~ Pardonne-moi ~
§ Chapitre 10 : Nous ne formons qu'un §
O
- Que viens-tu de dire, Sado kun ?!
Cette question posée par un Uryuu stupéfait résumait bien la crainte et l'inquiétude planant dans le couloir. Malgré la gravité de la situation, la surprise était pourtant absente.
En apprenant par le biais de Rukia ce que son meilleur ami avait l'intention de faire, Sado s'était précipité au commissariat dans le but de convaincre Urahara de trouver une excuse valable pour envoyer d'urgence une patrouille là où Ichigo se trouvait.
- C'est très grave, Kisuke, déclara Yoruichi présente également et resserrant sa queue de cheval. Nous savions qu'Ichigo affronterait Jin tôt ou tard, mais avec ce qui est arrivé à Orihime, et si en plus son Hollow le pousse à commettre l'irréparable, sa conscience sera entachée à jamais. Même si son caractère est fort, Ichigo n'est pas un tueur.
- Vous avez raison, l'approuva Ishida, les yeux plissés derrière ses lunettes étincelantes. Je me rappelle que lors de son combat contre Ulquiorra, il tenait à se battre d'égal à égal avec lui. Sauf que dans le cas présent, le fossé entre Kurosaki et Ashimura san est énorme. Un simple humain n'a aucune chance face à un Shinigami, surtout aussi remonté que Kurosaki. Sans oublier que...
- Que quoi ? le poussa nerveusement Chad.
Son ami croisa ses yeux, une certaine culpabilité les teintant.
- Je lui ai tout dit. Je lui ai dit ce que Ashimura san avait en tête en épousant Orihime san.
Le corps de Chad se tendit, ses poings extrêmement serrés.
- Tu n'as pas fait ça, Ishida ! s'écria-t-il. Tu n'as fait que fournir une raison supplémentaire à Ichigo de le réduire à rien !
- Ce n'est pas comme si une ordure battant sa femme ne méritait pas ce châtiment.
- Yoruichi san !
- Allons, allons, calmons-nous, les incita Urahara, une main sur son bob. Nous nous éloignons du problème et donnons actuellement à Kurosaki san davantage de temps pour commettre l'irréparable.
Sado baissa la tête, l'impuissance émanant de tout son être.
- Je savais que ça arriverait, j'aurais dû empêcher Ichigo. Et ce que je sais aussi, c'est qu'Orihime désapprouve totalement son attitude. L'arrêt cardiaque qu'elle a fait est le seul moyen qu'elle ait trouvé pour nous supplier d'arrêter le geste d'Ichigo, j'en suis persuadé !
- La pauvre ne mérite pas tant de tourments, ajoutés à la perte de son bébé..., compatit la femme-chat, sincèrement touchée.
- Ishida, tu leur as aussi parlé de ça ? releva Chad. Peu importe, que suggères-tu, Urahara san ? L'heure tourne comme tu l'as dit, ça fait déjà un moment qu'Ichigo est parti et même si Kuchiki et Abarai sont allés après lui, ils n'arriveront peut-être pas à le raisonner.
Sado était une personne si impassible et détendue la plupart du temps que le voir si agité était déroutant.
- Vous avez pu le localiser grâce à l'effet de mes pilules qui s'estompe ? supposa le blond.
- Oui, mais on sait juste qu'il se trouve encore à Tokyo et ça ne change rien au fait qu'Ichigo a de l'avance.
- Ce n'est pas ce que je veux dire, Sado san.
- Alors soyez plus clair, Urahara san, commença à perdre patience Uryuu. La vie d'Orihime san dépend de l'issue de la rencontre entre Kurosaki et cet avocat, je vous rappelle !
- Kurosaki san a utilisé la dernière pilule du flacon que je lui ai donné. Il devrait bientôt ressentir des effets qui le ralentiront, j'ai prévu ça dans le cas où cette rencontre aurait lieu, expliqua le vendeur, une main sur le menton.
- Comment ça ? ne captèrent pas les deux jeunes hommes.
Urahara jeta un coup d'oeil par-dessus son épaule.
- Kodomura san est sur le point de révéler où se trouve Ashimura san. Il suffit de tourner ça à notre avantage.
- Où tu veux en venir, Kisuke ? demanda Yoruichi avec un froncement de sourcils, les bras croisés.
Le concerné abaissa son chapeau, sourit mystérieusement et pivota sur ses pieds dans un bruissement de cape pour prendre une direction précise.
- Son sourire était... inquiétant. Tu ne trouves pas, Sado kun ? fit remarquer le Quincy, le sourcil agité d'un tic nerveux.
- Mmh. J'espère qu'il sait ce qu'il fait.
- Après toutes ces années, vous doutez encore de lui ? sourit la rapidité divine. Pour Kisuke, la fin justifie les moyens.
- C'est bien ce qui nous inquiète, Yoruichi san.
{ … }
A l'hôpital, la tension était à son comble.
Profondément bouleversée et craignant le pire, Yuzu avait détalé en apprenant qu'Orihime faisait un arrêt cardiaque, forçant sa jumelle à lui courir après jusqu'à l'extérieur. Ne pouvant laisser ses filles seules dans la nature, surtout avec la presse dans les parages, Isshin était parti également en demandant à être prévenu au moindre changement. Rukia et Renji, pour leur part, avait pris leur forme de Shinigami pour partir à la recherche d'Ichigo et Kon. Dans la salle d'attente à l'atmosphère oppressante, il ne restait donc plus que Rangiku toujours dans son gigai, et Tatsuki qui tournaient en rond sans s'échanger un mot.
Matsumoto ne cessait d'espérer que celle qu'elle considérait comme sa sœur de cœur s'en sorte pour vivre enfin le bonheur qu'elle méritait avec l'homme qu'elle aimait vraiment. La karatéka, de son côté, priait pour la même chose et se disait qu'elle se serait certainement comportée différemment si elle avait su que, quatre ans plus tard, les conséquences de ses choix mèneraient là aujourd'hui.
Ichigo avait raison de la détester. Tatsuki s'était rendue à l'évidence : peu importe les embûches, Ichigo et Orihime étaient destinés à être ensemble. Chaque fois que leur couple se brisait ou était en passe de l'être, ils se retrouvaient et restaient soudés. Il n'y avait pas d'amour plus véritable que celui liant sa meilleure amie à son ami d'enfance -si tant est elle pouvait encore l'appeler ainsi. Son coeur se comprima.
- Arisawa san, Matsumoto san ?
Les deux désignées se tournèrent vers la porte de la salle dans l'encadrement de laquelle se tenait une infirmière.
- Votre amie a pu être stabilisée et s'est même réveillée, leur annonça-t-elle avec un sourire. Le médecin vous attend dans sa chambre.
Un poids énorme quitta la poitrine des deux femmes qui se précipitèrent dans la chambre de la princesse en bousculant sans le vouloir les deux policiers montant la garde. En ouvrant la porte de la chambre, le soulagement les gagna totalement.
- Orihime.
Toujours allongée sur le lit, le dos contre deux gros oreillers, Orihime terminait de boire un verre d'eau que le chirurgien l'ayant opérée l'aidait à avaler. En entendant la voix de sa meilleure amie, elle détacha ses perles grises intriguées du corps d'Ichigo assis sur une chaise pas loin et leur adressa un sourire.
- Tatsuki chan, Rangiku san.
Elle avait encore des perfusions mais respirait toute seule à présent.
- Je n'ai jamais vu pareille chose en trente ans de métier, dit le médecin en reposant le gobelet. Se remettre aussi vite d'une telle opération et d'un arrêt cardiaque est stupéfiant. Vous vous accrochez à la vie, mademoiselle, c'est le moins que l'on puisse dire.
