A QUOI RÊVENT LES ANGES ?
Blabla de l'auteur : Ad Gloriam Nella (zut, encore un blasphème, c'est sorti tout seul, je voulais dire ad gloriam dei ! je vous jure !), sortez les trompettes et les angelots dodus car en vérité, je vous le dit, le jour tant espéré est arrivé ! Vous les avez attendu, vous avez désespéré, vous avez pleuré tous les soirs dans votre oreiller votre frustration de ne pas les voir arriver, mais finalement, après ces longues semaines d'attente, ils sont là, tout beaux, tout chauds, tout fondants-croustillants : les épilooooogues \o/ Oui oui je sais. Ce jour est celui des cadeaux, alors j'ai décidé de vous les offrir. Appelez ca l'esprit de Noël si vous voulez. Même si ma bêta préférée (ma petite Nonooooo) n'a pas eu le temps de tout valider (des légères corrections sont possibles dans les jours à venir pour ce premier épilogue du coup, mais rien de majeur).
Je vous épargnerais un récit de ma vie trépidante qui justifie ce temps d'attente, et puis d'abord, c'est moi l'auteur, c'est moi dieu, je fais tout qu'est-ce que je veux. Voila. C'est dit.
Donc pour rappel, il y a deux épilogues (tous les deux publiés aujourd'hui) : celui-ci, le plus « joyeux » des deux, et un second, plus noir. Pour chaque épilogue, j'ai écris un bonus, POV d'un autre personnage, extérieur à leur couple. Et je n'en publierais qu'un, celui pour lequel vous voterez en review ! Avant de donner votre avis, s'il-vous-plait lisez les deux épilogues, et ce même si votre petit cœur tout mou et fragile vous crie « happy ennnnd ! » )
Je vais pas continuez de vous tenir la jambe (ou alors je fais comme au JT : « olala ia de la neige ! qu'est-ce qu'il y a comme neige dis donc ! Et puis c'est blanc ! Et froid ! Et mouillé ! Mais les enfants adorent la neige, comme nous le dit Lola, 5 ans, qui fait un gros bonhomme de neige sur ces images, à Mivège sur Gloutrois, dans l'Ain. D'un autre coté, la route glisse, comme témoigne Robert, 59 ans, routier funambuliste et amateur d'andouillettes qui est coincé sur l'aire d'autoroute du canard boiteux dans l'Oise ! Maintenant, un coup d'œil aux stations de sport d'hiver, où les bourgeois s'égaillent en tenues multicolores ridicules au milieu de la poudreuse, avant de clore ce journal par la météo : de la neige et encore plus de neige dis donc !). Je ne suis pas comme ça, je ne prends pas le lecteur pour du bétail stupide dont on peut détourner l'attention par un subterfuge digne d'un enfant de cinq… Oh, regardez ! Le père noel !
Non je déconne.
Place au texte !
Bonne lecture
Nella
Disclaimer : Moi, je suis une française, une vraie, ( même si j'ai pas encore véritablement mérité ma nationalité en participant à une grève ou une manif) et dès qu'il y a un centimètre et demi de neige, je ne peux plus travailler. Alors pas de disclaimer. Désolé.
Fond Musical Proposé : Une musique un peu punchy (peut-être trop pour ce chapitre mais passons) que j'adore. C'est une chanson de Letters To Cleo, dont le titre est Co-Pilot. Parce que former un couple, c'est un peu être à la fois chauffeur et copilote l'un pour l'autre.
Je propose et tu disposes, petit lecteur enneigé (pour une fois que l'adjectif est à propos !)
Enjoy
EPILOGUE 1
Λ Il est là. Ô mon dieu, il est là. Bien sûr qu'il est là. Il est toujours là. Réglé comme une horloge, animal de régularité et de rituels, il est toujours là, fidèle au poste, même maintenant qu'il sait que ce poste existe.
Et même si je le sais, tous les matins, je le cherche dans le lit d'un geste fébrile. Et tous les matins, je suis émerveillé de le retrouver à mes côtés. Si parfait qu'il semble sortir d'un rêve. Mon rêve. Alors je le regarde dormir, encore une fois. Comme hier. Comme demain surement. Il y a des miracles qui ne perdent jamais de leur charme, même renouvelés des milliers de fois.
Les années sont passées, et certaines choses ont changées.
