Je vous adore tellllllllement. Vous êtes des lecteurs tellement géniaux et ça devient plus possible d'exprimer toute ma gratitude.
Passer la barre des 500 reviews en 10 chapitres j'ai complètement halluciné. Tous vos messages et tweet sont en train de devenir une drogue euphorisante pour moi XD
Du coup j'espère vraiment être à la hauteur de tout ce que vous m'apportez.
Pour ce qui est de la longueur du chapitre j'essaie de revenir à quelque chose de plus "raisonnable'" à partir de maintenant parce que je vais pas pouvoir faire 8000 mots chaque semaines XD 7000 je me dis que c'est une bonne moyenne :D
Rien ne m'appartient
Bonne lecture à tous et on se retrouve en bas :)
Chapitre 11) C'est à cause de mes sentiments ?
Jour 19 : Train de 17h15
Emma n'osait plus bouger, leurs mains toujours l'une sur l'autre à travers la vitre. Leurs yeux ne se quittant pas, aucune des deux ne s'était aperçues qu'elles s'étaient chacune rapprochées autant que possible de leur mince séparation. Elle ne savait pas ce qui se passait dans l'esprit de la brune, mais dans le sien une seule révélation bouillonnait. Une seule pensée qu'elle savait depuis longtemps sans jamais avoir osé se l'avouer pleinement.
« Je t'aime. »
Regina sembla être ramenée à la réalité par son interlocuteur car elle sursauta et se mit à parler avant de raccrocher, sans avoir bougé. C'est elle qui ouvrit la porte et elles durent s'éloigner pour ne pas se faire mal.
« Maman. » Cria Henry en tendant les bras vers elle.
C'est ce qui leur fit rompre leur regard et Regina prit son fils dans ses bras, séchant les dernières larmes qui subsistaient sur ses joues rebondies.
« Il s'est mit à stresser en ne te voyant plus alors je l'ai amené ici. »
C'est au regard que lui lança la brune qu'Emma se rendit compte qu'elle l'avait tutoyée, elle préféra ne rien dire et voir comment elle allait réagir.
« Tu as eu raison. » Répondit Regina en lui souriant.
Elles retournèrent à leur place en silence et Regina s'assit avec Henry sur ses genoux face à elle. Emma allait s'asseoir en face quand une main sur son bras la retint.
« Quand il a eu un gros chagrin, mon petit chaton s'endort toujours après en se calmant. »
« Pas vrai. » Geint l'enfant en baillant, se remettant de ses émotions.
Regina la regarda et lui indiqua de s'asseoir à côté d'elle. Elle commença à câliner le dos de son fils d'une manière experte et efficace. Rapidement sa tête commença à dodeliner et il semblait se détendre à chaque caresse.
« Tu es douée pour le faire se calmer. »
« C'est le super pouvoir 'maman'. Je connais chaque détail de ce qu'il est, je sais que quand il n'arrive pas à dormir à cause d'un cauchemar il faut le laisser se mettre sur le ventre quand il commence à se calmer. Puis il faut câliner son dos du bas à la nuque lentement en chantant une comptine, puis quand il est totalement calme il faut le basculer doucement sur le dos et chasser les monstres. »
« Comment chasse-t-on les monstres ? »
Regina tourna doucement l'enfant dans ses bras et glissa sa main sur son ventre.
« Câliner en croix en disant, 'maman est là, maman garde, maman surveille, maman protège maman t'aime et veille sur tes rêves. »
A ce stade là Henry était complètement endormi et la brune arbora un grand sourire tendre et fier à la fois.
« Et voilà. » Dit-elle en se tournant vers Emma.
La blonde la regardait avec tout l'amour qu'elle ressentait, et elle dut lire quelque chose dans ses yeux car Regina perdit légèrement son sourire et rougit en mettant une mèche derrière son oreille.
Emma était troublée et ressentait le besoin de mettre des mots sur ce qui s'était passé.
« Tout à l'heure c'était assez… Comment dire… Ce qui c'est passé c'était... »
« Shhhh. » La coupa la brune en posant ses doigts sur ses lèvres.
Elle glissa sa main sur sa joue et alla jusqu'à prendre une mèche de cheveux qu'elle laissa glisser entre ses doigts. Emma frissonna de la tête au pied, électrisée par ce simple geste.
Elle continua ainsi, ses yeux chocolats la détaillant comme pour lire en elle ou mémoriser chacun de ses traits, elle essaya de dire autre chose mais encore une fois la brune posa ses doigts sur ses lèvres pour l'en empêcher.
« Regina. » Dit-elle en prenant sa main dans la sienne et en la tenant contre elle.
La pianiste continua d'ignorer ses mots et étendit lentement ses doigts pour coller sa paume contre son cœur. Instantanément il s'emballa dans sa poitrine et le trouble augmentant chez sa voisine qui pouvait le sentir.
« Regina j'ai besoin qu'on en parle. »
« Pas maintenant s'il-te-plait, je ne suis pas prête. » Murmura-t-elle.
Emma soupira alors mais sans énervement, elle comprenait mais voulait malgré tout clarifier certaines choses, savoir si elle devait faire taire ses espoirs où au contraire les laisser éclore au rythme de la brune.
