Voilà le chapitre tant attendu ! Et croyez moi, vous l'attendiez bien plus que ce que vous croyez. Je me suis appliquée à l'écrire. Il fait partie de ces chapitres dont j'avais déjà le contenu en tête avant même l'écriture du prologue lol. Je vous remercie à tous pour vos review sur le chapitre précédent.
Je fais une petite pub pour mon autre FF. Au dernier chapitre j'ai retracé l'arrivée d'Alice et Jasper chez les Cullen, quand Alice a descendu les affaires du petit Eddie dans le garage. Je sais ce que passage est souvent beaucoup aimé. Vous pouvez le lire en OS presque, d'où la petite pub lol. Bref, bonne lecture !
Ally : si si j'ai osé lol. Oui Bella a eu le déclic, et tu vas voir jusqu'à quel point lol. Bonne lecture et merci pour ta review !
ycats : Beaucoup de réponses à ta review dans ce chapitre, donc je ne vais pas m'étendre dessus. Bientôt je répondrai aussi à celle sur la relation entre Angela et Jessica, tu n'es pas la seule à te le demander. Merci beaucoup pour ta review et à bientôt !
bébé23 : Moi de mon côté contente de te lire lol. Bonne nouvelle ! Je ne me suis pas arrêtée en plein action ! Enfin presque pas lol. Je me suis calmée, j'ai failli mais j'ai eu pitié de vos nerfs XD Merci beaucoup pour ta review !
PrincetonGirl818 : Et bien te voilà servie ! La suite est arrivée, toute fraichement pêchée ! Oups, désolée, dérapage XD Bonne lecture et merci pour ta review !
loumarcise : Je dois t'avouer que j'ai adoré ta review, ma mère m'a encore demandé si j'étais folle à rire comme ça toute seule devant mon écran XD Allez ! La patience a été récompensée, le voilà le chapitre ! Merci beaucoup pour ta review, vraiment !
oceania : Merci beaucoup. Il ne me faut pas du courage pour l'écrire, car c'est un vrai plaisir. C'est le temps qui manque malheureusement. Que voulez-vous ? Je suis tellement extraordinaire qu'on me demande de tous les côté... Bon j'arrête mes bêtises. Merci pour ta review et à bientôt !
Cbihi : Non, en sadisme on peut toujours faire pire. Le summum aurait été de m'arrêter ainsi, et de vous dire "je n'ai plus le temps de continuer, imaginez la suite vous-même" XD Tu vois ? On peut toujours faire pire XD En tous cas, merci beaucoup pour ta review comme d'habitude !
lovecullen : Merci beaucoup ! ça me fait vraiment plaisir. Je vais poster de manière aussi régulière que possible, promis !
caro : Tu vois, l'attente n'aura pas été trop longue finalement lol. Merci beaucoup pour ta review !!! =D
Chapitre 10. Révélation
***
Finalement nous nous dirigeâmes vers la sortie, Edward en premier.
Il ne vit pas la voiture arriver beaucoup trop vite de derrière le virage. Il entendit à peine ce klaxon et ces freins. Une seule réaction ne me vint.
- EDWARD !!!!!
J'avais déjà regardé un film où un des héros est sur le point d'avoir un accident. Dans ces moments là, le réalisateur choisit bien souvent de passer la scène au ralenti. Je pensais que c'était pour le suspens. J'ai changé d'avis. Bien que j'aie conscience que tout cela se passait très rapidement, je vis chaque détail.
Edward fut extrêmement surpris par mon cri, ce qui le fit s'arrêter dans sa progression. Il tourna la tête et vit cette voiture. Puis je crois qu'il sentit un choc. Mais ce n'était pas celui auquel on s'attendait. Je m'étais jetée sur lui pour éviter une collision avec le véhicule.
Nous fûmes cependant tous deux heurtés malgré tout. Je sentis ce choc puis cette douleur, mais je ne perdis pas connaissance. Malgré la souffrance, dès que toute la scène se termina, j'observai ma position et surtout celle d'Edward.