Notre relation a changé, nous sommes un couple maintenant, un vrai, un solide, un de ceux dont on dit avec un mélange de tendresse et d'envie dans les yeux qu'ils finiront leurs jours ensemble. Je connais par cœur chaque parcelle de sa peau fine, chaque perfection, chaque imperfection, chaque tic et chaque habitude, chaque attitude et chaque regard. De même qu'il me connait par cœur, moi et mes marottes d'artiste incompris, mes crises de créativité, mes mauvaises humeurs matinales et la moindre de mes réactions.
Nous avons changé aussi. Lui dirait « nous avons vieilli », parce qu'il ne supporte pas de voir que le temps arrive finalement à avoir une emprise sur son corps filiforme et ferme, sur son visage lisse et frais. Il déteste les cernes qui parent d'améthyste ses yeux argentés quand je le tiens éveillé dans la moiteur de nos draps jusque tard dans la nuit, ils abhorrent les rides qui se creusent un peu plus chaque fois que je le fais rire, il exècre les infimes relâchements de son ventre qu'il impute à ma cuisine, plein de mauvaise foi. Et moi, sans le dire trop fort, j'adore chacune de ces marques que le burin de la vie marque dans sa chair, parce que chaque encoche, chaque égratignure de mon amant de marbre sublime est une empreinte de ma vie avec lui, une séquelle de notre bonheur parfait.
Mais il y a des choses qui sont restées immuables. Toujours le même shampoing à la lavande qui le rend fou depuis tant d'années sans que j'en comprenne la raison. Toujours le même appartement désordonné, et la même odeur de térébenthine qui a fini par imprégner le velours de sa méridienne. Et surtout, surtout, toujours la même passion entre nous, mieux, toujours le même émoi bouleversant à chaque fois que sa chemise tombe au sol, à chaque fois que ma main se pose sur la soie de son ventre, à chaque fois que les premiers rayons du matin touchent l'or blanc de sa chevelure étalée sur l'oreiller. Une tendresse stupide et irrépressible inchangée pour chaque ronflement, pour chaque tic exaspérant, pour chacune de ses petites manies irritantes, pour chaque moue boudeuse. Et toujours le même feu bouillonnant qui court dans mes veines à sa vue, mélange étrange et inexplicable de désir de vie brut, voire animal, et de créativité divine. Il est mon oxygène, mon carburant, ma raison de vivre. Ma muse, tout simplement.
Et je lui chuchote tout ca, parce que quand il dort, c'est le seul moment où je peux le faire sans qu'il ronchonne et détourne le regard. Il n'a jamais été capable de faire face à cela, à mes mots, à ma sincérité. Pas avec son éducation, pas dans son mode de pensée. Mon pauvre ange se sent tout petit quand je lui dis à quel point je l'aime. Et il rougit adorablement. Alors je le dis encore, juste pour admirer le spectacle. Et il m'en veut. Juste un peu, oh, si peu.
Il soupire dans son sommeil. Incapable de résister plus longtemps, je retire délicatement le drap qui couvre son corps pâle. J'y découvre les marques, celles du temps, et celles que j'ai laissées dans ma fougue. Je rougis un peu, un sourire goguenard aux lèvres au souvenir de mes exploits de la veille. Oulala, mon amour, tu vas encore hurler au crime de lèse-majesté quand tu vas voir les cernes que j'ai creusés sous tes yeux à la force de mon désir…
Tendrement, j'embrasse chaque suçon, chaque bleu, chaque griffure, de plus en plus bas, son cou, son torse, son ventre, son poignet, et sa hanche, et…
« Harry… »
Un gémissement engourdi, et un soupir.
« Qu'est-ce que tu fais ? Tu inspectes ton œuvre ? »
Il tente de prendre un ton de reproche, mais je sais qu'il veut sourire.
Alors je lui fais un sourire coquin alors qu'il ouvre paresseusement les yeux.
« Très cher, je suis un artiste, et il est important d'être fier de son travail ! »
Il lève les yeux au ciel alors que je me rallonge à coté de lui.
« D'ailleurs, il est aussi important de savoir reconnaitre ses erreurs, et je pense que cette œuvre-ci mérite une seconde couche ! »
Il pouffe et je me penche sur sa gorge tendre en ronronnant :
« Qu'en pensez-vous ? »
Déjà, j'enlace sa taille pour l'attirer plus près de moi alors que ma langue taquine sa peau et il soupire.
« Harry, j'ai un rendez vous important, et les cols de chemise ne couvre pas tous les souvenirs que tu me laisses, loin de là… »
A contre cœur, je pose un tendre baiser sur sa jugulaire et cesse mon offensive, sans pour autant retirer mes bras de ses hanches fines.
