Hey ! J'étais au ski tous le week-end du coup j'ai pas pu publier dimanche (mea culpa).

J'adooooore ce chapitre. Je crois que c'est mon préféré de tous. J'aime Astrid (pas autant qu'Hiccup ou Jack, mais je l'aime quand même).

Et je vous annonce solennellement que la fin est très proche. Genre dans un ou deux chapitres (probablement 2). Donc voilà.

Bonne lecture !


Astrid se réveilla quelques heures plus tard. Hiccup dormait encore et ne sembla même pas l'entendre quand elle se leva. Toothless était lové contre son flanc. Il était 10h. Le brun était normalement matinal, voire insomniaque ; il n'avait pas dû dormir avant d'atterrir chez elle. En fait, vu les cernes qu'il avait, il n'avait pas dû dormir depuis vraiment longtemps.

Devait-elle appeler quelqu'un ? Son père… est-ce que son père l'avait mis dehors ou Hiccup avait fui la maison ? Tant qu'elle ne saurait pas plus, elle ne fera rien. Même si l'état léthargique de son ami la veille l'alertait vraiment. Elle devait laisser Hiccup dormir.

Lorsqu'elle retourna dans sa chambre à 14h, elle le vit réveillé. Couché sur le flanc gauche, face à elle, caressant distraitement son chat.

- Hiccup, bébé, appela doucement la blonde.

Le garçon posa son regard vide sur elle. Il ne prononça pas un mot. Astrid s'approcha, s'asseyant sur le lit.

- Tu veux que j'appelle quelqu'un ? De quoi tu as besoin ?

Hiccup secoua imperceptiblement la tête, déglutissant. Son mutisme inquiétait son amie mais elle ne l'embêta pas plus ; elle lui remit les cheveux en place avant de repartir au salon. Le soir, elle lui apporta à manger : il n'y toucha pas.

Ce manège dura cinq jour, durant lesquels Hiccup dormit beaucoup mais ne parla pas une seule fois, ne mangeant presque rien. Il se levait souvent, se promenant dans la chambre, rarement au salon, prenait de longues douches et n'avait pas remis sa prothèse depuis qu'Astrid la lui avait enlevée. La jeune femme s'occupait de lui du mieux qu'elle pouvait, n'arrivant pas à lui arracher de mots ou d'émotions. Elle avait prévenu les employés de la papeterie qu'il ne pourrait pas venir travailler, pour un temps encore indéterminé, et qu'il en était désolé.

Hiccup avait secoué la tête à chaque fois qu'elle avait demandé s'il fallait appeler quelqu'un : son père, un ami, l'hôpital. A la fin du cinquième jour, on sonna de nouveau à sa porte. Astrid poussa Toothless de sur ses genoux et alla ouvrir.

Elle écarquilla les yeux en voyant…

- Frost ?

- Dis-moi que tu sais ce qui est arrivé à Hiccup. Je t'en supplie, dis-moi qu'il va bien.

Le garçon avait l'air désespéré. Astrid fronça les sourcils. Elle s'écarta pour laisser entrer Jack. Celui-ci allait refuser mais quand il vit Toothless allongé de tout son long dans le canapé, il s'avança.

- Il est là ?

Astrid referma la porte.

- Oui.

- Il… il va bien alors ?

La blonde fut surprise de voir le jeune homme si inquiet ; il s'assit à côté du chat qu'il prit dans ses bras, le serrant contre lui, suppliant Astrid du regard. Elle finit par soupirer, haussant les épaules :

- Je n'en suis pas sure.

L'irlandais baissa la tête en reposant le chat. Il murmura d'un ton douloureux :

- J'ai cru que… ça fait quatre jours que je l'appelle, que je laisse des messages. J'ai appelé chez lui ; son père… son père m'a dit qu'il était parti. Je ne savais pas quoi comprendre, pas quoi faire. Tu es la première chez qui j'ai pensé qu'il serait s'il était encore… s'il allait bien.

Astrid réalisa à quel point Jack tenait à Hiccup. Elle ne pensait pas. Il en tremblait tant il avait eu peur. Elle se rapprocha de lui, mettant une main sur son épaule, le faisant redresser la tête.

- Sa mère est morte il y a trois ans. Il est ici depuis 5 jours ; il a débarqué avec sa valise et son chat. Je ne sais pas ce qui s'est passé. Il est muet depuis. Je ne peux rien obtenir de lui.

Jack hocha la tête, perdu dans ses pensées. Soudainement, il se leva, se dirigeant vers la chambre, qui était entrouverte. Astrid ne fit rien pour le retenir. Peut-être que cela motiverait Hiccup à sortir de sa torpeur.

Le jeune homme poussa doucement la porte. Hiccup était bel et bien là. Assis sur le rebord de la fenêtre, il regardait au dehors. Il ne portait pas sa prothèse, qui gisait au sol, et il n'était vêtu que d'un T-shirt et d'un short. Il ne réagit pas quand Jack referma la porte, s'appuyant contre elle.

