Chapitre 11 : Papy Kuchiki.

Joyuki raccompagna son frère dans sa propre chambre, accolée à la sienne. Tout le manoir était calme, plongé dans le sommeil. Byakuya sortait peu à peu de ses mauvais souvenirs de la mort de sa femme, mais le moral n'était quand même pas au beau fixe, c'est là que la jeune Kuchiki eu un éclair de génie. Il y avait une chose qui faisait toujours rire Byakuya, espérons que cela marche toujours :

- Byaku-kun ?

- Hm ?

- Tu te souviens de Papy Kuchiki ?

Instantanément, Byakuya sourit, Joyuki arbora une mine triomphante, elle avait réussit !

- Comment oublier…Répondit le noble.

- Ahlala, Papy Kuchiki et ses cadeaux toujours bizarres…Fit Joyuki, nostalgique.

- Cadeaux qu'on nous confisquaient en général…

Les Kuchiki replongèrent dans leur souvenirs d'enfance…

« - Mokosei ! Tu es prêt ? Papa va arriver d'une minute à l'autre ! Pressa Hanaya Kuchiki en entrant dans le salon.

Mokosei Kuchiki était là, occupé à boutonner la chemise blanche de son fils assis sur la table :

- On est prêt, on est prêt ! Répondit l'homme.

Il prit ensuite son fils sous les bras pour le déposer par terre :

- Ooooooh qu'est-ce que tu es mignon comme ça ! S'écria Hanaya.

Mokosei se mit à fanfaronner :

- Je savais bien que tu trouvais que la soie m'allait bien, j'ai mis cette tenue exprès pour…

- Oh vraiment Byakuya, qu'est-ce que tu es adorable habillé comme ça ! Continua Hanaya en ignorant royalement son mari et en prenant son fils contre elle.

- Ah…okay…c'est pas moi qu'elle trouvait mignon. Résuma Mokosei avec une moue contrariée.

- Maman, elle est où Joyuki ? Demanda Byakuya.

- Je l'ai laissé dans son berceau le temps que Papa arrive.

- Mais il est là, Papa. Dit Byakuya en pointant son père d'un doigt.

- Ah oui, pardon, je voulais dire mon Papa à moi.

- Et ton Papa, c'est Papy Kuchiki ?

- Oui, voilà.

- Bonjour mes p'tits louuuuuups ! Cria alors une voix esquintée par les années.

- Papyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyy ! Hurla joyeusement Byakuya en déboulant dans le couloir pour sauter dans les bras de son grand-père.

- Hey Byakuya ! Comment va mon petit-fils préféré ?

- C'est facile de dire ça, je suis ton seul petit-fils !

Aruko Kuchiki reposa son petit-fils à terre en riant. Le fameux Papy Kuchiki, bien connu dans tout le clan pour son franc-parler parfois un peu brutal dont Joyuki avait hérité, et aussi, pour sa manie de forcer un peu sur la bouteille…

- Bonjour, papa ! Salua chaleureusement Hanaya en embrassant son père.

- Ah ! Ma petite fille ! Comment tu vas ?

- Ca va bien, ça va bien.

- Bonjour, Papy Kuchiki. Salua à son tour Mokosei, de manière un peu plus réservée.

- Ah ! Bonjour ma grande ! Répondit Aruko en tapotant l'épaule de Mokosei. Hanaya, ton mari n'est pas là ?

Hanaya lui répondit par un petit sourire gêné tandis que Mokosei roulait des yeux.

- Alors, Byakuya, tu me montres ta petite sœur ? Je l'ai encore jamais vu moi ! Montre à Papy Kuchiki !

Byakuya sautilla joyeusement en l'amenant à la chambre de sa petite sœur, suivit par ses parents qui discutaient :

- Sa vision a encore baissée, non ? Demanda ironiquement Mokosei.

- Oh, ne lui en veux pas, il se fait vieux tu sais.

- Ouais, enfin ça me surprendra toujours qu'il arrive à déchiffrer une étiquette de bouteille de vin à 50 mètres alors qu'il est pas foutu de voir que je suis un homme quand je suis à 20 centimètres de lui…

- Ah, tu ne vas pas recommencer avec ça !

- Chérie, tu ne peux pas nier qu'il a toujours un petit coup dans le nez !

Hanaya ne répondit rien et adopta une mine boudeuse.

- Tiens regarde Papy ! Elle est là ! Dit Byakuya en pointant le berceau de sa petite sœur.

Le tout jeune Kuchiki crapahuta sur les meubles pour arriver à hauteur du berceau :

- Joyukiiiiiiiii ! Cria Byakuya, tout content de voir sa petite sœur.