La Shinigami et la championne d'arts martiaux ne purent que l'approuver : Orihime avait tout simplement l'air de se réveiller d'une sieste. Toutefois, ce n'était qu'une façade et elles en étaient conscientes.
- N'oubliez pas ce que je vous ai dit et ménagez-vous, reprit le docteur. Quant à vous, ne l'éprouvez pas, ajouta-t-il à l'adresse de Rangiku et Tatsuki. Ses fonctions vitales sont correctes mais elle n'en demeure pas moins fragile à cause de l'opération et une rechute reste possible.
Elles répondirent par l'affirmative. Le chirurgien hocha la tête et quitta la chambre sans bruit. A peine la porte se referma sur lui qu'Orihime s'affola.
- Où est Ichigo ?! Aïe...
Trop agitée, elle porta une main à son ventre douloureux.
- Reste tranquille, Orihime, n'as-tu pas écouté ton médecin ? la réprimanda l'adepte du saké en la recouchant par les épaules.
- Répondez-moi ! insista-t-elle. Pourquoi l'âme d'Ichi n'est-elle pas dans son corps ? J'ai un mauvais pressentiment, dites-moi où il est ! Il ne m'aurait jamais laissée sans raison valable, je le connais !
- Orihime, tu... tu te souviens de la raison qui t'a menée là ? demanda doucement Tatsuki, le visage défait.
L'interrogée fronça les sourcils, paraissant réfléchir, avant de faire « non » de la tête. Ses deux amies échangèrent un regard éloquent : Orihime était si inquiète pour Ichigo qu'elle en négligeait sa propre situation. Comme d'habitude. Ou alors l'événement qu'elle avait vécu étant d'une rare violence, elle l'avait tout simplement occulté de sa mémoire.
- Jin t'a... enfin, il t'a agressée après le travail hier soir et tu as été opérée.
La guérisseuse écarquilla les yeux. Était-ce vraiment arrivé ?
- Je ne m'en souviens pas...
- Pas étonnant, marmonna la vice-capitaine. C'était si violent.
- Ça ne me dit toujours pas pourquoi Ichigo kun n'est pas ic...
Elle ouvrit grands ses prunelles cendrées.
- Oh non, il n'aurait pas... !?
- Orihime ! paniqua la brune. Arrête, qu'est-ce que tu fais ?!
La beauté auburn s'était vite redressée en ignorant la douleur déchirant son ventre et commençait à enlever ses perfusions.
- Je dois le retrouver ! Il veut s'en prendre à Jin, n'est-ce pas ?!
- Oui, soupira Rangiku, préférant ne pas lui mentir. Kuchiki et Renji le cherchent actuellement mais on ignore où il...
- Il est à la Tour Kurosaki !
Blanc.
- Tu en es sûre ? Personne n'a pu clairement le localiser.
- Évidemment que j'en suis sûre, Tatsuki chan ! commença-t-elle à s'irriter avant de tousser. Je peux sentir Ichi kun où qu'il soit !
- Fais attention, tu viens de subir une délicate opération ! lui rappela la femme pulpeuse.
- Ça m'est égal, commença à pleurer la sœur de Sora. Ichigo doit être dans un état d'énervement très élevé surtout s'il fait équipe avec son Hollow.
La machine reliée à son cœur émettait un « bip » plus rapide.
- Calme-toi, ton cœur s'emballe, tenta de la détendre sa meilleure amie.
- S'il vous plaît, rattrapez-le..., enchaîna la déesse, le souffle irrégulier. I-Il ne pense pas rationnellement, uniquement guidé par la haine et la peur de me perdre. Il ne faut pas qu'il commette l'irréparable, pas lui...
Le « bip » s'accéléra puis devint plus lent et elle retomba sur ses oreillers, la respiration encore plus saccadée.
- Orihime ! la raisonna Rangiku en se mordant la lèvre. Merde ! Appelle un médecin ! ordonna-t-elle à Tatsuki qui s'activa direct.
- J-Je vous en p-prie, R-Rangiku... san..., hoqueta la princesse, de grosses larmes se déversant de ses yeux sur le point de s'éteindre. Mon... Mon Ichi kun... ne... ne tuerait pas quelqu'un par vengeance... empêchez-le... Il faut le ra... ramener à la raison...
Matsumoto ne put dire quoi que ce soit qu'infirmières et médecins refirent irruption dans la chambre, lui intimant l'ordre de sortir. Le cœur très lourd, elle s'y plia en croisant Tatsuki dans le couloir.
{ … }
- Tout de même, Ichigo est vraiment un sacré boulet. Je ne compte plus les fois où il nous a forcés à sauver ses fesses à cause de son tempérament.
- Renji !
- Ben quoi, c'est vrai ! La femme qu'il aime est en train de mourir et il ne trouve rien de mieux que de partir botter le cul de Jin.
Rukia s'arrêta sur le toit d'une école, la main sur la garde de Sode no Shirayuki. Ses yeux indigo fixaient l'horizon sans le voir. Voilà un moment que tous deux sillonnaient la ville à la recherche de leur ami impulsif.
- Tu as raison, avoua-t-elle enfin. Que suggères-tu dans ce cas ?
- Le retrouver et vite, proposa le maître de Zabimaru, sa longue chevelure agitée par le vent frais. Je ne dis pas que Jin ne mérite pas de crever, mais Ichigo ne réalise pas ce qu'il risque de perdre en le tuant. Orihime san ne supportera pas qu'il pourrisse en prison ou soit rongé par le remords, son arrêt cardiaque en est la preuve.
Il se gratta la tête avec un soupir.
- Ichigo a dû être patient et lutter pour reformer un couple avec elle et le voilà sur le point de tout foutre en l'air, s'exaspéra-t-il en croisant les bras.
La brunette le regarda avec stupéfaction.
- Quoi ? grogna-t-il. Pourquoi tu me fixes comme ça ? J'ai quelque chose sur le visage ?!
- Renji, tu... tu es devenu sentimental.
- Pardon ?!
Elle eut un petit rire à sa réaction.
- Raconte pas de conneries, j'énonce juste les faits !
- Mais oui, c'est ça. Ne crois pas que j'ai oublié ce jour où tu m'as attendue devant ma division parce que tu étais inquiet pour leur couple.
- Rukia !
Leur dispute prit fin lorsque le téléphone de celle-ci sonna.
- Un Hollow ?
- Mais non, idiot. Je te rappelle que nous sommes à Tokyo, c'est un appel. Allô ? fit-elle en décrochant.
- Kuchiki, c'est moi.
- Rangiku san ! Vous avez des nouvelles d'Orihime ?! Comment va-t-elle ?
- Franchement, je n'en sais rien.
- Comment ça ? ne saisit pas Rukia, le visage décomposé.
Renji lui demanda silencieusement des détails, mais elle le fit patienter en levant la main.
- Les médecins ont pu la stabiliser, lui relata Rangiku. Seulement, en comprenant ce qu'Ichigo s'apprête à faire, elle a fait une sorte de rechute. Le chirurgien est encore avec elle.
- Non...
- Qu'est-ce qui se passe ? s'enquit le tatoué, n'aimant pas être à l'écart.
Son amie posa sa main sur son torse pour le faire taire.
- Que s'est-il exactement passé ? se renseigna Rukia, la peur au ventre et ignorant le regard noir de Renji.
Matsumoto lui raconta tout.
- Je vois. Orihime est donc parvenue à localiser Ichigo alors que nous avons tous échoué. Le lien les unissant est vraiment puissant et unique.
- Oui, toi et Renji devez agir et vite. J'ai le sentiment que...
- Que quoi, Rangiku san ?
Cette dernière expira avant de répondre. La petite Kuchiki était presque sûre qu'elle retenait ses larmes.
