Chapitre dix

Jasper

Je suis le shérif qui se dirige vers l'homme sur qui son regard s'est porté et je suis presque soulagé quand nous passons devant lui sans que Nathan, le shérif, ne lui porte la moindre attention. Il s'arrête au côté d'un homme grand, les cheveux aussi noirs que les plumes d'un corbeau et je dirais que d'après son uniforme il est un haut gradé, donc surement pas la personne qu'il souhaite engager.

- Aro Volturi, lance d'un ton joyeux Nathan.

- Nathan Scott, réponds l'homme sur le même ton. Que fais-tu ici? Lui demande-t-il.

- Je suis venu offrir un emploi à un nouveau diplômé, dit Nathan.

- Si loin de ton Texas que tu adores tant? Lui sourit Aro.

- J'ai entendu dire qu'il y avait un très bon « élément » et j'en ai besoin, explique le shérif Nathan.

- Quel est le nom de cette personne? Demande-t-il sérieux tout d'un coup.

- Un certain Edward Cullen, annonce Nathan, la jeune fille au côté d'Aro émet un petit rire, je fronce les sourcils et le shérif donne un regard étrange à Aro.

Aro nous dirige vers Edward Cullen, le seul homme sur terre que je n'aime pas. Vous devez surement vous demander comment je le connais, surtout que nous venons de deux États très différents et très loin l'un de l'autre? La réponse est simple, la famille Cullen possède un petit ranch dans la ville de Galveston et c'est la ville ou je suis né, celle que j'habite encore avec ma famille et où je travaille. Il y a de ça quelques années, je débutais comme Ranger, Edward et son père son venu à la maison pour rencontrer mon père qui s'occupe du recrutement des Ranger. M'sieur Cullen a essayé d'acheter, oui, oui, acheter mon père pour que son fiston puisse rejoindre nos rangs. Mon père a évidemment refusé, les Cullen n'ont pas apprécié et Carlisle a poursuivi la ville en disant que mon père faisait du favoritisme. Le principal argument à avoir été dit est que mon père m'a engagé moi, son fils et qu'avant moi, il a engagé mon frère aîné. Mon frère et moi avons travaillé fort pour être accepté dans les Ranger, nous avons passé tous les tests requis, fait nos preuves et même plus encore. Mais Cullen a gagné, en partie du moins. Mon père a été suspendu temporairement et pour une période indéterminée. Mon frère et moi avons dû refaire tous les tests et classements pour prouver que nous avons été engagés pour ce que nous valons et non parce que nous sommes les fils d'un des recruteurs. Il a fallu plus d'un an pour tout compléter et tout prouver. Mon père a récupéré son emploie comme recruteur, mon frère et moi avons réintégré les rangs des Ranger. Quand tout fut terminé, Edward a décidé de ne plus être un Ranger, il voulait être policier, le p'tit con a donné toute cette merde à ma famille pour changer d'idée au bout du compte. Enfin bref, je suis ici, regardant le patron, si on veut, de ma mère discuté avec le p'tit con et son père qui, pour une fois n'a pas l'air heureux.

Après quelques minutes de conversation, le trou de cul, Carlisle Cullen, annonce que son, précieux, fils ne travaillera jamais pour notre ville ou même pour toute autre ville dans le Texas car, selon lui, son fils n'a aucune chance d'avancement. Il veut surement dire qu'il ne peut pas soudoyer qui que ce soit pour engager son fils. Carlisle ajoute que de toute façon son fils a déjà un emploi à sa hauteur. À sa hauteur? Qu'est-ce que ça veut dire « à sa hauteur »? La seule jeune femme qui a reçu son badge passe derrière nous.

- Lèche cul, dit-elle en toussant faussement.

Je me tourne pour lui donner un morceau de mon esprit, ce n'est pas quelque chose qui se dit devant les dirigeants des services de police et surtout pas quand l'un d'eux est un employeur potentiel. Je change rapidement d'avis quand je la vois entourée par Aro et deux policiers très grands et très musclés qui rit avec elle. Je réalise qu'elle connaît surement Edward vu qu'ils sont de la même promotion et de la même académie. Il n'en reste pas moins qu'il y a des choses qui ne se disent pas, je décide malgré tout de suivre ma première idée. Je me dirige vers elle et me place devant pour la regarder droit dans les yeux. Elle me regarde avec un regard intense et froid.