La petite se mit à hurler de bonheur en voyant son frère et à taper des mains et des pieds jusqu'à en faire trembler le berceau.

- Et voilà, y'a son frère dans la salle, on existe plus. Dit Hanaya.

- Oh…oh mais qu'elle est mignonne ! S'extasia Aruko en prenant sa petite fille de un an à peine dans ses bras. La petite dévisagea le nouveau visage d'un air concentré. Byakuya sautillait autour de son grand père en appelant sa petite sœur par son prénom, Joyuki remarqua cela et se remit à crier de joie de voir son frère en tendant les bras vers lui.

- Tiens, Hanaya, prend là. Dit Aruko en tendant la petite à sa mère. Byakuya, j'ai un cadeau pour toi.

- Oh chouette !

Mokosei craignait le pire. Aruko sortit un objet de forme rectangulaire et emballé de papier cadeau :

- Tiens, ça n'a pas la forme d'une bouteille pour une fois…Constata le père Kuchiki.

Hanaya le foudroya du regard alors que Byakuya déchiquetait le papier brillant avant d'en sortir un livre :

- Oooooh un livre de contes !

- Allez Byakuya, lis nous le titre, montre à Papy comme tu sais bien lire. Encouragea la maman des petits.

- Ka…ma…su…tra…c'est le nom du héros ? Lu Byakuya.

Mokosei et Hanaya furent plongés en profond état de choc :

- PAPA ! Mais ça va pas de lui offrir ce genre de cadeau ! S'écria Hanaya en prenant le livre des mains de Byakuya avant qu'il ne l'ouvre.

- Mais quoi ? C'est un cadeau utile ! Se défendit le Papy Kuchiki.

- Maman ? Pourquoi tu me le prend ? Je voudrais que tu me lises l'histoire !

- Hum…plus tard là…il y a des mots trop compliqués…Expliqua Hanaya en sortant la première excuse qui lui passait par la tête.

- Ah bon ? Dit Byakuya sans faire de scandales.

- Mais y'a des illustrations pour qu'il puisse comprendre ! Lança Aruko, tout sourire.

Byakuya reprit espoir :

- Maman ! Y'a des dessins alors je vais comprendre ! Tu peux me le lire maintenant !

Hanaya fusilla son père du regard et emporta le livre, sous le regard vexé du petit Byakuya qui déclara :

- Bah moi d'abord, quand je serai plus grand et que j'aurai un fils, je l'appellerai Kamasutra ! »

- Il était vraiment extra, Papy…Dit Joyuki.

- Ca…je me souviens que papa déprimait quand il savait qu'on allait passer quelques jours chez lui.

- Et je le comprend, à chaque fois qu'on revenait, il nous avait appris des chansons de beuverie ou des mauvaises manières…

- Tu te souviens quand il nous avait dit que roter à table était une façon polie de dire qu'on avait bien mangé ?

- Je me souviens surtout de la tête de papa et maman en nous entendant tirer des rots comme des malades.

- Et ces fameuses chansons qu'il nous chantait en guise de berceuse et qu'on criait dans tout le manoir…

- Je me souviens encore des paroles : Le pinaaaaaard, c'est de la vinaaaassseuh ! Ca fait duuuuuu bien par où que ça paaaaaasseuuuuh ! Vive le pinard ! Vive le pinard !

Byakuya rit doucement.

- Et quand t'as traité le vieux d'alcoolique…Rappela Joyuki.

Byakuya fouilla dans sa mémoire pour trouver à quoi elle faisait allusion :

« - Et voilà ! Ils ont passé 4 jours chez leur grand-père et regarde avec quel genre de chanson ils reviennent ! Criait Mokosei au désespoir en entendant ses enfants chanter à tu-tête les louanges du « pinard »

- Je sais, mais bon, il ne connaît aucune autre chanson, c'est pas sa faute quand même !

- Mais quand même ! J'en ai assez que mes enfants chantent des chansons d'alcooliques !

- C'est quoi un alcoolique ? Demanda Byakuya.

- C'est les gens comme Papy Kuchiki. Expliqua Mokosei.

Kyuuhei, qui n'était déjà plus tout jeune à l'époque, entra dans la chambre où se chamaillaient les époux Kuchiki :

- Mokosei-sama ? Quelque chose ne va pas ?

Byakuya pointa alors un doigt sur Kyuuhei :

- Alcoolique ! Déclara-t-il. »

- C'était énorme quand t'as sorti ça !