- Si Ichigo va au bout de sa vengeance, Orihime n'y survivra pas. J'en ai la certitude.
La sœur de Byakuya ferma brièvement les yeux, son téléphone fortement collé à son oreille.
- Renji et moi l'en empêcherons, nous partons tout de suite, dit-elle en se mordant la lèvre.
Son ami d'enfance lui jeta un regard perplexe qu'elle ne vit pas.
- Attends avant de raccrocher, Kuchiki. J'ai un service à te demander.
- Quel est-il ?
- Dans l'état où il se trouve actuellement, Ichigo risque d'être très difficile à raisonner, même pour toi, affirma justement la subordonnée de Toshiro, très inquiète. Je crois avoir une idée pour vous aider à y parvenir mais... ce n'est pas sans risque.
Rukia, qui avait finalement mis le haut-parleur, échangea un regard méfiant avec Renji.
- Nous vous écoutons.
{ … }
Le silence contrastait énormément avec le brouhaha régnant ici la journée. Seul le bruit des pas d'Ichigo et sa respiration sifflante résonnaient. Avec Kon, ils avaient parcouru pas mal d'étages avant de finalement se diriger vers le dernier. Après tout, si Jin voulait foutre sa merde jusqu'au bout, il était logique qu'il le fasse de l'endroit où toutes les commandes se trouvaient et où les décisions étaient prises.
Depuis qu'il avait franchi la porte principale de sa tour, Ichigo n'avait pas prononcé un mot à la plus grande inquiétude de sa peluche. Son reiatsu devenait plus sombre de minute en minute et il serrait si fort Zangetsu que sa main saignait. Et puis son regard...
- Ichigo ?
… il traduisait clairement son intention d'ôter la vie.
- Ichigo ! réessaya le mod soul en le frappant à l'oreille, agacé d'être ignoré. Tu pourrais faire comme si j'existais ? On dirait un zombie qui...
Un bruit se fit entendre plus loin. D'une pièce à la porte ouverte.
- D'où ça vient ? se renseigna le lion, agrippé à son épaule.
- Mon bureau, répondit le roux en pressant le pas.
Shirosaki était présent dans ses yeux, sa voix, ses gestes, son intention. Parvenu sur le seuil, Ichigo se figea. Une personne poussant un chariot de nettoyage contenant des produits inflammables, et déguisée en homme d'entretien se tenait au centre de la pièce. Même vêtu ainsi, difficile de ne pas le reconnaître. Très concentré, ses yeux jade étincelant de méchanceté, Jin dosait précautionneusement les substances avec le net projet de faire sauter l'immeuble entier.
- Je vais le tuer.
Avant que Kon puisse réagir, Ichigo le fit descendre de son perchoir et se rua sur son ennemi juré.
- Attends, ne fais pas ça !
S'il était incapable de voir et entendre Ichigo, Jin pouvait tout à fait se rendre compte de la présence de Kon. Il en écarquilla les yeux, le tube à essai tremblant dangereusement dans sa main.
- Une peluche... qui parle ?
- Ferme ta gueule ! lui ordonna le fils d'Isshin, oubliant qu'il ne pouvait lui obéir.
- Argh ! Mais qu'est-ce... ?
Le souffle coupé, le mari d'Orihime sentit une forte pression sur sa gorge avant d'être décollé de terre. Le Shinigami le tenait tout simplement à bout de bras, prêt à s'en débarrasser comme un déchet. Horrifié, Kon vint s'accrocher à sa cheville.
- Si tu le lances avec ta force, il brisera la fenêtre et tombera du quarante-cinquième étage !
- Il sera dans l'état qu'il mérite et proche de celui que je veux qu'il soit, c'est-à-dire en bouillie, déclara l'homme d'affaires, sans pitié.
- Et dans quel état sera la déesse selon toi ! essaya de le raisonner Kon, désignant volontairement Hime ainsi pour ne pas éveiller les soupçons de Jin. Elle ne veut pas que tu agisses comme ça, tu la briseras en tuant ce salaud !
- Ferme-la, Kon ! s'énerva-t-il en agrippant sa touffe orange, apparemment perturbé.
- Non, tu sais que j'ai raison ! s'acharna la peluche qui tirait sur sa jambe. C'est difficile à admettre mais elle t'aime pour ce que tu es et tu n'es pas un tueur ! En le tuant lui, tu tueras ce qui la maintient encore en vie : le lien qui vous unit !
Un vif éclat passa dans les yeux dorés d'Ichigo. En entendant cela, Jin, lui, paniqua et s'adressa au vide.
- Non, pitié ! S'il vous plaît, ne me faites pas de mal !
- Je t'ai dit de fermer ta gueule ! répéta le fils Kurosaki en doublant sa poigne sur son cou au point de le faire suffoquer. Combien de fois Orihime t'a supplié de l'épargner et tu l'as envoyée à l'hôpital après avoir tué son bébé, ordure ! s'écria-t-il.
Sur ces mots, il le jeta à travers la salle et lança Zangetsu dans son sillage. Jin percuta le mur de plein fouet et fut épinglé au mur par l'épaule tel un vulgaire insecte. Il poussa un cri de douleur.
- C'est ça, crie, supplie pour ta vie, toi qui n'as aucune considération pour celle des autres, sale bâtard.
Lentement sous l'air ahuri de Kon, Ichigo, toujours animé par la haine, marcha vers lui, récupéra son sabre sans ménagement et expédia Jin contre un autre mur. Cette fois, il lui transperça l'autre épaule avec son zanpakuto.
- M-Mais qui est là ! Montrez-vous ! hurla Ashimura, le visage déformé par la souffrance et la colère.
Il se mit en position de combat, ses yeux émeraude scannèrent autour de lui.
- Lâche ! Montre-toi !
En guise de réponse, le frère des jumelles lui asséna un coup de poing qui enfonça sa tête brune dans le mur, puis le saisit à la gorge une nouvelle fois, pratiqua le shunpo et l'abattit avec force sur le bureau qui se fracassa en faisant chuter le PC et autres documents. Dès que son corps toucha le sol jonché de bois dans des craquements sinistres, l'avocat cracha un jet de sang.
- Qui est-ce que tu traites de lâche, toi qui t'en es pris à une femme enceinte avec en plus l'aide de ton meilleur ami, siffla-t-il.
C'est ça, Kingy ! Fais-lui la peau à ce salaud !
Les iris encore plus brillants, Ichigo se redressa et fit tournoyer son katana par la chaîne. Son arme devint floue, encore plus meurtrière en grésillant dans des étincelles bleues.
- Je t'avais prévenu, Jin, enchaîna-t-il, se foutant de la douleur qu'il lui infligeait. Tu as blessé Hime, tu t'es joué d'elle et surtout, brisé à jamais une part d'elle. Pour ça, la mort n'est pas une punition assez forte mais...
Son corps entier s'illumina avec son reiatsu rouge et noir tandis que Jin toussait et luttait pour rester conscient. Kon comprit que cela venait de la pilule dont l'effet s'estompait. Ichigo commençait à s'essouffler mais le cachait, trop déterminé à achever sa mission.
- Mais te laisser vivre est un trop beau cadeau que tu n'as même pas accordé à ton propre enfant. Alors au bout du compte, autant te faire disparaître. Une pourriture comme toi ne manquera à personne.
Son aura pétrifia le lion en coton.
- Ichigo ! ARRÊTE !
Un son sourd et effroyable retentit.
Le son que produisit Zangetsu lorsqu'il traversa violemment le ventre de Jin qui se demandait ce qui lui arrivait pendant que du sang imbibait son vêtement.
- Q-Qu'est-ce que tu as fait ? bégaya Kon devenu étrangement pâle.
