Titre : La lune est une menteuse.

Auteur : Damoiselle A.

Résumé : Bella quitte Forks pour Anchorage, en Alaska… Elle espère se reconstituer un bonheur loin de l'endroit où son premier amour l'a quitté. Un pari risqué qui lui apportera pas mal de surprises JC/BS.

NDA : Bonjour à tous !

Voici le POV Jasper, et avec une semaine d'avance =) ! Les concours m'ont laissé un peu de temps. Merci à tous ceux qui m'ont laissé un petit message, j'espère vous avoir répondu à tous. Merci encore pour ce soutien et ces 146 reviews, je n'en reviens toujours pas ^^. Continuez surtout =p.

Mais je laisse place au chapitre !

Bonne lecture, et à bientôt !


Chapitre Onzième

- JASPER -

Je me réfugiai sur le balcon de la suite. J'inspirai profondément sans nécessité avant de composer le numéro d'Alice.

- J'arrive Liam, entendit-je. Oui Jasper ?

- Alice mais tu es où ?

- En Irlande avec le clan de Liam et Siobhan.

- Qu'est-ce que tu fais en Irlande, Alice ?

- Nous organisons une expédition africaine.

- En Afrique ?

- Une expédition africaine au Tibet, ça n'aurait pas la même saveur tu vois...

- Alice…

- Ce n'est pas pour cela que tu m'appelles, me rappela-t-elle.

- Tu le savais n'est-ce pas ?

- Ecoute Jasper, je suis désolée mais je sais un tas de choses que tu ignores, peux-tu être plus précis ?

Je grognai face au ton joueur d'Alice. Cela prouvait deux choses elle savait pourquoi j'appelai et elle éprouvait une irrésistible envie de me contrarier.

- Pour Bella, tu le savais. C'est pour cela que tu as précipité notre divorce et que tu as toujours refusé de lui parler lorsque tu m'avais au téléphone.

- Oui, soupira mon ex-femme dans le combiné. J'ai commencé à avoir des visions lorsqu'elle s'est installée à Anchorage… Elle l'était devenue à ce moment précis de sa vie.

- Je te demande pardon ?

- Jasper, utilise ta cellule grise. Les personnes évoluent au gré de la vie. Edward a été un énorme changement dans la vie de Bella, son départ également. Mais elle s'en est remise, elle a continué à avancer malgré la force quasi destructrice et, je dois bien le reconnaitre maintenant, malsaine de leur attraction. A partir du moment où elle a commencé à lutter, à chaque avancée, elle se rapprochait de toi.

- Alors, c'est vraiment elle.

- Oui, c'est elle.

- Comment est-ce possible Alice ?

- Interroge-toi. Je n'ai pas toutes les réponses Jasper. Je ne suis pas omnisciente. J'essaie de faire en sorte que les visions de bonheur que je perçois de plus en plus régulièrement se réalisent.

- Mais Alice, je trouve qu'elle a des défauts.

Alice éclata de rire dans le combiné.

- Bien, parfait, tu es objectif au moins. Mais tu sais on n'aime jamais « parce que », mais « bien que ».

- Enfin Alice, l'attraction entre compagnons c'est presque…

- Je le sais. Mais votre lien est différent. Tu es un vampire puissant, il te fallait quelqu'un capable de se dépasser pour toi, de te confronter. D'ailleurs comment l'as-tu reconnue ?

- Je l'ai gouté en voulant cicatriser une égratignure.

- Comment as-tu trouvé son sang ?

- Parfait. Mais…

- Je sais. La tuer est au-dessus de tes forces. Il va falloir que tu l'admettes.

- Alice comment veux-tu que j'admette que Bella Swan, l'ex-petite amie de mon frère, accessoirement humaine et maladroite notoire, qu'elle est… qu'elle l'est ?

- Alors là, Jasper Whitlock, tu te démerdes. Je suis ta meilleure amie, pas ta conseillère conjugale.

- Alice…

- Non, il faut que tu vois ce que tu veux faire de ces nouvelles informations, comment tu veux voir évoluer votre relation. Rappelle-toi seulement ce qu'elle a vécu, ce que vous avez vécu et le fait que tu ne seras entier que lorsqu'elle sera transformée.