- Pour moi, les « gens comme Papy Kuchiki », c'étaient les personnes âgées, j'avais mal compris.

- N'empêche que c'était énorme ! La tête qu'il a tiré…Bon allez, faut dormir maintenant mon frangin d'amour, passe une bonne nuit. Acheva Joyuki en embrassant Byakuya sur le front.

- Bonne nuit. Souhaita Byakuya à son tour.

Joyuki se cala contre son aîné, sachant bien que si elle partait avant qu'il ne dorme, il allait replonger dans sa déprime.

Le problème, c'est que c'était justement cette nuit que Renji voulait rendre une petite visite nocturne à sa belle. Il entra discrètement dans la chambre de la jeune femme et trouva le lit vide :

- Ah mince…boh elle est sûrement partie boire un verre d'eau ou un truc comme ça, je vais l'attendre.

Et sur ce, le lieutenant se glissa sous les draps froids de Joyuki, inspirant l'odeur de la jeune femme qui était imprégnée dans le matelas et l'oreiller.

Quelques minutes après, Renji entendit la porte coulisser doucement. Il sourit, Jo était de retour, comme il avait prévu.

Akushitsu se glissa en silence dans la chambre de la Kuchiki, elle était là, il voyait une forme sous les draps. Il s'approcha sur la pointe des pieds et s'allongea doucement près de la silhouette.

Renji sentit le matelas s'affaisser près de lui, signe que Joyuki venait de se coucher. Le lieutenant ne bougea pas d'un pouce.

Akushitsu vit que la silhouette à côté de lui ne remuait pas, Joyuki devait donc dormir profondément. Il humidifia ses lèvres de sa langue et embrassa langoureusement le cou qui se présentait à lui.

Renji sourit en se sentant si langoureusement embrassé dans le cou par sa belle. Il s'allongea sur le dos, cherchant Joyuki à tâtons. Ses doigts finirent par rencontrer une joue, puis un cou, puis une poitrine. Renji sentit alors que quelque chose clochait dans la physionomie de la jeune femme. Il tâta d'avantage la poitrine devant lui. C'étaient des pectoraux qui glissaient sous ses doigts ! Pas une poitrine proéminente de jeune femme !

Sentant les mains, qu'il trouvait anormalement grandes, de Joyuki tâter ainsi son torse, Akushitsu fut intrigué :

- Que cherchez-vous ainsi, Joyuki ?

Renji se figea, à coups sur, ce n'était pas Joyuki du tout là…

- Oh la galère, oh putain la galère…Pensa Renji, scié.

- Joyuki, que vous arrive-t-il ? Demanda Akushitsu en sentant comme une tension chez « sa » partenaire.

Renji déglutit :

- Y'a erreur sur la personne. Dit-il d'une toute petite voix.

Akushitsu bascula sur le côté instantanément :

- ABARAI FUKUTAICHO ! S'offusqua-t-il. Que faites-vous ici ?!

Renji se mit en colère à son tour :

- C'est plutôt à moi de vous demander ça !

- Pardon !? C'est ma future femme !

- Mais elle vous aime pas !

- Et vous ? Elle vous aime peut-être ?!

Une dispute démarra donc. Dans la pièce voisine, Joyuki s'extirpait des bras de Byakuya. Maintenant qu'il dormait, elle pouvait retourner dans sa chambre sans craindre qu'il ne replonge dans sa déprime. Elle se leva donc sur la pointe des pieds, alluma une bougie et fit glisser le plus doucement possible la panneau de sa chambre qui faisait office de porte :

- Mais…qu'est-ce que…Bredouilla-t-elle en voyant Renji et Akushitsu dans le même lit…SON lit en plus ! Quelle horreur ! Ils pourraient faire ça ailleurs, non ?!

En voyant la jeune femme sur le seuil, les deux hommes pâlirent :

- C'est pas ce que tu crois ! Lancèrent-ils en même temps.

- Et bé…vous avez déjà une telle complicité pour parler en synchronisation parfaite…c'est étonnant. Dit-elle.

- Non mais attend, tu crois quand même pas que lui et moi on…Commença Renji, laissant le reste de sa phrase en suspend.

- Bah écoute, les apparences ne jouent pas en votre faveur.

- Joyuki-sama, vous ne croyez quand même pas que je suis capable d'aimer un homme, un homme du Rukongai de surcroît.

Renji sentait la moutarde lui monter au nez :

- Ah c'est vrai, j'oubliais tes principes à la noix. C'est vrai que tu ne pourras jamais t'abaisser au niveau d'aimer quelqu'un qui n'est pas noble. Dit Joyuki d'une voix menaçante et pleine de reproches.

