Baby Reaction

Chapitre 9

Note des Auteures:

(Sam et Fred, dans leurs déguisements beaucoup trop sensuels pour vivre et totalement inappropriés pour le climat du Canada) JOYEUSE HALLOWEEN! *silence un tantinet malaisant* (Fred, courant à son calendrier de pompiers sexys) Oh, oh... Merde... Sam, je pense qu'on a raté notre date de publication... de deux mois! (Sam, en s'habillant d'un costume de "Naughty Mother Christmas") C'est la faute à Pierre! Méchant Pierre! Vilaine Prod! (Fred, se plaçant en position de boxe) Je vais le battre ton maudit Pierre! (Sam, troublée) Non, non, non! D'un coup qu'il aime ça! (Fred, soupirant, rangeant le fouet qui avait apparu dans ses mains) Les foutues sadomasochistes... (Sam, en sautillant sur "Last Christmas I gave you my heart" ) I PUT THE SAM IN S&M! (Fred, claquant les fesses de Sam au passage) Bon! Un peu de sérieux! On dédit ce chapitre maintenant festif de Noël à notre fabuleuse fan number one Valval! (Sam et Fred en lançant des confettis en forme de petits sapins) Tiens, cadeau de Noël chérie, enjoy! *clin d'oeil des deux auteures*

Disclamer: (Sam et Fred, s'approchant discrètement avec des sourires coquins aux lèvres) Vous savez, si ce n'était que de nous, Harry serait beaucoup plus imaginatif avec sa baguette - et Drago aussi... Vous allez voir! *clin d'oeil très suggestif des deux auteures*

Réponses aux reviews:

Saky90 : Merci de ta review! Je n'ai pas aperçu de email dans celle-ci pour te prévenir de la suite, mais j'espère tout de même que tu viendras jeter un coup d'œil sur ce nouveau chapitre!

Soulene0310 : Étonnement, tu n'as pas eu besoin d'attendre un an pour lire la suite.. Hahaha… Merci de tes nombreux compliments, ça fait chaud au cœur de savoir que tu as apprécié. J'espère que la suite te plaira tout autant.

SydonieSS : Bonne lecture pour la suite! Tu vas voir, ça ne devient que de mieux en mieux!

MissAnika : Salutations Adélaïde! Je suis certaine que tu es aussi mignonne que celle dans notre fanfic ;) Bref, merci de ta review et bonne lecture ( et bonne chance) pour la suite 3

Callistoisa : Hihihi! On est vilaines comme ça! Bonne chance à toi pour la suite, c'est un véritable emotional rollercoaster!

Brigitte26 : Attention à toi, ce chapitre est encore plus long que le précédent, hihihi! J'espère que tu vas autant aimer! Bonne lecture ma belle!


Baby Reaction

CHAPITRE 9


PDV DRAGO


Rien n'était comparable au vert si éclatant et enivrant des deux pupilles de Potter qui rendait si vivants ses yeux. En étant si proche de lui, je pouvais voir toutes les minces différences de teintes qui parsemaient ceux-ci, comme la ligne plus foncée de vert juste avant la cornée qui accentuait la couleur et l'impact qu'ils pouvaient avoir. Ses yeux étaient comme deux émeraudes encastrées dans un visage, un incroyable phénomène. Comme toutes pierres précieuses, ses yeux pouvaient raconter une histoire qui pouvait être déchiffrée par quelqu'un s'il regardait bien.

Potter était assis sur moi. Je ne pouvais pas regarder ailleurs tant son visage était près du mien. Je pourrais passer des heures simplement à l'observer. Ses sourcils, ses yeux, son nez, ses joues, ses lèvres formaient tous une harmonie si parfaite et invitante. Le voir si près me coupait le souffle. Je repensais à toutes les autres fois où je pouvais l'admirer sans qu'il s'en rende compte. Vivant avec lui, je pouvais l'observer d'assez près tous les jours sans qu'il le sache réellement. Je pouvais même le regarder dormir, ce qui était assez plaisant parce qu'il était si mignon, et si séduisant, lorsqu'il somnolait.

Malgré cela, il était tout simplement magnifique, et par-dessus tout aguichant, avec ses lèvres roses de la même couleur que ses joues et ses yeux grands ouverts qui cherchaient à tâtons les miens. Harry Potter était un bel homme. Un bel homme assis, en ce moment, sur mes cuisses.

Potter commença manifestement à s'intéresser à mes lèvres: à les reluquer et à s'humecter les siennes comme pour se préparer. Je ne fus ainsi pas la personne la plus surprise de l'univers par ses actions. Après tout, je m'intéressais aux siennes et je ne pouvais nier que j'avais un physique d'enfer et donc, extrêmement attirant. Toujours est-il que je ne me serais jamais attendu à ce qu'il tente réellement quelque chose sur moi - mais bon, il était un Gryffondor et le courage coulait incessamment dans ses veines.

Si je n'avais pas vraiment été tolérant à l'alcool comme Potter, je n'aurais probablement pas été capable de me contrôler. Avec de la boisson dans le corps et ayant ainsi de la difficulté à raisonner, j'aurais très bien pu décider tout bonnement de faire des choses pas très catholiques avec le Saint-Potter. Je savais que je n'allais jamais, de moi-même, tenter quelque chose de ridicule avec Potter, n'étant que moyennement saoul, et même presque sobre. J'étais toutefois habitué de faire des avances sur ceux qui me plaisaient lorsque j'avais une grande quantité d'alcool dans le système - au fond, il fallait bien que j'aille une méthode pour me trouver des plans cul. Le problème était que je n'avais aucune idée de comment réagir lorsque c'était les autres qui tentaient des trucs sur moi.

J'étais généralement partant et ravi de tout ce que les gens pouvaient m'offrir et de toute l'attention qui m'était portée. D'habitude, je ne faisais qu'en profiter, mais avec Potter, ça ne semblait pas être le cas. Je ne comprenais pas ce qui me retenait, mais je savais que je devais me contrôler. À la dernière seconde, lorsque nos lèvres entrèrent presque en contact, je reculai la tête et la secouai, me faisant involontairement grogner de frustration. Le feu qui réchauffait tout mon corps me criait de ne pas laisser Potter comme cela, d'oublier que je venais de le rejeter et de juste lui donner ce qu'il souhaitait et ainsi calmer ma fièvre intérieure. Foutue libido!

Je réussis finalement à reprendre mes esprits et à empêcher Potter de faire une erreur qu'il allait regretter - ou c'était peut-être le contraire...

Soudainement boudeur, le brun me fixa ardemment une seconde avant d'aller caler sa tête dans mon cou, cachant ses joues devenues rouges de honte. Il y resta quelques secondes sans un mot. Malgré tout, j'appréciais ce contact de son corps contre le mien, son souffle caressant la peau douce de mon cou.

Légèrement malaisé par la situation, je tapotai l'épaule de mon coéquipier pour le réconforter dans sa vaine avance. Il n'était pourtant pas le premier à essayer, sous l'influence de la boisson, de me faire des avances, mais cette fois-ci, ça ne me dérangeait pas autant que je l'aurais cru. Je me sentais même un peu mal pour Potter. Le pauvre, comme plusieurs autres, ne voulait qu'un de mes glorieux baisers.

Subitement, le brun releva sa tête. Son regard, encadré de ses sourcils froncés par un subit emportement, entra en contact avec le mien. Sa bouche était courbée vers le bas, donnant à son visage une expression de colère et de tristesse légèrement atténuées par la quantité d'alcool qu'il avait ingurgité durant la soirée. Il crispa son visage d'un coup avant de me lâcher:

- « Regarde, Malefoy, regarde. Vois-tu mes laaarmes? »

Je clignai quelques fois des yeux et secouai la tête pour m'assurer que je ne venais pas de rêver ce que j'avais entendu et vu. Je regardai mon coéquipier, la bouche entre-ouverte, incrédule devant la situation.

- « Malefoy... », commença-t-il en reniflant. « Regarde comme tu me fais mal! Regarde la larme qui coule et qui coule et qui finit par mourir dans le creux de mes lèvres. C'est tellement triste! »

Je le fixai, confus. Le Gryffondor avait certainement trop bu ce soir. Il allait être temps de rentrer à nos appartements avant qu'il ne fasse plus de conneries.

Sur ces paroles, Potter tenta de se défaire de mon emprise. Ses mouvements ne firent que créer de la friction entre nos deux corps. Je soupirai fortement. Pourquoi la tentation était-elle si forte ce soir?

Mon corps brûlait contre le sien. Potter, qui bougeait, collé contre moi, m'enflammait de la tête aux pieds. J'avais l'impression que toute la salle était en train de prendre feu. L'éclairage tamisé créait une ambiance fiévreuse. Je sentis doucement mon sang pulser vers une certaine partie de mon anatomie. C'était comme si les lumières dansaient devant mes yeux - symptôme créé par le peu d'alcool que j'avais bu et un sentiment qui essayait de dompter mon coeur qui croyait être comblé. Je me mordillais les lèvres, profitant des gestes qui auraient pu paraître comme osés de la part du brun.

Finalement, après plusieurs longues secondes de friction, le corps de Potter se décolla enfin du mien. Il se leva de mes cuisses en titubant. Il ne fit pas deux pas qu'il tomba presque au sol.

Je me précipitai pour le retenir. C'était définitivement temps de rentrer. Potter était assez saoul et je commençais à être fatigué. En plus, nous avions tous deux des cours le lendemain, et notre fille à aller chercher avant ceux-ci chez les amis de mon coéquipier.

Sans un mot, je soutins le brun par le bras. Il se mit à se débattre de mon emprise en se plaignant. Sans un mot, je renforçai ma prise sur lui avant de saluer rapidement mes amis. Ne sachant pas si je devais être désespéré ou rire de l'attitude du brun, je traînais à travers la Grande Salle un Gryffondor qui ne demandait qu'à rester à la fête - au point où il tenta de s'agripper à des inconnus au fur et à mesure que nous passâmes devant eux.

Ramener Potter à notre appartement commun fut plus facile à dire qu'à faire. Comme il refusait de rentrer sous prétexte que la fête était beaucoup plus plaisante que notre lit, le stupide Gryffondor décida de s'assoir au milieu du couloir - augmentant nos chances de nous faire prendre par le concierge hors de nos appartements et de faire perdre des points à nos maisons respectives.

- « Potter, lève ton joli petit cul du sol et ramène-toi... On n'a pas toute la soirée, par Salazard! »

- « Alors, tu trouves vraiment que j'ai un joli petit cul? », me demanda-t-il en gloussant, le regard vitreux dû à l'alcool et un grand sourire niais sur le visage.

Je soupirai devant ses propos stupides. Si plus tôt durant la soirée j'avais trouvé Potter mignon dans son ivresse, à présent il n'était qu'énervant.

- « Potter, arrête de faire l'enfant et lève-toi!», ordonnais-je au brun, qui continuait de me fixer de son air d'imbécile.

- « Je ne me lève pas tant que tu ne dis pas que c'est vrai que tu trouves que j'ai... un joli petit cul! »

Il osa même me tirer la langue. Pendant une seconde, je songeai à simplement le laisser là et partir dans nos appartements pour profiter du peu de sommeil que j'allais pouvoir avoir avant de commencer mes cours dans quelques heures. Une petite partie de moi-même qui se souciait un peu du sort de mon coéquipier me força pourtant à rester et à l'aider à rentrer en sécurité après cette soirée bien arrosée. Je soupirai de plus belle. Cet idiot de Gryffondor allait me mener à ma fin!

- « Tiens, j'ai une idée! Lève-toi Potter et commence à marcher vers nos appartements. Comme cela, je pourrai plus facilement juger si tu as vraiment un joli petit cul. »

Le regard du Survivant s'illumina et il sauta sur ses deux pieds, chancelant un peu, et dut se retenir sur le mur derrière lui avant de commencer à marcher vers notre chez-nous.

Il se promena en se dandinant le plus possible pour vraiment faire bouger ses fesses et en me lançant des petits coups d'oeil lubriques, manquant à chaque fois de le faire tomber. Il n'arrêtait pas de dire n'importe quoi et de raconter tout plein d'histoires inimaginables et étranges qui commençaient à vraiment m'énerver, lui faisant presque oublier son histoire de derrière.

- « Dis Malefoy, pour que tu puisses vraiment savoir si j'ai un joli petit cul, tu devrais y toucher, non? Après tout, tu ne t'étais pas gêné l'autre fois! »

J'étais rendu à un point où je voulais juste rentrer pour simplement me pelotonner entre mes draps et dormir jusqu'à être complètement reposé. Mais ce foutu Potter continuait à m'associer dans ses histoires et il voulait maintenant que je lui prenne les fesses. Je ne pouvais nier que cette pensée en créait un bon nombre d'autres dans ma tête, mais je devais rester concentrer sur mon but de rentrer et non de me faire le Gryffondor au milieu d'un couloir.

Je m'avançai décidé vers lui, sachant d'avance que contester les désirs du brun saoul était peine perdue, et je lui donnai une tape sur l'arrière-train pour le faire taire et avancer.

Potter pouffa de rire et continua, à mon plus grand bonheur, de marcher vers notre destination.

Contre moi, la seule chose que je pouvais penser était que je venais de toucher les fesses de mon coéquipier pour la deuxième fois en une même journée et je ne savais aucunement comment réagir.

Une fois enfin rentré dans nos appartements, Potter était déjà bien somnolent, avec raison. En effet, puisqu'il était presque quatre heures du matin, il était clair que je n'allais pas avoir mes huit heures de sommeil nécessaires à ma routine de beauté.

Le brun se tut aussitôt qu'il mit le pied à l'intérieur, n'ayant en tête que d'aller enfin dormir. Je fus bien heureux de ne plus entendre ses discours d'ivre qui ne faisaient aucun sens et j'avais aussi hâte que lui d'enfin rejoindre la chaleur de mon lit. Ce n'était pas trop tôt!

Il ne retira même pas ses chaussures avant de se laisser lourdement tomber sur notre lit. Je roulai mes yeux devant son attitude. Il allait salir nos draps, et jamais je ne dormirais dans un lit sale.

- « Potter, tu dois enlever tes foutus vêtements pour aller dormir, dont tes souliers crasseux! »

Mon coéquipier me répondit d'un simple doigt d'honneur. Pour me venger de sa réaction exagérée et grossière, je m'approchai de lui, voulant lui faire parvenir mon fond de pensée. Entendant mes pas qui se rapprochaient de lui, il releva lentement la tête de l'oreiller et me fixa intensément.

Ma main se glissa sur ses épaules jusqu'à son dos, lentement. Ses yeux plongèrent dans les miens, curieux. Je lui souris avec un air narquois. Puis, sans qu'il n'ait le temps de réagir, je le poussai de toutes mes forces hors de notre lit. Je n'allais pas accepter de dormir dans la malpropreté et encore moins qu'on me remercie avec un doigt d'honneur. Il lâcha une série de jurons - et je fus alors très heureux que notre fille ne fût pas là pour entendre ça.

- « Tu ne remontes pas dans ce lit tant que tu n'as pas enlevé tous tes vêtements! », lui criai-je presque, le visage ferme même si je riais aux éclats à l'intérieur.

- « Par Merlin, Malefoy, je sais que tu veux me voir nu, mais ce n'est pas la peine de me traiter comme ça! », me répondit-il du talc au talc, soudainement éveillé par sa chute, tout commençant à retirer ses vêtements, ainsi que ses souliers sales.

Je l'ignorai complètement et me dirigeai vers la salle de bain pour faire ma routine du soir. Ma démarche fut arrêtée par mon énervant coéquipier qui m'interpella. Était-ce trop demander de simplement vouloir aller me préparer pour les quelques heures de sommeil dont j'avais clairement besoin?

Je me retournai pour lui dire de se taire et de me laisser tranquille. Je n'eus même pas le temps d'ouvrir la bouche avant de recevoir je-ne-sais-quel-vêtement en pleine figure. Ne me dis pas que c'était ses sous-vêtements? Oh par Salazard, il n'avait pas osé?

Le vêtement glissa au sol. Je pensai deux secondes à la façon dont j'allais réagir à cette attaque et surtout, à voir mon coéquipier nu. Une partie de moi voulait commencer à lui crier dessus. Il venait de me lancer ses boxers usés, ce n'était pas rien! Cependant, une autre partie de moi ne prêtait pas attention au tissu qui tombait, mais à ce que j'allais voir lorsque celui-ci aller toucher le sol...

Je déglutis alors que mon regard se posa sur la masse humaine pliée en deux de rire sur le sol. Heureusement pour moi, je réalisai que ce n'était pas son caleçon qu'il venait de me lancer au visage, mais bien son jean. Le moment où j'allais voir le Gryffondor complètement nu - et où j'allais pouvoir pleinement profiter du spectacle - n'était pas aujourd'hui.

- « Très mature, Potter.», répliquais-je, avant de m'enfermer dans la salle de bain.

Lorsque je sortis enfin, les dents brossées et mes multiples produits pour le visage et pour le corps appliqués, le brun était de nouveau couché dans notre lit. Il semblait être enfin endormi. Parfait! Je n'allais plus avoir à le tolérer pendant au moins quelques heures!

Je m'installai dans le lit à ses côtés. Sentant instantanément ma présence, il papillonna des yeux quelques secondes avant que son regard d'émeraude plonge dans mes yeux d'acier, nos deux visages si près l'un de l'autre. Je soutins son regard quelques secondes avant de fixer les six petits points de rousseur sur les arrêtes de son nez. À moitié endormi, il esquissa un sourire.

- « Merci pour l'invitation ce soir, Malefoy. J'ai eu beaucoup de plaisir... », commença-t-il, lentement, pesant chacun de ses mots dans le lourd silence de la nuit qui flottait dans la chambre.

Je n'eus même pas le temps de le remercier moi aussi qu'il soit venu que mon regard s'accrocha aussitôt à sa lèvre inférieure qu'il mordillait délicatement. Je sentis mes joues s'échauffer. Son air innocent me donnait envie que ce moment ne s'arrête jamais. Les mots de ma réponse s'effacèrent sur mes lèvres.

- « Aussi, c'était vraiment touchant ce que tu as dit à Ada tout à l'heure... Sur le fait que tu as gagné le match aujourd'hui pour elle. Peut-être qu'un jour tu le gagneras pour moi, qui sais? J'aimerais bien ça... En tout cas, bonne nuit. »

Potter ferma tranquillement les yeux avant de s'endormir profondément, son souffle ralentissant petit à petit, comme si de rien n'était. Comme s'il ne venait pas de lâcher une phrase qui m'avait ébranlée. Comme s'il ne venait pas de me faire perdre mes repères d'un brusque coup. Comme s'il ne venait pas de faire arrêter le temps pour une seconde, ainsi que mon coeur dans la même démarche.

Je restai sans mot. Presque en état de choc, je ne pus m'empêcher de répéter encore et encore ses phrases à l'intérieur de ma tête. Dans ces simples petits mots, j'eus la vive impression qu'il avait vu à l'intérieur de moi-même et qu'il avait découvert le feu ardant qui y brûlait à son égard en plus de toutes ces folles rêveries d'un monde imaginaire où je pouvais accomplir des petits gestes significatifs envers le Gryffondor. Je n'avais pas seulement envie de rendre fier ma fille, mais aussi mon coéquipier. Par ailleurs, le rendre fier n'était pas la seule chose que j'avais envie de lui faire ressentir à mon égard...

Ma main se leva d'elle-même et stoppa à quelques centimètres de la joue du brun. Je voulais tellement la poser sur la courbe de sa pommette pour sentir sa peau douce et chaude contre ma paume, mais je m'en abstins au dernier moment. Ma main tomba lourdement sur l'oreiller de Potter, si près de lui. Mon coeur battait si fort la chamade qu'il m'était impossible de m'endormir. Mon regard ne le lâcha pas jusqu'à ce que le sommeil m'emporte d'épuisement.


PDV EXTERNE


À travers les pâles rideaux fermés de la chambre du binôme Malefoy-Potter, le soleil pointait déjà son nez. Une mince lueur chaleureuse baignait dans la pièce et quelques rayons de soleil réussissaient à chatouiller les visages des deux hommes endormis paisiblement dans leur lit.

Installé bien confortablement, un certain brun dormait d'un sommeil profond. Bien avant le son du réveille-matin, ses ronflements finirent par réveiller celui qui partageait son lit. Agacé, le blond soupira. Son sourire lui revint toutefois incontrôlablement en observant le Gryffondor, bien calé contre son corps, sa tête reposant dans le creux de son épaule, un bras enroulé autour de sa taille. Ses jambes étaient entrelacées avec les siennes, permettant aux deux partenaires de partager leur chaleur corporelle et un instant qui serait facilement considéré comme intime pour plusieurs. Son visage se teinta soudainement d'un air narquois en remarquant que Celui-qui-avait-trop-fait-la-fête-la-veille n'avait pas l'air aussi adorable qu'à l'habitude. Sous ses yeux clos s'étendaient de gros cernes bleutés qui ressortaient encore plus sous la pâleur anormale de sa peau. Ses cheveux, qui lui effleuraient sa mâchoire, semblaient même encore plus en bataille qu'à l'habitude, ce que le blond pensait impossible. Un filet de bave s'était même glissé sur la commissure de ses lèvres excessivement sèches qui ne demandaient que d'être hydratées.

En temps normal, Drago aurait repoussé le Survivant dès qu'il aurait senti sa présence aussi proche. Pourtant, en cette matinée paisible et tranquille, il ne voyait pas de meilleure chose à faire ni à penser. Se connaissant bien, quelques mois auparavant, s'il avait été dans la même situation, il n'aurait certainement pas laissé le Gryffondor dormir, et certainement pas de la sorte. Cependant, il était déjà réveillé - gracieuseté des ronflements bruyants du Gryffondor et il avait été depuis longtemps habitué au manque d'espace personnel lorsqu'il partageait un lit avec son coéquipier de binôme. Profitant de la chaleur du corps à moitié nu d'Harry, Drago décida de ne pas réveiller celui-ci. Après tout, si le brun pouvait dormir quelque temps de plus avant de devoir endurer une journée complète de cours, cela n'allait pas faire de tort.

Le Serpentard ne fit que regarder le brun dans ses bras en suivant sereinement sa respiration qui faisait lentement monter et descendre le haut de son corps et qu'il pouvait sentir sur son propre torse. Leurs deux coeurs battaient à l'unisson et le fait de savoir cela accéléra le rythme de celui appartenant à l'héritier Malefoy.

Drago ne demandait qu'aux paupières de son partenaire de binôme de s'ouvrir pour qu'il puisse tomber dans leur étendue verte et brillante, mais le griffon n'était assurément pas prêt à se réveiller. Le blond rejeta donc sa tête vers l'arrière dans son oreiller moelleux et fixa le simple plafond blanc, resserrant contre lui son emprise sur le brun.

Mais qu'est-ce que suis-je bien en train de faire?, pensa Drago en soupira.

Si auparavant la seule idée d'avoir le Gryffondor ainsi contre lui l'avait fait frissonner de dégoût, il profitait de ce petit et fragile moment, se laissant enfin aller au flot d'émotions diverses qu'il ressentait en présence d'Harry. C'était leur premier matin rien que tous les deux, sans leur fille, sans la pression de ce projet d'envergure qui prenait de plus en plus d'ampleur dans leurs vies. Tel un automatisme, la main du Serpentard alla se glisser dans la chevelure entremêlée du brun endormi. Les yeux rivés sur le plafond et la tête ailleurs, le blond se mit doucement à jouer avec les cheveux foncés du Gryffondor, en faisant attention à ne pas faire plus de noeuds dans ceux-ci qu'il en défaisait.

L'esprit de Drago dévia tranquillement vers sa fille. Il n'arrivait pas à croire qu'il n'avait fallu qu'un petit poupon pour changer sa vie, car c'était bien Ada qui avait lié ces deux anciens ennemis presque amis. Elle était leur petit ange tombé du ciel qui, avec son charme irrésistible et sa bouille mignonne, avait rejoint leurs âmes et leurs coeurs qui semblaient dangereusement se rapprocher. Sans elle, Drago n'aurait jamais su à quel point c'était quelque chose de côtoyer à longueur de journée le célèbre Harry Potter. Mais puisqu'elle n'était pas là, le blond n'avait aucune excuse pour agir cordialement envers son coéquipier.

Lorsque le brun ouvrit finalement ses paupières lourdes de sommeil, il les referma aussitôt, la lumière l'agressant. Il retourna sa tête dans le creux du cou du blond, comme s'il cherchait à se cacher du monde. La main du Serpentard se figea dans la chevelure de jais de son coéquipier. Toutefois, un mouvement de tête de la part d'un Gryffondor ensommeillé l'incita à continuer.

Drago ne put s'empêcher un petit rire. Rien qu'à voir la réaction de son coéquipier, le Serpentard pouvait clairement voir que celui-ci regrettait déjà toute la boisson qu'il avait consommée la veille.

- « Bon matin... », osa le blond, incertain de comment agir dans la situation qui se présentait devant lui.

Après tout, ce n'était pas tous les jours qu'il se réveillait avec Harry dans les bras sans sa fille pour excuser la proximité avec son coéquipier. Et ils n'étaient pas seulement près, mais bien complètement enlacés, leurs jambes reposant l'une par-dessus l'autre dans une étreinte dont il allait être difficile de se défaire.

- « ...'matin... », marmonna Harry, un mal de tête se pointant déjà à l'intérieur de son crâne.

Le Serpentard se détendit aussitôt en voyant que son coéquipier n'avait pas l'intention de ni se moquer de lui en raison de leur position, ni de bouger de ladite position. Sans un mot, ils restèrent ainsi, profitant de la chaleur de l'autre et du silence qui flottait dans l'appartement. Pour une fois, le sens des responsabilités qui accompagnait la présence d'Adélaïde dans leur quotidien se faisait peu ressentir. Au fond, elle n'était pas là pour casser leurs oreilles à n'importe quelle heure de la nuit ni pour les obliger à quitter le confort de leur lit à une heure inhumaine. Sans oublier que les deux parents savaient qu'elle était entre bonnes mains et qu'ils allaient la revoir dans quelques heures.

Lorsque le réveille-matin sonna finalement, Drago l'éteignit d'un coup de baguette avant de se détacher à contrecœur du corps du brun. Soudain sans sa source de chaleur et des bras protecteurs l'entourant, Harry geignit, sa tête retombant lourdement dans son oreiller de plumes.

Le blond s'assit sur son côté du lit, sa main placée toute proche de celle de son coéquipier, comme si elles étaient destinées à se prendre l'une dans l'autre. Le Serpentard lança un dernier regard à son coéquipier, enveloppé dans les draps, qui semblait lui dire de revenir contre lui et se rendormir à ses côtés. Tentant d'éviter la tentation qui se présentait devant ses yeux, le blond alla se préparer dans la salle de bain, l'esprit encore captivé par un certain brun, qui ne semblait pas du tout vouloir sortir du lit après cette nuit qui avait été aussi courte.

Après une bonne trentaine de minutes, Drago fut enfin prêt. Il n'avait pas hâte de commencer ses cours, mais, d'un autre côté, il devait aller chercher sa fille qui lui manquait depuis les secondes qu'elle avait quitté son champ de vision.

Son coéquipier, tant qu'à lui, n'avait pas bougé d'un centimètre. Drago s'approcha du lit et s'assit à côté du brun. Une envie folle lui passa à travers la tête d'encore passer sa main dans la chevelure de jais d'Harry, mais il reprit le contrôle de lui-même au dernier moment.

- « Potter? Tu devrais te réveiller si tu veux avoir le temps de manger. », commença Drago qui reçut comme réponse un grognement de la part du griffon.

Le blond posa une main sur le bras du Gryffondor qu'il remua un peu pour l'inciter à bouger.

- « Allez, Potter, nous devons aller chercher Ada avant le début des cours... »

À la mention du nom de sa fille, Harry releva lentement la tête. Devant l'air fatigué du brun, Drago manqua de pouffer de rire. À son avis, le Gryffondor allait faire plus attention la prochaine fois qu'il allait boire.

Harry finit tout de même par se lever - lentement, mais sûrement. Il vint pour mettre ses lunettes, mais décida aussitôt de les retirer, ayant trop mal à la tête pour forcer sa vision. Harry s'insulta intérieurement. Qu'est-ce qu'il lui avait prit de boire autant? Au moins, songea-t-il, il n'était pas malade, mais sa migraine ressemblait presque à celle qui le torturait quand Voldemort était toujours vivant et s'infiltrait dans son esprit.

Avec courage, le brun traîna son corps lourd et endormi dans la salle de bain afin de se préparer, sous le regard presque amusé du blond.

Drago essaya tant bien que mal d'arrêter de penser au fait qu'il avait passé la nuit avec le brun dans ses bras. Il ne savait pas quoi penser de cela et, la réponse l'effrayait plus qu'il ne l'aurait cru. Il préféra se changer les idées pour de bon et une des façons de faire cela était de prendre soin de son magnifique corps.

En sortant, Harry remarqua que le blond lui avait sorti une fiole de couleur bleue et l'avait posée sur la table de chevet, à côté de sa paire de lunettes. Il lança un regard intrigué au blond, toujours assis sur le lit qui était en train de limer ses ongles.

- « C'est pour le mal de tête qui te martèle probablement la tête en ce moment. Ça vient de ma réserve. Je l'ai préparé moi-même. », fit Drago, sans même lever les yeux.

Harry ressentit une soudaine vague de reconnaissance si forte qu'il aurait presque pu embrasser le Serpentard à cet instant précis. Il respira un bon coup pour se revigorer l'esprit et remercier sincèrement l'autre moitié de son binôme. Sans y repenser une seule seconde - chose qu'il n'aurait jamais osé faire auparavant -, le Gryffondor prit la fiole et l'avala d'un coup. Dès que le liquide descendit dans sa gorge, Harry ressentit aussitôt ses bienfaits et sa migraine s'estompa doucement.

Voyant que le brun reprenait des couleurs, Drago lui fit signe de se dépêcher. Harry le rejoignit et ensemble, ils quittèrent leur appartement. Ils n'avaient pas toute la journée, car leurs cours allaient commencer dans moins d'une heure et ils n'avaient ni été cherché leur fille, ni prit leur déjeuner.

Ils se dirigèrent silencieusement vers le loyer du binôme Granger-Weasley où était gardée leur petite Adélaïde. Les deux hommes ne savaient pas vraiment comment réagir l'un envers l'autre, repensant chacun de leur côté à leur veillée festive et à leur nuit plus chaude qu'ils ne l'auraient cru.

Lorsque la porte des appartements des meilleurs amis du Gryffondor s'ouvrit, un grand sourire vint illuminer le visage du brun et du blond. Hermione tenait contre sa hanche leur adorable petite fille, qui se mit aussitôt à gazouiller et à tendre ses bras vers ses parents, un grand sourire aux lèvres.

Sans étonnement, Ada était déjà habillée et prête pour sa journée. La brunette lui avait même déjà donné son biberon. Celle-ci embrassa le front du bébé dans ses bras avant de la tendre à ses parents. Harry prit sa fille entre ses bras et la serra contre lui. Il couvrit sa tête de bisous et sentit la calmante odeur de bébé de sa fille. Il n'avait pas réalisé à quel point elle lui avait manqué.

- « Elle a été une vraie petite ange! Elle n'a presque pas pleuré lorsque vous êtes partis hier. Je vous la garde quand vous voulez! », fit la Gryffondor, le regard rivé sur Adélaïde, lui faisant des ''au revoir'' de la main.

Les coeurs de Drago et d'Harry se serrèrent en sachant que leur départ la veille avait fait pleurer leur fille. Elle ne semblait toutefois pas traumatisée émotionnellement, en voyant ses adorables sourires desquels laissaient apercevoir ses gencives roses.

Le blond prit la main que sa fille lui tendait et embrassa sa petite paume douce, le sourire aux lèvres. Son regard tomba dans celui de son bambin où une étincelle brillait de curiosité. Le sourire qui brillait sur le visage du bébé se reflétait sur celui de son père blond. Drago était plus qu'heureux de pouvoir revoir les mains, le sourire, les yeux, et tout le petit être qu'était sa fille. Il ne pouvait pas croire qu'il l'avait laissé loin de lui une nuit complète!

Les deux papas durent quitter Hermione - ou plutôt, elle les obligea à la laisser, car elle voulait absolument terminer le devoir de Métamorphose dut dans plus d'une semaine avant de devoir aller en cours. De toute façon, ils la laissèrent sans problème, tous les deux affamés.

Une fois à la Grande Salle, Drago obligea presque son partenaire de binôme à lui passer sa fille. Il l'assit sur ses genoux, son petit dos contre son torse musclé, profitant de la chaleur corporelle de sa fille alors qu'il déjeunait. Lorsqu'il fut l'heure d'aller en cours, les deux parents voulurent tous deux amener avec eux leur fille dans leurs cours respectifs, voulant passer du temps avec elle puisqu'elle leur avait manqué. Ada, elle, s'était tout autant ennuyée de ses papas et tenait absolument à ne pas quitter la présence d'aucun des deux.

Avec peine, le brun décida de finalement laisser sa petite entre les bras du blond. Elle pleurait à chaudes larmes et son mal de tête commençait à revenir. Il embrassa la tête de sa fille, qui lui assena accidentellement un coup de poing sur la joue dans sa crise alors qu'elle tendait impatiemment les bras vers lui.

- « Papa va te voir bientôt, ma belle. Arrête de pleurer s'il te plait. Tu me brises le coeur. », murmura Harry avant de partir de la Grande Salle sans se retourner, le coeur lourd, de peur de ne plus être capable de quitter Ada sans la consoler.

Il devait avoir confiance envers Drago lorsqu'il s'agissait de calmer leur fille. De toute façon, c'était sa seule option.

La journée fut longue pour les deux parents. Adélaïde avait clairement envie d'être avec ses deux pères, et elle le laissa savoir bruyamment, empêchant complètement le Gryffondor et le Serpentard de se concentrer durant leurs cours, cherchant intérieurement le réconfort de la présence de l'autre. Après tout, ce n'était pas rien s'occuper d'un enfant et le faire à deux était beaucoup plus enrichissant.

Le soir venu, Drago et Harry furent tout aussi heureux que leur fille de retrouver leur cocon familial. Dès qu'ils mirent le pied à l'intérieur de leurs appartements, elle cessa ses crises et retrouva le sourire, à la grande joie de ses parents.

Ils purent alors profiter de la bonne humeur d'Ada et de sa présence qui leur avait tant manqué la veille en retombant dans leur petite routine. La petite profita avec euphorie des petites attentions de ses pères lors de son biberon, sa séance de jeu, son bain ainsi que son rituel du coucher.

Un étrange sentiment s'empara toutefois de Drago et d'Harry lorsque vint le temps pour eux d'aller se coucher. Leur proximité de la veille les avait laissées dans une incertitude exaspérante sur leur relation ambigüe. Ils ne pouvaient se sortir de la tête les moments de la nuit précédente où la gêne avait complètement été mise de côté au profit d'une nouvelle ouverture envers l'autre. Ils se changèrent sans un seul mot, tous deux perdus dans leurs pensées.

Est-ce que tout avait changé entre eux? Comment allaient-ils gérer cette différence, ce pas énorme qu'ils avaient franchi ensemble, ce mur entre eux qu'ils avaient finalement démantelé?

Ils n'en avaient aucune idée. Pourtant lorsqu'ils s'allongèrent l'un à côté de l'autre, en se souhaitant mutuellement bonne nuit, la pression du projet-bébé pesait fort entre eux. Tous deux souhaitèrent, intérieurement, de pouvoir passer d'autres moments seuls avec l'autre, pour enfin apprendre à mieux se connaître de toutes les façons inimaginables. Harry et Drago ne comprenaient pas comment ils avaient pu en arriver là, mais ils savaient pertinemment qu'ils en étaient étrangement heureux et paisibles.

oOo

Le lendemain passa assez rapidement pour le Serpentard et le Gryffondor. Les deux passèrent la journée à s'échanger Adélaïde d'un cours à l'autre sans trop se parler, ne sachant pas vraiment quoi se dire, ne se parlant même pas assez souvent pour s'insulter - une caractéristique de leur ancien mode de vie d'ennemis qui disparaissait à chaque regard en coin ou caresse involontaire qui faisaient étrangement battre leurs coeurs la chamade et rosir leurs pommettes. L'étape qu'ils avaient franchie dans leur relation vers l'amitié les déconcertait plus que tout même s'ils tentaient impérieusement de ne pas y penser. Tout leur monde semblait avoir changé autour d'eux et ils n'avaient pas la moindre idée de comment se comporter - envers eux-mêmes et l'autre - dans ce qui leur semblait être un univers totalement différent.