Dans un silence paresseux, nous nous regardons.
« Je t'aime. »
Il rougit et enfouit son nez dans mon cou. Je l'entends renifler légèrement, et un frisson l'agite. Je ricane :
« Je me suis lavé les cheveux hier soir. »
Grognant sourdement, il me pince au dessus de la fesses – oui dans la partie « nous avons changé », j'ai peut-être omis de parler des cheveux blancs qui commencent à fleurir dans ma crinière ébène ou des légères poignées d'amour qui prennent place sur mon corps d'apollon – et je couine comme un chien. Satisfait, Drago repose sa tête dans l'oreiller. Son regard encore endormi se fait sérieux alors qu'il me contemple.
« Je crois que j'aimerais mourir près de toi. Nu pour toi sur la méridienne, une dernière fois. Parce que c'est ici que j'ai été le plus heureux. Que je suis le plus heureux. Avec toi. Dans tes bras. »
Le silence s'étire. Je ne sais pas quoi lui répondre. Je crois qu'il a les larmes aux yeux. Et moi j'ai mal au cœur. Je voudrais qu'il ne meure jamais.
« Je préfèrerais que tu vives toujours. Eternellement nu pour moi sur la méridienne. Et j'exige d'y être avec toi, tout aussi nu, cela va sans dire. »
Il pouffe et enfin, se déride. Il se colle à moi et m'embrasse fiévreusement. Ses hanches bougent presque imperceptiblement, juste assez pour que son sexe vienne caresser le mien. A peine un frôlement, l'espace d'un instant, caresse innocente. Mais nos deux corps tremblent à l'unisson, et son soupir vient caresser ma peau… Il se blottit un peu plus contre moi, soupirant d'aise.
Après de longues minutes, comme un atroce déchirement, son réveil brise le silence et il quitte mon étreinte avant de gagner, sans un regard en arrière, la salle de bain. Je me fais violence et résiste à l'envie de l'y rejoindre quand le ruissellement de l'eau se fait entendre.
D'une oreille distraite, je l'écoute se savonner, se rincer, se raser, et je repense à ce qu'il a dit. Mourir ici.
J'ai mal au cœur pour lui. Je sens que depuis quelques semaines, la mort le travaille. C'est normal je suppose.
J'ai eu peur pour lui, pour nous quand son père est mort il y a un mois de cela. Son père qui désapprouvait tellement notre amour. Mais qui aimait tellement son fils qu'il n'a pas été capable de le renier ou de le déshériter.
Je l'ai détesté pour avoir fait culpabiliser Drago – le hasard ayant mal fait les choses, le cancer de Lucius a été découvert très peu de temps après qu'il lui ait annoncé notre liaison – mais au fond, je sais qu'il l'a toujours aimé. Malgré tout. Et que même s'il me détestait, il a su voir que je rendais son fils plus heureux qu'il ne l'avait jamais été.
Alors il a accepté, sans le dire, sans le montrer. Il a décidé de ne pas bouleverser la vie de son fils unique en jetant l'opprobre sur lui, il lui a laissé la succession de son empire. Il a gardé le secret, et il l'a emporté dans la tombe.
L'image de Drago, droit, fier, digne, lors de l'enterrement, me hante encore. Il a insisté pour que je sois là, même si nous ne pouvions nous montrer ensemble. Me savoir dans la salle était suffisant. Même s'il aurait sans doute voulu poser sa tête sur mon épaule, sentir ma main serrant la sienne, mes bras autour de lui. Mais mon dragon est trop fier pour dire ça. Peu importe, je n'ai jamais eu besoin de ses mots pour savoir.
Il a parlé. Sous les mots qu'il a choisi pour l'oraison funèbre, j'ai lu toute sa douleur de perdre ce père distant mais aimant à sa façon. J'ai senti sa gratitude aussi envers son acceptation muette du bonheur de son fils, l'acceptation de ses choix « immoraux ». J'ai lu toutes les émotions qui ne se disent pas dans le milieu d'où les Malefoy sont issus, ces émotions qui ne se montrent pas. Pudeur aristocratique.
