WARNING ! CELA FAIT LONGTEMPS QUE JE N'AI PAS PUBLIE, RELISEZ DONC LE CHAPITRE PRECEDENT POUR MIEUX VOUS REMEMORER L'HISTOIRE ! –Merci.
De l'avis général, Mesdemoiselles, il ressort une certaine… colère pour Edward. Vous êtes beaucoup à dire que c'est un con fini ! Meûh oui, ça va s'arranger… ^^
Merci à Shachou, une fois encore, (Hourra, tu t'es inscrite ! =) et à toutes les revieweuses du chapitre précédent (plus de 20 review à la chaine, ça se fête, non ? ^^).
Encore désolée pour le retard.
Bonne lecture
Résumé des derniers chapitres : « Edward, ce Grand Méchant, possède des photos compromettantes qui risqueraient de mette un terme à la carrière de Jacob, le meilleur ami de Bella. Usant de chantage, Edward force Bella à devenir sa copine. S'il n'y avait que cela… Mais Bella est traquée par d'anciens souvenirs, ces souvenirs sombres où James la terrorisait... Edward et James ne font bientôt plus qu'un dans son esprit, dans un étrange cocktail de peur et de désir… »
Chapitre 11 :
POV Bella
-Bella. Je suis désolée de te l'apprendre mais ta nouvelle voiture est si vieille que je ne sais même pas comment tu peux la considérer comme neuve ! Quand je pense que mon Ashton Martin toute belle, toute mignonne et tellement pratique, nous attend au fond de mon garage…
-Alice ! Ne recommence pas ! C'est toi qui voulais faire du shopping, non ?
Je vis Alice se rencogner dans le siège épais et odorant de ma nouvelle vieille voiture, croisant rageusement les bras sur sa poitrine. Souriante, j'aperçus bientôt la moue made in Brandon apparaitre sur ses lèvres.
-De plus, ton tas de ferraille ne nous emmène absolument pas au centre commercial de Seattle, crut-elle bon d'ajouter, dédaigneuse.
J'esquissai un sourire.
-Normal.
D'un geste souple, je fis tourner le volant à gauche et la voiture répondit instantanément. Sur l'asphalte, les pneus ne firent presque aucun bruit. J'accélérais un peu l'envie de voir la tête d'Alice devant ma surprise me donnait des ailes.
-Alice ! J'adore cette voiture... soupirais-je de contentement.
-Grjkdjsk.
-Boude si tu le souhaites mais prépares-toi, on arrive.
Dans un sursaut, l'Alice boudeuse disparut pour faire place à l'Alice surexcitée.
-C'est où, c'est où ?
J'éclatai d'un rire franc.
-Attend que je me gare, vilaine.
Des dizaines de voitures étaient emboitées les unes contre les autres, dans un savant mélange de capots et de pare-brises. J'installai mon nouveau bébé à côté d'une Toyota verte, à l'allure batracienne.
-Beurk, chuchotais-je pour moi-même. Une voiture crapaud.
Alice sautillait toujours à mes côtés.
-C'est où, c'est où ?
Je la vis esquisser un battement des mains, aussi la coupais-je dans son élan et l'entrainais vers l'entrée du site.
A mesure que nous approchions, je sentis Alice se tendre, puis se taire.
-Oh, mon Dieu, Bella, tu m'as emmenée…
-A une brocante !
Dans l'Etat de Washington, quelque part près de la petite ville de Forks, un cri retentit soudain.
-AHH ! BELLA ! Cette femme porte des chaussettes VERT-EPINARDS dans ses SCANDALES !
-Griesfgi mauvais goût prononcé grqsdlqsnjbg qsidjm jamais vu ça avant grjhgsdfhglljsdfjg c'est pas humain de se fringuer comme ça grdnfglsdjfhlsd…
-Alice ? Tu as fini de grommeler?
-Je boude si je veux !
-Dire que ça va bientôt avoir 18 ans, cette petite chose là… soupirais-je en levant les yeux au ciel.
-Bella ! Si tu veux tout savoir, je trouve tout à fait inacceptable que tu me conduises ici alors que ma place est chez Prada ! Ils font des SOLDES, Bella ! Non mais tu te rends compte ?
-Alice ? Concentre-toi sur ces étales.
