Bonjour ou bonsoir à tous! Un chapitre toujours plus long que le précédent, dites moi si la longueur vous dérange, j'essayerais de m'adapter pour les prochains chapitres. En tout cas profitez bien de ce chapitre tout calme et pipou et avec du Damian x Lucy! Si vous n'aimez pas ce ship, abandonnez maintenant. Parce que ça va être de plus en plus présent.

Bonne lecture!


« Collège Privé Gotham. Collège privée Gotham. Ligne 13 destination Gotham Est. »

Je relevais lentement le visage et sortais de ma torpeur, réveillée par l'annonce dans le wagon. Avec une attitude flegmatique, je lâchais la barre à laquelle j'étais accrochée et me fondais au milieu de la foule pour rejoindre le quai du métro. Autour de moi, les pas pressés des collégiens en uniforme résonnaient et formaient une cacophonie. Tête baissé, les uns sur leur téléphone et les autres sur leurs livres, tous s'avançaient hors de la station souterraine comme une seule masse uniforme. A l'extérieur le ciel était gris, les nuages lourds et la pluie semblait arriver d'un instant à l'autre.

J'observai cette agitation autour de moi d'un regard morne. Le frénétisme de la foule m'entourant ne semblait pas m'atteindre. La seule joie que m'apportait cette journée, c'était qu'enfin j'allais pouvoir passer moins de temps à la maison, sortir un peu et prendre l'air. Les élèves en polo bleue marine et haut de costard gris devenaient de plus en plus nombreux et bruyants autour de moi. L'un hurlait le nom d'un de ses amis, une autre demandait où elle devait se rendre pour la cérémonie de rentrée. Je ne le savais pas non plus mais, je restais silencieuse. A mesure que j'avançais, le bâtiment devenait de plus en repoussant. Il avait le même aspect effrayant que les autres vieux bâtiments de Gotham, avec leurs pierres grises et froides.

Emportée par le mouvement, je me retrouvais dans une immense salle de réception. Au moins cette année j'aurais le droit à une vraie rentrée. J'aurais pu retourner dans le collège juste à côté du Hole mais, Harley en avait décidé autrement. Pour une fois je ne trouvais pas qu'elle ait eu tord. L'ambiance ici était totalement différente. Rien ne semblait dépasser, pas une mèche colorée, pas un accessoire ou une tenue tapageuse. C'en était presque fade. Au moins personne ne me connaissait. Peut-être que je pourrais sympathiser avec certains d'entre eux ? Avec un faux nom tout est possible.

Ma plus grande crainte était que les autres élèves découvrent ma vraie identité. Je me sentais comme un funambule sur une toile. Au moindre faux pas je tombais. La chute risquait d'être dure pour moi. Pour l'instant il fallait espérer que le traitement marche. Harley c'était décidé à m'emmener à voir un spécialiste pour faire taire l'autre moi. Pauvre psychologue, il aura perdu l'usage de ses jambes, tout ça pour un papier et que je puisse accéder à des médicaments. Au fond, Harley aussi semblait craindre cette personne qui grandissait en moi. Son petit chaton devenait aussi folle qu'elle, ça devrait la mettre de bonne humeur pourtant.

Je m'étais assise depuis plusieurs minutes quand, dans le vacarme général, un monsieur s'avança sur la scène face à nous et toussa dans le micro pour réclamer le silence. Il avait d'un air de gentil proviseur de dessin animé. Petit, assez âgé, le crâne dégarni et une moustache à l'anglaise, un large sourire sur le visage. Il remplissait parfaitement ce rôle. La jeune fille à côté de moi dut mettre un terme à sa discussion sur la beauté de Parie, ce qui dut l'énerver assez pour qu'elle traite le pauvre homme de chieur.

Une fois la salle à peu près silencieuse, enfin assez pour que les paroles de l'homme soient audibles, l'homme commença alors son discours. Ce n'était pas particulièrement intéressant, comme tous les discours d'accueil que j'avais pu entendre jusqu'à présent quoi. Il aborda dans l'ordre ; le personnel du collège, le règlement intérieur à respecter, les professeurs, les règles pour les pensionnaires… Harley avait refusé que je dorme au dortoir, bizarrement ce refus ne m'avait pas spécialement déplut. Bien sûr, j'aimais l'idée de quitter le domicile familiale pendant presque dix heures par jour mais, passer tout mon temps entouré d'élèves me paraissaient très risqué. Comment leur expliquer ma prise de médicament trois fois par jour ? Mes crises de paniques et cauchemar à répétition la nuit ? Mes tremblements qui me prenaient parfois au réveil ? Plutôt difficile à expliquer à des presque inconnus, surtout lorsqu'on veut rester incognito.

