Chapitre 9 : S'en sortir ne veut pas dire guérir
Je voulais le voir, même s'il était dangereux et fou. Il me manquait atrocement. Cependant, je ne pouvais pas demander à ma mère, ni à Gale, ni à Haymitch.
P.O.V Katniss
J'étouffais. L'eau m'oppressait. Je tentais avec la force du désespoir de chercher une gorgée d'air dans cette masse humide mais il n'y en avait pas. J'allais mourir. Il ne me restait qu'une trentaine de secondes à vivre, peut-être une minute. Le temps semblait prendre un malin plaisir à me regarder souffrir. Peeta, Peeta me tenait la main. Je sentais encore la pression de sa main contre la mienne. Il était encore avec moi. Nous allions mourir ensemble. Je savais que je l'aimais, comme il m'aimait, même si je ne me souvenais plus de rien. C'était une évidence pour moi. La mémoire n'était qu'une futilité face à l'instinct qui me dictait cet amour.
Je n'avais désormais plus assez d'oxygène pour vivre. Mes paupières devenaient de plus en plus lourdes, et la pression de la main de Peeta contre la mienne s'affaiblissait considérablement. J'avais envie de lui hurlé de rester avec moi. Je ne pouvais hélas plus bougé et je ne savais pas comment il avait encore la force de serrer ma main. Moi, faible comme j'étais, je n'aurais pas pu. Notre fin, la fin de toutes nos souffrances était proche. Soudain, j'entendis une voix, très loin, et je sentis mon corps descendre rapidement.
Prenez-les. Dépêchez vous. Mettez-leur un masque à oxygène. Il ne leur reste que très peu de temps.
Cette voix me semblait familière. Gutturale, c'était certainement celle d'un homme. Snow ? Impossible, sa voix était beaucoup trop douce, trop mielleuse. Peut-être un des rebelles alors ? Gale ? On me sépara tout à coup de Peeta. J'eus envie de hurler. Quel monstre pouvait faire une telle chose alors que j'allais mourir d'un instant à l'autre ? Je sentis soudain un masque sur mon visage et l'oxygène afflua. Il y en avait bien trop pour mon corps en manque. Je sentis que je perdais connaissance alors qu'un cri retentissait :
Catnip, je t'en supplie ! Tiens bon !
Gale. J'eus envie de lui répondre mais les ténèbres étaient bien trop fortes.
P.O.V Peeta
Des pas retentirent dans la cellule. On me sépara de Katniss. J'entendis la voix de… Haymitch résonnait dans la froideur des murs, chaude, réconfortante.
Prenez-les. Dépêchez vous. Mettez-leur un masque à oxygène. Il ne leur reste que très peu de temps.
On me mit un masque. L'oxygène afflua et me fit du bien. J'ouvris les yeux avec difficulté. Haymitch se tenait au dessus de moi. Je sentais son haleine forte d'alcoolique sur mon visage. Il me sourit et me tapa vigoureusement la joue. Mes sourcils se froncèrent. Il rit, soulagé mais avec une drôle de lueur inquiète dans le regard.
« Ca va, petit ? »
Je hochai la tête doucement puis me rendit compte que Katniss n'était pas près de lui. Il sembla remarquer mon inquiétude et me dit doucement :
« Elle… elle ne s'est pas encore réveillée. »
Je me débattis aussitôt, la cherchant du regard. Pourquoi ne s'était-elle pas réveiller ? Je fouillai la cellule du regard. Haymitch me désigna un coin de la cellule. Je reconnus Gale de dos, concentré sur un corps… Katniss ! Ses yeux étaient fermés, elle était livide. J'entendis soudain Gale hurler :
Catnip, je t'en supplis ! Tiens bon !
Horreur, douleur, peine, désespoir. Tous ses sentiments m'envahirent aussitôt. Katniss était morte. Sans elle, la vie ne valait pas la peine d'être vécue. Je me mis soudain à crier comme un fou. La faiblesse de la noyade passée et la douleur me submergèrent et je sentis que mon esprit partait vers d'autres terres plus paisibles, où je pourrais retrouver ma Katniss. J'espérais qu'il n'y aurait aucune souffrance, juste l'amour et la paix ainsi qu'un bonheur infini là je me dirigeais.
La voix d'Haymitch résonna comme une bourrasque, ultime, m'empêchant de rejoindre mon bien-aimé, m'enfermant dans un état de semi-conscience. L'été perpétuel.
