état les pauvres (bah, ouais, maintenant on en vient même à plaindre les pauvres hollows victimes de la fureur de Ken-chan ). Voyant cela, leur chef se décida à bouger et il bougeait vite cet enfoiré, on aurait dit qu'il utilisait le shunpo ! Comme il n'était malheureusement pas idiot, il avait remarqué ma présence.

Alors que j'étais en train d'incanter, il m'envoya un genre de cero en moins puissant mais au moins vingt fois plus rapide. Ayant à peine le temps de tourner le regard vers la balle d'énergie, je me la pris en plein dans l'épaule droite. Laissant échapper un cri de douleur, je tombais à genoux, du sang coulant abondamment de ma blessure. L'attaque avait fait disparaître mon sort de dissimulation et comme je n'avais pas eut le temps de finaliser mon sort, l'adjuchas à qui je le destinais se jeta sur moi en hurlant.

Satisfait de m'avoir démasquée, l'arrancar alla ensuite s'occuper de Ken-chan. Brandissant Shinseina, je luttais quelques instants pour me protéger des assauts de mon ennemi en essayant de me relever. Mon ennemi n'était pas vraiment affaibli, contrairement à moi et il avait l'avantage d'être plutôt petit et rapide, ce qui n'arrangeait pas mes affaires ! Du coin de l'œil, je ne pouvais m'empêcher de surveiller l'état de mon compagnon.

Blessée, désavantagée et pas très concentrée, je finis bien évidemment par me prendre un coup de croc au niveau de la hanche du côté gauche. Donnant un violent coup de coude à l'adjuchas qui venait de me mordre, je sentais monter la colère en moi. Je parvins à me dégager et je l'envoyais valser d'un puissant coup de pied circulaire. Mais ça n'eut pas l'air de lui faire grand mal et il s'approcha de nouveau, de la bave fumante au lèvres.

Merde. Si sa morsure était empoisonnée, j'allais pas tarder à en ressentir les effets. J'eus un sursaut de vivacité et libérait le shikkai de Shinseina qui brûlait d'impatience d'embrocher cette sale bestiole. Rivalisant de rapidité, l'adjuchas et moi-même nous affrontâmes sans relâche, cherchant une faille dans la déférence de l'autre, guettant chaque ouverture pour attaquer. Mais le temps jouait contre moi, je sentais le poison s'infiltrer dans mes veines.

En plus de ma morsure, ce putain de hollow avait réussi à enfoncer ses griffes dans ma cuisse droite alors que je m'amusais à lui labourer le dos avec mes saï (la prochaine fois, dit "pouce" Lina, peut-être qu'il te laissera gentiment le massacrer XD). Je commençais vraiment à être mal en point. Jetant un œil du côté des autres combattants, je vis Ken-chan couvert de sang – ça changeait pas vraiment de d'habitude. L'un des adjuchas était mort, il n'en restait plus qu'un autre et l'arrancar.

Ce dernier avait légèrement changé d'aspect, je ne le distinguais pas bien de loin mais il paraissait plus grand et le haut de son corps était recouvert d'os blanc. Son zampakuto avait également changé d'aspect, mais ce qui m'inquiétait le plus, c'était qu'il n'avait pas l'air vraiment blessé alors que son adversaire était clairement abîmé. Au moment même où je le regardais, je vis le sabre de l'arrancar transpercer la poitrine de mon compagnon. Mon cœur se comprima quand il se mit à vomir du sang, luttant pour rester debout.

Tournant vivement la tête vers mon ennemi, je le vis approcher à grande vitesse vers moi, toutes griffes dehors. Je tentais de bouger, mais mon corps était lourd, tellement lourd. Le poison... Vibrante de haine, je levais les bras devant moi, tenant mes saï l'un contre l'autre et je concentrais tout mon reiatsu, priant pour en avoir encore suffisamment. Alors que l'adjuchas n'était plus qu'à quelques mètres de moi, je libérais toute ma puissance.

- BANKAI ! Aianmeiden ! hurlais-je.

Mes saï disparurent subitement et un vent puissant se mit à tourbillonner autour de moi, forçant mon adversaire à rester en retrait. Un son lourd se répercuta dans la nuit sombre tandis qu'une immense silhouette funèbre s'élevait à mes côtés. La poussière soulevée fut rapidement balayée par les rafales, laissant apparaître une vierge de fer haute de trois mètres, représentant une femme qui priait. Deux longues chaînes y étaient attachées, reliées à deux bracelets qui étaient apparus sur mes poignets.

Alors que le vent retombait, mon ennemi s'avança de nouveau. Trois clics retentissants se firent entendre tandis que la porte de la vierge pivotait sur ses gonds, dévoilant la chambre intérieure hérissée d'une centaine de pointes acérées. Un fort courant aspirant se leva soudainement, entraînant l'adjuchas vers la vierge. Il tenta de se retenir avec ses griffes, mais le courant semblait se faire de plus en plus fort, le faisant lâcher prise. Il fut avalé brusquement à l'intérieur et la porte se referma d'un claquement sec.

Cela n'avait duré que quelques secondes, mais déjà je sentait une douleur diffuse poindre dans mes membres sous l'effet du poison. Grimpant sur le dos d'Aianmeiden, je me concentrais pour la faire s'envoler en direction des derniers combattants. Les yeux plissés pour y voir quelque chose malgré l'obscurité, je vis que l'arrancar avait son zampakuto croisé contre celui du shinigami qui avait finit par ployer un genou. Il avait une plaie béante dans le torse et son sang ne cessait de couler. Les prenant par surprise, je ne fis pas mine de ralentir en arrivant à leur hauteur, me contentant de raser le sol avec Aianmeiden.