« Frances Lucy »

Le vieux proviseur avait commencé à citer les noms et prénoms des élèves de chaque classe depuis plusieurs minutes avant d'arriver au mien. Enfin, le mien selon les papiers officiels donné au lycée. J'attrapais mon sac et me levais pour rejoindre le groupe d'élève déjà présent sur l'estrade. Aucun ne ressortait particulièrement du lot. Bah, bien sûr on remarquait facilement qui serait le beau gosse sportif, la jeune fille populaire et la personne la moins aimée. C'était toujours pareil, chaque année, chaque classe, encore et encore. Les acteurs changeaient mais, jamais les personnages.

Soudain la salle entière se fit silencieuse. Sorti de mes pensées par cette réaction plutôt extrême, je regardai autour de moi à la recherche de l'origine de tout ceci. Un garçon s'avançait vers nous tranquillement, une moue sans vraie émotion sur le visage. C'était lui qui provoquait cette réaction extrême, je ne voyais pas vraiment pourquoi, il semblait plutôt banal. Il était certes un peu petit et semblait plus jeune que nous mais, pas assez pour qu'il s'agisse d'un de ces génies ayant sauté douze classes. Des cheveux noirs de jais, des yeux verts en amande, une peau légèrement halé. Plutôt mignon mais, toujours pas assez pour causer tout ça.

« Damian Wayne est dans notre classe, on a vraiment trop de chance non ?

-Ouai, déjà qu'on est ensemble cette année alors si en plus on a le gars le plus ouf de la ville avec nous !

-Mais tellement, j'avais entendu dire que tous les fils de Bruce Wayne étaient passés par ce collège mais, lui était resté longtemps déscolarisé et genre on est les premières à l'avoir avec nous. Tellemend cool.»

Damian Wayne, fils de Bruce Wayne. J'avais déjà entendu parler de lui bien sûr mais, seulement vaguement dans un magazine people une fois. Je ne l'aurais pas imaginé comme ça tiens. Il ne semblait pas aussi hautain et dragueur que son père. En même temps, il ne faut pas juger un enfant sur les manières de ses parents, je pouvais l'assurer à quiconque. Au fond c'était un drôle tour du destin. Le fils de l'homme le plus riche de la ville et la fille du plus grand criminel. Ca ne pouvait pas être que le destin n'est-ce pas ? Il ne manquait peut-être que Robin pour compléter le tableau de personnalité.

Il fallut ensuite suivre notre professeur principale à travers les nombreux couloirs du collège jusqu'à atteindre une salle. Un capharnaüm suivit l'ouverture de la porte, les groupes de connaissances se précipitèrent pour ne pas être séparés, ceux ne voulant surtout pas se retrouver seul essayèrent à tout pris de se trouver une place. M. Damian Wayne se retrouva entrainé au milieu de la salle par un groupe de jeunes filles.

N'osant pas m'imposer à côté de quelqu'un, je me retrouvais au dernier rang, au fond de la classe, à côté d'une jeune fille qui semblait sortir directement d'une des ses télé réalités de dance. Le genre très finne, toujours maquillé à la perfection et ses longs cheveux blonds retenus dans un chignon parfais. Le genre de fille que l'on déteste parce qu'on l'adore. Elle me sourit avant de tourner son regard vers le proviseur. Ne pouvait-elle pas tout simplement être désagréable ? L'idée qu'elle soit agréable la rendait encore plus génial et détestable.

Le professeur nous distribua des papiers et parla de ce qui nous attendait cette année pendant trois bons quarts d'heures. Puis, les professeurs défilèrent dans la classe pour se présenter. Je soupirais en me rendant compte de l'immense différence de niveau entre publique et privé. Déjà que le niveau du collège l'année dernière était vraiment nul, j'avais en plus manqué plusieurs mois de cour. J'espérais vraiment que ce ne soit pas le cas cette année. C'était bien pour ça que je supportais de prendre autant de médicaments par jour, ainsi que les effets secondaires, pour rester au contrôle de mon corps en toute circonstance. Il ne restait qu'à espérer qu'Harley n'ait pas de problème la forçant à m'envoyer au loin à nouveau. Même si, vu ce qu'il c'était passé la dernière fois, je ne pensais pas que ça arriverait à nouveau avant un bon moment.

A midi pile, une cloche sonna ; c'était le signal qu'attendaient tous les élèves pour aller manger. On se rassemblait par groupe autour des tables. Certains allaient prendre des plateaux au self, d'autre sortaient des boites repas de leurs sacs. Je faisais parti des seconds, Harley c'était mis en tête de me faire manger de manière saine et équilibré, ça lui venait d'Ivy apparemment. Elle et Harley se voyait au moins une fois par semaine. A chaque visite de la rousse l'appartement gagnait toujours deux ou trois plantes en plus à tel point qu'il avait fallu ajouter des étagères dans le salon pour toutes les ranger. J'aimais bien personnellement, ça ajoutait un peu de couleur et de vie dans cet appartement qui auparavant semblait sortir d'un magazine ikea. Entre les roses, les orchidées, les plantes grimpantes et tombantes, on se sentait parfois dans une petite jungle.