J'étais allongée sur lui, et il semblait de son côté inconscient. Mon cœur ne fit qu'un bond dans ma poitrine. Je n'entendais pas les cris derrière. La panique régnant. Seul Edward existait. Je pouvais être blessée mortellement, je n'en avais cure. Edward. Seul ce mot, ce nom occupait mon esprit. Edward. Je ne réfléchissais plus. Je n'avais de nouveau plus de passé puisque je m'en fichais. Je pouvais être superwoman ou assassin, quelle importance ? Edward. Edward. Edward.
- Edward ? Est-ce que tu m'entends ? Edward ? Je t'en prie réponds-moi !
Les mots abondaient dans ma bouche alors qu'ils étaient restés coincés dans ma gorge pendant si longtemps. Mais je ne m'en apercevais même pas. Ce n'était pas ma voix qui méritait un quelconque intérêt dans le cas présent. C'était celle d'Edward.
- Bella ?
Un murmure. Ça n'avait été qu'un murmure mais j'avais vu les lèvres bouger. Puis je vis les paupières se lever alors que derrière la sirène d'une ambulance retentissait.
- Oh mon dieu Edward ! J'ai eu si peur pour toi !
C'est à ce moment là qu'on me rappela que nous n'étions pas seuls. Le docteur Hale s'approcha de moi et me toucha délicatement. Automatiquement je me tendis, alors que j'étais avachie sur Edward sans problème. Il m'adressa un sourire bienveillant.
- Est-ce que vous pouvez vous lever Bella ? Les secours arrivent et je pense que vous préféreriez qu'ils ne vous touchent pas, un pas à la fois non ?
Ah oui, les secours. Je pris alors conscience de mon propre corps. Ouch ! Bon, j'avais un peu mal à la hanche, mais rien de grave à première vue. J'essayai de me remettre debout et sans que je sache comment, y arrivai. Les secours pendant ce temps s'occupaient déjà d'Edward. Moi j'étais déphasée. Dans un autre monde. Un peu comme si j'avançais dans un brouillard. On me parlait, mais c'était au loin. Les paroles me passaient au dessus de la tête.
Je me souviens vaguement d'être monté dans une ambulance. On me parlait, je répondais mécaniquement, mais je n'étais pas là. Non. J'étais avec Edward. Il était étendu, à côté de moi. Un masque à oxygène sur le visage. J'entendais ce « bip » régulier, témoin des battements de son cœur.
Puis je me sentis déchirée en deux. Quand arrivés à l'hôpital on nous sépara. Mais je fus aussi reconnectée à la réalité. En quelque sorte. Je compris que j'étais aux urgences, que j'avais eu un accident. On m'ausculta, j'entendis vaguement que ce n'était pas grave, juste quelques contusions et qu'ils préféraient me garder la nuit en observation.
Quand mes parents en mon frère entrèrent dans ma chambre, et qu'ils me demandèrent de mes nouvelles, je leur répondis par une autre question.
- Edward ? Vous avez de ses nouvelles ?
Je vis mes parents soupirer. Je les vis se regarder. Cela ne fit qu'augmenter mon rythme cardiaque.
- Il va bien. Tu lui as sauvé la vie Bella. Maintenant, repose-toi s'il te plait.
C'était Emmett qui m'avait répondu, d'une extrême douceur. Alors je fus rassurée. Je savais qu'il irait bien. Mes paupières étaient lourdes et maintenant que j'avais eu ma réponse, je me laissais gagner par le sommeil…
Je rêve. Je crois. Certainement puisque je suis censée être en France. Mais là je n'y suis pas. Je suis dans la clairière qu'Edward m'avait montrée alors que nous avions fait notre ballade à cheval. Il fait grand soleil. Les oiseaux chantent, le vent souffle légèrement. Si je ne connaissais déjà l'endroit, je me soupçonnerais d'être au paradis. D'avoir finalement succombé à cet accident. Mais je rêve.
Je ferme les yeux. Je sens le monde tout autour de moi. Cette perfection.
