Merci pour toutes les reviews ! J'espère en avoir tout plein d'autres en cette nouvelle année !
Je vous souhaite une très bonne année et plein de bonheur à tous. Je nous souhaite une superbe saison 5 de Bones !
Chapitre 11 – Cours toujours
L'étudiante en psychiatrie s'éloigna sans inquiétude de la salle d'interrogatoire, laissant Booth et Brennan perplexes. Ce n'était pas elle qui avait tué Garry O'Sullivan. C'était très clair. Booth le sentait, Sweets le leur avait dit dans leurs écouteurs et Brennan le raisonnait: c'était impossible que ce soit elle. Qui donc avait pu tuer un enfant de neuf ans ? Malgré ses fautes, ses troubles de comportements et son caractère, il restait un enfant.
Ils tournaient en rond. Aucun suspect. Tous suspects. Booth soupira.
- J'ai l'impression qu'on ne trouvera pas. C'est désagréable, cette enquête tourne en rond. Rien. Le tueur n'a presque rien laissé. Il y a bien des empruntes sur l'arme du crime, mais elles ne correspondent ni à celles des parents, ni à l'étudiante, ni à son copain. Je ne veux pas être pris avec cette fichue enquête toute ma carrière ! S'énerva Booth.
- Booth, dit doucement Brennan.
Elle aurait voulu avoir un geste de réconfort envers lui, mais elle savait que Sweets les observait de l'autre côté du miroir sans tain.
- C'est le party de Noël dans une semaine ! S'exclama Sweets dans leurs écouteurs
- Sweets ! C'est le commentaire le plus déplacé que je n'ai jamais entendu ! Un enfant est mort et nous sommes trop nuls pour retrouver le meurtrier !
- Woh... répondit celui-ci, je tentais juste de vous changer les idées...
- Noël ne nous apportera la réponse !
- Booth, nous travaillerons ce soir, proposa Brennan, comme ça, nous pourrons avancer un peu.
Il hocha la tête. Il mourrait d'envie de prendre Bones dans ses bras, pour la remercier, mais aussi simplement pour sentir son odeur, son corps. Il serra la mâchoire et sortit de la salle d'interrogatoire. Sweets rejoint Brennan et souffla:
- Ça l'affecte vraiment, on dirait.
Bones se mordit la lèvre inférieure, sachant qu'il se passait autre chose.
Elle se retira de la pièce sans un mot, sans se soucier de Sweets qui levait les bras en signe de détresse. Encore une fois, Booth et Brennan l'ignoraient, concentrés sur leurs propres histoires.
Brennan tenta de rattraper Booth, mais apparemment, il avait disparu du Jeffersonian. Camille la croisa dans le corridor, souriante et enthousiaste à l'approche de Noël. Elle constata toutefois l'expression anxieuse du docteur Brennan et elle pencha la tête afin de solliciter son regard. Brennan la regarda, sans sourire, malgré le sourire chaleureux que Camille lui offrit.
- Que se passe-t-il ? Demanda le Dr. Saroyan sans perdre de son enthousiasme.
- Avez-vous vu Booth ?
- Il est partit rapidement. Il a dit: « Je vais trouver ce foutu meurtrier »... Je croyais que vous aviez... un indice ?
- Pas vraiment, non. À moins qu'il ait compris quelque chose que je n'ai pas saisi.
Bones n'en rajouta pas plus. L'ambiance commençait à être festive et détendue. Hodgins avait décoré le Jeffersonian avec un certain talent. Angela en avait quasiment été jalouse. Quelques jours, un employé audacieux osait mettre de la musique de Noël. La plupart des gens l'appréciaient. Seule Brennan contestait ce genre de démonstrations futiles. Noël la laissait toujours dans l'ambivalence. Elle sentait que ces réjouissances ne la rejoignaient pas et elle n'en comprenait pas le sens profond. Et d'un autre côté, elle aimait les odeurs, les décorations et les bons souvenirs que tout cela évoquait en elle.
Angela interrompit ses pensées:
- Ma chérie ! Qu'est-ce que tu fais pour Noël ? Le 24, le 25 ?
- Euh, je ne sais pas... rien ? Pourquoi ?
- Non, tu viens passer Noël avec moi.
- Oh, Angela, j'ai déjà accepté de venir le 23 à la fête du Jeffersonian. Ne me force pas à fêter plus que j'en ai envie...
Angela fronça les sourcils, comme blessée. Brennan sentit qu'elle avait dit quelque chose qu'il ne fallait pas, mais elle était toujours désemparée devant les manifestations émotives des autres.
- Oh oh, j'ai dit quelque chose qui t'a blessée...
- Bren, tu ne peux pas passer ton réveillon seule ! Tu vas déprimer !
- Pour moi, Angela, c'est une journée comme les autres.
- Je ne te crois pas... en tout cas, si tu changes d'avis, ça va être génial, ma chérie.
Sur ce, elle l'embrassa sur la joue et s'éloigna, laissant Brennan dans une plus grande confusion encore. Angela passait si rapidement d'un état d'esprit à un autre, qu'elle perdait souvent Bones en chemin. Pourtant, Bones portait une grande affection pour son amie qui lui apprenait lentement à comprendre le sens des comportements humains tout en lui vouant le plus grand des respects.
Brennan travailla à l'identification des corps en archives pour le reste de la journée, désespérée du squelette du petit O'Sullivan qui ne la menait nulle part et qui avait été quelque peu endommagé par l'incendie.
Puis, elle repartit chez elle, l'esprit vide.
Quand elle ouvrit la porte de son appartement, Booth s'y trouvait, assis au comptoir de la cuisine. Visiblement quelque chose était au four. Elle sourit, déposa son sac et ferma la porte. Elle s'approcha doucement, entoura Booth de ses bras et l'embrassa tendrement.