- Que puis-je faire pour vous? Me demande-t-elle poliment, mais d'un ton froid que je qualifierais de « policier ».

- Le petit commentaire que tu as dit était fortement déplacé, impolie et... Elle me coupe.

- Premièrement nous n'avons pas élevé les cochons ensembles donc vous allez me vouvoyer car le tutoiement fait très impoli. Deuxiè... Je la coupe à mon tour.

- Pardon? Je ne suis pas impolie c'est... Elle me coupe encore.

- Deuxièmement ce que j'ai dit concernait Eddy le lèche cul. Si vous vous êtes sentie visé ce...

- Isabella Swan, ça suffit, dit durement un homme en fauteuil roulant. Ladite Isabella baisse les yeux vers lui.

- Swan... Swan... Comme dans Charlie Swan? Demande Nathan que je n'ai pas vue nous rejoindre.

- Oui monsieur, lui répond la petite impertinente, très poliment tout de même.

- Où est-il? Je ne l'ai pas vu depuis qu'il a quitté Galveston. À vrai dire je n'ai pas eu de ces nouvelles depuis plusieurs années, dit Nathan.

- Il est décédé, répond-elle et elle se tourne vers l'homme en fauteuil qui lui donne un petit signe de tête. Veuillez m'excuser je dois partir, je suis attendu. Ce fut un plaisir de vous rencontrer, dit-elle en serrant la main de Nathan avant de pousser le fauteuil vers la sortie.

Aro explique qu'Isabella est la fille de ce Charlie et que c'est un sujet qui lui est encore délicat. Nathan discute encore un peu avec Aro, je ne porte aucune attention à leur conversation, je regarde Edward et son père qui sont collés sur le chef avec qui Nathan avait discuté au début. Carlisle n'a pas l'air content de ce qu'il entend, je me demande si c'est en rapport à ce que lui dit l'autre homme. Je ris intérieurement en pensant que peut-être ils ont trouvé une chose que leur argent ne peut acheter. Un travail. Nous retournons à nos chambres, nous retournons au Texas demain et j'ai hâte. Deux jours dans cette ville est amplement de temps pour moi. Il manque quelque chose ici, il manque de verdure, il manque d'espace, comme dans toutes les « grandes » villes. Moi j'aime les petites villes où il fait bon vivre, ou il y a de la place pour bouger et où nous connaissons le nom de notre voisin.

Il n'y a pas que du bon dans les petites villes, je le sais, je l'ai appris d'une douloureuse façon. Quand j'étais au encore à l'école une nouvelle famille a emménagé et j'ai fait la rencontre de la plus belle, la plus douce et la plus gentille jeune fille que je n'avais jamais rencontrée. Nous avons développé une grande amitié qui est rapidement devenue de l'amour. J'étais certain que je ferais ma vie avec elle, que nous aurions une maison, des enfants, quelques chevaux et un gros chien. Elle a partagé ce rêve pendant quelques années, jusqu'au jour ou elle a commencé ses études. Ne vous méprenez pas, je n'ai absolument rien contre les femmes qui étudient ou même travaillent, ce que je veux dire c'est que, elle, elle a due s'éloigner pour poursuivre ses études en design de mode, elle voulait être créatrice, ce que j'ai toujours encouragé.

Quand elle a commencé ces études, on se voyait le plus souvent possible et ça fonctionnait bien, mais petit à petit nous nous sommes éloignés. J'ai alors pensé que quand elle reviendrait à la maison, tout redeviendrait comme avant. Mais non, elle n'est pas revenue dans notre ville, elle s'est installer à Houston, qui se trouve à une heure de route de la ville où j'habite et travaille, mais je faisais le trajet matin et soir, juste pour être avec elle, ne serait-ce que quelques heures par jour. Je l'ai demandé en mariage, elle a accepté et elle a immédiatement commencé à faire les dessins de sa robe. Le bonheur que j'avais alors a duré six mois. C'est là, qu'elle m'a arraché le cœur et l'a transpercé avec les talons aiguilles de sa paire de chaussures préférées. Elle m'a quitté, abandonné pour aller vivre son rêve dans la ville lumière, comme elle disait. Elle m'a accusé de la retenir, de l'empêcher de vivre sa vie. Il y a un mois et demi que Alice Brandon m'a quitté comme si je n'étais rien pour elle, elle a fait comme si nos cinq années passées ensembles n'était qu'une poussière. Je suis retourné dans ma petite ville, dans ma famille et j'essaie toujours de me remettre. C'est pour cette raison que ma mère m'a, d'une certaine façon, obligé de venir dans cette ville, si loin de mes souvenirs.

