Ouf. Merci beaucoup pour à tous ceux et celles qui sont sortis de leur silence pour me faire un retour très sympa sur le précédent chapitre.

Merci pour les reviews, les followers/favoriters et ceux qui m'ont mis des PM. Bonjour la pression :-)

Bon. Au suivant, alors.


Chapitre 11

Goten était assis sur le lit, vêtu seulement de sa serviette enroulée autour de la taille, et il frottait ses yeux fatigués. Il leva la tête en entendant la porte d'entrée claquer violemment au rez-de-chaussée. Il écouta un instant les sons dans la maison et comprit qu'Edra était partie. Il se laissa tomber en arrière sur le matelas, pris d'une envie irrépressible de dormir. La douche avait décontracté tous ses muscles et éclairci son esprit.

Il se sentait fatigué dans tous les sens du terme. Sa discussion avec Gokû l'avait contraint une fois de plus à reconsidérer ses choix de vie, et très étrangement, il semblait que les paroles fermes et rassurantes de son père avaient dissipé tous les nuages de doute qui avaient souvent obscurci sa réflexion. C'était presque irréel, mais il avait l'impression de comprendre clairement ce qu'il voulait et ce qu'il devait faire. Il s'étonnait presque de ne pas avoir réalisé l'évidence plus tôt.

Il ferma les yeux et soupira. Il sentit soudainement un papier tomber sur son nez. Il s'en saisit et se redressa pour s'assoir. Raven était debout, les bras croisés à côté du lit, et l'observait froidement.

- C'est quoi ? demanda Goten en baillant, le papier à la main.

- Regarde, à toi de me le dire, répliqua Raven.

Goten frotta à nouveau ses yeux et les posa sur le document. Son sang se figea en reconnaissant une photo de Trunks et lui. Il ne s'attarda même pas à décrypter le titre racoleur qui l'illustrait. Ils étaient au Tribunal et tentaient de se dégager de la foule en se tenant la main. Goten passa son doigt doucement sur le cliché défraîchi par l'imprimante d'Edra et se mordit la lèvre.

Une foule de souvenirs ressurgit soudainement. Mais ce n'était pas de mauvais souvenirs. Sa mémoire n'avait rien retenu de pénible ou douloureux, les images qui s'allumèrent aussitôt dans son esprit et en premier lieu était de bons souvenirs. Même cette séance au Tribunal ne lui évoquait que le regard perdu de Trunks assis sur le banc des accusés, son faible sourire quand Goten s'était rué dans la salle d'audience.

A cette époque, Trunks et lui s'étaient protégés mutuellement. C'était aussi ce qu'ils avaient cru faire en se séparant. Mais Goten avait l'impression qu'ils s'étaient perdus en chemin en quelques sortes.

- C'est vrai ? gronda la voix de Raven qui le ramena à la réalité. Ce qui est écrit ? Cette horreur ?

- J'ai jamais lu ces cochonneries mais j'imagine qu'ils expliquent que Trunks et moi étions amants et c'est vrai, répondit doucement Goten sans lâcher la photo des yeux.

- Putain de merde ! grinça Raven.

Elle commença à faire les cents pas dans la chambre.

- Si mes parents apprennent ça ! siffla-t-elle.

Goten sourit discrètement. C'est exactement ce qu'il avait pensé à cette époque.

- Pourquoi tu m'en as pas parlé ? Marron est au courant ? enchaina son amie nerveusement.

- Je sais pas… je ne pense pas… J'en ai jamais parlé parce que je croyais que c'était un mauvais souvenir.

Raven s'immobilisa et le fixa avec incrédulité. Il leva enfin les yeux vers elle.

- Tu croyais que c'était un mauvais souvenir ? Et c'en est pas un ? C'est quoi cette affaire Goten ?

- Je crois que j'ai jamais été aussi heureux qu'avec lui, répondit Goten d'un air songeur.

Raven accusa le coup en se serrant les lèvres.

- C'est très classe, comme façon de dire les choses, reprit-elle, Et quoi ? T'es toujours amoureux ? Vous baisez dans mon dos, ou quoi ?

- C'est arrivé une fois, admit Goten , sans pouvoir retenir ses mots.

Cette fois-ci, Raven le gifla si fort que l'écho du coup sembla ne jamais retomber. Goten ferma les yeux mais resta stoïque.

- Désolé, souffla-t-il.

- Désolé ? C'est tout ce que tu trouves à dire ? hurla Raven.