-Beurk ! Regarde-moi ça ! Quiconque de normalement constitué remarquera immédiatement que cette ceinture bleu ciel ne va absolument pas avec ce short décoloré ! Et ce chapeau ? Est-ce vraiment un chapeau ou un panier garni ? Bella ! Tu viens souvent faire tes courses ici ? Je comprends pourquoi tu es si mal fringuée !
Je sentais mon sang bouillir dans mes veines. Dans peu de temps, j'allais exploser.
-Alice… la mis-je en garde.
-Dis-donc ma petite demoiselle ! Si vous n'êtes pas contente, vous aller voir ailleurs, hé ! On vous a rien demandé, hé ! Arrêté donc de vous moquer, hé !
Alice et moi nous arrêtâmes immédiatement. C'était un vieux monsieur assez dégarni mais doté d'une moustache encore imposante et d'yeux d'un bleu incroyablement clair, qui venait d'interpeller Alice.
-Mais tout à fait, hé ! répondit Alice, imperturbable. Seulement mon amie Bella ici présente ne veut absolument pas bouger son vieux tas de ferraille pour me ramener chez moi dans le monde civilisé !
-Alice ! m'exclamais-je outrée.
Elle était culottée à un point incroyable. Jamais vu ça ! Je vis le vieux bonhomme s'empourprer devant tant de sans gène. Le pauvre, il ne devait pas être habitué… J'eus de la compassion pour lui. Il enflait au fur et à mesure qu'il tentait (vainement) de trouver une réponse claquante à offrir à Alice. Son teint avait atteint le violet lorsqu'une majestueuse jeune femme sortit d'une camionnette postée guère loin du stand. Elle était juste superbe. Ses cheveux blonds coulaient en vagues douces dans son dos et son corps élancé semblait près à l'envol. Elle avait des yeux bleu marines absolument somptueux et seule sa moue un peu grave et hautaine venait mettre un froid dans le tableau angélique qu'elle offrait au Monde.
-Grand-père ? l'entendis-je interroger le vieil homme toujours muet d'indignation. Grand-père, ça va ?
Avec un réel soulagement je vis le bonhomme dégonfler peu à peu et retrouver une teinte à peu près normale.
-Ca va, ça va, Rose, grommela-t-il. Ce sont ces demoiselles mal-élevées qui se permettent de venir insulter tout et n'importe qui.
Aussitôt, le regard affectueux que la blonde avait posé sur le vieil homme se mua en glace lorsqu'il se planta sur moi et Alice. Je vis la blonde accompagner le vieux monsieur sur une chaise longue un peu éloignée du stand. Puis, nous faisant face, elle dit :
-Je peux savoir ce que vous voulez ?
Le ton était glacial, sans chaleur. Un désert de sentiments. Elle faisait presque peur.
-Parfaitement. Je m'appelle Alice, et je voudrais rentrer chez moi. Enchantée de vous connaitre. Bella ? On y va, s'il te plait ?
Je me pinçai prudemment l'arête du nez. Ah ! Ce qu'elle m'énervait !
-Excusez-la pour le dérangement, marmonnais-je à la blonde en m'emparant du bras d'Alice.
Mais la blonde ne nous regardait déjà plus. Je tentais d'emmener Alice vers la voiture mais curieusement, celle-ci m'opposa une furieuse résistance.
-Alice ? Tu viens ? Je crois que tu as fait assez de bêtises pour aujourd'hui.
-Bella ! Regarde !
-Quoi encore ?
Je n'avais absolument pas appréciée de passer pour la vilaine ogresse qui retient la pauvre Alice contre son gré. C'était ELLE qui avait voulu aller faire du shopping.
-Bella… ,et sa voix n'était plus que murmure, est-ce vraiment ce que je crois que c'est ?
Et elle piqua aussitôt un sprint sur le stand de la blonde et du Grand-Père. Je suivis rapidement, curieuse.
-Rose ! Rose !
Je n'en revenais pas, elle appelait la vendeuse par son nom, comme si elles avaient été des amies de longues dates. Ladite Rose se retourna peu après, surprise de voir le petit lutin qu'était Alice s'agiter sous son nez.
-Oui ? Qu'est-ce que vous voulez encore, à par troubler le repos de mon grand-père ?
-Je… Je… Les bottes… Ce sont des vraies ?
Je vis la blonde, pardon, Rose, jeter un vague regard sur les bottes anciennes situées à l'extrême droite de la table.
-Oui, répondit-elle simplement.