« Peeta, ça va ? »
Je n'étais plus vraiment là. Ce fut une voix mécanique qui lui répondit :
« Je pense. »
La lumière était morte avec ma Katniss. Le seigneur, s'il existait, voulait me punir des péchés que j'avais commis en m'enfermant dans cette enveloppe charnelle jusqu'à la fin de ma triste existence. Au moins me permettait-il d'apaiser mes souffrances en vagabondant à la limite du conscient et de l'inconscient.
P.O.V Katniss
Le bip répétitif de l'appareil mesurant le rythme des battements de mon cœur me permit de sortir de mon inconscience. Je ne pouvais pas bouger, mes membres étaient bien trop engourdis. Je battis des paupières et la lampe au dessus de ma tête m'éblouis. Je sentis une voix douce et sereine m'appelai :
Catnip ! Catnip !
Je tournai lentement la tête vers Gale. Ses yeux, son visage, sa musculature, son sourire, tout cela m'avait tellement manqué. Gale restait mon meilleur ami. Pourquoi n'était-il pas plus d'ailleurs ? Je ne l'aimais pas certes, ou peut-être juste un peu mais il serait parfait. Le visage de Peeta, le jeune homme blond de la cellule qui m'aimait, s'imposa à moi. J'avais perdu la mémoire. Il me l'avait dis clairement. Je l'avais oublié. Je savais que je l'aimais. Voilà pourquoi Gale ne resterait jamais qu'un ami. Je sentis la main de Gale m'effleurait la joue. Je haussai les sourcils. Pourquoi adoptait-il un tel comportement envers moi ? Jamais il n'avait été aussi…prévenant envers moi. J'entendis soudain la phrase terrible qui allait mettre notre amitié en péril à jamais.
« Je t'aime. »
De simples mots, annoncés innocemment. Pourtant, ils me firent l'effet d'un coup de poing dans l'estomac. Gale dû sentir ma détresse car il me chuchota :
« Repose-toi, mon amour. »
Je le sentis alors se lever. Une pensée me frappa alors. Où était donc Peeta ? Pourquoi n'était t'il pas auprès de moi ? Je réussis à prononcer un mot, un pauvre son presque inaudible, qui fit se retourner Gale. Un voile assombrit son regard. Il me répondit, méchamment.
« Il est devenu complètement fou, le pauvre ! »
Gale disparu, me laissant seule avec l'horrible pensée que j'avais perdu Peeta à jamais.
Je ne savais pas quoi faire. Haymicth était venu me rendre visite et je lui avais demandé ce qu'il en était de Peeta. Il m'avait dévisagé étrangement et avait éludé la question. Je n'avais pas osé insister. Cela devait être grave.
Quelques jours avaient passés, mornes. Je n'avais plus entendu prononcer le nom de Peeta. Ma mère était venue me rendre visite, ainsi que Prim. Son visage d'ange était tiré par l'inquiétude et la tristesse. Je savais cependant que ce n'était pas pour moi. Elle avait dû aller voir mon Peeta, et elle qui était si douce, si gentille, avait dû faire face à un fou furieux dangereux. Le venin des guêpes tueuses avait dû reprendre le dessus.
J'allais mieux, et une semaine plus tard, les médecins m'autorisèrent à sortir de l'hôpital. Ma mère et Prim virent me chercher pour m'emmener à la cellule qu'on partageait dans la zone B du district 13. J'allais retrouver en quelque sorte mon chez moi, même si ça ne serait jamais ma maison du district 12.
Comme à son habitude, Buttercurp m'accueil par de venimeux crachements. Dès qu'il vit Prim, par contre, dans l'entrebâillement de la porte, il se mit à ronronner de bonheur. Comment ce chat, si sale et au si mauvais caractère, avait pu gagner l'affection de Prim ? Au fond, Buttercup me ressemblait un peu.
Je posai mes affaires sur mon lit, sortit mes vêtements tous identiques, et les rangea dans les étagères blanches mises à ma disposition. Je sentis alors la main de ma mère sur mon épaule et je me retournai, surprise. Elle avait les yeux brillants et un peu rouges. Elle me prit dans ses bras l'espace d'une seconde et me chuchota : « Je t'aime. » puis nous nous séparâmes. Prim ne semblait n'avoir rien remarqué et jouait avec Buttercup.
