Bonsoir, désolée pour le retard.
RAR : Petite rêveuse : Bonsoir, je me suis amusée à faire une mind map pour la fin de ma fiction. C'était plus qu'instructif et me voilà avec encore une nouvelle fin. Je ne finirai jamais cette historie à force ! Lol. Non promis, elle ne fera que 18 chapitres (Normalement). J'ai juste rajouté ou enlevé quelques détails. Ah ce mystère autour d'Azazel te fera peut-être avoir la larme à l'œil. J'en dit pas plus lol. Aimeras-tu toujours ce Dieu là à la fin de ce chapitre ? Il n'a pas fini de te faire poser des questions en tout cas, sois-en certaine. Nous nous tournons de plus en plus du côté de l'enfer. Petit passage dans ce chapitre, de plus en plus long par la suite. J'espère que cette fiction continue à te plaire. Merci encore pour ta review.
Bonne lecture.
Chapitre 10 : Convalescence et incertitudes.
Draco marchait dans les rues vides de l'enfer. Il flânait, tel le faucheur qu'il était, entre les différents ponts d'âmes déchues. Elles étaient si sales, si désespérées. Elles lui faisaient mal. Il regrettait presque le temps où il ne les entendait pas. Maintenant, il devait supporter ses bruits et faire attention de ne pas s'attarder vers elles, pour ne pas attirer l'attention. Il ne voulait pas retourner dans cette maudite cage. Il regarda deux légionnaires qui baisaient sur une voiture délabrée. Il pencha la tête sur le côté, il ne trouvait pas cela écœurant, en fait, il ne comprenait pas ce qu'il faisait. Pourquoi hurlaient-ils ainsi ? Est-ce qu'ils étaient en train de se faire mal ? Pourquoi se faire mal entre démons ?
Le blond continua sa course, façon de parler, à travers l'enfer. Ici, pas de lumière éblouissante, l'endroit étaient un mélange de rouge et de marron. Le vent soufflant comme dans une tempête faisait s'élever la poussière du sol, donnant un effet de brume constant à l'enfer. Il vit trois chiens du Tartare installé tranquillement dans une branche d'arbre calciné. Ils ressemblaient à des squelettes d'humains avec des ailes. Ils prenaient malins plaisir à chasser des rats perdus dans les limbes et de les bouffer devant eux, laissant des tâches de sang partout autour d'eux, quand ils n'étaient pas en train de pourchasser un faucheur pour voler son âme déchue avant qu'il ne la mette dans le pont.
C'était eux qui accueillaient les démons à peine arrivé… C'était aussi les seules créatures qui pouvaient parcourir les flots incandescents des âmes mortes et en revenir. Draco aurait voulu se rappeler comment il s'était senti en les voyant pour la première fois. Comment avait-il traversé le fleuve ragoutant de ses âmes écœurantes sans devenir fou. Mais rien ne voulait revenir dans sa tête vide. Il poursuivit, entra dans le bâtiment, ancien poste de pompier, dont les murs étaient craquelant et le plafond risquait à tout moment de s'effondrer sur eux. Il ne parlerait pas de l'état à l'intérieur. Des faucheurs étaient regroupés là, regardant les murs, comme des zombies sans cervelle, attendant sagement leurs pitances. Draco rejoint le reste de la troupe, se plaça devant une des seules fenêtres qui laissaient entrapercevoir ce qui se passait dehors. Pas que cela l'intéressait réellement, mais c'était tout de même mieux que de regarder les petites bêtes qui grimpaient sur les murs.
Ensuite, il se mit à grogner et se balancer d'avant en arrière comme tous les autres faucheurs. Il ne savait pas comment il faisait pour être aussi impassible, il avait l'impression d'avoir fait cela toute sa vie d'autrefois. Sa vie… Il voulait tellement pouvoir s'en souvenir. Mais le néant continuait à ensevelir son esprit. Seuls ses sentiments continuaient à se développer. Il savait d'ors et déjà la souffrance qu'il avait éprouvé en voyant sa petite lumière se faire malmener par cet horrible démon.
Les images dans sa tête défilaient. Il se rappelait de chaque forme qu'il avait vues, encore incertaines. Il ne pouvait tout à fait déchiffrer ce qu'il y avait autour lui. Mais il savait le reconnaître, après tout, c'était le seul à avoir un halo de lumière si pure. Et des yeux d'un vert puissant. Il était là quand il s'était efforcé de prendre l'âme qu'il était venu chercher. Il était là, devant lui, et il ne savait sûrement pas comment il s'était fait violence pour ne pas le rejoindre. Il était resté, d'ailleurs, beaucoup trop longtemps à son goût. Il aurait pu le compromettre, et tout perdre. Et quand le démon l'avait empalé, une rage immense avait tordu son ventre contre cette abomination qui avait osé le toucher. Tout comme la tristesse l'avait enseveli, en voyant ses yeux posés sur lui. Ses yeux qui, pour la première fois, n'affirmait plus aucun courage et espoir…
Non, pour la première fois, il lui demandait son aide. Mais Draco n'avait pas répondu. Il n'avait pas compris sur l'instant. Mais qu'après. Et il s'était enfui avant de faire quelque chose qui l'aurait obligé à retourner dans cette maudite cage. Avant, il s'en fichait. Maintenant, le faucheur en avait peur. Tous ses sentiments qu'il ressentait… Oui, peut-être était-il mieux avant ? Peut-être préférait-il quand il ne sentait rien et qu'il ne pouvait voir la lumière autrement que par ce qu'elle était…
Quelqu'un qui lui était complètement différent et qu'il fallait qu'il fuie.
