Chapitre 10 :

- Que tous ceux aptes à se mouvoir prennent les blessés en charge, il ne faut mieux pas rester là, l'incendie risque de se propager !

Sous les directives de Dwalïn et Balïn, les survivants des Montagnes Bleues s'enfuirent de la mine saccagée, n'ayant nulle part où aller, aucun leader à suivre, ils s'en remirent pleinement aux décisions des nains d'Erebor, qui n'en menait pas large. Combattre, élaborer des stratégies, donner des conseils, ça, ils savaient bien faire, mais prendre la tête d'un peuple désespéré, là, c'était beaucoup moins dans leurs cordes. A ceux qui leur demandaient ce qu'ils allaient devenir, où ils allaient vivre et comment ils allaient soigner les blessés, ils ne savaient pas leur répondre.

- Maître Dwalïn, la nuit va tomber et ces collines sont infestées de gobelins, nous ne devons pas rester là !

Un jeune soldat de la garde que Dwalïn avait sauvé in extremis un peu plus tôt, et qui, depuis, ne le lâchait plus, tentait comme il le pouvait de lui donner des indications utiles. Mais il ne faisait que mettre en rogne le grand nain. Qu'allaient-ils bien pouvoir faire pour s'occuper de la population ? Ils avaient réussi à en sauver une très grande partie, malheureusement, tous les nains survivants comptaient au moins un de leurs proches dans les victimes de l'attaque, mais, au final, le bilan n'était pas si catastrophique, même les nains de l'armée de Foster n'avaient pas tous été éradiqués et se trouvaient maintenant parmi les survivants, aux côtés de leur famille, ou à donner des soins aux blessés. Les nains d'Erebor avaient beau se concerter, ils ne connaissaient pas suffisamment bien la région pour savoir où s'installer en attendant de trouver une décision. Ils avaient fait au moins dix fois le tour de tous les survivants dans l'espoir de trouver leur prince, mais ils ont eu l'affreuse confirmation qu'il ne comptait pas parmi les vivants. Ni lui, ni son jeune neveu. Ni même Fili qui, même si Balïn ne le connaissait pas, aurait été la personne idéale pour reprendre les rênes de la population de Nogrod.

- Bon, petit, sais tu où nous pourrions nous rendre cette nuit ? Un lieu sûr qui pourrait accueillir toute la population ?
- heu…

Non, le jeune nain n'en avait aucune idée.

- De l'autre côté de cette montagne, il y'a l'ancienne ville naine de Belegost, aujourd'hui inhabitée, ni par les nains, ni par des créatures plus sombres. Mon peuple y sera à l'abri le temps que nous trouvions une solution.

Lorsque Dwalïn se tourna pour faire face à la naine qui venait de lui parler, il fut surprit de se trouver face à Dis en personne, un air farouche sur le visage, les vêtements et la peau brulés par endroit, mais bien déterminée à s'occuper du peuple de son mari, après tout, c'était elle qui était la plus désignée pour cela actuellement. Ce fut un soulagement pour les nains d'Erebor de se décharger ainsi. Ils vinrent en aide à la petite-fille de leur roi pour organiser le rapatriement vers la ville de Belegost. Tout apriori ou rancune mis de côté: la situation ne permettait même pas que l'on regarde en arrière pour savoir si, oui ou non Dis méritait de prendre la place de leader. Et, une fois qu'ils en auraient finit avec la population de Nogrod, les neuf nains de la compagnie de Thorin retourneraient à Erebor, aucun cadavre de gobelins, d'orque ou de troll n'avait été aperçu, cela ne voulait dire qu'une seule chose : le royaume de la Montagne Solitaire était toujours menacé.

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L'Aube allait bientôt se lever, Fili grogna et mordit son oreiller plus encore, serrant à s'en briser la mâchoire. Il avait tellement mal. Allongé sur le ventre, il n'arrivait pas à empêcher son corps de trembler de douleur. Penché sur son omoplate, Thorin venait de planter une ultime aiguille dans sa chair, pour un dernier point. Le dernier d'un nombre incalculable de points de suture, de bandages, d'onguents ou d'emplâtres que Thorin avait posé sur sa peau sitôt que le fier blond se soit écroulé à ses pieds, quelques heures plus tôt, alors que son corps ne le portait plus.

Thorin rapprocha les bords de la plaie et fit son nœud, s'appliquant à être le plus soigné possible afin d'être sûr qu'aucune cicatrice ne vienne lui rappeler ces moments terribles. Il prit ensuite un linge imbibé d'alcool et regarda son neveu qui tremblait.

- C'est la dernière fois Fili.
- Faites vite.