Quelques heures passèrent, quelques heures auxquelles je pensais à Peeta. Je voulais le voir, même s'il était dangereux et fou. Il me manquait atrocement. Cependant, je ne pouvais pas demander à ma mère, ni à Gale, ni à Haymitch. Ils refuseraient certainement. Il ne me restait plus que Prim. J'espérais vraiment qu'elle m'apporterait des réponses et qu'elle accepterait de m'aider sans rien dire à personne.
Je demandai à ma mère où se trouvait Prim. Elle me répondit qu'elle était en cuisine. Je voulus sortir mais ma mère me prit par le bras. Fronçant les sourcils, je me retournai vers elle.
« Tu es encore bien trop faible pour partir. Tu viens juste de sortir de l'hôpital, Katniss. »
Je la forçai à me lâcher le bras et répondit :
« J'ai survécu aux Hunger Games par deux fois, j'ai été torturé, j'ai failli mourir. Je pense que je sais ce qui est bon ou pas pour moi. »
Elle me laissa partir, une lueur inquiète dans le regard. Je franchis la dédalles de couloirs le plus rapidement possible jusqu'aux cuisines. Par manque de chance, je tombais sur Gale, que je n'avais pas revue depuis notre précédente entrevue à l'hôpital. Sa barbe avait poussé, lui donnant un air viril que je n'appréciais pas du tout.
« Salut, Katniss. Alors, ça va mieux ? »
« Ouais, merci. »
Je n'osai pas parler de peur qu'il ne découvre mes intentions. Il me connaissait trop bien. Je tentais de garder un visage impassible, mais j'étais hélas une très mauvaise actrice. Je ne devais donc dire que la vérité pour ne pas me trahir. Enfin, des demi-vérités.
« Tu vas où comme ça ? »
Je souris.
« Je vais voir Prim aux cuisines. J'ai besoin de lui parler. »
« Ah d'accord ! Des trucs entre sœurs. »
Je ris.
« Oui, des trucs entre sœurs. »
Il me salua et reprit son chemin. Toute cette conversation avait été bien trop facile, et je savais qu'il y avait quelque chose qui clochait. J'allais devoir être sur mes gardes.
Prim riait avec un des commis de son âge. Quand elle me vit arriver, elle se précipita vers moi. Je la pris dans mes bras et lui proposa de sortir faire un tour. Elle accepta et nous franchîmes les portes de district 13 pour retrouver quelques heures le soleil de l'extérieur. Nous nous assîmes sur un banc. Elle me prit la main, comme si elle se doutait de quelque chose.
« Tu veux parler de Peeta, n'est-ce pas ? »
« Oui. »
« Je vais dans ce cas te dire tout ce que je sais. »
Elle me scrutait avec le sérieux d'une adulte annonçant une terrible nouvelle. Je déglutis.
« D'accord. »
Elle prit son inspiration et commença :
« Peeta est devenu fou Katniss. Il est…absent, et parfois dangereux. Haymitch m'a dit qu'il était le premier à s'être réveillé après la noyade. Il a dû se passer quelque chose à ce moment là car Haymitch n'a pas voulut m'en dire plus. Je suis donc allé voir Peeta. Les médecins ne m'ont pas laissé entrer, disant que c'était trop dangereux pour une fillette de mon âge. J'ai donc été obligé de l'observer par la vitre transparente. Je suis resté une heure entière et pendant une heure, il est resté sur une chaise, n'a pas bougé d'un pouce, fixant le mur d'en face. Il paraît que parfois, quand une personne entre dans sa cellule, il attaque. Il a blessé plusieurs infirmiers. C'est tout ce que je sais. Il a besoin de toi. »
Elle se rendit compte que je pleurais.
« Prim, j'ai quelque chose à te révéler. J'ai… perdu tous les souvenirs que j'avais de Peeta durant ma torture. Tous. Je l'ai oublié. Je sais juste que je l'aime, c'est tout ce qui me reste. A mon réveil après la dernière séance de torture, avant la noyade, je ne savais plus qui il était. »
« Ne t'inquiète pas. S'il te reste l'amour, c'est que tu sais qu'il est au fond. Peu importe les souvenirs. »
« Je dois aller le voir. »
« J'ai une idée. »
Prim m'avoua que la nuit, les cellules n'étaient pas gardées. Il n'y avait qu'un système mécanique, et elle avait réussit à avoir le code par un moyen qu'elle ne voulait pas me révéler. Son plan était bon. J'y mettrais tout mon cœur. Cela se passerait cette nuit.