Harry se réveilla à nouveau. Combien de jours avait-il passé dans cette chambre ? Il ne savait pas. Il ne comprenait pas pourquoi il n'était toujours pas guéri. Pourquoi son corps ne voulait pas répondre, pourquoi sa magie s'entêtait à prendre autant de temps pour retrouver sa puissance. Il en avait assez de rester ici. La seule chose qui le réconfortait était Ramiel qui lui jouait quelques acoustiques de temps en temps. L'archange, d'ailleurs, avait laissé sa guitare sur le côté et était plongé dans ses pensées, sa tête posée sur son poing fermé. Il reprit vie quand il remarqua que le brun était à nouveau debout.
Il se pencha et réajusta les draps autour de lui.
- Comment te sens-tu aujourd'hui ?
- Comme tous les autres… répondit sombrement le brun.
Ramiel soupira. Il ne savait pas quoi faire pour aider sa lumière. Son problème n'était pas physique mais mental, il en était certain. Il fallait bien qu'il réagisse. Mais comment le lui faire comprendre sans qu'il ne se mette en colère ? A moins que ce soit cela dont il est besoin ? De la colère… Parce que pour l'instant, il s'était inconsciemment emmuré dans un silence et plus aucune expression ne pouvait se lire sur son visage.
- Tout n'est peut-être pas aussi perdu que tu le penses, tenta l'archange.
- Non, c'est bon… Je ne veux plus en parler.
Ramiel plissa les yeux. Il n'avait peut-être besoin de rien faire. Il était certain d'entendre de la colère dans sa voix. Serait-il en train de se laisser corrompre par les sentiments qu'il ressentait envers son âme jumelle ?
- Quel imbécile… Murmura Harry en fronçant des sourcils.
- C'est vrai, murmura Ramiel à tâtons, cherchant encore comment réagir. Après tout ce que tu as fait pour lui. Il ne t'a même pas adressé un regard.
- Si, au contraire, il m'a bien regardé. Il m'a regardé sans lever le petit doigt. Alors que j'aurais tout fais pour lui. Tout !
Oui, il en était sûr maintenant, il était aveuglé par ce sentiment négatif qui l'empêchait de voir et de réfléchir correctement. Sinon, il n'aurait jamais dit ce genre de chose. Mais que faire, l'aider ou le réfuter ?
- Comment est-ce que je peux l'aider, si cet abruti ne me laisse même pas faire ? J'étais là pour lui, je lui ai dit que je le sauverai. Mais j'ai bien compris sa réponse ! Il ne veut pas de mon aide, tant pis pour lui. Qu'il pourrisse en enfer ! Saleté de Malfoy.
- Harry… Essaya l'âme de Dieu.
- Il a pris cette âme sans même écouter ses suppliques. Il lui a fait mal, un mal volontaire à quelque chose d'aussi pure.
- Il ne peut pas se contrôler, Harry.
- J'ai choisi, je le laisse en enfer, cette ordure. Je choisis la cité des anges. Je ne veux plus en entendre parler.
Ramiel ouvrit la bouche mais la referma aussitôt. Il savait que ce n'était pas bien pour sa lumière. Mais ça l'était pour la cité. Il regarda son halo diminuer encore. Il allait de mal en pis. Bientôt, il ne brillerait que de petites flammèches orange, comme brillait la lumière actuelle. Ramiel se leva et regarda par la fenêtre. Que devait-il faire ? Que devait-il dire ? Avoir eu à faire à tant de mort, l'avait fait oublier combien les « vivants » étaient si compliqué… L'espace d'un instant, l'archange eu l'impression d'être revenu en arrière, quand il n'était encore qu'un ange qui venait de naître. La cité avait besoin de la lumière pour survivre… Mais à quoi servirait une lumière dont le cœur était ravagé par la tristesse et la colère ? Il se tourna vers le brun et murmura :
- On peut te faire oublier… Harry. Tu peux tout oublier, si tu le souhaites. Tu n'oublieras pas qu'il existe, tu oublieras juste… combien tu l'aimes.
Il vit sa mâchoire craquer. L'avait-il jamais aimé une seule fois ? Où n'était-ce juste que son complexe du héros qui l'avait poussé vers lui. La tristesse brouilla ses pensées, ne le laissant voir que ce que, sur l'instant, il voulait voir. Un homme qui lui avait sciemment tourné le dos quand il avait le plus besoin de lui. Un faucheur qui l'avait complétement oublié, qui ne se rappelait même pas d'avoir un jour sauvé son âme. Un démon exécrable qui commettait le mal et y prenait goût. Harry ferma les yeux.
- Je ne l'aime pas, murmura-t-il. Je ne l'ai jamais aimé. J'ai cru que c'était de l'amour mais je me voilais la face. J'étais juste hypnotisé par le fait de sauver quelque chose qui ne peut l'être. Comme je le fais à chaque fois… Et je continue à vivre dans ma bêtise et mes erreurs.
Ramiel attendit qu'il se rendorme pour soupirer à nouveau et hocher la tête de droite à gauche.
- Tu te trompes, Harry… souffla-t-il. C'est maintenant que tu te voiles la face. Tu l'aimes… Et je ne sais pas comment Draco fait, en tant que faucheur, mais il t'aime aussi…
Ramiel se posait encore la question. Réveillé le brun à coup de latte dans sa tête pour qu'il reprenne l'envie de sauver Draco… ou le laisser choisir la cité des anges ? Il se tourna brusquement quand il sentit la présence d'un autre archange, caché derrière sa fenêtre. Il fronça les sourcils. Que faisait-il là ? Pourquoi écoutait-il aux portes plutôt que de venir directement. Quelque chose ne tournait pas rond, il ne sut pourquoi, mais des frissons le fit se tenir les bras de ses mains.