Un sourire digne de Shirosaki prit naissance sur le visage d'Ichigo qui avait presque totalement cédé la place à son Hollow.
- Ce qu'on a fait ? Notre devoir, s'expliqua Shirosaki à travers la bouche de son Roi. Faire pleurer notre Princesse signifie renoncer à vivre, c'est aussi simple que ça.
Il reprit Zangetsu d'un geste rude en arrachant un autre cri à Ashimura, qui agonisait visiblement.
- M-Merde... Je... Je pensais pas... crever comme ça..., toussa-t-il en peinant à respirer.
- Ha ! T'es encore vivant ? Je dois reconnaître que tu es résistant, mon gars. Hélas pour toi, ce n'est pas suffisant.
Il le pointa au visage avec l'extrémité de la lame tranchante.
- Ce bâtard servira d'exemple aux suivants qui ont dans l'idée de la toucher.
Kon manqua de s'évanouir en se questionnant sur le comportement à avoir devant cet Ichigo qu'il ne reconnaissait pas.
Au même moment, Rukia et Renji avaient la tour en visuel. Alors qu'ils bondissaient de toit en toit, ils jetèrent un oeil par-dessus leurs épaules en entendant des sirènes.
- C'est les flics, Urahara san a dû trouver un moyen de les envoyer ici, conclut Renji. Mais du coup on a peu de temps, qu'est-ce qu'on fait ?
- On s'en tient au plan, répondit Rukia sans ralentir, son portable à l'oreille. Rangiku san, vous êtes toujours là ? On arrive.
Inconscient de la proximité de ses amis, Ichigo avait relevé Jin et continuait de le marteler de coups de poing, Kon accroché à son poignet. Le visage de Jin était si tuméfié qu'on avait du mal à l'identifier.
- Si tu lui donnes un autre coup, il ne survivra pas ! tenta encore de lui faire entendre raison la peluche. Sa force vitale s'échappe de lui, je ne t'ai pas dit où il se trouve pour le tuer mais régler tes comptes en...
- Je m'en fous ! s'égosilla le jeune homme, le poing prêt à repartir.
- Mais... !
- Non, Kon ! Fous-moi la paix !
C'était inutile. Ichigo était aveuglé par la rage, il avait trop accumulé et ça débordait aujourd'hui. Il n'avait aucune raison de faire preuve de clémence. Aucune.
- Ce pourri mérite de rôtir en enfer pour tout ce qu'il a fait à Orihime ! Je ne lui montrerai aucune pitié ! Pas la moindre, il a... !
- Ichi kun.
Son poing à deux centimètres du visage d'un Jin dans les vapes, Ichigo s'immobilisa, la respiration irrégulière, le coeur loupant un battement. Ensuite, très lentement, il pivota et vit Renji et Rukia entrés par la fenêtre ouverte, la petite brune tendant un portable vers lui. Portable d'où venait de s'élever la voix de...
- Orihime, reconnut-il.
- Oui, c'est moi, répondit-elle faiblement.
En moins de trois secondes, ses orbes redevinrent bruns, il lâcha Jin comme un vieux déchet et il prit le téléphone de la main de Rukia, sans désactiver le haut-parleur.
- Hime, tu es réveillée ! se réjouit-il. Comment tu te sens, ça va ? Quand je suis parti, tu étais...
- Je ne vais pas bien.
L'inquiétude gagna Ichigo.
- Comment ça ? Qu'est-ce qui ne va pas ?
- T-Tu n'es pas là.
Ses paroles le transpercèrent.
- Tu n'es pas avec moi mais parti te venger, sanglota-t-elle. Dis-moi que Jin est encore en vie.
- Orihime...
- Dis-le-moi, Ichigo !
Celui-ci ferma brièvement les yeux en grimaçant tandis que Rukia et Renji regardaient Ashimura avec dégoût. Il était vraiment salement amoché.
- Il est toujours en vie, lui confirma difficilement le roux. Mais je...
- Je sais ce que tu t'apprêtais à faire, fit la belle, très émue. Mais tu ne l'as pas fait et c'est le principal.
- Parce que tu es intervenue à temps, objecta la Shinigami entre ses dents serrées. Jin mérite de mourir et plus encore pour ce qu'il t'a fait.
Elle renifla.
- Ichi... Tatsuki chan et Rangiku san ne m'ont rien dit mais... je me sens curieusement vide.
Nouveaux reniflements. Ichigo sentit sa gorge se nouer douloureusement alors qu'il avalait péniblement sa salive. Il était celui devant annoncer à sa Hime le deuil s'étendant sur leur chemin.
- Le bébé... mon enfant n'a pas survécu, n'est-ce pas, Ichi ?
Il aurait donné n'importe quoi pour ôter la douleur dans sa voix. Il détestait tant quand elle souffrait...
- Non, Orihime. Je suis désolé, grimaça-t-il, le poing serré. J'ai eu du mal à accepter cet enfant, mais je ne souhaitais pas qu'il meurt pour autant.
- Je sais, tu n'es pas du genre à vouloir la mort d'une personne. A-Alors s'il te plaît ne tue pas Jin sinon, je te perdrai aussi et il ne me restera plus rien du tout, pleura-t-elle.
Le fils Kurosaki regarda avec hargne le concerné inconscient gisant à ses pieds.
- Ishida m'a tout dit, il m'a avoué que si cet enfoiré s'est marié avec toi et voulait tant un enfant, c'est uniquement pour toucher l'héritage de son grand-père qui possédait des cabinets d'avocat un peu partout dans le pays. La femme avec qui il était avant ne pouvait pas donner la vie alors il s'est tourné vers toi ! Jin ne t'a jamais aimée et s'est joué de toi ! Qui sait ce qu'il t'aurait fait ou même à ton bébé une fois que tu aurais accouché...
Son sang bouillonna.
- Personne ne sait que je suis ici, Hime, murmura-t-il plus calmement, Zangetsu au niveau de la gorge de Jin. Mon corps est avec toi, des témoins m'ont vu alors je n'irai pas en prison. Et puis merde, ton ex mérite de crever !
- Tu es animé par les intentions de ton Hollow.
- Pas seulement ! Et Jin ne mérite pas ta compassion !
Il y eut un long silence au cours duquel Renji et Rukia, touchés pas la conversation, pensèrent qu'Orihime avait raccroché.
- Jin ne m'a jamais aimée et moi non plus, nous sommes donc quitte.
- Ne dis pas ça, vous êtes différents ! s'exclama celui qu'elle aimait.
- Pas à ce niveau mais de toute façon, ça n'a pas d'importance puisqu'il n'y a plus de bébé, le testament ne compte plus. Je... Je te demande d'épargner Jin parce que je ne veux pas perdre mon Ichigo que je connais par cœur, confessa la beauté auburn, la voix chargée d'émotion. Tu n'as jamais tué un être humain et tôt ou tard, ta conscience te rattrapera parce que tu ne pourras vivre avec ça. Si chacun devait faire justice soi-même, le monde sombrerait dans le chaos.
- Ne me demande pas de lui pardonner, j'en suis incapable, souffla-t-il, visiblement las.
- Non, je n'irais pas jusque-là, le rassura la déesse au cœur déchiré. Je te demande juste de laisser la justice faire son travail, Jin ira en prison et réfléchira à ses actes. Aussi dur que ce soit à concevoir pour toi, il a une famille et est aimé.
Son souffle devint saccadé.
- Orihime ?!
- Je... ça va, tenta-t-elle de l'apaiser. Non, ça va aller, je vous remercie, Rangiku san. Mon cœur est très fragile, j'ai fait... j'ai fait deux arrêts cardiaque, reprit-elle à l'adresse de l'homme qu'elle chérissait qui écarquilla les yeux.