« Est-ce que je peux au moins dire ce que moi j'ai… »
« Je sais Emma, je crois, et je crois que…. Que… moi aussi. » Sa voix était quasiment inaudible et ses yeux fuyaient les siens. « Mais pas maintenant, je suis pas… Il y a… Tout est trop… Est-ce qu'on… Est-ce qu'on ne pourrait pas… Rester comme ça… Encore un peu. »
La jeune vendeuse sentit son cœur fondre devant autant d'insécurités et de doutes alors elle caressa sa joue le plus tendrement possible.
« Tout le temps qu'il faudra. »
« Merci. » Répondit Regina en se penchant vers elle pour déposer un baiser sur sa joue.
La brune cala mieux son fils dans ses bras pour se pencher et poser sa tête sur son épaule. Emma ferma les yeux en calant sa tête sur la sienne et soupira de bien-être quand sa voisine se mit à entortiller leurs doigts et jouer avec.
« Tout est trop… compliqué… Je voudrais que rien ne change pour nous je voudrais… »
« Regina. » La coupa-t-elle. « Rien ne change, je te promets que rien ne change. »
« Emma je ne veux pas te faire souffrir. Y a Kathryn et… j'ai besoin de temps pour… »
« Tans que tu es honnête envers moi, alors tu ne me feras pas souffrir. »
La brune recommença à jouer avec ses doigts tendrement avant de soupirer.
« J'ai peur. »
« Moi aussi. »
La gare d'Emma fut annoncée en approche et Regina se releva pour commencer à doucement réveiller son fils.
« Non ne le réveilles pas. »
« Si je ne le fais pas il va être triste de ne pas avoir dit au revoir. »
Elle sourit et ébouriffa les cheveux de l'enfant qui ouvrait de petits yeux.
« Emma. » Marmonna-t-il, la gonflant de bonheur à l'entente de son prénom comme premier mot prononcé.
« Je te dis au revoir gamin. »
« A demain ? »
« Non chaton, demain maman travaille pas et lundi c'est Emma qui travaille pas. Alors à mardi. »
L'enfant fronça ses sourcils et Emma dut s'empêcher de rire face à la ressemblance qu'il y avait entre la mère et le fils quand ils faisaient ça.
Il se redressa pour se laisser tomber dans les bras de la blonde qui le rattrapa de justesse et sourit dans le gros câlin qu'il lui offrait. Elle ne savait pas trop comment agir avec l'enfant qui se faisait lourd dans se bras et fut encore plus confuse du soudain rire de sa voisine.
« Il s'est rendormit. » Dit-elle entre deux gloussements.
« Comme j'envie les petits qui s'endorment en deux secondes et n'importe où. »
« Moi aussi. » Répondit Regina en le reprenant. « A mardi alors. » Dit-elle plus sérieusement.
« A mardi. »
« C'est loin. »
« Trop loin. »
« On a nos téléphones. » Dit la brune un peu timidement.
« Heureusement. »
Regina l'attira vers elle pour déposer un dernier baiser sur sa joue. Contrairement aux précédents, il fut plus appuyé, plus long, et plus lourd de sens.
Une situation compliquée certes, mais une affection belle et bien réciproque.
Jour 20 train de 6h22 :
Emma souffla en s'étalant sur sa place, elle regarda longuement la place vide à côté d'elle et s'allongea dessus. Sa tête au niveau de la fenêtre et ses jambes dans l'allée, collées au siège, elle pesta après sa solitude. Elle avait posé la caisse à chat qui lui servirait à transporter l'oisillon que Mary-Margareth avait immédiatement accepté de recueillir, repensant au message que lui avait envoyé Regina décrivant l'excitation de son fils en apprenant la nouvelle.
Une personne passa alors dans l'allée et cogna ses genoux, ce qui eut le don de faire bouillir une colère en elle qu'elle n'avait pas ressentit depuis un moment déjà, depuis qu'elle avait rencontré Regina. Elle fusilla l'homme du regard et sa colère redoubla en voyant que c'était celui qui avait voulu s'installer à côté de la brune quelques temps plus tôt, lui prenant sa place et reluquant son décolleté.
« C'est bon je vais pas prendre 'votre place' » Pesta-t-il. « C'est pas ma faute si vos jambes en dépassent. »
« Surtout que vous n'avez aucun intérêt à vous asseoir là aujourd'hui, celle que vous vouliez mater n'est pas là. »
« Non mais vous vous prenez pour qui ? »
« Pour une femme qui n'était pas dupe sur vos intentions, soyez honnête vous n'arriviez pas à la regarder dans les yeux. »
« Je vous permet pas, mais vous êtes complètement malade. »
A cette phrase, Emma réalisa qu'effectivement sa réaction n'avait pas lieu d'être et qu'elle s'acharnait sur ce pauvre homme sans vrai raison. Elle soupira pour se calmer et se contenta de lui lancer un regard assassin qu'il préféra ignorer en continuant son chemin.
Elle brancha ses écouteurs et mit la musique à fond pour essayer d'occuper son esprit. Après presque vingt minutes elle songeait à la sensation de la bouche de la brune sur sa joue, essayant de se remémorer ce touché quand un bruit de texto raisonna dans ses oreilles, la faisant bondir. Elle s'assit en enlevant ses écouteurs par peur que ça se reproduise et regarda qui pouvait bien lui écrire à 6h40 du matin.
Toute sa mauvaise humeur s'envola d'un coup quand elle vit que c'était Regina et elle voulut se frapper d'être aussi fébrile en ouvrant le message.