- Hiccup ?

Entendre la voix de Jack fit réagir le garçon, qui tourna la tête vers lui, mais ne laissa transparaitre aucune émotion. Sa lèvre était fendue et une ecchymose s'étalait sur son nez. Il avait maigri, lui qui était déjà si mince. Il fixa ses yeux à leurs homologues bleus pendant quelques secondes puis les baissa, détournant déjà la tête. Jack s'avança vers lui, s'asseyant dans la même position, de l'autre côté du rebord de la fenêtre. Il regarda à son tour dehors, puis de nouveau son ami.

- Ça fait des jours que j'essaye de te joindre. J'ai cru que… pendant un instant, l'idée que tu aies pu avoir un accident, volontaire ou pas, m'a effleurée l'esprit. J'ai pas réussi à la supprimer. Je… Je ne peux pas te perdre Hiccup. Sans toi… C'est égoïste, mais j'ai trop besoin de toi. A un point que tu ne peux pas imaginer. Si je te perds, je me perds. Ça serait comme regarder Emma mourir une nouvelle fois sans pouvoir rien faire. Je peux t'aider. Je veux t'aider. Quoi que tu ressentes, quoique que tu veuilles, je veux être là pour toi, Hi…

Il ne put continuer Hiccup s'était glissé près de lui et avait posé ses lèvres sur les siennes. Jack se recula de quelques centimètres, juste pour rompre le contact, sentant son ventre se contracter violemment. Il planta son regard dans celui de son ami, incertain. Il n'était pas dégouté, juste décontenancé. Hiccup avait toujours ce même regard vide qui donnait la nausée à Jack ; il sembla s'éclairer de tristesse.

- Hiccup…

- Va-t'en Jack, souffla le brun d'une voix très rauque et faible tout contre les lèvres de l'irlandais avant de se remettre dans sa position initiale.

Son interlocuteur secoua la tête. Il ne savait pas quoi faire, pas quoi penser. Il lança sa main pour attraper celle de son ami.

- Je t'en supplie Hiccup, laisse-moi être là pour toi (« Let me in » était l'idée de base. Mais franchement, le français ne peut pas traduire ça correctement. Donc tant pis. Vous comprenez).

Jack lâcha la main d'Hiccup pour attraper délicatement son menton, mettant sa tête face à lui. Il ouvrit la bouche, faisant mine de parler, mais la referma sans rien dire. Il avait l'impression que quoi qu'il dise, ça ne suffirait pas. Pourtant, il ne pouvait se résigner à laisser son ami dans cet état. Il finit par détourner lui-même la tête, regardant une dernière fois Hiccup avant de se lever pour sortir de la pièce. L'autre n'avait pas bougé.

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Astrid était encore au salon, tapotant distraitement sur son ordinateur, sur la table basse. Elle releva la tête en voyant Jack se planté devant la pièce. Elle l'interrogea du regard.

- Tu aurais du thé ou un truc chaud à boire ? Demanda le garçon d'un ton las.

La blonde hocha la tête. Alors qu'elle s'affaira à la cuisine, Jack vint s'appuyer contre le comptoir, de l'autre côté, reposant sa tête dans ses bras.

- Comment tu fais pour supporter ça depuis cinq jours ?

La question surprit la blonde. Elle regarda Jack, de qui elle ne pouvait voir le visage. Elle émit un rire jaune :

- Tu ne l'as pas connu pendant sa rééducation, Frost.

Et elle réalisa :

- Il… il te l'avait dit, n'est-ce pas ? Pour sa jambe, pour sa mère. Tu n'as pas eu l'air surpris tout à l'heure et je sais qu'il ne met plus sa prothèse.

Cette fois, Jack regarda Astrid après avoir réfléchit un instant : effectivement, la vue du membre atrophié du garçon ne l'avait même pas choqué.

- Il me l'a dit pendant les fêtes cet hiver.

- Je m'en doutais. Bref, il a été dans bien plus piteux états, tu peux me croire.

Jack sembla réfléchir un moment. Il remercia la jeune femme quand elle lui tendit une tasse de thé. Elle s'assit en face de lui, buvant un café. Jack en profita pour regarder autour de lui. L'appartement était plutôt grand, très propre.

- C'est pour lui que tu es ici, il déclara. Tu aurais pu faire tes études n'importe où. Mais t'as pas voulu le laisser seul.

Astrid baissa les yeux avant d'acquiescer :

- Il est ma seule famille. Je n'ai pas de frères, de sœurs, pas de cousins, et mes parents ne pensent qu'à leur argent. Il a toujours été là pour moi. Je ne pouvais l'abandonner sachant qu'il ne lui restait que son père pour veiller sur lui.

Avant que Jack ne dise quoi que soit, elle continua d'un air menaçant :

- J'ai fait ça autant pour moi que pour lui. Il sait que je suis venu ici parce qu'il y était. Il s'en est voulu. Mais ça ne sert à rien : l'équipe de Hockey est bien meilleure, je n'ai plus mes parents sur le dos. J'aime ma vie ici.