Au passage, j'attrapais Kenpachi entre mes bras, enroulant ainsi mes chaînes autour de lui pour éviter qu'il ne glisse. La vierge de fer s'élança ensuite dans les dunes, laissant l'arancar et son unique compagnon survivant loin derrière. Entre mes bras, j'entendais vaguement Ken-chan fulminer, me hurlant à travers le vent de le reposer immédiatement pour qu'il puisse mettre à ce connard d'arrancar la dérouillée qu'il méritait... bla bla bla ! (Oh le manque de respect ! Ma petite Lina se dévergonde ! XD).

Bien entendu, s'il n'avait même pas la force de se dégager de ma poigne, il ne risquait pas de faire grand chose au connard en question, mais que voulez-vous, cet homme était pire que borné ! Sans compter qu'à gigoter comme il le faisait, il me faisait vraiment mal. Le poison qui circulait dans mes veines ne m'avait finalement pas paralysée comme je le pensais, mais ça n'était pas une bonne nouvelle. Si ça n'était pas fait pour paralyser la cible, c'était certainement fait pour la tuer à petit feu... Ces hollows n'étaient pas vraiment originaux, ils avaient tout copié sur les insectes !

Bref, j'avais l'impression d'avoir le sang en feu en plus de toutes mes blessures, un démon m'injuriait de tous les noms en me donnant des coups et pour couronner le tout je sentais le reiatsu de l'arrancar derrière nous. Il avait du se lancer à notre poursuite une fois passée la surprise. Heureusement, la vierge de fer pouvait atteindre une grande vitesse de vol, mais j'allais vite tomber à cours de reiatsu si ça continuait ainsi.

Cherchant du regard un endroit où nous pourrions nous réfugier à l'abri de notre poursuivant, j'avisais quelques sables mouvants par-ci par-là. Ayant une vague connaissance de la topographie des déserts en général, je décidais de tenter le tout pour le tout en me jetant dans l'un d'eux avant que l'arrancar derrière nous ne nous rattrape. Fermant les yeux, la bouche et bloquant ma respiration, j'attendis avec impatience durant les quelques secondes où nous fûmes engloutis dans les sables, serrant la tête de Ken-chan contre ma poitrine (ba oui, elle a pas eut le temps de le prévenir alors vaut mieux qu'il s'étouffe entre ses seins qu'avec le sable ! XD).

Finalement, nous ressortîmes quelques instants plus tard dans une sorte de grotte souterraine où nous tombâmes brutalement sur le sol. Lâchant ma prise sur Aianmeiden avec le choc, nous glissâmes à terre où nous roulâmes durement. Je gémis de douleur et laissait échapper mon compagnon de mes bras. Ce dernier toussa et cracha du sang en se tenant la poitrine. Encore sonnée, je me redressais en psalmodiant une formule pour invoquer un kekkai au-dessus de nous pour masquer notre reiatsu à notre ennemi.

Nous étions enfin hors de danger. Enfin, c'était vite dit... Kenpachi avait un trou dans la poitrine et se vidait de son sang, quant à moi je souffrais le martyr et le poison dans mon corps continuait de se répandre inexorablement. Le guerrier réussit à se redresser assez pour m'adresser un regard incendiaire.

- Je vais te tuer ! gronda-t-il en tentant vainement de se lever.

- Ça m'étonnerait, chuchotais-je, essoufflée, en esquissant un léger sourire. Aianmeiden ! appelais-je un peu plus fort.

La porte de la vierge de fer s'ouvrit de nouveau, l'adjuchas que j'y avait enfermé ayant totalement disparu. Crispant mes mains sur le sol, je me concentrais pour diriger la bourrasque qui survint vers Ken-chan qui commença à se faire aspirer. J'eus le temps de voire la surprise, la suspicion puis la haine sur son visage avant qu'il ne soit happé à l'intérieur, ne pouvant pas lutter contre le courant. Alors que le calme revenait à l'intérieur de la grotte, je me mis à pouffer nerveusement.

Luttant contre la fatigue, supportant la piqûre de la douleur avec force de grognements et de gémissements, je me résolus à attendre. La brûlure du poison se faisait de plus en plus vivace, je sentais la fièvre me gagner tandis que des tremblements secouaient tout mon corps. Cinq minutes. Il fallait que je supporte encore cette douleur cinq petites minutes. Ensuite... Advienne que pourra.

Fin du chapitre 11

Halleluia ! Enfin ! (Pleure de bonheur TOT) Si vous saviez comment j'ai souffert pour écrire ce chapitre... Cette scène de combat qui n'en finissait plus, les recherches à faire concernant les arrancars, les zampakutos, les bankais... J'en pouvais plus ! Franchement, j'espère que le résultat est à la hauteur de mes souffrances (et celui qui dit que non, je le fais pendre ! XP).

Pour ceux qui l'auraient remarqué, l'incantation pour la technique du canon de tonnerre du dragon ailé bouleversant les cieux (hado n88) n'existant pas dans l'anime, j'ai dû en inventer une (qui vous aura plu j'espère :D). On découvre enfin le bankai de Lina, même si ses capacités ne seront expliquées que dans le prochain chapitre (ne me frappez pas ! :P).

Bisous de chat 3