*Bonjour*
Un immense sourire illumina son visage, totalement disproportionné par rapport au contenu du texto mais Emma s'en moquait.
'Bonjour' Répondit-elle.
*Es-tu heureuse d'avoir retrouvé ta place que pour toi ?*
'La mienne ça va par contre la tienne est vide…'
*Insinuerais-tu que je te manque*
'Je le dis clairement'
Emma se mit à angoisser légèrement en ne voyant aucune réponse venir pendant cinq minutes. Elle se raisonnait en pensant au fait qu'elle avait surement fort à faire avec Henry quand son portable sonna enfin.
*En me réveillant j'ai commencé à me préparer puis j'ai réalisé que je n'allais pas te voir avant mardi.*
'Tu pensais devoir prendre le train ?'
*Je pensais à hier et j'ai commencé à me préparer comme si on était n'importe quel jour de la semaine*
'A quoi pensais-tu ?'
Emma tapotait nerveusement son téléphone en attendant une réponse qui tardait encore à venir.
*A ce que tu as essayé de me dire*
Elle sourit malgré elle en voyant qu'elle n'était pas la seule à vivre et revivre dans sa tête les évènements de la veille.
'Tant que tu ne seras pas prête alors considère que je n'ai rien essayé de dire'
Le simple fait d'envoyer ce message lui serra le cœur tant elle se mentait à elle-même. Mais elle le savait, pour Regina, elle allait ravaler ses sentiments autant de temps qu'il faudrait, autant de temps qu'elle pourrait.
*Je ne veux pas que tu souffres*
'Je ne souffre pas, je vais bien.'
*Les choses sont tellement compliquées*
Emma commença à sentir qu'il y avait plus derrière les mots de la brune.
'Tout va bien Regina ?'
*Pourquoi dis tu ça ?*
'J'ai l'impression que tu veux parler de quelque chose sans oser le faire'
'C'est à cause de mes sentiments ? C'est ça qui te bloque ?'
'Laisse hier de côté Regina, je suis toujours l'agaçante inconnue dans un train, et je suis ton amie, je suis là pour toi'
Elle souffla de frustration, se forçant à ne pas envoyer plus de messages. Elle était terrifiée à l'idée que la jeune pianiste change à cause des sentiments qu'elle n'avait pas su cacher et garder pour elle.
*Tes sentiments…*
Emma remonta le fil de ses messages et écrasa sa tête sur le dossier de la place de devant en s'apercevant de son lapsus.
Elle commença cinq messages qu'elle effaça aussitôt et décida de la jouer honnête plutôt que de s'enfoncer un peu plus.
'Je pensais que tu avais compris, mais ça ne doit pas entrer en ligne de compte, je ne sais pas moi-même ce que c'est, la seule chose qui importe c'est que je suis ton amie et que je suis là.'
*C'est ça qui est compliqué, c'est pour ça que je ne veux pas te faire souffrir.*
Emma éloigna son téléphone d'elle comme si changer son angle de vue allait l'aider à mieux comprendre ce que la brune essayait de lui dire.
*Je ne veux pas que ça n'entre pas en ligne de compte*
Si elle n'avait pas été assise, la jeune blonde serait tombée de sa place tant son cœur se mit à battre, ses jambes se transformant en gelée.
*Mais il y a Kathryn, j'ai besoin de comprendre ce qui m'arrive et où j'en suis.*
Maintenant Emma en était sûre, quelque chose n'allait pas et elle n'osait pas lui en parler.
'Regina mettons tout ça de côté pour le moment, je sens que quelque chose ne va pas, parle moi'
'S'il-te-plait'
*Je crois que mon mariage et foutu*
*Je crois que je le sais depuis longtemps*
*Je crois que je veux avancer*
*Mais je ne sais pas comment*
*Et je ne veux pas te perdre en route*
'Pourquoi me perdrais-tu en route ?'
*A cause de la situation, des choses qui vont se passer. Rien n'est simple.*
'Et depuis quand la vie est-elle simple ? Quoi que je dise tu auras toujours ce doute en toi alors je ne vais pas essayer les éternels, « Je suis là et je ne t'abandonnerai jamais ». Je vais te le prouver au jour le jour, pas que par mes mots mais par mes actes'
*J'aimerai pouvoir faire un bon dans le temps pour savoir à l'avance qu'elle sera ma vie dans un an*
'Vivre en sachant ce qu'il adviendra demain n'est pas une solution, si tu avais pu voir ou tu en serais aujourd'hui quand tu as commencé avec Kathryn, aurais tu rompus ? Le chemin parcouru, au moins une partie, n'en vaut-il pas la peine ?'
*Nous avons été heureuses, je crois que je comprends ce que tu veux dire.*
'C'est vrai ?'
*Oui, il y a eu Henry. Alors effectivement, quel que soit le dénouement, Henry et nos belles années valent le coup d'avoir emprunté ce chemin*
'Voila qui est bien dit :) Maintenant dis moi, qu'est ce qui se passe ?'
*Kathryn me trompe*
Emma se retint de répondre « Ca jusque là rien de nouveau » et chercha une formulation plus diplomate.
'Tu n'avais pas cette certitude l'autre jour'
*Ah, je vois que tu retiens le 'je te l'avais bien dit' qui doit te bruler les lèvres, merci j'apprécie :P*
Emma tiqua quelques instants sur le smiley en imaginant la brune tirer réellement la langue. Elle tapa rapidement une réponse avant de se dépêcher de descendre du train qui arrivait en gare de Boston.