D'une main ferme, il plaqua la nuque du blond contre le matelas, posa son genoux sur son dos, s'assurant qu'il ne se débattra pas, puis, sans prévenir, il appliqua la compresse sur la plaie. Le corps de Fili s'arqua immédiatement et, sans la main qui le maintenait, il aurait surement sauté au plafond. Pas un son ne sortit de ses lèvres closes, seul un gémissement, une plainte de douleur, se coinça dans sa gorge. Il avait bien trop crié pour Foster, il ne voulait plus laisser qui que ce soit l'entendre hurler à nouveau, plus jamais. Et surtout pas Thorin.

- C'est fini, tu peux te reposer maintenant, nous partirons pour Erebor une fois que vous serez sur pied.

Mais Fili ne l'avais pas attendu, il s'était évanoui sitôt la pression retombée et il dormait maintenant d'un sommeil sans rêve. Son oncle avait eu besoin de la nuit entière pour soigner toutes ses plaies et, malgré le soporifique qu'il lui avait injecté, la douleur l'avait empêché de s'endormir totalement.

Le grand prince regarda un instant le corps découvert de celui qui se refusait à être son neveu, puis, sans vraiment y réfléchir, il se pencha en avant pour déposer un doux baiser sur son épaule tandis que sa main vola à la peau nue une caresse légère. Il se redressa ensuite en se demandant s'il était raisonnable de sa part de s'attacher ainsi à ses deux neveux inconnus, instables et dangereux par leur éducation guerrière et tactique qui, à deux, Thorin n'en doutait pas tellement c'était flagrant, avaient le pouvoir, des mots et des armes, de renverser le gouvernement d'Erebor.

Thorin nettoya délicatement le corps trempé de sueur et de sang puis l'installa dans son lit. Il était impressionné par la force de volonté de Fili et était ravi de constater qu'il était aussi juste et loyal que son frère, si ça n'avait pas été le cas, Erebor aurait eu à s'inquiéter d'un ennemi bien plus redoutable que Foster et Azog réunis.

Fili resta inconscient durant deux jours. Kili, quant à lui, se réveilla en pleine forme en fin de matinée le lendemain et demanda immédiatement à voir son frère. Il chassa Thorin qui était occupé à changer les bandages pour s'occuper de Fili à sa place. Il connaissait suffisamment bien son frère pour savoir qu'il était malavisé de lui donner une occasion de se sentir plus encore redevable à Thorin. Car cela ne permettrait pas d'améliorer la relation des deux princes, au contraire, elle risquait de se détériorer considérablement.

Thorin se trouva donc désœuvré à tourner en rond le ventre serré et les yeux rivés vers l'Est, vers Erebor, s'attendant à tout moment à entendre la clameur d'un carnage incommensurable s'en élever malgré la distance qui les séparait encore.

Nerveusement, le grand prince bourra sa pipe mais fut incapable de l'allumer, trop tendu pour y songer. Il était assis face au feu de la salle principale de l'auberge, les yeux plongés dans les flammes vacillantes, l'esprit obnubilé par ces langues voraces qui dévoraient les bûches, rappelant le feu du dragon. Dans la matinée, il s'était rendu dans une petite fermette occupée par ces doux gens qui peuplent la Comté, le pays qui s'étendait entre les Montagnes Bleues et les Monts Brumeux, pour y acheter trois robustes poneys et maintenant, il attendait, la crainte au ventre, que Fili soit remis sur pied.

Kili ne tarda pas à redescendre, ou plutôt, à débouler dans l'escalier, les yeux noirs, embrasés par une colère sauvage. Dans sa fureur, il ne prit pas garde à la femme de l'aubergiste, tavernière plutôt aimable dans son genre, quoiqu'un peu rude sur les bords, qui grimpait l'escalier les bras emplies de draps et que le jeune nain bouscula légèrement.

- Holà, garçon ! T'es petit mais pas invisible, tu pourrais t'excuser !

Elle continua ensuite son ascension sans se soucier du nain, bien trop occupée à gérer le fragile équilibre de sa pile de linge. Elle ne vit donc pas l'aiguille luisante de poison qui brilla un instant dans la paume du maître assassin, ni l'intervention de Thorin qui lui sauva la vie en bloquant l'attaque de Kili.

- Lâche moi, Thorin !
- Kili, mais qu'est-ce qu'il te prend, par Mahal ? Tu ne comptais tout de même pas t'en prendre à cette femme pour quelque chose de si anodin ? Elle ne t'a même pas insulté !

Thorïn, conscient qu'ils gagneraient à ne pas attirer l'occasion sur eux, avait répondit au murmure impétueux de Kili sur le même ton, chuchotant lui même en Khudzul au cas où leur conversation serait surprise.

- Ne me fais pas la morale ! Si je suis en vie aujourd'hui, c'est parce que j'ai toujours su frapper le premier !
- Calme toi ! Je veux bien croire que ce genre de réaction t'a sauvé la mise lorsque tu vivais dans les Montagnes Bleues ou quand tu… Travaillais pour Foster… Mais, Mahal, Kili, il faut que tu fasses la part des choses ! Tu ne gagneras jamais aucun respect en prenant la vie de qui que ce soit, quand bien même ce serait pour défendre la tienne !