- Merci Alice, soufflai-je.

- Jasper ?

- Oui ?

- Reste l'homme que tu as toujours été. Tu viens de trouver une occupation pour le restant de ton éternité.

Je souris à la phrase d'Alice. Si elle le voyait sous cet angle…

- Jasper ? Sois heureux.

- Toi aussi Alice.

Je raccrochai en me prenant la tête dans les mains. Et merde.


- Bella ? Tu es là ?

J'avais décidé d'arrêter de réfléchir pendant des heures. D'oblitérer la nouvelle qu'Alice venait de me donner. Je ne pouvais simplement pas… Elle était humaine. Elle était à mon frère. Elle n'était pas encore tout à fait femme.

J'avais demandé quelque chose de nouveau, et il m'avait échu une jeune femme marquée et tout à fait originale. D'accord. Je me méfierai de mes souhaits la prochaine fois. Je frappai à la porte de sa chambre.

- Bella ? Ça va ?

J'entendis un bruit de pas jusqu'à la porte, puis elle m'ouvrit sur un sourire timide.

- Je vais bien, Jasper, me répondit-elle sans me regarder dans les yeux. Et toi, ça va ?

- Oui, murmurai-je. Je suis désolé pour tout à l'heure.

- Mon sang c'est ça ? S'enquit Bella, plus franchement cette fois.

- C'est cela, confirmai-je en la détaillant. Tu as un goût spécial.

Elle gémit plaintivement.

- Forcément il fallait que cela m'arrive à moi. Un jour je ferai peut être quelque chose comme les autres.

Je continuai à l'observer, espérant arriver à la voir non en tant que l'ex-compagne de mon frère, ou encore comme une humaine. Je sentis son regard sur moi, et me repris rapidement.

- Bien maintenant que cet épisode est écarté, as-tu encore faim ?

- Non je te remercie.

- Et si nous sortions ? Il nous manque encore des vêtements. Après tout, je n'ai toujours pas réussi à compresser deux costumes cravates dans mon bagage, dis-je essayant de plaisanter et de dissoudre l'atmosphère de malaise autour de nous.

- Très bien je prends mon portable et j'arrive, me dit-elle.

Elle ferma la porte, et je me concentrai pour suivre son parcours dans sa chambre. Elle prit son portable qui devait être sur son lit. Elle s'arrêta dans un coin de la pièce et s'assit. Je fronçai les sourcils. Je l'entendais mettre ses chaussures et je me détendis. Elle fit trois pas hésitants, essayant de rester debout. Je souris. Puis je me repris et me préparai rapidement. Si j'en venais à sourire et rire au moindre de ses gestes, je n'étais pas encore sorti de cet hôtel.


Elle s'accrocha à mon bras et étendit un sourire sur ses lèvres. Je fis de même : nous étions sensé être un couple heureux. Cette constatation me perturba plus qu'elle ne le devrait. Je secouai la tête pour chasser ces idées. Aujourd'hui j'étais avec Coleen, ma fiancée et nous allions faire les magasins. Nous descendîmes à la réception de l'hôtel pour attendre notre taxi. Je sentais Bella gênée. Elle n'appréciait pas la foule. Je n'aimais pas cela non plus, trop de tentations, trop de monde, trop de risques.

- Alors par où commençons-nous ?

- Nous allons faire les magasins chics du quartier de Manhattan, annonçai-je avec une voix normale, avant de lui chuchoter à l'oreille : Essaie d'apprécier.

Elle me fit un sourire gêné. Un groom vint nous chercher pour annoncer notre taxi. Bella m'épingla à son bras afin de réaliser le chemin sans embûches. Ce n'est qu'en arrivant devant la voiture que je vis un sourire idiot sur mes lèvres. Le trajet jusqu'aux magasins se fit dans un silence tendu. Bella était mal à l'aise et je ne savais quoi dire pour la détendre. A vrai dire, je n'avais jamais senti cela chez elle. A part peut-être le jour où Edward l'avait présenté à notre famille.

