Je ne sais pas si parmi vous, il y a des gens qui lisent Journey into Mystery dont le héros est Loki en version adolescente, mais si c'est le cas, acceptez ce chapitre pour vous changer les idées après le numéro qui est sorti mercredi. Et si vous ne lisez pas Journey into Mystery: n'y touchez pas, pour votre propre bien. C'est un conseil d'ami.

Changeons de sujet! Aujourd'hui dans The Calculator: duel au sommet. J'espère que vous comprendrez tout ce qui se passe.


Un homme se tenait dans la cuisine, un homme aux cheveux noirs qui portait un costume gris étrangement familier, sa coupe rappelant quelque chose à Loki. L'homme se retourna. Et il se retrouva face à face avec lui-même. Des yeux verts, un petit sourire entendu (une seconde, il n'avait pas l'air aussi suffisant, tout de même? (32)) et un sourcil haussé comme pour dire « eh bien, quelle surprise »

Alors même que son cerveau tentait d'analyser une telle improbabilité, son regard parcourait la cuisine, prenant en compte la situation, la localisation des couteaux de cuisine, le placard où il gardait ses thés et cafés hauts de gamme, à moitié vidé avec la porte grande ouverte, et…

-Ceci, dit-il très calmement, est mon moule à gaufres. Je te suggère de le reposer, afin que je puisse te tuer sans l'endommager.

Le faux Loki jeta un œil à l'objet, haussant légèrement les sourcils, semblant dire "Quel moule à gaufres? Oh, celui-là ? » puis sourit de nouveau, de ce petit sourire qui était peut-être la raison, comprit Loki, pourquoi les gens voulaient le voir mort même quand il était inoffensif.

-Négatif. Ceci est mon moule à gaufres.

C'était comme se regarder dans un miroir, mais les mauvais jours, quand il ne supportait pas d'être lui-même, quand il voyait uniquement dans son reflet tout ce qu'il détestait et rien de ce qu'il estimait être appréciable. Une bouffée de rage l'envahit, brouillant momentanément sa vision.

-Ce serait le cas si tu étais Loki. Et puisqu'il s'avère que c'est moi, tu n'es qu'un putain de menteur alors maintenant repose mon moule à gaufres, espèce de fils de pute !

Il se jeta à l'attaque avec son tisonnier. L'autre ne bougea pas, ne fit rien à part lever un sourcil et rire. Le tisonnier s'enfonça dans sa poitrine sans rencontrer de résistance. Ni os ni muscle : c'était comme s'il transperçait de la gelée (33) Loki recula précipitamment en essayant de regagner son équilibre.

Le faux attrapa le tisonnier, le lui arracha des mains avant de le retirer de son torse, la peau et le costume ondoyant comme un liquide. Cela fit un léger bruit de succion quand il l'extirpa. Il inspecta l'objet avant de le laisser tomber sur le sol.

-Vois-tu, si j'étais un médiocre sac de viande comme tu l'es, cela aurait été vraiment douloureux, fit-il. Je crois qu'on qualifie ceci de « grossier».

Il posa le moule à gaufres sur le comptoir.

Mais Loki sortait déjà à reculons de la cuisine, attrapant une lampe qu'il jeta à la tête de la chose. Il lui fallait un moment pour rassembler ses esprits, réfléchir …
Le faux disparut.

Loki s'arrêta, se retourna: il connaissait le truc. Il para le premier coup lorsque l'autre réapparut, lui donna un coup de genou dans l'entrejambe qui ne fit aucune différence ; c'était comme si il avait frappé dans un marshmallow, pas une personne…

Parce que ce n'est pas une personne, espèce d'idiot. Alors c'est comme ça que tu finis, défait par ta propre stupidité ? REFLECHIS BON SANG !

Mais il n'avait pas le temps de réfléchir.
L'autre agrippa sa gorge d'une main et écrasa sa trachée sans qu'il puisse faire plus que pousser un pathétique gémissement de consternation. Il pressa son autre main contre son front, la chair inhumaine se coulant autour. Pendant un instant il crut respirer une odeur d'oranges.

-Tu as quelque chose qui m'appartient, dit le faux.

-Erreur, parvint à prononcer Loki. Il leva la main vers le visage de l'autre et pressa un pouce dans une orbite, mais il n'y eut pas de « pop » satisfaisant signifiant qu'il lui aurait arraché l'œil. Mais quand son doigt s'y enfonça, il sentit une étincelle de sa magie, comme si…

-Je suis supérieur à toi sur tous les points. Je n'ai pas besoin de ta permission pour prendre quoi que ce soit.