- Tu aimes Hiccup ?

A nouveau, Astrid rit :

- Je l'ai aimé, longtemps.

- Je… je comprends, souffla doucement Jack. Il a dit quelque chose, tout à l'heure.

- Vraiment ? S'étonna la blonde. Qu'est-ce que tu as fait ? Qu'a-t-il dit ?

- Pendant un instant, j'ai cru qu'il allait vraiment me parler, réagir. Mais il m'a juste demandé de m'en aller. Je sais qu'il se tient pour responsable de la mort de sa mère mais… 3 ans après ? Qu'est-ce qui lui arrive ? Et ses marques au visage ; tu penses qu'il s'est battu ?

- C'est possible que ça soit avec son père. Sinon, je ne vois pas pourquoi il serait venu ici l'autre nuit.

- Qu'est-ce que tu penses de Stoïck ?

- Il n'était pas comme ça avant la mort de Val. Il l'aimait tellement… ça l'a complétement détruit. Pendant plus d'un an, il a ignoré son fils. Ce n'est que quand Hiccup a finalement réussit à marcher sans béquilles que Stoïck s'est finalement rappelé qu'il lui restait encore un membre de sa famille.

- Hiccup ne me l'avait pas dit…

- Ça a été une période horrible pour lui.

- J'imagine. C'est pour ça qu'ils sont si bizarres tous les deux ?

- Oui, approuva Astrid, parce qu'ils n'étaient vraiment pas comme ça avant.

- Tu crois que… que son père a déjà battu Hiccup ? Demanda Jack en grimaçant.

- Je ne sais pas. J'espère que non.

- J'aimerais qu'il aille bien.

- Il faudrait déjà qu'il se mette à manger. Ça serait un bon début.

Ils burent leur boisson en silence. Jack posa à nouveau ses deux bras sur le comptoir et installa sa tête dans le creux qu'ils formaient. Astrid repensa à une chose :

- Mais au fait, Hiccup m'avait dit que tu rentrais en Irlande ; qu'est-ce que tu fiches ici ?

Jack ne bougea pas. Il ne répondit pas. Astrid fronça les sourcils un moment puis sourit, un peu mauvaise.

- Tu dis de moi… espèce de sale hypocrite.

Elle ajouta, voyant que l'autre ne se défendait même pas :

-Tu n'es pas gay, Frost. Qu'est-ce qu'Hiccup représente pour toi ? Qu'est-ce qui fait que tu tiens tant à lui ?

Jack soupira. Il daigna enfin relever la tête vers la blonde, prenant un air désabusé, levant les bras au ciel :

- Je ne sais pas. J'en sais rien. T'as raison, je suis à 100% hétéro. J'aime les filles, j'aime le sexe avec elles. Pourtant j'ai l'impression que s'il arrive quelque chose à Hiccup, je ne me relèverai pas. Comme si… je ne sais pas, il est vraiment très important pour moi. Parfois beaucoup plus qu'il ne devrait.

Astrid fit une moue attendrie.

- Il fait ça aux gens. C'est inconscient, je pense. Je ne suis plus amoureuse de lui depuis longtemps. Mais quand on a couché ensemble au nouvel an, ça m'a vraiment fait quelque chose. Il me fait vraiment quelque chose.

Jack secoua la tête.

- Il faut qu'on l'aide. On ne peut pas le laisser comme ça.

Il se leva et marcha d'un pas décidé dans la chambre de la jeune femme. Hiccup n'avait pas bougé. Il sursauta quand il entendit la porte s'ouvrir violemment.

- Lèves-toi, dit Jack d'un ton ferme.

Le brun n'esquissa aucun geste, se détournant. Jack n'abdiqua pas ; il se rapprocha de son homologue et lui attrapa le bras, le forçant à se lever, le tenant fermement pour qu'il ne tombe pas. Il planta son regard déterminé dans celui, légèrement choqué, du garçon :

-Tu vas manger et tu vas nous parler, Hiccup.

Hiccup reprit de la contenance il ne dégagea pas son bras, se sachant trop faible pour ne tenir que sur une jambe. Il se dressa cependant, appréciant les quelques centimètres de plus qu'il avait sur Jack pour le regarder de haut. L'irlandais aperçu pendant moins d'une seconde de la colère dans ses yeux verts, puis à nouveau de l'indifférence.

- Va-t'en, Jack.

Le concerné se dressa lui aussi, et lança froidement :

- Tu ne sais dire que ça Haddock ? Pourquoi tu veux que je m'en aille ?

Jack sentit le brun s'affaisser légèrement, à bout de force, se retenant sur son bras qu'il tenait toujours fermement mais ne fit rien – bien qu'il s'inquiéta : le brun ne pesait rien. Il voulait qu'Hiccup se reprenne. Qu'il se remette à manger, à parler. A ressentir. Il déglutit.

- Tu n'es qu'un lâche, Hiccup Haddock. Un lâche et un égoïste.