La guerre était proche… Plus qu'ils ne le souhaitaient.
Un jour comme un autre dans sa vie de démon, Draco ouvrit les yeux et sentit l'appel d'une âme à récolter… Encore. Pourquoi devait-il subir tout cela ? Il ne voulait pas mais il le fallait pour ne pas attirer l'attention sur lui. Il sortit de son bâtiment et refit le chemin en sens inverse. Il n'y avait qu'une seule chose qui le motivait. Peut-être reverrait-il à nouveau sa lumière ? Peut-être avait-elle trouvé le moyen de lui rendre sa mémoire. Ou peut-être avait-il assez évolué pour comprendre ce qu'elle disait. Il n'arrêtait jamais de lui parler, il ne comprenait rien, et cela l'agaçait. Il fallait qu'il sache ce qu'il lui disait. Il fallait qu'il sache comment lui répondre.
Qu'il lui dise qu'il l'attendait. Il l'attendait pour le sortir de cet enfer. Il devait savoir comment il pouvait lui dire.
Draco arriva devant le portail et se laissa glisser dedans. Il sortit son aile et il s'envola pour sortir de terre de manière spectaculaire. Il posa ses pieds nus au sol et marcha vers l'immeuble. Il avait du mal à utiliser son unique aile, c'est pourquoi il préférait marcher. Il sentit des anges un peu partout, il ne leur adressa pas la parole. Dans son cœur et son âme, aucune sensation étrange qu'il ressentait à chaque fois que son âme jumelle était proche de lui. Il eut bien peur qu'il ne la verrait pas cette fois-ci. Sa tristesse ne dépassa pas ses pensées. Il fallait que personne ne voie. C'était peut-être mieux ainsi. Il n'aurait pas la tentation d'aller le voir pour ne faire que grogner sur lui et dire des phrases qu'il ne comprenait même pas lui-même. Autant, elles n'avaient aucun sens…
Draco sentit un ange se rapprocher de lui. C'était étrange, jamais il ne se risquait à se croiser. Alors qu'il entrait dans la pièce de l'homme qui allait mourir, il vit que ce n'était pas l'ange qui se rapprochait de lui mais lui qui se rapprochait de l'ange. Car il était là, assis sur le lit et le regardait bien dans les yeux alors qu'il pénétrait la pièce. Le faucheur continua d'avancer, sans se poser de question ni faire remarquer que sa présence était dérangeante. Mais l'ange n'était pas d'accord. Il se leva et arriva sur lui bien trop vite. Draco ouvrit la bouche mais un bâillon l'empêcha de crier.
- Oh non, murmura l'ange. Hors de question d'appeler qui que ce soit à la rescousse.
Il l'empêcha de bouger, le maintenant sur terre grâce à son pouvoir angélique puis l'attrapa par le bras.
- Les lois nous interdisent de vous faire du mal, mais elles ne disent rien concernant un tout petit emprisonnement. Juste quelques jours.
Draco ne laissa rien paraître mais il avait peur. Il savait que pour lui, être emprisonné était assimilé à la cage…
Le noir et le vide régnait dans son esprit. Il ne savait plus, il n'arrivait plus à faire la différence entre le bien et le mal. Il ne savait plus quoi faire. Il avait décidé de choisir la cité des anges contre Draco. Avait-il fait le bon choix. La colère avait mis le doute dans son esprit. Pourquoi était-il tombé amoureux de cet homme ? Il y avait cette lettre. Cette lettre qui lui avait montré un tout autre aspect de la vie du blond. Il était tombé amoureux d'une lettre ? Il y avait ce geste. Ce suicide de l'homme pour lui. Alors il était tombé amoureux de ce geste ? Et puis il y avait ce faucheur qui avait tout oublié. Qui lui était apparu si beau… Il était tombé amoureux du faucheur sexy ? Mais qu'en était-il de Draco ?
Qu'en était-il de toutes ses années de combats acharnés l'un contre l'autre. Il ne savait plus. Avait-il réellement changé ? Le fait qu'il avait tout oublié ne voulait pas dire que son comportement avait changé. Il était peut-être toujours le même qu'autrefois. Cet être qui l'insultait à tout bout de champs, lui rappelant le fait qu'il soit orphelin ou traitant aussi mal ses amis que les siens… Etait-il réellement amoureux de lui ?
Il avait choisi la cité des anges parce qu'il était en colère. Il était en train de douter parce que cette même colère l'aveuglait. Harry regarda Ramiel chantonnait accompagné de sa guitare. Il avait vraiment une voix magnifique. Et cette douce musique douce calma son cœur. Il y avait cet autre moyen. Demander à ce qu'on lui efface Draco de la mémoire. Une petite cisaille dans son esprit et tout cela ne serait plus qu'un vague souvenir…
Pourquoi se sentait-il si triste en y pensant ? Il n'avait toujours pas répondu à ses questions. Non, car il n'en avait pas besoin, il connaissait les réponses. Il y avait déjà répondu, il savait déjà. Et sa colère ne changera jamais rien. L'incertitude pouvait rester si elle le voulait. Mais elle ne le changera jamais. Ramiel releva la tête pour le regarder alors qu'il n'avait pas fait un seul geste. Il entraperçut son sourire.
- Je crois que la cité des anges se passera de toi pendant encore un petit moment, murmura Ramiel.
Pourquoi était-il heureux ? Il venait encore de choisir Draco au dépit de la cité. En quoi cela l'arrangeait ? Il devrait plutôt penser l'inverse.