Alice émit un petit glapissement de plaisir et bondit sur les chaussures, qu'elle serra contre son cœur.
-Combien je te dois ? Oh, voyons quelle question, 250$ ça ira ? Elles valent largement ce prix.
-Elles coutent 25$.
Alice s'arrêta momentanément, stupéfaite.
-Pardon ? Ces petites merveilles, ces œuvres vintages qui me semblent d'époque d'ailleurs, ça n'a pas de prix !
Et elle lui tendit 250$, d'une main sure et ferme.
-Non. J'ai dit 25$. Gardez le reste et partez vite.
-Mais…
-Nous ne faisons pas la manche, alors arrête de vouloir nous refiler ton argent et va plutôt acheter des vêtements Dior.
-Mais…
-Je n'aime pas les petites filles gâtées par Papa, Maman. Ca me met hors de moi. Vas-t-en, avec tes chaussures !
Les yeux de la blonde brillaient de colère. Alors pour la première fois je vis Alice obéir. Ses chaussures sous la main elle recula doucement en direction du parking. Je restai là un moment, puis la blonde me jeta à mon tour :
-Va la rejoindre, enfin ! Tu as l'air d'en mourir d'envie ! Personne ne t'oblige à rester pour t'excuser à sa place, tu sais !
Elle était toujours en colère.
-Je sais, oui, répondis-je calmement. Je l'ai déjà fait une fois, tout à l'heure, et finalement, je n'en vois pas l'intérêt. Tu sais, Alice a plusieurs défauts, mais elle a également des qualités immenses. Ne t'arrête pas au mur qu'elle expose au monde. Cherche plus loin. Quand à moi, je n'attends pas ton autorisation pour partir, ne t'en fait pas. Seulement, il me semblait important que tu ne gardes pas un mauvais souvenir de nous deux. Tu comprends ?
La blonde me balaya du regard. Je m'éloignai de quelques pas. Elle me fixait toujours.
-Bon ben… bonne journée !
Je lui tournai le dos et m'activai à trouver Alice. Je la trouvai assise sur le siège passager de ma voiture, étrangement silencieuse. Je démarrai et me dirigeai vers Forks. Alice ne parlait toujours pas. Je ne m'inquiétai pas Rose l'avait remise à sa place et elle ne devait pas être habituée. J'attendis juste patiemment que mon amie ouvre la bouche. Lorsqu'enfin elle le fit, sa phrase me fit sourire.
-J'aurai du lui demander ses coordonnées. Peut-être qu'elle a le chemisier qui va avec les bottes, après tout…
-Tu veux venir boire un chocolat, à l'intérieur ? Me proposa mon amie en arrivant à Forks.
Alice étant Alice, elle n'avait eu de cesse de babiller tout le long du chemin, mais étrangement, je pensais que j'avais le gosier plus sec que le sien. Alors j'acceptai. Charlie n'allait pas me faire un procès simplement parce que j'avais… QUOI ! J'avais deux heures et demies de retard sur mon horaire habituel. Bon. Charlie allait me tuer, avec ou sans procès. Morte pour morte, je préférai profiter de mes derniers instants de vie.
L'appartement d'Alice était vraiment grand. Après le vestibule, on traversa le couloir, puis le salon, puis le petit salon privé et enfin, on arriva à la cuisine. Alice sembla décider que je m'installerai sur le plan de travail mais, toujours le sourire aux lèvres, je préférai la chaise moelleuse qui ornait l'angle de la kitchenette. Mon amie eut un froncement de sourcils, signe désapprobateur de ma désobéissance. Mais rapidement, elle revint à sa véritable préoccupation : combien de cuillères de chocolat devait-elle mettre dans le lait ? J'aimais bien sa recette. Après avoir bien remué le chocolat (deux cuillères et une remplie aux trois quart) avec le lait chaud, elle avait rajouté une cuillère à café de sucre et un énorme chamalow sur le dessus. Miam.
-C'est délicieux, Alice. Vraiment, bravo.
-Profite bien, dit-elle en riant, c'est la seule chose comestible que je sache faire. Ca, et l'omelette aux champignons.
-Tu veux dire que tu te nourris exclusivement d'œufs, de lait et de chocolat ? m'étouffais-je.
Après tout, Alice vivait seule dans cet appart.
-Non, la plupart du temps je commande par téléphone à un traiteur. J'adore manger chinois…
-Très varié… dis-je en haussant un sourcil.