- Bonjour Bella.
Je rouvre les yeux. Edward est devant moi, plus parfait que jamais. Il porte une chemise bleue et un pantalon de toile. Ses cheveux virevoltent au vent. Son regard est plus profond que jamais.
Mon cœur se remet à battre véritablement à sa vue. J'avais tord finalement. Je me trouvais bien au paradis. Tant qu'il est là, c'est le paradis.
Puis une vérité me frappe au visage. Quelque chose à laquelle je ne m'étais pas préparé. Quelque chose à laquelle je n'avais jamais pensé. Pourtant, maintenant c'est d'une telle évidence ! C'est si limpide !
Je l'aime. Pas d'amitié. Non. Je l'aime véritablement. Tel que je n'ai peut-être jamais aimé. De cet amour dont parlent les livres ou les films.
Peut-être l'ai-je aimé dès notre rencontre. Peut-être que quand je l'avais vu endormi dans ma chambre d'hôpital j'avais senti quelque chose. Il avait été là à chacun de mes pas, mais pas par hasard. Il était l'origine de chacune de mes avancées.
Mon premier contact.
Mon premier mot.
Mon premier sourire.
Ma rentrée à la fac.
Et puis mes premières véritables paroles.
J'ai confiance en lui. Je viens de me faire violer mais j'ai confiance en lui. Je sais qu'il ne me fera jamais de mal.
Je l'aime, tout simplement.
C'est sur cette vérité que j'ouvris mes yeux. J'étais seule dans ma chambre, mes parents et Emmett étant certainement partis se reposer un peu. Cela me permit de repenser un peu plus aux révélations apportées par mon rêve.
Je repensais à tous ces moments que nous avions déjà vécus. Quand il restait près de moi, rien que par bonté. Quand il essayait de m'aider à retrouver la mémoire. Quand il a fait ces recherches pour retrouver mon identité. Quand il m'a épaulée à l'arrivée de ma famille. Quand il m'a fait sortir et que nous avons fait cette promenade à cheval. Quand il m'a amené à la clairière. Quand il m'a raconté sa vie. Quand je l'ai remercié pour tout ce qu'il avait fait pour moi. Quand il est arrivé à l'aéroport avec Alice. Quand il m'a porté jusqu'à mon lit alors que je m'étais endormie dans le canapé. Quand il avait dévoré son plat de pâtes au pistou. Quand il m'avait donné son prochain album avec une grande timidité. Quand je l'avais écouté. La berceuse qu'il m'avait composé, juste pour moi. Quand nous étions allés au parc d'attraction tous les quatre. Le regard que nous nous étions échangé alors qu'il venait de me demander si j'avais écouté son album. Quand il m'avait offert mon Donald avec qui je dors maintenant. Quand il offrit à tout le monde cette photo de nous quatre au parc et que ma mère l'avait mis sur la commode des photos de famille.
Et puis quand il manqua de se faire vraiment renverser par cette voiture.
Que de moments ! J'ai l'impression que c'est toute ma vie. Pourrais-je citer avec autant d'exactitude la période de deux mois environ qui nous a séparés lors de mon retour en France ? Certes non. Impossible. Mais je me souviens de chaque détail des moments passés avec lui.
Mais comme cette certitude m'avait frappé au visage et m'avait presque amenée au septième ciel, je redescendis aussi vite quand je me rappelai de quelque chose : nous n'étions pas Roméo et Juliette. Je n'étais pas cette héroïne victime du coup de foudre commun avec son âme-sœur. Quelles étaient les probabilités pour que mes sentiments soient partagés ?
Oui. Après tout depuis déjà un bon moment j'étais sur mon petit nuage. Moi amoureuse d'Edward Cullen. Mais rien ne peut me dire que c'est partagé. Il ne m'a jamais vu qu'en amie et ce sera toujours ainsi.