- Bordel, souffla Harry. Peu importe ce que je veux faire… Je n'arrive pas à imaginer ma vie sans lui. Si on me l'enlève des pensées… Oui, peut-être que…
L'incertitude restait là… Il se demandera souvent pourquoi et comment il était tombé amoureux. Mais jamais ses réponses ne le satisferont complètement. Cependant, il y a une chose qu'il était sûr et certain.
- Je l'aime tellement…
Ramiel sourit. Lui ne pouvait le voir mais sa lumière venait d'éclairer la pièce magistralement. Harry écarquilla les yeux et releva la tête avec douceur. Il secoua ses orteils qui le fourmillaient, comme une piqure de plaisir. Il pouvait bouger, à nouveau. Il remit sa tête sur son oreiller et se surprit à sourire de toutes ses dents. Même sa magie était amoureuse de Draco. Comment pouvait-il aller à l'encontre de ce qu'il était ?
Heureusement, ce n'était pas la cage. Il était dans un drôle de pièce fermée hermétiquement. Des dessins parsemés les murs, des gribouillis qui pour lui n'avaient pas de sens mais qui semblaient le maintenir à l'intérieur. Il ne pouvait pas rejoindre les enfers en tout cas. Il avait essayé de traverser les murs sans succès, et avait appelé de toutes ses forces des démons légionnaires pour le secourir, en vain. Alors il avait fini par abandonner et regarder maintenant le mur comme il le ferait pendant ses périodes de stases. Il attendait que son geôlier vienne faire de lui ce qu'il voulait. Parce que pour l'instant, il ne comprenait pas ce qu'un ange lui voudrait.
Quand il fut là, le blond resta bien en face du mur, essayant de cacher sa curiosité à savoir qui cela pouvait être. L'ange matérialisa une chaise et s'assit dessus, repliant une jambe sur l'autre.
- Tournes-toi, faucheur. Et je sais que tu peux me comprendre alors ne joues pas la comédie avec moi.
Draco ne dit rien, ni fit pas un geste. Il ne comprenait pas tout, il ne savait pas ce qu'il lui demandait. Il n'était pas encore parvenu à faire le rapport entre ce qui est dit et ce qui doit être fait. Il se contenta d'écouter attentivement, essayant d'apprendre.
- Ecoutes, soupira l'ange. Je ne te veux aucun mal. Crois-moi. Au contraire, je suis ici pour Harry.
Sans qu'il ne le veuille, sa tête se releva d'un coup et ses yeux s'éclairèrent. Harry… Il avait compris qu'il parlait d'Harry. L'ange sourit en voyant sa réaction.
- Alors tu peux réellement nous comprendre. C'est tellement étrange… Retournes-toi, s'il te plaît.
Draco plissa des yeux. Il faisait fonctionner ses méninges à trois milles à l'heure. Il lui demandait de faire quelque chose. De bouger peut-être… Il se retourna lentement vers lui. Et l'ange le remercia. C'était bien cela. Il lui demandait de se retourner. Il l'avait fait…
- Je sais que tu peux parler aussi. Alors parles-moi.
Le blond pencha la tête sur le côté. Il était allé trop vite, il n'avait pas compris. Alors il dit la seule chose qu'il y avait d'important dans sa tête.
- Harry ?
- Oui, hocha l'ange. Je viens pour Harry.
Draco essaya de voir autre chose que cette forme d'ange. Plus il le regardait, plus il captait des images qui lui étaient inconnues.
- Harry… pleure… Murmura-t-il.
Est-ce que cela allait l'aider ? L'ange n'était pas un démon, il pouvait peut-être lui faire confiance ? Depuis quand faisait-il confiance à une espèce qui souhaitait l'exterminer ? Qui l'avait kidnappé ? Il ne savait pas. Mais si c'était le seul moyen pour revoir sa petite lumière, cette même lumière qu'il devait fuir, il devait essayer. L'ange fronça les sourcils.
- Tu ne sais pas ce que tu dis, n'est-ce pas ?
Draco ne comprenait pas. Il avait parlé trop vite. C'était tellement dur, il se sentait épuisé de faire tant d'effort pour si peu. Comment arrivait-il à faire cela ?
- Alors tu ne sais pas du tout qui est Harry pour toi…
- La lumière ! S'exclama le blond.
Ça il savait, il savait qu'Harry était la lumière, qu'il était important pour lui. Il fallait qu'il fasse quelque chose pour lui, qu'il le sauve des enfers. Pourtant l'ange en face de lui ne semblait pas du tout rassuré. Draco s'avança et tendit la main vers son visage. Immédiatement, l'ange le bloqua d'un sort. Il l'examina puis le relâcha. Le blond fit le reste de son chemin, et toucha la peau de l'ange. Il le laissa faire avant d'écarquiller les yeux devant son regard incompris.
- Tu peux nous voir et nous entendre… Mais tu ne sais rien, comme un enfant qui vient de naître.
- Harry… va venir… me sauver.
Draco avait eu du mal. Est-ce que la phrase était compréhensible ? Est-ce qu'il avait réussi à se faire comprendre.
- Pas tout de suite, mais il viendra… Murmura l'ange.
Ça y est, il arrivait maintenant à le voir. Et il était sûr de pouvoir le différencier des autres. Draco sourit. Il viendra le chercher. L'ange continua de parler mais il ne comprenait pas tout. Il le laissa faire cependant, les mots, ses mots, devenaient de plus en plus clairs. Le flou de sa tête diminuait, rempli par des mots qui autrefois ne voulaient rien dire… il comprenait. Il arrivait à comprendre. Il voulait remercier cet ange pour lui avoir appris comment parler à sa lumière. Mais il le laissa là et Draco se remit devant le mur, le fixant. En fait, il n'était plus sûr de vouloir retourner en enfer. Si l'ange avait dit vrai, Harry viendrait le rejoindre. Pouvait-il lui faire confiance ?