PDV DRAGO


Lors de ma pause entre mes deux derniers cours de la journée, je rentrai rapidement à mes appartements. Je venais faire des réserves pour le sac de bébé de ma fille pour le reste de la journée. J'étais seul avec ma fille Ada - Potter ayant été exempté par McGonagall de son dernier cours de la journée afin de se préparer pour le match de Quidditch de ce soir, son premier de l'année. Une petite partie de moi avait hâte pour lui, alors qu'une autre le mettait intérieurement au défi de mieux performer que moi. Je m'autorisai un petit sourire en coin, sous le regard curieux de mon ange, dans mes bras.

En songeant au fait que j'allais voir Potter jouer ce soir, mon coeur ne put s'empêcher de battre d'anticipation. Cela faisait si longtemps que je ne l'avais pas vu, montant presque gracieusement son balai, les cheveux s'entremêlant sous la brise du vent, le regard perçant l'horizon, à la recherche du Vif d'or. J'espérais vraiment qu'il n'avait pas perdu son talent et qu'il allait nous surprendre en gagnant la partie. Je n'arrivais même pas à croire que je voulais que Potter gagne réellement une partie de Quidditch, mais voir son sourire, qui allait être si fier et précieux, être contagieux sur le visage de notre fille, et ensuite sur le mien, je ne pouvais pas détester ce que ce moment allait pouvoir nous apporter aux trois. Je sentis le rouge me monter aux joues en repensant à ce qui s'était passé après ma victoire, au début de la semaine. Je ne croyais même pas encore à tout ce qui était arrivé durant cette fameuse soirée.

Si Potter gagnait la partie ce soir, peut-être que les Gryffondors allaient organiser une fête? Probablement pas aussi épique et incroyable que celle qu'avaient organisée mes partenaires de maison, mais tout de même une fête. Peut-être alors que Potter allait m'inviter à y aller, comme je l'avais fait avec lui?

Je l'espérais presque, voulant retrouver cet aspect coquin de lui que j'avais entre-aperçu pendant la soirée organisée pour fêter la victoire de mon équipe pour la première partie de Quidditch de l'année scolaire. Potter ivre était plus qu'amusant, surtout lorsque je l'étais aussi et mes inhibitions s'effaçaient. De plus, être invité par mon coéquipier à une soirée ne faisait que mettre une brique de plus dans le début d'amitié que nous bâtissions ensemble. Je n'arrivais toujours pas à croire qu'un jour, et ce, bientôt, j'allais pouvoir considérer le balafré comme un ami véritable. C'est fou de penser qu'après près de sept ans, en quelques semaines, son statut ''d'ennemi numéro'' un avait changé à ''presque ami'', en raison d'un simple petit projet et d'une jolie petite pouponne.

Avec Adélaïde dans mes bras, je me dirigeai vers la salle de bain. Ma petite avait besoin d'un changement de couches urgent, et je ne trouvais plus la poudre pour bébé qui était placée sur sa table à langer habituellement. Saint-Potter avait dû la mettre ailleurs - ou simplement la cacher pour m'énerver. Quoi que, je savais étrangement, au fond de moi, qu'il ne pouvait tout simplement pas vouloir me mettre volontairement en colère.

Le sac de ma fille contenant tout son matériel étant dans la cuisinette - loin et inutile en raison de la bouteille de talc de transport presque vide. Je décidai d'aller chercher la bouteille de poudre que nous avions en réserve dans la vanité de la toilette. Il était hors de question que je risque un érythème fessier sur le petit derrière adorable de ma petite fille! J'étais un parent responsable et soucieux, au contraire de Potter, qui oubliait souvent cette étape cruciale lors du changement de couche.

Pourtant, je m'arrêtai au dernier moment: posant ma main sur la poignée de porte, mais ne la tournant pas, soudainement pris d'un doute. De l'autre côté de la porte je pouvais entendre l'eau de la douche couler, ainsi que de drôles de marmonnements. Potter n'était pas encore parti pour le terrain de Quidditch pour se préparer à la partie. Il ne dut pas m'entendre rentrer, car ses marmonnements reprirent de plus belle, un peu plus bruyamment. Est-ce que Potter était encore en train de chanter ses stupides chansons moldues? Depuis que nous habitions ensemble, je commençais à connaître par coeur tous les succès du moment du mondemoldu. Toutefois, ce qu'il semblait être en train de chanter sous la douche ne faisait pas partie de mon répertoire musical nouvellement élargi.

J'osai coller mon oreille contre la porte et j'entendis clairement un gémissement que je crus être une lamentation. En discernant celui qui suivit, j'eus une petite idée de ce qui se passait dans la douche... Oh, par Salazard!

Adélaïde lâcha soudainement un petit sanglot, me faisant savoir que sa patience atteignait ses limites du fait qu'elle attendait depuis longtemps d'être débarrassée de sa couche sale. Cependant, cette pleurnicherie me fit sursauter. Ma main, étant toujours placée sur la poignée, glissa sans que je m'en rende compte, ouvrant par mégarde la porte. Je n'eus même pas le temps de réaliser cette série d'actions que j'entrais en trombe dans la salle de bain, m'empêtrant presque dans mes propres jambes tout en serrant ma fille contre mon torse pour la protéger si je chutais. Après quelques secondes, je retrouvai l'équilibre, soulagé.

Je levai involontairement les yeux, trouvant immédiatement ceux de mon coéquipier à travers la vapeur qui embuait l'air de la salle de bain.

Mon souffle resta prisonnier dans ma gorge, mon coeur battant si fort que je crus qu'il allait se défaire des chaînes que je lui avais imposées. Je sus à cet instant précis que mon visage devait rougir à vue d'oeil. Je ne pouvais plus le lâcher des yeux.

Potter me regardait comme s'il était un prédateur sans merci et que j'étais sa pauvre petite proie - pas que ce fait me dérangeait. Je pensai - et espérai presque- même pour une seconde qu'il allait me sauter dessus. J'eus de la chance que la vitre de la douche nous sépare, car je ne sais pas comment j'aurais réagi à cette soudaine attaque. Le vert si caractéristique de ses yeux partageait son regard avec le noir de ses pupilles dilatées. Je ne les avais jamais vues aussi grandes. Je n'en étais que plus dérivé, perdu dans la vision qui s'offrait à moi.

Je réalisai que j'étais en train de me noyer dans ses prunelles d'émeraude. J'étais hypnotisé par la noirceur à la fois inquiétante et lascive de ses pupilles qui semblaient vouloir aspirer tout mon être.

Je mordis inconsciemment ma lèvre inférieure. Je ne comprenais aucunement la soudaine chaleur qui se dirigeait tranquillement, mais inévitablement vers mon entrejambe. Depuis quand Potter était-il capable, par la simple force d'un de ses regards, de faire tomber toutes mes barricades qui m'avaient prises des années à bâtir et qui étaient impossibles à briser, sans failles?

Une petite voix au fin fond de mon être, comme un chuchotement, se fraya une place dans mon esprit: peut-être qu'Harry Potter était l'être pour lequel j'étais fait - moi, avec tous mes problèmes et mes masques - , celui qui me complétait, me comprenait. Il me faisait tant d'effets qu'il était impossible de nier que nous possédions une certaine alchimie - bizarre, certes, mais tout de même un lien. Je fermai les yeux pour faire taire cette voix et l'engouffrai au plus profond de mon âme. Ce n'était que des sottises.

Je rouvris les yeux et je réalisai d'un coup que Potter était nu, était un peu penché vers l'avant, une main sur la vitre de la douche pour se soutenir et s'empêcher de tomber, alors que l'autre était sur son érection, celle-ci bien visible malgré la vapeur issue de l'eau chaude de la douche.

Le brun respirait fort et il serra les dents avant d'ouvrir la bouche pour parler:

- « Mal... Malefoy... », dit-il en grognant presque, sa voix rauque et grave, et en se retenant de gémir à nouveau, ne laissant qu'un murmure s'échapper de ses lèvres.

Ces simples paroles allumèrent un brasier en moi, de la lave en fusion semblait couler dans chacune de mes veines, me faisant monter un soudain élan de fièvre. Je restai renversé, chaviré, en proie à des vagues de chaleur et des papillons agités au creux de mon ventre. Un soupir s'échappa de mes lèvres, rendues sèches. Entendre Potter m'appeler par mon nom de famille sur ce ton de voix me fit plus d'effet que toutes les fois où mes conquêtes avaient hurlé de plaisir mon prénom. Mon coeur se débattait comme un fou dans ma poitrine. Mes pieds étaient ancrés au sol, mes yeux ne pouvant - et ne voulant - pas le quitter. Je suivis avidement chacun de ses mouvements; sa tête penchée légèrement vers l'arrière, ses yeux désespérés cherchant les miens, quelques mèches de cheveux collées sur son front, ses lèvres entre-ouvertes, son torse musclé et humide se soulevant rapidement à chacune de ses respirations saccadées, sa main crispée contre la paroi de verre de la douche qui nous séparait, son autre qui tremblait d'anticipation sur son érection qui ne demandait qu'à être prise en main. La buée qui flottait dans la pièce m'empêchait de bien distinguer chaque détail de son corps, mais j'en voyais assez. J'étais son prisonnier, je ne pouvais plus bouger. Je déglutis, sachant peu comment réagir face à la situation ainsi que ma réaction. Une folle envie d'aller le rejoindre et l'inciter à continuer sa précédente activité me vint alors que l'afflux de sang vers une certaine partie de mon anatomie se faisait de plus en plus important.

Refusant que nous oubliions ainsi sa présence, Adélaïde commença une énorme crise de larmes, nous sortant de la transe dans laquelle nous avions plongé avec extase.

Potter balbutia des mots et je compris qu'il me demandait de sortir, essayant tant bien que mal de mettre de la pression avec l'aide de ses deux mains sur son sexe pour essayer de le cacher et de se sortir de sa situation compromettante. Reprenant mes esprits, choqué, je reculai de la pièce, mes responsabilités en tant que parent m'assaillant d'un brusque coup, calmant mes ardeurs.

Je ne pus tout de même pas m'empêcher un dernier coup d'oeil vers Potter qui grimaçait et tentait tant bien que mal de sortir de la douche, encore tout dégoulinant et définitivement toujours excité.

Ada n'allait tout de même pas mourir si je ne lui mettais pas de poudre une seule fois lorsque je changeais sa couche! Je pouvais simplement pouvoir lui en mettre plus la prochaine fois!

Je sortis de la chambre et me dirigeai vers la table à langer. Je soutins d'une main, ma fille, en pleine crise, qui ne cessait pas de mouvoir ses petits bras et ses petites jambes. De l'autre, je cherchai à tâtons une couche proche. Je l'empoignai, celle-ci était cachée entre un pot de crème et une boîte de serviettes humides. Ayant enfin l'objet de ma recherche en ma possession et tout le nécessaire à disposition - à l'exception de la poudre de talc -, je décidai de changer Adélaïde, repoussant la vague de dégoût qui s'empara de moi en pensant que des coliformes pourraient rester sur ma personne. Je promis à haute voix, comme pour le dire à ma fille, que j'allais jeter un sort de nettoyage après l'avoir libérée de sa couche pleine.

J'essayai de la changer, mais tout semblait aller de travers. Elle ne cessait de pleurer et j'avais l'impression que mes mains étaient incapables de suivre ce que je voulais qu'elles fassent. Pour une fois dans ma vie, je me sentais comme la personne la plus maladroite du monde. L'image de Potter gravée dans ma mémoire n'arrêtait pas de me déstabiliser. Je le voyais encore se donner du plaisir dans la douche et me regarder comme pour m'inviter à le rejoindre. Adélaïde me faisait tranquillement reprendre mes esprits et me montrait sa colère excessive à la manière de cris stridents, de grosses larmes ainsi que de coups de pieds et de poings. Elle me rendait la tâche encore plus difficile. Il me prit presque le triple du temps qu'il m'aurait pris normalement pour la changer enfin.

Adélaïde eut finalement les fesses toutes propres. Un sourire refit apparition sur son visage de bambin. Fier de mon travail et de la bonne humeur de ma fille, je me décidai même d'aller jusqu'à la changer d'ensemble, son ancien étant devenu humide et franchement dégoûtant. Je l'habillai d'un joli habit rouge et or assez chaud pour supporter la température froide de l'extérieur, tout en encourageant son deuxième père lors de la partie. Un coup d'oeil à l'horloge dans le salon et je réalisai que je devais me rendre au plus vite à mon dernier cours de la journée au risque d'arriver en retard. Prenant Ada contre ma hanche et refoulant Potter au fond de ma mémoire, je m'empressai de me rendre à mon cours, ne restant que quelques minutes avant que la cloche qui annonçait le début de la classe ne sonne.

À la fin du cours, c'est rempli d'une certaine angoisse à l'idée de revoir mon coéquipier que je me rendis au terrain de Quidditch afin d'observer la partie entre l'équipe de Gryffondor et de Serdaigle.

Je m'installai dans les gradins des Serpentards, me faufilant entre les élèves pour rejoindre mes amis que j'avais aperçus un peu plus loin, ceux-ci m'appelant et me faisant de grands signes des bras pour être bien certains que je ne les rate pas. Je m'assoyais entre Pansy et Théo. La Serpentarde à ma droite pinça affectueusement les joues de ma fille.

- « Oh! Comme elle m'a manqué la petite Adélaïde! Et comme elle est belle dans son ensemble... Des couleurs de Gryffondor? », s'exprima Pansy en premier à mon ange, puis par la suite à moi, pour que je réponde à sa question.

- « C'est Potter. Il veut probablement que sa fille porte les couleurs de sa maison pour son premier match de Quidditch de l'année. Aussi, je n'ai pas besoin de créer de dispute inutile avec Potter, surtout pas sur le sujet des vêtements de notre fille. », ripostai-je, sachant pertinemment que je mentais délibérément à mes meilleurs amis et qu'ils le savaient possiblement.

Ce n'était pas la première fois que je ne disais pas la vérité à mes amis. Je faisais cela pour me protéger. Mon âme avait été brisée, recollée, torturée et cachée derrière des barreaux de volonté impénétrables. Je n'étais pas prêt de parler à ceux en qui j'avais généralement confiance - même si je ne devais avoir confiance en personne, comme disait si souvent mon paternel. Même moi, j'avais de la difficulté à croire que quelqu'un que j'avais détesté presque toute ma vie semblait réparer tout le mal qui m'avait été infligé.

Je n'eus le temps que d'assoir Adélaïde sur mes genoux et de me prendre un petit sac de friandises que le match débuta. Le souaffle lancé, tous les joueurs se propulsèrent dans les airs, avides de jouer et de gagner.

J'observais avec intérêt la partie. Mes yeux ne quittèrent pas la figure imposante de mon coéquipier flottant un bon nombre de pieds au-dessus du sol, le regard se balançant d'un côté à l'autre du terrain, cherchant avidement la petite balle dorée qui allait faire remporter son équipe. Après la manière que je l'avais surpris il y avait à peine cela quelques heures, je ne pouvais m'enlever de la tête son expression lascive et la vision floue, en raison de la buée chaude, qui m'avais tout de même permis de contempler son corps nu et musclé. Je devais bien me l'avouer, dans certaines situations, le Gryffondor avec qui je partageais ma vie depuis quelque temps était très, très attrayant. Son balai entre les jambes, le dos droit, la tête haute, il semblait posséder le monde de la force de son regard. Je fixai avec intérêt son fessier ferme, bien appuyé contre le manche du balai. Avec les nombreuses images mentales qui me venaient, Potter n'était pas seulement talentueux pour monter un balai, je pouvais en être certain. Ses deux mains qui empoignaient le manche de son Éclair de feu faisaient dévier mon esprit sur une autre chose dont elles pouvaient s'emparer. Une bouffée de chaleur semblable à celle que j'avais éprouvée tout à l'heure commença à se faire ressentir.

J'essayais tant bien que mal de me concentrer sur la partie qui se déroulait devant mes yeux, mais j'étais incapable de regarder quoi que ce soit d'autre que mon stupide coéquipier. Je le voyais voler et tourbillonner dans les airs pendant une seconde, et pendant l'autre, je le revoyais dans la douche en pleine plaisance. Dans ma tête, je le rejoignais pour sentir l'eau chaude couler dans mon dos, respirer la vapeur qui nous entourait et admirer la nudité de celui qui prenait ma main pour la déposer sur son sexe dur, les yeux lubriques de plaisir.

Pris dans mes pensées, je me mordis la lèvre pour empêcher un grognement rauque de s'échapper de ma gorge en songeant à ces fantasmes. C'en était ridicule, j'avais l'impression de retomber dans la phase de la puberté. Rien que penser à tout ce que je pouvais faire à Potter m'allumait. Je devais me changer les esprits, j'avais vraiment un problème majeur, ça ne faisait aucun sens!, pensai-je. Je ne pouvais m'enlever le brun de la tête, ses yeux et son corps entier me hantant à chaque fois que je fermais les paupières. Je ne pouvais pas vivre comme cela à l'infini voyons! J'essayai sans succès d'oublier les émotions et sensations diverses que me faisait ressentir le brun lorsqu'il était en ma présence.

Soudain, le public s'exclama de bruyants cris de joie - Gryffondor venait de marquer son deuxième but d'affilée. Dans mes bras, Adélaïde se mit à geindre, effrayée par le bruit. Ma fille avait un véritable talent lorsqu'il s'agissait de me ramener à la réalité. Je la consolai rapidement en lui chuchotant des mots doux. Elle se calma aussitôt avant de se caler un peu plus contre mon torse, ennuyée, les yeux lourds de sommeil. Tant pis pour mon coéquipier qui n'avait pas encore repéré le Vif d'Or après déjà trente minutes de jeu! Il n'avait qu'à l'attraper plus tôt et aurait eu toute l'attention de notre petite!

Je pris une grande inspiration pour calmer mes chaleurs soudaines et reportai mon attention tout entière sur le jeu qui se déroulait devant moi. J'ignorai du mieux que je le pouvais Potter qui tournait lentement, en hauteur, autour du terrain, pour mettre toutes les chances de son côté pour trouver le Vif d'Or.

Mon attitude étrange n'échappa pas à mes amis. Blaise me jeta un coup d'oeil, curieux, alors que Pansy arqua les sourcils, pensant sûrement connaître la raison derrière mes actions. Je crus décerner un quelconque soupçon dans le regard de Théo, mais je n'y prêtai guère attention et je fis comme si je ne l'avais pas remarqué. Il n'avait aucune chance qu'il sache que chaque cellule de mon corps me criait de m'unir charnellement à celle de Potter. Si seulement les circonstances avaient été différentes, peut-être aurais-je pu faire d'Harry Potter l'une de mes conquêtes d'un soir? Pour le moment, je me contentai simplement de scénarios très vivides que mon esprit dépravé et en clair manque d'activité sexuelle se donnait la peine de créer.

Alors que je faisais semblant de porter mon attention sur la partie, l'un des batteurs de Poufsouffle frappa un cognard vers le premier Rouge et Or à sa droite. Mon sang ne fit qu'un tour. N'avoir pas eu Adélaïde sur moi, je pense que je me serais levé. Le cognard frappa le joueur de Gryffondor de plein fouet. Je fus envahi d'un soulagement sans pareil lorsque je vis que le numéro de l'élève dégringolant vers le sol était le trois, et non le sept.

Une main chaude se plaça sur la mienne.

- « Wow, calme-toi Dray. », me chuchota presque Pansy dans l'oreille.

Je fronçai les sourcils, ne comprenant ce que voulait dire ma camarade. Elle m'indiqua de la tête mes mains. Je baissai les yeux pour voir que mon sac de bonbons était maintenant écrasé dans mon poing et que presque tout son contenu s'étendait par terre. Contre moi, Ada geignit de plus belle, énervée de s'être fait déranger dans sa sieste.

J'envoyai un regard noir à ma meilleure amie et m'occupai aussitôt de ma fille, oubliant rapidement les bonbons gaspillés. Ce n'était que des bonbons, une situation bien moins préoccupante que celle que je m'étais imaginée pendant un instant en voyant le cognard frapper l'élève de Gryffondor. Je restai tout de même à l'afflux pendant le reste du match, inquiet à l'idée qu'il arrive quoi que ce soit au deuxième père de ma fille, qui avait l'air de prendre tout son temps pour attraper le Vif et mettre enfin fin au match.

Je commençais à être aussi impatient que ma fille, celle-ci qui semblait être sur le point de commencer une crise à n'importe quel moment. Cela faisait au moins deux heures que les joueurs des deux équipes se débattaient pour déterminer l'équipe gagnante. Le pointage était en faveur des Serdaigles, mais tout pouvait changer si Potter réussissait à attraper la petite balle dorée bientôt. Malheureusement, aucun des deux attrapeurs ne l'avait encore repérée. Le Vif se faisait capricieux.

De l'autre côté des gradins, un jeune Gryffondor sauta sur ses deux jambes en criant, ce qui attira l'attention de certains joueurs. Il semblait se débattre avec un être invisible. Je plissai les yeux pour essayer de comprendre ce qui se passait.

Potter fut le premier à réaliser qu'est-ce qui ne tournait pas rond. Il plongea vers les gradins, sous les regards intéressés des spectateurs. C'est à ce moment que j'aperçus un éclat doré juste au-dessus de la tête de l'élève. Je retins mon souffle, alors que le deuxième attrapeur se lança à la poursuite de mon coéquipier. La balle dorée changea soudainement de direction, obligeant Potter et Leroy, l'attrapeur de Serdaigle, à tourner sec. Leroy tourna si brusquement qu'il manqua presque de tomber de son balai. Potter avait beaucoup plus de talent que l'autre incompétent. Il redoubla de vitesse, tendit le bras et entoura sa main sur le Vif, sous les acclamations euphoriques de la foule.

Je manquai même de me lever encore, mais cette fois-ci pour l'applaudir tant la joie des autres m'était contagieuse. Je n'étais pas supposé être heureux que Gryffondor gagne, pourtant, le grand sourire qui s'affichait sur mon visage trahissait ma joie.

Sous l'euphorie générale, ma petite s'éveilla. Grognonne, elle se mit à pleurer ajoutant de l'intensité au bruit ambiant. Je tentai de la calmer, sans réel succès. Voyant que les joueurs des deux équipes étaient en train de se serrer la main pour féliciter les performances de chacun, je me faufilai rapidement hors des gradins, les hurlements d'Adélaïde se mêlant aux cris de la foule. Malheureusement, je n'étais pas le seul à avoir cette idée - surtout dans les gradins des Serpents, qui n'en avaient rien, ou presque, à foutre, ni des Ors et Rouges, ni des Bleus et Bronzes. Une foule d'étudiants de ma maison partirent en même temps que moi, m'empêchant de descendre pour rejoindre mon coéquipier sur le terrain comme il l'avait fait avec moi à la fin de mon match. Potter et moi n'étions pas amis, mais j'étais tout de même un peu fier de lui même si ça lui avait pris une éternité pour attraper la petite balle dorée. J'étais impatient de voir son sourire fier et sa joie caractéristique qui accompagnait sa victoire.

Le temps que je descende enfin des gradins, les deux équipes étaient déjà parties aux vestiaires et mon humeur était aussi massacrante que celle de ma fille qui s'époumonait toujours dans mes bras. J'espérais réellement que voir son autre père allait la calmer - et peut-être même me redonner le sourire. Je me dirigeai vers les vestiaires, où j'allais pouvoir attendre que Potter termine de se doucher et de se changer.

Potter sous la douche... Une panoplie de souvenirs très récents et très osés, où je revoyais mon coéquipier en train de se donner du plaisir sous l'eau chaude, firent surface dans mon esprit. Peut-être que Potter était en ce moment même encore en train de calmer ses ardeurs sous l'eau chaude et dégoulinante sur son corps nu et musclé. Je me sentis rougir jusqu'aux oreilles rien qu'à m'imaginer la scène. Je me mordis la lèvre inférieure et baissa les yeux avant de prendre une grande respiration, m'obligeant à contrecœur de ne plus y penser.

Pour qu'Ada arrête de pleurer, je l'amenai près d'un petit bosquet de fleurs sauvages tout près des vestiaires. Elle adorait la nature. Peut-être que celle-ci allait pouvoir lui changer les idées et la divertir un peu? Je souhaitais surtout que ça l'empêche de faire savoir à grands cris à tout le monde que Mademoiselle n'était pas contente.

Je soupirai de soulagement lorsqu'Adélaïde cessa enfin sa crise. Ses yeux étaient maintenant grands ouverts, ses bras tendus vers les fleurs jaunes et ses mains s'ouvraient et se fermaient pour essayer d'attraper les pousses colorées.

Je savais cependant que ce petit moment de répit n'allait pas durer. Adélaïde était très fatiguée et la nature n'allait pas la divertir très longtemps. Potter était mieux de se dépêcher pour que nous puissions rapidement retourner à nos appartements coucher et border Ada sans qu'elle ne soit trop en colère pour s'endormir paisiblement.

J'attendis une trentaine de minutes, voyant petit à petit tous les membres de l'équipe de Gryffondor sortir des vestiaires - tous sauf Potter. Comme je sentais que la patience de ma fille s'affinait de minute en minute, je me décidai de jeter un coup d'oeil à l'intérieur des vestiaires. De toute façon, me dis-je intérieurement, il n'y avait rien là-dedans que je n'avais jamais vu - même si la vision de la plupart des Gryffondors qui se changeaient ne m'était pas particulièrement alléchante.

Pourtant, lorsque j'entrai dans les vestiaires, une petite de plus en plus agitée dans mes bras, je ne vis aucune trace de Potter. Le seul Gryffondor restant était, à ma plus grande chance, un certain rouquin, assis sur un banc, qui mettait ses chaussettes. Il me dévisagea fortement, les sourcils froncés si fort qu'il allait certainement se développer des rides prématurées s'il continuait ainsi.

- « Si tu cherches Harry, il est rentré depuis longtemps à ses appartements. », fit-il, en me voyant ainsi figé dans l'entrée du vestiaire, une expression presque dégoûtée sur le visage.

Sans dire un seul mot, je serrai les dents et rebroussai chemin. Qu'est-ce qui m'avait pris de vouloir attendre mon stupide coéquipier? J'étais réellement devenu pathétique.

Le trajet jusqu'à mes appartements fut assez pénible. Adélaïde réclamait haut et fort un bon lit douillet. Elle ne cessait de se débattre dans mes bras. De mon côté, j'essayai tant bien que mal de ravaler mon mécontentement. Après tout, j'avais attendu Potter pour rien, sauf me faire éclater les tympans à plusieurs reprises par les crises de larmes de ma fille. Le brun n'allait pas aimer ce spectacle: deux Malefoys fâchés, ça n'annonçait jamais rien de bon.

Je tournai dans un dernier couloir et vis enfin la porte de mon chez-moi. Je ne pouvais toujours pas croire que Potter ne s'était pas arrêté pour me voir en sortant des vestiaires et avait décidé de partir, sans attendre, à nos appartements.

J'entrai finalement dans mon appartement d'un pas décidé. Adélaïde allait bientôt dormir et j'allais pouvoir me reposer un petit peu. Et si Potter voulait notre fille, il allait s'en occuper seul!

Je me dirigeai directement vers notre chambre commune, mais mon regard fut attiré par une forme sur le divan. Ma colère imminente fondit immédiatement devant la vision de Potter.

Celui dont le front était marqué par la foudre était couché - ou, en quelque sorte, assis. Sa tête était appuyée sur le dossier du sofa et menaçait de glisser à tout moment. Ses lunettes étaient posées de travers sur son nez, cachant ses yeux clos, qui eux, cachaient ses deux prunelles vertes. Sa bouche était entrouverte, un petit filet de bave menaçant de couler à la commissure de ses lèvres roses. Ses cheveux étaient entremêlés, encore humides de sueur en raison de l'activité physique qu'il venait juste de finir. Il n'avait clairement pas encore pris sa douche, m'aperçus-je en voyant qu'il portait encore son uniforme de Quidditch. À la fois attendri et un peu découragé, je secouai la tête, une esquisse de sourire aux lèvres.

Adélaïde s'était étrangement tue. Elle venait probablement d'être, elle aussi, témoin d'à quel point Potter était... Étais-je vraiment sur le point de définir le balafré comme étant ''mignon''? Je ne voulais pas y croire, mais j'avais le sentiment du contraire. Ma fille avait sûrement remarqué que je m'étais détendu en une fraction de seconde et elle avait fait de même.

Je posai Adélaïde au sol sur le tapis du salon. Je m'approchai de mon coéquipier dans le but, au moins, de retirer ses lunettes, afin qu'il soit plus confortable.

J'enlevai tranquillement les verres du brun de son nez en faisant bien attention à ne pas faire de faux mouvements pour ne pas le réveiller. Potter dormait encore profondément et j'avais la paire de lunettes en mains. J'observai curieusement l'accessoire caractéristique d'Harry Potter, le second après sa célèbre cicatrice. Je me rappelais au début de mes études à Poudlard à quel point je voulais lui piquer ses fichues lunettes comme je m'étais emparé du Rapeltout de Londubat en première année. À cette époque, j'aurais voulu que Potter me coure après pour venir me les prendre des mains et me supplier de les lui redonner. Maintenant, je voulais qu'il me supplie pour des choses très différentes dans des situations tout aussi différentes...

Les lunettes rondes de mon coéquipier étaient un peu sales. Malgré mon habituel dédain des germes, je les frottai sans gêne avec le tissu du bas de mon chandail. Je remontai l'accessoire vers mes yeux et vit embrouillé, mais fus fier de remarquer que les verres étaient maintenant propres.

Je cherchai un endroit pour déposer les lunettes, mais mon regard se reposa sur le brun. J'avais vu Harry Potter sous plusieurs angles. Chaque jour me permettait de l'observer à nouveau. Vivre avec lui était différent de tout ce que j'avais expérimenté dans ma vie. Je ne pouvais nier que j'appréciais ce quotidien. J'avais envie de le réveiller en lui plaçant Adélaïde sur le ventre - certain que cette action allait nous faire rire tous les trois. J'avais tout autant envie d'aller chercher une couverte de laine et le recouvrir de celle-ci. J'avais envie de le prendre dans mes bras pour m'endormir à ses côtés. Et comme j'avais envie de me pencher et de déposer un baiser sur son front balayé par ses cheveux de jais.

Je soupirai longuement. Avec toutes ces pensées chaudes qui se propageaient en moi toutes les heures de la journée quand j'étais près de Potter, j'en conclus que j'avais décidément un problème.

- « Malfoy... Est-ce que c'est toi? », me demanda soudainement Potter, d'une voix endormie, les yeux encore fermés.

Je sursautai d'un coup et manquai presque d'échapper les lunettes du brun que je tenais dans ma main. Je me reculai d'un pas, n'ayant même pas aperçu que je m'étais approché, honteux d'avoir été pris en flagrant délit en train de le reluquer. Je me raclai la gorge, reprenant mes esprits.

- « Oui, c'est moi... Le fauteuil n'est pas un lit très confortable, tu devrais aller dormir dans la chambre. Et pas question que tu y ailles sans prendre une douche! », m'exclamais-je, après quelques secondes silencieuses qui me donnèrent l'impression qu'il s'était rendormi - mais je n'allais pas me faire avoir deux fois d'affilée.

Il resta silencieux quelques instants avant de papillonner des yeux. Il bâilla, fatigué.

- « Tu me donnes un coup de main? J'ai l'impression que je ne fais plus qu'un avec le sofa. », me demanda-t-il, ensommeillé.

Je lâchai un petit rire découragé avant de lui tendre ma main. Loin était l'époque où je lui aurais simplement dit d'aller se faire foutre par le Basilic.

Il empoigna aussitôt ma main. Sa paume était chaude contre la mienne. À toutes les fois que sa main prenait la mienne, j'en avais des frissons. Nos mains semblaient être deux pièces de casse-tête faites pour s'emboîter parfaitement. Je ne pus empêcher mon pouce de caresser doucement le revers de sa main, essayant de me faire croire qu'il n'allait rien remarquer. Mon esprit dévia une fois de plus à ses activités de l'après-midi, et surtout, à ce que tenait sa main précédemment. Mes joues rougirent à la vitesse de l'éclair. Sans plus tarder, je l'aidai à se relever avec un élan. Mon élan dut être plus fort que ce qu'il s'attendait, car son corps fatigué se cogna contre le mien.

Il se retint de nous faire tomber à la renverse tous les deux en s'agrippant à mon épaule. Mon coeur battait à tout rompre. Notre proximité était telle que son odeur masculine - un mélange de son parfum et de sa sueur - envahissait mes narines et m'étourdissait. Ses yeux, encore embués de sommeil, étaient fixés sur mes lèvres, alors qu'un doux sourire flottait sur les siennes. Mon regard, lui, s'était attardé sur quelques centimètres de peau de mon coéquipier au-dessus de sa hanche qu'avait été dévoilé par son chandail lorsqu'il s'était levé. Inquiet, je posai ma main sur la hanche du brun et remonta légèrement son chandail pour m'assurer que j'avais bien vu. Une expression curieuse parut sur le visage de Potter.

- « Potter! Par Salazard! Qu'est-ce qui t'es arrivé? », fis-je, alarmé.

Cette immense ecchymose qui ternissait la peau du brun n'avait définitivement pas été là ce matin. Mes doigts parcoururent la peau tâchée bleutée, presque noirâtre de mon coéquipier. Il serra les dents. Je levai encore plus son chandail, découvrant que l'ecchymose s'étendait de sa hanche jusqu'au milieu de ses côtes. Mes yeux cherchèrent les siens, dans l'attente d'une réponse, mon anxiété montant de plus en de plus. Qui avait osé brutaliser mon coéquipier ainsi?

- « Ce n'est rien... Juste un petit accrochage entre Attrapeurs... Tu sais c'est quoi! », tenta-t-il pour me rassurer en souriant faiblement, ce qui eut pourtant l'effet contraire.

Sa grosse ecchymose n'avait pourtant pas l'air de rien. Ça devait clairement le faire souffrir.

Il voyait bien que la situation m'inquiétait. Je ne tentais pas de lui cacher ma préoccupation sur sa santé. Il posa une main rassurante entre mes deux pectoraux, exactement à l'emplacement où mon coeur battait. Nous restâmes ainsi pendant quelques instants, essayant chacun de notre côté de déchiffrer le regard de l'autre.

Un geignement de la part d'Adélaïde nous fit part de sa présence. Je devais m'enlever un peu Potter de la tête et me concentrer plus sur ma fille par Salazard, je l'avais encore oubliée!

J'étais un père indigne, mais le corps de Potter contre le mien semblait me pardonner en une caresse. Cependant, il se détacha de moi beaucoup plus vite que je ne l'aurais voulu, sa main glissant sur mon torse lentement. Je relâchai à contrecœur le bas de son chandail.

Potter se décolla de moi et je sentis immédiatement sa chaleur ainsi que son odeur s'éloigner.

- « Oh, mais comme elle est mignonne ma petite Gryffondor! », s'écria le brun en voyant l'habillement d'Adélaïde tout en s'avançant pour se pencher.

Il s'arrêta dans sa démarche, portant la main à sa blessure, laissant échapper un léger gémissement de douleur de ses lèvres. J'étais soucieux du bien-être du brun. En effet, s'il était blessé, je devais m'occuper seul de notre fille - la seule raison pitoyable que j'essayais de me convaincre.

Je demandai au brun de la surveiller pendant quelques minutes, une idée derrière la tête. Je savais que son ecchymose le faisait beaucoup plus souffrir qu'il montrait. J'avais une opportunité de lui montrer à quel point, parfois, lorsque je me souciais assez de quelqu'un, je pouvais être plus qu'un être stupide et égocentrique.