Le taxi nous arrêta au début d'une avenue où tous les grands magasins avaient leurs boutiques. Elle m'entraina vers une boutique italienne de costumes pour hommes.

- Puis-je vous aider ? nous demanda une vendeuse.

- Oui, répondit Bella en me surprenant. Nous allons avoir besoin de deux costumes qui soient compressibles dans une mallette d'environ cette taille, annonça-t-elle en mimant la taille de la mallette.

Je vis et sentis la gêne de la vendeuse monter en elle. Elle ne savait pas ce que voulait dire Bella. Je lui instillai une dose de courage et elle se reprit.

- Je suis désolée, nous n'avons pas de costumes compressibles. Cela dit nous avons toute une gamme de costumes qui lui siéront parfaitement.

Bella lui fit une mine désolée avant de me faire un clin d'œil.

- L'idée n'est pas mauvaise, lui chuchotai-je à l'oreille, dépose un brevet.

- Arrête de me taquiner, protesta-t-elle. Et dans les cabines d'essayage M. Browen !

Je fus secrètement soulagée qu'elle ait utilisé nos noms d'emprunts. Comme Bella ne connaissait pas mon vrai nom de famille, elle aurait été obligée de me nommer par un des noms de la famille Cullen. Je me rendis de bonne grâce dans les cabines d'essayage : de toute façon rien ne pouvait être pire qu'Alice faisait du shopping. Même son don ne lui permettait pas de décider entre deux vêtements.

- Quel genre de costume ? demanda la vendeuse.

- Confortable, annonça Bella en se mordant les lèvres.

Elle n'avait décidément pas l'habitude de faire cela. Je décidai de la laisser se débrouiller quelques instants afin de voir dans quoi elle allait vouloir me faire rentrer.

- Je pense que les teintes claires lui iront, reprit Bella. Et je souhaiterai une coupe qui ne soit pas trop près du corps.

- Une coupe non cintrée ?

- C'est cela, plus droite. Avec une veste, ses épaules ressortiront plus.

Je m'assis dans la cabine en écoutant Bella parler avec la vendeuse. Elle avait déjà choisi trois ensembles et se dirigeait vers les chemises. Je la laissai faire. Non seulement c'est ce que ferait un homme avec sa femme, et cela crédibiliserait notre histoire, mais en plus j'étais assez curieux des choix qu'elle ferait. Je la sentis revenir vers moi avec la vendeuse. Elle me tendit trois costumes à travers le rideau. L'un était noir, classique. L'autre ensemble était d'un gris cendré. Enfin le dernier était beige. Elle avait sélectionné plusieurs chemises : blanche, noir et bleue.

- La bleu est pour le costume noir. Le gilet va avec la chemise blanche et le costume gris. J'en ai pris une noire aussi pour que tu essaies avec le gris. Et la dernière va avec le beige.

- Très bien, merci, lui répondis-je.

- Et n'oublie pas de nous faire un défilé, enchaina-t-elle rieuse.

Je secouai la tête en m'habillant rapidement. La chemise bleue et le costume noir allaient parfaitement ensemble. Je me souris dans le miroir avant de tirer le rideau et d'avancer hors de la cabine. Bella m'attendait sur un fauteuil avec la vendeuse debout à ses côtés. Elle resta quelques secondes immobile en m'observant.

- Cela te va très bien, déclara-t-elle sur un ton surpris.

- Tu es surpris que cela m'aille ? M'enquis-je, taquin.

- Non, répondit-elle dans un sourire. Tout te va, ça en est déprimant. Je suis surprise de voir les deux couleurs s'accorder.

Elle souffla discrètement de soulagement. Je lui souris avant d'aller essayer les autres costumes. Nous continuâmes à faire nos achats dans le magasin. Bella me trouva quelques chemises sans manches, des jeans, des chaussures de ville et une veste de mi-saison. Elle me fit tout essayer, rejetant ce qu'elle ne trouvait pas assez seyant. Elle me laissa le choix de mes sous-vêtements tout en parlementant avec la vendeuse sur la couleur d'une chemise. Lorsqu'elle me sourit au bout d'une heure d'essayage je sus que les courses pour moi étaient terminées. J'étais presque surpris du peu de temps qu'elle avait mis pour choisir, j'avais l'habitude de passer des heures dans les magasins avec Alice.