Elle le frappa à nouveau, les poings serrés. Il se contenta de protéger son visage de ses avant-bras sans essayer de se défendre. Ses attaques étaient ridicules mais il l'aurait volontiers laissée le battre à mort pour avoir été si malhonnête. Il le méritait dans le fond. Néanmoins, elle cessa très vite et s'assit subitement sur le lit. Elle enfouit son visage dans ses mains et resta un instant immobile.

- J'ai jamais vu une ordure pareille ! marmonna-t-elle, pourquoi tu me fais ça ?

- J'ai merdé, je suis désolé, murmura Goten qui fixait le sol à ses pieds.

Comme elle ne répondait pas, il tourna les yeux piteusement vers elle. Elle le dévisageait avec colère. Ses yeux sombres étaient luisants de larmes mais elle était surtout furieuse à cet instant.

- Tu sais quoi ? Vire ton p'tit cul de pédale de mon lit et dégage ! siffla-t-elle.

Il se leva lentement et saisit ses vêtements sur la chaise. Alors qu'il se dirigeait vers la porte, il eut tout juste le temps d'esquiver un bibelot en pierre qu'elle lui jeta à la tête.

- Quand j'y pense ! Tu me dégoûtes ! J'ai envie de gerber ! Grouille-toi ! Tire-toi ! rugit-elle, au comble de l'exaspération.

Il se faufila dans le couloir sans un mot.

- Prends ton costard et t'as intérêt à être à l'heure demain parce que je te jure… ajouta-t-elle.

Il entendit sa voix se casser dans un sanglot. Il baissa la tête et descendit l'escalier hâtivement. Il se rhabilla rapidement dans le salon et saisit son costume impeccablement dressé sur un cintre plastifié dans le placard.

- Goten ! rappela la voix de Raven depuis l'étage.

Il s'immobilisa, la main sur la poignée de la porte.

- Oui ?

- Demain… Demain, on ne dit rien, articula-t-elle péniblement d'une voix vibrante.

- Tout ce que tu veux, Raven, répondit-il à mi-voix avant de sortir.

L'air était doux à l'extérieur. Le cœur de Goten battait encore à un rythme accéléré. Il avait de la peine de ce qu'il venait de faire. Ce n'était pas la première fois qu'il rompait, il n'était jamais fier dans ces moments-là. Mais cette fois-ci semblait pire que les autres. Raven ne méritait pas ça, et il savait qu'elle mettrait du temps à s'en remettre. Il ne s'était pas contenté de cesser de l'aimer, il l'avait trahie et elle ne tarderait pas à se convaincre qu'il avait été hypocrite dès le départ. Il savait que très vite elle lui prêterait la pire sournoiserie qui soit alors qu'il avait juste voulu essayer de jouer le jeu d'une vie normale. Il n'avait jamais eu l'intention de la tromper, ni de la blesser et il avait vraiment eu de l'affection pour elle. Il avait même cru qu'il pourrait l'aimer vraiment avec le temps.

Il quitta la propriété à pied, profitant de la brise clémente du soir. Peu à peu, son remord laissa place à un irrésistible sentiment de soulagement. Un étau dont il n'avait pas soupçonné l'existence venait de se desserrer d'un cran dans son esprit. Ce qu'il venait de faire était une pure folie mais étrangement, il n'avait pas peur. Il était même incroyablement excité de sa hardiesse. Il devait voir Trunks, il devait lui raconter. Il s'envola dès qu'il eut dépassé les grilles du jardin.

Il se sentait légèrement nerveux en passant l'entrée pharaonique de l'hôtel. La fraicheur du soir avait fini de le dégriser et son esprit commençait seulement à anticiper les conséquences de ses actes. Mais tout ça ne lui importait pas pour l'instant; pour l'instant, son esprit était focalisé sur Trunks.

Il traversa le hall, portant toujours son costume à bout de bras comme un pantin encombrant et se présenta à la réception. Un employé en uniforme l'interrogea du regard avec un sourire avenant.

- Je dois voir Monsieur Trunks Briefs, annonça Goten avec précipitation.

Goten jetait des coups d'œil inquiets autour de lui, craignant de rencontrer certains de ses amis de retour de la fête qui s'était poursuivie sans lui.

- Monsieur, il est plus de minuit, protesta le réceptionniste.

- Il m'attend, mentit Goten pour le convaincre d'appeler la chambre au risque de « déranger » son client.

L'employé consulta son registre et releva la tête.

- Je ne crois pas Monsieur, il est sorti, déclara l'employé de l'hôtel avec un œil réprobateur.

