ÉTABLIR LE PROFIL

Le lendemain, les agents étaient tous réunis avec une tasse de café. Seul Jennifer avait un thé. Sur la table, il y avait une pile impressionnante contenant les relevés des interrogatoires faits par la police ces derniers jours. Contre le tableau d'affichage, il y avait à gauche les photos prises sur le lieu du premier meurtre et à droite les photos du second homicide. Mais avant même qu'ils commencent quoi que ce soit, ils furent interrompus par une personne exprimant sa colère à la police dans le hall. Aaron Hotchner sortit de la pièce et alla calmer l'individu.

- Du calme, monsieur. Ça ne sert à rien de vous énerver. Je suis l'agent Hotchner du FBI chargé de l'enquête. Quel est votre nom et dites-moi ce qui ne va pas.

L'homme était grand et sec, la mâchoire carrée, le visage anguleux, un regard perçant bleu glace, la quarantaine bien sonnée.

- Vous êtes tous une bande d'incapables! Il y a au moins 200 flics dehors plus le FBI et vous n'êtes même pas foutu de protéger les athlètes. Okay, Ammann a fait une connerie en restant seul dehors. Mais c'est parce qu'il se croyait en sécurité avec vous! Maintenant, bougez votre cul et trouvez cet enfoiré!

- Ne vous énervez pas et restez poli s'il vous plaît. Ça ne résoudra aucun problème. Je vous promets qu'on le trouvera. Quel est votre nom? insista Hotchner.
- Mika Kojonkoski, l'entraîneur de l'équipe norvégienne, ajouta-t-il plus calmement.
- Merci monsieur Kojonkoski! Nous faisons tout notre possible pour retrouver l'auteur de ces crimes, mais en attendant, dites à vos sauteurs de rester vigilants! Avez-vous quelque chose à nous apprendre sur ces meurtres?
- Non. Je ne crois pas.
- Alors, laissez-nous faire notre travail, merci! conclut Hotch avec un ton que ne laissait pas de place à la répartie.

Et l'entraîneur repartit d'un pas décidé mais toujours fâché. Il claqua la porte en sortant. Hotch revint vers ses équipiers. Ils devaient tous discuter avant de pouvoir présenter un profil à la police.

- Il y a un problème Hotch? demanda Morgan à son patron.
- Non, aucun, répondit-il très calmement.

Les autres profileurs se regardèrent puis Prentiss prit la parole.

- Bon, je ne sais pas ce que vous en pensez, mais pour moi, le tueur doit être très proche des équipes.
- C'est certain. On sait que chaque meurtre s'est produit après un entraînement ou une compétition, dit Morgan.
- Plus précisément, après la conférence de presse. Il connaît le programme et sait quels chemins vont emprunter les victimes. Il ne les choisit certainement pas au hasard, ajouta Reid. De plus, il a choisi le top favori à chaque fois. Si vous regardez les affiches de la compétition, Gregor Schlierenzauer y est présenté comme le favori. Il l'a tué et immédiatement après, la presse a placé Ammann dans ce rôle. En plus, il s'impose. Et comme par hasard, notre homme le tue juste après son sacre. Il semble s'attaquer aux dominateurs, aux favoris. Peut-être parce qu'il est bon mais que les médias l'ignorent? Il recherche peut-être de l'attention. Qu'en pensez-vous?
- Moi, il y a quelque chose qui me chiffonne, dit Hotch en fronçant les sourcils. D'un côté ses meurtres semblent indiquer un tueur désorganisé de par la strangulation et d'un autre il choisit ses victimes et met en scène ses meurtres... Donc il doit un minimum planifier ses crimes, et ça, ça demande d'être organisé.
- Je pense que Reid a raison. Notre tueur doit avoir un égo surdimensionné et n'accepte pas d'être vu comme un figurant voir un anonyme, ajouta Morgan.
- Je pense qu'il faut surveiller ce que la presse a publié entre les deux meurtres. Peut-être que le tueur était satisfait avec le premier crime mais que quelque chose l'a vexé et il s'est remis à tuer, suggéra Reid.
- Garcia, tu es là? demanda Morgan.
- Oui, mon trésor. Je suis toute à toi. Dis-moi, lança-t-elle de sa voix chaude et enthousiaste.
- J'aimerai que tu vérifies dans la presse, tous les articles parus entre les deux meurtres, expliqua Morgan.
- C'est comme si c'était fait mon lapin.
- Oui, mais la tâche se corse car tu devras vérifier les articles internationaux. Notre tueur n'est probablement pas américain. Il se pourrait qu'il soit allemand, autrichien, norvégien, finlandais, suisse, polonais ou russe, compléta Morgan qui refroidit l'ardeur de Penelope.
- Je ferai de mon mieux. Je vous appelle dès que j'ai du nouveau, conclut la belle blonde analyste technique restée à Quantico.
- Faisons une synthèse et réduisons notre liste de suspects, annonça Hotchner.
- Le tueur est membre d'une équipe car il a accès à la zone fermée au public où il commet ses meurtres. Il connaît personnellement ses victimes car il leur couvre les yeux pour ne pas voir leur regard. Il ressent certainement du remord. Je ne pense pas qu'un journaliste puisse faire ça. C'est un homme pour pouvoir étranglé un athlète. Il doit être fort ou très énervé. Quoi d'autre? demanda Rossi.
- Il ne supporte pas d'être dominé. Peut-être a-t-il eu un père dominant, lança Prentiss. Il est possible qu'il ait subi des moqueries toute sa vie et qu'ici, un élément a déclenché la colère qu'il a accumulé pendant des années.
- On connaît sa signature, mais pas ses motivations, leur rappela Hotch. On ne sait pas s'il fait ça à cause des humiliations subies dans sa vie ou si c'est pour facilité la victoire d'une quelconque personne. Souvenez-vous de se qu'a dit Morgenstern, tout le monde jalousait Schlierenzauer.
- Alors, si je résume, on a un type d'une nation étrangère qui tue des sauteurs qu'il côtoie régulièrement pour faire sa place à la lumière. Il en a marre que personne ne le voie tel qu'il est mais à peur de ses pulsions meurtrière? dit JJ
- Oui, répondit Hotch. Je crois qu'on est prêt à donner le profil. Encore une chose, on ne le dévoile qu'aux policiers.
- Les entraîneurs pourraient nous aider, dit JJ.
- Non, pas tant qu'on ne sait pas si c'est l'un d'entre eux ou un de leurs sauteurs. On doit en aucun cas avertir le tueur du déroulement de l'enquête, lui répondit Rossi.
- Je veux juste voir le sergent Moralez avant, dit Hotch, je dois l'avertir qu'il y a un tueur en série sur cette compétition.