Il sentit le jeune homme vaciller quand celui-ci répondit calmement :

- Voilà notre point commun, Frost.

Il fallait le faire réagir. Le faire rager. Le faire pleurer, le faire rire. Peu importe quoi, il fallait qu'il fasse quelque chose. Jack arrêta de respirer avant de déclamer doucement, rapprochant le brun tout près de lui :

- Oui mais moi je n'ai pas tué ma mère.

Il regretta ses mots avant même d'avoir décidé de les prononcer. Mais l'effet fut immédiat. Hiccup envoya son bras valide, poing en avant, percuter le visage de Jack. Celui-ci tomba en arrière, plus de surprise que de douleur. Le gallois, privé de ses appuis, s'effondra lui aussi en un cri de rage. Il rampa jusqu'à son ami qui était un peu sonné. Ce dernier eut à peine le temps de reprendre ses esprits qu'il se reçu un nouveau coup, pas aussi faible qu'il l'avait attendu. Hiccup, à califourchon sur lui, se mit à lui jeter ses poings au visage et au torse.

Il manquait de force, n'ayant quasiment pas mangé depuis 5 jours, mais il n'y allait pas de mains mortes. Jack réussit à se saisir de ses poignets et l'envoya sur le côté à l'aide d'un coup de reins.

- Arrête Hiccup, grogna le garçon, essoufflé.

Il se redressa, se tournant vers son ami pour le voir étendu sur le dos. Des larmes coulaient sur ses joues pâles et sa bouche était tordue en un rictus de suoffrance. Jack sentit son estomac se tordre ; il était responsable de ça. Mais au moins, Hiccup s'était réveillé. Il l'espérait. Jack se mit à quatre pattes, s'ébrouant pour chasser les points noirs qui dansaient devant ses yeux. Il sentait du sang couler sur ses lèvres, principalement ; il s'essuya lentement le nez, regardant les gouttes tomber sur le parquet. Il avisa Astrid à l'entrée de la pièce, probablement alertée par les cris. Elle grimaça en croisant son regard mais Jack la pria d'un regard de ne rien faire.

- J'aurais dû mourir…

Jack tourna brusquement la tête en entendant la voix cassée de son ami résonner dans la pièce. Il s'assit, les jambes pliées pour s'appuyer sur ses genoux, regardant tristement Hiccup. Il allait dire quelque chose quand le garçon parla à nouveau, fixant le plafond.

- C'est ce que mon père m'a dit. Qu'il donnerait tout pour que je sois mort ce jour-là.

- Ton… ton père t'as dit ça ? Souffla Jack, complément ahuri et il entendit Astrid réprimer un gémissement.

- Il m'a dit que je n'étais qu'un meurtrier, un menteur. Je le dégoute. Il m'a frappé et m'a mis à la porte.

- Hiccup… murmura douloureusement Astrid en se rapprochant de lui, s'agenouillant vers sa tête, caressant son front.

- Il a raison, continua le brun. Moi aussi je souhaiterais que ma mère ait survécu à ma place. Elle le méritait bien plus que moi.

Jack renifla, la tête penchée en arrière pour stopper le flux de sang qui sortait de son nez. Finalement, il s'allongea dans la même position qu'Hiccup, juste à côté de lui.

- Ta mère ne se serait jamais remise de ta mort, Hiccup. Les parents ne se remettent jamais de la perte d'un enfant. Crois-moi.

Le garçon tourna la tête vers lui. Il le regarda longtemps, calmé.

- Comment tu fais, toi ? Tes parents ne t'en veulent pas ?

Jack jeta un regard à Astrid puis soupira ; au point où il en était…

- Il m'en ont voulu. Pas d'être responsable de sa mort. Pas d'avoir été imprudent. Mais d'avoir failli y laisser la vie, moi aussi.

Hiccup fronça les sourcils, plus sûr de comprendre.

- Ce sont mes parents, Hiccup. Ils m'aiment plus que leur propre vie. Et si l'un d'eux pouvait donner la sienne pour ramener Emma, il le ferait sans la moindre hésitation.

Le garçon sentit les larmes lui monter aux yeux, sa gorge se serrer, son nez le chatouiller.

- Moi en tout cas, si je pouvais, je la ramenais au prix de ma vie. Parce qu'il n'y a pas un jour où elle me manque. Où je ne me sens pas comme le pire frère de la Terre. Où je ne me sens pas responsable, au point de ne pas pouvoir me regarder dans le miroir. Mais je ne peux pas changer le passé. Alors je m'accroche au présent, et j'essaye de vivre pour elle. Et j'ai des gens pour me soutenir ; ne pas les laisser m'aider, c'est une erreur. Parce que j'ai besoin d'eux. Comme toi, tu as besoin d'eux. Tu ne pourras pas te relever tout seul. La preuve en est que tu retombes toujours. Alors qu'Astrid, Mérida, tous tes amis, moi, on a tous la main tendue pour que tu l'attrapes. Ton père… je pense qu'il est juste comme toi. J'espère qu'il ne pensait pas ce qu'il a dit, qu'il était juste ivre de tristesse. Lui non plus n'a pas encore fait son deuil. Il faut que tu acceptes que ta mère est morte, Hiccup. Même si ça fait mal. Elles sont parties toutes les deux, et on doit l'accepter pour ne pas gâcher notre vie comme on a gâché la leur.