Elle se montrait assez distante avec moi mais, au moins elle me laissait tranquille et ne me parlait pas, ce qui m'arrangeait plutôt. Il arrivait à la rousse de rester plusieurs jours à la maison et de dormir avec Harley pendant tout ce temps. Aucune des deux n'avaient clairement parlé d'une relation devant moi mais, je soupçonnais très clairement que ce qu'il se passe entre les deux soit plus qu'une simple amitié. Bien qu'au fond je m'en foutais, elles pouvaient très bien coucher ensemble ça ne me faisait ni chaud ni froid. Je préférais presqu'il s'agisse d'Ivy plutôt que quelqu'un d'autre qui aurait pu entrainer Harley dans encore plus de folie, et moi avec bien sûr.

Je commençais à avaler mes mini-carottes avec peu d'enthousiasme quand quelqu'un posa son plateau juste face à moi. Je relevais la tête et arquais un sourcil d'étonnement. Ca devait être quelqu'un d'autre n'ayant pas trouvé avec qui manger. Ou Damian Wayne ? Pardon ? Mon visage afficha encore plus l'étonnement que quelque seconde auparavant quand je vis qui se tenait face à moi. Il n'avait trouvé personnes d'autres que moi ?

« Salut. Toi c'est Lucy, c'est ça ?

-Heu oui. Et toi Damian ?

-Oui. Je peux manger ici ?

- Bah vas-y. »

Pourquoi voulait-il s'assoir ici à la fin ? Il n'aurait pas pu se trouver une place entouré de gens, je suis sûr que d'autres filles se seraient fait un plaisir de lui garder un siège à côté d'elles. Je continuais le repas la tête dans mon plateau a mangé mes carottes, salades et autres plantes vertes pour herbivore… L'ambiance était assez gênante, je n'osais pas vraiment lancer de discussion entre nous deux et lui ne disait rien. Après un moment, je sentis quelqu'un derrière moi et me retournais. Il s'agissait d'une des filles de la classe dont je ne me souvenais plus exactement du nom, Manon ou Sharon peut-être ? Une membre du groupe s'étant immédiatement rapproché de Damian.

« Bah Damian, tu viens pas manger avec nous ? Pourtant on t'a dit qu'on te gardait une place ?

-J'ai du oublier.

-Bah viens maintenant, on t'attend.

-Non, je suis bien là.

-Ok je vois. »

Même sans avoir vu son visage, je compris rien qu'au son de sa voix que la jeune fille l'avait très mal pris. Je la regardai partir, elle parti s'assoir avec le reste du groupe populaire de la classe, puis je me retournais vers Damian. Il mangeait tranquillement son plateau, comme si rien ne c'était passé. Finalement, je rassemblais mon courage et entamais une discussion.

« Tu sais, tu n'étais pas obligé de rester ici.

-J'avais pas envie de manger avec eux.

-Ah d'accord. Pourtant vous avez passé la mâtiné ensemble ?

-Oui. »

Bon. Super début de conversation. Il était moins bavard que moi, c'était rare de trouver des gens comme ça. Quel intérêt de s'assoir face à moi si c'était pour rester aussi silencieux ? Moi au moins j'avais la décence de me mettre toute seule lorsque je ne voulais pas parler aux gens. Soudain quelque chose vibra dans ma poche. Je tirais rapidement mon tout nouveau téléphone de ma poche et lis le message que venait de m'envoyer Harley. Après l'incident de ce début d'été, la blonde avait voulu m'acheter un téléphone pour pouvoir toujours me joindre. Comme elle était la seule à avoir mon numéro, il ne me servait pas à grand-chose. En plus, je le soupçonnais d'être observé comme mon ordinateur, donc à part quelque recherche sur les pages d'artistes ou modèle, je ne l'avais pas grandement utilisé pour le moment. Au moins je possédais de quoi contacter Floyd en cas d'urgence. Je gardai toujours son numéro avec moi, comme si ça pouvait me protéger de n'importe quoi, un porte-chance en somme.

Je lis le message sur l'écran de mon téléphone ; « Passe une bonne journée mon chaton d'amour. Pas de bêtise hein ! Je viendrais te chercher après les cours. Gros bisous mon petit chaton 3 ». Je lâchais un long soupir d'exaspération. Si ce matin j'avais réussi à partir au collège seule, c'était uniquement parce qu'elle dormait encore lorsque je partis. Alors il faut croire que ce soir que n'échapperais pas à un retour en voiture avec elle. Depuis la tentative de kidnapping et ma blessure à la jambe, Harley semblait encore plus protectrice qu'à la normale. Sortir était presque impossible et dès que la blonde devait quitter la maison pour quoi que ce soit, un homme de main se chargeait de garder l'entrée. Sans compter les caméras de surveillances qui fixaient chaque fenêtre de la maison pour prévenir une entrée par les airs.