- Quoi ? Mais je ne pensais pas que ton état était si grave..., chuchota-t-il, très troublé, sa main crispée sur le portable.
- J'irais encore mieux si tu venais me rejoindre, Ichigo, poursuivit-elle doucement. Tu es revenu au Japon pour que je te pardonne d'avoir rompu, je te pardonne. A ton tour de me pardonner d'avoir été à la merci d'un homme plus d'un an sans rien dire.
Comme sa respiration était encore instable et qu'elle pleurait à chaudes larmes, sa demande était bien plus touchante au point de resserrer le cœur de tous ceux qui l'écoutaient.
- Viens me retrouver qu'on vive notre vie avec Kokoro chan. On mérite de vivre heureux sans ajouter un malheur de plus dans nos cœurs, Ichigo kun. Je veux juste... juste être avec toi comme avant parce que... je t'aime.
C'est à cet instant, après avoir lutté contre lui-même, qu'Ichigo consentit à éloigner son sabre de la trachée de Jin et reculer d'un pas. Ses deux amis et Kon soupirèrent de soulagement, ils venaient de frôler le pire.
- Il est là, je l'ai trouvé ! cria une voix.
Ils regardèrent à l'entrée pour voir un policier suivi d'une dizaine d'autres se précipiter sur Jin.
- Il est encore en vie malgré tout ce sang, ce type tient à la vie ! Mais qui lui a fait ça ? On a croisé personne en venant ici !
- Faites venir une ambulance et fouillez l'immeuble ! ordonna un flic âgé qu'Ichigo identifia pour l'avoir vu à l'hôpital. Que personne n'entre ou ne sorte !
Il examina le chariot.
- Une chance qu'il n'ait pas eu le temps de mener son plan à bien. Il y a assez d'explosifs pour faire sauter cette tour et la zone, déduit l'agent. Mince, je comprends ce que son meilleur ami voulait dire en disant qu'il se destinait à la chimie avant de choisir le droit.
Ichigo se détoura, le corps tendu, l'esprit lointain.
- J'arrive, Hime, dit-il.
- Um, je t'attends. Et... merci.
Il raccrocha au moment où Rukia vint près de lui.
- Tu as pris la bonne décision, Ichigo, le félicita-t-elle sincèrement.
Kon, jusque-là planqué derrière le canapé pour ne pas être découvert par les policiers, sauta sur l'épaule de sa Nee san.
- Ce sale con de Jin aura ce qu'il mérite.
- Ouais, je l'espère, répliqua le Shinigami suppléant.
Renji pressa amicalement son épaule.
- Tu as gagné beaucoup plus que tu n'as perdu et ta récompense t'attend impatiemment à l'hôpital, vieux, sourit-il.
Ichigo répondit vaguement à son sourire.
- Il est temps que j'aille la retrouver.
Après un dernier regard à Jin qui était pris en charge, ils s'éclipsèrent tous.
{ … }
Deux mois plus tard.
- Inoue Orihime, Ashimura Jin, je déclare par la présente votre divorce officiellement prononcé, annonça le juge.
Cette nouvelle tant attendue résonna dans son bureau, au tribunal. Durant ces deux mois, Jin fut condamné à 5 ans de prison dont 3 avec sursis pour violences conjugales, maltraitance psychologique, non-assistance à personne en danger, double délit de fuite, tentative de meurtre avec préméditation, blessure ayant entraîné la mort et dégradation de bien ayant pu provoquer destruction de matériel, entre autres.
Si ça n'avait tenu qu'à Ichigo, cet enfoiré serait resté à l'ombre le restant de ses foutus jours castré, enchaîné et maltraité à son tour pour comprendre ce que ça faisait lorsque l'on subissait le propre traitement qu'il avait infligé à sa femme. Seulement, le fait qu'il possédait un casier judiciaire vierge avant les faits, qu'un excellent avocat l'ait défendu et, qu'en plus, Orihime n'ait pas porté plainte contre lui après l'agression dont elle et son pauvre bébé furent victimes avait considérablement écourté la peine de son ex-mari qui passa donc de 12 ans à 5 ans derrière les barreaux.
Orihime n'était pas de nature à vouloir se venger d'autrui et même si elle avait vécu une perte irréparable, son esprit n'oubliait pas que Jin restait le père de l'enfant qu'elle avait failli avoir. Mais surtout, ce qui comptait à ses yeux, c'est qu'Ichigo avait épargné un lourd fardeau à sa conscience. Son Ichi était vivant, toujours lui-même et avec elle. C'était le principal.
Purgeant évidemment déjà sa peine et portant quelques cicatrices au visage, Jin fut rapatrié de sa prison juste pour entendre son divorce. Menotté, il était assis à gauche du juge avec son avocat alors qu'Orihime, Matsuda Yori et Ichigo occupaient la droite.
- Ashimura Jin, reprit le procureur, cela vous sera rappelé le jour de votre libération, mais il vous sera interdit d'approcher Inoue Orihime à moins de 200 mètres, de lui téléphoner, de lui écrire ou d'entrer en contact avec elle de quelque manière que ce soit. Suis-je clair ?
Jin acquiesça simplement.
- En outre, il vous est également interdit d'exercer la profession d'avocat durant les 10 prochaines années et de quitter le pays durant les 15 prochaines années. Suis-je clair, Ashimura san ?
Il hocha de nouveau la tête.
- Bien. Il ne vous reste plus qu'à signer, termina le juge.
Il tendit les documents juridiques à Orihime et Jin qui signèrent juste avant qu'un policier vienne chercher Jin pour le ramener en cellule.
- J'espère que tu seras heureuse et que tu pourras mener à son terme ta prochaine grossesse, le futur bâtard numéro deux qui grandira en toi, siffla Jin avec une réelle méchanceté avant de cracher aux pieds de son ex-femme.
Rapide comme l'éclair, Ichigo bondit sur ses pieds et lui décocha un crochet du droit qui craqua le nez de Jin, qui parvint de justesse à rester sur ses pieds.
- Kurosaki san, calmez-vous ! l'implorèrent le juge et Matsuda.
Ashimura, lui, cligna des yeux, la main sur son nez. Ce coup qu'il venait de recevoir...
- Ce coup de poing ne m'est pas...
Se foutant totalement de ce qu'il avait à révéler, le roux lui fit bien face et lui balança ce qu'il avait sur le cœur.
- J'espère que tu as bien enregistré ce que le juge a dit parce que si jamais je vois, j'entends ou je lis que tu as approché Orihime à moins de 200 mètres, je jure que tu n'auras plus qu'à prier pour que même l'enfer veuille de ta misérable personne quand j'en aurai fini avec toi.
- Ichi, c'est bon, murmura Orihime en pressant son bras.
Jin, pour sa part, soutint le regard du fils Kurosaki avant d'être conduit ailleurs par le flic.
- Merci d'avoir pris en charge mon dossier, Matsuda san, sourit la belle.
- Ouais, merci beaucoup, ajouta Ichigo, très reconnaissant. Vous avez été un soutien pour Orihime.
- Je vous en prie, répondit l'avocate d'un certain âge. Je n'ai fait que mon travail. Je vous souhaite d'avoir une belle vie.
Le couple s'inclina devant elle et quitta les lieux.
- Tout à l'heure, Jin semble avoir fait le lien entre ton coup de poing et ceux que tu lui as donnés il y a deux mois, lança Hime.
- Je lui souhaite bonne chance pour le prouver car même les flics ont lâché l'affaire. Pour eux, ils cherchaient un fantôme... et ils n'ont pas tout à fait tort, expira le fils d'Isshin.
La déesse pouffa de rire alors qu'ils atteignaient le vaste hall. Sur le parking, ils repérèrent vite leur voiture et... la jeune fille blonde debout à côté.