Thorïn se mordit la langue lorsqu'il constata que la fureur contenue dans les yeux du plus petit se tenta légèrement d'amertume, puis de tristesse avant que ce dernier ne baisse piteusement le museau.

- Un de plus ou de moins, de toute manière… Mon… Géniteur s'est arrangé pour que je ne sois jamais respectable.
- Tu l'es, Kili, bien plus que tu ne le penses et bien trop pour que Foster puisse gommer ça !

A l'évocation de son père, Kili releva la tête et son regard était violent tellement il brillait de rage, ses pupilles dilatées par la fureur liquide qui semblait y couler, tellement que Thorin lui-même en fut intimidé. Le jeune Kili habituellement si réservé semblait porter en lui une colère jusqu'à là insoupçonnée et réveillée par les derniers événements.

- Ce chien…

Le jeune assassin tremblait tellement la colère qui coulait en lui était intense et Thorïn eut le mauvais reflexe de poser sa main sur son épaule, le faisant exploser :

- Toi, ne me touche pas ! Comment peux-tu te montrer si implacable ? Si réservé ? Tu as tout vu ! Tu as passé la nuit à le soigner ! N'as tu rien ressenti ? Tu sais maintenant ce qu'il a enduré, mais tu trouves que ça n'a pas suffit ! Tu as l'intention de le laisser venir à Erebor alors que tu sais très bien ce qui l'attend ! Il ne pourra même pas franchir la porte de ta si belle Montagne, il se fera lyncher avant ! Et tu le sais !
- Pas s'il prouve qu'il vient en allié ! Et je serai là, personne ne s'en prendra à lui, je te le promets !
- Mais ne te rends tu pas compte qu'il est trop tard pour promettre ce genre de chose ?! Tu ne peux plus rien pour lui ! Toi, tu n'es témoin que des marques qui ornent son corps, alors que… moi… Je… Il… Il a changé… Malgré les airs qu'il se donne, je sens que quelque chose est mort au fond de lui… Il n'est plus comme avant…

Thorin tenta une nouvelle fois de poser sa main sur l'épaule de son neveu, prêt à accuser le coup s'il réagissait aussi violement que la première fois, mais, au contraire, Kili sembla soudainement abattu et se laissa tomber contre l'épaule de son oncle qui lui offrit son réconfort en l'enlaçant doucement.

- J'ai peur, Thorin, je pensais que cette peur disparaitrait lorsque je l'aurai retrouvé, mais, maintenant qu'il est avec nous, j'ai tellement peur de l'avoir perdu d'une manière bien plus odieuse… J'aurais aimé que tu le connaisses tel qu'il était avant… Tel qu'il est habituellement… Je ne l'ai pas reconnu dans les propos qu'il a tenus hier.

- Ton frère est fort, il saura surmonter ça, il a déjà commencé en prenant la décision de braver Foster. Si nous arrivons à Erebor avant l'armée orque, les plans de ton père tomberont à l'eau et Fili le sait. Il va montrer à son bourreau que, loin de l'avoir assagi, il n'a fait que décupler sa colère et sa détermination.
- Je l'espère, de tout mon cœur. Mais la colère de Fili n'est pas la seule qui a été réveillée, la mienne aussi gronde à présent… Il y a encore quelques jours, je me foutais de ce que pouvait advenir de ce nain, mais ce n'est plus le cas maintenant que j'ai vu ce qu'il a fait à mon grand frère.
- Il en va de même pour moi, crois-moi. Même si elle se fait plus discrète, ma rage porte la même intensité.
- Je n'ai jamais pris de plaisir à tuer, mais je sais que, pour lui, je ferai une exception…

Kili s'extirpa soudainement de l'étreinte de son ongle et le regarda dans les yeux, un nouveau feu dansant dans les siens :

- S'il te plaît, Thorin, apprend moi quelques bottes qui sauront le surprendre ! Je doute qu'il se soit laissé piéger par le feu du dragon et je pense que nous ne tarderont pas à le rencontrer, il doit suivre le sillage de cette armée maudite tels les corbeaux qui suivent nos troupes, alléchés par l'idée de festoyer des restes du combat.