Raphaël entra en catastrophe dans la pièce où se tenaient les six autres archanges. Leur visage était sombre. Azazel regardait ailleurs, se mordant la lèvre. Les cinq fixaient les murs ou le sol sans vouloir croiser son regard. Raphaël s'énerva immédiatement. Il n'aimait pas du tout leur comportement. Mais il souffla, se calma et se tourna vers Ramiel :
- Comment va-t-il ?
- De mieux en mieux. Il se lève maintenant, je le garde en observation encore deux à trois jours, puis je devrais le laisser sortir.
- Alors il ne nous reste que deux à trois jours pour le retrouver. Murmura Raphaël. Azazel ?
- Désolée, murmura-t-elle de son ton rêveur. Il est dans un endroit protégé de sorts qui m'empêchent de le voir. Ni moi, ni les démons.
Raphaël grogna… Qui avait donc pu faire une telle chose ? Il se tourna vers Mickaël qui fit une moue consternée et mécontente.
- Méphisto et Bélial nous attendent, Raphaël. Tu sais bien que nous ne pouvons pas y échapper.
- J'avais espéré qu'il n'utiliserait jamais ce moyen.
- Mais ils n'ont rien, scanda Sariel. Tant que nous n'avons pas la preuve que Draco s'est fait enlever par un ange, ils ne peuvent faire quoique ce soit. A part proférer des menaces sans fondement, ils n'ont aucuns droits.
- Je sais, le calma Raphaël en posant une main sur son épaule. Ne t'inquiète pas Sariel, ils ne poseront pas les pieds dans la cité des anges.
Le noir hocha la tête, quelque peu rassuré.
- Je trouve cela étrange, murmura Gabriel. Draco n'est pas le premier faucheur à disparaître. Pourquoi s'inquiète-t-il maintenant ?
- Il n'y a pas à comprendre, ils ont besoin de lui pour manipuler la lumière. Fit Azazel toujours de sa voix douce et lointaine. Ils ne peuvent… Je le vois, s'exclama-t-elle soudainement.
- Où ? S'enquit Uriel en se dépêchant de prendre sa main.
- Dans le passé. Il était… accompagné. Mais… je n'arrive pas à voir qui. Il porte une capuche… L'image se répète en boucle, rien à faire.
Azazel lâcha avec déception le souvenir. Elle n'avait rien de plus que des murs noirs et un homme invisible à ses yeux. Elle fronça les sourcils, ce n'était ni Dieu, ni Lucifer, sinon, elle n'aurait pu le voir… et ils n'y avaient que six autres personnes capables de s'effacer ainsi de son œil omniprésent. Elle tenta de le garder pour elle mais c'était trop tard. Aza venait de se mettre à sourire machiavéliquement.
- C'est un archange qui le retient… Murmura-t-il de sa voix sombre dans sa tête.
La blonde serra les poings alors qu'une colère sourde la prit pour la première fois depuis tellement longtemps.
- Tu ne diras rien à personne, souffla-t-elle dans la sienne. Sinon, tu serais obligé de révéler notre secret à Lucifer.
Le sourire d'Aza s'effaça de son visage sordide. Son secret restera entre elle et lui. Il ne fallait pas qu'elle cherche plus loin. Elle les regarda tour à tour… qui pourrait avoir pu faire cela ? Lequel d'entre eux avait retiré Draco des mains d'Harry ? Il ne fallait pas qu'elle cherche tant que le blond ne soit en sécurité où Aza se ferait un plaisir d'aller le trouver en premier. Non, tant pis… Elle ferma les yeux et tenta d'oublier ce qu'elle savait.
Uriel lâcha sa main en comprenant qu'elle ne dirait rien d'autre. Elle venait d'avoir une de ses discussions avec son double diabolique, cela pouvait se lire sur son visage. Il se tourna vers Raphaël qui hocha la tête.
- Très bien, Micka et moi nous allons aller voir Méphisto et Bélial. Sariel et Uriel vous chercher dans les moindres recoins de cette fichue planète. Ramiel tu restes au chevet de notre lumière, il ne doit surtout pas savoir ce qu'il se passe. Quand à toi Gabriel. Trouve Dieu, et fait lui comprendre que perdre Draco reviendrait à tuer la lumière.
Ils suivirent les instructions du plus âgés des archanges sans broncher et s'enfuir un à un de la tour d'Azazel. Raph se tourna vers cette dernière et lui murmura de façon beaucoup plus douce :
- Si jamais tu le retrouves…
- Je te fais signe, Raph. Je le sais, ne t'inquiète pas, je vais continuer à chercher.
Elle ne lui dit pas plus, après tout, le kidnappeur pouvait être lui. Pour la première, elle ne pouvait pas faire confiance à un seul de ses amis… Et elle se sentit extrêmement seule. Quand le cœur de Dieu quitta la pièce, elle ferma les yeux et commença à fouiller dans la mémoire de ses oracles, et partout dans le monde, ceux-ci s'arrêtèrent de faire ce qu'ils faisaient pour l'écouter.
- J'ai besoin de votre aide, murmura-t-elle…
Raphaël et Mickaël se posèrent dans le nord du Nevada, lieu de rencontre avec Méphistophélès et Bélial. Ils furent les premiers mais n'eurent pas besoin d'attendre bien longtemps. Bélial eut un sourire ironique face à son âme jumelle. Il avait fui leur dernier combat pour aller sauver la lumière. Pour lui, c'était un point de gagné. Les deux archanges firent face aux deux princes de l'enfer sans une once de colère en eux. Ils savaient qu'ils devaient rester calmes, après tout, ils n'avaient rien à se reprocher.