Le shérif, qui connaît ma situation personnelle m'a laissé seul, il ne m'a même pas demandé pour aller manger en sa compagnie, il sait que je ne ferai rien de stupide et je sais qu'il est capable de s'en sortir seul en cas de problèmes. Je vais donc me promener dans cette ville qui m'est inconnue, à la recherche de quelque chose à faire quand quelque chose attire mon attention, c'est un panneau qui annonce un centre d'entrainement, le McCarthy's Gym, en réalité ce n'est pas la réclame qui a attiré mon attention, c'est la femme, plus précisément les vêtements qu'elle porte. C'est une création de mon Alice, j'en suis certain, je me souviens même quand elle en a fait les dessins. Je ne sais pas combien de temps j'ai passé à regarder ce panneau, une voix d'homme me sort de ma contemplation, me disant que c'est une belle femme sur le panneau. J'ai presque envie de rire, comme si j'étais là à regarder cette femme pour sa beauté. Ouais bon, vue de l'extérieur c'est surement ce que j'aurais pensé moi aussi. Je lui dis que je connais la personne qui a créé ces vêtements et que j'admirais simplement le travail. Quand je me retourne pour voir à qui je m'adressais, je fus surpris d'y voir un homme, quelques centimètres de moins que moi, aussi musclé qu'un joueur de football. Il me fait un sourire et me dit que cette beauté est sa petite amie et que l'entreprise qu'elle représente est la sienne. Je lui donne simplement un petit signe de tête et fais le geste de soulever le devant de mon chapeau quand je me rappelle que je ne le porte pas. Je le félicite pour son beau travail et reprends ma route, errant dans la ville. C'est quoi cette connerie de le féliciter pour son travail, je rie de moi-même et sans m'en rendre compte je suis de retour à l'hôtel. Je retourne à ma chambre et me prépare pour la nuit, demain l'avion décolle à six heures, heure local.

Ça fait une semaine que je suis de retour de mon voyage éclair à Seattle et ma mère, qui travaille pour les affaires internes au service de police de la ville, me dit qu'ils ont finalement trouvé quelqu'un qui va venir travailler dans la ville. Je suis content qu'ils aient trouvé quelqu'un car le gouverneur de l'État menace de fermer le commissariat et d'envoyer tous les gens qui y travaillent, soit à la retraite forcée ou dans une autre ville. Le gouverneur croit que les Ranger suffisent à faire le travail, ce qui est faux. Les Ranger sont là pour travailler conjointement avec la police et non contre comme pense beaucoup de gens, la police et les Ranger se complètent parfaitement bien. Donc pour en revenir à ma mère, je lui dis que je suis content pour eux et lui demande de m'en parler un peu. Ce qu'elle fait, mais je ne l'écoute pas. Je vais embrasser ma mère sur la joue, prends mon chapeau et me rend au travail, oubliant les petits tracas qui importunait ma mère. Tant que Cullen ne vient pas vivre et travailler ici, le reste je m'en fous.

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Bella

Moins d'une semaine, il m'a fallu moins d'une semaine pour me trouver un emploi. Malgré ce que j'ai hurlé au chef, j'aurais aimé travailler à Forks, mais faut croire que la vie en a décidé autrement. Le lendemain de la remise des badges, Aro a communiqué avec moi et il m'a parlé de la discussion qu'il a eu avec le shérif Scott et que ce dernier est désespéré de se trouver un policier. Aro m'a fortement recommandé et il est certain que je vais bientôt recevoir un appel. Comme Aro me l'a prédit, le shérif Nathan Scott m'a téléphoné et il m'a offert un emploi. Il m'a expliqué la situation et m'a demandé si j'étais intéressée. Bon, il veut m'engager pour garder la station ouverte, mais bon, un emploi est un emploi.

Depuis qu'Eddy travaille au commissariat, je ne peux sortir de la réserve sans que je me fasse arrêter pour n'importe quelle raison, excès de vitesse, vérification des papiers, vérification du véhicule, vérification de l'ivresse au volant et j'en passe. Je ne savais pas qu'on pouvait demander de vérifier si j'avais une arme sur moi, surtout que théoriquement je suis policière, imaginez-vous que ça l'a été fait. À chaque fois, les patrouilleurs s'excusent en me disant qu'ils ne font que suivre les ordres. J'ai essayé avec la voiture de Jacob, celle de Paul, de Leah et même celle de Rachel, je me fais arrêter à chaque putain de fois. Sans parler que mes amis ne veulent plus prendre mon camion car la même chose leur arrive. Jake m'a confié que le chef lui a demandé de me faire la même chose, ce qu'il ne fait évidemment pas.