Thorin le regarda avec une lueur surprise dans le regard, puis laissa un sourire fleurir sur ses lèvres, heureux d'avoir là un bon moyen d'attendre le réveil du nain blond. Il traina son neveu dans la courre qui appartenait à l'auberge, à l'extérieur et ils se mirent en garde. Ils commencèrent à s'échauffer en échangeant des passes à mains nues et Kili n'eut même pas à faire des efforts pour suivre le rythme de Thorin qui s'amusa à enchainer les mouvements subtils pour voir jusqu'où l'entrainement de Kili avait été poussé.
Il savait déjà, pour avoir croisé le fer avec et failli y perdre la vie, que son neveu était fine lame, guerrier agile dont les gestes étaient pétris de dextérité et d'expérience. Il voulait maintenant voir à quel point Foster avait éduqué l'assassin dans les arts subtils du combat.
Il fut heureux de constater que le brun faisait honneur à son titre de maître en la matière, jusqu'à ce qu'il décide d'ajouter à ses bottes quelques feintes cruelles par leur fourberie. Kili toucha le sol dès la première, mettant en évidence la présence des lacunes soupçonnées par Thorin. Kili se releva sombrement, son oncle ne lui fit pas l'affront de lui proposer son aide et ils sortirent leurs armes sans même prendre la peine de les enrober dans une protection quelconque.

Et Thorin attaqua en enchainant les attaques, sans pitié.

Kili, avant de chercher à se défendre, décida de passer à l'offensive et de se jouer des frappes de Thorin, comme il savait si bien le faire. Il ne plaça qu'un seul coup. Son oncle apprenait vite et il avait déjà été confronté à ce mouvement lorsqu'ils s'étaient battus pour l'Arkenstone. Il le déjoua facilement et désarma le plus jeune sans ménagement, déclarant tacitement qu'il ne souhaitait pas le voir combattre de cette manière. Kili eut immédiatement le reflexe de tendre son corps, s'attendant à ce que son adversaire termine son geste en le jetant à terre pour mettre son échec en évidence. Il décrispa les poings lorsqu'il se rendit compte que Thorin se contenta d'attendre qu'il ramasse sa lame échouée au sol sans faire le moindre commentaire sur sa faiblesse.
Il récupéra donc son arme et repris immédiatement le combat, du moins, le voulut. Le prince d'Erebor l'arrêta au bout de trois échanges en rangeant son épée, la mine consternée. Kili, qui pensa que le plus vieux s'arrêtait là pour une raison évidente, fut profondément frustré.

- Thorin… S'il te plait, je vais apprendre, ne t'arrête pas sur une déception… Je saurai me montrer à la hauteur !
- De quoi parles-tu ? L'échauffement est à peine terminé, comment pourrais-tu me décevoir alors que je ne faisais qu'étudier ta manière de combattre ? Ce n'est pas parce que je te mets à terre ou bien parce que je te désarme que tu dois te sentir si… désolé.

Kili fronça les sourcils. Il était déjà en nage et pensait que c'était le cas de Thorin, mais, apparemment, celui-ci n'avait même pas commencé les choses sérieuses. Le prince avait tout simplement très bien senti que Kili était terrorisé par la défaite ou par l'idée de le désillusionner sur ses capacités, tout comme il savait que s'il faisait mine de retenir ses coups, le plus jeune allait le sentir. Il décida donc de passer d'une détente plutôt « pratique » à un entrainement laborieux. Montrant et expliquant à son neveu quelques passes qui pourraient lui sauver la vie et maudissant intérieurement Foster d'avoir été si négligent : Kili n'avait, en réalité, jamais appris à se défendre correctement, seulement à attaquer vite et bien pour ne pas avoir le temps d'être submergé par son ou ses adversaires.

Ils travaillèrent ainsi toute l'après midi, s'offrant quelques pauses durant lesquelles l'aubergiste en profitait pour leur proposer bières et rafraichissements qu'il ne manquait surtout pas de mettre sur leur note. Lorsqu'advint le soir et que la faible luminosité fut un bon prétexte pour Kili de fuir cet entrainement éreintant mais bienvenu, il se rendit auprès de son frère tandis que Thorin alla s'enquérir des dernières nouvelles concernant les survivants du peuple d'Ered Luïn. On lui assura que le peu d'âme qui était sortie de cet enfer avait trouvé refuge à Belegost, la deuxième ville des Montagnes Bleues qui fut désertée il y a fort longtemps par les nains qui lui préférèrent Khazad-dum. Rassuré, il commanda un repas pour deux. Il était conscient que ce ne sera pas ce soir que le nain blond ouvrira les yeux ou bien trouvera la force d'avaler quoique ce soit et il attendit Kili en fumant doucement, espérant de tout son cœur que ses compagnons fassent partis des survivants.

Le lendemain matin, aux aurores, ils étaient tous les deux dans la courre sans s'être donné le moindre rendez-vous. Thorin décida de mettre en pratique ce qu'ils avaient travaillé la veille dans un combat amical et fut ravi de constater que Kili commençait facilement à maîtriser ce sur quoi ils avaient passé tant de temps.
Mais le plus vieux continuait de déplorer cette terreur que cherchait à juguler le plus jeune dès que Thorin prenait le dessus, dès que, suite à un mouvement plus complexe que Kili ne parvenait pas encore à parer ou esquiver, ce dernier se retrouvait à terre ou bien voyait sa peau s'ouvrir sur une nouvelle balafre, plus ou moins impressionnante. Terreur qui illustrait de manière éloquente la raison pour laquelle il était si doué : apparemment, Foster ne lui avait pas pardonné la moindre erreur, le moindre signe de faiblesse, que le plus jeune avait sûrement dû payer très cher.