Sa mère était cachée derrière des lunettes noires immenses, assise au premier rang, encadrée par des « amies » dévouées. Elle aussi était digne, droite. Lointaine presque. Elle n'a pas parlé. C'était une épouse soumise je crois. Une femme un peu éthérée, rêveuse, constamment ailleurs, constamment occupée. Une aristocrate parfaite, rodée aux conventions sociales, aux courbettes, aux petites comédies, aux galas, aux diners, aux formules de politesse, à l'hypocrisie, aux mille devoirs de la femme mariée. Une épouse bien plus qu'une mère. Une image bien plus qu'une personne. Triste vie. Elle a toujours vécu dans les illusions, celles qu'elle bâtissait pour les autres, et celles que les autres bâtissaient pour elle. Et maintenant, elle va continuer son chemin, quitter l'uniforme d'épouse pour endosser celui de veuve. The show must go on.
Et à sa manière, Drago aussi est soumis à cette logique : the show must go on.
Mon amant qui est rentré dans la salle de bain a disparu, et c'est The Big Boss qui en sort. Tous les mouvements sont plus nets, plus précis, adieu l'alanguissement, adieu la souplesse du félin qui vient se lover entre mes bras, place au chef qui décide et qui tranche dans le vif. Je sais que je n'ai plus vraiment de prise sur lui quand il est comme ca, les pensées occupées par les papiers et les contrats, les budgets et les projets, tout comme lui ne tente pas de m'atteindre quand je suis en phase de création. Docilement, je l'observe alors qu'il noue sa cravate avec aisance – l'art des nœuds de cravate restera à jamais un mystère opaque pour moi, dont le costume de travail est constitué de fringues informes et de taches de peintures – et mettre ses cheveux en place.
Il s'éclipse dix minutes derrière le paravent qui délimite le coin chambre pour prendre son petit déjeuner puis réapparait. Le bruit de la brosse à dent. Amusé, je jette un œil au réveil, et je peux compter trois minutes presque exactement. Mon petit soldat discipliné. Il ressort et ses yeux tombent sur moi, pour la première fois depuis qu'il a quitté mon étreinte.
Un air préoccupé sur le visage, il se penche sur moi pour un dernier baiser. Un instant, une étincelle tendre vient donner vie à ses iris trop sérieux. Puis il attrape sa mallette, et disparait pour la journée.
Le sillon de parfum qu'il laisse derrière lui me plonge dans une douce mélancolie, soulignant le vide créé par son absence, et je me pelotonne dans le lit, enfouissant mon nez dans son oreiller pour le garder près de moi encore un peu.
Quand sa chaleur s'est dissipée, plus rien ne me retient entre les draps, et je me lève. Son parfum flotte encore dans la salle de bain. Son rasoir sur le bord du lavabo, la brosse à dent mouillée dans le verre. Sa serviette humide qui sèche au mur. Comme chaque matin, je remonte la piste de ma muse, c'est devenu bien plus qu'une habitude, presque un rituel sacré.
Sur le plan de travail de la cuisine, une tasse avec un fond de café froid. Quelques miettes sur la table. Son journal jeté sur la table basse après une lecture rapide des pages économies et international.
A chaque étape, je peux le visualiser, sa main sur l'anse de sa tasse, son regard qui court sur la page, ses sourcils qui se froncent quand il lit une nouvelle déplaisante. Un coup d'œil a ses mails sur son blackberry, et il avale le reste de son café. Un brossage de dents plus tard, il vient m'offrir un baiser au gout de menthe, et part vers le bourdonnement du métro en m'abandonnant dans le lit.
Et chaque matin, j'attends que sa chaleur disparaisse dans les draps pour me lever.
Après un chocolat chaud – voila une habitude qui navre toujours Drago, parce que « tu sais Harry, les grandes personnes boivent du café ! Pas du Nesquick ! Et arrête de jouer avec cette connerie – Maiiis mamouuuuur c'était offert dans le paquet de chocapics ! » – je vais dans mon atelier. Tranquillement, je mets la radio et prépare mon matériel, ma palette de peinture, mes chiffons. Lentement, les gestes automatiques me font quitter mon quotidien. Quelque chose prend possession de moi, et je suis aspiré, aspiré ailleurs, loin, dans une bulle. La musique, le bruit de la rue, le gout du chocolat sur ma langue, tout disparait. Je retire le drap qui couvre la toile. Presque d'elle-même, ma main saisit le pinceau, et fait selon son bon vouloir. Et je me sens bien. Je me sens vivre. Et en même temps, je ne sens plus rien, je n'existe plus. Je ne suis plus rien, il n'y a plus que l'idée et la toile, la peinture onctueuse qui fond sous l'action de ma volonté incarnée dans le pinceau.