Tandis que la vendeuse empaquetait nos achats je la remerciai en lui faisant mon plus beau sourire. Sourire qu'elle me rendit avant de reprendre dans une grimace :

- A moi maintenant ?


S'il était d'usage qu'une femme choisisse pour un homme dans un magasin de vêtements, la réciproque ne s'appliquait pas. Je pris mes achats dans mes mains et regardai attentivement Bella. Elle s'arrêta devant plusieurs vitrines sans en trouver une seule à son goût. Les boutiques regorgeaient de robes courtes, haute coutures et de jeans taillés très près du corps.

- Et celle-ci ? Proposai-je en montrant une énième boutique.

- Écoute, je ne veux pas ressembler à une poule de luxe. Je comprends qu'il faut que je change de style, néanmoins j'apprécierais de ne pas me retrouver habiller comme une trentenaire new yorkaise riche et totalement dépravée. Je ne veux pas ressembler à une caricature.

Elle continua donc son inspection avant de rentrer dans une boutique française. Une vendeuse vint immédiatement à sa rescousse mais Bella la repoussa gentiment mais fermement. Elle entreprit de se promener dans les différentes allées, en sélectionnant quelques vêtements. Je fus bientôt chargé d'en prendre la moitié avec moi pour qu'elle continue sa sélection. Elle passa ensuite aux essayages et cette fois, c'est moi qui la mise mal à l'aise en lui demandant un défilé.

Je l'entendais s'affairer derrière le rideau et commençai à lui parler de tout et de rien. Lui demandant qu'elle fût le dernier livre qu'elle avait lu. Une théorie de l'existentialisme. Elle était en train de me répondre lorsqu'elle sortit. Elle avait choisi un ensemble avec un pantalon noir en tissu fluide et un chemisier rouge cache-cœur. Je lui souris pour approuver ne voulant pas l'interrompre dans son argumentation.

Elle me fit tout un défilé, de la tenue quotidienne à la robe du soir en me parlant de l'existentialisme, de son histoire, de sa théorisation et d'une de ces créateurs : un français, Sartre.

- Ce qui est intéressant dans cette théorie, c'est de considérer que chaque homme est responsable de l'image que l'on se fait de l'Homme. Et il doit agir en conséquence avec cette responsabilité, conclut-elle en se présentant à moi.

J'analysais à peine la dernière partie de son argumentation que mon cerveau concentra toute mon attention dans mes rétines. Elle portait une robe verte d'eau, vaporeuse descendant jusqu'à ses pieds. Elle était relativement décolletée, sans manche et Bella tourna sur elle-même pour me faire admirer le résultat. Elle était superbe. Je lui souris, ayant l'impression soudaine de ne plus communiquer avec elle autrement que par ses gestes. Elle me retourna le compliment avant de se rhabiller et d'appeler une vendeuse, qui trop aimable, prit les vêtements sélectionnés pour les empaqueter.

Elle secoua ses cheveux pour les recoiffer et je sentis son parfum envahir la pièce. Elle se plaça à côté de moi en souriant.

- Et sinon, que penses-tu de la Critique du jugement réalisée par Kant ?


L'atmosphère lourde et gênée au début, s'était peu à peu détendue complètement au fur et à mesure de l'après-midi. Nous avions repris nos conversations sur les différentes théories philosophiques, puis sur les apports faits par la psychologie, que nous avions délaissé en partant d'Anchorage. Pour la première fois depuis que j'étais arrivé, je sentais Bella complètement détendue en ma présence. Est-ce parce que celle-ci ne la gênait plus ? Parce qu'elle l'appréciait ? Ou simplement parce qu'elle jouait merveilleusement bien le rôle de Coleen ?