Thorin s'appliqua donc à être le plus doux et le plus patient possible pour que le corps de Kili cesse de le considérer comme un ennemi et comme un danger. Il ne manqua pas non plus de lui offrir des éloges ou un regard impressionné à chaque fois que son neveu le surprenait. La matinée fila donc rapidement, car les combattants prirent plaisirs à se vider la tête en mêlant leurs armes sans conséquence en jeu.

A l'intérieur de l'auberge, accoudé au balcon de sa fenêtre, Fili observait le combat. Il s'était réveillé un peu plus tôt et l'écho du fracas des lames lui était parvenu alors qu'il cherchait désespérément à situer l'endroit où il se trouvait. Il serra les lèvres et retint son souffle lorsque Thorïn succéda une botte simple d'un enchainement complexe. Le blond remarqua sans peine la légère inclinaison que le grand nain infligea soudainement à sa lame lorsque ce dernier compris que Kili n'allait pas réussir à l'esquiver. L'action permit au jeune brun de parer puis de reprendre de plus belle, avec une confiance et une sérénité que Fili ne lui connaissait pas.
Le plus vieux para ensuite l'attaque de Kili avec une facilité déconcertante qui bluffa l'héritier de Nogrod. Soudain attentif, Fili cessa d'observer le combat pour étudier le jeu de Thorin et comprit soudainement que Kili n'était pas censé avoir survécu à la mission que lui avait confié son père en tout cas, pas sans piétiner le peu d'honneur qui lui restait.

Le blond n'avait aucune idée sur ce qu'il s'était passé à Erebor, sur ce qu'avait vécu Kili depuis qu'il l'avait quitté il y a plusieurs mois. Il ne savait même pas de quelle manière le plus jeune avait rencontré Thorin, s'il avait été arrêté ou bien s'il avait réussi à contacter Balïn qui l'avait fait entrer dans les bonnes grâces du prince.

Malgré cette ignorance, il devait bien avouer qu'un lien s'était noué entre son petit frère et son oncle. Quelque chose qui, à première vue, semblait assez fragile compte tenu de la manière dont Kili se défiait du grand nain en rechignant à lui accorder sa confiance. Mais Fili n'était pas dupe, il connaissait assez le jeune brun pour sentir que quelque chose en Thorin l'apaisait et lui donnait une certaine force, une certaine estime de soi. Ce que Fili s'était désespéré de voir un jour dans le regard de l'enfant dont Foster avait pris un plaisir fou à écraser la personnalité.

Soudain las de se sentir si impuissant par apport aux derniers événements, Fili se détourna du combat. Il sentait que Kili lui échappait peu à peu, mais il l'aimait trop pour avoir envie de le retenir et pour se dresser entre lui et Thorin, s'il en avait la force. Il changea lui-même ses bandages rapidement, étudiant l'état de son corps, heureux de constater que les onguents qui le parsemaient faisaient déjà leur effet et que la douleur avait été chassée par les calmants. Il se rhabilla, rassembla le peu d'affaires que lui et Kili possédaient puis descendit. Lorsqu'elle le vit, la tavernière qui était occupé à préparer les tables pour le déjeuner lui proposa immédiatement un repas léger qu'il ne refusa pas. Il profita de l'occasion pour retarder encore un peu le moment où il devra se confronter à son oncle malgré son envie lancinante d'aller parler à son petit frère, comme ils ne l'avaient pas fait depuis si longtemps.

Dès qu'il eut fini son assiette, il se leva et se dirigea vers la porte arrière. Le combat cessa au moment où il apparut dans la courre et il n'eut que le temps d'ouvrir les bras pour enlacer Kili qui s'était jeté sur lui. Il affirma qu'il allait bien et leur proposa de reprendre la route sans tarder, ce à quoi Thorïn consentit sans rechigner. Il aurait voulu retarder le départ pour prendre le temps d'ausculter le premier héritier de Foster, mais il savait que la chose n'était même pas pensable. Ils se mirent donc à poney et prirent la direction d'Erebor à vive allure, prêts à avaler les miles qui les séparaient de la Montagne Solitaire et qu'ils couvriraient, au mieux, en quelques jours.

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D'abord, ce fut le silence, puis, alors qu'ils avançaient à l'intérieur de la cité, ensemble, se tenant droit et digne, leur passage déclenchait les murmures étonnés, choqués, haineux ou curieux. Murmures qui se muèrent en brouhaha à mesure qu'ils approchaient de la salle du trône, là où Thror les attendait. Quelques insultes furent lancées, notamment à l'encontre de Fili, surtout à l'encontre de Fili, mais Kili avait aussi droit à sa part. Et les nains parlaient maintenant suffisamment fort pour que les termes « lignée indigne », « descendants pourris » ou « les crimes de Foster doivent être venger » atteignent régulièrement les oreilles des trois nains, qui restaient stoïques, serraient les dents et continuaient d'avancer.