'Regina c'est faux je n'ai pas pensé ça'
*Même en ne t'ayant pas en face je sais que tu mens :P*
'… Je ne l'ai pas pensé comme ça… Sérieusement Regina c'est un sujet sensible pour toi je ne me permettrai pas je te le promets' Répondit-elle, démarrant son trajet jusqu'au magasin les yeux rivés sur son téléphone.
*Je sais Emma, pour te répondre je l'ai entendu au téléphone hier soir, elle disait à une personne de ne pas rappeler à cette heure là, elle était contrariée par cet appel, elle a dit que déjà les messages c'était trop alors l'appel il fallait arrêter. Elle a raccroché et m'a rejoint dans le lit pendant que je faisais semblant de dormir, elle a voulut qu'on fasse… des choses… et quand j'ai dit non elle s'est énervée et est partie prendre une douche.*
Emma soupira de soulagement malgré elle en lisant qu'elles n'avaient pas couché ensemble. Elle commença à taper une réponse et manqua de se faire écraser par une voiture qu'elle n'avait pas vue, trop absorbée par téléphone. Elle se dépêcha alors d'arriver pour pouvoir lui répondre au calme. Elle entra dans le magasin, dit un bonjour rapide et fonça dans l'arrière boutique pour découvrir un nouveau message.
*J'ai pas pu m'en empêcher j'ai prit son téléphone dans son sac et j'ai été voir ses textos, les derniers étaient de « Marc (travail) » et ce n'était pas des messages… classiques dirons-nous.*
'Sextos ?'
*Même le mot sextos est faible à ce stade là*
'Pornstos ?'
*Comment fais tu pour me faire rire sur un sujet pareil ?*
'C'est le charme Emma'
*J'ai vaguement entendu parler de ça…*
' :P'
'Pardonnes-moi de ma question mais, en as-tu déjà fait avec elle ? Je demande ça pour essayer de comprendre son comportement'
Depuis sa conversation avec Aurore, Emma se posait des milliers de question sur le « C'est pas quelque chose qu'elle fait c'est quelque chose qu'elle est »
Regina était-elle trop classique pour les besoins de Kathryn ?
Etaient-elles sur des attentes différentes ?
Etait-ce sexuel ou intellectuel ?
Elle continuait de réfléchir quand une réponse la coupa.
*Avant oui, beaucoup, énormément même, je t'avouerais que c'est une pratique que j'affectionne particulièrement, mais la n'est pas la question. Oui on en faisait, et puis avec les tromperies, ça c'est perdu. J'ai un peu ré-essayer après mais c'est plus la même chose, je le fais pour lui faire plaisir sans lui dire que de mon côté je me demande si elle ne disait pas les mêmes choses à ces pétasses*
'Je n'en sais rien, j'espère pas. Et donc les messages étaient sans appel.'
*Sans appel ni doute d'aucune sorte. Tu te rends compte qu'elle s'est excitée par ces messages et c'est pour ça qu'elle était d'humeur câline. Je me sens humiliée, j'ai l'impression d'être un substitue, un défouloir à frustration presque.*
'Ne dis pas ça elle n'en vaut pas la peine. C'est à elle de sens sentir humiliée et honteuse d'être comme ça. La façon dont elle te traite ne peut pas continuer. Que vas-tu faire ?'
« Emma je…. »
« Tu peux me virer si tu veux Ruby. » Coupa-t-elle à peine sa patronne et amie entrée. « Mais je ne sortirai de cette réserve sous aucun prétexte. »
« Ah. » Répondit-elle sans se formaliser. « T'as décidé de juste faire acte de présence aujourd'hui ? On n'est pas à l'école tu sais. » La taquina-t-elle.
« Ruby, même… et surtout… à l'école, on est pas censé faire seulement acte de présence. »
« C'est bizarre c'est ce que beaucoup de mes profs disaient, mais regarde j'ai eu mon diplôme et ma boutique, je devrais aller les voir pour leur prouver qu'ils avaient tord. Mais bon c'est pas le sujet, qu'est ce qui se passe toi ? »
« Je textote avec Regina. »
« Okay j'ai saisit, je vais mettre une pancarte 'Accès condamné, blonde en chaleur à l'intérieur', rentrer sera à vos risques et périls. »
« Ta gueule Ruby, on parle de sa femme. »
« Ce n'est pas un peu tue l'amour ça comme sujet ? »
« Explique-moi comment t'as fait pour devenir patronne ? » Souffla-t-elle.
« … Je couche. » Répondit-elle très sérieusement.
Devant la tête d'Emma, la grande brune se mit à rire aux larmes.
« Tu devrais voir ta tête, tu es partagée car tu m'en penses parfaitement capable, et en même temps tu te dis que c'est pas possible. »
« Touchée. »
Ses éclats de rires redoublèrent et elle dut même s'asseoir. Depuis qu'elle avait rencontré Regina, Emma en parlait avec elle chaque jour, c'est Ruby la première qui lui avait fait comprendre qu'elle avait des sentiments pour la pianiste. Le plus beau avec sa patronne, c'est qu'à aucun moment la possibilité que son employé devienne gay n'avait semblait la gêner. Comme à son habitude elle était avide de potin et désireuse de la voir heureuse, la poussant à affronter ses peurs et assumer ses pensées. Elle était même allé jusqu'à organiser des réunions de crise avec Mary-Margareth qui partageait son opinion.