Je pris mon courage à deux mains avant d'entrer dans la salle de bain. Mettant ma fierté de côté pour le bien-être de tous les membres de ma famille, j'ouvris l'eau du bain. Je ne pouvais simplement pas croire ce que je faisais en ce moment pour celui qui avait été mon pire ennemi.

Je m'assurai que la température du bain était assez chaude et qu'elle le resterait avec l'aide d'un sort. J'y ajoutai du bain moussant à la lavande, idéal pour la relaxation.

Cherchant un peu dans la pièce, je trouvai enfin ma pommade personnelle - celle dont je m'enduisais le corps après chaque partie de Quidditch ou entraînement intensif pour revigorer mes muscles ayant trop travaillé. J'espérais que ce mélange allait aussi aider l'ecchymose de Potter à guérir plus vite. Je n'avais jamais vraiment été témoin des faiblesses du Survivant. Je réalisai qu'en voir une était assez déstabilisant.

Le fait que sa blessure ne l'inquiétait pas me fit angoisser. Si une ecchymose de cette amplitude ne lui semblait être rien, qu'étaient ses limites? Jusqu'où était-il capable de prétendre que tout allait bien?

Maintenant que j'étais dans sa vie, je n'allais pas le laisser être aussi insouciant de sa personne et de sa santé - pour la sérénité de ma famille dont il faisait maintenant partie - qu'il le veuille ou non.

Lorsque le bain fut prêt, je m'assurai de laisser une serviette pour ne pas répéter l'incident de la semaine passée. L'air embaumait délicieusement la lavande. L'eau du bain était à la température parfaite et ma pommade était sortie, à la disposition du brun.

Je me dirigeai vers le salon où le brun tentait aussi bien que mal de camoufler sa douleur en jouant avec notre fille. Il essayait de garder le sourire en s'amusant à pincer les joues et le petit nez d'Ada de sa main droite. Pourtant, sa main gauche tenait son ventre, trahissait son mal.

- « Potter, va te laver, tu sens mauvais. Aussi, je t'ai sorti ma pommade pour tes muscles endoloris et, bien sûr, ta blessure. N'oublie pas d'en mettre après! »

Le brun haussa un sourcil, clairement amusé. Son amusement fut court lorsque la douleur de son ecchymose le fit revenir à la réalité, alors qu'il essaya de se lever. Mes yeux ne le lâchèrent pas jusqu'à ce que la porte de la salle de bain soit fermée. J'espérais vraiment qu'il allait apprécier ce que j'avais fait pour lui.

Je donnai le dernier biberon de la journée à Adélaïde avant de la préparer tranquillement pour aller dormir. Une fois dans son berceau, elle s'endormit aussitôt, sa journée ayant été plus qu'épuisante. J'espérai qu'elle n'allait pas trop se réveiller durant la nuit pour nous laisser, ses deux papas, dormir en paix. Je me préparai ensuite lentement pour aller faire de même.

Une fois ayant mis mon bas de pyjama, je m'installai confortablement sur mon lit pour lire. Potter était toujours dans la salle de bain.

Soudain, j'entendis la porte de la salle de bain s'ouvrir sur mon coéquipier, qui avait l'air plus fragile et incertain que jamais. Son regard ne quittait pas le sol, sa peau était encore rose sous l'effet de l'eau chaude du bain, ses cheveux, humides et adorablement emmêlés. Ses lunettes dans ses mains me laissaient voir l'ombre de ses yeux que j'admirais tant. Même son pyjama, un peu trop grand pour lui me donnait une forte envie de le serrer dans mes bras et de ne jamais le laisser partir. Il s'approcha de moi d'un pas hésitant, ses mains bougeant nerveusement. Je ne pus m'empêcher de le fixer. Avais-je fait quelque chose de mal? Était-ce la raison pour laquelle il semblait perdu dans sa tête?

Il monta tranquillement sur le matelas, s'assurant de ne pas faire de faux mouvements pour ne pas empirer sa situation et ne pas faire de bruit pour ne pas réveiller Ada.

Après s'être lentement emmitouflé dans la couette jusqu'au-dessus de son nombril et, par conséquent, son ecchymose, il se tourna sur le côté, vers moi, n'osant pas me regarder dans les yeux.

Potter prit son courage à deux mains et me transperça du regard de ses iris d'émeraude. Ceux-ci semblaient briller plus qu'à l'ordinaire. J'en restai bouche bée. Avait-il les yeux remplis d'eau? Son ecchymose le faisait-il souffrir à ce point?

- « Malefoy, je voulais te remercier pour ce que tu as fait pour moi ce soir. C'était l'une des premières fois que... que quelqu'un fait un tel geste pour moi... Je ne suis tellement pas habitué qu'une personne me donne quelque chose sans me demander autre chose en retour. », il s'humecta les lèvres avant de continuer, « À moins que tu te foutes de ma gueule et que tu veuilles me faire payer éventuellement? », dit-il, un petit sourire que je ne sus déterminer s'il était triste ou juste nostalgique sur les lèvres, pour enfin terminer, « Mais je ne crois plus que ce soit ton genre... En tout cas, merci encore, c'était vraiment gentil de ta part. »

Je déposai mon livre sur la table de chevet, sentant mon coeur dans ma poitrine qui me sembla, pendant un instant, peser lourd. J'avais la gorge nouée par ses paroles. J'avais appris, depuis le début du projet, que mon coéquipier n'avait pas eu la vie parfaite que je m'étais imaginée, mais je ne pouvais pas croire à quel point il semblait beaucoup plus inquiet que l'image qu'il projetait.

Je le fixai une seconde avant de faire quelque chose qui m'aurait paru excessivement déplacé quelques mois auparavant: je pris Potter dans mes bras. Je l'approchai contre moi jusqu'à ce que nos corps se joignent l'un à l'autre. Ma tête reposa sur la sienne, en silence. Je sentis son corps se tendre à notre contact. Je faillis me retirer de l'étreinte en réalisant à quel point ce que je faisais était stupide, mais le Gryffondor dans mes bras prit une grande respiration et cala sa tête dans le creux de mon cou - endroit qu'il semblait particulièrement apprécier. Je fermai les yeux, le serrant plus fort contre moi, et me délectai de sa douce odeur de lavande, profitant simplement de cet instant.

Je crus entendre un sanglot étouffé, mais je ne fis aucune remarque, lui laissant sa dignité. Des larmes coulèrent sur ma peau chaude. Je le serrai dans mes bras, ne voulant pas le lâcher, en me promettant intérieurement de tout faire ce qui était en mon pouvoir pour lui faire sentir l'importance qu'il avait dans ma vie. Je ne pus m'empêcher de me demander si j'avais déjà été la cause de ses larmes. Rien qu'à penser aux conséquences de mes actions passées me fit l'effet d'une gifle.

Après de longues minutes, je sentis sa respiration ralentir, signe qu'il venait de s'endormir. Je passai une main dans ses cheveux doucement, ce qui me calma petit à petit et me plongea dans un profond sommeil.

Mon repos fut de courte durée. Des petits sanglots aigus parvinrent à mes oreilles, me faisant aussitôt ouvrir les yeux, à moitié alerte et à moitié endormi. Je reconnus aussitôt les pleurs de ma fille.

À mes côtés, mon coéquipier papillonna lentement des yeux un instant. Une certaine culpabilité m'était restée de la veille où j'avais aperçu le côté fragile qu'il possédait. Je me penchai vers lui, doucement, prenant une seconde pour apprécier son adorable expression ensommeillée, avant de lui chuchoter de se rendormir et que j'allais m'occuper de notre fille.

Je me levai tranquillement sous les cris de mon bébé qui augmentaient en intensité. Je m'approchai d'elle et la pris dans mes bras afin de tenter de la calmer. Je distinguai ses pleurs comme ceux qui affirmaient qu'elle avait faim. Je fus sur le point de lancer un Accio sur les biberons de la cuisine, ainsi que sur le mélange de lait et de poudre pour bébé-plante lorsque je remarquai que, dans le lit que je partageais avec le Gryffondor, celui-ci semblait avoir de la difficulté à retrouver le sommeil. Comme Ada n'avait pas l'air de vouloir se calmer avant un biberon, je décidai de l'amener dans la cuisine.

L'horloge m'indiqua qu'il était trois heures du matin. J'avais bien hâte que ma fille fasse ses nuits. Bâillant, je préparai un biberon sous le regard curieux d'Ada dont les pleurs s'étaient calmés en de petits sanglots. C'était presque certain qu'elle avait compris que je lui préparais sa demande de nourriture nocturne.

Je m'assis sur le divan pour lui donner son biberon quand celui-ci fut enfin prêt, Ada calée au creux de mes bras. Elle but comme un glouton tout son contenu, ses petits yeux se refermant peu à peu tant elle était fatiguée. Je restai dans le silence de la nuit même lorsqu'elle se fut rendormie dans mes bras, toutes mes pensées dirigées sur l'homme à la cicatrice d'éclair dans la pièce d'à côté qui dormait tout aussi profondément que notre fille en ce moment. J'avais envie de le rejoindre dans la chaleur de notre lit, mais en même temps, je ne voulais pas le déranger et oser le réveiller. En plus, j'étais dans le doute quant à ce que nous étions devenus depuis le moment de vulnérabilité de la part de mon coéquipier. Notre relation avait-elle changé?

Lorsque je tournai la tête et vit qu'il était maintenant quatre heures, je décidai de retourner dans la chambre, mort de fatigue et les bras engourdis tant j'avais tenu ma fille.

Ne voulant pas risquer qu'elle se réveille, je l'amenai dans notre lit et la posai entre le corps chaud de mon coéquipier et le mien. Mon regard se fixa sur les deux personnes qui étaient rapidement devenues les plus importantes de ma vie. C'est sur cette image que je retombai dans les limbes du sommeil pour une fin de nuit bien méritée.

Il faisait clair dans la chambre lorsque je me réveillai, somnolent encore un petit peu. Cependant, je fus surpris de sentir du mouvement près de mon épaule et de mon visage. Je pensai quelques secondes que c'était Potter, mais réalisai rapidement que c'était une tout autre personne.

Un grand sourire s'afficha sur mon visage. Ada était sur le ventre, les deux yeux grands ouverts, la langue sortie en raison de son effort. Elle battait vigoureusement des bras et des jambes, essayant tant bien que mal de se mouvoir dans le lit et de monter sur mon torse.

En temps normal, j'aurais été un peu énervé de me faire réveiller par des petites mains en pleine figure, mais je ne pouvais tout simplement pas résister à la vue d'Ada. Celle-ci avait les prunelles remplient de curiosité, qui n'étaient pas capable de ne regarder un point fixe, voulant voir absolument tout ce qui les entourait. J'observai sa grande détermination, attendri. Mon coeur se gonfla de fierté et d'amour lorsqu'elle réussit à ramper jusqu'à sur moi. Elle gazouilla, heureuse, lorsque je rapprochai ma tête de la sienne et lui fit un gros bisou. C'était une magnifique façon de se faire réveiller.

Je la pris, juste en dessous de ses bras, et la calla contre moi. Je lui donnai un gros bisou sur le front. C'est avec un immense sourire aux lèvres, que je m'amusai à la faire voler au-dessus de moi, la redescendant à chaque fois pour lui donner une multitude d'autres baisers de toutes sortes, allant même jusqu'à frotter mon nez contre le sien. Elle bougeait ses jambes et ses bras, un gros sourire illuminant son visage. Elle me fit savoir avec de petits gazouillis joyeux qu'elle s'amusait.

Une idée se fraya un chemin dans mon esprit. Faisant toujours virevolter Ada dans les airs, je me tournai vers mon coéquipier qui dormait encore profondément tout près de moi. Il dormait aussi profondément qu'un ours qui hiberne celui-là! Je me demande si un petit bout de choux parviendrait à le réveiller?

Je rapprochai Ada de moi. Après lui avoir placé un bisou sur le front, je la déposai sur le torse de Potter, tout près de son visage. Je me plaçai juste à côté de l'autre père de ma fille, prenant appui sur mon coude replié, attendant tranquillement ce qui allait se passer.

Adélaïde avança tant bien que mal en rampant vers le visage du brun, celui-ci bougeant légèrement, signe de son inconfort. Elle arriva à son menton, plaçant sa main directement dessus, prête à poursuivre son chemin jusqu'à l'oreiller. Toutefois, à la place de continuer à piétiner Potter, elle trouva une autre activité tout aussi amusante.

Sans me laisser le temps de réagir, ma fille rentra ses doigts dans les narines de mon coéquipier, tandis que son autre main s'amusait à frapper le reste du visage du Gryffondor. En voyant les expressions faciales du brun, elle lâcha quelques gazouillements.

Je ne pus m'empêcher de rire. Potter se réveilla enfin, soufflant de l'air par son nez pour essayer de retirer les doigts de notre fille de celui-ci. Il secoua difficilement sa tête pour enlever de sur lui ce qui venait de changer son sommeil en un réveil brutal.

Potter plissa le nez et ouvrit enfin les yeux pour découvrir sa fille pas seulement tout près de lui, mais bien sur lui. Il frotta ses yeux et sourit à la vue très rapprochée de notre bébé. Un petit rire de la part de mon coéquipier brisa le quasi-silence de notre appartement. Adélaïde ne savait peut-être pas encore comment parler, mais cela ne l'empêchait pas d'être capable de faire du bruit. Elle se mit à gazouiller, son expression enchantée d'avoir réussi sa mission de réveiller son papa.

Mon coéquipier s'amusa à toucher le petit nez de notre ange avec son index, alors qu'elle se dandinait sur lui en lâchant des petits gazouillis amusés elle aussi à sa façon.

Je m'approchai de Potter, calant ma tête juste à côté de la sienne sur son oreiller, pour avoir la même vue que lui sur Ada. Son regard croisa le mien. Je lui souris doucement, me plongeant dans la tendresse de ses prunelles couleur émeraude.

Toujours aussi amusé par mon adorable fille, je restai entre la chaleur de mes draps, profitant de cette scène de bonheur. Ada s'amusait à prendre entre ses petits poings nos mèches de cheveux et à mettre ses doigts sur nos visages attendris. Confortable et heureux, je laissai le sourire de Potter et la fierté de ma fille me plonger dans une douce rêverie utopique de ce que pouvait être mon futur. En moi, je ressentis une paix intérieure comme jamais auparavant. Les difficultés que la vie mettait sur mon chemin s'effaçaient devant des moments comme ceux-ci. Devant les yeux pétillants d'Adélaïde, qui se coloraient de plus en plus comme ceux de mon partenaire, ou même devant l'expression tendre du Gryffondor qui faisait battre mon coeur aussi vite qu'un Vif d'Or tentant de s'échapper de l'emprise d'un Attrapeur, j'étais heureux. Étais-je, moi aussi, telle la petite balle dorée, en train de fuir les affolements de mes sens que me faisait ressentir Potter?

La vision du brun, ensommeillé, avec les yeux remplis de tant d'amour me donnèrent d'agréables frissons. Je voulais rester dans ce moment magique - rien que tous les trois, la paix et le silence caractéristiques du matin nous enveloppant délicatement de ses bras chaleureux - pour l'éternité. Je me sentais libre et léger, n'ayant à penser qu'au bonheur et aux deux personnes qui m'entouraient. Pourvu que chaque matin en compagnie de ma petite famille devienne aussi parfait que celui-ci. Je ne pouvais plus m'imaginer un réveil sans le visage endormi de Potter, sans ses lunettes et ses cheveux éparpillés sur l'oreiller, sous le sourire de ma fille, qui grandissait beaucoup trop vite. Je m'abandonnais totalement devant la candeur de ce moment précieux.

Sous mon regard attendri, Potter donna un gros bisou sur la joue de notre fille avant de la serrer contre son torse. Ma main frôla tendrement le dessus de la petite tête blonde d'Adélaïde.

- « Beurk! », s'exclama alors le brun, avant de pouffer de rire et de s'essuyer le visage.

Ada venait tout juste de baver sur la joue de Potter. Il ne fallait pas la blâmer, elle avait l'air si heureuse!

Elle ne faisait que démontrer sa joie - d'une façon peu commune, mais efficace. Je lâchai un petit rire devant la scène.

Potter me jeta un regard qui me semblait d'abord colérique, avant de réaliser qu'il semblait beaucoup plus enjoué et surpris. Sur son torse, Ada continua de se mouvoir, cherchant soudain à descendre du brun. En agitant ses petits bras et ses petites jambes, un sourire qui montrait la rougeur de ses gencives, elle retomba dans les draps, entre Potter et moi. Je pris un bout du drap et essuyai la bave sur son petit menton. Même bavant, comme un certain roux faisant malheureusement maintenant partie de mon entourage devant un buffet, Ada était adorable.

Elle roula doucement son corps, reposant maintenant sur son dos, ses jambes battant joyeusement l'air. Elle attrapa l'un de ses pieds entre sa main avant de commencer à tirer la chausette rose qui l'ornait. Ada la jeta ensuite au visage de mon coéquipier, alors que j'éclatai de rire devant l'expression faussement choquée du brun.

Il attrapa notre fille, la faisant virevolter au bout de ses bras, sous ses gazouillements amusés. Il l'assit ensuite délicatement sur son torse, ses grandes mains soutenant son petit dos, aussi fier que moi lorsque nous réalisâmes qu'elle était capable de se tenir en position assise avec peu de soutien.

Elle décida pourtant que de rester immobile n'était pas pour elle. Elle plongea contre le torse de Potter, curieuse. Le visage du Gryffondor devait être excessivement intéressant puisqu'elle recommença à y planter ses doigts, découvrant la chaleur des joues du brun, la douceur de ses lèvres, le relief de sa cicatrice. J'observai la scène, plongé dans un état de joie simpliste, rien qu'à les voir. Je devais avouer que j'avais une fascination semblable pour la personne de Potter et que le désir de le toucher me possédait souvent. Ce devait être un truc de Malefoy...

Soudain, le moment d'euphorie rêveuse fut brisé. L'horloge dans notre salon sonna huit heures. Perdu dans ma bulle de bonheur serein en compagnie de ma famille, je n'avais pas vu le temps passer. Nous étions près d'être en retard pour nos cours.

À voir l'expression de Potter, qui passa rapidement de l'amour et la tendresse à la confusion, puis à l'horreur: il venait de faire la même constatation.

Je m'extirpai avec peine des couvertures chaudes. Potter se leva sur ses avant-bras, faisant descendre tranquillement Adélaïde de son visage, en essayant tout de même de se dépêcher. Lorsqu'elle atteignit ses pectoraux, il s'apprêta à la tenir à l'aide d'un bras et ensuite se lever, mais notre bambin n'était pas prêt à se faire prendre.

Elle descendit encore un peu contre son corps. Adélaïde s'appuya malencontreusement vis-à-vis les côtes du brun. Celui-ci ravala un juron, ne s'exprimant que d'un grognement ou d'une légère plainte signalant sa douleur. Il remonta Adélaïde contre lui à l'aide de son bras avant de retomber sur son dos dans le lit, son autre main tenant là où son ecchymose colorait encore sa peau sous son chandail ample de pyjama.

Mes yeux ne quittèrent pas l'endroit où j'avais aperçu la peau violacée la veille. Je ne pouvais pas croire que Potter ne voulait pas aller à l'infirmerie pour se faire guérir. Fichue fierté de Gryffondor!

C'était injuste, l'autre joueur l'avait complètement placardé sans penser aux conséquences de ses actions sur les autres! Quel imbécile!

Le bain de la veille avait sûrement aidé un peu Potter, mais la pommade n'était pas un remède miracle qui allait accélérer sa guérison le temps de dire Petrificus Totalus. Il fallait laisser quelques jours pour la guérisson.

Je pouvais voir le léger tic de douleur dans le visage de Potter à chaque fois que son ecchymose lui faisait mal. Quand il faisait un moment trop brusque ou se déplaçait tout simplement, ses yeux se fermaient d'un coup, ses sourcils se plissaient, ses lèvres se courbaient et ses dents se serraient. Lorsque notre fille s'était accidentellement appuyée sur son ecchymose, une petite plainte sourde s'était fait entendre. Mon coeur se serra devant la douleur de mon coéquipier.

Malgré ma soudaine inquiétude d'être en retard à mes cours, mon coéquipier m'inspirait tout de même de la pitié. Je lui fis signe de rester où il était, tout en jetant un coup d'oeil sur notre fille, qui s'était défaite de son emprise. Un grand sourire aux lèvres, celle-ci semblait perdue dans l'océan de nos draps, couchée sur son ventre, les jambes et les bras battant l'air dans une tentative désespérée de continuer l'exploration de ce qui l'entourait.

Je lui jetai un dernier coup d'oeil avant de m'enfoncer dans la salle de bain, un objectif en tête. Je mis bien vite la main sur ce que je cherchais, un stress sans pareil ayant pris possession de moi devant la situation matinale qui semblait échapper à mon contrôle. Je revins alors dans la chambre, mon petit pot de pommade entre les mains.

Laissant Ada sans surveillance pendant quelques secondes, je demandai à Potter de s'asseoir dans le lit. Sans poser de question, il obéit lentement. Je l'aperçus serrer les dents lors de son mouvement. Je soupirai devant mon impuissance.

Je m'installai à ses côtés, la proximité de nos deux corps engourdissant mes sens. Son odeur enveloppa mes narines; une soudaine sérénité prenant possession de moi malgré mon stress montant en raison du fait qu'il ne nous restait que trente minutes pour se préparer et aller en cours.

D'un seul coup, je me sentis confortable en sa présence - ce n'était plus Potter, mon ennemi juré depuis ma première année, mais bien mon coéquipier, mon partenaire, avec qui j'avais développé une complicité inavouée. Je me surpris en réalisant à quel point sa présence marquait ma vie. J'avais appris, petit à petit, à tenir à lui. Le voir souffrir ainsi ne m'amusait plus. J'avais grandi, j'avais mûri.

Sans lâcher l'emplacement de l'énorme ecchymose de mon coéquipier des yeux, j'ouvris mon petit pot de pommade. Comprenant ce que je m'apprêtais à faire, Potter souleva son chandail, son regard timide évitant le mien.

Je mis une grande quantité de pommade sur le bout de mes doigts. Je l'étendis avec précaution sur la peau meurtrie et colorée du brun, qui serra la mâchoire dès que ma main entra en contact avec son corps. Il me remercia faiblement, ses joues aussi rouges que l'une des couleurs de sa maison.

Je restai assis à ses côtés un instant, admirant sa sincère vulnérabilité, du galbe de sa hanche jusqu'à ses abdominaux fermes. Dans ses yeux flottait une honnêteté pure où il n'avait plus honte de montrer ses faiblesses. En silence, il me laissait l'observer, voir cette partie de lui qu'il gardait secrète. J'étais encore un peu sous le choc devant ce grand changement dans ma vie - jamais auparavant une telle situation n'aurait pu arriver.

Je tournai la tête, cherchant les deux aiguilles de l'horloge murale des yeux, pour constater qu'il fallait plus que je me dépêche. Nous étions maintenant définitivement en retard. Je dis brièvement à Potter de s'habiller et de s'occuper d'Ada le temps que je me prépare. Je fermai d'un coup mon pot de pommade et courus dans la salle de bain pour aller la reporter à sa place. Je devais me laver ensuite les mains, me brosser les dents, me placer les cheveux, me nettoyer le visage... Je ne sus pas comment je fis pour compléter toutes ces actions en peu de temps - et j'avais même pris quelques secondes pour parfaire mes sourcils.

Aussi stressé que moi - le moment que nous venions de partager déjà bien lointain -, Potter venait de terminer d'habiller notre fille, lui-même à moitié dans son uniforme scolaire, sa chemise déboutonnée, sa cravate pendant tristement autour de son cou, un seul bas aux pieds. Je ne ris même pas de la situation, bien trop préoccupé par la tâche de moi-même m'habiller.

Je débarquai brusquement dans la chambre ne portant que mes boxers. Je me précipitai vers la commode. Je fouillai sans regarder vraiment ce que je choisissais et pris un autre sous-vêtement propre ainsi que les autres éléments qui formaient mon uniforme. Voyant le temps passer à vue d'oeil, je ne prêtai même pas attention à Potter, de l'autre côté de la chambre, qui essayait de mettre toutes les fournitures essentielles pour Ada dans son sac de couches, que je retirai mes boxers. Généralement confiant dans ma tenue d'Adam, savoir que Potter était à quelques mètres de moi ralentissait pourtant ma respiration et accélérait les battements de mon coeur.

J'avais l'impression que tout mon corps fondait, la présence de Potter déclenchant un brasier en moi. Je relevai la tête et bombai le torse pour me donner un peu de courage pour oublier le brun présent, me donnant ainsi la chance de me dépêcher pour enfiler mon nouveau sous-vêtement, sans oublier mon uniforme en entier. Je n'entendais plus Potter se déplacer dans la chambre, mais je sentis un regard brûlant dans mon dos... Je souris, étant maintenant prêt, alors que Potter se daigna enfin de sortir de la chambre et arrêter de me reluquer. Je pris quelques secondes pour retrouver un rythme cardiaque normal.

Je rejoignis finalement mon coéquipier dans le coin cuisine de notre appartement. Celui-ci m'attendait impatiemment, en grignotant quelque chose rapidement en même temps que notre fille buvait goulument son biberon par elle-même. Je n'eus même pas le temps de m'exclamer de fierté devant ce petit acte que mon regard se fixa sur Potter. Celui-ci mangeait une banane qu'il venait de prendre du bol à fruits qui trônait sur la table de notre cuisine.

Je fus captivé par l'action de ses lèvres pulpeuses qui prenaient en bouche le fruit à l'apparence phallique. Sa bouche se ferma sur la pointe de la banane en une forme de «O». Je déglutis, sentant mes joues devenir de plus en plus rouges, alors que des pensées obscènes envahissaient mon esprit. Je m'imaginai une seule seconde ce que ce devait être de sentir la chaleur de la gorge profonde du brun contre ma verge. Je ne me laissai pas aller plus loin dans mes fantasmes, sentant déjà que je perdais le contrôle.

J'aperçus alors le bout du fruit qui déforma l'intérieur de sa joue. Un volcan menaçait d'exploser au creux de mon ventre. Un afflux de sang se fit ressentir vers une certaine partie de mon anatomie. Il lâcha un bruit semblable à un gémissement de plaisir. Je manquai presque d'en laisser échapper un, à mon tour. Lorsque je vis le bout rose de la langue du brun venir goûter la banane, j'en perdis mon latin.

Mon esprit s'embrumait d'images obscènes qui se multipliaient à chaque fois que Potter revenait pour prendre une autre bouchée de la banane qu'il tenait dans sa main. Je n'avais jamais vraiment compris pourquoi parfois, certains disaient l'absurde pensée de vouloir être des objets. Cette fois-ci par contre, je comprenais parfaitement. J'étais prêt à le jurer intérieurement sur la tête de ma fille: je n'hésiterais pas une seule seconde à prendre la place de cette banane.

Mon souffle se fit légèrement haletant devant le spectacle qu'il m'offrait. S'en rendait-il compte? Mais qui avait eu la brillante idée de mettre à notre disposition des bananes, par Salazard?

Toutes sortes de pensées se bousculaient dans mon crâne. Si seulement je n'étais pas moi, et il n'était pas lui. Si seulement il n'était pas un Gryffondor, et moi un Serpentard. Si seulement nous avions tout le temps du monde.

Ses lèvres m'obsédaient, dans toutes leurs rondeurs. Elles se fermaient presque tendrement contre le fruit, avec une lenteur affligeante. Potter osa même fermer les yeux, une seconde, savourant sa banane. Il passa sa langue sur ses lèvres, les laissant simplement humides. Il me rendait presque fou, mon coeur battant aussi vite que l'afflux de sang vers mon entrejambe devant cette image érotique. Comme j'aurais voulu que ses lèvres se referment contre une certaine partie de mon anatomie, qui demandait mon attention en ce moment. Le brun lâcha un long soupir de complaisance qui résonna jusqu'au creux de mon ventre. J'en fus tant ébranlé que je dus m'appuyer sur la table de la cuisine, n'étant plus capable de tenir debout, attirant alors l'attention de Potter.

- « Ça va, Malefoy? Tu as faim, tu en veux un bout? », me lâcha innocemment le brun.

Ayant perdu toute capacité intellectuelle pour parler, je hochai la tête lentement, comme un automate, le regard flou, perdu dans l'horizon de la courbe de ses lèvres roses. Je m'approchai tranquillement de Potter, relevant mes yeux vers les siens. Leur lueur amusée changeait rapidement. Le brun fronça les sourcils et me lança un regard confus.

- « Attends... C'était une blague Malefoy! », dit-il avec un petit rire nerveux. On dirait que je lui faisais de l'effet! « Tu ne vas pas vraiment... », je lui coupai la parole d'un geste.

Ne lui laissant pas le temps de réagir, j'enroulai mes lèvres autour de son reste de banane. Ses prunelles s'engloutirent dans les miennes, se perdant dans leur acier froid. Sa bouche s'entrouvrit sous la surprise, comme si celle-ci souhaitait que la banane revienne la fermer afin qu'il cesse d'avoir l'air d'un imbécile. Pourtant, de mon côté, lorsque je fermai les yeux une seconde, profitant de la situation, je vis une tout autre chose entrer et sortir d'entre les lèvres du gryffon.

Je croquai délicatement ce que j'avais en bouche, mastiquant le bout de la banane d'une façon qui me sembla excessivement sensuelle. Ravalant enfin celle-ci, je passai ma langue sur mes lèvres pour bien goûter à tout ce que le fruit m'offrait. Je me mordillai la lèvre inférieure, ne lâchant jamais du regard le brun qui n'avait pas changé d'expression depuis que j'avais dégusté ce qu'il tenait dans sa main, mis à part pour ses joues, qui étaient passées d'un rose discret à un rouge de feu.

- « Allez, Potter, ferme ta bouche si tu ne veux pas que je te la remplisse! », un souvenir me traversa l'esprit, « Oh! Mais c'est vrai, il me semble que je t'ai déjà dit ça, je sais que tu aimerais ça, mais ne t'attends pas à ce que je le fasse pour de vrai! En tout cas... Allez, amène-toi. Nous sommes déjà assez en retard! », lui ordonnais-je, soudainement après un bon trente secondes de silence, son expression toujours choquée ayant pris possession de son visage.

Comme soudainement possédé par une entité indéterminée, il me suivit docilement, sans un bruit.

Nous arrivâmes en trombe dans notre salle de classe de Potions, le cours ayant déjà débuté depuis une quinzaine de minutes. Severus retira bien évidemment des points à Gryffondor à Potter - tout pour rabaisser mon coéquipier - et en donna à Serpentard, me félicitant d'être un bon père en privilégiant ma fille. J'aimais bien ce professeur, mais parfois son raisonnement était plus que louche.

Haletant en raison de notre course folle pour arriver à cette classe à l'heure, nous nous installâmes, sous les regards curieux de tous les élèves et celui désapprobateur de Snape, à l'une des seules et dernières tables libres. Alors que nous nous assîmes, j'entendis des élèves chuchoter sur notre passage. Je leur lançai un regard noir qui les fit aussitôt taire.

Potter et moi reprîmes tranquillement notre souffle, avant que Potter se tourne discrètement vers moi et me chuchote à l'oreille:

- « Je ne sais pas si tu es au courant Malefoy, mais en passant, tu portes mes boxers. »

Mon coeur manqua un battement. Mon souffle resta coincé dans ma poitrine. Mes yeux s'agrandirent comme jamais. Il avait raison: le matériel n'était clairement pas de la soie, comme mes sous-vêtements habituels, et ils étaient un peu serrés. Paniquant intérieurement, je me tournai vers mon coéquipier, une expression de stupeur sans pareille étampée sur le visage.


PDV EXTERNE


À la fin du cours, le brun et le blond sortirent l'un après l'autre de leur cours commun et se dirigèrent tranquillement vers leurs prochains cours respectifs, marchant tout de même ensemble jusqu'à la destination d'un des deux.

Les joues toujours rouges de s'être ainsi trompé avec le léger incident de la matinée, Drago fixait avec intensité le sol du couloir. Malgré tout, il sentait le regard brûlant de son coéquipier sur une certaine partie de son anatomie délimitée entre son dos et ses jambes. Il entendait aussi le rire peu discret du brun. Après quelques longues minutes, qui lui parurent des heures tant sa gêne d'avoir mis les boxers de son coéquipier par erreur était élevée, le Serpentard n'en pouvait plus de cette indiscrétion.

- « C'est bon Potter? Tu as assez ri maintenant, t'as fini de te foutre de ma gueule? »

Le Survivant réagit avec un simple haussement de sourcils dû à la surprise du commentaire. Son expression changea rapidement. Drago le vit se mordre la lèvre inférieure, tentant de contrôler son amusement. Le brun échoua lamentablement, s'esclaffant de nouveau.

Il essaya en vain de répliquer quelque chose, mais ne réussit même pas à placer un mot après un autre, tant il riait à gorge déployée. Le blond, découragé par l'attitude enfantine de son coéquipier, soupira tout en tentant du mieux de sa capacité d'ignorer le brun hilare à ses côtés. Au cours de la journée, Drago devint un professionnel pour ignorer le regard insistant sur son entrejambe et son fessier ainsi que le rire constant, en écho, de la part du brun.

Après quelques heures, le coton des sous-vêtements du brun ne semblait plus autant déranger le Serpentard. Lorsque ses cours se terminèrent enfin, il avait presque oublié que les boxers qu'il portait n'étaient pas les siens. Il ne se rua même pas pour les retirer dès qu'il mit le pied dans ses appartements.

Sans se soucier du Gryffondor qui le jugeait légèrement, Drago décida de les garder. Après tout, les boxers étaient confortables et moulaient très bien son petit cul. Il les garda même pour dormir, amenant dans l'esprit du brun des pensées érotiques sans pareilles, des scénarios dans lesquels le blond portait ses boxers pour une tout autre raison.


PDV HARRY


- « Patate! Enlève mes boxers! », dis-je, en m'adressant à mon coéquipier, lui tendant la main.

J'observai le blond, désespéré. Il avait sérieusement un problème. C'était mes sous-vêtements, pas les siens. Je pouvais comprendre qu'il les avait pris par accident la veille, mais de refuser de me les rendre était tout simplement ridicule. Je ne savais vraiment pas quoi penser du fait que Drago Malefoy portait mes boxers volontairement - surtout sur une période de temps aussi longue.

Son regard passa de mon visage à ma main tendue. Son sourcil droit s'arqua, juste avant qu'il me demande:

- « Tout de suite? », avec un petit sourire en coin, ayant changé sa gêne de porter mes sous-vêtements en une confiance digne du tombeur qu'il était, un sourire narquois s'affichant à la commissure de ses lèvres.

Je réalisai alors ce que ma demande impliquait. Mes joues me semblèrent en train de s'enflammer. Ce que je pouvais être stupide des fois! J'agissais vraiment sans réfléchir dans les pires moments possibles!

Je m'empressai de secouer la tête, soudainement gêné.

- « Hum… euh... non. », bafouillais-je.

Le blond, amusé, me lança un regard qui voulait clairement dire : « En es-tu certain? » Ce qu'il pouvait être énervant!

Un bruit rompit l'instant silencieux. Nous tournâmes soudainement nos têtes, oubliant notre échange provocateur. Notre regard tomba sur notre fille, assise dans son berceau, qui nous observait nous préparer pour la journée - ce qui avait alors commencé le débat avec Malefoy lorsque je m'étais aperçu qu'il portant encore mes sous-vêtements.

Un petit rire angélique me sauva de mon malaise précèdent. Ce n'était pas qu'un petit cri de joie, mais bien un véritable rire de bambin absolument adorable et unique. C'était la première fois que ce son magnifique émerveillait nos oreilles attentives.

Adélaïde riait et souriait, son visage illuminé par son bonheur. Ses grands yeux pétillants d'intelligence et de curiosité. Elle était à craquer. Un sourire ne put s'empêcher de flotter sur nos lèvres en l'entendant. Lorsqu'il était question de notre fille, nos différents disparaissaient assez rapidement.

Je pensais que je ne pouvais pas plus l'aimer, mais à chaque fois, elle me surprenait et mon coeur se remplissait d'un amour si pur et divin, dépassant les limites que je croyais avoir déjà atteintes.