Kili savait qu'ils n'auraient pas du revenir et encore moins avec son frère. Il savait que si Thorin n'avait pas été avec eux, à cet instant précis, ils se seraient fait lyncher par les nains d'Erebor. La colère qui ressortait de la foule était palpable, parce que, après tout, ils étaient les enfants de celui qui avait fait du royaume un enfer. Ils étaient les fils de Foster qui avait déchiré Erebor par une guerre civile, qui était responsable de la mort et de l'exil de nombreux nains, détruisant plusieurs familles et qui, surtout, venait de lancer une effroyable armée piller Erebor.

Non, Kili et Fili n'étaient pas les bienvenus, que Thorin soit à leurs côtés ne permettait pas à la population de les accepter parmi elle et ne l'empêchait pas de les haïr. La présence du grand prince toutefois jugulait les ardeurs de la foule, qui n'osait pas montrer trop ouvertement sa rancune et sa soif de vengeance envers ces deux descendants immondes, qui n'auraient jamais dû voir le jour.

Thorin aurait mille fois préféré une autre entrée, beaucoup plus discrète, beaucoup moins tendue, en tout cas, pas ainsi. Mais les heures était comptées, ils avaient mis plus de temps que prévu pour arriver à Erebor, notamment dû à quelques coups de gueule de la part de ses neveux, aussi bien Fili que Kili, des fois les deux en même temps, pour la même raison ou pas.

Les quelques jours de voyages avaient permis à Thorin de se découvrir des limites de patience qu'il ne se soupçonnait même pas.

Kili avait beau être facile à vivre, du moins, comparé à son frère, il ne comprenait toujours pas que Thorin lui avait fait la promesse de veiller sur eux et était persuadé qu'une fois à Erebor, le prince les abandonnera pour s'occuper de l'armée. Il passait donc à des phases de béatitude bienheureuse où la présence de son oncle et de son frère le rendait heureux et le remplissait d'espoir pour la suite des événements, à des passages ténébreux, où l'image de Fili en sang, prêt à mourir au pied du trône lui hantait l'esprit et où il se rappelait que Thorin n'était pas leur propriété, que lui aussi avait une fonction de prince guerrier et qu'il n'allait sûrement pas faire passer ses deux déchets de neveux avant son royaume. Dans ces moments là, Kili était très irascible et un sang foncé, presque noir semblait couler dans ses veines. Thorin ne saurait dire si le poison réagissait selon son humeur, ou bien si ce n'était pas la douleur générée lorsqu'il agissait qui avait un impact sur son caractère. En tout cas, quoi qu'il arrive, mieux valait éviter de contrarier Kili dans ces cas là. Il avait tendance à dégainer assez rapidement et seule l'intervention de Thorin avait sauvé de la mort les quelques personnes qui avaient croisé leur chemin et qui avaient osés poser leur yeux sur le jeune brun ou bien sur son frère, avec ou sans arrière pensées, sans parler de ceux qui s'étaient permis des commentaires.

Mais Kili n'était pas le pire : Fili était une véritable bombe à retardement dans les mains de Thorin. Le grand prince se trouvait constamment sur le fil du rasoir avec lui. Plus d'une fois il avait tenté de tuer son oncle, ou voulu partir avec son jeune frère, qui, selon son humeur, tentait de raisonner les deux, sinon prenait partie soit de Fili, soit de Thorin, ou alors utilisait ses aiguilles paralysantes contre les deux et boudait pendant que le poison agissait, laissant le prince d'Ered Luin et le prince d'Erebor au sol s'échanger des regards meurtriers. Le pire, c'était lorsque les deux princes de Norgrod se liguaient contre leur oncle: face à leur esprit tourmentés et en colère, Thorin ne savait pas toujours comment réagir, et préférait attendre que ça passe. Lorsque ses deux neveux le quittaient pour aller voir ailleurs, pour retourner en Ered luìn ou pour s'en aller, tout simplement, ce qui était arrivé une paire de fois, il ne savait jamais s'il devait rester où il était ou bien les suivre, il ne voulait pas les étouffer ni leur imposer sa présence, mais les laisser seuls était hors de question.

Et, dans ces cas là, les deux jeunes nains, après plusieurs heures de fugue, avaient toujours finit par revenir vers lui, sans un mot, pour l'accompagner vers la Montagne Solitaire.

Puis ils sont arrivés à l'ombre de la mine, ils ont traversés les défenses naines et ils se sont trouvés face à la foule alertée du retour du prince ainsi que de l'arrivée des deux aberrations que Dis avait mis au monde.