- Bien, bien… Rendez-nous le faucheur, commença immédiatement Méphistophélès.
- Bonjour à toi aussi, grand frère ! Railla le cœur de Dieu.
- Nous n'allons pas perdre notre temps en flatteries et boniments ! S'interposa le prince de la colère en hurlant plus qu'il ne fallait. Rendez-nous la jumelle de l'âme de la lumière où nous allons la chercher directement dans votre cité cramoisie.
- Arrête d'hurler, pour commencer, se moqua Mickaël en s'astiquant l'oreille de l'auriculaire. Il faut vraiment que je t'achète un sonotone !
Bélial avança mais Méphisto l'arrêta. Les archanges sourirent. Ils les avaient convoqués, ils n'avaient pas le droit de les attaquer. Les règles étaient les règles.
- Nous n'avons pas votre faucheur. Et croyez-moi ou non, si nous l'avions nous ne lui ferons auquel mal. Il est la moitié de notre lumière. Cela ne nous viendrait d'aucune façon de lui faire du mal. Cela reviendrait à détruire notre seul moyen de subsistance. Aucun ange ne serait assez bête pour le faire ! Allez plutôt voir du côté de chez vous !
- Les démons ne s'amuseraient pas à faire du mal à ce faucheur. Eructa Bélial. Lucifer n'accepterait pas cela. Et vous, que fait votre Dieu ?
- Une baignade en jacuzzi dans un hôtel sept étoiles, qu'en savons-nous ? Haussa des épaules le plus âgé. D'ailleurs vous devriez proposer à Lucifer de faire de même de temps en temps, cela ne lui ferait pas de mal !
- Et toi aussi, Bélial, profites-en pour prendre une douche. Et tu ne sais toujours pas pourquoi je ne veux pas te voir !?
Méphisto commença à rire et applaudit lentement.
- C'est cela… Toujours les mêmes blagues et détournements. Mais vous oubliez que les lois…
- Les lois stipulent que les démons sont en droit de venir dans la cité des anges pour récupérer un démon qui y serait enfermé… Hors, Draco n'est pas dans la cité. Il est sur terre. Et tant que vous n'aurez pas la preuve infaillible que c'est un ange qui l'aurait enlevé, vous pouvez aller vous faire voir. Et dire à votre Papa adoré qu'il est sans conteste bien stupide de penser qu'un ange ferait une telle bêtise.
Méphisto sourit bizarrement, comme s'il s'attendait à cette réponse.
- Même un ange, que dis-je, une petite lumière, qui serait assez amoureux pour essayer de transformer un démon en ange ?
- Je te rappelle, grogna Raphaël en serrant les dents, qu'il est resté en convalescence toute la semaine suite à ce que tu lui as fait subir ! Et il n'est pas encore guéri. Ramiel l'a surveillé nuit et jour, cela ne peut-être lui.
Le démon renifla de mépris, agacé par ses réponses à tout. Il avisa Mickaël et chercha tant bien que mal de quoi les faire passer par le pont mais il n'avait malheureusement pas d'arguments. L'archange des combattants eut un petit sourire en coin.
- Encore une fois, ce genre de discussions ne mène à rien. Votre faucheur reviendra tout seul quand il en aura envie. Après tout, il est peut-être sur une plage à se dorer la pilule.
Son ironie passa moyen en travers de la gorge des démons. Perdre un faucheur n'était absolument pas concevable. S'il s'avérait vrai qu'il puisse penser par eux-mêmes, ce serait une catastrophe. Les faucheurs étaient les êtres qui n'avaient pas accepté de devenir démon ou qui avait gardé une âme partiellement morcelée, oscillant entre le bien et le mal. Et cela, les archanges le savaient très bien. Mais depuis le début, Méphisto savait que quelque chose n'allait pas avec Draco. Il était sûr et certain de l'avoir entendu parler, quand il ne le regardait pas. Un faucheur ne pouvait pas parler… C'était impensable.
- Nous ne nous sommes jamais mêlés de vos affaires, murmura soudainement Raphaël.
- Et vous n'avez pas à le faire, s'engraina Bélial.
- Alors ne nous obligez pas à le faire ! Finit le cœur de Dieu. Cette « réunion » est terminée.
Avant qu'il ne puisse s'envoler, Méphisto osa une dernière menace :
- Petit frère, si jamais tu vois un portail s'ouvrir sur votre précieuse cité, ne t'étonnes pas de voir une armée vous envahir. Nous sommes prêts, prêts à nous venger.
- Ce n'est pas une vengeance, répliqua-t-il. C'est une guerre que chaque jour, vous vous cantonnez à rendre encore plus sauvage, plus cruelle…
Il prit un air brusquement triste avant de sourire mélancoliquement.
- Que ce soit vous, ou nous qui la gagnons, je rêve du jour où elle prendra fin…
- Depuis quand… ? S'étonna Méphisto, pris au dépourvu.
- La lumière… répondit Mickaël avant de suivre Raphaël. Vous comprendrez peut-être un jour…
Enfin, les deux archanges les quittèrent. Ils devaient retrouver Draco avant que quelqu'un ait la stupide idée de l'emmener dans la cité des anges. Même si pour cela, il fallait avouer que ce soit bien un qui l'ait enlevé. Pour Raphaël, c'était impossible… Mais les choses avaient tellement changé depuis que la lumière bouleversait tout sur son passage. Il ne pouvait plus exclure cette possibilité. Mais qui ? Qui avait eu l'audace de défier les lois des mondes des morts pour une telle folie ? Et qui serait capable de mettre la vie de leur lumière en danger ?
Si tant est qu'il le fasse pour de mauvaise raison.