Hiccup pleurait toujours silencieusement. Astrid, qui le câlinait, n'était pas loin des larmes, tout comme Jack. Le gallois regarda son amie, levant mollement un bras pour lui caresser la joue. Astrid ferma les yeux à ce contact. Puis Hiccup tourna la tête vers Jack, laissant retomber sa main. Il l'avança en faisant mine de toucher le visage couvert de sang de l'autre mais s'arrêta en grimaçant.

- Je suis désolé.

Jack sourit, sentant une petite coupure sur ses lèvres le tirer.

- Je vais me débarbouiller. Va manger quelque chose, s'il-te-plait, Hiccup.

Le brun hocha presque imperceptiblement la tête et se redressa pour attraper sa prothèse.

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Jack grimaça quand il se rinça le visage dans le lavabo de la salle de bain. Hiccup avait vraiment tapé fort, en fin de compte. Il se redressa et croisa son reflet dans le miroir : sa lèvre inférieure était coupée, son nez était juste un peu bleu. Par contre, sa pommette droite était enflée et violette. Ouch. Malgré ça, il sourit : Hiccup s'était un peu repris. C'était le début de la guérison. Il l'espérait, en tout cas.

Lorsqu'il revint au salon, le brun était en train de manger un énorme bol de céréales, pendant qu'Astrid lui préparait un plat chaud. Lorsqu'il leva les yeux vers le nouvel arrivant, Hiccup hoqueta, fonçant vers son ami pour mieux inspecter son visage :

- Oh Jack… je suis vraiment désolé, je ne me suis pas rendu compte qu…

L'autre l'avait pris dans ses bras. Le geste surprit tellement Hiccup – il savait que Jack n'était pas le genre à donner des câlins – qu'il mit quelques secondes avant de l'enlacer en retour. Il restèrent un moment comme ça.

- Content de te retrouver, Haddock, souffla son ami en resserrant son étreinte.

Le jeune homme sourit, profitant du moment.

- Merci de m'avoir ramené, Frost. Et… désolé pour tout à l'heure.

Jack se recula un peu :

- Ça partira vite, tu sais que je suis solide.

- Je ne parlais pas des coups.

L'irlandais fronça les sourcils puis il comprit qu'Hiccup parlait du « baiser ». Il haussa les épaules :

- Je pense que je pourrais m'en remettre ; ne recommence plus sans ma permission, c'est tout.

Hiccup sourit à son tour, puis il retourna s'asseoir pour dévorer ses céréales. Jack le rejoint :

- Tu as besoin d'aide Astrid ?

L'interpellée se contenta de déclara un « non » sans se détourner de ses fourneaux.

- C'est terriblement cliché ça, ria doucement Jack. Les hommes qui attendent que la femme fasse la potée.

Pour toute réponse, il se reçut le rouleau d'essuie-tout sur la tête.

- Eh ! Se défendit-il, outré. Je suis blessé.

La blonde se retourna pour le regarder d'un air dépité. Le garçon reprit son sérieux.

- Tu vas faire quoi, Hiccup ?

L'autre tourna la tête vers lui, étonné de la question. Il laissa passer un moment avant de répondre d'une petite voix :

- Je devrais aller voir mon père. Mais j'ai trop peur de sa réaction.

- Tu peux rester aussi longtemps que tu auras besoin, Hiccup. Et puis tu sais… l'appartement est vraiment grand. Il y a trois chambres, dont une que j'ai refaite en bureau, mais l'autre est restée une vraie chambre. Mais si ça te tente, tu peux emménager ici. Pas question que je paye tout pour toi, hein. Une vraie collocation.

Hiccup sourit, ravi de l'idée mais se résigna bien vite :

- Je… je n'ai pas les moyens Astrid. Il faudrait que je trouve un travail même pendant les cours.

- Tu sais bien qu'ils sont toujours débordés à la papeterie. Ils seraient ravis de t'avoir tout le temps. Et je ne paye pas mon loyer très cher.

Soudain, le garçon jura :

- Ça fait cinq jours que je n'y suis pas allé !

Astrid lui répondit vite, rassurante :

- Je les ai appelés le premier jour j'ai dit que tu étais malade. Que tu reviendras quand tu iras mieux.

- Oh mon Dieu, tu es vraiment la meilleure, soupira de soulagement le brun. Je… Je vais les appeler. S'ils veulent bien me faire un contrat, considère que tu ne vis plus seule.

- Tu vas le regretter ? Demanda Jack, la bouche pleine de brioche qu'il avait piqué sur la table.

- Probablement, ricana la blonde.

- Mais je devrais quand même aller… enfin parler à mon père ?