Nous aurions dû nous attendre à son rire : après tout, elle avait officiellement l'apparence d'un bébé de six mois. C'était à cet âge que se faisaient entendre les premiers rires. Ce son m'était précieux. Ce moment se fraya aussitôt une place dans ma mémoire.

Tout au long de la journée, ce simple petit rire me mit de si belle humeur que je ne pus enlever le sourire de mon visage et m'empêcher d'éprouver une fierté sans pareille. Son rire résonna du matin au soir - Malefoy et moi unissant nos efforts pour amuser notre fille. Finalement, le Serpentard pouvait bien les garder, mes boxers, tant qu'Adélaïde était heureuse.

OoO

Le lendemain matin, en me réveillant, j'eus la surprise de m'apercevoir que le blond était déjà levé depuis un bon moment et qu'il n'était pas seul.

J'entendais plusieurs voix qui semblaient provenir du salon. Après m'être étiré, mis mes lunettes sur mon nez et enfilé une robe de chambre, je me daignai de sortir de ma chambre.

- « Tu sais, Dray, le gars de Serdaigle... - Dimitri je crois- qui a des airs d'Apollon et qui veut te la mettre...? »

Zabini arrêta de parler à mon entrée, son regard se tournant vers moi. Son visage s'illumina d'un sourire remarquablement blanc. Je ne pouvais jamais décerner les pensées de ce Serpentard, peu importe son expression. Il pouvait être tellement imprévisible. C'était ça qui m'inquiétait un peu, surtout du côté de son amour pour tout ce qui était sexuel et qui créait des malaises.

- « Bon matin Joli petit cul! », m'accueillit-il, beaucoup trop heureux de me voir.

Je roulai mes yeux, plus amusés que désespérés. À mon avis, ce surnom n'allait jamais me quitter.

- « Bon matin Zabini... et à toi aussi, Parkinson. », répondis-je au couple présent et presque entrelacé sur le divan, leur fils dans les bras de la brunette.

Je me dirigeai vers mon coéquipier, qui nourrissait Ada, assise sur ses genoux, sur le fauteuil. Je donnai un petit baiser sur le sommet de la tête de ma fille. Sa petite main chaude vint se poser sur ma joue. J'esquissai un sourire avant d'aller dans la cuisine, prêt à manger ou boire un petit quelque chose.

- « Potter, prêt à perdre lamentablement la partie de Quidditch jeudi? », déclara Parkinson avec moquerie, attendant une réponse.

Je m'humectai les lèvres, tout en me versant un verre de jus d'orange, prêt à lui répondre.

- « Si je suis prêt à voir les Serpentards mordre la poussière ce jeudi? Ah, ça oui! C'est la seule façon que ce match peut terminer, ma chère! »

Parkinson hoqueta et fit semblant d'être insultée, sachant pertinemment que je ne disais rien avec une intention mauvaise. J'aimais définitivement cette atmosphère amicale avec les serpents. Ça pouvait être difficile à accepter à certains moments, mais je m'étais habitué assez vite. C'était beaucoup plus facile de vivre en harmonie avec eux qu'en haine constante.

Ayant fini mon verre de jus, j'allai les rejoindre dans le coin salon. La conversation allait de bon train. La compagnie des deux Serpentards qui servaient de meilleurs amis à mon coéquipier ne me dérangeait plus. J'avais même appris à apprécier les blagues salaces du basané et ses commentaires qui me faisaient soupirer. J'avais compris pourquoi le blond traînait avec eux.

J'acceptai de prendre Ada des bras de mon coéquipier avant d'aller prendre place à côté du couple de Vert et Argent. Je laissai la conversation divaguer sur tout et rien, me perdant dans la beauté du visage de ma fille. Ses grands sourires me remplirent le coeur de bonheur. J'en vins à ne plus porter attention à ce qui se tramait autour de moi.

Zabini me posa une question que je ne compris pas vraiment, ne l'écoutant que d'une oreille, je lui répondis d'un simple: "ça va". Le silence qui suivit ma réponse me fit réaliser bien vite que je venais de faire une gaffe. Le rire peu camouflé du basané me mit aussi en garde que je venais totalement de tomber dans son piège.

- « Attends, qu'est-ce que tu viens de me demander? Je n'ai pas bien compris. », dis-je, incertain, pour essayer de reprendre en mains la situation qui s'annonçait malaisante.

Zabini, ayant l'air d'essayer de contenir un certain éclat de rire me répondit:

- « Je t'ai demandé comment était le sexe entre Dray et toi? Je ne m'attendais pas à avoir une réponse aussi directe. Content pour toi que mon homme réponde pleinement à tous tes besoins! »

Malefoy me jeta un regard intéressé avec une once de malice pétillante dans ses yeux d'acier.

- « Je ne savais pas que ça allait si bien entre nous, Potter. J'ai bien hâte d'expérimenter ça la prochaine fois? »

- « Malefoy, va te faire foutre.», soupirais-je, en guise de réponse.

- « Oh, mais j'en ai bien l'intention! », répliqua-t-il avec un clin d'oeil.

Je secouai la tête, baissant le regard sur ma fille, un sourire se dessinant inconsciemment sur mes lèvres. Elle me regardait de ses deux yeux lumineux avec un petit sourire qui pourrait faire fondre le plus redoutable troll.

Comme en réponse à nos idioties, Ada lâcha un son. Ce n'était qu'une monosyllabe, mais mon coeur ne put s'empêcher de sauter un battement, une fierté sans pareille s'en étant emparée. Ce simple presque mot me fit soudainement réaliser qu'elle n'était déjà plus le petit nourrisson que nous avions ramené, incertains et inquiets, dans nos appartements, remplis d'une haine qui n'existait maintenant plus entre Malefoy et moi, et d'un amour fragile envers ce petit être.

Ada grandissait beaucoup trop rapidement, avant même que je ne le réalise, elle allait me poser des millions de questions et me faire de long discours en me racontant ses aventures banales d'enfant que je mourrais d'impatience d'entendre. Je cherchai du regard mon coéquipier, un sourire grand jusqu'aux oreilles. Je n'étais pas certain si les premiers vrais babillements de ma fille n'étaient que le fruit de mon imagination.

Dans mes yeux brillaient un émerveillement et une fierté sans pareils, qui faisaient penser à celui qui rayonnait dans ceux de ma fille plein de curiosité. Le blond se rapprocha aussitôt de nous, ignorant complètement ses deux amis. En voyant son autre père entrer dans son champ de vision, notre fille se mit à faire une série de sons uniques et absolument adorables, de sa petite voix chantante.

Elle venait clairement de franchir une étape dans son développement. J'avais la vive impression que sa petite voix allait se faire entendre continuellement. À chaque nouveau son qui franchissait ses petites lèvres roses, une nouvelle vague de fierté m'envahissait. Malefoy, installé à mes côtés, s'amusait, tout comme moi, à essayer de faire parler notre fille et de comprendre ses babillages.

Après quelques minutes, un raclement de gorge nous fit sortir de la bulle familiale qui s'était formée autour des accomplissements de notre fille. Je tournai la tête en même temps que le blond. Le regard que je lançai au basané fut probablement aussi noir que celui de mon coéquipier.

- « On est toujours là, pour vous faire remarquer...», nous fit Zabini, amusé.

- « Tu pourrais simplement partir, aussi. », répondit Malefoy, du talc au talc.

Je ne pus m'empêcher de pouffer de rire, me méritant un regard moqueur de la part de la brunette, qui avait pris son fils dans ses bras pour l'amuser, alors que nous avions été trop envoûtés par la voix aiguë d'Adélaïde.

Axel, maintenant assis sur les genoux de sa mère, s'amusait à observer tout ce qui l'entourait. Son regard curieux revenait toujours à ma petite Ada, qui s'exprimait de son vocabulaire simple, mais si incroyable et mignon. Il était si intéressé par elle qu'il leva ses bras vers ma princesse, en lâchant un petit cri soudain. Ce geste attira l'attention du père du métis qui ne se retint pas une seconde de faire un commentaire:

- « Est-ce que vous voyez ça? »

- « Oh, tais-toi Blaise, mon ange est en train de parler, et tout ce que ton fils est capable de faire est de s'intéresser à la seule fille présente, qui n'est pas sa mère. Il n'y a aucun doute, il est définitivement le fils de son père! », répliqua mon coéquipier, sans lever ses yeux de notre bambin.

Zabini éclata de rire tout en caressant doucement la tête d'Axel, geste montrant clairement sa fierté qui, pour ma part, semblait légèrement déplacée. Pourtant, je savais bien que, pour le basané, réaliser que son fils semblait être, tout comme lui, un homme dragueur de femmes était le plus grand bonheur, la plus belle chose qu'Axel aurait pu faire.

- « La pomme ne tombe jamais bien loin de l'arbre! On a un vrai exemple ici! Moi qui espérais qu'Axel n'allait pas être aussi obsédé que son père... Pourvu qu'il ne soit pas trop tard pour lui changer les idées! », s'exclama Parkinson, en même temps de donner un câlin à son fils et le couvrir de baisers sous les petits rires enfantins d'Axel.

- « Personne n'a pu changer l'obsession pour les femmes dans la tête de ce grand et magnifique homme... », commença le basané en pointant son crâne, « Et je suis certain que ce sera de même pour mon fils! »

Malefoy lâcha un long soupir, découragé.

- « Tant qu'il ne s'approche pas trop de ma fille, ton Axel peut faire ce qu'il veut à qui il veut! »

- « Arrêtez de parler de mon fils comme s'il avait une obsession sur les femmes aussi intenses que Gilderoy Lockhart sur lui-même! », fit la brunette en blottissant son adorable fils dans ses bras maternels.

- « Il y a une majeure différence entre notre fils et ce complet dépravé mental blond de Lockhart! Surtout s'il se tient avec une fille comme Adélaïde; il ne devrait pas tourner trop mal, tout le monde dit qu'elle est un petit ange! », ajouta son petit ami.

Malgré le fait que mon coéquipier semblait trouver la situation ridicule, j'étais amusé par les commentaires de Zabini. Je décidai d'entrer dans son jeu.

- « Tu les imagines un peu? C'est clair qu'ils finissent ensemble plus tard! Et quelle belle histoire d'amour ils auront! Amoureux depuis la petite enfance, tout en étant les meilleurs amis du monde... Ils seront le plus beau couple de Poudlard... Non! Du monde sorcier au grand complet! En plus, avec leurs gènes extraordinaires, leurs futurs enfants seront de vraies perfections! », répondis-je au basané, lui glissant un clin d'oeil, au grand détriment de Malefoy qui semblait choqué que j'aille de telles pensées.

- « Oh! Vous imaginez! Mon fils, adolescent perdu dans les confins de la puberté et des filets de l'amour, complètement amouraché par votre petite, qui se prend d'autres femelles par-ci par-là pour essayer de l'impressionner. C'est certain qu'avec son certain caractère draconien, elle ne va pas tomber dans ses bras facilement. Mais, au fond, même quand elle va agir comme si elle le déteste au plus haut degré, elle va tellement l'adorer du plus profond de son âme parce que, qui peut résister à la petite bouille d'Axel, sérieusement? », s'exprima Zabini avec plusieurs signes de bras, montrant son clair intérêt pour le sujet.

- « Est-ce que tu viens de sentir un pet de dragon? Parce que tu dis vraiment n'importe quoi Blaise! », commença Drago, « Je ne vais jamais laisser ton fils s'approcher de trop près de ma fille! Et Potter, je ne te laisserai pas changer le nom de famille de notre fille à Zabini simplement pour satisfaire tes rêves malsains et farfelus. »

- « Je suis d'accord avec Dray, et j'use de mon pouvoir féminin pour clore cette discussion complètement absurde! », obligea Parkinson, qui mit même son index sur les lèvres de son amoureux pour l'empêcher d'en rajouter.

La seule Serpentarde dans la pièce se leva avec son bambin et alla s'asseoir par terre, pour s'amuser avec son fils sur le tapis avec les jouets d'Ada qui traînaient. Malefoy fit de même, faisant tout de même attention à ne pas rapprocher trop près Ada, d'Axel, probablement pour pas que Zabini - ou même moi-même - ne recommence à dire ce qui n'était que des bêtises.

J'observai avec tendresse ma fille, assise d'elle-même, euphorique dans son innocente beauté. Ses joues rondes et colorées me rappelaient nostalgiquement les pétales frais d'une rose. Ses grands yeux pétillaient comme un ciel étoilé dans une nuit sombre. Elle s'exprimait avec différents sons et rires, faisant gonfler de joie mon coeur à chaque fois qu'elle ouvrait la bouche.

Je fus presque choqué lorsque je la vis tenter de ramper vers son nouvel ami. Elle ne cessait de m'étonner. Ça aussi, c'était nouveau! Elle avait tant changé depuis la veille, me faisant réaliser à quel point la vie passait vite, tout comme ce projet, qui ne durait que jusqu'à la fin de l'année scolaire.

Heureuse, elle se jeta contre Parkinson, évitant de peu de s'écraser contre Axel. Babillant un discours incompréhensible, Ada tendait curieusement les mains vers le visage rond de la brunette, prenant dans ses petits poings les longues mèches de cheveux. Elle était si excitée et intriguée que la Serpentarde céda à sa visible demande d'attention.

Ma fille n'avait d'yeux que pour les deux étoiles brillantes qui pendaient des oreilles de Parkinson. Leur éclat semblait attirer tout particulièrement Adélaïde. Réalisant rapidement ce qui suscitait l'intérêt du bébé à ses côtés, la mère d'Axel s'approcha lentement en secouant un peu la tête pour faire bouger ses boucles d'oreilles sous le regard de ma petite princesse émerveillée.

Ada tendit ses mains potelées vers les deux bijoux scintillants, prête à s'en emparer. Parkinson ne la laissa cependant pas les prendre puisque ce n'était pas vraiment sécuritaire. Pour compenser et éviter une crise de larmes qui semblait imminente de la part de la petite blonde, elle sortit sa baguette - me mettant incontrôlablement sur mes gardes, après tout, une baguette magique pouvait servir au bien, mais malheureusement, au bien aussi. La brunette prononça un sort que je ne pus entendre. Je fus soulagé de voir que tout ce qui sortit de la baguette fut des éclats brillants et des étoiles éclatantes, virevoltant tout autour des deux bambins où des étoiles semblables brillaient dans leurs regards. Ils s'amusèrent tous les deux, les bras dans les airs, à essayer d'attraper ces petits grains lumineux.

À un certain moment, jugeant qu'Ada avait passé trop de temps près du petit Axel, Malefoy appela le prénom de notre fille, qui porta alors toute son attention sur son père, sous mon regard tendre. Celle-ci se tourna lentement vers le blond, un grand sourire aux lèvres. Elle avait reconnu son prénom! Ma petite fille n'était plus un poupon fragile; elle devenait sa propre petite personne.

En lâchant quelques petits gazouillements, elle se mit à ramper vers son père avant de juger qu'elle était maintenant assez forte pour soutenir le poids de son petit corps afin de se mettre à quatre pattes. Elle se dirigea, incertaine et tremblante, vers le Serpentard qui l'accueillit à bras ouverts, fier comme un paon des immenses progrès de notre fille. J'étais si fier d'elle et il le semblait tout autant. Jamais je n'aurais pu croire ressentir une telle chose, mais, surprises après surprises, Ada ne faisait qu'augmenter mon bonheur une seconde à la fois.

Réalisant que la petite blonde n'était plus à ses côtés, Axel se mit à geindre. Il fut rapidement calmé par sa mère qui le cala contre elle dans une étreinte maternelle.

Devant la scène, le basané ne put pas s'empêcher de passer encore quelques commentaires sur l'indéniable fait que nos enfants étaient trop mignons et parfaits ensemble. Cependant, il se garda au moins la gêne de le dire pas trop fort pour que mon coéquipier et sa petite amie ne l'entendent pas, mais que je sois le seul témoin des mots qui s'échappaient de ses lèvres.

Nous passâmes un bon moment à observer nos deux bébés et nos deux partenaires. Zabini était peut-être un Serpentard, mais il pouvait être très divertissant et hilarant. Alors que le blond et la brunette s'occupaient tendrement d'Ada et d'Axel, Zabini me racontait des histoires cocasses sur Malefoy. Je ne pensais même plus au fait que des maisons nous différenciaient. Au fond de moi, j'avais une forte impression que je pouvais le considérer comme un ami.

L'après-midi se déroula dans une ambiance lourde de souvenirs précieux, d'alchimies nouvelles, de sourires volés, de rires déliés. Nous apprenions, petits à petits, à ne plus voir la barrière invisible qui séparait nos maisons respectives. Les combinaisons Rouge et Or ainsi que Vert et Argent semblaient si futiles à présent. Entre les quatre murs des appartements de Malefoy et moi, en ce dimanche après-midi d'automne, nous n'étions que nous-mêmes, que de nouveaux parents fiers et incertains, traînant encore derrière eux le voile d'une adolescence brisée qui nous avait été subtilisée par la guerre silencieuse dont personne n'osait jamais parler - qui semblait à la fois si lointaine, mais si proche.

Lorsque Zabini et Parkinson décidèrent qu'il était l'heure pour eux de rentrer - après tout, nous avions tous cours le lendemain - leur fils leur fit une crise dès l'instant où ils l'éloignèrent de sa partenaire de jeu. Ma fille fit aussitôt de même - par compassion, peut-être.

Ils partirent rapidement, un dernier regard désolé, nous laissant dans la solitude de notre nouvelle vie, Adélaïde en pleurs, comme si son petit coeur avait déjà été brisé par le charme légendaire de Zabini junior.


PDV EXTERNE


Rendu à la moitié de la semaine, le binôme Malefoy-Potter, pour sa part, s'épanouissait pleinement dans son cocon familial, se réchauffant de la température fraîche en ce temps de l'année avec le bonheur que leur apportait leur petite fille. L'automne colorait les feuilles du grand parc de Poudlard à vue d'oeil.

Avec sa curiosité débordante, Ada semblait vouloir de plus en plus explorer son environnement. Sa détermination et sa témérité l'influençaient à essayer de se tenir sur ses petites jambes potelées, à la grande surprise de ses deux parents.

Drago observait Adélaïde, qui était assise sur le comptoir de la salle de bain, drôlement intriguée par son reflet dans le miroir. Le Serpentard avait amené sa fille avec lui afin de se préparer pour sa journée - et pour ne pas qu'elle dérange son coéquipier endormi.

Alors que dans la pièce voisine, le Gryffondor ronflait profondément - conséquence de sa pratique tardive de Quidditch la veille - le Serpentard et la petite blonde se préparaient ensemble, tendrement.

Sous le regard protecteur du blond, Ada se fixait dans la surface réfléchissante. Elle lâchait de petits sons adorables, donnant l'impression à Drago qu'elle était en pleine conversation avec son reflet. Le Serpentard sourit à cette pensée ; sa petite semblait autant aimer sa propre personne que lui-même. Elle gloussait de bonheur en se voyant, allant même jusqu'à porter sa main potelée contre la surface vitrée, saluant sa réflexion.

Le blond s'amusa à faire des grimaces dans le miroir à sa fille, qui éclata de rire devant ces actions ridicules, reconnaissant le visage de son père.

Drago avait insonorisé la pièce d'un sort, se souciant peu des exclamations bruyantes de sa fille en ce moment matinal. Question de bien commencer sa journée, il avait ensorcelé un pain de savon en radio. Celle-ci remplissait la pièce d'une musique enjouée qui plaisait aux deux blonds.

Tout en se coiffant, Drago se mit à chanter, émerveillant sa petite, sagement assise sur le comptoir, qui mordillait ses petits doigts roses, pour calmer ses gencives sensibles desquelles allaient bientôt émerger de jolies petites dents blanches. Ses expressions de bonheur sonnèrent aux oreilles de Drago comme des fils d'or, précieux et rares. Il eut même l'impression que la petite tentait de l'imiter.

Chantant pour amuser le bambin, le blond habilla rapidement la petite, s'assurant qu'elle allait être prête en même temps que lui. Une fois que les deux furent prêts, Drago profita encore un peu de ce moment privilégié entre père et fille.

Il prit la petite dans ses bras et l'installa sur le carrelage de la salle de bain. Montant la musique d'un coup de baguette, il incita Ada à se tenir sur ses deux petites jambes, tout en la soutenant, main dans la main. Lentement, le coeur rempli d'amour, il se mit à la faire danser de gauche à droite, sous les rires amusés de la blonde. Rien n'était comparable à l'élan de fierté et de tendresse envers la chair de sa chair qui traversa le blond comme un éclair, faisant disparaître les parties sombres de lui-même.

Lorsque la chanson se termina, il prit l'enfant dans ses bras et la fit tournoyer avant de la couvrir de baisers. Elle était une partie de ce qu'il était devenu, c'était l'amour de sa vie, sa plus grande fierté.

Drago passa par la porte correspondante entre la salle de bain et le salon pour ne pas être obligé de passer par la chambre et ainsi risquer de déranger un certain brun à lunettes. Le blond espérait que son collègue se préparait, car Adélaïde commençait à avoir faim. Il ne tarderait pas à se diriger vers la Grande Salle pour aller manger.

Il n'allait pas pouvoir la divertir encore très longtemps; quand Mademoiselle voulait quelque chose, elle était mieux de le recevoir le plus rapidement possible. Elle était une véritable petite princesse: elle en avait le caractère, en plus de bien jolis serviteurs toujours prêts à satisfaire ses moindres besoins.

Heureusement pour le papa blond qui sentait que la patience de sa petite fille s'amincissait à chaque seconde et que les petits ''coucous'' n'allaient plus l'amuser pour longtemps, son coéquipier sortit de la chambre, habillé de son uniforme de maison qui lui allait comme un gant. Le Serpentard lâcha un soupir de soulagement, sentant que la crise de larmes de sa fille n'allait pas éclater tout de suite.

Il fut ravi de voir le brun. Celui-ci s'approcha, souriant, et saluant Drago, tout en posant un baiser sur les deux joues de sa fille qui gloussa au contact. Puis, sans avoir besoin de se dire quoi que ce soit, le binôme quitta leur appartement, l'un avec Adélaïde dans ses bras, et l'autre, avec le sac de la petite ainsi que leurs cahiers de cours.

En arrivant dans la Grande Salle, le binôme alla prendre place à la table des Serpentards, où ils se firent joyeusement accueillir par Théo, Blaise, Pansy et les gazouillements heureux d'Axel, qui venait d'apercevoir sa partenaire de jeu.

Ada oublia sa faim pendant un court instant seulement. Elle se débâtit des bras de son père, demandant d'être posée. Le binôme s'installa et assit la jeune bambine sur les genoux de Drago. Elle retrouva alors le sourire, ainsi que l'appétit. Elle se mit à geindre, son regard ne quittant pas ses parents. Il était l'heure de son repas et elle avait fini d'attendre. Drago demanda aussitôt à Harry de sortir le biberon de la petite, mais le brun avait eu une nouvelle idée ce matin... Il était temps de franchir une nouvelle étape dans le développement d'Adélaïde.

- « Veux-tu bien me dire ce que c'est que ça, Potter? », rétorqua Drago à son coéquipier, regardant avec dédain ce que tenait le Gryffondor à sa droite.

Dans ses mains, Harry tenait quelques petits pots qui contenaient différents mélanges de purées pour bébés. Il s'en était emparé le matin même, se contentant de remplir le sac de leur fille avec de nombreuses saveurs, sans prendre la peine de voir ses choix. Ils comprenaient tous la même base de fruits ou légumes et de minéraux distincts, spécialement choisis pour le bon développement des Flos Vitae, les mêmes que contenaient originellement le lait des biberons.

En n'apercevant pas son biberon, Adélaïde commença à pleurer, colérique. Elle se tut rapidement lorsque Harry lui enfonça une petite cuillère contenant la purée du petit pot qu'il avait soigneusement choisi dans la bouche. Elle fixa le brun, un instant, incertaine et silencieuse, avant d'accepter cette délicieuse offrande. Sous le sourire fier du Gryffondor, Ada continua de manger goulument la mixture à saveur de petits fruits.

Le blond observait avec intérêt sa fille et son coéquipier. Il voulait se fâcher et réprimander l'autre père de son bambin de ne pas lui avoir demandé son avis au sujet de commencer à faire manger de la nourriture solide à leur ange, mais la voir découvrir ces nouvelles saveurs et apprendre à développer ce nouveau sens du goût lui fit oublier toutes pensées noires.

Il savait bien que ce jour allait arriver dans très peu de temps - déjà d'autres bébés avaient déjà commencé à manger dans des petits pots depuis quelques jours. Pour lui, continuer à nourrir Ada avec un biberon semblait la faire grandir moins rapidement. Il adorait ces moments de tendresse avec sa fille. Cette observation lui fit un petit pincement au coeur, mais ce ne fut pas long avant que celui-ci se remplisse d'un amour sincère et paternel pour sa fille, en voyant son grand sourire.

- « Au moins, elle a du goût! Selon ma mère, la purée de petits fruits sauvages était la seule saveur de petits pots que j'acceptais de manger lorsque j'avais l'âge d'Ada. », fit alors le blond, mettant de côté son énervement envers le brun pour se concentrer sur la bouille adorable de sa fille, le menton barbouillé de purée rose.

Harry roula les yeux, visiblement amusé, en continuant de nourrir leur petite, heureuse devant cette nouvelle découverte. S'emparant d'un petit linge humide dans le sac contenant les choses de l'enfant, Drago se mit en tête l'idée de nettoyer le visage sale du poupon. Celle-ci grimaça lorsque l'humidité du linge entra en contact avec sa peau. Sans se soucier de l'inconfort visible de la petite blonde assise sur ses genoux, son petit dos reposant contre le torse musclé de son père, le blond retira la purée des joues et du menton de sa fille - après tout, une Malefoy se devait toujours d'être présentable.

Heureusement pour le binôme, la petite n'avait pas échappé de nourriture sur ses vêtements - ils avaient peut-être une montagne de petits pots de purée dans le sac d'Ada, mais pas une tonne de vêtements de rechange. Après leur repas, ils se dirigèrent vers leurs cours, leur fille, dans les bras de son père blond, gazouillant son bonheur à tous ceux sur leur chemin.


PDV DRAGO


Chacune de mes cellules vibrait d'excitation d'enfin me retrouver face à face avec mon coéquipier sur le terrain de Quidditch. Nous étions enfin jeudi - ce jour que j'avais attendu avec une impatience divine. C'était le premier match de Quidditch entre les Serpentards et les Gryffondors.

Depuis la veille, l'idée satisfaisante d'attraper le Vif d'Or sous le regard myope de Potter hantait mes pensées. En fait, cette idée ne m'était pas inhabituelle, mais elle venait de prendre une nouvelle dimension, vu la relation devenue ambiguë entre le brun et moi. Je mourrais d'envie de lui prouver ma supériorité, rien que pour l'ennuyer, en lui faisant mordre la poussière, devant tous - dont notre fille, qui regardait le match de la chaleur des bras de ma meilleure amie, dans les estrades.

Tout autour de Pansy, les élèves dans les gradins criaient à en perdre la voix. Les bruits forts faisaient bourdonner mes oreilles, m'engourdissant, m'isolant dans mon esprit.

L'excitation électrisait tout le stade, donnant une vague d'adrénaline aux joueurs qui volaient déjà dans les airs, attendant avec impatience le début du premier match de Quidditch entre les deux maisons les plus combattantes de Poudlard.

Mon coeur battait la chamade. Je fermai les yeux et pris une grande respiration; j'étais si heureux dans les airs. Ce match allait me faire tant de bien. J'avais besoin d'extérioriser toute ma frustration - contre moi-même et mes hormones qui me menaient la vie dure avec Potter. Je me devais de donner le meilleur de moi-même, durant cette partie. J'allais gagner, et jamais n'arrêter de le répéter à Potter pour mon simple et propre intérêt. Il n'avait aucune chance contre ma détermination.

Tous les joueurs, à quelques pieds dans les airs, solidement installés sur leurs balais, se tournaient autour, se moquant mutuellement de leurs adversaires. Je pouvais déjà sentir que la partie n'allait pas être facile. Nous nous étions tous entraînés le plus possible pour avoir la meilleure chance de gagner cette partie. Nos coeurs battaient d'anticipation et nos yeux brillaient de compétitivité.

Je me promenais dans les airs, sentant une certaine tension - ou une aura indescriptible - entourant les deux attrapeurs, autrement dit, Potter et ma glorieuse personne.

J'avais l'impression que tous les regards étaient fixés sur nous, que tout le monde se demandait ce qui allait se passer entre ''ces deux ennemis cultes''. Notre célèbre haine ne se faisait plus sentir. Dans les yeux de Potter - et probablement dans les miens aussi - brûlait un nouveau sentiment sur lequel nous n'osions pas mettre de nom.

Celui-ci était cependant englouti par une envie de victoire. Nous voulions tous les deux gagner ce match. Cette compétition nostalgique entre nous m'était beaucoup plus familière que de tout ce qui concernait mon coéquipier ces temps-ci.

Alors que Mme Bibine annonçait le début du match en laissant s'échapper les nombreuses balles, je jetai un dernier coup d'oeil à mon coéquipier. Il me sembla apercevoir, de la courbe de ses lèvres pleines, s'échapper un faible «bonne chance», vivement accompagné d'un sourire qui me fit presque glisser de mon balai. Mon coeur se réchauffa devant cette vision agréable. Malgré la compétition tumultueuse qui nous séparait dans les airs, je lui offris mon plus sincère sourire, mes joues déjà roses, en raison du vent frais, se colorant encore plus. Je devais avouer que mon attention n'était pas totalement axée sur la petite balle dorée qui allait faire gagner mon équipe. J'étais prêt à parier que le brun savait éperdument l'effet d'un tel sourire sur ma concentration. Quel tricheur!

À peine la partie fut commencée que Serpentard fit un but. Le ''Roi Weasley'' nous aidait presque de son talent inexistant!

Le Souafle avait complètement passé entre ses deux bras levés. S'il ne se reprenait pas tout de suite, la victoire était certaine pour mon équipe. Je n'aurai plus qu'à attraper ce fichu Vif et danser sous les acclamations des élèves de ma maison.

La partie n'allait que s'arrêter qu'au moment où la petite balle d'or allait être entre la paume d'un des deux Attrapeurs - préférablement moi. Cherchant hâtivement des yeux un reflet doré, j'essayai de me dépêcher à gagner ce match.

Tout semblait aller si vite pendant la partie, il m'était difficile de conserver ma concentration sur ma tâche d'attraper le Vif d'Or avant l'Attrapeur adverse. Les Souafles et les Cognards partaient dans tous les sens, l'un vers les bras d'un Poursuiveur qui cherchait absolument à faire un but, alors que l'autre était frappé pour le simple but de faire tomber un joueur de son balai.

Lorsqu'un Cognard passa à quelques centimètres de moi avant de continuer sa course effrénée, je soupirai de soulagement de ne pas avoir été sa victime. Le bruit d'une collision soudaine sonna fortement au ralenti à mes oreilles. Sans que j'en comprenne d'abord la raison, mon coeur se mit à battre à toute vitesse, me mettant automatiquement dans un véritable état de panique. Je tournai la tête. Les cris de la foule m'arrivèrent en écho, totalement en état de choc.

Lorsque je le vis, ce fut comme si c'était moi qui étais en chute libre de plusieurs dizaines de mètres. J'avais perdu tous mes repères, oubliant la douleur du vent froid qui giflait mon visage. En essayant de me retenir à la réalité, j'agrippai le bois dur du manche de mon balai jusqu'à ce que mes jointures soient blanches, et mes mains, douloureuses. Mon esprit n'arrivait pas à associer une idée après une autre, incapable de comprendre ce qui venait de se passer. Je le regardais tomber, comme une feuille d'automne arrachée d'un arbre par des bourrasses de vent violent. J'eus la vive impression qu'une barre de métal brûlante me cisaillait de l'intérieur, déchirant mon coeur et désagrégeant mon ventre. Je dus lâcher un cri d'épouvante, car plusieurs paires d'yeux se tournèrent rapidement vers moi. Je ne m'en souciai pas une seule seconde. Son corps inconscient qui se rapprochait de plus en plus vite du sol me donna mal au coeur. Ma tête se mit à tourner en envisageant le pire.

Sans pouvoir me contrôler et m'en empêcher, je criai alors, désespéré, dans le silence du stade de Quidditch.

- « Arrêtez le match immédiatement! »

Je sentis tous les regards dévier sur moi pendant une milliseconde. Je dus alors fermer immédiatement les yeux lorsqu'une vive lumière entoura le corps inerte de Potter. Je m'apprêtai à réclamer de nouveau la fin de ce match infernal lorsque je vis que la chute de mon partenaire de binôme ralentissait, comme s'il descendait sur un nuage. Il atterrit délicatement au sol, inerte et inconscient. Mon coeur battait si fort qu'il menaçait de sortir de ma poitrine, tonnant à l'intérieur de ma tête. J'en tremblais, encore sous le choc de cette peur soudaine qui s'était emparée de moi en le voyant dans une telle situation. C'était quoi son problème à ce Gryffondor de tomber de son balai, et pourquoi avais-je réagi si fort à son malheur?

Mme Bibine avait finalement sifflé pour mettre la partie en pause. Je profitais des quelques minutes que prirent l'infirmière et la professeure de vol pour sortir Potter du terrain et de l'amener en lieux sûrs, pour calmer ma soudaine inquiétude.

Je ne savais pas qui avait frappé ce Cognard, mais cette personne allait le regretter, parole de Malefoy. Déjà que mon coéquipier avait subi les dommages du sport plus tôt dans la semaine, ce qui avait eu comme résultat son énorme ecchymose! J'eus un élan de pitié envers le brun accompagné par une colère noire envers les auteurs de cet acte. Je ne me sentais pas d'attaque pour le revoir dans un état semblable.

Je n'eus qu'à tourner la tête pour d'entendre les faibles rires de Crabbe et Goyle, portés par le vent. Il y avait de cela quelques semaines, j'aurais ri volontiers avec eux et je me serais amusé à trouver un nouveau surnom à Potter rien que pour l'énerver, mais aujourd'hui, tout était différent. Il était le père de ma fille. Je m'étais habitué à mon quotidien avec lui, j'avais découvert une nouvelle facette de l'Élu que je préférais définitivement à l'ancienne. Je m'étais habitué à son odeur, à son attitude morose du matin, à ses cheveux continuellement en désordre, à ses vieux pyjamas trop grands, à ses yeux illuminés d'amour à chaque fois qu'ils se posaient sur notre fille et à son sourire qui embellissait tout son visage et me réchauffait de la tête aux pieds.

En me rongeant les sangs, je le vis s'éloigner, flottant à environ un mètre du sol, McGonagall et son amie Miss-je-sais-tout à ses côtés. Je n'avais qu'une seule envie: dire adieu à l'envie de victoire ridicule de mon équipe et les suivre.

Je ne voulais pas le perdre de mon champ de vision. Il devait se relever, remonter sur son balai et terminer le match. Chaque seconde qui passait, chaque mètre qui nous séparait faisait tomber une pierre froide au fond de mon être, me reconnectant avec la réalité.

Je n'arrivais pas à croire que j'étais le seul Attrapeur en jeu. Serpentard avait moins de points que Gryffondor, mais si j'attrapais le Vif tout de suite, la victoire était dans ma poche. Cette pensée aurait dû me réjouir comme jamais, mais je ne pouvais m'enlever le son du choc entre le Cognard et le Survivant, ainsi que l'image de Potter en chute libre de la tête.

Je n'arrivais tout simplement pas à me concentrer sur la partie. J'attendais presque qu'un autre Cognard vienne me frapper moi aussi pour me faire tomber dans l'inconscience - pour oublier ce sentiment étouffant d'impuissance face à la situation. Ce ne fut qu'avec l'aide des encouragements des Serpentards dans les gradins que je réussis à me reprendre un peu. J'espérai du plus profond de mon âme que j'allais trouver rapidement le Vif d'Or, pour mettre fin à la partie et aller rejoindre le brun.