Loki essaya de tirer sa magie vers lui, la rappeler, mais c'était trop tard; la plus grande partie était déjà hors de sa portée. Il vit blanc, eut un goût d'électricité sur sa langue et ses muscles se raidirent quand l'autre lui arracha la dernière étincelle de magie qui restait dans son âme et son cerveau. Une plainte aigüe lui parvint aux oreilles : c'était sa voix, le seul son que sa gorge écrasée pouvait produire.

La blessure sur son épaule se réouvrit, et du sang assombrit sa veste de costume, mais l'autre ne le lâcha pas. Des doigts immatériels lacérèrent son esprit, aspirèrent ses souvenirs et ses pensées, et le faux Loki murmura :

-Qu'est-ce que tu caches ? Ce n'est pas assez. Tu vas me le donner… !

Il toucha cette rage brûlante qu'il gardait enfermée au plus profond de lui-même, cette chose qui lui faisait haïr son frère et, aussi, ce centre froid qui murmurait tu sais, ce serait vraiment drôle si tu

L'autre le lâcha, porta les mains à sa tête et hurla :

« Annulation! Annulation! Annulation refusée!"

Loki, tombé en un tas chiffonné sur le sol, reprit sa respiration, et commença à rire, un rire dément et douloureux alors qu'il roulait sur le côté et se releva. Le faux continuait de crier.
« Les yeux plus gros que le ventre, hein ? Hein ? (il essaya de lui donner un coup de pied, mais manqua de perdre l'équilibre et décida que ce serait pour plus tard) Si tu n'arrives même pas à me dévorer le cerveau, tu n'es rien ! J'ai eu des parasites meilleurs que toi qui essayaient d'entrer dans mon oreille ! »

Il crut entendre au loin le grondement du tonnerre, faisant trembler les tableaux toujours accrochés au mur. Du moins il l'espérait.

Loki se dirigea vers la porte, mi-trébuchant mi-rampant sur le sol. Elle se ferma toute seule. La poignée se tordit comme de la cire quand il posa la main dessus. Il regarda par-dessus son épaule : le faux commençait à reprendre le contrôle de lui-même, bien qu'il portait une main à son front.

-Je ne t'ai pas donné la permission de partir. Tu vas me donner ce que je veux !

-Tu ne peux pas le prendre ! cria Loki.

Il pressa une main contre le mur, et une couche de glace se répandit sur la peinture blanche jusqu'à la fenêtre la plus proche, où elle devint du givre craquelant la vitre. Puis il attrapa une des chaises en métal et bois de la table à manger qu'il jeta sur la vitre avec toute la force qu'il lui restait.
Celle-ci vola en éclats; le vent s'engouffra dans l'appartement, faisant voler les rideaux et les quelques papiers qui traînaient sur le sol.
L'imposteur fit deux pas vers lui.

-Tu ne gagneras pas. Tu ferais mieux de venir et ici et jouer…gentiment. Considère ceci comme l'ultime mise à jour.

Il essaya de sourire. Loki espéra sincèrement qu'il n'avait jamais, jamais souri comme ça de toute sa vie.

Il jeta un œil à l'horizon (Des nuages sombres, continuer à espérer, maintenant ou jamais parce que rester à l'intérieur n'était plus une option) et répliqua :

-C'est là le secret : je n'ai pas à gagner. Je n'ai qu'à ne pas jouer, et tu perdras quand même.

Les bras écartés, il sauta dans le vide.


32 –Si.

33 –Noël 2009, cette horrible salade à la gelée à la fête de Biffy, après un Long Island Iced Tea de trop, qui, Loki en était maintenant certain, n'avait jamais inclus quelque chose ressemblant de près ou de loin à du thé.


Note: le Long Island Iced Tea est un cocktail qui, effectivement, ne contient pas la moindre trace de thé. Je n'ai pas trouvé d'équivalent français, mais en même temps je ne connais rien aux cocktails...

Enfin bref, je n'ai pas beaucoup de reviews (ça veut peut-être dire qu'il n'y a rien à redire, certes), mais je ne vais pas arrêter de poster des chapitres à cause de ça (ce qui serait idiot vu que j'en ai déjà traduit la plupart) Ceci dit, ça fait toujours plaisir, non? Non? Je n'insiste pas, alors.

See ya!