-Parfaitement ! Attend que je te montre. Tu veux rester là pour diner, ce soir ?
Je regardai rapidement ma montre. Minuit moins vingt. Charlie devait déjà préparer mon cercueil.
-Avec plaisir ! Seulement, je voudrais t'emprunter ton téléphone, s'il te plait. Je dois appeler mon père.
-Bien sur, pas de souci. Prend mon portable, je commande avec le fixe.
Et c'est comme ça que je me retrouvai avec un téléphone portable rose vif à l'oreille, enfermée dans la chambre d'ami de l'appartement d'Alice. Si je comptais bien, avec le deuxième salon, la chambre d'ami, le vestibule et le garage, on était rendu à une dizaine de pièces. Appartement ? Maison, oui ! Je téléphonai à mon père mais je n'eus en échange que sa voix grave qui m'ordonnait de laisser un message après le bip sonore. Dormait-il ? Pire : avait-il déjà pris les armes et organisé une battue pour retrouver sa fille unique ? Oh mon Dieu !
-Alice ! criai-je presque en courant hors de la chambre. Faut que je me sauve, c'est…
Je déglutis.
-… Edward ? Couinais-je.
-Oh, Bella, regarde qui nous est arrivé en même temps que le plat de sushi ! Edward était seul chez lui, alors il est venu me rendre visite ! Ca ne te dérange pas s'il mange avec nous ?
-Je…
-Bien sur que non, ça ne la dérange pas, n'est ce pas chérie ?, me coupa t-il, les yeux rivés sur moi.
Je le vis s'approcher doucement de moi, tandis qu'Alice, rassurée, recommençait son babillage. Au moment où silencieusement, je priais de toutes mes forces mon petit ami de faire comme s'il ne l'était pas, il me prit par les épaules, bien au chaud dans ses bras. Geste intime que bien sur, Alice ne tarda pas à remarquer. A cet instant, elle s'arrêta de parler. C'était terrifiant. Son regard passa de plus en plus rapidement de moi à lui et de lui à moi. Elle avait compris. Edward, 1 discrétion, 0.
-Alice, je…
-Vous êtes ensembles ?
Nous avions parlé en même temps.
-Pas vraim…
-Oui.
A nouveau, Edward m'avait coupée. Outrée, je le regardai droit dans les yeux. Il renforça sa prise sur mes hanches.
-N'est ce pas, mon cœur ? demanda t-il avant de se pencher vers moi. Vers mes lèvres. Au dernier moment cependant, je détournais la tête et ses lèvres effleurèrent ma joue.
-Alice, tu ne m'avais pas promis des sushis ? demandai-je fermement à mon amie, qui avait toujours une mine interdite.
-Oui, bafouilla-t-elle, oui, bien sur, j'y vais !
Je sentis Edward bouillir tout contre moi. Il me serrait toujours avec force contre lui, m'empêchant de m'éloigner. Je marmonnai à voix basse pendant qu'Alice partait chercher le repas :
-J'ai dit sushis, chéri, pas sangsues !
Edward enfouit son visage tout contre mon cou, masquant avec succès sa colère à mon égard. Il m'embrassa la nuque avant de remonter vers mon oreille pour murmurer :
-Tu veux que je te dise ce que j'ai fait aujourd'hui, bébé ?
Je me retournai tout contre son torse, puis montai mes mains contre son cou.
-Je préférerai faire quelque chose de… mmhh… beaucoup plus plaisant et… excitant, m'esclaffai-je en prenant une voix sensuelle. Délibérément je me collai à lui. Mon cœur rata un battement lorsque je le sentis durcir contre mon ventre. Une brusque bouffée de peur me prit, que je tâchai de maîtriser. Edward n'avait rien remarqué, du reste, et il m'écarta légèrement de son torse pour me regarder dans les yeux. Les siens étaient noirs lorsqu'il demanda :
-Sérieusement, Swan ?
-Absolument, dis-je langoureusement. J'adorerais te mettre à la porte de l'appart de ta propre sœur, Cullen ! Ca doit être grisant !
Je m'échappai de sa poigne en riant, moqueuse et provocante. Par tous les moyens, je voulais lui montrer que jamais, au grand jamais, je n'accepterai son jeu stupide. Je le défiai de m'imposer n'importe quelles règles. Par bien des côtés il me rappelait James et ma phobie refaisait surface. En plus, Edward avait un caractère et un charisme auquel j'avais parfois du mal à résister. Mais d'autre part, lorsqu'il ne m'approchait pas de trop près, j'adorais le faire enrager.