Je ne sus pas quelle entité magique avait répondu à mon appel de détresse, mais, par miracle, mon champ de vision capta un éclat doré. Sans y réfléchir deux fois, je plongeai, bloquant toutes mes pensées qui ne concernaient pas le jeu. Toute mon attention était sur la petite balle dorée qui virevoltait devant moi. À ce point-ci, je voulais simplement que la partie se termine.

Je ne réalisai même pas le moment où j'attrapai la boule volante, envahi par une vague d'adrénaline. Ce fut les cris de mon équipe et de mes compagnons de Serpentard dans les gradins qui me firent réaliser que nous venions de remporter la partie. Je m'en souciais peu.

Tous les joueurs descendirent de leurs balais, atterrissant enfin au sol. Je fus envahi par les six autres joueurs de mon équipe qui me félicitèrent d'accolades. Ils ne s'empêchèrent pas néanmoins pas de grimacer et d'énerver les Gryffondors à propos leur défaite. Voir les visages déçus et tristes des Rouge et Or me rappela d'un coup mon coéquipier et l'état dans lequel il avait quitté la partie. Je n'attendis pas une seconde de plus, la courte joie d'avoir remporté le match s'étant évaporée.

Le coeur encore serré de l'angoisse profonde que je venais de vivre, je me dirigeai vers les vestiaires de Quidditch dès que tout le monde m'eut félicité. Je ne serrai même pas la main aux autres joueurs, me contentant d'accélérer mon pas.

Je fis un bref détour vers le coin adjacent aux vestiaires qui faisait guise d'infirmerie de fortune, où étaient transportés les blessés pendant une partie. Je n'osai pas entrer sous la tente, en voyant la tête brune entremêlée de la meilleure amie de mon coéquipier prenant place à ses côtés, sa main tenant celle du blessé. Une pointe de jalousie me traversa le coeur. Il était mon partenaire, c'était moi qui étais censé m'assurer qu'il allait bien!

N'ayant pas la force de chasser la brunette pour veiller sur le Gryffondor, je me contentai de l'observer de loin, l'esprit troublé et l'estomac en noeuds. Il semblait si fragile, étendu dans le lit de fortune blanc, encore inconscient de sa chute. J'espérais du plus profond de moi-même qu'il allait se réveiller bientôt. Le voir comme cela ne me faisait aucun bien.

Je me retournai brusquement lorsque quelqu'un me tapota l'épaule. Pansy me fixait de ses grands yeux inquiets, ma fille endormie dans ses bras.

- « Est-ce qu'il va bien? », me demanda-t-elle.

Je haussai les épaules, n'étant pas certain de ce que je devais lui répondre. Logiquement, Potter allait bien. Malgré les circonstances, il n'avait fait qu'une chute qui avait, heureusement, été arrêtée à temps. Pourtant, il était encore inconscient, fais qui ne put que m'inquiéter. Devant mon silence, la Serpentarde épia expertement mon expression faciale, tentant de me lire comme un livre ouvert.

- « Veux-tu me dire ce qui s'est passé tout à l'heure? Quand tu as crié d'arrêter le match parce que Potter était blessé? Il compte plus pour toi que tu le laisses paraître, n'aie-je pas raison? »

À cette question me venait la même réponse qu'à la précédente. À vrai dire, je n'en savais rien. J'étais perdu entre mes responsabilités de père, d'élève et les demandes incessantes de mon corps de se laisser aller à la douce tentation du Rouge et Or qui partageait ma vie. Les yeux de Pansy se plongèrent dans les miens un instant. Elle sut alors que j'allais garder le silence et ne sembla pas d'attaque à me faire sortir les vers du nez. Je la remerciai mentalement de ne pas m'obliger à tout lui dévoiler mes sentiments que, même moi, n'étais pas capable de réellement définir.

- « J'espère qu'il va aller mieux bientôt... Je commence à l'apprécier ce petit griffon! », me révéla-t-elle.

Elle me remit délicatement ma fille dans les bras avant de quitter, me laissant seul avec mes pensées. Je jetai un regard à Ada, qui avait l'expression paisible d'un ange, un rêveur romantique dont le visage rappelait l'innocence à l'état pur. J'aurais aimé être aussi calme qu'elle en ce moment.

J'attendis quelques minutes avant de laisser mon coéquipier sous les bons soins de Pomfresh et la surveillance de Granger. Je devais me changer rapidement, j'avais un cours de Soins aux Créatures Magiques qui allait débuter. J'étais réticent d'amener ma précieuse fille dans ce cours dangereux, mais je n'avais pas le choix: Potter était blessé et il était hors de question que je laisse Adélaïde à n'importe qui. J'allais aussi devoir l'amener avec moi dans les vestiaires...

C'est en lançant un dernier regard à mon coéquipier blessé que je me dirigeai d'un pas rapide vers les vestiaires. Je devais prendre une douche et m'habiller, tout cela en m'assurant de la sécurité d'Adélaïde. J'entrai à l'intérieur des vestiaires dans un nuage de brume d'eau chaude. Tous les joueurs étaient soi en train de prendre leur douche, soi ils venaient de terminer de la prendre. Le vestiaire des Verts et Argents embaumait d'un mélange âcre de sueur et de propreté. Dans mes bras, le petit nez de ma fille se fonça, mais elle resta plongée dans les limbes du sommeil.

Blaise était assis sur un banc, presque prêt à retourner en cours après cette partie officielle sur l'heure du diner. Il séchait ses cheveux en les frottant à l'aide d'une serviette. En me voyant entrer, il posa un regard louche et accusateur sur moi. Je savais qu'il allait me poser les mêmes questions que Pansy - lui n'allait pas me laisser partir sans connaître les moindres détails. Avant qu'il n'ouvre la bouche pour m'insulter, je lui donnai ce qu'il voulait entendre.

- « Pour ton information, j'ai agi de la sorte, pas parce que je tiens à Potter, mais bien, car Ada a besoin de lui. Je ne peux pas m'occuper d'elle tout seul. Je dois bien avoir quelqu'un à qui la passer de temps en temps! », déclarai-je, sous le regard maintenant amusé du basané.

- « Dray, tu n'as pas besoin de te justifier, je ne t'ai rien demandé! », me répondit-il avec un clin d'oeil.

Par Salazar! Je venais de me faire avoir. Rendu à ce point-ci dans notre amitié, je devrais connaître Blaise comme le fond de ma poche. Je n'arrivais pas à croire que j'étais tombé dans son piège. Jamais cela ne m'arrivait. C'était comme si Potter me rendait étrangement faible et sans défense face au cerveau diabolique de mon meilleur ami. Je soupirai, ce qui était arrivé, était arrivé, je ne pouvais que passer par-dessus et essayait d'oublier ce moment humiliant.

- « Surveille Ada, le temps que je prenne ma douche et remette mon uniforme. », ordonnai-je presque à Blaise, qui hocha la tête et me sourit, fier de lui.

Je me préparai rapidement, ne voulant pas laisser mon petit ange trop longtemps avec mon meilleur ami - des fois qu'il lui prendrait l'idée de kidnapper ma fille pour combler ses désirs étranges de la voir tomber amoureuse de son propre fils. Une fois propre et habillé, je me saisis tendrement de ma petite, qui avait le sommeil lourd - aussi lourd que son autre père.

Prenant mon courage à deux mains tout en refoulant mes inquiétudes sur l'état de santé de mon coéquipier et sur celui d'Ada qui allait probablement être ruiné rien qu'en m'accompagnant en cours, je sortis des vestiaires. Je pris la direction du cours de Soins aux Créatures Magiques. Je me promis intérieurement de porter une attention particulière sur ma fille, afin qu'elle n'approche aucune de ces créatures horriblement contagieuses et assoiffées de sang.

Lorsque nous arrivâmes devant l'enclos d'Eros, l'hippogriffe, le petit hybride me fit presque faire une crise cardiaque. Le moment où il tenta de sortir de sa cage en volant pour se propulser sur moi fit accélérer les battements de mon coeur tout en ressortant du plus profond de moi-même un instinct paternel protecteur envers l'enfant endormi dans mes bras. Un soulagement sans égal s'empara de moi en voyant qu'un sort enfermait la créature dans les limites de la clôture de son enclos.

Comme si elle avait été attirée par les mouvements de la petite bestiole, Ada se mit à papillonner des yeux. Quand elle s'aperçut de la présence de l'animal à plumes, elle se mit à gazouiller de bonheur, tendant les bras vers Eros, m'ordonnant presque, du haut de ses sept mois humains, de l'approcher de la créature.

Je l'approchai légèrement, à contrecœur. Je ne pouvais pas m'empêcher de lui faire plaisir. La voir sourire me rendait tout autant joyeux. Heureusement pour moi, le cours d'aujourd'hui portait beaucoup plus sur l'observation des animaux que sur la satisfaction de leurs besoins vitaux comme manger, boire, se faire câliner et apprendre comment se comporter. Aujourd'hui nous ne nous concentrions pas sur le dressage des bêtes; se contentant d'observer notre travail et le travail de nos pairs.

Je passai donc les quelques heures de cours à montrer les bêtes à ma fille. Émerveillée et curieuse, elle dévorait des yeux les étrangetés nouvelles. Certains animaux la faisaient rire, tandis que d'autres l'entraînaient à se cacher dans le creux de mon cou. Je fus soulagé qu'elle ne puisse pas voir les Sombrals, tout en étant charmée par son intérêt évident et incontestable pour les Boursoufs, surtout le rose portant le nom de Fluffy dont s'occupait Pansy.

Je profitai du bon temps passé avec ma fille qui me faisait oublier que son papa brun était peut-être encore sur un lit d'hôpital. La voir découvrir le monde était une activité divertissante et unique.

À la fin de la journée, j'eus la surprise de voir que Potter n'était plus à l'infirmerie. Celui-ci ronflait sur le divan, nous ayant sans doute attendus. Je me sentis soulagé de le voir hors de danger. Je m'empressai de le réveiller, doucement, avant d'aller donner le bain à Adélaïde, qui en avait bien besoin après sa journée parmi les créatures magiques.

Lorsque je rejoignis Potter dans notre lit, il dormait toujours aussi profondément. Je m'installai confortablement à ses côtés, humant son odeur qui me fit comme un baume au coeur, me redonnant le sourire après cette longue journée stressante.


PDV HARRY


- « Malefoy, je te dis qu'Ada a hérité de mes yeux... Comment peux-tu le nier? », affirmais-je à mon coéquipier, hésitant.

Encore une fois, notre fille nous avait réveillés beaucoup trop tôt pour envisager de commencer à se préparer pour aller à nos cours du matin. Il n'était que cinq heures, et nos cours ne commençaient qu'à huit heures. Comme Adélaïde était déjà bien éveillée, refusant de se rendormir pour une petite heure, je l'avais encore amenée dans notre lit.

Malefoy et moi étions à moitié-morts et à moitié-nus, les yeux lourds de sommeil et l'esprit nébuleux, notre fille, pleine d'énergie, s'amusant dans nos draps. Assise entre nous deux, elle mâchouillait un de ses jouets, en nous observant curieusement.

J'étais en pleine contemplation de sa petite figure. Ses grands yeux étaient définitivement semblables à ceux que je croisais dans le miroir chaque jour. Ses iris bleu délavé, caractéristique des poupons, s'étaient peu à peu transformés, faisant apparaître des éclats émeraude autour de sa pupille. Les espoirs vains de mon coéquipier qu'Adélaïde ait les yeux d'acier des Malefoy s'éteignaient dès aujourd'hui. Notre petite blonde était un parfait mélange de nous deux, elle était miraculeusement magnifique - surtout avec la teinte émeraude de ses prunelles. Elle ressemblait définitivement à un petit ange, elle n'avait même pas besoin de son costume d'Halloween pour le montrer. Elle allait pouvoir facilement faire fondre le coeur de l'homme le plus froid de l'univers - ce qu'elle avait probablement déjà fait, réalisais-je, devant l'expression d'adoration de Malefoy qui ne la lâchait pas des yeux.

Adélaïde, délaissant subitement l'objet de caoutchouc qu'elle mordillait, tomba sur le dos et commença à battre l'air vigoureusement de ses deux jambes dans son pyjama rose avec des coeurs magenta. La voir s'amuser ainsi me donna une petite idée.

Je la soulevai en la prenant sous ses aisselles avant de sortir du lit, sous le regard intrigué de mon coéquipier. Celui-ci s'était relevé en position assise sur le lit pour mieux voir ce que j'allais faire. Doucement, je me penchai à genoux et posai ma fille sur le plancher de notre chambre. Ses deux petits pieds se placèrent à plat avec le sol. Un moment de silence flotta dans la pièce, à peine quelques secondes, avant qu'Ada ne me surprenne comme jamais.

Elle cria de joie tout en sautillant avec énergie sur elle-même, balançant ses bras dans tous les sens, montrant avec enthousiasme son plaisir. Avec mon aide et le support que je lui amenais, elle était capable de soutenir tout le petit poids de son corps sur ses petites jambes. Jamais je ne l'aurais cru capable d'avoir autant de force dans ses jambes. La voir se développer comme cela me fit réaliser que ça n'allait pas être long avant qu'elle marche par elle-même et puis qu'elle coure partout. J'étais complètement ébahi et ému devant tous ses accomplissements.

Un immense sourire s'imprégna sur mes lèvres. Joignant l'euphorie d'Adélaïde, je me mis à rire avec elle, heureux comme jamais.

Malefoy se précipita alors en dehors du lit pour venir nous rejoindre. Il s'assit au sol à quelques centimètres de moi avant de glisser ses bras sous les aisselles de notre fille, ses mains contre les miennes. Un grand sourire plaqué sur les lèvres, il encouragea Ada à mettre un pied devant l'autre, ce qu'elle fit avec amusement, s'appuyant sur le support que nous lui offrions.

Une bulle d'intimité précieuse s'était créée autour de nous, dans ce moment privilégié entre deux parents fiers et leur enfant. Mon coeur se débattait dans ma poitrine, rempli de tant de fierté et de bonheur que je ne savais plus quoi en faire. J'avais contribué à la création de ce petit être qui était en train de grandir, de faire ses premiers pas. Elle grandissait tellement vite, forte et pleine de vie comme une fleur combattant de fortes bourrasques de vent. J'essayai de capter tout ce qui se passait, que ma fille découvrait et qu'elle accomplissait, les souvenirs que nous créions en tant que famille filant entre mes doigts comme du sable provenant du grand sablier du temps.

Je chérissais chaque seconde passée avec elle, même avec Malefoy.

Mon coeur n'était plus à la haine, à l'amertume et à l'adversité. Je n'avais plus de place pour ces états d'âme négatifs. La vie me semblait soudainement si belle, si précieuse. Je ne voulais pas perdre un moment de plus à m'opposer à ce lien si spécial et unique qui nous unissait en tant que famille.

Malheureusement, ce moment ne pouvait durer éternellement. Après de longues minutes à profiter de ce simple plaisir de la vie de voir notre fille passer de poupon à bambin, nous fûmes forcés de nous préparer pour la journée. Je laissai Malefoy aller habiller et nourrir tendrement notre fille, tandis que je me vêtis, bâillant fortement. Je pouvais déjà sentir que la journée allait être pénible, mais les accomplissements récents de ma fille me donnèrent une bouffée de détermination à traverser cette journée de vendredi.

Une autre euphorie m'emplissait, même si nous allions passer une longue et lourde journée de cours, j'avais si hâte au lendemain que mes préoccupations étaient peu en lien avec l'école.

La journée passa relativement lentement. Tous les élèves de septième année dans mes classes étaient excités et fébriles, attendant tous avec impatience la fête d'Halloween du lendemain. Je ne pouvais plus cacher mon envie folle de mettre mon costume et de voir ma petite famille faire tourner les têtes.

Étrangement, l'idée d'être le centre de l'attention ne me démangeait pas autant qu'à l'habitude. Pour une fois, j'avais envie de montrer au monde en entier à quel point Adélaïde était adorable, à quel point elle était le bébé parfait, la plus belle et la plus gentille. Une petite partie de moi avait même hâte de voir les regards jaloux de tous en me voyant au bras de Malefoy lors de la fête d'Halloween - malgré le fait que les binômes se devaient d'y aller ensemble, j'y allais de mon plein gré, le coeur rempli d'espoir.

Lorsque nous rentrâmes à nos appartements, le soir venu, je serais bien tombé endormi à l'instant même, mais j'avais encore quelque chose d'important, avec l'aide de Malefoy, à faire pour la fête du lendemain.

Le blond et moi étions excités comme des puces à l'idée que notre ange porte son magnifique costume le lendemain. Nous venions tout juste de l'habiller de celui-ci, l'agrandissant un peu avec un sort, n'ayant pas prévu qu'elle soit si grande. Elle était simplement adorable, un vrai ange digne du paradis.

Notre fille était toutefois aussi fatiguée que nous. Elle gémit en pleurnichant, nous démontrant son agacement. Nous décidâmes alors qu'il était l'heure d'aller la coucher, afin qu'elle soit en pleine forme pour le lendemain - sa première fête d'Halloween. Je la déshabillai avec précaution du costume, alors que Malefoy lui fit couler un bain.

Nous donnâmes ensemble le bain à notre fille, un instant de complicité entre nous. La petite, ayant un soudain élan d'énergie lorsqu'elle entra en contact avec l'eau tiède de son bain, se mit à réclamer du divertissement et de l'attention de notre part.

J'ajoutai du savon moussant dans l'eau, le bain se remplissant immédiatement d'une épaisse couche de bulles. À l'aide de sa baguette, le blond ensorcela les bulles, qui se mirent à virevolter autour de notre fille, avant d'éclater en un mirage de couleurs. Ses yeux émerveillés qui ne voulaient pas perdre un seul détail de ce petit spectacle me réchauffèrent de l'intérieur. C'était si beau de voir père et fille, si innocents et libres, s'amuser ensemble!

Avec la mousse restante dans le bain, je m'amusai à enduire les cheveux fins de la petite blonde, sous ses rires joyeux, la coiffant de multiples façons. Espiègle, j'eus même l'audace de remplir ma main de bulles avant de l'étendre sur la joue du blond. Celui-ci me fixa un instant, stupéfait, dans un silence presque absolu. Le silence fut brisé par Adélaïde qui éclata de rire - rire qui fut contagieux. Malefoy se mit à son tour à rire, la mousse coulant sur sa joue, s'étendant sur son visage, lui faisant comme une mince barbe blanche.

Il s'empara de mousse à son tour avant de me l'étendre à ma surprise sur le menton, sous les rires presque hystériques de notre fille. Je ne pipai mot, un sourire amusé aux lèvres, l'ayant bien mérité.

C'est ainsi que commença une bataille entre Malefoy et moi. Pour une fois, il n'y avait aucune animosité entre nous deux, nos intentions étaient purement amicales et une pincée enfantines. À genoux devant le bain dans lequel notre fille s'amusait, nous nous envoyâmes des flots de mousses au visage en riant.

Lorsque nous vîmes qu'Adélaïde commençait à bâiller, j'entrepris de la sortir de son bain, tandis que Malefoy jetait un sort pour ramasser l'abondance de mousse et d'eau sur le carrelage de la salle de bain. J'eus à peine le temps de mettre Adélaïde dans son pyjama que ses petits yeux se refermèrent, effet de la fatigue. Je la couchai dans son berceau, encore envahi par la gaieté du précieux moment qui venait de se dérouler entre le blond et moi-même.

Déposant, l'un à la suite de l'autre, un baiser sur le front de notre fille qui dormait déjà profondément, nous nous dirigeâmes par la suite directement vers notre salle de bain. Nous nous délaissâmes de nos vêtements, ne prenant même pas la peine d'enfiler un pyjama ou un vieux chandail. Nous brossâmes nos dents côte à côte, dans la salle de bain, en silence.

Je n'arrivais pas encore à croire que la présence de Malefoy durant toutes les activités quotidiennes - comme simplement s'assurer de conserver une bonne hygiène dentaire - ne me dérangeait plus. Notre vie commune était devenue une normalité, qu'au fond de moi, je savais vouloir garder.

Ce fut sur cette pensée, un sourire serein aux lèvres, que je me couchai aux côtés de mon coéquipier. Je lui souhaitai un simple "bonne nuit", avant de fermer les lumières d'un Lumos. Mes yeux se cachèrent derrière mes paupières, ceux-ci remplient d'étoiles, prêtes à rencontrer celles de la nuit.


PDV EXTERNE


Le trente-et-un octobre était enfin arrivé. Le vent frisquet, les feuilles orangées des arbres et une multitude de décorations étaient au rendez-vous, créant l'atmosphère parfaite pour la fête des Morts. Halloween à Poudlard était une grande célébration amusante et chaleureuse.

C'était la dernière fois pour les deux hommes du binôme Malefoy-Potter qu'ils allaient fêter cet évènement, dans cet établissement, avec tous leurs amis. Ils savaient qu'ils allaient en profiter à fond, après tout, c'était exactement ce qu'ils souhaitaient.

Dans la chambre d'un certain Gryffondor et d'un certain Serpentard, Adélaïde avait réveillé ses parents en fin de matinée, les laissant dormir, pour une fois. C'est comme si elle avait réalisé à quel point ceux-ci avaient besoin de récupérer le plus possible pour la fête organisée pour la soirée.

Blottis l'un contre l'autre dans leur grand lit douillet, se contentent de leur chaleur mutuelle pour ne pas attraper froid, alors que l'air se refroidissait de plus en plus, même à l'intérieur, le binôme ouvrit lentement leurs paupières au son des pleurs de leur fille.

Le brun, encore à moitié dans les limbes du sommeil, lâcha un grognement avant de cacher sa tête dans le creux du cou de son coéquipier, leur proximité ne dérangeant pas plus l'un que l'autre. Interrompant le sommeil bien mérité du Gryffondor, le blond donna quelques coups de coude à celui-ci afin qu'il aille s'occuper de leur bébé. Harry murmura une insulte en se décollant de celui qui avait osé lui mettre la responsabilité d'aller consoler les pleurs d'Adélaïde. Drago décida de se lever aussi, par bonne mesure - après tout, la matinée était déjà bien entamée.

Se levant relativement difficilement - ils étaient si confortables enroulés les deux ensemble au chaud -, les coéquipiers s'approchèrent d'une démarche endormie du berceau de l'enfant pour le rassurer de leur présence. La petite se tut pendant un instant, lorsque deux visages illuminés d'un sourire se posèrent sur elle. Elle tendit les bras vers ses parents, ses larmes vite disparues.

Le brun s'empressa de saisir l'enfant avant de la caler contre sa hanche. La blonde gazouilla de plaisir sous le contact de la peau chaude des bras musclés de son père. Drago se pencha vers le visage rond de sa fille pour y laisser un baiser sur son front. Il prit alors la direction de la cuisine, suivi de son coéquipier, commençant à préparer le biberon matinal d'Adélaïde. Ils allaient lui donner quelque chose de plus consistant et nourrissant à la Grande Salle, en même temps qu'eux.

Voyant l'heure plutôt avancée de la matinée, ils décidèrent mutuellement qu'ils feraient bien de ne pas manger tout de suite et de simplement prendre un gros repas de mi-journée à la Grande Salle. Un brunch d'Halloween était toujours invitant!

La date leur revint soudainement en tête, en même temps qu'une excitation grandissante. Enfin, ils allaient présenter leurs magnifiques costumes assortis - fiers de leurs efforts pour présenter un thème précis sous trois costumes créant un tout parfait.

Avant d'aller manger, ils se devaient tous d'être prêts à faire une entrée remarquée en tant que famille distinguée et unique. Leurs costumes sur leurs trois mannequins n'attendaient que d'être portés pour vrai. Le binôme pouvait déjà se voir côte à côte dans leur attirail à faire rêver. Ils avaient tout aussi hâte de voir la jalousie des autres en voyant à quel point leur fille était la plus mignonne dans son costume angélique.

Malgré le fait que Drago et Harry allaient manger avec tous les autres élèves, ils ne pouvaient pas faire attendre son repas à Adélaïde et lui donnèrent donc son biberon qu'elle goba goulument. Dès que la petite fut rassasiée, Harry se donna comme mission de la préparer pour la parader dans l'école. Pendant ce temps, le blond décida d'aller prendre sa douche, pour être frais et propre - question de bien commencer sa journée.

Lorsque le blond entra dans la chambre, les cheveux encore humides et ne portant que ses boxers, prêts à se changer en costume, il ne put s'empêcher de sourire devant la vision de son partenaire et sa fille. Le Gryffondor était en train de délicatement enfiler le costume à la petite blonde. Adélaïde était tout simplement resplendissante, celle qui était son ange, son amour, sa petite princesse. Elle rayonnait et brillait de bonheur comme jamais. Drago ne pouvait s'empêcher de ressentir une bouffée de fierté qui fit gonfler son torse tant il était content d'être l'un des pères de la petite beauté qu'était sa fille. Il commença à se rapprocher du Gryffondor et d'Adélaïde.

Son regard dévia sur son propre mannequin où trônait son magnifique costume. Il avait si hâte de le porter et d'être le point focal de toutes les conversations. Il allait être un chef d'oeuvre de la tête aux pieds - pas qu'il n'en était pas déjà un, rien n'était comparable après tout, à la beauté spectaculaire des Malefoy qui n'avaient même pas besoin de sang de vélane pour être irrésistiblement attirants. Toute son attention était portée sur les étoffes de tissus qui formaient son superbe costume et qu'il frottait maintenant entre ses doigts. Il ne prêtait plus attention à Potter. Cependant, trois mots ne purent pas être coupés par ses pensées, entendus involontairement par les oreilles fines du Prince des Serpents.

- « Je t'aime. »

Le blond se figea, en état de choc, incapable de comprendre le sens de ces trois petits mots. Il n'osa même pas se tourner pour faire face à son coéquipier, d'un coup timide et intimidé. Avait-il bien entendu?

Dire qu'il ne s'attendait aucunement à une telle déclaration - surtout de la part de son ancienne Némésis - était pour lui paradoxal. Depuis quand le brun entretenait-il de tels sentiments à son égard? Depuis quand celui-ci pensait-il avoir le droit de le bouleverser à ce point, de briser le semblant d'harmonie qui s'était installé entre eux?

Le coeur du blond redoubla de vitesse. Ces paroles engendrèrent une tempête dans son être en entier, ramenant mille et une sensations refoulées au plus profond de lui à la surface. Il s'était rarement attardé sur ses sentiments pour le brun. Certes, celui-ci était bien bâti, allumait des brasiers au creux de son ventre et était présent dans ses fantasmes les plus fous et Drago s'imaginait très bien certaines scènes très peu catholiques avec l'Élu, mais de là à dire qu'il entretenait des sentiments amoureux vis-à-vis le brun, c'était une forte accusation. Répondre à la déclaration du Gryffondor lui donnait une migraine rien qu'à y penser - il avait appris à apprécier la présence quotidienne du brun, cela ne pouvait pourtant pas prouver l'existence d'amour, non?

Un noeud se forma dans sa gorge, sa bouche se remplit d'un goût amer, l'empêchant de rétorquer quelques mots. Il ne pouvait aligner deux idées, deux phrases ou même deux mots tant son choc était grand.

Un gazouillement de sa fille lui fit soudainement tourner de la tête, s'armant de tout son courage pour faire face au Gryffondor téméraire qui venait de tout changer entre eux. Il venait de se mettre à nu devant lui - émotionnellement parlant, alors que c'était plus les contacts physiques, que recherchait le blond, ce qui n'allait sûrement pas tarder à être entamé, si personne ne l'arrêtait.

Comment devait-il réagir à une telle nouvelle, une telle révélation presque scandaleuse?

En se tournant vers le brun, Drago réalisa que celui-ci lui faisait dos. Comment osait-il l'ignorer après avoir lâché une bombe comme ça?

Le Serpentard se racla la gorge, cherchant à attirer l'attention du brun. Harry se retourna, un air innocent sur le visage. Le regard de Drago n'osa pas se mêler à celui de son partenaire.

- « Potter... Enfin... Penses-tu vraiment... Réalises-tu... Hum... Je ne... Je... », bégaya timidement le blond, ce qui ne lui arrivait absolument jamais, toujours prêt à répliquer, le regard rivé au sol et les joues écarlates.

Harry jeta un regard étrange sur son coéquipier. Il se comportait de manière beaucoup plus bizarre qu'à l'ordinaire. Pourtant, il n'était rien arrivé.

- « Ça va, Malefoy? », tenta le brun.

Le blond osa enfin lever les yeux, fixant un instant le brun incrédule.

- « Si je vais bien? Après ce que tu as dit? Qu'est-ce qui t'es passé par la tête? Foutu Gryffondor qui pense que tout tourne autour de lui et que n'importe qui peut simplement se jeter à ses pieds sous l'excuse d'une fausse sincérité et de vicieux mensonges! », s'emporta Drago, marmonnant la dernière partie à lui-même, une colère montant en lui devant les agissements du brun qui n'assumait pas les conséquences des mots qu'il avait laissés échapper à l'encontre du blond.

Le Gryffondor en question écarquilla les yeux, choqué de l'emportement soudain et sans raison de son partenaire. Il tenta de se creuser la mémoire pour déterminer la cause de cette colère. Qu'avait-il pu dire pour mettre le blond dans un tel état?

- « Oh... », murmura Harry, une réalisation le frappant de plein fouet.

Le regard de Drago se fit insistant, cherchant une réponse. Les joues du Survivant devinrent la même teinte que celle du Prince des Serpentards.

- « Je... Je parlais à Ada... », bafouilla alors le brun, embarrassé, en lâchant un petit rire nerveux.

Drago imita alors le brun, un rire exprimant son stress s'échappant malgré lui du fond de sa gorge. Un malaise flotta dans l'air une seconde.

Essayant de tout de suite passer à autre chose pour oublier ce qui venait d'arriver, Harry reporta son attention sur leur fille, couchée sur son dos, son déguisement d'ange à moitié-enfilé, mâchouillant ses minuscules orteils qu'elle tirait à l'aide de ses petites mains potelées. Drago se mordilla les lèvres, se traitant intérieurement d'imbécile - bien sûr, Potter ne l'aimait pas. L'idée en était bien absurde. Pourtant, une petite pointe de déception, qu'il ignora du mieux qu'il put, serra son coeur.

Disant toutes sortes de belles petites choses à sa princesse, le Gryffondor continua d'amuser sa fille, qui ne cessait de bouger, afin de lui mettre son costume d'ange.

- « Ma belle petite Ada, je t'aime fort. Je serai toujours avec toi. », chuchota-t-il tendrement à l'enfant, sa voix se brisant étrangement à la formulation de sa dernière phrase.

Faisant fit de sa gêne, Drago se rapprocha de sa fille. Il voulait effacer de sa mémoire les dernières minutes embarrassantes - et la meilleure façon d'y arriver était de faire comme si rien ne s'était passé. Son regard devint curieux devant les paroles du Gryffondor.

- « Bien sûr que tu seras toujours là pour elle, Potter, tu es son père. », fit le blond, convaincu.

Un éclair de douleur insondable passa sur le visage du Survivant. Le coeur de Drago se fractura un peu devant cette expression de souffrance - qui ne dura que quelques secondes, mais s'imprégna avec amertume dans sa mémoire.

Harry soupira un instant avant de terminer d'enfiler le costume blanc à sa fille, évitant le regard de Drago pendant quelques instants. Il se tourna ensuite vers le Serpentard, un sourire faux sur les lèvres. Sans qu'il ne pût en dire la raison, le blond pouvait sentir que l'air dans la pièce était devenu lourd. Il crut qu'il allait s'étouffer dans cette ambiance pesante qui lui fit comme un étau au coeur.

Potter déposa alors Adélaïde par terre sur une couverture. Il tourna ses deux pupilles émeraude vers son coéquipier pour ensuite les amener sur leurs mannequins qui portaient leurs costumes agencés. Le blond, confus un instant, comprit rapidement en apercevant le sourire du brun. Comme pour répondre à la demande muette du seul homme à lunettes dans la pièce, Drago proposa de tout de suite mettre leur costume respectif. Le malaise précédemment présent s'effaça au profit d'une excitation presque enfantine.

Se tournant dos à dos, ils enfilèrent tous les deux, en même temps, leur création.

- « Ok, à trois, on se retourne. Prêt? », le blond répondit d'un petit oui à son partenaire de binôme, « Parfait, alors, un, deux, trois! », termina Harry avant de se retourner pour faire face à l'héritier Malefoy.

Le temps sembla s'arrêter pendant un instant. Même Adélaïde avait cessé ses gazouillements, le silence profond entre ses parents ensorcelant l'atmosphère de la chambre.

Les deux jeunes hommes s'observèrent avec un éclat indescriptible dans les yeux, chacun absorbant la beauté de l'autre ainsi que tous les sentiments qui se bousculaient au fin fond d'eux. Ils se reluquaient de haut en bas, prêtant leur attention à tous les détails du costume de leur Némésis.

Harry commençait à avoir étrangement chaud. Il ne semblait plus trouver de salive pour déglutir, ses lèvres s'étant asséchées d'un coup.

Drago, de son côté, semblait être englouti par une vague qui ne voulait pas nécessairement l'amener dans les profondeurs d'un océan sombre, mais bien l'empêcher de prendre une dernière bouffée d'air. C'était comme si Harry, si loin, mais à la fois si proche, était sa seule façon de survivre et d'enfin respirer. Le blond voulait le respirer, s'accrocher à lui et ne plus jamais le laisser partir. Le Gryffondor était sa bouée de sauvetage dans la mer déchaînée qui noyait son coeur.

Drago était si tenté d'avancer de quelques pas vers le brun seulement pour pouvoir calmer une envie incontrôlable d'être avec celui-ci. Pourtant, il avança vers lui pour une toute autre raison. Ses prunelles d'acier venaient de s'attarder à la forme légèrement étrange du pantalon du garçon à la cicatrice d'éclair.

En voyant le blond arriver si près de lui en si peu de temps, Harry ne sut pas du tout comment réagir. Son esprit lui criait de repousser tout de suite le Serpentard, tandis que son corps ne voulait que retrouver sa place contre celui du blond. La caresse de sa peau chaude contre la sienne le hantait encore, il gardait le souvenir des bras musclés de Drago entourant son corps.

Harry soupira presque de soulagement lorsque l'autre père de sa fille s'arrêta à un pas de lui, ses sourcils froncés et son regard concentré, montrant qu'il n'était plus face à une situation que le brun pouvait facilement considérer de compromettante. Malgré le fait qu'Harry savait qu'il n'était plus témoin d'un moment presque sensuel, il était incapable de dire quoi que ce soit, encore affecté par le moment suggestif qu'il venait de partager avec Drago.

Pour briser le silence qui commençait à créer un malaise, Drago se racla la gorge avant de révéler sa toute récente découverte:

- « Oh, Potter, tes pantalons ne sont pas parfaits. On dirait qu'il y avait une légère différence avec ton mannequin. »

Drago observa de plus près ce qui se passait, se baissant à genoux devant le brun. Son geste fit penser à une tout autre situation. Le brun rougit instantanément en revenant d'un coup dans son état fiévreux de quelques secondes plus tôt.

- « Je ne pense pas que tu veuilles que je lève ma baguette sur toi, et je ne veux pas, non plus, trop serrer ton bas sur toi... », le blond réfléchit une seconde, ses sourcils se froncèrent ce qui créa un léger pli entre les deux - ce que se mit à fixer précisément le brun pour s'empêcher de perdre le contrôle de lui-même -, « Je crois que je vais être obligé de prendre tes mesures pour les comparer à celles du mannequin. Après je pourrais régler cela sans problème. »

Drago fit venir à lui son ruban à mesurer de couture. Il en avait toujours un à porter de mains - après tout, en tant qu'héritier Malefoy, il se devait de pouvoir réaliser toutes les créations vestimentaires d'une finesse absolues qui lui passait par la tête. Sans réaliser véritablement ce qu'il faisait, le blond plaça le bout du ruban vis-à-vis l'abdomen de l'homme devant lui, avant de faire le tour de son corps pour revenir à son point de départ.

- « Bon, expire maintenant Potter, pour que tu puisses assez respirer éventuellement dans ton costume. »

Harry fit ce que le blond lui demandait, en silence absolu. Il faisait tout ce qui était dans son pouvoir pour éviter que son esprit dévie sur n'importe quoi, ou n'importe qui - spécialement le blond qui était si près d'une partie de son anatomie qui semblait se réveiller subitement.