Alors un profond désespoir s'empara de moi. Je m'y plongeai avec délectation. Après tout, c'est dans ce désespoir que je suis le plus à l'aise. Je sais quoi faire : rien. Je sais que finalement rien de pire ne peut m'arriver à priori. Pas de faux espoir. Pas de déception.
Mais une voix en moi, que je cherchais à faire taire, sema le doute dans mon esprit. Il avait traversé tout l'Atlantique pour me soutenir. Oui, mais avec sa sœur. Et si c'était Alice qui l'y avait contraint ? Sauf que c'est à moi qu'il a fait écouter son prochain album. Pas à Alice. Pas à ses parents. Pas à des amis dont je ne connais même pas l'existence. A moi. Et puis, il y a une berceuse portant mon nom. Je lui ai inspiré les autres chansons, tant et si bien qu'il veut me dédier son album.
Je me torturais l'esprit encore et toujours. Vivre dans ces incertitudes est pire finalement que de vivre dans l'ignorance totale.
Les heures s'égrainèrent. Je repensais à ces moments passés ensembles, les analysant un à un. La petite voix optimiste tentant de trouver les indices allant dans le sens où Edward éprouverait les mêmes sentiments à mon égard. La petite voix pessimiste, ou réaliste, me rappelant toujours que chaque geste d'Edward n'est qu'une caractéristique naturelle de sa personnalité. Rien de particulier envers moi.
Les heures passèrent encore. Je commençais à voir l'aube au loin. Puis soudainement je compris quelque chose d'encore plus primordial. Peu importaient les sentiments d'Edward à mon égard. Ce n'était pas le plus important finalement. J'avais la chance inespérée de pouvoir déjà avoir son amitié qui vaut à elle seule tous les trésors du monde. Même si je ne pouvais espérer avoir mieux, je pouvais me contenter de cette amitié. Je préférais en fait avoir cette amitié que de ne rien avoir du tout.
Après tout, grâce à Edward j'étais vivante, dans tous les sens du terme. J'étais vivante physiquement, mais aussi psychologiquement. Il m'avait ramené peu à peu à la vie. Une des chansons de son dernier album me revint en mémoire. Alive. Peut-être que moi aussi je l'avais fait sentir plus vivant. Si seulement j'avais pu lui apporter le centuple de ce que lui m'avait donné, je pourrais m'estimer heureuse.
Et surtout, grâce à lui, j'aurai connu ce qu'est le vrai sentiment d'Amour. Qui peut se vanter de cela ? Qui peut se vanter d'avoir une relation telle que celle qu'Edward et moi partageons ? Ce sentiment que l'être en face pardonne toutes vos faiblesses. Cette osmose qui fait que nous nous comprenons d'un regard.
Je me sentis replonger dans les bras de Morphée. La nuit avait été longue et finalement je n'avais pas beaucoup dormi, plongée dans toutes ces réflexions. Des petits coups à ma porte me réveillèrent. Le jour était déjà bien levé.
- Hey la belle au bois dormant ! Comment vas-tu ma belle ?
Alice arriva en sautillant dans ma chambre. Je fus heureuse de la voir. J'allais peut-être avoir des nouvelles de son frère grâce à elle.
Je vis qu'elle attendait une réponse. Une vraie réponse. Alors je fis cet effort. Je ne pourrais pas être un moulin à parole, mais je crois que le plus dur était passé. Je pouvais à nouveau parler normalement ou presque. Au moins tenir une petite conversation.
- Mieux. Merci.
J'accompagnai mes deux petits mots d'un sourire qu'elle me rendit immédiatement.
- Je suis très heureuse d'entendre ta voix. Elle est très belle Bella. Mais promets-moi une chose. Plus jamais tu ne me refais une peur pareille. Je ne savais plus pour qui j'avais le plus peur : ma meilleure amie ou mon frère. Plus jamais vous ne me faites ce coup. Mais je dois aussi te dire que je te serai à jamais redevable. Tu as sauvé Edward et jamais je ne pourrai suffisamment te remercier.
Elle m'avait dit ça avec les larmes aux yeux. Je sus qu'elle était sincère. Alors je laissai parler mon cœur à mon tour.