- Hiccup, soupira à son tour Astrid, je pense que… je crois qu'il faut laisser du temps à Stoïck.

- Le temps de quoi ? Je le connais, Astrid, il pourrait faire une bêtise, je le sais.

Jack intervint, la voix rauque :

- Il en a déjà fait une.

Il ajouta, voyant le regard interrogateur des deux autres :

- Il a frappé son fils et l'a foutu dehors. Il va s'en rendre compte. Il faut juste lui laisser le temps de réaliser que tu es encore là.

- La dernière fois qu'il a décidé que je ne méritais plus de faire partie de sa vie, ça lui a pris un an pour ne plus m'ignorer.

- Laisse lui le temps, insista Astrid d'un ton sans réplique. Ça vous fera du bien à tous les deux de ne plus vivre ensemble.

Jack hocha la tête quand Hiccup le regarda pour du soutien.

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Les jours passèrent. Hiccup était finalement allé chez lui récupérer ses affaires – en pleine journée, pour ne pas voir son père – pour emménager avec Astrid quand la papeterie avait accepté avec plaisir de lui faire signer un CDI à temps partiel. C'était fait. Jack passa souvent et l'appela tous les jours, parfois plusieurs fois, pendant presque deux semaines complètes pour être sûr qu'il allait bien. Hiccup passa d'ailleurs toute une journée chez lui pour discuter de ce que l'irlandais avait fait dans son pays natal le brun était vraiment soulagé de voir que Jack s'ouvrait définitivement à lui. De son côté, ce dernier passa également du temps avec ses amis, qu'il eut plaisir à retrouver.

Bien vite, la rentrée arriva. Avec elle son lot de retrouvailles. Mérida, que Sab était allé chercher chez elle le matin même, en amoureux parfait, se lança à toute vitesse vers Hiccup, qui discutait avec Jack, et elle lui câlina une jambe – la droite, Dieu merci.

- Tu m'as trop manqué mon Hiccup ! Ronronna-t-elle et le garçon se baissa pour lui embrasser le front.

- Toi aussi tu m'as manqué, ma grande.

Sab signa à toute vitesse en soufflant. Jack ria en retour et précisa en voyant l'expression perdue d'Hiccup :

- Il est jaloux ; Sab n'a pas eu droit au câlin de jambe.

Le brun ria à son tour puis se tourna vers le jeune muet :

- Tu as droit à d'autres choses que je n'ai pas, Sandy, ne te plains pas, laisse-moi au moins les câlins de jambe.

Sab ria silencieusement. Raiponce arriva, passa d'abord vers Aster, avec qui elle s'entendait vraiment très bien, puis vers Tatiana et North, puis vers les jumeaux, Astrid, Rustik et Varek et enfin, elle arriva vers le petit groupe.

- Salut tout le monde, chantonna-t-elle en faisant de joyeuses bises.

Tous se regardèrent, les sourcils haussés.

- Quoi ? Continua de chantonner la blonde.

- Bah qu'est-ce qui t'arrive, Blondie ? Ria Jack.

- Je suis heureuse, c'est tout. C'est interdit monsieur-je-ne-suis-jamais-content ?

- Gratuit, ronchonna-t-il alors que Mérida pouffait de rire.

- Donne nous des détails, sourit malicieusement Hiccup. Comment il était ?

Soudain, Raiponce vira au rouge et se tourna, honteuse, vers son ami :

- Pou… pourquoi tu crois qu'il y a quelqu'un ?

- Oh je t'en prie, regardes-toi, continua de rire le garçon.

- Pour votre information, il s'appellerait Eugène.

Elle ajouta d'un ton crâneur :

- C'est un français.

Mérida réagit aussitôt :

- Oh mon dieu Raiponce ! Elle a réussi à pécho un français. Sexy ?

Sab fit mine de bouder ; à peine Mérida lui attrapa-t-elle la main qu'il lui sourit à nouveau amoureusement.

- Tu n'as pas idée. C'était les meilleures vacances de ma vie. J'aurais aimé qu'elles ne finissent jamais… j'ai gardé son numéro, mais je ne pense pas le recroiser un jour. C'était quand même un coup d'enfer.

- Oh, Blondie, fit, compatissant, Jack. Tu en trouveras bien d'autre, t'inquiètes pas. Moi par exemple, je suis célibataire.

La jeune femme rit quand même.

- Merci Jack, je retiens la proposition. Hiccup, au cas où, tu n'as toujours pas changé de bord ?

Le brun ria et offrit un sourire en coin qui fit fondre Raiponce :

- Tu seras une des premières au courant si ça arrive.

Cette phrase lui valut un coup de poing de la part de Jack.

- Arrête de la draguer si tu n'es pas intéressé, charlatan !

C'était la rentrée, et se retrouver fit du bien à tout le monde. Le projet, un peu stoppé pendant les vacances, reprit à grande vitesse, les élèves réalisant qu'il ne leur restait que 4 mois pour tout finaliser.