Quand j'émerge de ma transe, le soleil a commencé à descendre dans le ciel, et quasiment d'un coup, mes terminaisons nerveuses semblent se rétablir. Tout à la fois, je suis assailli par dix mille sensations, une raideur dans le dos d'avoir été debout toute la journée, la faim qui tord mon estomac, ma vessie qui me supplie de la soulager de son contenu,…
Une heure plus tard, la porte de l'appartement s'ouvre sur mon ange, visiblement fatigué. La chemise est un peu froissée, les cheveux moins impeccables, la mine plus basse. Mais à la seconde où ses yeux se lèvent vers moi, il sourit, et il semble rayonner de l'intérieur.
« J'espère que ce que tu me cuisines vaut le coup, parce que j'en ai vraiment besoin ! »
Il jette sa veste de costume sur le dossier d'un fauteuil, et me rejoint dans la cuisine. Ses bras enlacent ma taille et il se colle tendrement contre mon dos, sa tête se posant sur son épaule. Il dépose un tendre baiser dans mon cou, puis un second, et je le sens se retenir de continuer. Choix judicieux, on a déjà assez de fois laissé bruler des diners parce qu'on était trop occupé dans le lit – ou bien à même le sol, ou sur le canapé, ou le plan de travail, …
Je lui tends la cuillère en bois après avoir soufflé dessus, et je le regarde me provoquer, le bout de sa langue lapant sensuellement la sauce tomate avant de disparaitre. Il gémit de contentement : l'homme de la maison est satisfait par ce que sa petite femme lui a cuisiné. Il me serre un peu plus fort et soupire d'aise.
« Tu sais vraiment comment me rendre heureux. Les talents culinaires d'une vraie petite femme, et le coup de rein d'une vraie porno star, j'ai décroché l'homme parfait. Vraiment, j'ai… AIE ! »
Il rit en s'écartant de moi pour masser ses orteils douloureux. Il s'assoit sur le plan de travail et me regarde cuisiner pendant de longues minutes, un silence doux planant, seulement troublé par le bouillonnement paresseux du coulis de tomate dans la casserole et les grésillements des steaks dans la poêle.
« Bon, au lieu de me regarder comme un idiot, tu voudrais pas te sortir les doigts du cul et mettre la table ?
Hey ! Pourquoi tant de grossièreté ! Et en plus, moi j'ai travaillé aujourd'hui ! »
Je lui envoie un regard noir pour toute réponse à sa provocation et il se plie à mon ordre, descendant de son perchoir pour aller emporter la pile de couverts sur la table.
J'apporte bientôt les assiettes garnies avec amour et je le regarde prendre la première bouchée avec plaisir. J'ai réussi à ce qu'il se laisse aller, montrant maintenant naturellement ses émotions, au moins avec moi, et je ne me lasse pas de le voir fermer les yeux et savourer le contenu de son assiette, tout comme j'adore l'entendre gémir sans retenue quand ses mains se crispent sur les draps sous mes assauts.
Après quelques minutes de silence, le temps pour chacun de faire taire les gémissements de nos estomacs, nous nous racontons nos journées. Enfin, il raconte la sienne surtout, car il n'y a pas grand-chose à dire quand je passe la journée à peindre. Et savoir que j'ai passé une dizaine d'heures sans rien faire d'autre que de peindre, ça l'énerve toujours un peu.
Les cernes sous ses jolis yeux gris me rendent bêtement fières parce que je sais que j'en suis la cause. Une petite goutte de glace à la vanille s'égare sur ses lèvres alors qu'il lèche sa cuillère, et je me demande déjà comment je vais arriver à faire pour qu'il me laisse creuser encore un peu plus ces cernes ce soir.
Et de fil en aiguille, de jeu en discussion, de conflit en câlin, la lune est déjà haute dans le ciel quand le silence revient dans l'appartement. Il dort, lové contre moi, son souffle régulier chatouillant ma peau nue. Et moi je me dis que cette journée a été juste aussi parfaite que toutes celles d'avant. Vivement demain matin…
Voila et maintenant, vous pouvez allez lire l'autre épilogue alternatif, moins riant et joyeux, mais tout aussi bien ! Et ensuite, vous pourrez me dire quel épilogue vous avez préféré, lequel mérite d'être prolongé par un bonus =) Of course, ne voter que pour l'un des deux ne vous dispense pas de commenter les deux )
A tout de suite !
Nella