Ma mère avait raison : sous mes allures de jeune fille sage se trouvait un véritable penchant pour l'humour et la moquerie. Vilaine, vilaine Bella ! Alice nous invita à nous assoir à table et pour la première fois, je goûtai aux sushis. Alice ne parla pas beaucoup durant le repas. Je commençais cependant à la cerner : si Alice se taisait, on pouvait être sur qu'une avalanche de paroles allait suivre. Et en effet :
-Alors, vous êtes ensembles depuis combien de temps vous deux ? Nous demanda-t-elle, et son air inquisiteur me fit sourire. J'avais l'impression de passer sous la lampe de l'inspecteur.
Je ne pris même pas la peine de répondre. Mon ennemi de petit-ami se débrouilla à la perfection.
-Environ deux semaines, maintenant.
-QUOI ? Et vous ne m'avez rien dit ?
Je vis Alice se renfrogner.
-Ca me peine grandement que tu ne m'en ais pas parlé, Eddie. Et toi Bella, c'est vraiment de la haute trahison. Ma meilleure amie à Forks amoureuse de mon demi-frère adoré, et je ne suis même pas au courant ! Enfin…
J'eus un sourire ironique à la mention « amoureuse ». Je sentis Edward se rapprocher de ma chaise et glisser sa main sur ma cuisse. Je frissonnai. Malgré moi, les attentions dont il me couvrait me rendaient presque fébrile. Je me sentais désirée, avec lui. Lorsqu'il resserra sa prise sur ma cuisse cependant, je compris : mieux qu'un geste intime offert aux yeux curieux d'Alice pour renforcer le mythe, Edward me transmettait une mise en garde. Silence… Joue le jeu…
-…en fait ça me rappelle Jasper qui avait…
Je me penchai en avant, faisant mine d'attraper ma tasse de café, et me débarrassai fermement de sa main par trop entreprenante. Voiiila !
-…et alors elle m'a dit : « va t-en avec les chaussures ! » …
Edward fronça les sourcils, mécontent. Et Alice qui n'en finissait pas de déblatérer sur la blonde…
- … c'est fou le hasard quand même ! Est-ce-que tu connais les probabilités pour que ça m'arrive, Bella ?
Je relevais brusquement la tête et devint bientôt pivoine en me rendant compte que je ne suivais plus la conversation d'Alice depuis un bon moment. J'entendis Edward émettre un petit rire puis dire :
-Tu sais comme moi, Alice, que Bella et les probas, ça fait deux, même trois !
Je le regardai, mauvaise, puis renchérit.
-Oui. C'est comme Edward et la politesse si on y réfléchit.
Je vis Alice s'étrangler avec son déca. Je plaquai aussitôt un sourire de convenance sur mes lèvres, le souvenir des photos rôdant dans ma tête. Après tout, une petite-amie convenable n'insultait pas ouvertement son copain. Non. Si elle le faisait, c'était seulement sur le ton de la rigolade. Alice parut rassurée par mon sourire et continua de boire à petite gorgée son café.
-Alice, je pense que je vais raccompagner Bella; il se fait tard, s'exclama alors Edward.
Il me pompe l'air, lui, à prendre les décisions à ma place…
Alice acquiesça se leva et nous accompagna jusqu'à la porte, où elle nous souhaita la bonne nuit. Edward posa doucement sa main dans le creux de mon dos et me guida à travers les couloirs de l'immeuble, à croire qu'il me pensait incapable de ne pas me prendre une porte sans son aide.
Non, mais je vous jure…
En arrivant au parking, il me fit tourner sur moi-même, me prit fermement dans ses bras et m'embrassa …rageusement. Je souris tout contre ses lèvres : il s'en était ramassé plein la figure ce soir et il n'était pas très content. Ce baiser était une petite vengeance et il s'éternisait. Voyant qu'il ne me relâchait pas, je cognai sans douceur aucune contre son torse pour qu'il ait l'amabilité de me laisser respirer. Je commençai à étouffer.
Je me demande si quelqu'un est déjà mort asphyxié parce que qu'on l'a embrassé trop longtemps… Après tout, il y a bien un président européen qui est mort en faisant l'amour, alors…
Bella, Bella, Bella. Je me demande comment j'arrive à supporter d'être ton cerveau, parfois.