Après avoir pris la mesure du tour de taille du brun, Drago passa à celle des hanches. Il fit très attention et essaya de conserver des idées claires pour ne pas penser à ce qui se trouvait sous le pantalon du brun - car le blond savait exactement ce qui s'y trouvait...

Le Serpentard déglutit. Il n'allait jamais oublier l'image d'Harry en train de se masturber dans la douche de leur salle de bain commune. Jamais.

Drago ne parlait plus. Il s'appliquait avec attention pour éviter de ne pas trop effleurer les fesses du brun et de frôler la légère bosse juste devant lui, qui le déconcentrait plus que tout.

Ayant finalement pris la deuxième mesure du brun, il ne lui en restait qu'une: l'entrejambe. Le Serpentard se pencha, amenant son mètre-ruban sous la cheville du brun et le montant tranquillement à l'intérieur des jambes d'Harry. Celui-ci hoqueta presque, sentant la main du blond s'approcher calmement vers son sexe.

Drago voulait que tout se termine rapidement. Il n'eut pas de chance, sa main frôla incontrôlablement et furtivement le mollet et l'intérieur des cuisses du brun.

Celui-ci tremblait presque sous chaque contact. Sans pouvoir s'arrêter, le Prince des Serpents arriva enfin à son but et fit usage d'une délicatesse sans pareille - qu'il réservait habituellement seulement pour ses amants les plus illustres - pour prendre la mesure de son coéquipier.

Ayant le chiffre en tête, il ne laissa cependant pas retomber sa main, la pressant un peu plus sur l'entrejambe du brun tout en la remontant doucement, comme possédée d'une force supérieure à lui-même.

Il se mordit la lèvre inférieure, alors que plusieurs images érotiques se frayaient un chemin dans son esprit malgré ses efforts vains d'un professionnalisme et d'une maturité.

Soudainement, même si tout son corps lui criait de descendre la fermeture éclair du Gryffondor et de laisser libre cours à ses fantasmes, Drago retira sa main rapidement comme s'il s'était brûlé. Il avait senti quelque chose de dur qui l'avait ramené directement à la réalité.

Est-ce que je veux vraiment faire à Potter toutes ces sortes de choses-là à lesquelles je pense sans arrêt?, pensa le blond, les joues roses et le souffle court.

Il se releva brusquement. Le moment était brisé. Devant lui, le torse du brun se gonflait et se dégonflait rapidement, signe de sa respiration haletante. Son regard d'émeraude était perdu, lointain et fuyant. Drago n'arrivait pas à réaliser encore une fois, ses pulsions avaient presque pris le contrôle sur sa raison. Il avait encore été sur la limite de commettre des gestes qu'il allait regretter par la suite - quoique...

Drago tenta de rester le plus professionnel possible et, après avoir comparé les mesures du mannequin de son partenaire et les véritables de celui-ci, il jeta un sort sur le pantalon du brun pour qu'il se moule parfaitement à son corps, ou plus particulièrement, à son sexe.

Ses yeux d'acier remontèrent sur le visage timide de son coéquipier et c'est à ce moment-ci que le blond réalisa qu'il manquait un petit quelque chose à leurs costumes. Se raclant la gorge pour effacer le précédent malaise, il indiqua au Gryffondor qu'il allait revenir dans deux minutes. Il laissa celui-ci avec leur fille, sans hésiter.

Drago se précipita dans la salle de bain, se mettant aussitôt à fouiller à travers ses dizaines de produits de beauté divers qui s'étalaient dans la pièce, cherchant presque compulsivement ce dont il avait besoin.

Avant d'aller rejoindre son coéquipier, le blond décida de s'occuper tout de suite de lui-même. Avec une canne de laque pour les cheveux qu'il venait de trouver, il plaça rapidement sa coiffure - étant devenu maître dans l'art de se coiffer parfaitement en peu de temps. Il prit ensuite, dans la pile de produits qu'il venait de trouver, un petit pot de poudre scintillante argentée. Professionnellement, il tapota le pinceau à maquillage sur son poignet et en appliqua, à l'aide de celui-ci, sur le haut de ses pommettes. Les minuscules éclats brillants se posèrent délicatement sur sa peau pâle, accentuant ses traits définis.

Une mince ligne d'eye-liner noir sur le haut de sa ligne de cils plus tard, Drago décida qu'il était parfait. Il ne restait plus qu'à maquiller son coéquipier de la même façon que lui, afin qu'ils forment le duo parfait.

Harry fut encore dans la même position qu'il l'eut laissé lorsque le Serpentard revint dans la chambre. Le blond entra dans la pièce en tenant entre ses mains tout le nécessaire pour embellir leurs déguisements au maximum. Il déposa son butin sur leur lit, avant de faire signe au Gryffondor de s'approcher. Le brun obéit aussitôt, son coeur manquant un battement en voyant à quel point le délicat maquillage de son coéquipier le mettait bien en valeur. Qui aurait cru que le Prince des Serpentards était excessivement séduisant avec une simple ligne de kôhl noir?

- « Potter, mets-toi à genoux devant moi... que je puisse t'appliquer le même maquillage que moi...», fit avec difficulté Drago, avec une certaine gêne en se souvenant du moment précédent.

Harry eut un petit rire nerveux avant de placer ses genoux au sol, faisant face à son coéquipier. Drago se mordilla les lèvres en voyant le brun dans une telle position de soumission. Il se reprit pourtant peu après, lancé sur sa mission.

Le blond demanda au brun de pencher sa tête vers l'avant, en s'empoignant de sa laque pour les cheveux. Il en couvrit la chevelure désordonnée du Gryffondor avant de plonger ses doigts à travers celle-ci afin de placer les boucles rebelles. Ses cheveux, à l'apparence si entremêlée, étaient pourtant si doux que Drago eut envie d'y laisser sa main, profitant de ce toucher si intime.

Réalisant soudainement l'heure qu'il était, le blond s'empara du visage du brun, sa main posée contre la ligne définie de la mâchoire de celui-ci, et le retourna vers lui. Les prunelles d'émeraude se plongèrent dans celles d'acier du Serpentard, une certaine fébrilité flottant au fond d'elles. La position de leurs deux corps ainsi l'un devant l'autre, le regard plongé dans celui de son opposé, était presque érotique.

Drago prit de sa main libre son pinceau à maquillage, couvert de poudre scintillante. Il frôla la joue, juste au-dessus des pommettes rondes et définies, du brun. Harry se mit à mordiller nerveusement sa lèvre du bas, son regard rivé sur les actions du blond.

Celui-ci attrapa son eye-liner, décidé à l'appliquer sur son coéquipier aussi parfaitement qu'il se l'était lui-même mis. Alors que le Serpentard s'apprêtait à glisser le crayon noir sur la ligne de cils du haut d'Harry, il lâcha un soupir mécontent. Le brun ne cessait de bouger, son regard se déplaçant partout dans la pièce, son attention cherchant à être partout à la fois - surtout pour ne pas regarder directement le blond.

- « Potter, arrête de bouger immédiatement, sinon je te crève un oeil avec mon crayon. », ordonna Drago, menaçant.

Le Gryffondor déglutit sous le poids de la menace du blond avant de s'immobiliser, ce qui laissa l'occasion à Drago de marquer le haut de la ligne de cils du brun d'une fine ligne noire, faisant ressortir son regard vert perçant.

Lorsqu'il eut terminé sa difficile tâche, le blond prit un instant pour admirer son chef-d'oeuvre, forçant la tête du brun à tourner de gauche à droite, tenant toujours son menton entre ses doigts.

- « Parfait! Potter, tu es presque aussi séduisant que moi maintenant! »

Harry jeta un coup d'oeil rapide au blond, les yeux aussi gros qu'un chaudron.

- « J'ai bien dit "presque"... », enchérit Drago, amusé, en remarquant l'étonnement de son coéquipier.

Alors que Harry se dirigea vers la salle de bain afin d'admirer dans le miroir les efforts du blond, le Serpentard alla chercher leur fille. Dès que le Gryffondor sortit de la salle de bain, la famille était prête à partir, ayant plus que hâte de montrer leurs costumes au grand public.

Marchant les deux côte à côte, en parfaite synchronisation avec une allure résolue, Drago et Harry, avaient un sourire fier et audacieux plaqué sur leurs visages. En prenant la direction de la Grande Salle, ils portèrent la dernière touche à leur costume de démon, ainsi qu'à celui d'ange de leur fille.

Aucune personne sur leur passage ne pouvait s'empêcher de tourner la tête pour être captivée par le magnifique, adorable et sexy trio que formait le binôme Malefoy-Potter accompagné de leur fille. Ils créaient un tout parfait. Le temps semblait s'arrêter à chaque pas qu'ils posaient sur le sol en pierre froide de leur école.

Le contraste des costumes de maîtres des enfers, que portaient les deux plus séduisants élèves de Poudlard, avec celui pur et scintillant de leur fille, déguisée en ange, était tout simplement magique.

Adélaïde brillait dans les bras de son papa blond. Son ensemble blanc était composé d'une petite robe formée d'un haut scintillant complémenté par une boucle en satin à la taille. Pour finir, quelques couches de tulle sur lesquelles étaient cousues une multitude de plumes recouvertes de paillettes, qui brillaient de mille et une couleurs lorsqu'elles étaient sous la lumière, terminaient l'agencement de la robe. La petite portait aussi de mignons souliers d'un blanc nacré comme la couleur d'une perle.

Comme sortant du milieu de son dos régnaient une paire d'ailes dignes d'un conte de fées. Entièrement fabriquées de plumes blanches, elles semblaient faire flotter Adélaïde dans les airs - même si la petite était calée dans les bras de son père Serpentard. Pour compléter son costume trônait, juste au-dessus de la petite tête blonde de seul bébé-plante féminin, une auréole dorée éclatante. Elle gagnait définitivement le prix du meilleur costume - en comparaison avec tous les autres enfants - à la plus grande fierté de ses deux parents qui avaient mis beaucoup d'efforts dans la confection du déguisement de leur fille.

Du côté de ses parents, à la place d'être sujet de petits compliments doux comme ceux que recevait leur fille, ils faisaient tomber les mâchoires de tous ceux qui posaient leurs yeux sur le binôme. Ils étaient tout simplement à couper le souffle dans leurs costumes noirs d'encre. Les deux portaient des habits semblables, cependant ayant chacun des caractéristiques spécifiques.

Le veston parfaitement ajusté de Drago était en velours d'un noir profond avec des motifs ressemblant à des vignes qui semblaient descendre vers les profondeurs des ténèbres. Pour faire un agréable contraste avec l'obscurité de son veston, l'héritier Malefoy portait une chemise où il avait détaché les derniers boutons, laissant apercevoir la peau de son cou et le haut de son torse. Sa chemise était de couleur rouge sang mat, si sombre qu'il était presque indescriptible de voir l'éclat grenat du vêtement. Les boutons de la chemise et des manchettes du blond étaient des petites têtes de mort reluisantes qui apportaient un esprit macabre à l'habillement. Un pantalon moulant noir, lisse et chic, qui lui faisait un divin derrière, complétait son ensemble. Finalement, il portait des souliers fermés et lacés noirs en cuir, si luisants que n'importe qui aurait pu y voir son reflet.

Pour le costume d'Harry, celui-ci portait, à l'identique de son partenaire, une chemise et un veston. Néanmoins, pour sa part, son veston était en cuir foncé, uni et mince avec deux poches à l'avant fermées par des broches qui semblaient être en onyx pur. D'une de ses poches sortait une chaîne argentée qui était rattachée à une montre à gousset. Sa chemise était aussi noire que son veston, mais d'une couleur plus mate, ressemblant drôlement à celle de son coéquipier à l'exception de la teinte.

Pour créer un look unique, le Gryffondor portait une cravate de la même couleur que sa chemise. Celle-ci reluisait un peu, car elle avait été confectionnée en soie, le but étant de créer un effet de ton sur ton à faire rêver.

Ses pantalons ressemblaient à ceux du blond, à quelques détails près qu'il fût possible de distinguer de fines lignes verticales qui les ornaient, le motif encerclant délicatement ses jambes bien définies par le pantalon serré. Lui aussi portait des chaussures noires, ornées de lacets qui se terminaient en deux petites boules en tissu noués. Ces souliers semblaient un peu plus décontractés que ceux de son partenaire, mais cela n'affectait en aucun cas son habit chic et tendance.

Malgré la perfection que représentaient leurs deux costumes, surtout ensemble et accompagnés d'Adélaïde, ils n'étaient pas complets sans les deux immenses paires d'ailes en plumes. Celles-ci se coloraient, en haut, en noir, avant de descendre en dégradé en le même rouge foncé que sa chemise pour Drago, ainsi que complètement noires et brillantes pour Harry.

Pour vraiment définir les deux pères comme de parfaits démons, un petit accessoire de plus donnait à Harry un côté tout simplement démoniaque et sexy: deux petites cornes aussi noires que ses cheveux semblaient lui pousser directement sur le crâne. Puis, du côté du Prince des Serpents, commençant d'un fin trou vis-à-vis son coccyx, sortait une mince queue noire qui terminait en un petit bout pointu. Sa queue démoniaque était comme un nouveau membre pour le blond; il pouvait la contrôler de la même façon que ses mains ou que ses jambes.

Les conversations de tous se turent à l'instant où le couple et leur fille mirent le pied à l'intérieur de la Grande Salle. Tous les regards étaient rivés sur eux, comme s'ils avaient ensorcelé de leur simple présence tous ceux qui étaient présents.

Sans accorder aucun regard à tous les gens assis et déguisés, le brun se dirigea vers la table de sa maison, son coéquipier le suivant de près, la tête haute et ailleurs. Il semblait au-dessus de tous, sous le poids de sa couronne invisible de Prince des Verts et Argents. Il se dégageait du couple une aura d'invincibilité et de confidence. En silence, ils prirent place à la table des Gryffondors, les yeux de tous rivés sur eux - encore plus qu'à l'habitude.

Les tables étaient recouvertes de décorations et de nourriture de toutes sortes. Toutes les odeurs des différents plats se mélangeaient en un parfum automnal divin et enchanteur. Les assiettes de viandes, d'accompagnements et de desserts semblaient toutes absolument invitantes et délicieuses. Le binôme Malefoy-Potter avait plus que hâte de plonger dans ce festin digne des rois.

En voyant le regard agréablement surpris de sa meilleure amie sur sa personne, Harry rougit. La brunette ne pouvait pas lâcher des yeux celui qu'elle adorait comme un frère - elle ne pouvait nier qu'il était à tomber. Si leurs situations avaient été différentes, - s'ils n'étaient pas meilleurs amis depuis l'âge de onze ans, si elle ne l'avait pas vu grandir et devenir l'homme qu'il était aujourd'hui, si elle n'était pas la petite-amie du deuxième membre de leur trio et s'il n'avait pas des tendances homosexuelles, particulièrement envers Malefoy - elle aurait très bien pu tomber sous son charme. Sa soudaine prise de conscience dut paraître sur son visage délicat, car le sujet de ses pensées écarquilla les yeux, stupéfait. Il ne se considérait pas lui-même comme étant aussi séduisant que son coéquipier. Il ne réalisait pas l'effet qu'il faisait à ceux qui l'entouraient, ainsi vêtu.

Hermione finit tout de même par les saluer, balbutiant un faible « bon matin », sa gorge subitement devenue sèche, se dépêchant ensuite de boire quelque chose pour s'hydrater et ainsi se changer les idées. Le blond, depuis quelque temps plus cordial avec ce que son coéquipier avait le culot d'appeler ses amis, s'accoutuma à sa présence d'un simple geste de la tête. Harry prit ce signe comme une autorisation pour commencer à manger.

Pendant que Harry se versait du jus de citrouille dans son verre posé devant lui, son coéquipier commença à se servir minutieusement un peu de tout ce qui se trouvait sur la table. Les plats devant lui avaient l'air trop succulents pour qu'il respecte son régime aujourd'hui.

Alors que Drago s'apprêtait à prendre sa première bouchée, il arrêta son geste, croisant le regard du roux, en face de lui, qui le dévisageait fermement. C'était la première fois que le Serpentard voyait le copain de la brunette ne pas manger lorsqu'il y avait de la nourriture à quelques centimètres de lui. Le blond déposa tranquillement sa fourchette, sur laquelle était piqué un morceau de poulet, dans son assiette. Drago ne perdit pas une fraction de seconde le contact visuel avec le meilleur ami du brun à ses côtés.

Il prit une grande inspiration avant de croiser les bras, essayant de se calmer d'avance en attente du commentaire qu'allait faire le surnommé Weasmoche. Cependant, le roux ne fit que continuer de le fixer, une once de jugement claire présente au fond de ses yeux. Exaspéré, Drago s'apprêta à bien demander ce qui clochait avec Ron. Le Gryffondor le coupa, avant que le blond ne puisse énoncer un seul mot, se décidant enfin à ouvrir la bouche pour dire ce qui l'intriguait.

- « Il va bien falloir que quelqu'un vous le dise. Le plus tôt, le meilleur. », Drago et Harry échangèrent un regard confus, alors que Ron continuait d'énoncer haut et fort sa soudaine opinion, « Vos costumes sont tout à fait inappropriés. »

Harry hoqueta de surprise, les cils papillonnant de stupéfaction. Son coéquipier conservait, pour sa part, son impassibilité.

- « On vous croirait presque prêts à entreprendre des actions sexuelles à n'importe quel moment! C'est pire qu'un pormographisme! », termina Ron, qui reçut aussitôt un coup de coude réprobateur de la part de sa petite-amie, en guise de commentaire.

Harry et Drago fixèrent le roux, assis devant eux, ne sachant pas du tout quoi répondre devant cette nouvelle information.

- « Attend une petite seconde, Ron... Est-ce que tu veux parler de films pornographiques quand tu dis pormographisme? Si ta réponse est oui, tu n'as vraiment pas le bon terme pour définir des expériences sexuelles filmées qui ne servent qu'à grossir une répugnante industrie capitaliste et sexiste. », répliqua Hermione, faisant rougir Ron, gêné de son erreur et que sa copine parlait si ouvertement de sexe à table, « Et peux-tu bien me dire d'où tu connais ce concept, Ronald Weasley? », rajouta-t-elle, une lueur meurtrière flamboyante dans ses prunelles brunes qui s'assombrissaient chaque seconde.

Ron réussit à dire, en bafouillant:

- « Harry... C'est Harry qui m'en a parlé, ça fait quelques années... », avoua-t-il, le visage et les oreilles complètement rouges de honte.

Harry se figea sur place. Il ne pouvait pas croire que son meilleur ami venait de le vendre si facilement à Hermione, surtout devant son coéquipier - coéquipier dont il sentait drôlement la présence à ses côtés.

Harry savait pertinemment que le blond profitait pleinement de la situation qui se présentait sur un plateau d'argent à lui. Le Serpentard s'était effectivement approché un peu de son partenaire à lunettes, le regardant de ses prunelles d'acier brûlant, brillantes d'une touche moqueuse. Drago ne put s'empêcher d'arquer un sourcil, très intéressé par cette nouvelle confidence.

- « Ça alors! J'en apprends des choses aujourd'hui! Mon coéquipier qui s'y connaît sur une certaine forme de sexe... Le por... "Por"-quoi déjà? », débuta le Serpentard.

- « On appelle ça un porno, Malefoy. », compléta Harry qui n'attendait que la fin de la conversation, sans même s'en rendre compte.

Il réalisa que trop tard son erreur. Il avait complètement oublié qu'il n'était pas seulement en la présence de ses deux meilleurs amis, Hermione et Ron.

- « Oh, mais c'est qu'il connaît ça, en plus! J'ai bien hâte d'en apprendre plus sur le sujet! Et pour revenir à toi, Weasley, si ce que mon partenaire et moi-même portons t'excite, ce n'est pas de notre faute si tu n'es pas capable de calmer tes ardeurs parce que tu nous trouves de ton goût. Tu n'as qu'à aller satisfaire tes pulsions avec tes passe-temps douteux que vous aimez appeler du porno. », conclut le blond, prenant enfin sa bouchée de poulet, complètement satisfait de son intervention.

Harry jeta un regard énervé vers son coéquipier. Il ne pouvait simplement pas croire que le Serpentard venait de dire une telle chose. Hermione pouffa d'un petit rire sous l'expression furieuse de son petit-ami. Celui-ci dévisageait l'étranger à sa table, ses yeux lui lançaient des éclairs meurtriers. L'ambiance était devenue d'un coup bien lourde.

Un silence se fit instantanément entendre dans la Grande Salle, envahissant le précédent malaise à la table des Rouges et Ors sous une vague muette. Le directeur Dumbledore venait de s'avancer au podium, annonçant le début de l'un de ses discours quotidiens.

- « Bonjour mes chers élèves! J'espère que vous passez tous une excellente journée! Je vois que certains d'entre vous ont mis beaucoup d'efforts dans leurs costumes; je vous félicite, le résultat est magnifique... »

Il s'interrompu une seconde, son regard pétillant et curieux englobant la salle. Drago et Harry eurent l'impression que les yeux à la fois bienveillants et impossibles à déchiffrer de leur directeur s'attardaient particulièrement sur eux.

- « Ceci est simplement un petit rappel pour le Bal qui sera donné en l'occasion d'Halloween dans à peine quelques heures. Comme je l'avais précédemment dit, ce bal est exclusivement pour les élèves de sixième et de septièmes années. J'ai bien hâte de tous vous voir. Les professeurs et moi-même nous sommes dépassés pour l'organisation de cet évènement particulier! N'oubliez pas, les septièmes années, d'aller porter avant dix-huit heures vos Flos Vitaes aux appartements privés de notre cher Severus, qui s'est porté volontaire pour s'occuper modestement de vos petits trésors pendant toute la soirée. Toutefois, vous êtes priés d'aller chercher vos bouts de choux d'ici dimanche le premier novembre à neuf heures tapantes. Nous ne voulons surtout pas prendre le temps précieux de notre pauvre professeur de Potions. »

Le directeur termina son discours en envoyant un clin d'oeil à la foule. Comme il était déjà trois heures de l'après-midi, le binôme Malefoy-Potter s'empressa de terminer de manger et de faire manger leur fille.

Lorsqu'ils se levèrent de table, ils eurent la vive impression que tous retinrent leur souffle, sur le bord de leurs chaises, attendant impatiemment le prochain geste du binôme le plus attirant de Poudlard. Il était certain que plusieurs s'étaient déjà monté mille et une fantaisies dans leurs têtes, rien qu'en les voyant - des scénarios dans lesquels ils s'incluaient entre le corps svelte et athlétique du Serpentard et celui musclé et chaleureux du Gryffondor.

En ignorant leur horde de spectateurs, le blond, hautain, et le brun, qui tenait contre sa hanche leur fille, prirent la direction des portes de la Grande Salle. Les têtes se tournaient sur leurs passages, dans un silence quasi religieux.

Lorsque le binôme fut dans le couloir, ils s'échangèrent un regard, troublés par l'effet qu'ils provoquaient. Draco était habitué à de tels regards, mais pas son coéquipier.

Une banale discussion commença entre eux, alors qu'ils marchaient vers leurs appartements communs. Ils devaient aller préparer un sac avec les affaires de leur bébé pour qu'il passe la nuit chez Snape.

Malgré une certaine inquiétude qui persistait aux profondeurs des coeurs des deux parents à l'idée de laisser leur précieuse fille sous la garde de leur professeur de Potions, ils savaient éperdument que celui-ci ne lui ferait aucun mal. C'était nécessaire pour passer une belle soirée au Bal d'Halloween.

oOo

Vers vingt-et-une heures moins quart, le binôme Malefoy-Potter sortit de leur appartement, l'un transportant Adélaïde qui somnolait, et l'autre qui transportait le sac avec tous les essentiels de leur fille à l'intérieur.

Ils avaient passé un après-midi en famille et avaient profité de la première Halloween d'Ada. Ils attendaient les prochain 31 octobre avec impatience pour vraiment pouvoir s'amuser avec leur fille et des tonnes de friandises sucrées.

Malgré qu'ils ne voulaient pas laisser leur fille avec quelqu'un qu'elle connaissait à peine, c'était cela ou pas de belle soirée festive pour eux. Drago et Harry voulaient bien être les meilleurs parents qui aient existés, mais ils avaient aussi vraiment besoin d'une fête qui allait changer un peu leur quotidien parental.

Même si une partie du blond se moquait intérieurement de son parrain qui devait passer une magnifique soirée à s'occuper d'une douzaine de jeunes bébés, son coeur était serré à l'idée de laisser Adélaïde si loin de lui pendant si longtemps. Il savait que Snape était très bien capable de prendre soin de l'enfant - après tout, il était déjà arrivé que son parrain le garde lorsque lui-même avait l'âge de sa fille -, mais il ne pouvait se résoudre à calmer ses inquiétudes.

Snape avait définitivement les compétences pour prendre soin d'un enfant, mais allait-il bien s'occuper de chacun des bébés qui allaient être sous sa garde?

Se mordillant nerveusement les lèvres, le blond serra un peu plus fort sa fille qui s'endormait dans ses bras. Il se pencha sur son précieux enfant, son odeur délicate de bébé envahissant ses sens.

Adélaïde était déjà dans son pyjama, ayant délaissé son magnifique costume après un bain que lui avaient donné ses deux parents avec amusement et amour. Drago avait même pris soin de lui donner son souper plus tôt dans la soirée ainsi qu'un biberon de lait chaud, mélangé à sa formule de Flos Vitae, afin de s'assurer qu'elle ne manque de rien chez son parrain.

Il se sentait tout de même un peu coupable de la laisser pour aller avoir du plaisir. Il ne put s'empêcher de s'imaginer des milliers de scénarios dans lesquels quelque chose arrivait à sa fille lorsqu'elle n'était plus sous sa surveillance. Simplement penser à son impuissance devant ses théories effrayantes ne faisait qu'augmenter sa nervosité.

Quand les trois arrivèrent devant la porte des appartements de leur professeur, Drago faillit faire demi-tour, encouragé par l'expression de méfiance dans les yeux de son coéquipier. Si Drago stressait de laisser sa fille avec son parrain, il ne savait pas du tout ce que ressentait le brun, qui n'appréciait pas particulièrement le professeur de Potions. Harry aurait tout fait pour laisser sa fille avec n'importe qui d'autre.

Le blond prit une grande respiration et cogna trois fois sur la porte massive de bois foncé.

L'expression sur le visage de Snape lorsqu'il ouvrit la porte de ses appartements donna encore plus raison aux parents inquiets. Derrière lui, des bruits de bébés en pleurs pouvaient être entendus. Harry échangea un regard alarmé vers son coéquipier, qui haussa les épaules en guise de seule réponse, tentant de cacher son niveau de stress très élevé.

En voyant l'un de ses élèves favoris de Serpentard, le professeur laissa tomber son masque sévère. Il salua le blond, tout en ignorant royalement le Gryffondor à ses côtés.

- « J'aurais besoin d'Adélaïde. J'ai d'autres choses à faire que de patienter devant ma porte ouverte pour vous toute la soirée? »

Le blond remit avec précaution sa fille dans les bras de son parrain. Devant le fait qu'ils allaient vraiment laisser leur précieuse enfant sous la tutelle de Snape, Harry eut une envie soudaine d'arracher Adélaïde des bras du professeur et de retourner passer la soirée dans ses appartements. Il ne fit rien, se contentant de suivre le professeur et son coéquipier dans l'appartement pour y déposer le sac de leur fille.

Le salon du professeur de potions était rempli de berceaux pour tous les bébés. La pièce avait probablement été agrandie à l'aide de la magie, car il restait encore beaucoup d'espace, assez pour que tous les enfants soient à leur aise.

Ada fut déposée dans l'un des berceaux. Elle tomba profondément endormie à l'instant où elle toucha le matelas du berceau, le sommeil l'ayant emportée. Drago regarda le berceau d'un oeil suspect - il se doutait que la magie était encore en jeu. Il connaissait bien son parrain.

C'est alors que le binôme réalisa la présence des trois jeunes filles dans l'appartement de Snape, qui lui portait mains fortes avec les nombreux bébés. C'était sans doute des étudiantes qui étaient en retenue - ou qui avait fait exprès de se faire punir pour passer du temps en compagnie des poupons, à en voir leurs expressions d'adoration.

- « Bonjour, Drago, bonjour Harry. Vos costumes sont trop géniaux! », fit une voix dans leur dos.

Les deux se retournèrent vers la voix familière. Une rouquine souriante leur faisait face. Les visages du brun et du blond s'illuminèrent d'un coup, reconnaissant immédiatement la jeune étudiante qui se trouvait devant elle.

- « Par Merlin, Adèle! », s'écria Harry, posant sa main sur l'épaule de l'adolescente.

La jeune étudiante rit nerveusement, replaçant une mèche de cheveux rebelle devant son visage derrière son oreille.

- « Ça fait tellement plaisir de te voir! », compléta Drago, les souvenirs d'un après-midi mémorable lui revenant en mémoire.

Les trois entamèrent une petite discussion, apprenant à mieux se connaître et se remémorant la naissance d'Adélaïde. Adèle leur expliqua sa présence. Celle-ci s'était portée volontaire pour venir aider leur cher professeur à s'occuper des bébés et la fabuleuse aide de l'élève de Poufsouffle. Avec Adèle aux alentours, le binôme savait maintenant qu'il pouvait partir faire la fête la conscience tranquille. Ils auraient pu rester des heures à en apprendre plus sur la fille qui avait sauvé la leur, mais le début de la fête d'Halloween arrivait rapidement, à chaque minute qui passait.

Ils finirent tout de même par partir des appartements de leur professeur. Après tout, une soirée géniale les attendait. Les deux parents se penchèrent à tour de rôle sur leur fille endormie pour lui donner un baiser d'au-revoir. Ils espéraient qu'elle allait dormir jusqu'à ce qu'ils reviennent la chercher le lendemain. Le coeur des deux parents se serrait à l'idée même que leur fille se réveille au milieu de la nuit, les réclamants à grands pleurs.

Une certaine euphorie s'empara toutefois du duo. Le bal d'Halloween promettait d'être hors du commun et décidément incroyable.

Ils saluèrent Adèle, ainsi que leur professeur. Drago chuchota même à son parrain de bien s'assurer de prendre bien soin de sa fille avant de s'occuper des autres morveux. Snape arqua un sourcil, un léger sourire brisant son expression sévère.

Évidemment, le coéquipier du blond avait tout entendu de son petit échange avec le professeur de Potions et agaça son partenaire durant leur marche jusqu'à la Grande Salle, où se déroulait le bal. Le nouvellement dénommé "petit à oncle Sev-sev" n'allait pas s'en sortir aussi facilement.

Déjà dans le couloir devant les immenses portes de la Grande Salle, le binôme pouvait déjà entendre la musique venant de la fête. Leur nervosité d'avoir laissé leur fille sous la surveillance de leur professeur se mélangea à celle de passer une soirée inoubliable ensemble en tant que duo sous le regard de tous.

Le blond et le brun échangèrent un regard complice, un sourire excité aux lèvres, les joues roses d'enthousiasme et leurs glorieux costumes prêts à voler la vedette.

Ils ouvrirent ensemble les portes de la Grande Salle, prêts à faire une entrée remarquée.

À peine furent-ils entrés qu'ils furent submergés par l'ambiance de la fête. Leurs yeux prirent un moment avant de s'adapter à la pénombre de l'immense pièce. Sous la lumière rouge et tamisée qui régnait partout dans la salle se détachaient des dizaines de silhouettes qui se mouvaient sous le rythme de la musique presque étourdissante tant elle était forte.

Malgré ce soudain changement d'environnement, des sourires s'étendaient sur les visages des deux hommes déguisés en démons jusqu'à leurs oreilles. Leurs coeurs étaient légers et l'adrénaline coulait rapidement dans leurs veines. Les portes de la Grande Salle se refermèrent derrière eux, la fête pouvait commencer.

À chaque pas qu'ils faisaient, ils avaient l'impression de pénétrer de plus en plus dans les ténèbres que semblait être devenue la Grande Salle. Les murs semblaient sans fin tant ils étaient d'un noir profond, ce qui complémentait parfaitement le plafond de nuit hypnotisant, celui-ci d'une noirceur d'encre où seulement une petite poignée d'étoiles à faible luminosité pouvaient être aperçues.

Juste sous le plafond, un mouvement étrange se dessinait dans les airs: une cinquantaine de petites chauves-souris virevoltaient dans tous les sens, restant toujours entre une certaine hauteur des têtes des invités et le plafond. Pour finir, au milieu du plancher trônait une piste de danse lumineuse qui clignotait au rythme de la musique.

Autour d'eux s'étendait toute la Grande Salle décorée d'éléments d'Halloween comme jamais. Des citrouilles sculptées en toutes sortes de formes illuminées à l'aide de chandelles, créant à elles seules une lueur envoûtante, étaient éparpillées un peu partout dans la pièce.

À certains endroits, par exemple, au-dessus des buffets d'amuse-gueules ou ceux des boissons, se trouvaient des chandelles flottantes, leurs flammes brûlantes de différentes couleurs reliées à la fête d'Halloween - notamment orange et noir.

Sur les tables étaient disposées plusieurs bouchées étranges, sans pour autant ne pas avoir pas l'air appétissant. Un des buffets était entièrement recouvert de bonbons; un bar à friandises à faire rêver, prêt à entrer en compétition avec Honeydukes. Les boissons, de leur côté, semblaient sortir tout droit de la Forêt Interdite avec leurs différentes teintes douteuses et les multiples vapeurs, odeurs ou bulles qui s'en échappaient. Elles étaient probablement non alcoolisées, mais tous savaient qu'elles pouvaient être aussi puissantes qu'une montagne d'alcool - à leur façon, en raison de la quantité de sucre qu'elles contenaient et d'ingrédients secrets aux effets indéterminés.

Devant la vision magique de la salle ainsi décorée, Harry se retourna vers son coéquipier, des étoiles pleins les yeux, un doux et sincère rire s'échappant contre lui du fond de sa gorge. Sous la lumière rouge et obscure de la salle, le costume du Gryffondor étincelait de mille feux, mettant en évidence ses formes musclées sous le fin tissu sombre.

Le blond était complètement envoûté par la vision somptueuse de son coéquipier, la tête relancée vers l'arrière, le bonheur façonnant chacun de ses traits, ses yeux pétillants, un sourire étirant ses lèvres pulpeuses.

Une certaine euphorie s'empara de Drago, toutes responsabilités et inhibitions s'envolant comme l'une des chauves-souris qui tournoyaient au-dessus de leurs chevelures placées à la perfection. Ce soir, il allait avoir du plaisir et pas qu'un peu!

Soudain, le brun reconnu l'un de leurs couples d'amis qui dansaient d'une manière qui leur était très caractéristique et qui le fit rougir. Son regard rencontra celui du basané un peu plus loin. Celui-ci lui fit un grand sourire accompagné d'un clin d'oeil. Il retira ses mains des fesses de sa partenaire et appela les noms du binôme Malefoy-Potter - les criant plus qu'autre chose - en leur faisant signe de s'approcher.

La main d'Harry se glissa contre l'intérieur du coude du blond - pour être certain de ne pas le perdre dans la foule, se dit-il intérieurement, alors que le coeur de Drago se mit à battre un peu plus fort. Le brun se faufila ensuite entre les nombreux élèves qui dansaient et semblaient passer un moment formidable, entraînant le blond à sa suite.

Ils rejoignirent en peu de temps le couple de Serpentards, qui les accueillît chaleureusement, les complimentant sur leurs costumes qu'ils considéraient légèrement inappropriés, malgré leur classe - selon le basané.