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Au mois d'Octobre, Hiccup n'avait toujours pas de nouvelles de son père, bien qu'il ait envoyé par deux fois Astrid vérifier qu'il était au moins en vie. Alors qu'un samedi, il travaillait à la papeterie, il vit entrer Jack, Aster et Tatiana.

- Salut beau brun, le salua Jack. Ça va ?

- Salut vous. Qu'est-ce que vous faites ici ?

- Bonjour Hiccup, salua joyeusement Tatiana qui se lança aussitôt dans une rapide explication : En fait on vient pour le projet. On a 6 intervenants, comme tu sais. Mon groupe aimerait bien qu'on les intègre aux affiches. C'est une façon de les annoncer. Comme ça, on ferait 2 affiches différentes par intervenants ? Ou on ne les met qu'une fois, pour ne pas les mettre deux fois dans la frise ? Bref, on voulait avoir ton avis, comme tu fais partie du groupe com.

- Les garçons vous en pensez quoi ? Demanda Hiccup.

- Justement, le problème est là, grimaça Jack. Aster aime bien l'idée que les intervenants soient présents deux fois mais moi je préférerais qu'ils ne soient représentés qu'une seule fois.

Le jeune homme réfléchit un instant.

- Bah… je pense un peu comme Aster. Surtout qu'on a tous des styles bien différents, donc ça sera rigolo de les voir en deux fois.

Jack pinça les lèvres, prenant un air faussement déçu.

- Ok. C'est de la trahison. Je venais pour du soutien et tu me poignardes dans le dos. Je croyais que je comptais pour toi Hiccup.

- Eh bien comme ça au moins, la question est réglée, sourit hypocritement Aster.

Hiccup ria et sourit sincèrement à son ami.

- Tu finis dans combien de temps ? Demanda Jack en répondant finalement à son sourire. Je pourrais t'attendre.

- Viens à l'appart demain si tu veux, parce que là, je ne finis dans deux heures. J'en vois pas le bout de cette journée…

- Courage, dit gentiment Tatiana.

- On se voit demain alors, salua Jack.

- Salut Haddock, lança nonchalamment Aster.

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Le soir arriva enfin et Hiccup put rentrer chez lui. Enfin, son nouveau chez lui, qui était un « chez Astrid » aussi. Toothless s'était habitué au grand appartement. Et Hiccup aussi. Il se sentait bien. Lorsqu'il arriva dans le salon, il y trouva Astrid, affalée dans le canapé, qui dessinait distraitement.

- Salut bébé, dit-elle en entendant la porte.

- Salut toi, murmura Hiccup en plantant un baiser sur son front. Qu'est-ce que tu nous fais ?

- Aster et Jack nous ont dit que ça serait bien qu'on fasse des croquis pour lundi, pour préparer les affiches. Ils ont dit qu'ils étaient passé te voir.

- Oui. C'est plus que temps, on est vraiment à la bourre.

- Ouep. J'ai envoyé la liste des intervenants sur le groupe Facebook et chacun à choisis quelqu'un pour qu'on ne dessine pas dix fois le même type. Du coup tu te retrouves avec… La sculptrice.

- Oh cool, déclara la brun, motivé.

Tous les étudiants s'étaient mis d'accord pour faire un décor de lac gelé en fond, avec en premier plan un chemin enneigé, et quatre ou cinq affiches contiendraient des arbres en nombre ; à l'image du parc dans lequel se passait l'évènement. Le garçon se mit lui aussi au travail. Le lendemain, Jack passa la journée avec eux.

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Les affiches furent prêtes fin Octobre, imprimées début Novembre et, en Décembre, tout était en place au niveau de la communication. Le travail fait avait été, selon leurs professeurs, remarquable. L'événement faisait déjà des bruits et on attendait beaucoup de visiteurs.

Les vacances d'hiver commencèrent enfin ; le jour de l'évènement arriva. Tout était prêt : le groupe responsable avait accueilli les intervenants en temps et en heure la veille, les avait conduits dans leur hôtel. Le groupe de préparation avait tout mis en place au parc où se passerait la journée. Le matériel pour le patinage et les sculptures avait été loué, les assurances et autorisations signées, les médias prévenus, les œuvres installées. La neige elle-même était au rendez-vous et avait embellit le parc.

Hiccup était surexcité. Il traina Astrid, bien moins motivée que lui jusqu'au parc, à 7h30. Techniquement, celui-ci n'ouvrait ses portes à 9h, mais il y avait encore beaucoup de choses à peaufiner. Ils arrivèrent, en avance, évidement. Sur place, il y avait déjà les deux professeurs responsables du projet, Raiponce, Tatiana et North. Les sérieux de la classe, en fait. Du coup, Astrid ronchonna encore plus, ne comprenant pas pourquoi elle devait être là si tôt.

- Ça n'est pas parce que j'habite avec toi qu'on doit tout partager. Je suis intelligente sans être fayote, moi.

- Oh mais tuez-la, soupira Hiccup, la main dans la sienne en la forçant littéralement à s'intégrer au groupe.