Une chose était rassurante, si elle devait finalement finir avec une femme, les deux femmes représentant sa famille et ses amies étaient déjà au courant et à 200% derrière elle.
« J'ai eu ma boutique à la seule force de mon… obstination. » Dit-elle en lui tirant la langue.
« Je sais Ruby, je t'assure que j'en doute pas. »
« Je sais, allez, écris encore un peu mais ne tarde pas à venir à la vente. »
« Promis merci. »
« C'est qui la meilleure patronne du monde ? »
« C'est toi sans aucune hésitation. Merci »
« You're welcome sweetheart » Dit-elle en sortant
Emma se re concentra immédiatement sur son téléphone pour voir qu'un message de Regina l'attendait déjà depuis dix minutes.
*Je dois parler à Kathryn, je dois avancer, je ne sais pas comment, je suis terrifiée, mais je ne peux plus continuer comme ça*
'Tu y arriveras j'en suis sûre'
*Je sais, il le faut, ça devient vital. Est-ce égoïste de te prendre en otage à mes côtés dans tout ça ?*
Dans ce message, la jeune femme ne pu s'empêcher de voir une autre confirmation à tous ces espoirs. Si Regina voulait d'elle dans tout ça, c'est qu'elle voulait d'elle après ça… Non ?
Elle oscillait entre certitude et questionnement mais préféra essayer de mettre cela de côté pour le moment.
'Ca ne l'est pas, et ce n'est pas une prise d'otage, je veux être là pour toi'
*Merci Emma*
*Au mon dieu je viens de voir l'heure, n'es-tu pas au travail ?*
'Heu… Si si… Techniquement, mais il n'y a pas de problèmes.'
*Si si, je te bloque dans ton travail, merci pour tout, merci d'être là. Je te laisse travailler, et n'hésites pas à m'écrire quand tu en as envie, pour le retour par exemple, je t'aiderai à passer le temps.*
Emma retint une remarque légèrement inappropriée et échangea encore quelques textos, se dire au revoir s'avérant impossible en un seul message, avant de se mettre au travail le cœur lourd et léger à la fois face aux évènements à venir.
Jour 20 : Train de 17h15
Emma était finalement dans le train après avoir été cherché le petit oiseau trouvé par Henry la veille. Il piaillait gentiment dans sa caisse, lové dans une montagne de couvertures et de coton. Pour le coup, elle faisait l'attraction, des dizaines de personnes et d'enfant passant voir son protégé et posant des questions dessus.
Elle n'aimait pas cette affluence de personnes mais faisait bonne figure et répondait le plus aimablement possible aux sollicitations.
Elle prit une photo de l'animal à travers les barreaux de la caisse et l'envoya à Regina accompagnée d'un petit message.
*Tango Charlie au vaisseau mère, vous pouvez prévenir le petit prince que le colis a été réceptionné, je répète le colis a été réceptionné. A vous*
'Merci Tango Charlie, je transmet au petit prince. A vous'
*Qu'en dit le petit prince ?*
Son message n'était pas parti qu'un autre de Regina arrivait.
'Comment est-il ?'
*Super moche et mal coiffé*
'Vois par toi-même
Ps : Désolée pour l'éclat de rire, ton message est arrivé pendant que je filmais Henry, pauvre oisillon, je le trouve mignon même si on ne voit pas beaucoup sur la photo'
Le message était accompagné d'une vidéo qu'Emma se pressa d'ouvrir en branchant ses écouteurs. Elle pouvait voir Henry sauter partout en riant et criant « Emma a mon oiseau, Emma a mon oiseau ». Et tout d'un coup, un éclat de rire empli ses oreilles. Au bonheur d'entendre son rire qui lui sembla être, en toute objectivité, le plus beau son du monde, s'ajouta la fierté d'en être la cause.
« Comment peux tu qualifier un oiseau de mal coiffé, ça a des plumes »
Regina lui parlant à elle sur la vidéo accentua le bonheur de la blonde qui souriait niaisement. C'était une preuve que cette vidéo avait été vraiment faite à son intention.
*Ne soit pas désolée de rire Regina. Et tu n'es pas objective, tu es une maman alors tout ce qui est bébé tu le considères comme mignon par défaut. Je t'assure il a des plumes qui vont dans tous les sens, du duvet par touffes un peu partout. Et dès que je m'approche il piaille en ouvrant son grand bec et en tendant le cou.*
'Le pauvre il a faim'
*Yep, et il va devoir attendre d'arriver chez Mary-Margareth, je me demande si je ne vais pas m'arrêter faire des courses en sortant du train.*
'Miss Swan…'
*Ohoh, si le Miss Swan revient, c'est que je suis dans la panade*
'Tu n'oserais pas ?'
*Naaaan, j'irai direct chez Mary et de la je prendrai une meilleure photo pour Henry*
'Merci'
Le soir Emma s'empressa de tenir sa promesse et prit une photo de l'oisillon qui somnolait après un bon repas. Elle s'empressa de l'envoyer à la pianiste, déjà impatiente d'avoir une réponse.