Ce soir je vais manger avec Sulpicia et Aro, pour fêter mon embauche. Je sais que ce dernier à beaucoup à voir avec cet emploi et je l'en remercierai jamais assez. En route pour me rendre chez Aro, je ne suis pas surprise de voir les gyrophares s'allumer derrière moi, je stationne sur le côté de la route, baisse ma fenêtre et arrête le moteur. Je prépare mes papiers et j'attends de voir qui est l'heureux élu qui m'a arrêté. C'est Eddy lui-même qui appariait sur le côté de mon camion, tout souriant. Je serre les dents pour ne pas lui crier toutes les bêtises que j'ai envie de lui dire.

- Bella, dit-il d'un air surpris, comme si il ne savait pas que c'est moi.

- Agent Cullen, répondis-je poliment, mais durement.

- Où allez-vous si vite? Je ferme les yeux et ravale la bile qui est dans ma gorge. Comme je ne réponds pas il poursuit. Les papiers du véhicule et... Je lui tends tout ce dont il a besoin.

Je le regarde par mon rétroviseur se rendre à sa voiture, il revient quelques minutes plus tard l'air sérieux.

- Je vous demanderais de sortir du véhicule, me dit-il, ce que je fais avec hésitation. Je pourrais vous mettre en état d'arrestation pour contravention non payée. Quoi? Je vais faire un marché avec toi, j'efface ton dossier si tu acceptes de sortir avec moi.

- Quoi? C'est tout ce que j'ai pu dire.

- Tu sors avec moi pour une période indéterminée et j'efface ton dossier. Me sourit-il.

- Non. Dis-je

- Très bien, c'est comme tu veux. Isabella Swan vous êtes en état d'arrestation... Et Eddy le lèche cul me menotte et en profite pour me caresser les fesses, me dit mes droits et m'embraque dans l'auto-patrouille.

J'ai le droit qu'à un seul appel, je téléphone à Aro et lui demande de communiquer avec Maria et de venir me rejoindre au poste. Il n'est pas question que je reste ici et encore moins pour une chose qui est totalement fausse. Le chef vient se payer ma tête, me disant toute sorte d'insanité, mais contre toute attente je reste de marbre et froide, je ne dis rien, je fixe le mur devant moi. Aro se présente avant mon avocate, il me fait sortir de la cellule et m'amène à son bureau, le chef dit que c'est un traitement de faveur, il a raison et je m'en fous royalement. J'explique à Aro ce qui s'est passé, il entre dans mon dossier, c'est vrai que j'ai des contraventions non payé, toutefois, je n'ai aucun mandat d'arrêt contre moi ni un avis de la cour. Je crois que même le juge va se poser des questions quand il va se rendre compte que la majorité des contraventions sont pour des « excès » de un à deux kilomètre de plus que la limite permise.

Je me demande bien qui aura l'air fou à ce moment-là. Quand Maria est arrivé, elle m'a dit que maître Cullen attendait pour me rencontrer car, apparemment, ce dernier aurait été appelé pour me défendre, imaginez-vous donc que je suis sa future belle-fille, et qu'il a tous les droits de me représenter. C'EST QUOI CETTE MERDE! Une chance que Maria lui a rappelé que peu importe le lien qui nous unit, il n'a aucunement le droit de décider à ma place. Aro me dit qu'il nous faut régler ça le plus rapidement et le plus discrètement possible car je risque mon emploi.

Maria me dit qu'elle va payer ma caution pour que je puisse sortir et nous allons attendre la date pour passer devant le juge. Aro pense que ce n'est pas la chose à faire, il dit que si je reste ici, demain je serai devant le juge et là, tout sera réglé en quelques minutes. Je regarde mon avocate et un ami, car oui Aro est un ami maintenant, s'obstiner en prétendant que ce sont eux qui ont la meilleure solution et bien sûr raison. Je demande alors à chacun d'eux de m'expliquer leur point de vue.