Voilà un sentiment bien désagréable qu'il explorait pour la première fois. L'ennui. Il s'ennuyait de pied ferme. Il était bien las de regarder ces quatre murs de métal. Il en avait assez ! Il regarda la chaise où l'ange s'asseyait et fronça les sourcils. Il s'avança et la toucha du bout de ses doigts. Il tapota une de ses longues griffes dessus. C'était dur. Il pencha la tête, découvrant cette chose qui était pourtant là depuis si longtemps. Il se tourna, se pencha, hésita, se releva et finalement s'assit. Puis fronça les sourcils. Il ne se passa rien du tout. Pourquoi l'ange s'asseyait toujours dessus alors ?
Draco regarda ses mains et ses longues griffes. C'était étrange, il trouvait cela… beau ?
- M… Main… Murmura-t-il.
C'était des mains. Il le savait maintenant. Il se mit à sourire. Il toucha lentement son visage. A quoi ressemblait-il ? Brillait-il comme la lumière ? Non, il ne pouvait pas… Il n'y avait qu'Harry qui brillait. Il était le seul à posséder cette si belle couleur. L'ange qui le gardait prisonnier, était particulier… Il était beau oui, mais comme tous les anges après tout. Banal, il le trouvait banal… Il n'en pouvait plus de le voir d'ailleurs. Il ne voyait que lui. Il voulait voir quelque chose d'autres. Quand est-ce qu'il lui ramènerait Harry ? Il avait dit qu'il viendrait, il s'impatientait et s'ennuyait de lui. Ça y était, cela le reprenait. L'ennui. Il le sentit brusquement arriver alors il se leva et regagna son coin de mur. L'ange passa la tête puis fronça les sourcils. Il le regarda un instant avant de le rejoindre.
- Draco ?
- Harry ? Répondit le blond.
Il en avait assez d'attendre. Il lui avait dit d'être patient mais il n'était toujours pas là.
- Ne t'inquiète pas, je te ramènerai à lui bientôt. Alors comment vas ta tête ? Qu'est-ce qu'il s'y passe.
Mais le faucheur n'avait plus envie de lui parler. Il n'avait plus envie de répondre à ces questions. Il voulait la lumière. Il voulait lui montrer ses progrès et lui dire qu'il l'attendait toujours. Il voulait qu'il vienne le sauver. Pourquoi ne voulait-il pas le laisser le voir. Il commençait à perdre patience et confiance envers cet ange. Il n'était pas aussi gentil qu'il le laissait paraître. Il pencha la tête sur le côté et ne laisse rien transparaître de ses sentiments.
- Amène-moi la lumière. Ou lâche-moi.
Draco se sentait fier. Il avait réussi à dire d'autres mots. Il en comprenait même le sens. Il devrait remercier l'ange de lui apprendre, mais il n'arrivait pas à éprouver de la compassion ou des remerciements pour lui. Après tout, il le gardait tout de même dans cet endroit depuis des lustres. Draco se mit à papillonner des yeux. Oui, cela faisait longtemps maintenant qu'il était ici… il arrivait enfin à voir le temps qui passe. Il arrivait à se rendre compte, et à comprendre. Il aurait sourit d'excitation si l'ange n'était pas en face de lui. Il se contenta de ranger cette information dans le coin de sa tête déjà bien remplie de toutes ses nouvelles choses.
- Désolé, fit l'ange en posant ses mains sur ses hanches. Il est hors de question de te relâcher pour le moment. Je dois être sûr d'abord que tu sois prêt.
- A quoi ? Murmura le faucheur.
- A rejoindre la cité des anges.
Harry se jeta sur le lit et soupira. Il commençait à être agacé et ne se privait pas de le faire remarquer. Il avait envie de balancer toutes ses affaires par la fenêtre. Peut-être que cela le ferait réagir un peu.
- Laisse-moi sortir, Ramiel, je vais bien mieux, je te jure !
- Pas encore, nia l'archange d'un ton ferme. Et pour la dernière fois, je te dirais quand tu seras prêt. Et pour l'instant je vois très bien que ton rein te fait encore souffrir le martyre.
Harry qui était en train de se le frotter en grimaçant s'arrêta brusquement et rougit. Oui, il souffrait toujours car c'était l'organe qui avait le plus été percé. Il avait un gros trou à la place tout de même. Il soupira à nouveau comme un gamin qui n'avait pas eu assez de cadeau à Noël et s'allongea sur le dos. Il ferma les yeux et se concentra. Tant pis, il sortirait dans sa tête. Lentement, il fit le vide, ne pensa à plus rien d'autre qu'une pomme que l'on découpe en deux, piégeant ses pépins dans la terre, puis un arbre qui pousse pondant une pomme, et tout recommençait. Enfin il arriva à voir des choses, les images s'enchaînaient, des petits bouts de vie qui le fit sourire comme lorsqu'il regardait la télé à travers le trou de la serrure de son placard au Privet Drive.
C'était presque reposant. Un enfant qui courre après son chien, une femme qui essaye des vêtements pour plaire, un mari qui donne à manger à son fils. Des petits bouts de vie plus que normale, loin de toutes ses péripéties qui lui embrumaient l'esprit et rendaient ses sentiments chaotiques. Il apprécia ce moment loin de tout, mais il perdit vite la connexion. Il ouvrit les yeux. De tous les pouvoirs qu'il avait appris, c'était celui auquel il avait le plus de lacunes. Il n'arrivait pas à se concentrer plus de quelques minutes, et ce n'était pas faute d'avoir essayer. Il douta qu'un jour il puisse voir le futur ou le passé de quelqu'un dans ses moindres détails. Il tenta de recommencer en vain. Il plissa du nez et se tourna vers Ramiel.
- Chante encore pour moi, sourit-il.