« Ne stresse pas Emma elle va te répondre. »
« Je ne stresse pas… J'attends impatiemment nuance. »
Emma tira la langue à son amie qui partit en faisant de même. Au départ elle n'avait pas voulu lui parler de Regina par peur de rendre tout ça trop réel, mais comment cacher quelque chose à une personne capable de lire en vous comme dans un livre ouvert ?
Mary-Margareth s'était mise à tellement la questionner qu'elle n'avait pas pu tenir bien longtemps. Son amie avait d'abord été surprise, ne comprenant pas trop cette attirance nouvelle pour une femme. Emma avait essayé de lui expliquer, décrivant leurs échanges et ce qui devenait progressivement de l'amitié, et rapidement Mary-Margareth c'était détendue face à la nouvelle.
Quand Emma lui avait demandé si la perspective qu'elle puisse être attirée par une femme la dérangeait, sa réponse avait été « Honnêtement ça m'a surprise, j'ai d'abord eu peur que ce soit une conséquence du traumatisme avec Neal. Mais maintenant je sais que ce n'est pas le cas alors ma chérie, ton bonheur est tout ce qui compte. J'espère qu'elle arrivera à se libérer de son passé et son mariage et si tu es épanouie avec elle, alors j'aurai hâte de la rencontrer. ».
Emma avait été très émue et lui avait demandé comment elle pouvait être si sure que ce n'était pas en réponse à son traumatisme. Mary lui avait alors répondu que l'étincelle qui était morte à cause de Neal, elle la voyait de nouveau dans ses yeux.
Emma souriait en repensant à tout ça quand une réponse arriva enfin.
'Effectivement il est mal coiffé, Henry te remercie pour la photo et dit qu'il en veut d'autres.'
Elle attrapa l'oisillon doucement et l'approcha de son visage pour prendre une photo d'elle et lui où elle arborait un immense sourire et la lui envoya.
*Ce que petit prince veut. Et Regina, entre nous, tu peux le dire qu'il est moche.*
'J'admets qu'il est vraiment très moche, mais ça ira mieux en grandissant, remarques sur la nouvelle il est nettement plus mit en valeur :P'
Emma se laissa tomber sur sa meilleure amie dans le canapé qui pesta après le poids qui s'était violement abattu sur elle.
*C'est l'oiseau qui te fais dire ça ?* Ecrit-elle en ignorant les plaintes de Mary-Margareth.
'Non lui j'ai admit qu'il était moche…'
Emma voulait surenchérir mais souhaitait également respecter le besoin de temps de son amie.
*C'est le moment où tu vas couper court avant que ça ne puisse déraper ? Par un 'bonne nuit' ou 'bonne soirée' ?*
' :P'
'Bonne soirée Emma, et merci pour… Tout'
*Derien Regina*
Les deux jours suivants furent ponctués par des échanges légers, majoritairement centrés sur l'oisillon prénommé par Henry avec une grande originalité : Zazou. Mary avait pu déterminer que c'était un bébé hirondelle et qu'il allait très bien s'en sortir en étant bien nourrit. Elles avaient discuté ainsi un peu toute la journée le dimanche et le lundi, s'avouant leur impatience de se revoir le lendemain.
Jour 23 : Train de 6h22
« Emma. » Cria Henry en la voyant entrer dans le train.
« Salut Henry. »
« T'es là ! »
« Et oui comme tu vois. »
« Tu étais pas là. Maman a dit que tu travailles pas. »
« Et oui hier je ne travaillais pas, mais aujourd'hui je suis là. »
« T'as vu Zazou ? »
Emma rit en voyant en direct ce dont Regina lui avait parlé tout le week-end, Henry était obsédé par l'oiseau. Elle n'avait cessé de leur envoyer des photos, de Zazou à la demande d'Henry et de Zazou et elle à la demande de sa mère.
« Oui je l'ai vu hier soir, il va très très bien. »
« Il est gentil ? »
« Très gentil, il dort sur Mary-Margareth et il lui fait caca dessus. »
L'enfant éclata de rire sous le regard mi amusé mi réprobateur de sa mère.
« Zazou fait des bêtises, comme maman. »
« Comment ça comme maman ? Maman fait quoi comme bêtises ? » Dit-elle en lui lançant un regard plein de sous-entendus.
« Elle écrit. »
« A qui ? »
« Miss Swan… » Gronda Regina depuis sa place, chose qu'ignora totalement Emma.
« A Emma. »
« A bon, et elle s'est faite grondée pour ça? » Demanda-t-elle à la fois fière et inquiète.
« Oui, par papy. »
« Tu t'es disputée avec ton père à cause de moi ? »
« Non non pas du tout je t'assure. »
« Qu'est ce qu'il a dit ? »
« Que je devais arrêter de passer trop de temps sur mon téléphone. »
« Non, il a dit d'aller voir Emma. » Dit l'enfant.
« Quoi ? »
« Papy il dit à maman d'aller voir Emma. »
« Je comprend pas tout là. » Dit la blonde un peu perdue, croyant comprendre sans trop oser.
Elle vit le rouge sur les joues de la pianiste et sa posture enfoncée dans son siège et décida de gratter un peu plus ce sujet.
« Tu te souviens de ce qu'il a dit exactement ton papy ? »
« Emma je crois que… » Commença Regina qui fut coupée par son fils.
« Arrête d'être idiote et va la voir. » Dit-il en souriant, visiblement fier de pouvoir répéter ce qu'il avait entendu.