- Ana chan ? lâcha la guérisseuse, surprise. Que fais-tu ici ?
- Bonjour, Orihime, répondit son amie de la fac.
Elle était visiblement mal à l'aise et évitait soigneusement de regarder Ichigo, qui fronça encore plus les sourcils.
- Je suis venue m'excuser, admit-elle enfin.
- T'excuser ? ne capta pas la sœur de Sora.
- Oui, je... c'est de ma faute si...
Elle jeta un œil à Ichigo sous sa frange blonde.
- C'est moi qui ai répondu à ce mail à la place d'Orihime il y a quatre ans.
Le couple resta bouche bée.
- Quoi ?! s'écria Ichigo. Toi ? Mais enfin, je ne te connais même pas !
- J-Je sais mais je connaissais Tatsuki et elle m'a parlé de l'influence néfaste que vous aviez sur Orihime, Kurosaki san. Alors en empruntant son PC, j'ai vu votre message et... j'y ai répondu. Je croyais agir pour le mieux.
- En te mêlant de ce qui ne te regardait pas ! Tu as préféré croire les mensonges de Tatsuki plutôt que de te renseigner auprès d'Orihime ! évacua le jeune homme.
- Vous l'aviez blessée, elle se laissait aller, se défendit Ana.
- Mais elle m'aimait encore !
- Ichigo...
- Non, Orihime ! Bon sang, je ne comprends décidément pas les gens qui se mêlent à ce point de la vie des autres, vous vous êtes carrément liguées pour nous faire rompre !
- Je suis désolée ! s'excusa l'étudiante.
- Tu peux l'être mais ça change que dalle ! Je n'ai pas pardonné à Tatsuki qui était mon amie d'enfance, alors tu peux être certaine que toi qui n'es rien du tout pour moi, je ne te pardonnerai pas davantage !
- Je ne l'ai pas fait pour ça, juste parce que j'ai estimé que... vous aviez le droit de savoir, je ne supportais plus de vous mentir, avoua-t-elle honteusement.
- Tch !
Très en colère, le jeune PDG tourna les talons pour regagner sa voiture. Orihime, pour sa part, soupira.
- Orihime, je suis vraiment navrée, je voulais juste t'aider.
- Je comprends, affirma-t-elle. Mais reste loin d'Ichigo pour le moment et aussi de moi.
- Comment ? Mais Orihime, je...
- S'il te plaît, Ana chan, insista la princesse, éprouvée par ces deux longs mois. Comme Ichi kun, j'en ai assez des personnes qui interviennent dans nos vies en croyant agir pour le mieux. Je veux juste profiter de lui, de nous, c'est tout.
Sur ces paroles, elle se détourna de son amie et rejoignit l'homme qu'elle aimait appuyé contre la carrosserie.
- Ichigo kun, souffla-t-elle en lui caressant le dos.
- J'en ai marre, Hime. Je ne pensais pas que notre couple pouvait susciter tant de réactions négatives.
- C'est du passé.
- Un passé lourd à porter, rétorqua-t-il en se retournant. Je veux simplement être avec toi sans apprendre d'autres nouvelles de ce genre. Merde, on vient de vivre deux mois d'enfer, qu'on nous foute enfin la paix maintenant.
La beauté auburn se mordit la lèvre inférieure tout en caressant ses cheveux orange.
- Laisse-moi prendre le volant, je dois t'emmener quelque part, l'informa-t-elle en laissant sa petite main glisser sur sa joue.
Les yeux du frère de Karin et Yuzu étaient remplis d'interrogations qu'elle ignora. En fait, elle se contenta de lui déposer un tendre baiser sur les lèvres. Lorsque leurs ceintures furent attachées, ils roulèrent une trentaine de minutes.
Arrivés à destination, Ichigo ne put cacher sa surprise, ne pensant pas qu'elle l'emmènerait en ce lieu. Mais après tout, vu qu'elle était enfin une femme libre, il était normal qu'elle veuille partager ça avec son grand frère.
- Je comprends que tu veuilles parler avec Sora, Hime, mais qu'est-ce que je fais là exactement ? Tu as pour habitude de lui parler seule.
Oui, ils se trouvaient bien au cimetière devant la pierre tombale du mentionné.
- Je ne suis pas là pour Sora nii, le contredit Orihime, dos à lui.
- Hein ? Alors pour qui ? Si tu penses à ma mère, je préfère ne pas lui parler dans l'état où je suis.
Le corps de la jeune femme se crispa pendant qu'elle plongeait à nouveau dans ses iris bruns perdus. Son expression de souffrance donnait à Ichigo l'impression de recevoir un violent coup en pleine poitrine.
- Pourquoi tu me regardes comme ça ? Tu m'inquiètes.
- Je suis venue ici avec toi pour elle, précisa Orihime en pointant la tombe voisine.
Le roux suivit la direction indiquée.
- Inoue..., lut-il avant que son cœur se fige.
A vrai dire, tout en lui marqua un arrêt brutal, l'air lui manqua.
- I-Inoue Kurosaki Ayana, acheva-t-il sa lecture. Mais qu'est-ce... ?
Inconsciemment, il pensait avoir compris.
- C'est... non, ce n'est pas...
- Si, lui confirma-t-elle, les joues luisantes. Il s'agit de notre fille qui aurait fêté ses cinq ans aujourd'hui. Tu ne l'as pas reconnue, mais je tenais à ce qu'elle porte nos deux noms.
Les jambes du Shinigami se dérobèrent.
- Ichigo !
- Non, ne m'approche pas, lui demanda-t-il d'une voix tremblante, le visage vers le sol. Comment as-tu pu... ma fille... me cacher...
Il se passa une main dans les cheveux, complètement dépassé.
- Bon sang, explique-moi !
La belle eut un haut-le-corps. Les larmes aux yeux, elle mordilla sa lèvre et s'entoura d'un bras sous sa poitrine afin d'agripper son coude.
- Tu te souviens quand Eisuke san, le père de Jin, est passé à la clinique ? Il a dit qu'il m'avait fait une promesse qu'il tiendrait jusqu'à sa mort, amorça-t-elle doucement. Eh bien, en plus de diriger ma fac, il travaille dans une association qui accueille des jeunes filles seules et enceintes. Je ne t'ai pas dit attendre ton enfant parce que je ne voulais pas que tu abandonnes tes études par ma faute et je n'avais pas assez de ressources pour subvenir aux besoins de ce bébé. Alors j'ai... j'ai...
Elle renifla et détourna ses perles grises gorgées d'eau.
- J'ai déposé une demande d'adoption avec l'aide d'Eisuke san, poursuivit Orihime, le cœur comprimé. Seulement, j'ai fini par changer d'avis, réalisant que j'étais incapable de faire un tel acte, et c'est là que c'est arrivé...
- Qu'est-ce qui est arrivé ? questionna Ichigo, choqué par ces révélations.
- J'ai... J'ai accouché prématurément d'un enfant mort-né, évacua difficilement la guérisseuse, anéantie. J'ai eu si mal, Ichigo ! C'est comme si Ayana chan savait que j'allais l'abandonner et que pour cette raison, elle s'est laissée mourir dans mon ventre. C'est pour ça que j'ai maigri, que je dépérissais avant ton dernier séjour au Japon. Cette perte m'a même fait redoubler ma deuxième année... J'ai dit à Tatsuki chan que tu me manquais, ce qui était vrai, mais je traversais surtout la perte de mon bébé. Le soir où j'ai eu cet accident, j'allais te voir pour te l'annoncer, et après tu as rompu et j'ai décidé de ne pas te le dire finalement. Je ne désirais pas que tu reviennes vers moi pour cette raison.
Elle marqua une pause, ses sentiments l'inondant fortement.