Goten soupira et sortit son portable en s'éloignant du comptoir. Il redoutait que Trunks n'ait fini par se joindre aux autres sur la plage. Il s'isola dans un recoin du hall où un petit salon servait de salle d'attente et tenta de l'appeler sans résultat. Tandis qu'il raccrochait, il entendit des rires qu'il reconnut aussitôt. Bra et sa nièce venaient d'apparaître à l'entrée. Les lèvres de Goten s'étirèrent en un sourire satisfait.

- Alors les filles, vous allez vous coucher ? demanda-t-il.

Elles se tournèrent vers lui et cessèrent de rire.

- Tu n'es pas chez ta copine, oncle Goten ? demanda Pan.

- J'y retourne, ne t'inquiète pas, assura Goten, mais euh… Trunks a quelque chose que je devais récupérer pour la cérémonie et euh… Vous l'avez pas vu par hasard ?

- Un truc ? demanda Bra avec suspicion en croisant les bras.

- En tout cas, il n'était pas à la fête du gouverneur, répondit Pan avec innocence.

Goten se frotta la tête avec embarras. Bra plissa les yeux. Elle avait repéré le costume de Goten posé sur l'un des fauteuils de la réception et essayait de le relier à l'explication bizarre que Goten venait de leur servir pour justifier sa présence. Goten soutenait le regard de la jeune fille et semblait réfléchir en même temps.

- Bra… Tu pourrais… peut-être que le service de l'hôtel t'ouvrirait sa chambre ? suggéra Goten.

Bra se raidit un peu.

- C'est une bonne idée comme ça, Goten pourra récupérer ce qu'il a à prendre et rentrer se coucher avant que sa copine ne l'étripe vivant, approuva Pan en ricanant.

- Il va me tuer si je fais ça, s'il se rend compte qu'on a touché à ses affaires, il va être dingue, protesta Bra calmement.

- T'en parles comme d'un psychopathe, pouffa Pan.

- C'est à peu près ça, confirma Bra froidement, désolée Goten, trouve autre chose.

Goten et Pan n'eurent pas le temps de discuter, la jeune fille s'éloignait déjà en leur souhaitant bonne nuit. Sa bonne humeur semblait s'être soudainement évaporée. Goten la suivit des yeux avec abattement. Elle avait parlé avec une détermination implacable qu'il reconnaissait comme une marque de fabrique « Briefs » et Goten avait compris qu'il n'y avait résolument aucune aide à espérer de sa part. Pan le salua à son tour avec une expression navrée et disparut vers les étages pour regagner sa chambre à son tour.

Resté seul dans le hall, Goten se laissa tomber dans l'un des fauteuils avec un soupir de lassitude. Il tenta de se concentrer pour repérer l'aura de Trunks. Il put déceler qu'il était en ville mais il y avait trop de monde autour de lui, et Goten était trop fatigué pour le localiser précisément. Il hésitait à se mettre en route pour le retrouver quand il sentit une présence près de lui.

Il leva les yeux et eut la surprise de trouver Bra. Elle se tenait devant lui avec une expression à la fois timide et méfiante. Une étincelle d'espoir s'alluma aussitôt en lui. Il lui adressa un large sourire. Bra n'était pas d'un caractère facile et il savait qu'il devrait peser ses mots s'il voulait parvenir à la convaincre de faire ouvrir la chambre de Trunks.

Elle ne lui rendit pas son sourire. Elle le fixait tranquillement d'une façon étrange. Goten ne se demanda qu'à cet instant ce que la gamine connaissait de son histoire avec son frère et ce qu'elle pouvait en penser. C'était une question qu'il ne s'était jamais posée.

- Qu'est-ce que tu lui veux à Trunks ? demanda-t-elle finalement en prenant place lentement sur le fauteuil en vis-à-vis du sien.

Goten hésita. Est-ce qu'il devait lui mentir ? Peut-être qu'elle ne soupçonnait rien et que la vérité la ferait fuir. Mais si elle savait et qu'il lui mentait, il la connaissait assez pour savoir qu'elle ne lui pardonnerait pas de la prendre pour une imbécile.

- J'ai besoin de le voir, répondit-il prudemment.

- J'imagine. Mais tu as une copine, pas vrai Goten ? Elle sait que tu es ici ?

La question était suffisamment directe pour que Goten renonce à lui mentir. Elle savait. D'un autre côté, il ne se sentait pas à l'aise sous le regard inquisiteur de cette jeune fille, qui était toujours une petite fille finalement dans son esprit.