Arrivé devant Thror, l'héritier d'Ered Luìn se força à courber rapidement l'échine, parlant pour lui et son frère lorsqu'il annonça qu'ils se battront au côté des nains de la Montagne Solitaire et qu'il donna les plans et tactiques de Foster sans compromis. Le roi d'Erebor consentit à accepter la présence du prince blond, parce qu'il avait donné sa parole à Thorin. Cependant, il ne cacha pas sa reluctance à rendre sa politesse à Fili et le congédia dès qu'il le put, demandant à Thorin d'enfermer les fils de Foster dans des luxueux appartements inoccupés. Des appartements desquels on ne pouvait sortir si les portes étaient scellées, une nouvelle cage.

Le grand prince d'Erebor préféra emmener les deux frères dans sa propre aile privée qu'il ferma à clef, laissant un double dans les mains de Fili, s'assurant ainsi que si ses neveux le désiraient, ils pouvaient partir, mais au moins, personne ne viendra les déranger.

Kili et Fili étaient maintenant seuls tous les deux dans une spacieuse chambre qui jouxtait celle de Thorin. Leur oncle avait bel et bien endossé son rôle de prince guerrier, général des armées et était actuellement avec son père et son grand-père occupé à remanier les défenses d'Erebor, avec dans l'idée de préparer une petite surprise pour l'armée des orques.

- Il faut qu'on parte Kili, nous n'avons pas notre place ici.
- Je sais, mais pour aller où ? Partout où nous irons, nous seront considérés comme les descendants pourris de quelqu'un, que ce soit de Thror ou de Foster.
- Et alors ? On n'est pas obligé de leur dire, on pourrait se débrouiller, vivre simplement, trouver un métier !
- Tu parles d'une vie ! On est sous doué à la forge, le raffinage, l'orfèvrerie et en tout ce qui fait la particularité des nains, on n'a jamais appris à vivre par nous même, tout ce que moi je sais faire, c'est tuer, et toi, c'est diriger un peuple, comment veux-tu que l'on vive simplement avec ça ?
- Ce sera sûrement mieux que de vivre ici. Franchement Kili, je ne comprends pas ce que l'on fait là, tu sais aussi bien que moi que ton oncle ne nous est d'aucune utilité. Nous devrions retourner dans les Montagnes Bleues et diriger les nains qui ont survécu, ma place est auprès d'eux !
- Attend Fili, je te promets que Thorin ne nous veut que du bien, tu devrais lui laisser une chance.
- Et toi tu lui fais bien trop confiance ! Thorin est un prince ennemi, c'est tout. Il en met peut être plein les yeux quand il combat, mais je doute franchement qu'il soit aussi aimable qu'il ne le clame. Il finira par nous faire du mal.

C'était la première fois que les deux frères n'étaient pas d'accord sur un sujet et cela les mettait très mal à l'aise. Pour la première fois de leur vie, pendant quelques jours, ils avaient pu se reposer sur une troisième personne, une personne qui leur était étrangère de surcroît, et qui prenait de plus en plus de place dans leur duo fusionnel.

Kili avait de moins en moins de mal à se confier à Thorin, pourtant, il ne s'était pas éloigné le moins du monde de son frère, mais Fili ressentait tout de même la bonne entente entre son oncle et le jeune brun comme une trahison de la part de Kili, et un vol de la part de Thorin. Et, bien sûr, le seul sûr qui le blond faisait par de son mécontentement était le prince d'Erebor.

- Tu fais quoi ?

Fili était occupé à refaire le sac qu'il venait de défaire.

- On s'en va, personne ne veut de nous ici, c'est flagrant que si ton oncle n'avait pas été avec nous tout à l'heure, on se serait fait trucider. Tu as vu toi même l'attitude et le regard de Thror, nous ne sommes ni les bienvenus, ni en sécurité. Nous avons permis à Thorin de prévenir son peuple tout en honorant la promesse qu'il t'a faite. Maintenant, nous ne lui devons plus rien et lui ne peut plus rien pour nous.

Avec un haussement d'épaule, Kili, prit son bagage, il s'en foutait de l'endroit où il était, tout ce qu'il voulait c'était être avec son frère, si celui-ci voulait retourner aux Montagnes Bleues, il l'y accompagnerait. Pourtant, au fond de lui, il sentit son cœur se déchirer à l'idée qu'il ne reverrait peut être plus Thorin. Cet oncle qu'il ne connaissait que depuis plusieurs semaines et à qui il devait énormément de choses. Cet oncle qui était rapidement devenu une figure de confort, de sécurité et d'affection. Mais, après tout, ils ne lui étaient d'aucun service ici, le prince d'Erebor avait autre chose à faire que de jouer les baby-sitters auprès des deux princes indésirés.