- C'est pour ça que j'avais tellement besoin de toi, que je me suis sentie abandonnée et que j'ai quitté la neurologie pour me consacrer à la néonatalogie. Lorsque Jin m'a transpercée avec ce pieu, me faisant revivre un drame similaire... j'ai voulu mourir, pleura-t-elle, la tête rentrée entre les épaules. Et si je t'avais aussi perdu, Ichi, je jure que je ne me serais pas relevée.
Ichigo était franchement sonné. Il posa ses orbes ambrés sur la tombe de sa fille devant laquelle il était à genoux.
- Tu portes ce fardeau depuis toutes ces années, conclut-il, sa main caressant la petite pierre tombale couverte de fleurs.
- Je l'ai faite enterrer ici pour que onii chan veille sur elle, lui confia-t-elle en séchant ses larmes.
- Tu n'aurais pas dû me cacher ça, Orihime. Je t'en veux, tu n'aurais vraiment pas dû me cacher ça.
Sa voix était cassée, ce qui intrigua la demoiselle.
- Ichi kun ?
Elle ne distinguait que son profil et ce qu'elle vit acheva son pauvre cœur. Une larme. Une unique larme chutant sur la joue de l'homme dont elle était amoureuse.
- Je suis désolée...
- J'aurais dû être là pour te soutenir et je peux te garantir que je ne t'aurais pas laissée poser une demande d'adoption.
- Je n'ai pas été jusqu'au bout, j'ai regretté cette décision.
- Elle n'aurait pas dû te traverser l'esprit ! s'époumona Ichigo en se remettant debout.
Il se rappela où ils se trouvaient et il baissa un peu la voix.
- J'aurais fait ce qu'il fallait pour t'aider à élever notre fille puisque avoir des enfants était dans nos projets ! Bon sang, tu...
Il fixa son ventre plat et malheureusement vide.
- Tu as perdu deux enfants alors que tu n'as même pas vingt-cinq ans.
- C'est pourquoi je n'aurais pas supporté de te perdre toi aussi, murmura Orihime, le visage dans son torse.
Elle l'enlaça étroitement.
- Tu es mon unique pilier, Ichigo. Quand tu n'es pas là, tout s'effondre.
Le concerné regarda encore la tombe de leur fille, la gorge nouée. Puis, il ferma les yeux, enfouit son visage dans sa chevelure auburn et répondit à son étreinte.
- On reforme un désormais. Tout ce qui te touche me touche également, ne l'oublie pas.
Elle hocha la tête.
- Je t'aime, Hime.
Ces mots semblables au pardon qu'elle attendait furent le point de départ de ses larmes qui coulèrent en cascade. Celles qui dormaient en elle et lui permettaient de vraiment faire le deuil de ses deux enfants injustement morts avant même de venir au monde.
{ … }
Le téléphone sonna.
- Allô ?
- Bonjour, Ashimura san.
- C'est Inoue, rectifia Orihime dans un soupir.
- Oh, veuillez m'excuser, Inoue san. C'est Arisoma san. Je vous appelle pour vous prévenir que nous avons trouvé un acheteur pour votre villa et pour un très bon prix.
- Très bien, répondit-elle en observant Tokyo à travers la porte-fenêtre. Nous sommes toujours d'accord pour reverser la totalité de la somme aux deux foyers que j'ai choisis, n'est-ce pas ?
- Évidemment, mademoiselle, répondit l'homme avec grand sérieux. Cet argent est le vôtre après tout. Il ne nous reste plus qu'à nous occuper des modalités lors d'un rendez-vous. Jeudi à 10 heures vous conviendrait-il ?
Ichigo sortit de la cuisine et entra dans le salon, deux tasses de thé fumantes en mains, et s'autorisa à écouter la conversation.
- Oui, jeudi, c'est parfait, accepta la guérisseuse en resserrant la couverture autour de ses épaules. Uhum, je n'y manquerai pas... Entendu, nous en discuterons plus longuement lors de notre entrevue... Oui, bonne journée à vous aussi, au revoir.
Elle raccrocha, tourna le dos à la vue et s'effondra sur le canapé en expirant lourdement. Kokoro, qui avait bien grandi, sauta avec souplesse sur ses genoux et elle lui caressa distraitement la tête. Ne supportant plus de la voir ainsi, Ichigo pénétra dans la pièce et s'installa à ses côtés.
- Tiens, je t'ai préparé du thé.
- Um ? Oh, merci Ichigo, dit-elle en le prenant avec reconnaissance.
C'était début mars, le printemps s'annonçait mais le froid perdurait encore.
- L'agent immobilier ? se renseigna le roux en grattant Kokoro derrière les oreilles.
- Oui. La villa a trouvé preneur.
Oui, la villa qui avait abrité sa vie de femme battue. Voilà une semaine que le divorce avait été prononcé et Orihime n'avait guère tardé à récupérer toutes ses affaires avec l'aide d'Ichigo chez qui elle s'était définitivement installée avec son chat. Elle avait officiellement emménagé la veille et ils en avait profité pour se rendre sur la tombe d'Ayana, un rituel qu'ils mettaient en place régulièrement.
Le fils Kurosaki posa sa tasse sur la table basse et attira sa belle contre lui.
- Viens par là.
Celle-ci ne se fit pas prier. Elle posa sa tête sur son épaule en fermant les yeux, ses jambes repliées contre elle.
- Qu'est-ce qui se passe ? Tu es distraite depuis que ton divorce a été prononcé.
Elle se raidit quelque peu.
- Je...
- Tu peux tout me dire, Hime, alors vas-y, l'encouragea le jeune homme, sa mâchoire contre sa tête flamboyante et lui caressant le dos.
Orihime inspira avant de se lancer.
- Je me sens heureuse et libre mais... savoir Jin en prison ne me ravie pas pour autant.
Ichigo s'étouffa avec sa salive. Elle n'en tint pas compte et poursuivit.
- J'ai failli donner la vie à un enfant dont le père est en prison.
- J'aurais reconnu cet enfant et je t'aurais aidée à l'élever, dit-il doucement.
Orihime sourit.
- Je sais, oui. Mais... cela ne fait que me rappeler qu'au fond de moi, j'aurais aimé que tu joues ton rôle avec notre fille, articula-t-elle, les larmes au bord des cils. Elle serait là avec nous et attendrait avec impatience la venue de son frère ou sa sœur. Je... J'ai perdu deux enfants, je ne dois pas être destinée à être mère. Je n'ai pas eu un super exemple, cela doit être dans les gênes...
- Ne dis pas ça ! s'offusqua le frère des jumelles, choqué qu'elle ait si peu d'estime d'elle-même. Tu es géniale avec les enfants, tout le monde s'accorde à le dire. Ton tour viendra un jour, Hime.
Elle renifla tristement et s'immergea dans ses orbes marron intenses.
- Tu le crois vraiment ?
Il l'embrassa délicatement, leurs bouches remuant l'une contre l'autre avec une lenteur agréable.
- J'y crois dur comme fer, jura-t-il, le regard sans faille. Et puis, ton père n'était pas mieux que ta mère et regarde Sora qui t'a très bien élevée. Ça n'a rien à voir avec les gênes, Orihime.
La princesse jeta un oeil à la photo de son frère placée parmi celles des autres membres de la famille Kurosaki, et un autre sourire étira ses lèvres à travers ses larmes. Oui, il l'avait bien élevée, et maintenant qu'elle était avec Ichigo et libérée des entraves du passé, il n'y avait pas de raison que sa vie n'aille pas en s'améliorant.
O
O
3 ans plus tard
Ichigo ne saurait dire depuis combien de temps il tournait en rond dans son bureau à se tirer nerveusement les cheveux, soupirer, regarder sa montre et recommencer à faire les cent pas.
- ICHIGOOOOO ~ !