- Tu sais, mon frère est vraiment devenu Monsieur Chiant et Triste depuis que tu es parti pour les états du Sud. Personnellement, des fois, je préfère quand il disparait pendant des semaines plutôt que d'avoir sa mauvaise humeur de connard en direct. Bref, si c'est juste pour lui passer un message, je peux le faire je ne suis pas sûr que t'aies vraiment besoin de le voir et lui non plus, je pense pas qu'il a vraiment besoin de te voir.

Goten fut stupéfait du discours de Bra. Il réalisait qu'elle n'était plus tout à fait la petite fille qu'il avait gardée en mémoire. Elle avait juste quatorze ans mais il s'étonnait de sa lucidité qui contrastait avec l'insouciance superficielle et puérile qu'elle affichait constamment. Elle ressemblait radicalement à sa mère dans le fond. Un côté pile et un côté face.

- J'ai vraiment besoin de le voir pour lui dire ce que j'ai à lui dire, Bra.

L'adolescente serra les lèvres dans un sourire incrédule et leva les yeux au ciel.

- Et ta copine, qu'est-ce qu'elle en pense ? demanda-t-elle malicieusement.

- C'est plus ma copine, si tu peux garder ça pour toi le temps du mariage, souffla Goten.

- Hah ! s'exclama Bra avec surprise et embarras.

Goten s'agitait légèrement sur son siège. Bordel, est-ce qu'il était obligé de parler de tout ça avec cette gamine ? Oui, il était obligé s'il voulait la moindre chance d'entrer dans la chambre de Trunks parce qu'il ne se sentait pas en état de partir à sa recherche dans les bars d'Eloma et que le besoin de le voir se faisait de plus en plus pressant.

- C'est dommage, conclut Bra en soupirant, ça va encore faire des histoires. Enfin… Si ça peut le ramener un peu sur Terre…

Elle fouilla dans sa pochette et en extirpa un pass qu'elle tendit à Goten.

- Ma mère avait son double, mais si Trunks te demande, c'est la réception qui t'a ouvert, d'accord ? expliqua-t-elle.

Il l'aurait presque embrassée quand il s'empara enfin du sésame. Elle le retint un instant entre ses doigts en le fixant avec détermination.

- Déconne pas Goten, souffla-t-elle d'un ton implorant.

- Promis, murmura-t-il.

Elle se leva et le dévisagea encore une minute avec préoccupation. Il lisait le doute sur son visage. Elle n'était pas sûre d'avoir fait le bon choix en lui permettant d'accéder si facilement à Trunks. Il percevait même sa réticence à favoriser leur rapprochement.

- Merci Bra, je te revaudrais ça, ajouta-t-il, comme pour la rassurer.

- C'est bon, je me suis faite à l'idée d'avoir un beau-frère de toute façon, soupira-t-elle avec une pointe d'amertume en s'éloignant.

Goten sourit faiblement à sa réflexion et baissa les yeux sur le pass pour repérer le numéro de la chambre.

Quand il fut à l'intérieur, il se sentit subitement et inexplicablement hésitant. S'il se rend compte qu'on a touché à ses affaires, il va devenir dingue. Les paroles de Bra lui revenaient en mémoire et lui rappelait qu'il était ici sans invitation.

Il avait cru sans l'ombre d'un doute que Trunks se réjouirait de sa venue, qu'il aurait envisagé cette nuit comme une nouvelle opportunité de le revoir et qu'il serait resté à l'hôtel pour la saisir si elle se présentait, ou au moins qu'il serait resté attentif aux moindres vibrations de son téléphone. Mais Trunks ne l'attendait pas du tout. Il ne semblait pas avoir espéré une minute que Goten essaye de lui rendre visite ce soir. Trunks était simplement sorti profiter des plaisirs de la nuit d'Eloma sans penser une seconde à lui. Goten fut pris d'un doute et se demanda maintenant s'il n'avait pas commis une erreur de jugement en concluant que Trunks l'accueillerait à bras ouverts.

Tout était impeccablement rangé et il reconnut instantanément la maniaquerie de celui qui avait partagé sa vie pendant plus de six mois. Seul le lit était encore défait. Son parfum flottait dans la pièce avec insistance comme une marque de son règne. Goten accrocha son costume et se laissa tomber sur le lit. Il se sentait subitement totalement exténué. La journée avait été longue. Son estomac était plus que bien rempli et, pour finir, les émotions de cette fin de soirée l'avaient vidé de ce qui lui restait d'énergie. Il plongea son nez dans l'un des oreillers et soupira longuement, laissant la somnolence l'envahir doucement.