Maria dit que si je reste ici pour la nuit, ça va faire une tâche dans mon dossier et que je ne pourrai jamais travailler en tant que policière, jamais. Aro pour sa part, dit qu'en restant ici, je vais prouver que je suis victime d'abus et qu'il n'y aura aucune trace dans mon dossier, il ajoute ensuite la seule chose qui risque de faire pencher la balance pour lui. Je suis attendue dans deux semaines pour mon emploi. Si j'attends comme le suggère Maria, je ne pourrai pas avoir l'emploi car la date restera à être fixée et je ne pourrai pas quitter la ville. Je décide donc de rester dans la cellule pour la nuit, Maria respecte mon choix même si elle n'est pas d'accord. Aro me dit qu'il va passer la nuit avec moi, juste pour être certain que Cullen ou n'importe qui d'autres essaie de faire pression sur moi pour une raison quelconque.

Comme j'ai passé la nuit au commissariat, je passe devant le juge ce matin, quand il a lu le dossier j'ai vu ces yeux s'écarquiller. Il a demandé ce que je plaidais, j'ai dit non coupable. Il a ensuite écouté ce que le chef et Eddy ont dit et quand est venu mon tour de parler le juge a dit qu'il n'avait pas besoin de m'entendre. Je panique, c'est quoi, il va me juger coupable. Il dit qu'il n'a pas besoin de m'entendre pour se rendre compte qu'il y a harcèlement, le nombre de fois où j'ai été vérifié, fouillé et le nombre de contraventions qui, selon lui sont exagérés, prouve que je ne suis coupable de rien. Il dit même que si je le désire je peux porter plainte contre le commissariat de Forks et son chef, ce que je décline. Il me blanchit de tout, ce qui veut dire que c'est plus que non coupable. Je suis libre de faire ce que je souhaite. Je me rends à la fourrière pour récupérer mon camion, je paie ce qui m'en coute et je me rends à la maison pour me laver, me changer.

Il faut deux jours supplémentaire pour compléter mon embauche, en fait, recevoir la confirmation officielle de mon embauche, la dame me dit que pour ma première semaine je n'aurai pas besoin de chercher à me loger, car le service de police va me loger, le temps que je trouve quelque chose. Je la remercie, même si je trouve cela étrange et je commence à faire mes bagages, je vérifie sur « Google map » pour estimer la durée du voyage que j'ai à faire et ça me prendrait quarante-trois heures de route sans aucun arrêt pour m'y rendre en voiture. Je me fais un itinéraire qui me prendra cinq jours, pour me rendre à ma destination finale, j'aurai donc quatre jours pour trouver à me loger, car je commence dans dix jours à partir d'aujourd'hui. Ce qui est pleinement satisfaisant, je fais mes bagages et me dis que s'il me manque quelque chose, je n'aurai qu'à me l'acheter rendu là-bas.

Je discute avec Billy qui me dit de ne pas m'inquiéter pour la maison que j'ai louée sur la réserve, qu'il va tout arranger pour que chaque personne reprenne les choses qui m'ont été prêté. En ce qui concerne ma maison à Forks, on continue comme on fonctionnait dans les années précédentes. La veille de mon départ Jake m'organise un feu sur la plage et toute la bande est présente, avec en plus Emily, Sam, Aro et Sulpicia. Tous sont présents pour me souhaiter un bon voyage, d'être prudente, une bonne chance, de donner de mes nouvelles et surtout revenir les visiter aussi souvent que je le peux.

Il y a eu quelques invités surprises, et quand je dis surprise ce fut une surprise pour tout le monde, car personne ne l'avait invité, Will McCarthy est venu à la réserve pour me parler de la situation du prêt que j'ai fait à l'entreprise et au lieu de me trouver chez Billy, car il pense que je demeure là, il m'a trouvé sur la plage. J'ai accepté de discuter avec lui, il m'a montré les papiers sur l'ouverture du McCarthy's Gym au Tennessee et selon ce que je lis, la totalité de la somme n'a pas été investie, je fronce les sourcils. Will m'explique qu'il vient de découvrir que Emmett c'est fait un chèque personnel à partir du compte de la compagnie. Après cette mauvaise nouvelle au sujet de son frère et de son arnaque, il me remet un chèque certifié de vingt mille dollars, en me disant que c'est tout ce qu'il peut me donner. Will me fait une offre assez alléchante et je lui demande quelques jours pour y redonner une réponse. Je lui offre de rester et de terminer la journée avec nous et il accepte, il a été très surpris d'apprendre que je partais si loin pour travailler.