Ce dernier sursauta et pivota pour voir l'objet de ses pensées faire irruption en arrachant presque la porte de ses gonds, cheveux au vent, essoufflée, les joues colorées et une lettre à la main.
- Les trois entretiens ont porté leurs fruits, j'ai décroché le poste, l'ensemble du comité des médecins m'a choisie, moi ! Satisfait de mes compétences en tant que médecin ! Je co-dirigerai le service de néonatalogie sauf qu'ils ont quand même jugé que j'étais jeune, mais si je fais mes preuves, je prendrai la place de la chef de service actuelle, c'est-à-dire le Docteur Naruyo, qui part à la retraite dans trois ans !
Littéralement heureuse, Orihime sautilla sur place, la lettre serrée contre sa poitrine.
- Je suis tellement contente, après mon diplôme obtenu avec les honneurs et mon premier emploi exercé en tant que médecin, voilà que j'accède à ce poste à responsabilités dans l'hôpital dans lequel j'ai effectué tous mes stages ! s'excita-t-elle, les yeux étoilés. Gravir les échelons pour atteindre mon but... Aah… le Docteur Inoue Orihime promue directrice-adjointe, je n'arrive toujours pas à le croire, Ichi ! acheva-t-elle, totalement dans son rêve.
Ichigo qui jusque-là l'écoutait avec un sourire aux lèvres et un profond soulagement, put enfin en placer une. Dès l'instant où elle était entrée, le poids qu'il portait en silence s'était envolé d'un coup.
- Félicitations, Orihime ! dit-il sincèrement en la serrant contre lui. Je n'ai jamais douté de toi, mais je flippais malgré tout parce que vous étiez nombreux pour ce poste…
- Je comprends, ne t'en fais pas ! lui assura-t-elle en lui sautant au cou.
Elle l'attira vers elle et l'embrassa profondément au point de le faire gémir dans sa bouche. Leurs langues se mouvaient l'une contre l'autre dans une danse synchronisée, et les mains du roux se posèrent sur ses fesses rebondies afin de la plaquer contre son corps dur.
- Merci pour ton soutien, Ichi kun, chuchota la chanceuse sur ses lèvres. Ça m'a aidé à m'accrocher.
- Je te soutiendrai toujours, Hime, quoi que tu entreprennes. Et si je t'emmenais déjeuner où tu veux pour fêter ça ? proposa-t-il, son nez se frottant contre le sien.
- Tu n'as pas de travail ? s'étonna la jeune femme en haussant un sourcil.
Le PDG lui adressa un sourire avant de se détacher d'elle pour appuyer sur une touche de son téléphone sur le bureau.
- Lee, Christie, venez dans mon bureau un instant, s'il vous plaît.
En moins de dix secondes, les escarpins parfaitement cirés de Christie se firent entendre et les deux intéressés se montrèrent.
- Bonjour, Inoue san ! la salua joyeusement Lee, les joues légèrement roses.
- Bonjour, mademoiselle Inoue, lui sourit Christie.
- Bonjour, Lee kun, Christie san. Désolée d'être passée devant vous tout à l'heure sans vous saluer, s'excusa la sœur de Sora, honteuse. Ce n'est pas dans mes habitudes mais j'avais tellement hâte de parler à Ichigo kun…
- Ne vous en faites pas, la rassura Lee en agitant une main. Nous avions compris qu'une bonne nouvelle flottait dans l'air !
- Que pouvons-nous faire pour vous, Monsieur Kurosaki ? reprit Thomas, de nouveau sérieuse.
- Je sors deux heures, prenez les commandes en mon absence et ne me dérangez qu'en cas d'extrême nécessité, répliqua celui-ci tout en prenant la main de sa princesse qu'il porta à ses lèvres. Hime et moi devons fêter une nouvelle de taille : devant vous se tient la future chef du service de néonatalogie du centre hospitalier universitaire de Tokyo, leur annonça-t-il avec une très grande fierté.
Ses deux assistants restèrent sans voix un instant avant de la féliciter en même temps avec enthousiasme.
- Merci beaucoup, les remercia Orihime, un peu gênée en calant une mèche derrière son oreille.
- Allons-y, l'entraîna son Shinigami. Christie, Lee n'oubliez pas, ajouta-t-il sans se retourner.
Dès que l'ascenseur se referma, il entoura Hime par la taille et captura de nouveau sa bouche sans attendre, sa langue plongeant entre ses lèvres pour la dévorer à travers ce baiser tout en pressant son corps tout en courbes. Elle répondit sans attendre à cet échange langoureux, sa petite main disparaissant dans sa touffe orange, l'autre griffant sa nuque, sa langue s'enroulant autour de la sienne. Ils durent mettre fin à leur chaud interlude lorsque les portes se rouvrirent pour laisser entrer d'autres personnes qui les saluèrent. Tout l'immeuble les connaissait après tout.
Main dans la main, le couple traversa le hall et Ichigo ignorait qu'ils avaient en vérité deux événements à fêter. Une paume sur son ventre encore plat, Orihime regarda le profil heureux et fier de son Ichi avec un sourire aussi lumineux que l'éclat dans ses prunelles argentées. Elle avait tout prévu. Ce soir, elle le lui dirait puis célébrerait intimement avec lui leur « nouvelle vie à 4 » en comptant Kokoro chan comme ils en rêvaient il y a trois ans.
- Dis-moi où tu désires aller, Orihime, sourit Ichigo en bouclant sa ceinture comme elle.
- Dans ce restaurant servant de délicieux ramen dans lequel tu m'as emmenée pour notre premier rendez-vous il y a dix ans ! opta-t-elle sans hésiter.
Le fils Kurosaki se pencha sans perdre son sourire à faire tomber par terre et lui donna un doux et chaste baiser.
- Excellent choix, souffla-t-il avant de démarrer pour réaliser le souhait de sa jolie et intelligente Orihime.
Tous deux avaient eu besoin d'obtenir le pardon de l'autre afin d'avancer et reconstruire leur relation qui n'aurait jamais dû être brisée. Aujourd'hui, c'était chose faite et ils avaient fait eux-mêmes leur cadeau qui scellerait leur profond amour l'un pour l'autre. Un cadeau précieux et inestimable qui montrerait son adorable minois dans neuf mois. Et surtout, en parfaite santé.
O
§ Fin §
O
Bonjour ! Voilà, « Pardonne-moi » est officiellement terminée ! Cette fiction fait partie de mes textes préférés postés ici, alors j'espère que vous avez pris autant de plaisir à la lire que moi à l'écrire ! =) Je remercie tous ceux qui l'ont suivie et commentée, cela m'a vraiment motivée !
A présent, je m'accorde une pause sur ce site afin de mieux me pencher sur les intrigues complexes de mes deux autres fics en cours « Le poids de la solitude » et « Le cœur a ses raisons ». En attendant, souhaitez-moi d'enfin guérir de ma fichue crève T_T A la prochaine et encore merci pour votre soutien ! Bisoux à tous ~
P.S : après avoir lu un énième commentaire sur la peine de Jin que vous ne trouviez pas assez conséquente, je me suis décidée à relire la scène en question et me suis aperçue qu'il manquait un passage expliquant cette décision. Je l'ai donc rajouté, je m'excuse pour cet oubli ! Avoir été malade comme un chien m'a rendue moins attentive lors de la relecture et puis le chapitre restait cohérent. Tant que j'y suis, je réponds à des questions que l'on m'a posées : non, malgré cette fin, Ichigo n'a pas pardonné à Tatsuki et oui, Hime peut avoir des enfants, elle n'en a jamais été incapable. Le mauvais sort s'est acharné sur elle mais comme je le précise, elle est bien enceinte et cette grossesse sera menée à son terme.
