A comme Avengers
Comme il l'avait dit, Steve arriva la semaine suivante. Tony et lui n'avaient parlé à personne de leur flirt, si bien que les autres membres du groupe considérèrent son arrivée à la Tour comme tout à fait logique et en furent ravis.
Les choses tournèrent comme Tony les avaient décrites : Steve passait du temps avec ses amis, tandis que Stark lui laissait de l'espace. Quoiqu'assez froide entre les deux hommes au début, l'ambiance finit par s'améliorer avec le temps. Tony tentait de plus en plus de discuter avec Steve, comme ils le faisaient auparavant, et le blond faisait un effort pour être le plus naturel possible, mais une gêne restait présente entre eux. Comme un conflit non résolu. Ou un baiser pas oublié.
Un soir, Tony monta à l'étage commun pour y chercher à manger, car il n'ignorait pas qu'il restait des délicieuses pâtes que Bruce avait cuisinées la veille. A sa grande joie, il avait découvert que ce type était un vrai cordon-bleu.
Il savait que Natasha et Clint étaient partis au resto, et que Banner travaillait encore. Thor n'était pas là pour le moment et il pensait que Steve était en plein entraînement à cette heure-là. Il sursauta donc quand il tomba sur le soldat dans le salon.
Le blond était assis sur le sofa et dessinait dans son carnet. Quand il aperçut Tony, il s'empressa de refermer son livre.
- Bonsoir, Tony, dit-il, un peu gêné.
- Salut, lui répondu l'ingénieur.
Steve s'apprêtait à quitter la pièce, probablement pour aller dessiner tranquillement ailleurs, mais Tony le retint :
- Attends, dit-il. J'allais me réchauffer un plat des pâtes aux lardons de Bruce, tu veux une assiette ?
En finissant sa phrase, Tony se rendit compte que c'était idiot. Steve n'accepterait jamais plus de dîner en tête à tête avec lui. La dernière fois que c'était arrivé, il lui avait sauté dessus et le soldat s'était enfui. Autant demander un retour dans le passé.
Mais à son grand étonnement, Steve accepta.
- Pourquoi pas, dit-il. Je n'avais pas encore réfléchi à ce que j'allais manger, alors...
Tony sortit les pâtes du frigo et les distribua sur deux assiettes qu'il mit à réchauffer.
- Tu veux du fromage ? demanda-t-il à Steve.
- Oui, répondit le blond avec un léger sourire. Je veux bien, merci.
Tony rajouta le fromage, puis servit les deux assiettes et tendit des couverts et un verre à son ami.
Un silence gêné s'installa et ils mangèrent sans rien dire, eux qui avaient pourtant l'habitude de se raconter tellement de choses. Quand la tension devint trop insupportable, Tony rompit le silence et tenta de faire bonne figure.
- Alors, dit-il, tu aimes vivre ici ?
Steve leva la tête et déposa sa fourchette.
- Assez, oui. Je dois reconnaître que tout ce que tu m'avais promis est bien là. Et je n'avais jamais eu une aussi grande chambre.
Tony sourit et hocha la tête avant de recommencer à manger. Mais Steve ne l'imita pas.
- Merci, poursuit-il timidement.
- Pourquoi ? demanda le brun, la bouche pleine.
- Et bien, je vis chez toi. C'est ton électricité, ton eau, et tu ne me fais rien payer du tout, alors, je crois que te remercier est la moindre des choses.
Tony balaya sa remarque de la main.
- Oh, c'est rien.
- Je suis sérieux, Tony, je n'ai pas toujours été... Enfin je ne me suis pas toujours montré reconnaissant, et pourtant je le suis, et je tenais à te le dire.
Tony sourit. Ce fut le premier sourire sincère et non gêné que Steve vit depuis qu'ils s'étaient embrassés. Et il ne put s'empêcher de se dire que ça lui avait manqué.
- Au fait, tu as fini de rénover le bâtiment ? demanda-t-il.
- Oui.
- Dans ce cas, pourquoi la seule lettre inscrite sur ta Tour est toujours le même A qui a survécu à l'attaque de New-York ?
- Et bien, je comptais faire réécrire Stark, et puis j'ai eu une meilleure idée. J'ai rebaptisée la Tour Stark en Tour Avengers. Donc le A est suffisant.
Steve en fut surpris mais pas désagréablement.
- Je n'y aurais jamais pensé, dit-il en riant légèrement. Et en quel honneur a-t-on droit à une tour ?
- Et bien, si vous n'aviez pas été là, la Tour n'existerait même plus dans le paysage de Manhattan, alors je vous devais bien ça.
- Ne minimise pas ton rôle, c'était un travail d'équipe. Et tu as sauvé la ville.
En tant normal, Tony aurait probablement répondu par l'affirmative, profitant du compliment du Captain pour souligner le fait qu'il se savait indispensable à l'équipe. Mais il se retint et tenta une approche plus modeste, qui agacerait probablement moins le soldat.
- Nous avons sauvé la ville ensemble, rétorqua-t-il.
Et en effet, Steve sembla apprécier sa réponse, puisqu'un large sourire se dessina sur ses lèvres. Le blond attrapa son verre et le tendit vers l'ingénieur.
- Et bien, dit-il, à nous, alors.
Le brun lui rendit son sourire et tendit à son tour son verre pour aller cogner légèrement celui de son ami.
- A nous.
Steve but une gorgée d'eau, tandis que Tony vida son verre de whisky, puis le redéposa bruyamment et dit au blond avant d'avoir eu le temps de le regretter :
- Steve, je ne veux plus de gêne entre nous.
Le soldat hésita quelques secondes, secondes pendant lesquelles Tony se liquéfia littéralement sur place, de peur d'avoir gâché tous les efforts qu'il avait faits depuis que Steve avait emménagé. Cependant, le blond finit par sourire timidement et lui tendit la main.
- Amis ? dit-il.
Tony s'empressa de répondre à sa poignée de main et répondit, avec un soulagement audible dans la voix :
- Amis.
Toutefois, le frison qui parcouru son corps au contact de la peau douce de Steve laissa entendre qu'il ne s'agissait pas uniquement d'amitié pour lui, et il le savait. En revanche, ce qu'il ignorait, c'est que le soldat avait ressenti exactement la même chose. A la seule différence près que lui avait immédiatement remis cette émotion sur le compte d'un courant d'air qui traversait la pièce. Même s'il savait pertinemment qu'il n'était plus sensible aux courants d'air depuis longtemps.
Alors, que pensez-vous de ce nouveau chapitre ?
Merci encore une fois à tous (et également aux guests auxquels je ne sais pas répondre) pour vos reviews ! :)