Un autre invité s'est présenté sans invitation mais ce dernier ne fut pas accueilli en grande pompe ou à bras ouverts. Monsieur le lèche cul en personne, Eddy au nez brun est arrivé avec un énorme bouquet de roses et un visage triste. Il n'a jamais eu la chance de se rendre à moi, il fut bloqué par Jake, Sam et Aro qui lui ont « gentiment » fait comprendre que cette fête est privée. Il a essayé de dire qu'en tant que policier il a le droit de venir et de vérifier si tout est en règle. C'est à ce moment que Paul, lui demande le plus sérieusement du monde : « Ou est ton uniforme? » Notre cher Eddy commence à bégayer, ne sachant pas quoi répondre à ça. Il repart en me disant qu'un jour, bientôt, je vais me rendre compte que je ne peux vivre loin de lui et je reviendrai vers lui, mais que peut-être qu'il ne sera pas disponible à ce moment-là. Il laisse le bouquet de roses sur le sable et il part. Paul, Jared et Will me donne un regard de questionnement tandis que Leah, Kim, Sulpicia, et Emily ont un regard d'horreur. Les seuls à savoir ce qui se passait dans sa tête, si il en a une, de Eddy son Jake, Nessie, Aro et Sam. Jake explique en gros la situation avec Eddy je peux voir l'horreur dans le regard des autres.

Il est six heures du matin et je suis prête à partir, je ferme la porte, la verrouille et cache la clef sous le paillasson, comme m'a dit Billy. Mes amis sont là, les garçons prennent mes valises et les déposent sur le siège arrière de mon camion, les filles pleurent en me serrant dans leurs bras. Quand vient le tour des gars, Paul et Jared sont émotifs mais ne le laissent pas voir, mais Jake, c'est une autre histoire. Il pleure à chaude larmes et moi aussi d'ailleurs, ce n'est pas facile de dire au revoir, non, à bientôt à l'homme qui a été et est toujours le plus présent dans ma vie, surtout depuis les dernières cinq années. Après les dernières recommandations et accolades je monte dans mon camion et je prends la route. J'ai donné une copie de mon itinéraire à Jake, de cette façon il sait le chemin que je prends et je crois que d'une certaine façon, ça l'a rassuré. Je quitte La Push et me dirige vers St-Regis dans l'État de l'Idaho par la I-90. Sans compter les arrêts, il me faut dix heures trente pour me rendre à destination, avec les arrêts pour manger, mettre de l'essence et quelques pauses pipi j'ai mis douze heures en tout. Je me trouve rapidement une petite chambre dans un minuscule motel, prends une douche, car il n'y a pas de bain et me couche. Je suis certaine que je me suis endormie avant même d'être totalement à plat sur le matelas.

Je me suis réveillé bien reposé, c'est une bonne chose car dans mon infinie intelligence, je n'avais pas calculé tous les arrêts que j'allais faire donc j'ai encore une longue journée devant moi. Je reprends la route par la I-90E en direction de Casper dans le Wyoming. Encore une fois, il me faut douze heures avec les arrêts. Cette fois je me trouve un motel un peu plus grand, ce qui fait que je peux me relaxer et détendre mes muscles qui sont douloureux d'être assis pendant de si longues périodes. Pour ma troisième journée ma destination est Salina au Kansas, je prends la I-25S et fourche sur la I-70E pour m'y rendre, trajet qui me prends un peu plus de douze heures car encore une fois je n'ai pas pensé à la circulation. Je me console en me disant que mes deux prochains jours seront moins longs.

Ce matin je prends la route à sept heures trente au lieu de six heures, selon les renseignements que j'ai pris sur internet, il me faudra, supposément, sept heures trente pour me rendre à Fort Worth au Texas. Je vais faire un peu moins d'arrêt donc je me dis qu'en dix heures je devrais être arrivé dans la ville. Petite danse de joie dans ma tête car il y avait peu de circulation sur la I-35S, j'ai donc mis un peu moins de neuf heures pour arriver à bon port. J'ai besoin de vêtement plus adapté à la température du Texas, ce que je n'ai pas en grande quantité dans mes bagages. Je trouve facilement un Wal-Mart et m'y achète tout ce dont j'ai besoin.

