- Vous vous fichez de moi ?!

Lestrade était tellement en colère qu'il avait hurlé sur Sherlock et John.

- Vous ne pouvez pas le laisser mourir !

- Greg, on ne va pas le laisser mourir, le rassura John Watson, mais tant que La Marionnette ne nous a pas contacté, on ne peut pas savoir où il se trouve. On a rien...

Lestrade ne tenait plus en place, il avait tellement de désespoir dans le regard que Sherlock comprit immédiatement que son frère et cet homme était bien plus l'un pour l'autre qu'ils ne le laissaient paraître.

C'était en faisant des ronds dans leur salon, que Gregory essayait tant bien que mal de récupérer son sang-froid. Mais rien n'y faisait. Depuis l'enlèvement de Mycroft, il ne cessait de repenser à leur baiser et au rejet de Mycroft pour ses sentiments.

- Il est le Gouvernement Britannique bordel ! Et personne ne peut rien faire pour le retrouver !

- Aucune traçabilité, aucun contact, j'ai été le dernier à obtenir une réponse de lui avant qu'il ne soit enlevé en prenant la mauvaise voiture, avoua Sherlock, l'air très pensif.

Sherlock se sentait déstabilisé. D'ordinaire, lorsqu'un de ses amis se faisait enlever, il se reposait toujours sur son frère pour intervenir et envoyer les gros moyens du gouvernement. Cependant, sans lui, il y avait comme un vide. Mycroft Holmes n'était pas là pour surveiller ses arrières. Et chaque erreur qu'il fera, Sherlock en connaissait déjà le prix à payer.

Trois jours après l'enlèvement de son frère, Sherlock n'était plus sorti de sa chambre. Trois jours qu'il attendait d'avoir le moindre indice de la part de La Marionnette. Trois jours que Lestrade passait nuit et jour chez John et lui.

- Greg, je te sers quelque chose à boire ? avait demandé John, essayant de lui faire oublier un peu son chagrin.

- Un scotch... sans glaçons, s'il te plaît.

John lui servit aussitôt son verre. Noyer sa peine dans l'alcool, l'inspecteur en chef en avait prit l'habitude. A son divorce, il avait prit la plus belle cuite de sa vie. Pourtant, même s'il souhaitait que l'effet antalgique de l'alcool efface totalement son désespoir, il ne se sentait pas de finir son verre. Sa gorge était trop serrée d'émotions pour avaler quoi que ce soit.

Quand il pensait que son dernier moment avec Mycroft, fut une dispute, il se sentait si mal.

- Trois jours... vous savez ce que ça veut dire John ? dit tristement Lestrade, les yeux fixant le fond de son verre.

John s'était arrêté tout près de lui, puis doucement il avait posé une main sur son épaule.

- J'ai peur, John, qu'il soit trop tard... Comme pour la pauvre Molly.

Greg essuya les larmes qui tombaient de ses yeux, il renifla, si malheureux de s'imaginer Mycroft mort.

John se voulait rassurant, il lui tapota l'épaule puis il alla frapper à la porte de Sherlock, avant d'ouvrir la porte pour y passer la tête.

- Toujours rien Sherlock ?

Un grognement long était sa réponse, Sherlock n'avait toujours rien. John déglutit, il avait un mauvais pressentiment. Et la phrase de Lestrade tournait encore dans sa tête, il le savait lui aussi que plus les jours passaient après une disparition, moins il y avait de chance de retrouver la victime vivante.

John retournait auprès de Lestrade quand il s'aperçut que ce dernier s'était prostré devant une des fenêtres du salon.

- Je... je n'ai fait que le décevoir, et encore maintenant, je suis incapable de le sauver...

Le policier frappa du poing contre la vitre, il laissa échapper un sanglot.

Les jours passèrent si vite, l'absence d'énigme, d'indices devenait vraiment inquiétante. Le détective se voyait privé de son frère pour le reste de sa vie. Il ne restait vraiment qu'un infime espoir que le monstre, qui l'avait enlevé, lui ai laissé la vie sauve.

" D'autre part, je serais affligé si tu disparaissais..."