« Il ne me semble pas t'avoir déjà vu. Tu n'étais pas dans ce collège l'année dernière ?

-Non, j'étais dans le public. »

L'espace d'une seconde, un instant trop court pour que je ne puisse réellement le remarquer, une expression étrange passa sur le visage de Damian avant qu'il ne revienne à sa moue habituelle. La seconde suivante j'étais déjà passée à autre chose, à nouveau dans mes pensées internes. Je préférais répondre vaguement. Pour l'instant ça me paraissait plus prudent de ne pas trop en révéler sur moi, ma vie et mon passé. Prudence est mère de sureté, n'est-ce pas ? Damian ayant fini son repas, il se leva et passa une main dans ses cheveux avant de prendre son plateau.

« Et quel collège ?

-Je ne me souviens jamais du nom, celui au nord de la ville. »

A côté du Hole, je faillais ajouter avant de me raviser. Il hocha la tête sans que je sache ce qu'il pouvait bien approuver. Ayant moi aussi fini de manger, je rangeai ma boite repas et allais jeter tous mes papiers et restes à la poubelle. Qu'est-ce qu'il pouvait avoir à me questionner comme ça à la fin ?

« Et toi ?

-Je viens de rentrer ici, j'étais scolarisé à domicile jusqu'à présent.

-Et tu es, comment dire, le fils de Bruce Wayne ?

-Oui. »

Il répondit d'un ton neutre, sans fierté ou autre, comme si je venais de lui demander s'il voulait un verre d'eau. A présent, je me sentais bête de lui avoir posé cette question, après tout je le savais déjà. Tout le monde parlait du fabuleux Damian Wayne, le fils de l'homme de plus riche de la ville mais, j'avais besoin de lui demander en face. Il passa les portes du réfectoire en premier, je le suivais quelques pas derrière. A l'extérieur, le ciel brillait. Nous avions beau être en septembre, le temps était toujours aussi agréable qu'en plein été. Je regardais autour de loi et inspirais un bon coup.

« Hey Damian ! »

Je me tournais vers la gauche et vis une jeune fille plonger sa main dans les cheveux de Damian pour les ébouriffer comme s'il s'agissait de n'importe quel enfant. Elle semblait avoir au moins deux ans de plus que moi mais, peut-être moins car son physique plutôt originale lui donnait une allure presque adulte. En effet, elle était très grande et à l'allure athlétique. Je restais soudain bloquée sur son bras gauche. Enfin, plus précisément son absence de bras gauche. Je n'avais jamais vu de personne amputé, ça faisait un petit choque tout de même. Après le coude, il n'y avait plus qu'un genre de moignon.

« Tu t'es fait des amis ? Des copines ? »

Elle se tourna vers moi avec un grand sourire tandis que Damian avait une mine boudeuse. Je ne pouvais pas m'empêcher d'envier son attitude cool. Il en fallait de la confiance en soie pour taquiner le fils de la plus grande star de la ville. Enfin, plutôt l'ancienne. Après l'attentat du Joker, le pauvre homme avait disparu des médias pendant un moment avant de réapparaitre en fauteuil roulant, fatigué et semblant avoir gagné dix ans en seulement quelque mois.

« Non, c'est personne. Juste une fille de ma classe. »

Je dus me retenir d'afficher une moue vexée. Sympa. L'image du gentil garçon que je lui imaginais venait de totalement disparaitre. Préférant quitter ma contemplation que devoir montrer ce que je pensais de ce commentaire, je m'éloignais rapidement d'eux. Ma rapide phase de bonne humeur était à présent passée. Blessée à l'égo, je passais le reste de l'après midi à ruminer dans mon coin, sans parler à qui que ce soit. A quoi est-ce que je m'attendais en même temps ? Un gosse de riche ne pouvait uniquement être qu'un garçon hautain. Je le détestais déjà ce mr. Damian Wayne m'as-tu-vu.

Après deux heures de discours barbant sur l'importance de toujours travailler et respecter les règles. La cloche sonna comme une magnifique délivrance pour tous les élèves. Certains se précipitèrent sur leur sac pour sortir, d'autres se posèrent dans un coin pour attendre leurs amis. Sans vraie conviction, je rassemblais mes affaires pour sortir, priant intérieurement pour qu'Harley ne débarque pas dans son costume de vilaine. Soudain une voix masculine retentit derrière moi.

« Lucy ! »