J'ouvre une mallette et prends une grande enveloppe, j'y retire les papiers et les regarde pour la centième fois. Quand j'ai eu l'âge, j'ai été voir ce qu'il y avait dans le coffret de sureté que mon père avait à la banque. Il s'agissait de renseignements concernant ma mère, j'y ai appris beaucoup de choses qui m'ont expliqué beaucoup aussi. Je sais maintenant où mon père a pris l'argent pour aider Billy avec sa famille et où il a eu l'argent que j'ai hérité, ça venait de ma mère. Ma mère vient d'une famille riche, d'un dirigeant d'une compagnie de pétrole. C'est de là que vient une grande partie de mon argent. Dans cette enveloppe il y a aussi le nom d'une banque ainsi que le numéro d'un autre coffret. J'avais l'intention de m'y rendre, un jour, mais là, je me dis que tant qu'à me rendre dans cette ville, je peux aller vérifier. Car imaginez-vous que je vais travailler dans la ville où mes parents ont vécu et où je suis née, je vais travailler dans le commissariat ou mon père a commencé sa carrière. Je remets l'enveloppe dans sa mallette et la verrouille.

Après une nuit de sommeil agité je prends la route, pour la dernière fois pour un long moment j'espère. Je prends la I-45N et roule pendant six heures trente et me stationne finalement devant le commissariat de police de la ville Galveston. J'entre et demande de rencontrer madame Élise, c'est avec elle que j'ai discutée au téléphone. Après une discussion d'une heure, après avoir rencontré le shérif Nathan, l'homme qui m'a un peu parlé à Seattle et les autres policiers. Élise m'apprend que c'est chez elle que je vais être hébergé pour la semaine, je m'empresse de refuser en disant que je vais aller à l'hôtel, ce qu'elle refuse et elle insiste pour que je me rende chez elle. Je suis donc Élise jusqu'à sa maison qui est en fait un magnifique ranch, le genre d'endroit qu'on rêve de posséder pour nos vieux jours.

Je suis Élise à l'intérieur où elle me montre la chambre que je vais prendre pour la nuit. Je trouve vraiment étrange qu'une famille offre le gîte et le couvert pour une semaine, à une personne qu'ils ne connaissent pas. Élise aura beau me dire que ça fait partie de l'entente que nous avons, j'en reste toutefois très mal à l'aise. Enfin bref, Élise me dit de prendre le temps pour m'installer et de la rejoindre à la cuisine. Je la remercie et elle me laisse seule, je sors ma trousse de bain et quelques vêtements, je regarde ensuite par la fenêtre et admire le paysage pendant quelque temps et je vais rejoindre Élise. En arrivant dans le bas des escaliers un homme, que je présume être le mari d'Élise, entre dans la maison.

- Qui êtes-vous mam'zelle? Me demande-t-il de sa voix chantante, caractéristique des gens du Sud.

- Isabella Swan monsieur. Dis-je, lui tendant la main qu'il prend. Je remarque que l'homme porte un uniforme de Ranger, pantalon brun, chemise beige, chapeau et botte de cow-boy.

- C'est vous la p'tite terreur du Nord. Me dit-il riant. Je lui souris sans comprendre ce qu'il veut dire.

- Jackson laisse la pauvre fille tranquille. Rie Élise.

- J'la taquine, c'est tout. Répond-il à son épouse.

Je n'ajoute rien et je vais à la cuisine, j'offre de l'aide à Élise pour le repas mais elle refuse. Son mari qui nous rejoint maintenant habillé avec un jeans et une chemise me demande si je veux voir l'écurie et les chevaux, ce que j'accepte avec empressement. Faisant rire le couple. Finalement j'aide Jackson à nettoyer l'écurie, et faire le « bardas » comme il dit, nous terminons au moment où Élise nous appelle pour le diner. Je me dirige vers la chambre pour me nettoyer un peu et me changer avant d'aller rejoindre le couple à la salle à manger. Une chose que je ne m'attendais pas est qu'il y est deux personnes de plus à la table avec Élise et Jackson. Les trois hommes se lèvent à mon arrivée et je m'assieds à la place que me montre poliment Jackson, à la gauche d'un des deux hommes et en face de l'autre. Je donne un petit sourire à l'homme à mes côtés et regarde celui en face de moi. Je n'ai jamais vraiment été chanceuse mais là, c'est le summum de la malchance.

Le mieux que nous puissions offrir est l'amour,

Mais non nos conseils, et encore moins notre jugement !

(Inconnu)