« C'est ce qu'il a dit ? » Questionna Emma en regarda sa voisine cramoisie.
La pianiste se redressa en soufflant et capitula, consciente qu'il ne servait plus à rien de nier.
« Oui et non. »
« Mais encore… » Dit-elle en jubilant légèrement, essayant de le cacher au maximum.
« Arrêtes de profiter de l'innocence de mon fils. »
« Ce n'est pas moi c'est lui qui me raconte des choses. »
« Tu abondes dans son sens, bien sur qu'il te raconte des choses. » Pesta-t-elle. « Concernant mon père il m'a dit d'arrêter de sourire comme une idiote à mon téléphone et d'aller plutôt te voir en vrai. »
« J'aime bien ton père. »
« Le contraire m'aurait étonné. »
« Hey Regina. » Dit-Emma en la voyant nerveuse, prenant sa main sous la table entre elle. « Je te taquine mais je suis ton amie, je demande rien je force rien. Pas de pression. »
La brune lui rendit un sourire triste et entrelaça leurs doigts à l'abri des yeux de son fils.
« On joue à dessin à deux ? » Dit tout d'un coup l'enfant.
Emma eut pour reflex de se redresser et donc lâcher la main de la pianiste qui l'agrippa d'un coup, l'empêchant de rompre le contact. Elle vit un rapide flash de panique traverser les yeux de la brune qui se ressaisit et la lâcha, reprenant une posture plus droite.
« Henry laisse un peu Emma la pauvre, elle vient d'arriver. » Dit-elle comme pour donner le change.
« Non non c'est bon, ça ne me dérange pas, allez vient » Dit-elle en prenant l'enfant pour l'asseoir à côté d'elle, côté fenêtre.
« Tu sais tu n'es pas o… »
« Ce n'est pas le cas. » La coupa gentiment la blonde. « Promis. »
Regina capitula et leur donna de quoi dessiner. Emma sentait son regard tendre et la surprit régulièrement l'observer elle quand elle levait les yeux. La première fois la brune baissa les yeux, la seconde fois elle se concentra rapidement sur Henry. La troisième fois par contre elle soutint son regard jusqu'à ce que le petit brun rappelle à Emma que c'était son tour.
Pendant qu'ils jouaient, Emma sentit Regina étendre ses jambes sous la table jusqu'à ce que leurs mollets se touchent. Une fois ainsi en contact, elle ne bougea plus, participant aux échanges entre eux. La jeune vendeuse ne chercha pas à comprendre son geste, la laissant faire sans rien dire.
Arrivés en gare de Boston, Henry insista pour que ce soit Emma qui l'aide à descendre du train, et pour qu'elle aussi lui tienne la main jusqu'à la sortie de la gare. Au moment de se dire au revoir il lui fit un gros bisou sur la joue, imitée par sa mère encore une fois.
Regina s'apprêtait à partir de son côté quand elle la retint.
« Moi aussi je peux faire des bisous. »
Elle se pencha et posa ses lèvres sur la joue rosie de la brune, puis partit fière d'elle en la voyant immobile du coin de l'œil.
Jour 23 : Train de 17h15
Emma était tranquillement assise quand il vit entrer Regina dans le wagon, chargée d'un Henry qu'à moitié réveillé.
« Allons à notre place, nous serons plus tranquilles. » Dit Regina en arrivant à sa hauteur.
La jeune blonde se leva et la suivit jusqu'à leur place qu'elles n'avaient pas ré-occupé à deux depuis l'arrivée d'Henry.
Le petit garçon tenait à peine ses yeux ouvert et lui sourit avant de laisser retomber sa tête sur l'épaule de sa mère.
« La dame de la garderie m'a dit qu'il avant sombré une demi-heure avant mon arrivée, une dame est venue aujourd'hui avec des chats et des chiens comme activité. Apparemment Henry a été l'un des plus excité et enthousiaste, lui qui est d'habitude très réservé avec les autres enfants, il s'est lâché avec les animaux. »
« Tu as envie de lui en adopter un ? »
Regina sortit le casque qu'elle avait toujours dans son sac et le mit sur les oreilles de son fils qui broncha à peine.
« Oh mon dieu regarde c'est Mickey » Dit-elle en observant l'enfant qui ne bougea pas d'un centimètre.
« C'est LA phrase électrochoc ? » Questionna Emma amusée.
« Oui, s'il ne réagit pas à ça, c'est qu'il n'entend pas. Pour te répondre, je ne sais pas trop, un petit chat peut être, mais Kathryn et moi avons toujours été d'accord pour ne pas avoir d'animaux alors je ne sais pas, je ne veux pas parler de ça maintenant et la faire passer pour la méchante qui refuse. Surtout que… Si nous devions… divorcer, je ferais comme j'ai envie à ce moment là, et quoi qu'il en soit je lui en parlerai. Ce n'est pas trop trop le moment de songer à prendre un animal non ? »
« C'est pas faux, tu aviseras au moment, la situation est assez compliquée pour ajouter l'arrivée d'un animal. »
Regina lui sourit en acquiesçant et posa sa main sur la jambe de la blonde, paume vers le haut comme une invitation. Emma la regarda un instant avant de s'aventurer à glisser la sienne dedans. La brune écarta ses doigts pour qu'ils puissent s'entrelacer et soupira et les rabattant pour enfermer sa main dans la sienne.