Sherlock se souvenait de ce noël où son grand frère lui avait dévoilé un peu de ses "sentiments", c'était sûrement du au punch... Mais il avait faillit en avaler sa cigarette.

Et aujourd'hui, c'était au tour de Sherlock d'expérimentait ce sentiment de deuil. Après la mort violente de Molly, il se demandait s'il supporterait de voir son frère dans le même état pitoyable.

- Pas vraiment...

Et pendant que le monde commençait à s'écrouler, La Marionnette, elle, jouissait d'une notoriété médiatique dont elle avait toujours rêvé. Assise dans un siège décrépit, au milieu d'une cave sombre et aménagée, seul l'écran de la télévision éclairait les contours de sa silhouette. Ses grands yeux fixés sur les images défilantes de Sherlock Holmes.

La Marionnette vouait une rancœur sans faille à ce détective qui ne cessait de lui voler la vedette.

- Bientôt, je serai bien plus connu que toi, affirma-t-il d'une voix terrifiante. Je vais te détruire petit détective...

Après un ricanement très prononcé, La Marionnette se mit debout. Lentement, craquant ses os à chacun de ses mouvements, elle s'était dirigée vers un vieux téléphone à cabine rouge qui se trouvait dans le même endroit qu'elle. Un numéro, deux numéros... Le disque téléphonique tourné avec un bruit de cliquetis si fort qu'il résonnait dans tout l'endroit. Au bout du fil, il était certain que l'on attendait son appel avec impatience...

- Allô ! ?

C'était Lestrade qui avait répondu au fixe du 221B Baker Street, il s'était jeté sur le téléphone. Sherlock était difficilement sorti de sa chambre, ces jours de diète et d'immobilisation avaient diminué ses forces à se mouvoir. John tendait l'oreille vers le combiné.

- Je veux que Sherlock s'agenouille ... Qu'il rampe à mes pieds... Qu'il dise au monde entier que je suis plus intelligent que lui...

La voix était une fois de plus modifiée pour imiter celle d'une figurine de bois. C'était si effrayant, que Lestrade sentit lui couler le long du dos, des sueurs froides.

- Où est Mycroft Holmes ?! cria Greg.

- Oui oui oui... Je vais le tuer celui-là...

- Non !

Les doigts du policier étranglèrent le téléphone tellement fort que le plastique du combiné commença à craqueler.

- Votre amoureux vous manque, inspecteur ? Hi hi hi, vraiment touchant... PASSEZ-MOI SHERLOCK HOLMES ! avait-il hurlé, dans une rage folle.

- C'est moi, dit Sherlock après avoir récupéré des mains de Greg le téléphone.

- Petit frère ?

C'était la voix de Mycroft. Plus aucun doute, il était toujours en vie. Dans le fond, cela rassura grandement Sherlock.

- Ne... Le ... Laisse pas te manipuler...

- Oh mais votre enlèvement était uniquement dans ce but, manipuler Sherlock Holmes ! avait ajouté La Marionnette, en ayant apparemment reprit le téléphone.

- Qu'est-ce que vous voulez ? avait demandé Sherlock, le ton le plus assassin qu'il n'ai jamais employé.

- On est à un partout... C'est mon heure de gloire ! Je veux une annonce médiatique nationale Sherlock...

- Dans quel but ?

Les deux amis de Sherlock essayaient de suivre leur conversation.

- Pour t'humilier. Te détruire ! Pour finalement, t'observer te ôter la vie.

Sherlock comprit qu'une fois de plus, le destin le faisait choisir entre lui et un être cher. Une annonce publique et son décès, si c'est tout ce que La Marionnette voulait pour libérer son frère, alors soit. Elle l'aura.

- Deux jours Sherlock...

L'ultimatum était lancé. Il ne lui restait que deux jours pour sauver son frère, mourir et faire capturer le monstre qui se dissimulait sous le pseudonyme de La Marionnette. La conversation s'était terminée, Lestrade avait arraché le téléphone pour le lancer violemment dans la pièce. Il en voulait au ciel, au gouvernement, à La Marionnette, à tout le monde...

Choisir de perdre Mycroft ou de voir Sherlock se tuer, ça lui était inconcevable de faire le choix.