Tatiana leur sourit puis fronça les sourcils :

- Je ne savais pas que vous habitiez ensemble… que vous étiez ensemble, en fait.

Ils rirent tous les deux, mais Astrid fut plus rapide pour répliquer :

- On est juste colocataires, il me faudrait une bite pour être en couple avec lui.

- Eeeeet nous sommes ravis de le savoir, dit un des deux profs en se retenant de rire.

Hiccup voulut s'enterrer : il gémit de honte alors qu'Astrid se contenta de sourire.

- Il est 7h30 et vous parlez déjà de sexe, ria une voix derrière eux. Ça ne m'étonne pas de toi, Astrid.

En arrivant vers ses amis, Jack ajouta à l'intention des adultes :

- Oups, bonjour mesdames, messieurs.

- Les garçons ! S'offusqua Raiponce. Et Astrid ! Apprenez à vous tenir, un peu.

L'autre professeur rigola en regardant son collègue :

- On a été jeunes nous aussi.

Hiccup frappa Jack avant qu'il ne fasse une réflexion désobligeante et celui-ci lui sourit de toutes ses dents en le bousculant avec affection.

- Qu'est-ce que tu fais déjà là, Frost, de toute façon ? Demanda gentiment Hiccup.

Jack haussa nonchalamment les épaules.

- Je me suis réveillé tôt et je m'ennuyais.

A 8h30, les derniers élèves arrivèrent les derniers détails furent révisés et on alla chercher les intervenants. A 9h, tous étaient prêt à accueillir le public, qui s'avéra d'abord rare mais, à partir de 10h30, abondant, pour le plus grand plaisir des étudiants.

Jack s'occupait du stand de sculpture sur glace avec deux des intervenants, Tatiana, Sab et North. Au patinage, sur le lac, il y avait deux patineurs artistiques, un joueur professionnel de Hockey, Hiccup, Astrid et Rustik. Mérida était au stand peinture avec les jumeaux et Varek, ainsi que le dernier intervenant. Il y avait bien entendu une boutique sur place, avec des sculptures et peintures, que tenaient Aster et Raiponce. Deux personnes étaient venues également : des sponsors qui tenaient un stand de nourriture (crêpes, gaufres, churros, marrons et vin chaud, la vie en somme).

Chacun avait son poste, et ils tournaient pour manger et faire des pauses. La journée se passait excellemment bien ; tout le monde s'amusait et, mine de rien, cela commençait à rapporter beaucoup d'argent.

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Alors que, dans l'après-midi, Hiccup guidait une très jeune fille pour lui apprendre à patiner, il sentit un regard sur lui. Il releva les yeux, en cherchant la source. Qu'il trouva être Jack, en pause, se tenant à la balustrade qui entourait le lac. Après une minute, Hiccup raccompagna la petite vers sa mère, aussi ravie qu'elle. Elle fit un grand coucou au brun quand elle repartit, après lui avoir embrassé la joue. Hiccup souriait encore quand il patina jusqu'à Jack.

- Tu es adorable, Hiccup, soupira celui-ci.

- C'est elle qui était adorable, répondit au tact-au-tac le garçon. C'est tellement cool de les voir monter sur la glace pour la première fois.

- Je le sais.

Hiccup tourna la tête vers son ami en entendant sa voix faible. Il pensait à Emma, évidemment. Le gallois attendit que l'autre reprenne la parole, ne sachant pas s'il voulait en parler ou pas.

- Je peux venir ? J'ai au moins 30 minutes à tuer.

Hiccup hocha la tête et se dirigea vers l'entrée, où il attendit que l'irlandais soit chaussé. Ils partirent tous les deux beaucoup plus loin.

- Tu te rappelles, l'année dernière ? Demanda Jack.

- Tu m'avais dit que tu ne savais pas patiner, ria le brun, comprenant de suite à quoi il faisait allusion.

- Oui, c'est vrai. Et tu m'avais forcé à le faire.

- Je n'aime pas les gens qui ne se dépasse pas.

Disant cela, Hiccup faisait des larges cercles, et Jack l'imita en sens inverse.

- Je me suis dépassé. Je n'étais pas monté sur des patins depuis Emma.

- Et te revoilà à nouveau sur la glace. Qu'est-ce que ça te fait ?

- Du bien. Un peu de mal, aussi. Ça réveille des souvenirs. Mais… avant toi, c'était des souvenirs douloureux. Depuis, ils sont joyeux, même si un peu nostalgiques.

Hiccup lui sourit, les yeux brillants. Jack changea vite de sujet :

- Ta jambe ne te fait pas mal quand tu patines ?

- Si, parfois. Mais j'ai pris l'habitude avec le Hockey. Mon moignon me fait assez mal pendant quelques heures après mais si je le masse et que je mets de la pommade, c'est largement supportable.

Il ajouta en riant :

- Il ne faut juste pas que je m'amuse à faire des triple Axel, c'est tout.

- Tu sais en faire ? S'étonna l'autre.

- Pas le moins du monde.

Alors Jack ria à son tour.