Ils prirent donc la direction de la sortie, récoltants quelques regards ou commentaires désagréables de la part des rares nains qu'ils croisaient. Des soldats principalement, car toute la population civile d'Erebor était partie se réfugier à l'extérieur de la mine, menée par le père de Thorin, les couloirs étaient donc vidés.

Les deux frères quittaient l'aile royale lorsqu'une monstrueuse secousse ébranla toute la montagne, les envoyant au sol.

L'armée orque venait de percer les fondations d'Erebor et elle pénétrait dans le royaume telle une vague déferlante.

Plusieurs étages plus bas, tendu comme un arc, dissimulé avec tous ses soldats silencieux contres les gros piliers de pierre, Thorin observait les gobelins des premières lignes s'avancer silencieusement dans les caves.

Ils attendirent que le gros des troupes soit passé sans les remarquer, s'assurant de les prendre par surprise et de leur couper la retraite.

Puis les cors nains vibrèrent majestueusement, leurs échos se répercutèrent avec puissance sur les murs, effrayant les ennemis pris au dépourvu, boostant les soldats, et ils attaquèrent, soudainement, violement, avec rage. Le prince d'Erebor et la garde royale firent énormément de dégâts en très peu de temps, telle une meute de loup lâchée dans une bergerie, les gobelins pris au pièges n'eurent aucune chance et furent massacrés avant même qu'ils ne puissent comprendre ce qui leur arrivait. La suite devint un tourbillon de coup de haches, de boucliers, des cris aigus des gobelins, des râles des orques, et encore et toujours des coups, de cimeterres, d'épées ou de hache. La bataille pour Erebor était commencée, et elle ne cessera qu'à l'éradication total de l'une des deux armées. C'était de la violence à l'état brute : les lames s'entrechoquaient, les corps mutilés tombaient par dizaines, et le sol fut bientôt un amas de chair et se sang, le noir des orques s'ajoutant au rouge des nains sans se mélanger.

L'effet de surprise passa rapidement, les orques arrivaient par flots, empruntant d'autres passages, prenant les nains à revers. Bientôt les trolls arrivèrent et déchainèrent leur violence dans les lignes des soldats d'Erebor, écrasant et piétinant les nains en avant garde. Thorin se rendit compte que s'ils n'abandonnaient pas les caves immédiatement, ils seraient submergés. Il fit sonner la retraite, et, tandis que les guerriers fuyaient vers les étages supérieur pour y continuer la bataille, des troupes de Thorin, postées dans l'ombre, déversèrent de l'étoupe sur le sol, qu'ils embrasèrent, retardant suffisamment l'armée orque pour que Thorin puisse réorganiser la défense. Menant la bataille sur un terrain plus découvert, cédant les étages inférieurs pour protéger les supérieurs.

Mais Azog avait déjà prévu la parade, et envoya ses gobelins saboteurs creuser les étages supérieurs, prendre l'armée naine à revers, se déverser partout dans la cité, menant le combat sur énormément de fronts différents en fragmentant l'armée naine et en coinçant Thorin et sa garde proche dans les étages inférieurs.

De son côté, Foster trouva un passage détourné, et se précipita vers la salle du trône, vers l'Arkenstone. Salle du trône où se dirigeait aussi Thror, qui avait l'intention de récupérer son joyau pour le mettre à l'abri.

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- Kili, qu'est ce que tu fait ? Arrête toi, ce n'est pas notre guerre !
- Je ne vais pas laisser Thorin se battre seul, pas après tout ce qu'il a fait pour moi, pour nous !

Au moment ou Fili allait rattraper Kili, une nouvelle secousse les ébranla et le sol, fragilisé par les sabotages gobelins, s'écroula sous les pieds de Fili. Le blond disparu dans un tourbillon de gravats, un air d'incompréhension total sur le visage. Il fit une chute de trois étages et tomba au bas d'un grand orque pâle qui le regarda avec un air surpris dans ses pupilles rétrécies par la cruauté. Et, alors qu'il se relevait prestement en dégainant ses armes, les gobelins et les orques autour de lui firent rapidement un cercle, lui coupant toutes issues.

Plus haut, Kili hurlait le nom de son frère, tentant de trouver un passage pour le rejoindre. Mais des gobelins arrivèrent rapidement, la soif de sang dirigeant leurs coups. Kili n'eut aucun mal à se défaire des deux premiers, puis des trois suivants, au sixième, il se rendit compte qu'il n'avait plus aucune aiguille empoisonné avec lui, au dixième, il se prit un méchant coup à l'épaule, un autre à la hanche. A bout de souffle, il commençait à se rendre compte qu'il était totalement submergé, et que les choses n'auraient pas pu être pires.

- Attendez ! Ne le tuez pas, celui ci est pour moi !

Et, alors que les gobelins s'écartaient pour laisser champ libre à Foster, Kili était désespérément en train de réfléchir à un moyen pour se sortir de là, s'il y en avait un.