Il n'a toujours pas fini ce baiser? Il veut y passer la nuit ?
Il embrasse bien quand même…
Je revins sur terre lorsqu'il me relâcha. Il me fixa longtemps puis :
-Bonne nuit, Bella, dit-il enfin.
-Je n'ai pas vraiment envie de te la souhaiter à mon tour. C'est obligatoire ? demandai-je, moqueuse.
Il haussa les épaules et se détourna. Bientôt, son moteur rugit et il partit au quart de tour, me laissant étonnée. J'aurai pourtant juré qu'il allait me forcer à lui souhaiter bonne nuit…
Je montai à mon tour dans ma vieille voiture et mit le contact.
« Bonne nuit Edward » murmurai-je avant de quitter le parking pour rentrer chez moi.
POV Edward
Aucune lumière n'émanait de la maison lorsque j'arrivai. Ma mère n'était pas encore rentrée. Peut-être ne rentrerait-elle pas de la nuit. Je n'en savais rien, après tout. Les adultes sont parfois pires que les ados eux-mêmes. Je décidai de me préparer des spaghettis à la carbonara, les sushis d'Alice ne m'ayant absolument pas rassasié. Encore une fois, je les réussis à la perfection. Sans me vanter, j'étais très bon cuisiner. J'avais d'autres spécialités, également. Au lit par exemple. Et j'avais pas mal de témoins pour appuyer mes dires. J'espérai de tout cœur pouvoir tester le sexe avec Bella. Je n'étais pas idiot. Je savais pertinemment que le chantage avec les photos ne durerait pas éternellement. Et il était hors de question que je la force à baiser avec moi. Je n'étais pas un violeur non plus. J'en étais là de mes réflexions lorsque ma mère entra dans la cuisine et se laissa tomber sur sa chaise. Elle semblait éreintée. J'avalais avec un slurps retentissant un spaghetti récalcitrant tout en la regardant, attentif.
-Edward, chéri, il faut que je te parle, m'annonça t-elle, et son regard était empli de crainte.
POV Bella
J'entrai dans le vestibule sur la pointe des pieds, les chaussures à la main. J'avançai dans le noir comme un astronaute sur la lune : tout en douceur et en ridicule. Je ne tenais absolument pas à ce que Charlie me surprenne à cette heure et…
-Bella ?
Et flûte. Raté.
Je me retournai pour faire face à mon père qui me considérait de toute sa hauteur, adossé au chambranle de la porte.
-Euh, salut, papa chéri ! tentais-je de l'amadouer en lui offrant mon plus beau sourire.
-Bella, je…
-Je sais, je sais, je suis incroyablement en retard, je suis impardonnable, mais ça ne recommenceras pas et …
-Bella, je dois te parler, chérie.
Son air était sombre et il me regardait pensivement. Mon cœur arrêta un instant de battre et la peur me paralysa le cerveau. En une seconde, tous les scénarios possibles et imaginables me traversèrent l'esprit.
-C'est Maman, c'est ça ? Elle est morte, hein ? Et Phil, il…
Je m'étouffai dans mes larmes naissantes.
-Non, non ! Bien sur que non, chérie ! Ta mère va très bien ! s'empressa de me rassurer Charlie.
J'hoquetai de soulagement et tentai vainement de calmer les battements désordonnés de mon cœur en me traitant mentalement d'idiote.
-Alors tu voulais me parler de quoi ?
Ses prunelles fixèrent soudain les miennes avec intensité et je sus que ce qu'il allait m'annoncer n'allait pas me plaire.
POV Edward
-…Edward, j'ai rencontré quelqu'un et cela fait plusieurs mois que l'on se fréquente. Je… je l'aime énormément et…
POV Bella
-…elle est la chose la plus géniale qui me soit arrivée depuis longtemps, chérie je l'ai invitée…
POV Edward
-…plusieurs fois et je suis si heureuse après ! J'aimerais beaucoup que tu le rencontres d'ailleurs…
POV Bella
-…elle doit venir demain après-midi, Bella, et je suis tellement sure que tu vas l'aimer !
POV Externe
Une ville, tard le soir.
Deux familles dans leurs maisons, comme tous les soirs.
Un garçon regarde sa mère, et ses yeux sont presque noirs. Ses craintes se réalisent. Un beau-père. Une nouvelle autorité pesant sur ses épaules.