Les notes métalliques de la sonnerie de son portable vrillèrent ses oreilles brutalement à plusieurs reprises. Il ouvrit les yeux d'un seul coup et bondit sur le boitier en constatant que le jour filtrait déjà entre les rideaux. Il avait l'impression qu'il venait de se coucher. En réalité, il n'avait pas très bien dormi, hanté à la fois par la préoccupation du retour de Trunks et la nécessité de se réveiller à temps pour le mariage.

- T'es debout, j'espère ? grogna la voix de Raven dès qu'il décrocha.

- Hm, hm, marmonna Goten en scrutant sa montre avec panique.

- T'es loin ?

Il jeta un coup d'œil à la chambre de Trunks. Elle était vide. Il sentit un poids dans son estomac.

- Pas très loin, répondit Goten en évitant soigneusement de préciser où il était.

- T'avise pas de te ramener avec lui, en tout cas, grinça Raven qui avait compris à la réponse évasive de Goten, l'endroit exact où il se trouvait.

- J'arrive dans un quart d'heure, se contenta de conclure Goten en coupant la communication.

Il sauta d'un pied sur l'autre en jurant en boucle. Il n'avait même pas le temps de se doucher. Il se rua sur son costume et s'habilla soigneusement, boutonnant patiemment ses boutons de chemises un à un, tentant de discipliner ses cheveux ébouriffés. Il se passa de l'eau sur le visage pour tenter de paraître à peu près frais. Alors qu'il s'essuyait le visage, des coups frappés à la porte le firent sursauter.

- Trunks ? Trunks ? Faut se lever maintenant, sinon on va être en retard ! annonça la voix de Bulma de l'autre côté de la porte.

Goten hésita une seconde. Il s'inquiétait sérieusement de l'absence de Trunks mais la panique d'être en retard au mariage l'empêchait de se concentrer sur ce problème. Il ouvrit brusquement la porte et les yeux de Bulma s'arrondirent en tombant sur lui plutôt que sur son fils.

- Il est pas là, expliqua Goten sans lui laisser le temps de poser plus de question, j'ai passé la nuit ici, il n'est pas rentré.

- Quoi ? Qu'est-ce que c'est encore que ces conneries ? marmonna Bulma en fronçant les sourcils.

Elle s'engouffra dans la chambre et Goten repoussa la porte derrière elle. Elle était déjà habillée avec élégance, perchée sur de hauts talons qui rajoutaient étrangement dix centimètres à sa hauteur habituelle. Elle fit un petit tour dans la chambre, comme pour vérifier ce que Goten venait de lui dire, et se tourna vers lui.

- Qu'il me fait chier... maugréa Bulma avec contrariété.

- Apparemment, il est sorti dans Eloma hier soir… Ce n'est pas une ville dangereuse, je ne sais vraiment pas ce qu'il a foutu, résuma Goten.

- Et toi, Qu'est-ce que tu fais ici ? demanda Bulma en plissant les yeux.

- Je… euh… C'est une longue histoire, j'ai pas vraiment le temps… bredouilla-t-il.

- Ah oui ?

Bulma avait croisé les bras et le fixait avec méfiance.

- Tu sais qu'il a quasiment agressé ta mère hier soir ? Tu es au courant de ça ? lança Bulma avec défi.

Goten se raidit un peu. « Agressé » était sûrement un terme exagéré choisi tout spécialement par Chichi mais Goten voyait à peu près la scène d'ici. Et il devinait sans hésitation les raisons de leur dispute.

- Il a fait ça ? murmura-t-il avec embarras.

- Il a fait ça, confirma calmement Bulma, Chichi était toute bouleversée quand elle m'a raconté ça.

Subitement, elle marcha sur lui et attrapa son nœud papillon pour le nouer correctement avec agacement. Quand elle eut fini son œuvre, elle fit un pas en arrière pour contempler le résultat et soupira.

- Je t'adore Goten mais votre histoire a fait des dégâts. J'aime autant que tu t'approches pas trop de Trunks… ça le rend nerveux. Nerveux et chiant.

Goten baissa la tête d'un air coupable sans trouver quoi répondre. Il se garda bien d'expliquer qu'il avait très fermement l'intention de se rapprocher de Trunks une fois pour toutes. Bulma scruta sa montre.

- Tu vas être en retard, maintenant, constata-t-elle. Dépêche-toi, je vais m'occuper de le retrouver et de lui botter le cul.

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