John, l'air grave, s'était rapproché doucement de Sherlock. Sa main vint glisser le long du dos du détective. Il ne pouvait pas croire qu'il pouvait perdre Sherlock d'ici deux jours... Après avoir enfin accepté ses sentiments, John ne s'imaginait plus vivre sans Sherlock Holmes. Rosie ne méritait pas tout ça, il savait que pour un père, il était très mauvais, mais perdre Sherlock encore, il en mourrait...

Sherlock avait accéléré les choses. Il avait contraint Lestrade de retourner travailler. Le détective avait contacté les médias, et John devait l'aider pour une mission de reconnaissance. Tout allait passer si vite, Sherlock se refusait de perdre une seule seconde.

- Alors... nous y voilà...

John et Sherlock se tenaient dans l'ombre de la scène qui prônait devant une foule de journalistes, prêts à diffuser les images chocs d'un détective qui s'avouait vaincu par un très mauvais gars.

- Oui John, on fait comme on a dit... Soldat ?

- Soldat.

John attrapa le visage de son sociopathe entre ses doigts, et délicatement il l'embrassa. Le baiser était si doux, mais l'enjeu était si intense que ce dernier baiser suppliait à Sherlock de ne pas mourir. De ne pas l'abandonner.

Sherlock, saisit par la fougue du baiser, ramena à lui John pour l'enlacer. Glissant franchement sa langue sur celle de son meilleur ami, ses mains étaient sur le point de soulever le haut de John pour caresser sa peau brûlante. La peur de ne plus se revoir rendait leur étreinte si ardente. Le médecin ne voulait plus le laisser partir, il ne tenait plus à ce qu'il se jette dans la gueule du loup.

- Je t'en prie Sherlock, ne meurs pas...

La voix déchirante de son compagnon lui donnait envie de s'enfuir avec lui. Malheureusement, Mycroft se mettait encore à travers leur couple. Il aurait pu choisir un autre moment pour se faire enlever, franchement.

- Plus jamais.

Ils se sourirent, partagés entre un amour profond et un peur bleue de ne plus jamais se voir. Et c'est ainsi que Sherlock entra dans l'arène.

De son côté, La Marionnette était excitée de voir que son adversaire se soumettait aussi facilement.

- Tu as vu le gros, ton frère va passer à la télé ! avait-il lancé à Mycroft.

Le politique était enchaîné à une chaise, les liens étaient vraiment très serrés. Il avait du mal à rester éveillé, le manque de nourriture et les coups avaient eu raison de son potentiel physique. Mycroft avait supplié Sherlock de le laisser mourir... Mais intérieurement, il n'en avait aucune envie.

Il voulait vivre plus que tout. Plus encore, il voulait revoir Gregory. Mycroft désirait plus que tout passer rien qu'une journée encore avec le policier. Leur dernière entrevue l'avait laissé si amère, il regrettait d'avoir agit comme un idiot. Gregory ne méritait pas ça. Il ne méritait pas d'être affligé par un homme comme Mycroft.

- C'est quoi cette tête ... demanda sèchement La Marionnette de sa voix modifiée. Tu ne vas quand même pas gâcher cette magnifique soirée !

La fureur du meurtrier se déploya dans toute sa splendeur, Mycroft reçut une claque monumentale. Sa mâchoire se disloqua, la douleur lui arracha un gémissement. Il regrettait d'avoir laissé son frère se faire torturer il y a quelques années, vu le mal que cela faisait.

Mycroft cracha le sang qui s'était aggloméré dans sa bouche.

- Regarde ce que tu fais ! Tu me dégoûtes ! lui cria dessus La Marionnette.

Et un autre coup, cette fois-ci dans le ventre, fit tourner de l'œil le politicien.

Mais son supplice était de courte durée, Sherlock allait faire son discours de perdant.

" Moi, Sherlock Holmes, je déclare devant vous aujourd'hui que La Marionnette est plus intelligente, plus puissante, et plus importante que moi."

La Marionnette jubilait devant cet écran, son esprit malade la rendait complètement folle. Se secouant de gauche à droite, elle ricanait de plaisir. Sherlock Holmes n'était plus qu'un minable petit détective, et le meurtrier régnait en maître.