Nous continuâmes notre ballade dans Central Park avant de rentrer à l'hôtel. Nous avions déjà déposé nos paquets à la réception mais Bella avait souhaité manger une glace, et ce que femme veut, Dieu veut.

- Dis Jasper, chuchota-t-elle doucement en mangeant une glace fraise-vanille. On fait quoi ce soir ?

- Tu as vraiment besoin de le savoir ou c'est pour satisfaire ta curiosité ?

- Les deux mon capitaine, répondit-elle. Je dois savoir ce qu'on va faire pour savoir comment je dois m'habiller et je veux savoir ce qu'on fait histoire de ne pas être mise devant le fait accompli.

- Tu n'apprécies pas ? Ironisai-je.

- Parce que toi oui ? rétorqua-t-elle. Je ne supporte pas que l'on décide pour moi. Que l'on me dise ce que je dois faire.

- C'est plutôt raté pour le moment, soufflai-je.

- Mais là, il ne s'agit pas de ma vie, mais de ma survie. Et je suis nulle en survie, m'avoua-t-elle avec une lueur d'amusement dans les yeux. Je ne sais pas garantir ma sécurité face à un clan de vampires aux dents longues. J'admets ma faiblesse d'humaine.

- Et donc ?

- Donc, j'admets que tu puisses m'ordonner de faire certaines choses pour mon propre bien, ma propre sécurité. Je n'apprécie pas l'ingérence que font les vampires dans ma vie, tous les vampires, précisa-t-elle. Mais je dois reconnaitre que je suis bien contente de m'en remettre à vous, dit-elle en décrivant un geste large, et à toi, pour ma sécurité. Tu m'as promis que j'aurais la vie dont je rêve, je sais que tu es un homme de parole. J'attendrai que l'orage passe, conclut-elle dans un sourire.

Je me figeai en entendant ces mots. Elle avait une confiance absolue en moi, comme Alice, comme le clan. Ils m'avaient tous envoyé ici pour la protéger et elle venait d'admettre que cela lui était utile. Un doute s'insinua dans mon esprit : et si je n'étais pas capable de la protéger ? Et si elle n'avait jamais la vie qu'elle désire ? Les réflexions que je me forçai à terre depuis le coup de téléphone à Alice reprirent possession de mon cerveau.


- Nous allons à l'opéra, annonçai-je à Bella, une fois retournés dans la chambre d'hôtel. Nous allons voir et écouter Orfeo Ed Euridice de Gluck au Metropolitan Opera at Lincoln Center.

Bella s'arrêta sur le seuil de la porte et ses yeux s'écarquillèrent.

- A l'opéra ? répéta-t-elle.

- Oui, continuai-je joyeux. Cela fait une décennie que je voulais y retourner, mais mon contrôle laissait à désirer.

- Mais je n'y connais rien, s'affola-t-elle.

- Tu n'as pas besoin, rétorquai-je. L'opéra n'est pas une science tu n'as pas besoin de savoir les choses, il faut juste les ressentir.

- C'est sûr que niveau émotions à ressentir, tu dois être très fort, sous-entendit-elle en se moquant de moi.

- Justement, l'opéra est certainement l'un des seuls lieux au monde où les sentiments des humains restent en symbiose pendant plusieurs heures.

- Et la nuit ? demanda Bella alors qu'un élan de curiosité grimpait en elle.

- La nuit c'est le pire pour moi. Les gens lâchent la bride sur leurs émotions, l'inconscient se réveille. Ça peut être très dur pour un empathe. C'est pourquoi cette nuit je ne resterai pas à New York, j'irai chasser.

- Mais pourquoi avoir choisi cette ville ? S'enquit-elle avec un fond d'inquiétude.

- Car c'est certainement l'un des seuls endroits au monde où nous ne serons pas repérés. Les nomades évitent les centres villes des grandes métropoles. Ils préfèrent chasser en banlieue, c'est moins risqué. Et ici nos odeurs se confondent avec une multitude d'autres. Même si les Volturi cherchaient ici, ils ne nous retrouveraient pas avant que nous ne soyons partis.