Minuit arriva bien vite. Je fis mine de dormir, puis dès que je sus que tout le monde dormait, je sortis. Aucune sentinelle dans le couloir. C'était trop facile, encore une fois. Je pénétrais dans la section psychiatrie de l'hôpital. Je réussis à trouver la cellule de Peeta assez rapidement grâce aux informations que m'avaient données Prim. Je composai le code. La porte de la cellule s'ouvrit dans un claquement. Je sentais mon cœur battre la chamade, autant par la peur de ce qui m'attendait que par l'excitation croissante de revoir Peeta. La cellule s'illumina.
Peeta était assis sur une chaise, le regard fixé ver le mur blanc, comme me l'avait décrit Prim. Je m'avançai doucement. Il ne semblait pas se rendre compte de ma présence. Je murmurai :
« Peeta. »
Toujours aucun ne signe de vie de sa part. Je n'étais plus qu'à une dizaine de centimètres de lui. J'approchai alors ma main de son épaule. Je réussis à le toucher. Il était tellement froid. C'était anormal. Soudain, je sentis une effroyable douleur au niveau de ma main et j'entendis un craquement. Je bondis aussitôt à quelques mètres de lui. Il m'observait désormais, son regard me glaçant le sang. Il se détendit, comme s'il était dans un rêve.
« Katniss ? Ce n'est pas… »
Il vit mon bras, fronça les sourcils, puis redevint menaçant.
« C'est encore un sale coup de Snow et son venin ! Je ne me laisserais pas faire, bâtard ! »
Je tentais de dire quelque chose mais ma voix s'étrangla dans ma gorge.
Il bondit sur moi, les mains jointes. J'esquivai le coup, pressant contre moi ma main blessé. Il envoya son poing percuté mon thorax, là où j'étais blessé. Je tombais lourdement sur le sol. Il était sur moi, me plaquant les mains au sol, m'empêchant de me débattre. Je n'avais jamais été aussi terrifiée de ma vie.
« Peeta… S'il te plaît… Pourquoi ? »
A nouveau, il redevint le Peeta que j'aimais. Il semblait en proie au doute.
P.O.V Peeta
J'avais perdu Katniss à jamais. Je me trouvais dans le Capitole. J'étais seul. Je voulais mourir. Quelqu'un entra. Je ne m'en formalisais pas. J'avais tenté plusieurs fois de m'enfuir mais en vain. J'entendis un murmure, comme un souvenir ressortant de ma mémoire.
« Peeta… »
C'était la voix de Katniss, de mon geai moqueur, de toute ma vie. Je ne devais pourtant pas réagir. C'était encore un piège de Snow.
Une main se posa sur mon épaule, douce et chaude, comme celle de Katniss. Snow dépassait les bornes. En une fraction de seconde, je tordis la main de la personne qui avait osé me touché. Je la sentie bondir à quelques mètres de moi. Je levai les yeux vers elle, en proie à une colère sourde. Ce que je vis me fit l'effet d'un poignard en plein cœur.
« Katniss, ce n'est pas… »
Je vis son bras blessé. Encore un plan de Snow, certainement. Je crachais en espérant qu'il m'entendait :
« C'est encore un sale coup de Snow et son venin ! Je ne me laisserais pas faire, bâtard ! »
Je bondis sur elle. Elle esquiva le coup mais jeu le temps de planter mon poing dans son thorax. Elle tomba lourdement au sol. Je lui pris les poignets pour l'empêcher de gesticuler. J'étais à quelques centimètres de son visage. Cette fille ressemblait tellement à ma Katniss ! Elle semblait terrifiée, à cause de moi bien sûr.
« Peeta… S'il te plaît… Pourquoi ? »
Etait-ce réellement Katniss ? Tout à coup, une massue s'abbattit sur ma tête et je m'effondrais. Je réussis à entendre une voix.
« Katniss ! Katniss ! »
« Qu'as-tu fais, pauvre imbécile ?! Peeta ! »
Coucou !
Voilà le nouveau chapitre avec un peu de retard, mais assez long, non ? =D
J'espère qu'il vous plaira.
N'hésitez pas à donner votre avis, ça m'encourage vraiment à continuer.
Bisous et à dimanche prochain.
Rose