- Regarde crétin ! dit-il en se précipitant sur Mycroft pour lui ouvrir grand les yeux. Regarde ton cher petit frère paumé se donner la mort...

- Sherlock... murmura très difficilement Mycroft.

A l'écran, les journalistes étaient en effervescence. Personne ne comprenait l'enjeu qu'il y avait derrière toute cette mise en scène. Et la panique gagnait le cœur de la foule quand Sherlock sortit une arme à feu et qu'il se mit le canon du pistolet en joug sous son menton.

John regardait la scène impuissant, il était visible à l'écran.

Quand vient le décompte avant la balle finale, le temps se suspendit dans la salle de presse.

" Neuf... Huit... Sept..."

La marionnette sautillait sur place.

" Trois ... Deux... "

L'image se figea. Dans un blanc total, le psychopathe était sous le choc. Il ne comprenait pas ce qui venait de se passer, sa victoire venait de partir en fumée sous ses yeux. La Marionnette ignorait encore si c'était voulu ou si il y avait eu un soucis avec son propre matériel, et que ça lui avait fait raté la mort de son ennemi.

- NAAAN ! hurla-t-il à se déchirer la voix.

Il attrapa sa télévision et dans une force incroyable, il la souleva et il la lança à travers sa cave. Les débris s'étalèrent dans un vacarme monstre.

Mycroft avait les larmes aux yeux, ignorant ce que son frère avait finit par faire. La Marionnette grogna de le voir si affectée, elle vint cracher sa colère à son oreille.

- J'espère pour toi qu'il est mort, car je te jure que je te donnerais une raison de pleurer, le gros !

- ... Pourquoi ? demanda faiblement Mycroft à son agresseur.

- Pourquoi quoi ?! grogna-t-il.

- Qui êtes vous ? Pourquoi vous faites ça ?

C'était comme si Mycroft avait atteint La Marionnette en pleine conscience. Sa fureur était partie, elle se tenait immobile, proche de ce qu'il restait de sa victime. Et dans la pénombre, le monstre s'approcha assez près pour que Mycroft sente les effluves de son haleine. Le fou claqua alors des doigts et la lumière remplaça la pénombre.

Du seul œil qui n'avait pas été meurtri, Mycroft pouvait enfin faire face à son ravisseur. C'était un homme, il avait une posture de coq, prêt au combat. L'individu était grand, brun, et sur son visage, il avait un masque blanc. Surement équipé d'un microphone qui déformait sa voix.

- Je le fais pour vous...

Mycroft ne comprenait pas.

- Vous êtes dans votre petit monde, votre frère et vous, je devais vous sortir de votre confort, commença-t-il à dire. La presse s'intéresse à la mauvaise personne...

- Sherlock ne résout pas des crimes pour la notoriété ...

- ALORS POURQUOI on voit son visage partout depuis des années ?! avait-il crié contre Mycroft. A la télé, dans les journaux, à la radio ! C'est moi qu'ils devraient aduler !

Il attrapa le fauteuil dont il s'était servit plus tôt, et il le renversa violemment.

- Je suis plus intelligent... Plus important... J'ai tué Sherlock Holmes, j'ai tué son amie, et je vais tuer son frère...

Le regard effrayé de Mycroft suivait les moindres gestes de l'homme au masque blanc, ils étaient lents et le prisonnier distinguait que son bourreau avait saisit une arme qui allait achever son temps sur Terre.

Le revolver pointant Holmes, La Marionnette sourit derrière son masque.

- Adieu Mr Holmes... Votre frère vous attend.

Le doigt sur la gâchette, le coup était prêt à partir quand, dans le silence le plus total, un bruit de pas se fit entendre. Chaque piétinement résonna à travers la cave. Mycroft vit, sortant de l'ombre d'un pilier de pierre qui retenait le plafond de la cave, son frère Sherlock Holmes et son trench bleu nuit.

- Je suis déjà là.

- Non ... grogna La Marionnette.

Il détourna son arme à feu sur Sherlock. Et derrière un autre des piliers, ce fut au tour de John Watson de sortir à la lumière. Il pointait son arme sur le ravisseur, décidé à lui tirer dessus au moindre mouvement suspect.

- Non ! ragea l'homme sous le masque.