Avec son costume de cuir moulant chaque muscle comme une seconde peau, ne laissant absolument rien à l'imagination, Blaise n'avait pratiquement rien à reprocher au couple Malefoy-Potter en comparaison avec son propre déguisement légèrement osé. Une fermeture éclair qui commençait au creux de son cou et semblait pouvoir descendre jusqu'à son entrejambe était légèrement descendue, laissant apercevoir son torse foncé et musclé. Deux oreilles pointues noires ornaient le dessus de sa tête, se mêlant dans ses cheveux crépus couleur de nuit. Une longue queue de panthère semblait être attachée à son bas-dos, un peu comme Drago. Sous la lumière festive, ses ongles avaient l'air de s'être transformés en griffes félines blanches, contrastant avec sa peau et son habit foncés. Son costume était complété par le maquillage d'un petit nez rose sur son nez, donnant une touche mignonne à son déguisement digne d'un danseur exotique.

Sa petite-amie portait un costume tout aussi provocateur que lui. Simplement vêtue d'un maillot de corps en cuir qui mettait en valeur ses courbes naturelles, orné d'une fermeture éclair semblable à celle du déguisement de son petit-ami, elle était certaine de hanter les rêves chauds de plusieurs jeunes hommes - et femmes - présents à la soirée. Des manches en maille de filets recouvraient ses bras jusqu'à ses poignets, suivaient des gants sans doigts de cuir qui ornaient ses fines mains. Comme Blaise, ses ongles étaient devenus des fines griffes félines. Elle portait des collants de la même maille de filets sous son maillot. Ses talons aiguilles noirs donnaient l'impression que ses jambes se prolongeaient jusqu'à l'infini. Sur le dessus de sa tête bouclée trônaient deux petites oreilles félines comme celles de son petit-ami et vis-à-vis son coccyx, une queue poilue et volumineuse de panthère noire. Un maquillage semblable à son petit-ami terminait son déguisement, mais définitivement plus détaillé et complété par une fameuse ligne de crayon façon cat-eye. Elle était magnifiquement sensuelle.

Les deux couples, tout aussi magnifiques l'un que l'autre, tentèrent de discuter malgré la forte musique, ce qui ajouta à leur euphorie un certain amusement. La soirée s'annonçait belle!

Ce ne fût que lorsque le directeur s'approcha de la petite estrade pour faire un discours de bienvenue et que la musique se mit à graduellement baisser que Harry réalisa qu'il n'avait toujours pas retiré sa main du bras de son coéquipier. Ses joues s'enflammèrent sous la pénombre rougeâtre, se camouflant dans celle-ci.

- « Joyeuse Halloween mes très chers élèves! Je suis particulièrement ravi de tous vous voir en costume en cette merveilleuse fête et que certains d'entre vous aient vraiment tout donné dans la conception de leurs habits. Les buffets sont là pour que vous vous serviez, n'hésitez surtout pas à aller piquer quelques bonbons au citron sur celui aux friandises, je vous les conseille particulièrement. », Harry et Drago échangèrent un petit regard malaisé; leur directeur était décidément quelqu'un de très particulier et qui avait une sévère obsession avec les bonbons à saveur de citron, « Avant de vous souhaiter de passer une fabuleuse et effrayante soirée, je voudrais personnellement annoncer la première danse de la soirée! », un petit sourire mesquin apparut sur le visage du directeur de l'école, « J'invite tous les couples de parents à se rejoindre au milieu de la piste de danse pour le premier slow! Je déclare alors officiellement la soirée commencée! N'oubliez pas, où il y a de la gêne, il n'y a pas de plaisir! », termina Dumbledore en un cri marquant son bonheur.

Les lumières de la salle semblèrent s'adoucir. Une mélodie au rythme lent commença tranquillement à être jouée, tandis que l'espace dédié à la piste de danse se vidait lentement, laissant place aux couples de septièmes années. Plusieurs d'entre eux se dépêchèrent de s'avancer, heureux de passer ce simple petit moment d'intimité avec leur coéquipier de binôme.

Harry était encore sous le choc de ce que venait d'annoncer son directeur. Les yeux écarquillés, la bouche sèche et le coeur battant, il ne pouvait même pas lui venir à l'esprit l'idée de danser avec une telle proximité de Drago devant tous. Le regard rivé sur le blond à ses côtés, il était incapable de déchiffrer l'expression faciale du Serpentard.

Malheureusement pour eux, ils n'eurent pas le temps d'être plongés dans leurs réflexions profondes que Pansy décida qu'il était grand temps que ces deux-là cessent de jouer à l'autruche. Elle empoigna le bras de son meilleur ami, le traînant sur la piste de danse, entraînant du même coup, évidemment, le Gryffondor à sa suite, Blaise sur ses talons.

Drago tenta de se défaire de l'emprise de Pansy, mais il ne réussit que trop tard, déjà rendu au plein centre du plancher de danse éclatant. Il s'arrêta brusquement, réalisant d'un coup sec où il était exactement. Le brun fonça par accident sur le blond, duquel il tenait encore le bras, posant une main involontaire sur le torse de celui-ci pour s'empêcher de tomber et de se ridiculiser devant les élèves et professeurs présents.

Sous le poids des regards de tous, le binôme Malefoy-Potter n'eut d'autres choix que de se porter au jeu et de danser s'ils ne voulaient pas devenir la risée de l'école à ne rien faire au milieu d'une piste de danse. Ils restèrent pourtant l'un devant l'autre, incertains de ce qu'ils devaient réellement faire, les prunelles émeraude plongées dans celles d'acier du Serpentard.

Conscient que tous les fixaient, Drago prit la situation en charge. Embarrassé, il glissa ses mains sur les hanches de son coéquipier, qui hoqueta de surprise suite au contact. Le brun resta aussi droit qu'une planche, timide et médusé par le geste de son coéquipier.

- « Potter, mets tes mains derrière ma nuque. », siffla le blond entre ses dents, légèrement énervé par l'attitude de son partenaire.

Malgré son masque orageux, une tout autre fougue ardente brûlait à l'intérieur de Drago. Il espérait que la lumière rouge et tamisée cachait ses joues écarlates. Son coeur battait à tout rompre - la proximité avec son coéquipier n'aidant rien.

Le sursaut du brun à leur rapprochement l'avait pour ainsi dire presque autant affecté que le Survivant. En prenant Harry par la taille, le Serpentard l'avait incontrôlablement approché de lui-même. Ce n'est que lorsqu'il réalisa la courte distance qui les séparait qu'il pensa perdre la tête. Ses mains resserrèrent les hanches du Gryffondor, comme s'il cherchait à s'agripper à ce qu'était devenue sa réalité. Il ne pouvait toujours pas y croire.

Il était en train de toucher son coéquipier. Il le sentait sous ses mains, si proche de lui. Ce n'était pas la première fois qu'il le frôlait, après tout, ils se collaient tous les soirs dans leur lit, mais cette fois-ci, c'était différent. C'était comme si le fait qu'ils étaient entourés de tous ces gens enlevait le côté réel de cette proximité qui pouvait sembler fausse et brusquée, mais en même temps, ce regroupement de gens les entourant donnait de l'importance à ce qui se passait, comme si leur présence créait une bulle que pour le binôme où tout ce qu'ils souhaitaient pouvait se réaliser.

La respiration du Serpentard se bloqua dans sa poitrine lorsque le brun se décida enfin à venir doucement porter ses bras derrière sa nuque, rapprochant inconsciemment leurs deux corps encore plus et mordant sa lèvre inférieure par la même occasion. À quelques centimètres l'un de l'autre, ils pouvaient s'apercevoir de la gêne qu'ils partageaient entre eux. Leurs joues étaient toutes aussi rouges. Leurs deux coeurs battaient à l'unisson.

S'apercevant de la danse lente des autres couples, Drago initia un léger mouvement de hanches de gauche à droite. Il fut joint quelques secondes plus tard par le brun, qui rougit comme jamais en baissant les yeux, incapables de soutenir le regard d'acier de son coéquipier. Des centaines de papillons flottaient au creux de son estomac. Le Gryffondor essaya de calmer sa nervosité en jouant avec les petits cheveux du haut de la nuque du blond de ses doigts, acte qui fit frissonner de la tête au pied son partenaire.

- « Qui aurait cru qu'un jour, nous serions en train de... », commença le Gryffondor, nerveux.

- « Non, mais peux-tu simplement te taire Potter? Tu ne vois pas que tu es en train de gâcher le moment avec tes stupides commentaires? », lança sèchement Drago en un souffle, coupant ainsi le brun.

Harry obéit aussitôt, le rouge lui montant jusqu'aux oreilles. Nous étions en train d'avoir un moment? se questionna-t-il, agité. Il releva les yeux sur ceux du blond, ce dernier le fixant intensément. Harry crut y discerner une lueur sincère au fond des prunelles du Serpentard.

Pour une des rares fois, le Gryffondor croyait voir, dans les yeux de Drago, le véritable être qui se cachait si souvent derrière un mur de glace. À la place de sentir une froideur découlant de ces prunelles d'acier, une chaleur se répandit librement dans tout son corps. Toutes sortes d'émotions se bousculaient les unes sur les autres à l'intérieur de son âme. Harry ne savait plus quoi penser.

Il secoua la tête et pencha celle-ci vers l'avant, comme pour reprendre son souffle. Ses cheveux frôlèrent le menton du blond. Celui-ci fut complètement déstabilisé par les chatouillements des mèches noires et l'odeur si irrésistible de celui dans ses bras. Se laissant aller par la musique et la danse, Drago appuya son menton sur le haut de la tête du brun, entre ses deux petites cornes, inhalant les effluves sensuels de celui-ci, continuant à se laisser bercer par la musique et profitant de chaque seconde de celle-ci.

La chanson laissa entendre ses dernières notes. De nombreux applaudissements émergèrent autour des jeunes couples qui venaient de danser. Harry profita encore un dernier instant de ce sentiment chaleureux qui l'envahissait, ainsi blotti contre le blond.

Un grand vide s'empara du Serpentard lorsque son partenaire décida de détacher ses bras de derrière sa nuque. Drago laissa le brun s'éloigner, un léger pincement au coeur, l'observant attentivement alors que Pansy venait de rejoindre le Gryffondor, un bras autour de ses épaules, enjouée comme jamais.

Le Serpentard ne pouvait détacher son regard du Gryffondor qu'il tenait entre ses bras il y avait de cela quelques secondes. Celui-ci s'éloignait de lui à chaque pas qu'il faisait. C'était comme si tous les sentiments qui se bousculaient en Drago semblaient s'intensifier plus la distance grandissait entre sa Némésis et lui. Malgré le fait qu'il avait plus qu'apprécié ce moment magique et qu'il savait que celui-ci allait hanter ses rêves pour les jours à venir, Drago était certain que rien n'allait jamais pouvoir se passer entre son coéquipier et lui. Il avait entraperçu ce que pouvait être leur relation, et, même si une partie de lui se brisait simplement à y penser, c'était impossible. Trop les séparaient. Ils ne pouvaient pas se laisser aller à leurs élans amoureux.

Blaise, ayant laissé sa copine, euphorique par l'évènement, aller parler avec le Survivant. Après avoir échangé un baiser langoureux avec cette dernière, décida qu'il était temps d'aller boire un petit quelque chose avec un peu plus de force qu'un simple verre de jus de citrouille.

Le basané chercha des yeux l'un des bars à boissons. À la place de trouver l'endroit où se cachaient les verres, il trouva un blond seul sur la piste de danse. Autour de lui se mouvaient plusieurs couples et amis, entraînés par la musique rapide. Les yeux de celui-ci étaient fixés sur le brun qui discutait un peu timidement, mais amicalement avec Pansy. Ça ne prit qu'une seconde à Blaise pour voir que quelque chose clochait avec son meilleur ami. Cela prit le même temps au Serpentard pour réaliser ce qui tracassait le blond. Blaise sourit sans le vouloir devant les jeux de séduction que l'héritier Malefoy entretenait avec son très cher Potter.

Le basané décida qu'il était de son devoir de meilleur ami du blond d'aller lui changer les idées et surtout de lui enlever un certain Gryffondor du système. Alors qu'il se dirigeait vers Drago, Blaise fut rejoint par un autre Serpentard qui lui tapota l'épaule chaleureusement. Théo apparut à sa droite, celui-ci déguisé en joueur de Quidditch, un sourire aux lèvres et les yeux pleins d'étoiles. Blaise sut automatiquement les raisons de son bonheur soudain.

- « Alors, ça fait des étincelles dans la chambre à coucher, l'ami? », questionna Blaise, le regard grivois, au brun.

- « Oh! Tu ne peux même pas t'imaginer... Et pas que dans le lit, l'ami. », répondit-il avec un sourire en coin.

Les deux copains riants se dirigèrent vers leur ami blond. Arrivant enfin à sa hauteur, Blaise accrocha Drago par le bras, sans que celui-ci s'en rende compte, l'obligeant à le suivre dans son trajet vers sa conquête d'un verre pour sa boisson.

- « Allez, viens Dray, tu as vraiment l'air d'avoir besoin d'un petit remontant! », déclara Blaise, ne laissant pas la chance aux deux Serpentards de répondre, les entraînant à sa suite.

Le trio se dirigea vers l'un des bars, une mission dans la tête du basané. Comme la fête venait de commencer, il n'y avait personne autour de la table sur laquelle étaient posées de nombreuses boissons. Blaise jeta des regards frénétiques dans les environs d'eux avant de glisser sa fermeture éclair quelques centimètres plus bas. Son costume ouvert jusqu'à son nombril laissait voir les muscles ciselés de son bas-ventre et la fine ligne de duvet qui invitait tous les yeux indiscrets vers son pubis.

Sous les regards troublés de ses deux meilleurs amis, le basané descendit sa main à l'intérieur de son déguisement de cuir serré avant d'en ressortir une bouteille de whiskey Pur Feu beaucoup trop grosse pour avoir été cachée à l'intérieur de son costume sans que personne n'ai pu la remarquer avant. Après l'avoir extirpé avec difficulté, il montra fièrement sa découverte aux deux serpents, qui le dévisagèrent, perturbés.

- « La magie, c'est magique! », annonça-t-il, en guise d'explication pour cet acte improbable.

Il remonta sa fermeture éclair, tout en laissant quelques centimètres de peau de son torse à la vue de tous. Blaise haussa avec suggestivité les sourcils avant de s'emparer d'un verre. Il remplit celui-ci à la moitié du punch fourni par l'école avant de remplir son verre avec son whiskey, se créant ainsi un mélange qui était certain de lui faire passer une belle soirée.

Réalisant que son meilleur ami blond portait plus son attention sur son coéquipier que sur l'acte de rébellion qu'il venait de commettre, le basané décida qu'il se devait de faire profiter les autres. Avec un air de désobéissance, il déposait son verre et rouvrit sa bouteille avant de faire couler le liquide ambré dans le chaudron qui semblait sans fond, celui-ci rendant le punch de plus en plus alcoolisé. Théo éclata aussitôt de rire, se plaçant devant le chaudron pour empêcher les regards curieux de voir ce que son ami délinquant faisait. Drago, de son côté, secoua la tête, mais ne put s'empêcher de laisser un petit rire s'échapper, posant son attention enfin sur quelque chose d'autre que l'homme avec lequel il partageait une magnifique fille.

- « Bon, je crois que c'est assez Blaise, tu vas saouler tout le monde avec ton alcool! », laissa savoir Théo, qui riait encore devant les agissements de son compagnon.

Amusé par la remarque de son ami, le basané se mit à descendre et remonter la bouteille de whiskey au-dessus du chaudron, défiant du regard Théo. Il lança celle-ci dans les airs, la rattrapant de justesse à de multiples reprises, la déplaçant dans toutes les directions possibles, faisant danser l'alcool bronze qui coulait rapidement dans le chaudron.

Drago, voyant l'immense quantité de whiskey qui tombait dans le punch, réalisa que ce n'était peut-être pas la meilleure idée que de finir la soirée avec une tonne d'élèves ivres, car en voyant comment les autres dansaient, il ne doutait pas que ceux-ci allaient bien vite plonger dans le punch pour étancher leur soif un peu. De plus, le blond se devait de rester maître de lui-même en toute situation, et ce punch n'allait pas contribuer à la cause.

- « Blaise... Je crois que tu devrais arrêter de faire l'imbécile. Le punch est probablement assez alcoolisé comme cela! Tu vas te faire pincer si tu continues! », tenta sérieusement Drago pour faire cesser les actions de Blaise qui se trouvait beaucoup trop drôle.

Se moquant encore plus des inquiétudes de ses deux amis, le basané alla même jusqu'à descendre sa tête sous le filet ambré pour s'abreuver directement à la source du plaisir. L'alcool lui brûlait la gorge, mais il ne s'en souciait aucunement, trop préoccupé par sa mission de rendre cette fête beaucoup plus amusante. Un grand sourire niais aux lèvres, il jeta un regard vers les deux autres Serpentards avant de lancer la bouteille qu'il tenait avec sa main droite dans les airs, avec l'intention de la rattraper avec son autre main.

Il donna pourtant raison à ses amis, qui n'avaient pas cessé de l'avertir, lorsque la bouteille de whiskey lui glissa des mains et tomba au fond du chaudron rempli de punch.

- « Par Salazard, Blaise! T'es pas sérieux? », s'écria Drago, tandis que Théo s'exprima d'un juron mêlé à un rire.

- « Les gars, je pense qu'on devrait s'en aller discrètement... », fit Blaise d'une petite voix alarmée.

Un soupir découragé fut lâché blond. Il fixa le chaudron, recherchant des yeux la fameuse bouteille de son ami, voulant la repêcher et ainsi éviter de se faire prendre. Pourtant, celle-ci avait disparu.

- « Bordel de Salazar! Le chaudron est sans fond! », s'écria Drago, en levant les bras au ciel, dépassé par la situation.

Blaise laissa échapper un petit rire nerveux, avant de répliquer:

- « Ouais... Et ma bouteille aussi est sans fond... Vous voyez, je vous l'avais dit, c'est magique! », dit-il en haussant ses épaules et en soulevant ses bras en signe de défense, souriant malaisé.

Réalisant l'erreur monumentale qu'ils venaient de commettre, le trio décida avec unanimité de quitter les lieux du crime le plus rapidement possible, sans un mot de plus.

Le basané réalisa soudainement qu'il avait oublié son verre à côté du punch. Il retourna brusquement à celui-ci, le prenant entre ses doigts, mais le déposant presque aussitôt. Il regarda discrètement autour de lui pour voir si personne ne le regardait avant de se servir deux autres verres, ne prêtant pas très attention à la forte odeur d'alcool qui se dégageait du chaudron à chaque louche qu'il prenait, remuant ainsi la boisson. Après avoir rempli ses deux verres, il prit difficilement son propre verre, balançant les trois dans ses mains et retourna auprès des deux Serpentards qui essayaient de mettre le plus de distance entre eux et la boisson.


PDV HARRY


Toujours en compagnie de Pansy, que je commençais de plus en plus à apprécier, je me dirigeai vers la table sur laquelle étaient posées les boissons. En riant, nous nous servîmes deux grands verres de punch. Lorsque la brunette entendit une chanson qui apparemment était sa chanson, elle m'obligea à finir rapidement mon verre - qui avait une drôle saveur alcoolisée, que je blâmai sur les saveurs mystères des boissons - avant de me traîner sur la piste de danse.

La chanson rythmée qui se faisait entendre devait être la chanson préférée de plusieurs, car tous les danseurs partageaient l'espace personnel de chacun, sans aucune gêne, bougeant et sautant presque les uns sur les autres. L'enthousiasme des autres fut contagieux. Je me sentais de plus en plus dans un état d'esprit festif. Avant d'intégrer la foule agitée, je lançai un sort sur mes ailes, me disant que cela allait être plus pratique pour danser, les faisant disparaître sur le coup.

Je me laissai guider par la musique, mon corps s'agitant au rythme de celle-ci, encouragée par les mouvements et les rires de la brunette à mes côtés. Remarquant soudainement la présence de son petit-ami à quelques mètres de nous, Pansy me laissa seul, avec comme guise d'adieux, une claque sur mes fesses bien moulées par mon costume.

En riant, je laissai l'ambiance euphorique m'emporter. Je ne me préoccupais plus de ce que les gens pouvaient penser de moi. Après tout, les personnes dans la foule de danseurs étaient si collées les unes contre les autres qu'on ne pouvait pas distinguer qui était qui. La pénombre de la pièce - les lumières ayant baissé d'intensité pour créer une atmosphère ressemblant à celle dans un club - n'aidait pas non plus. Il y avait de la magie dans l'air.

Mes hanches se mirent sensuellement à bouger de gauche à droite. Mes bras se joignirent au rythme, se levant et se rabaissant, frôlant les élèves m'entourant. Je fermai les yeux, sentant tous les tremblements que la musique forte créait faire vibrer mon être en entier et me transporter dans une transe délectable et lascive. Je ne savais pas si c'était seulement la musique qui me faisait autant d'effet. J'avais aussi l'impression que la réalité semblait beaucoup plus parfaite que d'habitude, comme si j'avais pris des substances illicites, mais je ne m'en préoccupai cependant pas réellement, profitant pleinement de chaque note de musique qui parvenait à mes oreilles.

La proximité entre les corps des nombreux danseurs me donnait excessivement chaud. Je m'étais facilement trouvé un partenaire de danse, sans toutefois savoir son identité. Derrière moi, un inconnu avait consenti aux mouvements légèrement indécents de mon corps contre le sien. Nous dansions ensemble depuis quelques minutes déjà, mon amusement augmentant de plus en plus. Je me sentais libre. Mes pensées n'étaient plus fixées sur les nombreuses responsabilités qui avaient envahi ma vie depuis quelques mois, mais plutôt centrées sur le moment présent.

Le fait de ne pas connaître l'identité de celui avec qui mon corps se frictionnait commença à allumer un brasier en moi. J'osai un léger coup de hanche contre celles de mon partenaire. Je l'entendis laisser échapper un petit rire face à mes actions. Je m'autorisai un sourire. La température montait de plus en plus entre nous deux.

Sur le rythme de la musique, je laissai mes hanches se mouvoir lentement, réduisant de plus en plus la distance qui nous séparait. Mon coeur battait presque aussi fort que la musique. Il y avait quelque chose d'étrangement sensuel à la situation. Nos deux corps, si près l'un de l'autre, m'envoyaient une série de frissons à chaque frôlement que nous partagions, à chaque contact entre nous.

Il me semblait qu'il n'y avait plus que l'inconnu et moi sur la piste de danse. Nos mouvements se coordonnaient à la perfection, comme si nos corps étaient animés d'une chorégraphie unique, d'un même but. Je voulais m'approcher le plus possible de l'individu derrière moi, me fondre en lui tant ses coups de bassin me faisaient de l'effet. J'étais si envoûté par la présence de l'inconnu derrière moi que je ne pensais à rien d'autre, sa compagnie me faisant oublier tout semblant de raison.

Nos corps s'emboîtaient parfaitement, alimentant le feu qui me brûlait de l'intérieur. J'avais la vive impression que de la lave en fusion coulait dans mes veines. Mon souffle se faisait de plus en plus court. Des centaines de papillons tournoyaient au creux de mon ventre. Je fermai les yeux, profitant du moment magique.

L'inconnu était si près de moi qu'il m'était impossible de penser à autre chose.

Des frissons me traversèrent de la tête aux pieds, une main se posant délicatement sur mes abdominaux. Je me mordis la lèvre incontrôlablement. Je ne pouvais nier que j'appréciais de plus en plus ce que devenait cette danse.

Pour montrer mon consentement et le plaisir qu'il me procurait, je plaçai ma propre main sur celle de l'inconnu, caressant les poils doux de son avant-bras par la même occasion, augmentant ma jouissance, découvrant que la personne avec qui je dansais était bel et bien un homme, ce dont je fantasmais. Avec un petit sourire en coin, j'invitai d'un mouvement sa main à descendre, dirigeant celle-ci vers mon bas-ventre qui commençait drôlement à être interpelé par le moment sensuel qui se déroulait.

La paume et les doigts de l'homme derrière moi commencèrent à se déplacer et à me toucher un peu partout, ne me faisant penser qu'à ce que cette même énergie électrisante et torride pourrait créer dans une pièce fermée.

Je m'amusai à caresser sa main et à me déhancher encore plus, sentant mon partenaire si proche de moi, peut-être même un peu trop proche, pensai-je, sentant un renflement dur contre mes fesses.

J'arrêtai de danser d'un coup, ramené brusquement à la réalité de la situation. Je n'eus cependant aucun temps pour penser ou faire quoi que ce soit, l'inconnu faisant sentir sa présence d'un mouvement rapide.

Il m'empoigna soudainement avec fougue les hanches de ses deux mains. Je hoquetai de surprise lorsqu'il força mon corps à se rapprocher du sien. Je sentis définitivement ce que j'avais cru discerner. L'érection de mon partenaire était bien réelle contre mes fesses musclées. Un sourire s'installa sur mes lèvres, alors que je me sentais de plus en plus tomber dans une extase irrationnelle. Ma propre excitation, s'amplifiant à chaque seconde qui passait, était bien présente elle aussi - certainement visible dans mes pantalons serrés. Habité d'une passion libidineuse, je repris mes mouvements de hanches avec témérité.

Je l'entendis lâcher un grognement tandis que mes fesses s'enfoncèrent contre la bosse dure et sensible. Je me mordis les lèvres, un gémissement s'échappant de ma gorge à mon insu. Cela me faisait un immense bien d'être ainsi désiré - surtout après toute la frustration sexuelle qui m'habitait depuis le début de l'année scolaire.

La situation devenait de plus en plus insoutenable. Ses mains serraient mes hanches avec force, intensifiant les contacts entre nous. Mon érection était si douloureuse que je ne pus m'empêcher de guider l'une des mains de mon partenaire vers la bosse qui ornait mon pantalon. Il s'empressa d'obéir à ma demande et de satisfaire mes besoins, massant agréablement mon érection, tout en continuant de mouvoir ses hanches contre les miennes. Je gémis de plus belle, mon bassin ondulant vigoureusement.

Les yeux fermés, je ne me concentrais plus que sur nos mouvements presque bestiaux. La chanson était terminée depuis longtemps, une nouvelle moins rythmée ayant commencé, mais nous nous en souciâmes peu. Mes sens étaient surchargés par cette danse sensuelle et enflammée.

Inconsciemment, ma main se leva et alla s'accrocher derrière la tête de mon partenaire. Mes doigts s'hasardèrent dans la chevelure courte et douce de l'inconnu, le forçant à s'approcher de moi. J'avais besoin de lui, je voulais être sien, le sentir en moi. Sa respiration était saccadée, me faisait frissonner lorsque l'air de ses expirations effleura la peau de mon cou.

Mon coeur se mit à battre de plus belle lorsque ses lèvres entrèrent en contact avec mon cou. Je sentis une chaleur se disperser en moi en sentant sa bouche entre-ouverte frôler ma nuche, se déplaçant vers ma jugulaire. Je soupirai de plaisir, penchant ma tête pour laisser un meilleur accès à la peau sensible. L'inconnu laissa une traînée de baisers en montant vers mon oreille. Je tremblais presque d'anticipation, en voulant plus.

Ses baisers se transformèrent en douces morsures. Il aspira lentement ma peau, me faisant frissonner. Des vagues de plaisir me traversèrent lorsque ses dents effleurèrent ma peau délicate. J'avais une folle envie de sentir ses lèvres sur l'ensemble de mon corps. Entre nos hanches qui bougeaient à l'unisson, nos érections stimulées et cette marque qu'il était en train de me laisser, je ne savais plus où donner de la tête.

Après quelques trop courtes secondes, il libéra la peau de mon cou de l'emprise de ses lèvres. Une chose était certaine, j'allais avoir une petite ecchymose pour témoigner de ce moment de plaisir magique. Il apposa ses lèvres une dernière fois sur la marque qu'il venait de me laisser avant de monter ses lèvres vers mon oreille.

Un souffle chaud chatouilla aussitôt celle-ci. Mon partenaire s'apprêtait à me chuchoter quelque chose, ce qui me fit languir d'impatience. Je savais que si nous continuâmes sur notre lancée, ce qu'il allait me dire n'allait probablement pas être la seule chose dite - ou devrais-je dire, crié - par cet homme, surtout pas entre deux coups de bassins.

- « Qu'est-ce que tu dirais si on continuait cela à quelque part de plus discret? », me chuchota-t-il à l'oreille, accompagné d'un coup de bassin particulièrement plaisant.

Mon sang se glaça dans l'entièreté de mon être. Toute la chaleur que j'avais ressentie durant la danse disparue en le temps de le dire. Le moment était brisé. J'eus envie de sangloter devant mon plaisir si abruptement rompu. Je repoussai l'homme qui me tenait toujours les hanches, défaisant son emprise en m'éloignant de lui. Je me retournai instantanément, découvrant avec abattement ce à quoi je redoutais.

Devant moi se trouvait maintenant l'héritier Malefoy, une expression aussi choquée sur le visage que celle qui devait trôner sur le mien. Une partie de moi essaya de me convaincre que ce n'était pas mon coéquipier qui se trouvait face à moi et que je me devais d'accepter tout de même sa proposition d'une nuit de débauche totale. Je le méritais bien, non?

Nous restâmes quelques secondes à se dévisager, ne sachant pas, tous les deux, comment réagir. La révélation de nos identités nous avait plongés dans un état de choc.

Je voyais, à chaque éclair de lumière des projecteurs qui bougeaient dans la pièce, les pupilles dilatées de plaisir de Malefoy qui tournaient bien vite vers une incompréhension et surprise totale. Ses lèvres étaient gonflées et si invitantes. Je ne pouvais pas croire qu'elles avaient récemment été posées sur la peau de mon cou.

Mes yeux descendirent vers son érection, qui, quelques secondes plus tôt, était pressée contre moi. Je mordis mes lèvres, me rappelant à quel point nos deux corps se mouvant en harmonie m'avaient semblés si parfaits. Pourtant, ce fut comme si mon esprit refusait obstinément de faire le lien entre le blond et mon partenaire de danse si sensuel et débauché avec qui je venais de passer un moment magique.

J'avais dansé contre Malefoy, si près que j'avais senti son excitation monter peu à peu. J'avais fait exprès de le provoquer. Je l'avais laissé me toucher dans une tentative vaine de calmer le volcan dans mon bas-ventre qu'il avait allumé. Il avait embrassé mon cou, il m'avait fait un suçon - ce qui était à la fois si excitant, mais affolant, surtout en prenant en considération nos rapports ambigus.

Un haut-le-coeur prit possession de moi, trop mélangé dans mes sentiments contradictoires. Je ne pouvais pas rester une seconde de plus devant le blond. Honteux, je reculai dans la foule, bousculant les gens au passage, étant incapable de détourner volontairement la tête du blond qui me dévisageait.

Je le perdis enfin de vue. Je crus que mon monde allait s'écrouler. Mon corps ne voulait que retourner auprès du sien si chaud et parfait et de ses caresses trop bonnes pour être vraies. Cependant, les éclairs de raison qui me transperçaient me criaient de cesser de penser à Malefoy de cette façon.

Notre relation avait peut-être changé depuis le début de cette folle année, mais je ne pouvais oublier le fait qui brûlait au fer rouge dans ma tête que nous avions été de pires ennemis. Qu'en aucune saine raison, je ne devais me laisser enivrer par le beau blond.

Ma tête tournait en raison de mes pensées écrasantes. Il fallait à tout prix que je me change les idées, le plus vite possible.

Réalisant que mon soudain mal de tête était peut-être aussi causé par ma déshydratation à avoir autant dansé dans cette chaleur, je me dirigeai avec lenteur vers le bar à boissons.

Tombant presque dans le chaudron de punch, je me remplis un grand verre jusqu'au bord, callant celui-ci immédiatement. Je grimaçai en raison du goût fortement alcoolisé et du brûlement qui accompagnait toute consommation d'alcool. Un peu surpris sur le coup, je fis comme si de rien n'était, remplissant mon verre encore et encore, ne cherchant qu'à oublier ce qu'il venait de se passer.

Je ne pouvais pas croire que j'avais été assez stupide pour tomber dans les filets du Serpentard.


PDV EXTERNE


Au temps que le blond passait quotidiennement à fixer les fesses de son coéquipier de binôme, il ne pouvait simplement pas croire qu'il ne les avait pas reconnues alors que celles-ci venaient de passer les dernières minutes à se frotter sensuellement contre lui.

Son fessier, ses cheveux bruns foncés presque noirs, son odeur démentielle, son corps attirant se mouvant sur les chansons, ce qui avait fait accélérer ses battements cardiaques, étaient tout ce dont Drago rêvait. Sans le reconnaître, le Serpentard l'avait vu à ses côtés la seconde où Pansy était arrivée. Le brun lui avait tapé dans l'oeil et il avait été prêt à le faire sien. Il ne s'était pas posé une seule question avant de pratiquement sauter sur l'occasion de danser et de se frotter contre ce mystérieux et sexy inconnu. Le blond avait définitivement un faible pour les grands et musclés bruns. Cet inconnu lui offrait une opportunité formidable d'oublier celui qui hantait ses pensées nuit et jour.

Pourtant, tout chez le mystérieux brun lui avait semblé familier. Ainsi contre le corps du beau jeune homme - avant même qu'il ne sache qu'il s'agissait de Potter - il savait qu'il avait été à sa place, les réactions de son corps n'étant que des preuves de plus. Pendant quelques minutes, il avait désespérément voulu le ténébreux étranger. Il avait voulu le faire sien. Cette simple pensée lui donnait une frousse irremplaçable.

Par Merlin, il n'était pas un Gryffondor!

Ils avaient failli se laisser aller dans leurs élans passionnels. Passer à une nouvelle étape de leur relation était simplement impossible. Cela impliquerait tant de changements que Drago n'était pas prêt à accepter. Leur passé tumultueux et leur situation actuelle complexe ne les laissaient pas se permettre des rapprochements amoureux ou même simplement physiques. Ils avaient vécu trop de moments obscurs ensemble. Les émotions passionnées et les mille et un fantasmes qui se déchaînaient entre les deux ne pouvaient pas devenir réalité. C'était inimaginable.

Harry pouvait faire ce qui lui plaisait vis-à-vis cette situation, mais Drago savait au fond de lui que ce n'était certainement pas lui qui allait faire un premier pas pour défaire la certitude qu'il avait que rien n'allait se passer entre le brun et lui. La simple pensée de changer cet équilibre fragile qui s'était installé entre les deux en se laissant aller aux terrifiants et énigmatiques confins de l'amour mettait Drago dans un état total de panique.

Drago était complètement désemparé. Il ne savait plus du tout quoi penser. Il avait osé proposer au brun de s'isoler en sa compagnie, il avait voulu passer un agréable moment seul avec lui. Quelque chose n'allait pas avec le blond. Malgré tout, il désirait son coéquipier, mais il ne pouvait simplement pas s'autoriser à ce fantasme fiévreux. Le moment qu'il avait partagé avec Harry l'avait laissé encore bouillonnant, mais plus perdu que jamais.

Un sentiment nouveau prit possession de lui, provenant des profondeurs de son être: un désir de chair avait pris sauvagement place en lui, douloureusement rappelé par son érection. La chaleur indescriptible que Drago avait ressentie, lorsqu'il était collé contre Harry, avait disparu en un instant, son esprit partant ailleurs. Il devait arrêter de penser à lui le plus tôt possible, ça en devenait presque intolérable.

Le serpent secoua la tête, essayant de se rafraîchir les idées. Celles-ci dérivaient sur un seul but précis qu'il savait qui allait lui faire oublier ce qui venait de se passer tout en satisfaisant son besoin de sexe, qui avait été éveillé par le brun.

Ça ne prit même pas une seconde à Drago pour trouver le sujet qui allait assouvir son appétit sexuel. Appuyé contre le mur de la Grande Salle, un grand et mystérieux jeune homme n'avait pas manqué une seule seconde de la scène qui s'était précédemment déroulée entre le Serpentard et le Gryffondor. Ses lèvres étaient étirées en un sourire aguicheur, ayant visiblement apprécié la danse du blond et de son partenaire.

L'étudiant portait un costume coloré de prince oriental, faisant un peu penser au Aladdin moldu. Sous la lumière des projecteurs, sa peau hâlée et dorée, dévoilée par son déguisement qui laissait peu à l'imagination, semblait aussi appétissante que du caramel chaud et coulant. Le ventre de Drago se réchauffa à l'idée d'embrasser cette peau tentatrice qui lui donnait faim. Les muscles du torse robuste de l'inconnu étaient mis à nu ainsi que ses bras musclés, attirant le regard du blond. Les pectoraux et les abdominaux athlétiques du brun semblaient sortir tout droit d'une revue peu catholique, comme celles que possédait Drago pour commander ses sous-vêtements coquins.