- Tu plaisantes Alice ? Après tout ce que vous avez fait pour moi ? Ce n'est rien, crois moi. Rien du tout comparé à tout ce que vous m'avez apporté. D'ailleurs, comment va-t-il ?
Elle m'avait apporté la question sur un plateau d'argent.
- Il n'a pas plus que toi. Juste un petit traumatisme crânien, mais rien de grave. Tes parents sont en ce moment même en train de s'occuper de vos deux évasions respectives. Emmett n'a pas pu se libérer. Quoi qu'il en soit, nous rentrons tous chez toi. Par dieu je ne sais quel miracle, la présence d'Edward en France ne s'est pas encore ébruitée. Nous avions demandé à l'hôpital la plus grande discrétion, et la renommée de papa a certainement aidé. De plus, le nom sur le fichier n'est pas Masen mais Cullen, donc ça aide. Enfin bref je par je parle, mais normalement c'est toi qui devrait parler ainsi. Qu'est-ce que je suis contente que tu reparles ! Même si j'aurais préféré que ça revienne d'une manière différente ! Mais au fait ! Je ne t'ai pas raconté ! Hier le docteur Hale nous a accompagné à l'hôpital – d'ailleurs il faudra que tu l'appelles, il attend d'entendre ta voix avec beaucoup d'impatience – et il est resté avec moi alors que je stressais. Il ne m'a pas quitté d'une semelle. Du coup nous avons discuté encore et toujours. Grâce à lui je me sentais en confiance. Il me rassurait, et je dois avouer que je me raccrochais à lui comme à une bouée de sauvetage. Quoi qu'il en soit de fil en aiguille nous avons été amenés à parler de notre vie privée, et je lui ai raconté mon projet d'association avec sa sœur et mon idée de venir m'installer ici. Il m'a proposé de me faire visiter Paris comme il se doit. Il parait qu'il a toujours été passionné par l'histoire de la ville ! Tu te rends compte ! Je devrais avoir un rendez-vous avec lui ! Mais dis moi, ça ne te gêne pas au moins que je sorte avec ton thérapeute ? Non, sérieusement.
Mais comment fait-elle pour parler autant et aussi vite ? Je me suis toujours posé la question et je crois que je me la poserai jusqu'à la fin de ma vie. Je la regardai d'un air attendri. Elle avait vraiment l'air accroché à lui, et j'étais bien placée pour savoir que c'était un homme bien.
- Bien sur que non Alice. Il a vraiment l'air gentil et étrangement je crois que vous iriez bien ensembles.
- Youpi ! Tu es géniale Bella !
- Dis Alice, tu crois que tu pourrais me rendre un service ?
A n'en pas douter, j'étais cramoisie.
- Bien entendu ! Dis-moi tout !
- J'aimerais aller voir ton frère, pour savoir comment il va de mes propres yeux.
- Bien sur ! On refait le coup du fauteuil roulant ? Ne râle pas ! Je ne te laisse pas le choix ! Ce n'est pas le moment de draguer un infirmier qui passerait dans le couloir en te jetant dans ses bras car tu ne tiendras pas sur tes jolies jambes ! Allez hop ! En piste !
Elle alla chercher un fauteuil roulant dans le couloir. Au même moment, un médecin rentra.
- Seriez-vous en train de tenter une évasion intempestive ?
Je rougis à nouveau. C'était une jeune femme, la trentaine avec un sourire chaleureux. Je crois qu'elle était en train de se moquer de moi mais sur le ton de la taquinerie.
- Non, juste aller faire un tour pour repérer les issues et faire des plans.
- Je vois. Et bien désolée il faudra attendre un peu ! Vos parents n'attendent que mon aval pour vous faire évader par la voie légale, ça vaut le coup d'attendre un peu non ? Bien. Vous allez l'air d'aller mieux qu'hier. Des douleurs ?
- Non, je ne crois pas.