- Vos hommes ont tous été neutralisés... Mr Wills.

Quand Sherlock prononça son nom, l'homme au masque blanc commença à rire. Un rire tonitruant, presque gênant.

- J'avais cinq coups d'avance sur vous ! dit-il, toujours son arme menaçante.

- Mais un grand maître n'en a qu'un seul... Et le bon.

Mycroft avait prononcé sa dernière phrase avec une voix calme, John avait discrètement défait ses liens tandis que son frère distrayait le tueur. Il se massa les poignets, puis remit sa mâchoire bien en place dans un craquement brutal.

- James Wills, laissez-moi vous observer, ajouta Sherlock avec un sourire de vainqueur.

Résigné, La Marionnette tomba le masque. C'était un homme charmant, qui attirait la sympathie au premier regard. Ses yeux bleus étaient profonds, et son sourire soigné. Mais il émanait de cet homme toute la puanteur de son esprit malsain.

- Sherlock Holmes a encore une fois toutes les réponses...

- James Wills, frère aîné de Edouard Wills, fils de Anna Wills. Vous avez tuez votre mère pour vous venger qu'elle vous ait enfermé pendant toute votre vie, vous avez manipulé votre frère pour qu'il pense que La Marionnette était vivante...

- Cet idiot, les seules fois où il m'a été utile dans ma vie, c'est pour me faire sortir de l'asile et quand il s'est donné la mort...

Un sourire machiavélique se dessina sur les lèvres de Wills.

- Vous avez prit votre rôle très à cœur, James.

- Vous savez ma mère... Elle nous a pas offert beaucoup de choses dans la vie malgré sa fortune.

Sherlock tournait autour de Wills, craignant qu'il ne fasse un geste d'attaque.

- Et le seul cadeau qu'elle nous offrit à moi et mon frère, ce fut cette marionnette horrible... On en faisait des cauchemars toutes les nuits.

- Pauvres petits... ironisa Mycroft, toujours haineux du traitement qu'il avait subit.

- Elle m'a enfermé parce qu'elle avait peur de moi, ma propre mère ! hurla-t-il. Alors qu'un malade comme vous était tranquillement en liberté, moi je croupissais dans les chambres capitonnées de l'asile ! Mon frère était trop faible pour savoir comment utiliser se maladie mentale, sa schizophrénie était trop accrue...

- Votre besoin d'attention vous a rendu fou, James.

- Je voulais juste , dit-il s'arrêtant un bref instant, je voulais juste être comme vous Sherlock Holmes. Un homme libre...

- Vous ne le serez plus jamais, Mr Wills, affirma Mycroft.

James Wills rit à en perdre haleine, derrière son sourire se cachait la peur de ne plus jamais revoir la lumière du jour. Il ne serait plus jamais prisonnier.

- Vous savez, Messieurs Holmes et Dr Watson, un psychopathe comme moi a besoin d'un public...

L'arme que tenait Wills était toujours chargée, c'est alors qu'il se la pointa contre la tempe.

- Et mon public m'attend en enfer...

Un coup de feu retentit et le cadavre encore chaud de James Wills s'écrasa lourdement sur le sol insipide de la cave. Silencieux, ils regardèrent tous la fin de leur calvaire. Le sang s'étendait de plus en plus, mettant un peu de couleur dans tout ce gris.

La Marionnette était morte.

Tenant Mycroft pour ne pas qu'il s'écroule sur le chemin de la sortie, ils furent tous sains et saufs loin de cette lugubre histoire. Gregory Lestrade les attendait, impatient, stressé. Il était à l'extérieur du souterrain avec une équipe de policiers et des renforts véhiculés. Sherlock lui avait promit de ramener Mycroft, mais il devait les attendre à l'extérieur.

- Les voilà ! avait crié Lestrade en faisant signe aux équipes de soin d'intervenir. Les voilà, merci mon dieu !

Dans un élan de joie, Lestrade se jeta aux coups de ses amis. Il les serra tous ensemble dans ses bras.

- Mais ... Mais comment vous avez fait ?! Sherlock !

L'inspecteur avait été mit à l'écart du plan de Sherlock. Les seuls sachant ce qui se tramait étaient John et Mycroft.