Son regard allumé rencontra instantanément celui de Drago. Les traits de son visage étaient définis à la perfection, appelant à la débauche. La ligne de sa mâchoire semblait être aussi aiguisée qu'un rasoir, augmentant le sentiment d'excitation imprudente aux creux du bas-ventre du Serpentard.

Le visage de l'étranger était encadré par des mèches marron dans lesquels se mêlaient des éclats blond miel. Ses cheveux étaient légèrement plus courts sur les côtés de sa tête, au-dessus de ses oreilles, ayant été probablement rasés. Contrairement aux cheveux sur les bords de son crâne qui étaient moins longs, sur le haut de sa tête était organisée une coiffure volumineuse splendidement placée qui allait parfaitement avec la forme du visage de celui qui la portait. Sa chevelure était digne de la perfection de celle du Prince des Serpentard. Une petite frange descendait sur le côté de son visage, certaines mèches obstruant quelque peu les yeux mystérieux du brun, mais d'autres, légèrement relevées dans les airs, lui donnant un air rebelle et excessivement irrésistible.

Drago eut une folle envie d'aller plonger ses doigts dans la chevelure noisette de l'inconnu. Il pouvait dès lors s'imaginer agripper passionnément la tête de celui-ci pour l'encourager dans les nombreuses actions érotiques qu'il planifiait déjà à l'intérieur de sa tête.

Le mâle ténébreux lui fit un clin d'oeil avant d'enrober de ses lèvres pulpeuses la sucette rouge qu'il tenait dans sa main. Le blond se sentit rougir devant la proposition indécente de l'étranger. Son envie grandissante lui donna la poussée de courage dont il avait besoin pour faire le premier mouvement.

Se laissant complètement emporter par un regain érotique, Drago se dirigea vers l'élève qui avait accroché son regard. Ses pupilles s'agrandirent considérablement à chacun de ses pas, son plaisir revenant et augmentant déjà. L'inconnu leva sensuellement les yeux sur le beau blond, mordant sa lèvre du bas en reluquant de la tête aux pieds le dieu grec - ou plutôt Sa Majesté des enfers - qui s'avançait vers lui.

Le Serpentard stoppa sa course vers l'homme qu'il voulait à présent, essoufflé pour d'autres raisons que sa marche frénétique. L'étranger le dévorait des yeux, ses lèvres et sa langue s'attardant sensuellement sur sa sucette.

Le blond mordit sa lèvre, un sourire lubrique aux lèvres. Il n'avait pas pu avoir Harry et cette réflexion le frustrait sexuellement. Drago avait plus que besoin d'étancher sa soif d'entreprendre des rapports peu catholiques.

Arrivé en face de celui qui allait être sa nouvelle conquête, Drago plaça subitement sa main à côté de la tête du brun, l'empêchant de partir et montrant par la même occasion son intérêt cuisant.

Étant aussi près de son futur coup d'un soir, Drago remarqua que le brun était légèrement plus grand que lui. Le Serpentard devait lever les yeux sur le jeune homme pratiquement dans ses bras pour que ses prunelles entrent en contact avec celle de son aguichant Aladdin.

Cependant, avant de découvrir de magnifiques iris marron clair aux reflets verts qui apparaissaient à chaque fois qu'un éblouissement de lumière les traversait, Drago s'aperçut avec amusement que l'inconnu fixait ouvertement une certaine partie de son anatomie qui semblait habitée par sa propre conscience dévergondée. Sans aucune gêne, le blond rapprocha son corps de celui du brun, collant leurs bassins avec fervente. Satisfait de ce qu'il voyait et ressentait contre lui, l'élève retira sa sucette de sa bouche avec un "pop" sonore presque érotique, avant de sourire au blond, ses yeux brillants d'une convoitise sans pareille entourée de longs cils foncés.

Drago, ne pouvant plus se contenir, descendit son regard sur les lèvres pulpeuses et rougies par le bonbon de l'inconnu. Il fonça sur l'attirant jeune homme, scellant leurs deux bouches avec fougue, échangeant un baiser torride et sauvage avec l'homme, terminant leur contact en mordant délicieusement la lèvre inférieure de l'inconnu.

Après le baiser qui eut pour effet d'augmenter l'inconfort présent dans le bas-ventre du blond, le jeune homme approcha lentement sa tête de l'oreille du Serpentard. La main du ténébreux brun glissa sur la hanche de Drago, alors que son genou alla tendrement caresser son entrejambe douloureux.

- « Si je caresse ta lampe magique, est-ce que j'ai le droit à trois voeux? », fit le brun d'une voix rauque et suave à l'oreille du blond, en faisant référence à son costume d'Aladdin.

Drago pouffa d'un petit rire, baissant les yeux tout en passant sa langue sur ses lèvres, les humectant érotiquement au passage. L'inconnu pouvait effectivement faire ce qu'il voulait avec sa prétendue "lampe magique".

Le blond se mit sur la pointe de pieds pour atteindre l'oreille de sa future conquête. En glissant sa main derrière la nuque du ténébreux, ses doigts chatouillant avec délicatesse les cheveux presque rasés du brun, afin de rapprocher sa tête de la sienne, il chuchota à l'oreille de l'inconnu:

- « On peut aller faire de la magie rien que tous les deux... ailleurs... »

Le brun accepta l'offre sans hésiter, invitant Drago à le suivre. Les deux se dirigèrent vers un coin plus tranquille. Un sourire aux lèvres, l'étranger descendit sa main sur la fesse du blond, le guidant vers l'endroit où ils allaient enfin pouvoir profiter de la passion charnelle qui les tiraillait.

Quelques mètres plus loin, un certain Gryffondor n'avait pu s'empêcher de fixer avec confusion son coéquipier charmer un grand et musclé mystérieusement exquis jeune homme.

Ses pensées étaient prisonnières d'un brouillard épais dû à sa forte consommation de punch. À voir son Serpentard accorder son attention à d'autres que lui, Harry se mit à délibérer intérieurement sur le fait que d'accepter la précédente offre du blond n'aurait pas été si mal finalement. Après tout, Drago était un fort bel homme qui pouvait sûrement combler chacun de ses désirs et envies. Qu'étaient quelques différences d'opinions et un passé compliqué face à l'attirance qui les liait inévitablement?

Le corps musclé du blond ne s'emboîtait parfaitement qu'avec le sien. Ses mains semblaient avoir été moulées pour s'attacher à ses hanches. Harry mourrait d'envie de retourner contre le Serpentard. De quel droit celui-ci osait aller voir ailleurs après l'avoir mis dans un tel état d'excitation?

Le punch avait ouvert l'esprit du Gryffondor sur des émotions qu'il gardait secrètes au fond de lui-même. Chancelant, le brun fit quelques pas vers son coéquipier, qui s'éloignait rapidement. Et si celui-ci pensait que Harry ne voulait pas de lui en raison de son attirance sexuelle qui lui était inconnue? C'était la seule explication logique qui lui venait en tête.

Le Gryffondor termina d'une longue gorgée son verre avant de décider de régler la situation à sa façon. S'il voulait le Serpentard, il n'y avait qu'une chose à faire.

- « J'aime les hommes! », s'exclama fortement Harry, d'une voix éméchée, en levant son verre vide au ciel et en faisant tourner plusieurs têtes curieuses.

Malheureusement pour lui, le blond avait déjà disparu avec sa conquête.

Harry fit la moue, déçu que sa révélation n'ait pas été entendue par sa Némésis et ne l'ait pas arrêté par la même occasion dans sa démarche sensuelle avec l'homme inconnu. Une vague de jalousie monta en lui. Une pensée brève traversa l'esprit du Gryffondor: son coéquipier allait probablement entreprendre des rapports sexuels avec l'élève qui lui avait empoigné les fesses en sortant de la Grande Salle. Ce n'était pas juste! Il aurait facilement pu être à la place du dit-étudiant.

Le sortant de ses pensées sombres, Blaise arriva derrière celui-à-la-cicatrice-d'éclair en riant aux éclats. Il tenait dans sa main un verre rempli de punch qu'il s'empressa d'offrir au brun.

- « C'est bon à savoir! », fit-il, en référence à la précédente révélation d'Harry, « Aimes-tu aussi l'ingrédient spécial que j'ai ajouté au punch? », demanda-t-il, faisant un clin d'oeil au gryffon, « Je crois que tu mérites et as amplement droit à un autre verre! »

Harry but avidement le contenu du verre, sentant le liquide doré brûler ses entrailles avec une chaleur réconfortante qui ne lui dérangeait plus autant qu'à la première gorgée, loin de là.

Il hoqueta à son insu, l'alcool prenant de plus en plus possession de lui, à un point où il n'était même plus capable d'aligner une idée après une autre. L'alcool lui avait aussi enlevé tout bon sens. Tout ce qui lui passait par la tête était des idées aussi dérangées - qui impliquaient le blond et lui-même dans des situations qui lui donnait chaud - et dénudées de liens précis et logiques.

Il se tourna vers le basané qui avait eu la gentillesse de lui amener un verre du mélange qui réchauffait son coeur - maintenant que son beau blond était parti. Lui au moins avait un coeur. Harry n'avait pas honte de dire que Blaise comptait maintenant parmi ses amis. L'esprit léger et un sourire aux lèvres, le Gryffondor voulu partager ses intimes pensées avec son nouvel ami.

- « Blaise? », dit-il, interpellant le basané qui leva les yeux vers lui, « Savais-tu que moi j'aime beaucoup les serpents? Et sais-tu pourquoi? », demanda le brun devant le Serpentard qui était sur le point de mourir de rire face au comportement ivre du Survivant qui s'approcha de lui pour chuchoter le reste de sa phrase à l'oreille avant de pouffer d'un rire incontrôlable, « Parce qu'ils sont longs, durs et se faufilent dans les trous! »

Blaise laissa un gloussement s'échapper de ses lèvres, tout en secouant sa tête en la penchant par l'avant, complètement hilare et découragé par l'attitude d'un Harry définitivement bourré. Le whiskey qu'il avait versé dans le punch remplissait bien son rôle.

Une musique entraînante se fit entendre. Amusé, le basané se pencha vers Harry, l'aidant à rester debout.

- « Viens-tu danser avec moi comme tu as dansé avec Dray, mon Joli petit cul? », suggéra le Serpentard en haussant les sourcils, espiègle.

En guise de réponse, le brun s'empara du bras de Blaise et le tira sur la piste de danse en courant, bousculant plusieurs personnes sans s'en soucier. Rieur, Harry ne voulait qu'avoir du plaisir.

Le Serpentard et le Gryffondor complètement saoul commencèrent à danser. Harry faisant toutes sortes de mouvements étranges, menaçant à chaque coup de bras ou de sautillement de tomber par terre. Heureusement, il était retenu ou rattrapé à chaque fois par le basané qui riait à en perdre haleine.

Harry se retourna, présentant son derrière à Blaise, incitant celui-ci à le frapper, ce que fit volontiers le Serpentard. Le basané était relativement ravi de l'effet qu'avait l'alcool sur le pauvre brun.

Quelques chansons passèrent, Harry se laissant aller complètement sur la musique. Il avait du plaisir comme jamais, riant aux éclats. Jamais il n'aurait cru autant s'amuser en compagnie de Blaise Zabini, le sentiment étant partagé par celui-ci qui trouvait un malin plaisir à danser avec le Gryffondor.

Le Serpentard regarda les alentours, se demandant pendant un instant où était rendue sa bien-aimée. Il la trouva en train de parler et de danser tranquillement avec quelques filles de leur maison. Satisfait de voir que Pansy semblait avoir du plaisir même sans lui, il retourna au brun qui se frottait contre lui. Ses yeux furent par contre attirés vers une tête blond platine caractéristique.

- « Ah bien! Voilà ton cher serpent d'amour qui ramène ses fesses! », cria-t-il presque pour s'assurer que le brun entende ce qu'il venait dire malgré la forte musique.

Harry, en continuant de danser, suivit des yeux le regard de Blaise. Il tomba immédiatement sur son coéquipier qui revenait sans aucun doute de sa débauche avec l'inconnu, celui-ci plaçant ses cheveux avec ses doigts.

- « Ça tombe bien, j'aimais mieux sentir l'érection de mon Dragon contre mon joli petit cul que toi!», lâcha le brun, en faisant quelques pas instables vers le blond.

Blaise dévisagea le brun, contenant son hilarité.

- « Tu veux dire Drago? », questionna le basané au griffon qui ne lui prêtait plus vraiment attention, celle-ci toute portée sur l'héritier Malefoy.

Harry arrêta de bouger pendant une seconde, son cerveau déchiffrant plus lentement qu'à l'habitude ce que Blaise lui disait en raison de la quantité incalculable d'alcool qu'il avait ingérée. Ses yeux s'illuminant d'un coup, lorsqu'il comprit le commentaire du basané à ses côtés. Un sourire niais s'afficha sur ses lèvres.

- « À plus tard mon chéri d'amoooour! », le salua avec ivresse le Gryffondor.

Harry se devait d'aller rejoindre le blond. Il avait quelque chose d'important à lui dire, même s'il ne se souvenait que vaguement du sujet de son intervention. Avec un équilibre précaire et une démarche loin d'être en ligne droite, le brun finit par rejoindre son coéquipier.

- « Dragooon! », l'interpella-t-il avant de se jeter sur la figure du blond pour rattraper son équilibre douteux.

Drago fixa le Gryffondor avec des yeux écarquillés par la surprise. Il souleva le brun dans ses bras, l'aidant à se remettre sur ses pieds. Il posa ensuite une main protectrice sur son épaule, soudainement soucieux de la santé mentale de son coéquipier.

Ça ne prit au blond qu'une bouffée de l'air qui entourait le brun pour déterminer la raison du comportement étrange de son partenaire de binôme.

- « Est-ce que tu es tombé dans le punch de Blaise, Potter? Tu empestes le whiskey. Et, pour ton information, mon prénom est Drago, pas dragon! », le corrigea Drago, à moitié amusé et à moitié découragé.

- « Non, non, non! Tu ne comprends pas... Tu es comme un dragon parce que tu es trop chaud et tu as une grosse queue... Si tu vois ce que je veux dire! », élabora Harry, en faisant un clin d'oeil à son coéquipier, beaucoup trop ivre pour réfléchir au sens des mots qui s'échappait de sa bouche.

La seule réponse du blond fut un soupir devant son coéquipier qui n'avait clairement plus aucune inhibition. Pourtant, la situation promettait d'être drôle.

Harry se rapprocha du Vert et Argent, un sourire lubrique aux lèvres, se souvenant de leur précédente danse lascive. Il toucha de son index le bout du nez du Serpentard pour attirer son attention. Laissant échapper un petit rire nerveux, Harry laissa tout ce qui lui passait par la tête s'échapper de sa bouche:

- « Mets-toi à genoux, je vais faire un tour de magie. Tu verras, ton serpent va disparaître dans ma bouche dans le temps de le dire! », s'exclama-t-il, sa libido atteignant des sommets divins, dans une tentative vaine de séduire le Serpentard.

Drago papillonna des yeux, la bouche entre-ouverte légèrement. Il ne pensait sincèrement pas que Potter avait ce qu'il fallait pour être si débauché. Les paroles du brun résonnèrent aux oreilles du blond. Celui-ci était presque choqué des répliques salaces de l'autre père de sa fille.

- « Il y a un party dans mes pantalons, tu veux me rejoindre? », s'époumona Harry à Drago, s'étant encore rapproché de lui, « Je suis certain que tu aurais été d'accord tout à l'heure quand je t'allumais comme jamais! »

Le blond ne savait pas s'il devait rire face à la situation ou se prendre la tête entre les mains. À la quantité de phrases inappropriées que lâchait impulsivement le brun, les têtes des élèves autour d'eux se retournaient à la vitesse de l'éclair. Drago pouvait déjà entendre les dizaines de personnes qui les fixaient chuchoter entre eux. Malgré tout, rien ne semblait pouvoir arrêter le Gryffondor dans sa lancée séductrice libidineuse et louche.

Le Serpentard décida alors que ce n'était peut-être pas le meilleur environnement pour son partenaire complètement saoul. Il avait tout de même une réputation à garder - réputation que le brun détruisait lentement à coup de répliques inappropriées. Il se devait d'amener son coéquipier dans un endroit où ils allaient être seuls. Drago prit le brun par la main et commença à se diriger vers la sortie de la Grande Salle, s'arrêtant néanmoins en chemin devant le buffet des boissons.

Harry s'écria de joie voyant son punch bien-aimé. Il s'approcha rapidement et dangereusement du chaudron sans fond, bien décidé à se resservir du bonheur liquide. Drago empoigna toutefois son bras, gardant le brun près de lui, l'empêchant par la même occasion de tomber dans le punch ou de tout simplement se prendre un autre verre.

Harry fit la moue, voyant que Drago contrecarrait ses plans de noyer ses sentiments indomptables dans l'alcool.

- « Je veux encore le punch magique de Blaise, moi! », gémit le Gryffondor, faisant mine d'être sur le point de pleurer.

- « Non, non! Toi, tu n'en prends pas d'autre. Tu n'en as plus du tout besoin! Moi, par contre, si! », répliqua le blond en se servant un verre avant de traîner Harry jusqu'à enfin sortir de la Grande Salle.

Dans son étreinte, Harry se débâtit, cherchant à retourner à la fête. Il se mit à sortir toutes sortes d'excuses plus étrange et obscène les unes que les autres. Le Gryffondor festif essaya même de voler le verre rempli de son coéquipier au point où Drago fut obligé de le boire en une gorgée pour être certain que le brun ne boive pas une seule goutte de plus d'alcool.

S'éloignant impatiemment de la fête, le blond poussa son coéquipier dans une alcôve dans le couloir, un peu exaspéré de pratiquement trimbaler le corps lourd du brun qui riait sans arrêt comme s'il avait perdu la tête. Le Serpentard s'arrêta un instant. Il en avait besoin pour reprendre son souffle un peu. Il lâcha son emprise sur son partenaire de binôme.

Harry s'appuya sur le mur pour ne pas tomber à la renverse, son sourire et ses yeux vitreux illuminant son visage. Il se mit à rire, amusé par le fait qu'il était seul avec le blond. Le brun essaya de se rapprocher encore de Drago, mais rata son coup, tombant encore dans les bras du pauvre Serpentard qui le repoussa immédiatement contre la fenêtre dans l'alcôve.


PDV DRAGO


Je ne pouvais pas véritablement réaliser que mon partenaire de binôme s'était autant saoulé et que j'étais en train de m'occuper de lui, le trimballant comme un sac de patates. Cette situation me rappelait drôlement celle de la fête de Quidditch de Serpentard...

Je réalisai soudainement que l'ivresse du brun aurait peut-être pu être évitée si je n'étais pas allé combler mes désirs charnels avec quelqu'un d'autre. En même temps, je ne pouvais pas mettre tout le blâme sur mon dos. Le punch n'aurait jamais dû être alcoolisé en premier lieu, mais mon meilleur ami avait cru qu'il était de son devoir d'épicer un peu la soirée.

- « Tu réalises qu'on a un bébé ensemble? Un bébé Malefoy, un bébé... bé-bé... T'es comme mon bébé. », plaisanta Potter qui ne savait plus du tout ce qu'il racontait.

Je m'apprêtai à lui répliquer que je n'étais en aucun cas son "bébé", mais je fus coupé par celui-ci.

- « Mais j'aime beaucoup plus notre bébé. Ne le prends pas personnel! Ada est juste trop mignonne et c'est le meilleur bébé de la vie! », Harry regarda au loin, dans le vide, une seconde, ayant perdu le fil de ce qu'il disait, avant de continuer sur sa lancée, ayant eu une nouvelle illumination dont je me serais bien passé, « Par Merlin! Tu réalises qu'Ada va bientôt avoir un an!? Tu réalises? Wooow... »

Je soupirai de découragement. Le brun ivre était quelque chose. Cette fête avait pris une tournure familière - me commémorant la difficulté avec laquelle j'avais traîné le brun jusqu'à nos appartements la dernière fois qu'il était saoul. La fête était terminée pour nous deux. Potter avait déjà assez abusé de la boisson. Il ne savait certainement pas tenir son alcool. Pourtant, malgré le fait que j'étais encore lucide, je savais que j'avais quelques consommations en moi. Ramener le brun à nos appartements allait être une tâche difficile - surtout avec les idioties loin d'être syntaxiquement correctes qu'ils ne pouvaient s'empêcher de dire.

Heureusement, nous étions seuls dans le couloir. Personne ne pouvait entendre le flot de paroles sans fin qui s'échappait de mon coéquipier. Son haleine d'alcool me parvenait à chaque fois qu'il ouvrait la bouche, m'étourdissant presque.

- « C'est vraiment fou qu'Ada va avoir un an dans presque pas beaucoup de temps... Elle grandit tellement vite... », une expression choquée s'afficha soudainement sur son visage, « Mais c'est pas normal! Comment elle fait ça? Comment? ... Oh... Par Merlin, Malefoy, comment elle fait ça? Il ne faut pas qu'elle grandisse trop vite! Elle va vieillir plus rapidement que nous! Si elle vieillit trop vite, elle va mourir avant nous! Elle n'est pas censée vieillir vite! On est censés mourir avant elle! », s'écria le brun en secouant la tête de haut en bas, comme pour affirmer ses propos, « On est censés mourir avant elle, mais pas trop tôt quand même! Il ne faut pas qu'elle n'aille plus de parents parce que sinon... Sinon elle va devenir... Elle va devenir orpheline... Oh non... »

Les épaules de Potter s'affaissèrent. Son regard sembla se perdre dans le couloir vide, ses yeux se remplissant lentement d'eau. Ses lèvres commencèrent à trembler.

En face de moi ne se trouvait plus le célèbre Harry Potter, membre du Trio d'Or de Gryffondor, mais bien un jeune garçon ayant perdu ses parents et qui devait maintenant faire face à des peurs que personne ne devrait avoir à surmonter.

Lorsqu'il tourna son visage vers moi, des larmes commencèrent à couler sur son visage complètement désemparé. Malgré que je pensais que voir mon coéquipier ivre était cocasse, être témoin d'une pareille tristesse peinte sur le visage maintenant abattu de celui-ci me brisait littéralement le coeur. Perdu dans notre routine avec notre propre famille, j'avais enterré au plus profond de ma mémoire le fait que mon coéquipier n'en avait jamais eu.

Je me rapprochai inconsciemment de lui, voyant que son chagrin n'était pas seulement présent à cause de la présence d'alcool en son organisme.

Un sanglot s'échappa de ses lèvres entre-ouvertes, celui-ci résonnant dans l'alcôve où nous étions et, en même temps, me frappant de plein fouet comme un coup de poing dans la poitrine. Mon souffle resta coincé dans mes poumons, alors qu'une vague de compassion m'envahit. Mon coeur battait douloureusement au son des sanglots insoutenables du brun.

Cette face cachée et complètement broyée émotionnellement de Potter que je découvrais maintenant me faisait réaliser à quel point je m'étais stupidement attaché au Survivant durant les derniers mois que nous avions passés ensemble. Je ne l'avais jamais vu aussi brisé par la vie. Comment avais-je fait pour être aussi aveugle à la douleur qu'il traînait derrière lui chaque jour?

Je ne pouvais tout simplement pas supporter de voir ce flot de larmes ruisseler sur les joues de mon coéquipier. Le voir si fragile me donnait presque envie de pleurer avec lui. Je voulais être celui qui allait le réconforter dans ces moments difficiles. Je voulais prendre toute sa tristesse et la faire mienne pour qu'il ne soit plus jamais hanté par son passé douloureux.

Potter tremblait maintenant de la tête aux pieds, son visage étant blanc, ce qui était légèrement alarmant. Il avait ramené ses mains qui tressautaient à son visage, tentant vainement d'essuyer les larmes qui menaçaient de couler sur ses joues avant que je ne puisse les voir.

Je vis l'expression de Potter changer légèrement, comme s'il avait un petit regain de lucidité, ce qui me fit un peu peur. Son tempérament était si changeant avec la boisson que je ne savais pas du tout à quoi m'attendre. Il me surprit à prendre une mince respiration entre deux sanglots avant de repartir sur sa récente lancée.

- « Tu savais Malefoy que je suis moi aussi un orphelin... Et c'est presque drôle, mais savais-tu aussi que mes parents sont morts cette journée-ci, il y a d'ici seize ans? », dit-il en s'exprimant d'un rire abattu comme pour se convaincre que tout allait bien, pendant une seconde, avant de retomber encore plus profondément dans les ténèbres de sa douleur.

J'étais désemparé par la situation. Je n'avais aucune idée de comment réagir face à ces sentiments sombres. Je voulais plus que tout consoler Potter et faire cesser ses larmes. Je m'approchai du Gryffondor pour lui faire savoir que j'étais là pour lui. Ma main se posa sur son épaule avant même que je réalise ce que je faisais. J'attirai sa frêle figure tremblante vers moi. Sans un mot, le brun se cala contre mon torse, se laissant aller à sa profonde peine. Mes bras s'enroulèrent autour de lui, en une étreinte protectrice. Il appuya sa tête contre mon épaule en lâchant un sanglot qui me déchira le coeur.

- « Je... je ne suis même pas capable de me souvenir d'à quoi ils ressemblaient. », m'avoua-t-il, en un murmure lourd.

Ses yeux piteux regardaient partout autour de nous, ne sachant plus où se poser. Il finit par les fermer, laissant les larmes couler librement sur son visage beaucoup trop joli pour être figé dans une telle expression de souffrance.

Je commençai à tracer des cercles sur son dos, tentant de le consoler du mieux que je le pouvais. Sa présence ne me dérangeait plus, je voulais être là pour lui et l'aider à traverser cette épreuve pénible. La vie était si injuste ; pourquoi n'avait-il pas pu vivre une vie normale avec deux parents aimants et présents? Pourquoi cette injustice?

Lorsque je sentis qu'il s'était enfin calmé, je me détachai du brun qui ne semblait plus hanté par les fantômes de son passé.

Celui-ci leva ses yeux rougis sur moi. Nous passâmes quelques secondes à nous regarder, les yeux dans les yeux. Nos prunelles ne cachaient plus aucune barrière à nos sentiments. Il n'y avait plus rien à cacher, plus de jeux stupides entre lui et moi, plus rien à se prouver. Voir à quel point je pouvais apercevoir une douleur horrible dans les deux iris vert émeraude du brun m'empêchait de conserver une froideur vis-à-vis celui-ci, mon regard perdant immédiatement tout type de mur émotionnel.

Tous les masques que j'avais appris à conserver durant des années ne pouvaient tout simplement pas surmonter le torrent de sensations que portaient chaque larme, chaque sanglot, chaque tremblotement et chaque réplique de plus en plus poignante et cinglante de mon coéquipier. Un voile embué commença à brouiller ma vision.

J'étais sur le point de pleurer. Je n'avais pas pleuré depuis des années, mais j'allais pleurer pour Harry Potter.

- « J'ai... J'ai besoin de... », déclara Potter à mi-voix.

Il m'agrippa par le collet de ma chemise, me tirant vers l'avant, vers lui.

Mille et une pensées traversèrent mon esprit, mais seulement une me cria de continuer d'avancer.

Je fermai les yeux, deux larmes que je croyais prisonnières de mes paupières glissèrent lentement sur la peau douce de mes joues, avant de s'écraser sur les lèvres de Potter.

Mon sang ne fit qu'un tour dans mon être en entier, sentant une chaleur ineffaçable sur ma bouche, lorsque je réalisai que j'étais bel et bien en train d'embrasser mon coéquipier. Je répondis à son baiser en instaurant un mouvement de lèvres, qui envoya des frissons jusque dans mes orteils. Une seule pensée prit place dans mon esprit et emplit mon coeur d'une joie qui semblait sans limites: j'embrassais Harry Potter.

Je ne sus pas qui avait franchi les quelques centimètres qui nous séparaient précédemment et franchement, je m'en souciais peu. Les mains du brun vinrent s'accrocher derrière ma nuque, approfondissant notre baiser. J'entourai sa taille de mon étreinte, approchant son corps du mien. J'étais conscient de mon coeur qui battait à tout rompre, résonnant à mes oreilles et faisant écho au sien.

Ses lèvres contre les miennes étaient chaudes et salées, en raison de toutes les larmes qui y étaient mortes plus tôt. Un léger goût de whiskey me parvint, mais rien n'aurait pu gâcher ce moment parfait.

Je ne pensais même plus à respirer, je voulais simplement l'embrasser jusqu'à la fin des temps. Le sentir contre moi, ses lèvres se mouvant à l'infini contre les miennes jusqu'à ce soit délectablement douloureux et délicieusement agréable.

Après un moment qui me parut beaucoup trop court, ses lèvres se séparèrent des miennes, nous laissant tous les deux haletants.

J'appuyai tendrement mon front contre le sien en ouvrant les yeux. Ses prunelles d'émeraude se plongèrent aussitôt dans les miennes d'acier. Un éclat singulier brillait dans celles-ci. Il était si fragilement magnifique avec ses lèvres rouges et gonflées et ses joues colorées de roses. Un sourire candide flottait sur son visage, toute trace de tristesse ayant définitivement disparu. Je ne pus m'empêcher de lui voler un deuxième baiser, beaucoup plus bref que le premier. Il laissa échapper un petit rire, probablement aussi stupéfait que moi de ce qui venait de se passer.

Je n'avais plus aucun doute, mon coeur battait pour le Gryffondor. J'avais toujours été indescriptiblement attiré par le brun à lunettes, tout en ne sachant pas réellement pourquoi.

Son corps parfaitement proportionné, ses cheveux si indomptables, ses yeux colorés d'un vert si pur et ses lèvres d'une douceur qui me faisait sentir comme sur un nuage à chaque fois qu'elles entraient en contact avec les miennes n'étaient pas les seuls aspects qui me séduisaient inexplicablement chez le griffon. Son courage si caractéristique de sa maison, sa loyauté pour ses amis et ses pairs, mais surtout son amour inconditionnel et pur pour notre fille faisaient absolument fondre mon coeur.

Le voir regarder notre fille avec un air si protecteur et naturel m'avait toujours fait quelque chose, mais le voir m'observer, moi, avec un intérêt semblable et désireux à m'en faire perdre toute logique me montait au septième ciel.

Sans me lâcher des yeux, Harry commença à détacher les premiers boutons de sa chemise. Il se défit de mon étreinte en se reculant. Un sourire timide avait pris place sur ses lèvres désirables.

- « Tu viens me rejoindre? », me demanda-t-il, alors qu'il se dirigeait très probablement vers nos appartements.

Lorsqu'il vit que je ne lui répondais pas, il haussa les sourcils, amusé, en se mordillant les lèvres.

- « J'adore ton haleine de menthe, je ne peux pas attendre d'y goûter encore une fois... »

Le rouge me monta aux joues. J'en restai bouche bée, n'ayant pas encore tout à fait réalisé que nous venions d'échanger le baiser le plus magique de mon existence. Loin d'avoir été rempli d'une charge sexuelle puissante, comme j'étais habitué, le baiser entre le Gryffondor avait été tendre et doux, me déstabilisant complètement.

Je le regardais s'éloigner vers nos appartements en titubant, signe de son ivresse. Lorsqu'il jeta sa chemise au sol, sa cravate encore au cou, exposant son torse musclé à l'air froid qui soufflait dans les couloirs de Poudlard, je m'empressai d'accourir à sa suite, prenant son morceau de vêtement au passage, légèrement découragé. Qu'est-ce que j'allais bien faire avec lui?


PDV BLAISE


Avant qu'il n'eût la chance de rejoindre son "Joli Petit Cul", mon meilleur ami remarqua ma présence, mon rire m'ayant trahi. Théo à mes côtés m'envoya un coup de coude particulièrement douloureux dans les côtes, me maudissant d'avoir compromis notre mission d'espionnage 101.

Drago se tourna brusquement vers moi, réalisant que j'avais clairement vu la scène compromettante entre le griffon et lui.

Il me jeta un regard noir, faisant quelques pas en ma direction. Pourtant, lorsque Potter se mit à chantonner exagérément une chanson probablement moldue qui parlait du plaisir fantastique du sexe, en laissant sur son chemin ses souliers, le regard de Drago devint alarmé. Il ne savait plus où donner de la tête.

- « Ferme-la, Zabini, si tu ne veux pas finir castré! », me menaça le blond en criant et en me pointant d'un doigt rempli de reproches du fond du couloir, juste avant de partir à la suite du joli petit cul de Potter, qui courait en zigzag en tentant de se libérer de ses pantalons, chancelant.

Je levai mes bras au ciel, pour témoigner de mon innocence, toujours mort de rire. Theo prit la menace du blond plus au sérieux et essaya de me ramener dans la Grande Salle où la fête battait encore à son plein.


PDV EXTERNE


Dans les appartements d'un certain professeur de Potions, des pleurs résonnaient sans cesse. Le sort qui avait été posé sur les berceaux des dizaines de bébés Flos Vitae avait clairement défailli, au moment où les quelques étudiantes qui lui prêtaient main forte étaient rentrées à leurs dortoirs, comme il était trop tard.

Snape se prit la tête entre les mains, prêt à s'arracher les cheveux sous les cris stridents d'une panoplie d'enfants réclamant son attention. Quelle était cette sorcellerie défaillante?

Il ne souhaitait que de prendre ses jambes à son cou et de s'éloigner le plus possible de tous ces bébés en larmes. Il avait presque envie de jeter un sort de Silencio sur les nombreux enfants sous sa garde, mais comme ils étaient jeunes, cette action pouvait avoir des conséquences sur leur développement. En plus, Dumbledore l'avait spécifiquement averti que rien ne devait arriver aux bébés sinon il pouvait perdre son emploi.

Le professeur ne savait plus où mettre de la tête. Il regarda autour de lui. Dans tous les berceaux, criaient des bébés qui s'étaient tous réveillés les uns après les autres.

Un son différent attira l'attention de Severus. Il tourna tranquillement la tête, légèrement inquiet de ce qu'il allait trouver.

Son regard se posa sur la petite Malefoy-Potter. Celle-ci, contrairement aux autres bambins qui hurlaient et pleuraient à chaudes larmes, riait aux éclats sans aucune réelle raison.

L'instant où le regard du professeur entra en contact avec celui de l'enfant où brillait une lueur qui lui sembla, sur le coup, malicieuse, il sut instantanément qu'il était maudit.

Adélaïde Malefoy-Potter était sans aucun doute beaucoup plus une Potter qu'une Malefoy, il en était certain.


Blabla des Auteures:

(Fred, encore dans son costume sexy de magicienne, envoyant des confettis dans les airs) LE PARTY D'HALLOWEEN EST TERMINÉ! YEAH! ... Ce n'est pas comme si on pensait terminer ce chapitre – qu'on a séparé en beaucoup trop de chapitres - il y a de cela deux ans... Ha... ha... (Sam, en se raclant la gorge) C'est presque drôle... PRESQUE! (Fred, tremblant en raison du niveau élevé de caféine ingérée depuis les trois derniers jours d'écriture intense) Au moins, on a fini! J'entends les couleurs du vent! La drogue, c'est mal, les enfants. (Sam, glissant quelques glaçons dans son chandail pour se rafraîchir) Effectivement chère! Sinon, on s'excuse à la planète pour le réchauffement climatique causé par notre chapitre beaucoup trop hot!

(Sam et Fred, dansant incontrôlablement, s'enroulant sans le faire par exprès dans des lumières de Noël) Merci à tous les lecteurs qui sont là depuis le début et bonjour aux petits nouveaux! Cette fanfiction est notre bébé et on est plus qu'heureuses de la partager avec vous! On espère que vous avez aimé et on va essayer *petit rire malaisé* de publier le prochain chapitre plus rapidement, mais on s'entend qu'écrire 50 000 mots quand on n'a quasiment pas de temps, c'est un exploit! *Sam criant au loin que c'est clairement la faute de Pierre*

Bref, on vous aime les amis et merci pour votre soutien et vos reviews!