- Je croyais que tu étais parti enquêter ?
- J'ai mentit, avoua-t-il. Je n'en peux plus de ce cas.
- Ok, fit Brennan toujours en souriant, si on en prenait une pause ? Pour le temps de Noël du moins...
Booth la considéra un moment, surpris. Brennan, qui n'avait pas pris de vacances volontairement depuis plusieurs années, proposait de laisser de côté un cas. Les vacances forcées après l'incendie avait dû lui faire du bien.
- Ça fait déjà plus de deux mois, expliqua Brennan, s'il c'est ce qu'il voulait, le tueur est probablement déjà en Chine.
- C'est loin d'être encourageant, Bones.
Elle haussa les épaules, le regardant profondément. Bones, de toute façon, avait peu de talent pour mentir afin d'encourager les autres.
Booth l'enlaça à son tour et ils s'échangèrent un doux baiser, pour clôre la discussion.
Depuis un mois, ils cohabitaient chez l'un et chez l'autre, sans avoir pris la peine de mettre qui que ce soit au courant.
Pour Booth, c'était parce qu'il craignait que le FBI ne mettre fin à leur collaboration.
Pour Brennan, c'était parce qu'elle craignait que tous ne lui posent des questions dont elle ne connaissait pas les réponses. Elle avait peur que leurs amis ne gâchent tout.
Bref, pour tous deux, ils avaient peur que les autres gâchent leur relation. C'était leur relation, secrète, chérie, protégée, dans tous les sens que le mot « intime » puisse prendre.
Ça ne concerne que nous, s'étaient-ils dit. Puis, ils avaient hochés la tête, sourit et fait l'amour. Un peu comme à l'instant même, sur le plancher de la cuisine, jusqu'à temps que l'odeur du brûlé ne les ramène à la réalité.
- Ça sent le brûlé, constata Brennan.
- Hum.. ? Oh !
Tous deux se relevèrent en vitesse et se rhabillèrent, en gloussant, sourire en coin. Probablement trop tard, car le plat était dans un état de décomposition avancée.
Booth le regarda avec une légère pointe de déception et proposa:
- On commande du chinois, alors ?
Brennan acquiesça avec un sourire en coin. Elle saisit le téléphone et commanda elle-même.
Rebelles, Booth et Brennan s'absentèrent du Jeffersonian. Ils n'appelèrent pas et ne répondirent pas quand le Dr. Saroyan leur laissa un appel. C'était vendredi. En théorie, pour les deux semaines qui venaient ils avaient droit à leurs congés du temps des fêtes. Ils ne les avaient jamais vraiment pris, puisque trouver des meurtriers leur paraissait à tous deux plus important. Cette fois, ils changeraient peut-être d'avis, puisqu'il (ou elle) était déjà peut-être en Chine.
Ils avaient passé la nuit bien occupés, laissant les questions et les discussions pour plus tard. Booth savait que Brennan prendrait la fuite s'ils parlaient de sentiments. Et Brennan ne savait pas parler. Donc, ils agissaient. Coucher ensemble, dormir jusqu'au midi, se réveiller, coucher ensemble à nouveau, déjeuner, et recommencer...
Brennan vit toutefois quelque chose dans le visage de Booth cet après-midi-là quand ils sortirent de l'appartement pour aller chercher des cadeaux de Noël.
- Qu'est-ce qui se passe, Booth ?
- Tempe... je crois qu'on devrais euh... discuter ?
- Oui, ça me semble logique.
Il se retint pour ne pas rire. Rire de soulagement et parce que le « c'est logique » était inévitable dans toutes les situations.
- Mais Booth, je ne veux pas qu'on...
- Sorte du placard ? Rigola-t-il, Non, ce n'est pas ça. Moi non plus... je voulais...
- Attends, toi non plus ? S'étonna Brennan.
Ils marchaient vers la rue du centre-ville qui abondait le plus en magasins. Ils devaient magasiner d'abord pour l'échange du Jeffersonian et ensuite pour leurs familles respectives, si restreintes étaient-elles. En fait, Brennan ne verrait son père et son frère qu'au jour de l'an. Ils arrêtèrent un moment de marcher pour faire le point:
- Bien, expliqua Booth, j'avais peur qu'ils cessent notre collaboration.
- Qui ça ils ?
- Le FBI, Bones. S'ils apprennent qu'il se passe quelque chose entre nous, ils ne nous laisseront pas travailler ensemble.
- C'est vrai... tu crois que ça pourrait... affecter notre travail ?
- C'est ce que je me demandais.
Ils recommencèrent à marcher lentement, songeurs.
- Je crois que j'ai une bonne capacité de compartimenter les domaines de ma vie, annonça Brennan, je suis capable de travailler avec toi et de... euh...
Comment définir ce qui se passait entre eux deux ? Elle n'osait pas dire de « coucher avec toi » ni « d'entretenir une relation avec toi ». Leur statut se balançait entre les deux. Elle le savait. Elle ne s'avouait pas encore qu'elle avait des sentiments. Mais elle savait qu'elle s'attachait très rapidement à Booth, qui faisait maintenant figure de partenaire de travail et de partenaire intime. Ils étaient amants, finalement.
Elle laissa toutefois sa phrase en suspens. Tous deux sourirent. Ils n'osèrent pas s'avancer pour définir ce qu'ils étaient.
- Je ne sais pas si je suis capable, Bones.
- Quoi ? Mais oui, tu es capable, Booth.
Il eut un rire sec.
- C'est vrai ?
- Booth, je veux continuer de travailler avec toi. Tu es capable.
Il abandonna la discussion, mais se promit d'y revenir quand ils seraient prêts. Il entoura les épaules de Bones avec son bras et l'embrassa délicatement sur la tempe.