- Les sms que j'ai envoyé avant l'enlèvement de mon frère, c'était pour le prévenir de prendre ses dispositions car il était la prochaine cible...

- Comment ... resta-t-il bouche bée un instant, comment tu as pu prévoir ça ?

- Ce n'était qu'une question d'élimination de possibilité... En tout cas, sachant cela, Mycroft a pu s'implanter une balise GPS indétectable et je n'avais qu'à suivre le signal.

Lestrade avait peur de comprendre.

- Attend... Ça veut dire que tu savais où il était, et tu n'as rien dit pendant plus de trois jours ?! s'égosilla Greg, visiblement contrarié.

- Oui. Il fallait attendre que La Marionnette se montre d'elle-même et...

Lestrade n'avait eu besoin que de cette confirmation pour décrocher un coup de poing à Sherlock. Un peu sonné, le détective comprit qu'il était vexé d'avoir pleurnicher pour rien pendant leur attente.

- Tu te rends compte que j'étais mort d'inquiétude ?!

- Sherlock ne faisait que suivre le plan, ajouta Mycroft, visiblement intrigué par le comportement du policier.

- Vous, n'en rajoutez pas ! lui cria Greg en le pointant du doigt, l'air menaçant.

- Après... continua Sherlock en se massant la joue, après son appel j'ai eu tout le temps de filmer une fausse annonce de presse.

- C'était pas censé être en direct ?

- Il fallait juste que ça en donne l'illusion, voilà pourquoi grâce à un contact doué en informatique, nous avons pu diffuser des images sur la télévision de Wills pour lui faire croire que nous étions en direct.

Lestrade écoutait attentivement.

- Et pendant ce temps, John et moi agissions dans l'ombre. Et je vous ai prévenu pour que vous débarquiez à cette adresse.

- Et Wills ? Où est-il ?

Sherlock soupira.

- Je n'avais pas prévu qu'il se suicide... Il est étendu sur le sol dans la cave.

- Mais il vous a raconté pourquoi il s'était acharné à ce point sur toi ? demanda Lestrade, incrédule.

- Il voulait simplement être libre...

Lestrade fronça les sourcils, puis son regard se tourna vers John pour en comprendre un peu plus. Mais ce dernier haussa les épaules pour lui signifier qu'il n'en savait pas plus non plus. John avait été présent pendant toute la scène, mais il s'était tellement concentré pour agir au cas où, qu'il n'avait presque pas prêté attention à leur conversation.

- Gregory, appela Mycroft en s'avançant vers lui. Je suis désolé de vous avoir mit à l'écart de tout ça et... je suis vraiment désolé pour la d-dernière fois, bégaya-t-il.

Se mordant la lèvre inférieur, Lestrade hésita un instant, puis il renonça à rester intègre devant les autres, il sauta au cou de Mycroft. Il le serra si fort contre lui, par peur qu'il ne puisse le perdre encore de nouveau.

- Je vous pardonne, lui murmura-t-il à l'oreille.

Un frisson inattendu parcouru la chair de Mycroft, jusqu'à ce qu'il en vienne à se demander si ce sentiment étrange, que Lestrade lui avait manqué, venait de ce frissonnement. Lestrade s'était éloigné du politicien avec un grand sourire, ravie de ne pas avoir été repoussé encore une fois.

- Ça vous dit d'aller boire une pinte pour fêter ça ?

- Pour moi ce sera surtout l'hôpital... avoua Mycroft, sur le point de s'évanouir.

Greg le rattrapa de justesse.

- Bien sûr, excusez-moi, je vous y accompagne avec l'ambulance...

Et tandis que les deux amis s'éloignèrent, John attrapa timidement la manche de Sherlock. Ce dernier se retourna, intrigué.

- Je suis content que ce soit terminé ...

- Et qu'on s'en soit sorti ?

- Oui, sourit John, l'air satisfait.

Sherlock l'attira dans ses bras, et le serrant tout contre lui, il lui embrassa le front.

- Rentrons Docteur Watson, votre fille nous attend à la maison.

- Je vous suis Sherlock Holmes.

Traversant le champ de voitures de polices, John et Sherlock se prirent la main et rentrèrent au 221B Baker Street.