Bella hocha la tête avant de se préparer. Je lui fis monter une salade afin que nous ne soyons pas en retard. Je passai le costume noir qu'elle avait choisir pour moi avec la chemise blanche et une cravate que j'avais sur moi à Vancouver. J'entendis les pas du groom dans le couloir. Je lui ouvrai quelques secondes après qu'il ait frappé. Je l'observai attentivement avant de lui glisser un pourboire. Si nous étions dans une ville aux nombreuses proies, nous étions également entourés de prédateurs de toutes sortes. Bella sortit de sa salle de bain en peignoir pour manger afin de ne pas tacher sa robe. Elle était décidément très contente de son choix. Mais une pointe de nostalgie perçait à travers sa satisfaction. Je ne savais pas à quoi l'attribuer.

Nous conversâmes quelques minutes avant qu'elle ne reparte se coiffer et s'habiller. Elle revint en disant :

- Tu sais Jasper, je suis contente d'avoir pu me débrouiller seule et je te remercie de n'avoir pas émis une seule plainte ou critique par rapport à mes choix vestimentaires.

J'hochai la tête, sachant que ce n'était pas la fin de son discours.

- Mais je crois, et je sais que cela peut paraitre complètement dingue, qu'Alice me manque.

Je lui souris et la fit tourner sur elle-même.

- Tu t'en sors très bien, et je suis sûre qu'Alice reprendra bientôt contact avec toi.

Comme pour me donner raison le nouveau portable de Bella vibra.


L'entrée de l'opéra était encombrée par beaucoup d'individus. Pourtant nous étions en avance pour justement éviter ce genre de scènes inconfortables pour moi. J'arrêtai ma respiration le plus souvent possible, alors que Bella s'accrochait à moi. J'avais réussi à avoir des places au balcon, ce qui tenait du miracle à seulement quelques heures du spectacle.

Nous pûmes nous asseoir tranquillement en attendant que la salle se remplisse. Bella avait pris des jumelles pour observer les mouvements sur scène. Elle semblait excitée par ce nouveau spectacle. Elle connaissait le mythe d'Orphée et Eurydice mais ne savait pas à quoi s'attendre en matière d'opéra.

- Comment représentent-ils la descente aux enfers d'Orphée ? Et son pacte avec Hadès ?

- Tu verras, lui suggérai-je.

Après quelques minutes qui parurent des éternités à Bella –pas facile d'attendre lorsqu'on n'avait pas l'éternité devant soi- le rideau rouge se leva et l'orchestre commença à jouer. Les émotions de Bella rejoignirent celles de la majorité du public dès les premières minutes. Quant à moi j'appréciai l'écho des émotions humaines contre les murs de l'opéra. J'observai les mouvements de la scène en même temps que les changements sur le visage de Bella.

A cet instant, j'avoue que je me suis senti vieux. Comme un vieux monsieur dans un corps encore exceptionnellement fringuant. Je savais que certaines de mes valeurs dataient et que des expressions que j'employai couramment étaient désuètes. Je repensai soudain à ma discussion avec Alice. J'avais essayé de l'occulter toute la journée et avais plutôt bien réussi.

Seulement il fallait un jour ou l'autre que je m'y confronte. Il fallait que j'arrive à admettre que Bella Swan était plus qu'une humaine, plus que la propriété de mon frère et plus qu'une femme-enfant très touchantes. Elle m'apportait un élan nouveau, des idées fraiches. J'admettais à la vue des preuves flagrantes qui attestaient ces dires que Bella Swan put être ma compagne d'éternité.

J'en étais désolée pour elle.


Pour celles et ceux qui sont intéressés : j'actualise mon profil régulièrement et affichent les nouveautés à paraitre et les montages photos des fictions. Vous pouvez m'envoyer mail ou mp pour engager une discussion avec moi. ^^

J'écris parallèlement une fiction (Jasper/Bella) et j'aurai besoin d'une lectrice et de sa plume. Contactez-moi si vous êtes intéressés.

J'avoue attendre vos réactions avec impatience sur ce chapitre POV Jasper. J'espère qu'il ne vous a pas déçu ! A bientôt ! A.