- Cela doit être de même pour vous. Dit Akushitsu en lançant un regard noir en direction de Renji.

- Tu crois ça…Fit Joyuki en haussant un sourcil. Et ben ouvre bien grand tes mirettes dans ce cas.

Sur ce, Joyuki se dirigea vers Renji et l'embrassa langoureusement. Abarai ne se fit pas prier pour faire de même. Akushitsu ouvrait bien grand les yeux :

- M…mais enfin ! Vous ne pouvez pas ! Vous êtes ma future femme ! Vous ne…

Joyuki le mit à la porte avant qu'il ne puisse finir et fit de même avec Renji en lui disant « ça t'apprendra à t'introduire dans ma chambre, vilain garçon ! »

Les quelques jours avant le mariage s'égrainaient rapidement, trop rapidement selon une certaine future mariée. Il régnait au Seireitei une agitation constante car Kyuuhei avait décidé de « faire un effort » et avait déclaré que tout le monde était invité au mariage, quelle que soit la classe sociale. Joyuki s'en foutait allégrement vu que de toute façon, elle ne se marierait PAS avec Akushitsu, plutôt mourir ! Le mariage était à présent prévu pour dans 4 jours :

- Je me marierai pas avec le blond, plutôt crever ! Et leur robe à la con là, je la mettrai pas ! Fulminait Joyuki, assise sur le bord du bureau dans sa chambre. Yowai et Kamoku la regardaient bizarrement :

- Qu'allez-vous faire, Joyuki-san ? Demanda la plus jeune.

- Je ne sais pas…(la jeune femme baissa la tête et la redressa soudainement) Où est mon frangin ?

- Byakuya-sama a été…réquisitionné par Kyuuhei-sama pour aller rendre visite à d'autres familles nobles qu'il souhaite inviter pour votre mariage…

- Merde, c'est foutu pour le câlin fraternel qui remonte le moral. Pensa Joyuki. Quand rentrent-ils ?

- Aucune idée, désolée.

- Okay…bon, je vais faire un tour, ne vous inquiétez pas si je ne rentre pas de la nuit.

Et Joyuki partit sans plus d'explications, direction le logement de fonction de Renji.

Renji grogna en entendant frapper à la porte. Le capitaine avait donné congé à toute la division à cause du mariage, alors qui ça pouvait être ? Les coups sur la porte insistèrent. Renji soupira, il était si bien, là, vautré sur le canapé avec l'activité physique et spirituelle d'une moule cuite…Le lieutenant s'extirpa néanmoins des coussins et ouvrit la porte :

- Jo ?! S'étonna-t-il.

- Et oui, c'est moi !

- Je pensais que tu étais partie avec Kuchiki Taicho…

- Le vieux et Nii-chan sont partis inviter des nobles, je pense que le pépé a eu suffisamment de cervelle pour comprendre que c'était pas une bonne idée de m'emmener…

- Je vois…Qu'est-ce que t'es venu faire là ?

Joyuki inclina la tête sur le côté et fit la moue :

- Bah je sais pas, je pensais que ça te ferait plaisir de me voir vu que, même si c'est pas officiel, on est plus ou moins ensemble, mais bon, je peux repartir.

Renji sourit :

- Mais si, je suis content de te voir, juste surpris.

Pour ponctuer ses dires, le lieutenant invita la jeune fille à entrer et, une fois la porte refermée, l'embrassa longuement. Le lieutenant alla dans sa chambre ranger son insigne de lieutenant, Joyuki le suivit de près. Renji la fixait :

- Pourquoi tu me regardes comme ça ?

- T'as l'air toute tendue, tu stresses pour ton mariage ?

Joyuki haussa une épaule :

- Un peu…Ca va pas être un moment agréable, mais bon, j'ai un plan.

- Lequel ?

- Simple, quand on me demandera « voulez-vous l'épouser » je dirais « non » et voilà. Mais bon, ce soir j'ai pas envie de me prendre la tête avec ça. J'ai besoin de ton aide.

- Pourquoi ?

- Tu te souviens quand on était complètement pétés à la fête du commandant ? Tu m'avais bien proposer ton « aide » pour que ce ne soit pas le blond qui ai le privilège d'être le premier homme à se trouver dans mon lit ?

- Ouais, je m'en souviens. Dit Renji sans trop suivre le raisonnement.

- Et bien, il est tant de tenir parole ! Déclara Joyuki en poussant Renji en arrière pour le faire atterrir sur le lit.