- En tous cas vous êtes plus présente. Hier vous étiez vraiment dans les vapes, mais c'était certainement le choc dû à l'accident, pas d'inquiétude à avoir. A priori tous vos examens sont bons. Je n'ai pas à m'opposer à votre sortie, mais je veux que vous me juriez que vous ne me cachez pas quelque chose.
Un cœur amoureux, ça compte ? Pendant son discours elle m'avait examiné et à première vue, j'avais été vraiment très chanceuse. A un point tel que j'en pris peur car cela ne me ressemblait pas. Normalement quand la poisse me prend, c'est jusqu'au bout. Pas de demi-mesure. Là j'avais eu cet accident, mais je m'en sortais avec presque rien.
- Non, je vous assure, et cela me surprend certainement plus que vous. Pour une fois j'ai eu une bonne étoile.
- Bien. Promettez-moi de vous reposer pendant au moins trois jours. Je sais que vous venez de reprendre les cours, mais j'insiste vraiment, et au moindre problème n'attendez pas pour consulter. On ne sait jamais. Promis ?
Elle avait levé ce sourcil suspicieux. Pour une fois j'aimais bien un médecin, enfin autre que le docteur Cullen mais il est à part. Elle semblait vraiment soucieuse pour la santé de ses patients, et cela rassure toujours. Je lui fis donc la promesse tant attendue.
Trente minutes plus tard, je me retrouvais dans la voiture avec ma mère. Mon père et Alice s'occupaient de l'évasion d'Edward qui se voulait la plus discrète possible. C'est entre autres pourquoi mes parents avaient pris deux voitures. Ils avaient aussi prétexté ne pas vouloir être à l'étroit alors qu'il y aura deux accidentés. Mais je compris vite qu'il n'y avait pas que ça quand ma mère prit un air sérieux alors qu'elle conduisait dans le silence.
- Ce que tu as fait hier était inconscient. Généreux mais inconscient. Nous avons eu tellement peur ma Bella ! Déjà il y a quelques mois nous avons cru que… Tu sais nous n'en avons pas reparlé, mais depuis deux jours nous essayions de te joindre avant qu'Edward ne nous téléphone. Et puis hier. Mais grâce à cela tu as reparlé. Ma chérie, tu es encore très fragile. Ton père et moi te connaissons mieux que tu ne le crois. Les regards que tu poses sur Edward… Tu n'as jamais eu les mêmes envers Jacob. Jamais ils n'ont reflété une telle intensité. Mais je veux que tu te rappelles que derrière cet homme merveilleux qu'est Edward Cullen, il y a aussi Edward Masen. Et j'ai peur que tu ne saches pas faire face à lui. A ce que cela implique.
Je décidai de l'arrêter là. Je savais tout ça. J'y avais pensé toute la nuit. Mais je fus surprise que mes sentiments à l'égard d'Edward soient aussi visibles. Alors que je venais tout juste de les comprendre.
- Maman j'ai conscience de tout ça. Je ne sais pas où j'en suis. Hier j'étais muette, déconnectée de tout et prisonnière de mon corps. Aujourd'hui je reparle, même si à chaque mot je dois faire un effort surhumain. Je me sens vivante, et je sais que c'est grâce à lui. A lui, à Alice, à Emmett et à vous deux. Mais je dois avouer, surtout grâce à lui. Je n'attends rien pourtant. J'ai appris à vivre au jour le jour. Ça va aller maintenant. Je peux difficilement descendre plus bas que ce que je suis déjà tombée. Ne t'inquiète pas. Si j'ai survécu à ça, tout devrait bien aller maintenant. Je t'aime maman.
Ses larmes avaient coulé sur sa joue. Elle me lança un regard rempli de fierté alors qu'elle arrêtait la voiture devant la maison. Les autres n'étaient pas encore arrivés.
Nous sortîmes et je me préparai un chocolat chaud en attendant l'arrivée des derniers occupants de la maisonnée. J'appréhendais vraiment ma retrouvaille avec Edward car j'avais beau dire ce que je voulais, ma révélation allait tout changer.