La jeune vendeuse détaillait son visage, la regardant observer leurs mains ainsi jointes. Elle ignorait son cœur qui battait à faire mal dans sa poitrine et resta concentrée sur sa voisine perdue dans ses pensées.
« Parfois j'aimerai pouvoir oublier tous mes soucis l'espace d'une seconde, pas penser à mes obligations, plus penser aux choses que je vais devoir faire et me perdre dans mes envies… Juste une petite seconde. Est-ce trop demander ? »
Avant qu'Emma n'ait pu répondre elle sentit la brune s'appuyer contre elle et poser sa tête sur son épaule, tirant le cou pour enfouir son nez dans sa longue chevelure blonde.
« J'aimerai rester un peu là. »
« Autant de temps qu'il te faudra. »
« Je vais te faire souffrir. » Dit-elle en se redressant.
« Regina non. Ne pense pas ça je vais bien. »
« Non tu ne vas pas bien et je ne vais pas bien. Je suis… Je suis… Terrifiée par tout ça. »
« Terrifié par ce qui pourrait se passer avec Kathryn… Ou terrifier par ce qui pourrait… »
« Chut non Emma. » Dit doucement la brune.
« …Se passer avec moi ? » Finit quand même la blonde, emportée par sa phrase.
Regina la regarda longuement, tenant plus fort sa main avant de baisser les yeux.
« Regina. »
« Emma je… Ne me demande pas… Je ne suis pas prête à… Mettre… des mots. Je suis… Tout ça est trop… »
« C'est pas grave. » La coupa-elle en se tournant, se servant de sa main libre pour pousser une mèche brune derrière son oreille. « Tu n'as pas à mettre des mots, je n'aurais pas du poser cette question. Tu dois te concentrer sur les évènements au fur et à mesure, tout ce qui compte pour le moment c'est ce que tu veux faire par rapport à Kathryn. C'est la seule chose sur laquelle tu dois te concentrer. »
« Je dois lui parler, je peux plus vivre comme ça, je suis trop… en souffrances. Quinze minutes de retard et j'imagine qu'elle est avec une femme. »
Même si Henry dormait à poings fermés, le casque sur les oreilles pour atténuer les bruits, Regina parlait tout doucement, à tel point qu'Emma dut s'approcher d'elle pour l'entendre.
« Dès que son téléphone sonne j'imagine que c'est 'Marc (travail)' où je ne sais qui d'autre. Dès qu'elle me touche je me demande si elle touche les autres comme ça, qu'est ce qu'elle leur fait qu'elle ne me fait pas ? Qu'est-ce qu'elles lui font que je ne lui fais pas ? Si pour être heureuse elle doit se perdre dans les bras d'autres femmes, pourquoi ne m'as t'elle jamais quitté ? Pourquoi m'avoir demandé de la reprendre si c'était pour recommencer ? Deux fois ! Pourquoi est-elle comme ça avec Henry ? A-t-elle eu la sensation que je la forçais à avoir un enfant ? Est-ce ma faute ? »
« Non attends Regina. Tu ne peux pas dire ça. Je suis d'accord sur le fait qu'il te faut comprendre. Je suis aussi d'accord sur le fait qu'elle peut avoir ses raisons et qu'elle doit te les expliquer pour que tu puisses avancer. Mais avoir des raisons ne rend pas les choses pardonnables. Quand on a des raisons on en parle, on cherche à régler les problèmes. Passer à l'acte une fois, si on en parle après, c'est pardonnable. Mais ce qu'elle a fait, autant de fois, autant de mensonge, tu ne peux pas te considérer comme fautive sans savoir ce qui se passe dans sa tête. Tu es… une femme merveilleuse, belle et intelligente même si tu voles les places des gens… »
Emma sourit en la voyant rire doucement, rassurée de voir qu'elle pouvait un peu alléger son esprit.
« Kathryn a peut être ses raisons qu'elle va devoir t'expliquer, mais ce n'est pas ta faute si elle t'a trompée. »
« Comment peux-tu en être si sure ? »
« Je le sais… C'est tout, tu ne mérites pas ce qu'elle t'a fait. »
« Merci. »
Regina se ré appuya contre elle et leva doucement la tête après un moment, Emma pouvait sentir son nez frotter légèrement contre son cou. Elle releva un peu plus la tête et murmura contre son oreille.
« Approche-toi. »
Elle s'exécuta le cœur tambourinant, incertaine sur ce qu'allait faire la jeune femme.
La brune posa un long baiser sur sa joue, presque au niveau de sa mâchoire, et enfouit un peu plus sa tête dans le creux de son cou.
« Il y a tellement de choses que je veux. » Dit-elle d'une voix faible et grave. « Mais je veux les faire bien. Je dois parler à Kathryn, affronter mes peurs et mes problèmes. »
« Je serais là pour toi. » Dit-elle sur le même ton, fermant les yeux pour se contrôler en sentant le souffle chaud de la pianiste contre son cou. Elle stoppa son avancée, comme pour s'interdire d'y poser les lèvres et murmura une dernière phrase.
« Tu veux savoir ce qui me terrifie le plus, c'est que ce qui va se passer avec Kathryn puisse empêcher ce qui pourrait se passer avec toi. »
Et voila un chapitre de plus :D, j'ai déjà hâte de savoir ce que vous en avez pensé.
De gros bisous à tous et à jeudi pour le 12