La fille regarde son père, la figure incrédule et les yeux lointains.
Soudain les adolescents se reprennent. Leurs yeux s'affolent. Et un cri commun jaillit de leur gorge, de leur cœur.
-QUOI ?
POV Bella
-Tu veux dire que tu t'es trouvé une nouvelle femme ?
POV Edward
-Je vais avoir un beau-père, Maman ?
POV Bella
-Bien sur je veux que tu sois…
POV Edward
-… heureuse mais imagine ! Maman ! C'est quand même…
POV Bella
-…énorme. Papa, je ne sais pas. Je…
POV Edward
-…refuse de lui obéir en quoi que ce soit. Ce n'est pas comme si c'était…
POV Bella
-… Maman, après tout ! Tu comprends. Si je ne l'aime pas, et si elle ne m'aime pas ? Et bien quoi ? La vie s'arrête ? Je retourne avec Phil et Maman ? Il se passe quoi ?
POV Edward
-…
POV Externe
La nuit s'installe. Doucement. Assis face à leurs parents, deux adolescents gardent le silence. Et les points d'interrogations sautillent dans leurs crânes. ?
POV Bella
-Bella, commença Charlie, ayant enfin l'occasion d'en placer une. Je ne peux pas croire ce que tu viens de dire. Chérie, voyons ! Bien sur que non, tu ne retourneras pas chez Phil et ta mère. Sauf si tu le souhaites, évidemment. Mais tu seras toujours ma priorité, bébé, et…
Bébé ? De mieux en mieux…
-…si j'emménage avec celle que j'aime, alors bien sur que tu feras partie du voyage ! Bella ! Ca va ?
Je me sentis devenir blanche. Mon père aimait une femme. Une nouvelle femme. Mon teint vira au vert. Mon père était amoureux. Mon père était heureux. Sans moi. Mon père allait emménager avec cette femme. Et moi avec ? Vivre… à trois ? Comme si elle allait remplacer ma mère ? Oh mon Dieu. Mon père était amoureux. Et je n'avais rien remarqué. Je détournai alors la tête et m'enfuie dans ma chambre, les appels de Charlie me poursuivant jusque derrière la porte.
POV Edward
-Edward je suis consciente que ça peut être dur à accepter mais cet homme, je l'apprécie plus qu'aucun autre !
-Plus que Papa, à l'époque ? Demandais-je rageusement.
Ma question résonna dans la cuisine. Ma mère baissa les yeux. Soupira. Et seul le silence me répondit.
Chapitre 11 : check.
Chapitre 12 : toujours pas commencé. Comment ça, toujours pas commencé ? –Affirmatif, Chef. L'histoire est dans le cerveau de l'auteur mais rien n'est encore écrit.
C'est dingue, ça… Elle ne fait absolument rien cette Morgane. C'est inadmissible ! –Tout à fait d'accord avec vous, Chef.
Taisez-vous, Troufion. Je ne vous ais pas sonné que je sache ! –Oui, Chef.
Bon, où en étais-je avant que vous ne m'interrompiez grossièrement ? –Vous traitiez l'auteur de fainéante, Chef.
Ah oui, c'est vrai. Heureusement, le chapitre 12 sera le chapitre fatidique, le chapitre où nos deux héros vont se rendre compte de leurs sentiments réciproques, et où ils vont lâcher la colombe blanche en signe de paix et d'union et… -Absolument pas, Chef. En réalité, le chapitre 12 relatera leurs réactions lorsqu'ils rencontreront leurs nouvelles familles respectives.
Troufion, vous m'énervez. Corvée patate pour le reste de la semaine ! –Oui, Chef.
Grmhllm… Les jeunes, de nos jours… Grmmklm… Enfin bref ! Amies lectrices, mesdemoiselles, je vais personnellement aller botter les fesses de l'écrivain pour qu'elle accélère son rythme de parution ! Comme je le disais, le chapitre 12 parlera des réactions de nos héros lorsqu'ils rencontreront leurs nouvelles familles respectives. Ce n'est pas chouette, ça ?
Après cet intéressant intermède, je vous dis à toute à la prochaine. J'espère que ce chapitre vous a plut !
Morgane
PS : au fait ! J'ai une idée en tête, une potentielle et future fanfic à propos de Quil et Claire. (Ana, tu la boucles ! Pas de commentaires ! ^^) Si je l'écris cependant, je le ferais une fois que cette fic sera terminée !
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