L'archange suivit le mouvement et hocha la tête, attrapant sa guitare. Il caressa de ses doigts les cordes, trouvant quelques bons accords. Il réfléchit un moment à ce qui pourrait lui plaire avant de regarder le brun en coin. Le jeune homme attendait calmement, la tête posée sur sa main. Fixant sa main qui touchait les cordes avec grâce. Enfin, il trouva la chanson parfaite…
« Made a wrong turn, once or twice
Dug my way out, blood and fire
Bad decisions, that's alright
Welcome to my silly life
Mistreated, misplaced, misunderstood
Miss 'No way, it's all good', it didn't slow me down
Mistaken, always second guessing, underestimated
Look, I'm still around
Pretty, pretty please, don't you ever, ever feel
Like you are less than, less than fuckin' perfect
Pretty, pretty please, if you ever, ever feel like you're nothing
You're fuckin' perfect to me
You're so mean when you talk about yourself, you were wrong
Change the voices in your head make them like you instead
So complicated, look happy, you'll make it
Filled with so much hatred, such a tired game
It's enough, I've done all I can think of
Chased down all my demons, I've seen you do the same
Pretty, pretty please, don't you ever, ever feel
Like you are less than, less than fuckin' perfect
Pretty, pretty please, if you ever, ever feel like you're nothing
You're fuckin' perfect to me
The whole world's scared so I swallow the fear
The only thing I should be drinking is an ice cold beer
So cool in line, and we try try try
But we try too hard and it's a waste of my time
Done looking for the critics, cause they're everywhere
They don't like my jeans; they don't get my hair
Exchange ourselves, and we do it all the time
Why do we do that? Why do I do that
Why do I do that?
Yeah, oh, oh baby, pretty baby
Pretty, pretty please, don't you ever, ever feel
Like you're less than fuckin' perfect
Pretty, pretty please, if you ever, ever feel
Like you're nothing, you're fuckin' perfect to me, yeah
You're perfect, you're perfect
Oh pretty, pretty please, if you ever, ever feel
Like you're nothin' you're fuckin' perfect to me » (1)
Quand il arrêta de chanter, Ramiel osa regarder le brun. Il ne savait s'il avait eu bon de lui parler aussi abruptement par le biais de cette chanson, mais il y avait mis tout son cœur. Et ce n'est pas sans un poil de surprise qu'il le découvrit, les larmes dansant dans ses paupières comme une flamme brûlante. Il regardait par la fenêtre, et ce qu'il pensait pouvait se lire dans son esprit. Ramiel ouvrit la bouche, mais la referma bien vite.
- C'est… ce que tu penses de moi ? Murmura la lumière.
- C'est ce que nous pensons tous, Harry… Il est temps de laisser de côté tes doutes et tes pensées contradictoires. Quand tu fais un pas en avant, tu en fais deux en arrière. Quand penses-tu avancer pour ne plus jamais reculer ?
Le brun fronça les sourcils avant de sourire… L'archange avait raison. Il était maintenant sûr de ses sentiments, il n'y avait plus de doute à avoir. Une fois qu'il serait rétabli. Il mettrait un bon coup dans la tête de son démon, pour lui faire retrouver toutes ses idées.
- Commence par me faire sortir de cette chambre.
- Encore un jour, Harry. Juste un.
- D'accord, obtempéra-t-il en se recouchant. Chante encore…
Et Ramiel se remit à changer.
Gabriel retrouva Marc dans son appartement à côté de celui d'Harry. Il toqua faiblement à la porte. La dernière fois qu'il lui avait parlé, non seulement il avait compromis sa couverture mais en plus il l'avait agressé verbalement. Il était sûr qu'il allait le regretter maintenant qu'il avait besoin de son aide. Marc lui permit de rentrer et immédiatement il fut accueilli d'un sourire ironique.
- Tiens donc ? Monsieur est calmé ?
- Père… Je… Commença l'archange en se dandinant d'un pied sur l'autre. Je suis désolé pour la dernière fois de t'avoir parlé comme ça. Mais…
- Tu ne changeras pas d'avis. Je le sais. Ne t'inquiète pas. Et je peux te comprendre. Cela ne doit pas être facile que de faire tout ce que je te demande, surtout qu'il te faut en plus mentir à tes compagnons. Et même à ta lumière. Alors, j'imagine que tu veux que je te dise où se trouve Draco ?
- Tu ne me le diras pas, n'est-ce pas ?
Dieu hocha négativement la tête, avec toujours ce petit sourire en coin.
- Non, Gabriel. Cependant, je vais te donner un indice. Préparez-vous.
- Se préparer ? A quoi ?
- Tout commence maintenant… Je reviendrais un peu plus tard.
Il vit Dieu disparaître en un clin d'œil. Il devait se préparer à l'attaque de démon ? A perdre la lumière ? A quoi ? Pourquoi son imbécile de Dieu ne pouvait jamais être plus clair ! Agacé, il l'insulta de tous les noms. Jura qu'un jour il lui ferait la peau avant de s'attrister. Il s'avança, posa une main sur la fenêtre. La lumière rougeoya légèrement, elle s'affaiblit lentement, comme un soleil prêt à exploser. Etait-ce déjà l'heure de l'apocalypse ?
A suivre...
C'est le début de la fin. Quelqu'un enlève Draco, les archanges refusent de le dire à Harry et notre blond faucheur redevient de plus en plus humain. Quelqu'un réussira-t-il à sauver Draco ? Et qui est donc le kidnappeur ?
A bientôt,
Personne ne l'a jamais : (1) Tout le monde aura reconnu la chanson de Pink - Fuckin' Perfect, j'ose espérer. Merci. :)
