MusiQ
Note de l'auteur : Et non vous ne rêvez pas, j'ai mis seulement une semaine à poster un nouveau chapitre, c'est une sorte de miracle. Pour tout dire, je l'ai écrit il y a maintenant exactement un an, mais comme j'avais cafouillé dans l'ordre des films en commençant par le 10, le 12 et le 14, et j'ai dû attendre d'avoir écrit tous ceux qu'il y avait avant pour le poster. Bref, j'espère que ce chapitre vous plaira, même s'il commence à être un peu vieux et que j'ai l'impression que mon style et ma perception des personnages ont depuis légèrement évolué...
Disclaimer : Merci à Carole Bayer Sager pour les paroles, à Marvin Hamlisch pour la musique et à Carly Simon pour l'interprétation.
Rating : K+ (pour ce chapitre)
Bonne lecture !
Chapitre 11 : Nobody Does It Better - L'Espion qui m'aimait
Au cours de sa carrière, James avait eu l'occasion de rencontrer les meilleurs. Le meilleur tireur, à qui il devait une magnifique cicatrice sur l'épaule droite, la meilleure interprète, qui savait parler pas moins de quinze langues et autant de dialectes, la meilleure joueuse de poker, son compte en banque et son ego s'en souvenaient encore, le meilleur mégalomane, même si l'adjectif pouvait dans ce cas être discuté, et la liste continuait encore et encore.
Lui-même était considéré par beaucoup comme le meilleur espion que le MI6 ait jamais connu, quoique pour d'autres il fut de loin le pire. Et il aurait eu bien du mal à dire lequel des deux groupes avait raison, surtout depuis qu'un certain Quartermaster se plaisait à lui rappeler constamment qu'il était la pire catastrophe qui ait jamais mis les pieds dans le secteur technologique. Secteur dont il avait d'ailleurs été banni plusieurs fois à cause de sa manie de toucher à tout, mais dans lequel il arrivait toujours à se ré-introduire pour recommencer. C'était que les grands criminels se faisaient rares, et qu'il avait parfois bien du mal à trouver de quoi se changer les idées.
James était actuellement dans son bureau, dont il avait totalement ignoré l'existence jusqu'à très récemment, et feuilletait d'un œil distrait les dossiers qui lui avaient été remis et qu'il était censé apprendre pour sa prochaine mission. En soupirant bruyamment, il s'en détourna, de toute façon, il aurait sans doute une oreillette et Q lui dirait en temps réel exactement ce qu'il avait besoin de savoir. Jusqu'à ce qu'il ait à sortir son pistolet et tout casser pour s'en sortir, comme d'habitude.
Pour passer le temps, il laissa ses pensées vagabonder vers le Quartermaster qu'il avait encore réussi à exaspérer en moins de cinq minutes le matin même. Personne ne le faisait mieux que lui. Pas même 005, qui pensait toujours qu'il avait une chance avec le brun alors qu'il avait été violemment repoussé des dizaines de fois, dont une avait impliqué des boutons de manchettes électriques, soit par le brun, soit par le blond, qui n'aimait pas le voir tourner autour de ce qui était à lui. Parce que pour tout le monde, clairement, Q était devenu la chasse gardée de James Bond. Sauf pour 005. Qui devait vraiment avoir un problème.
Souvent, James se demandait comment Q et lui faisaient pour tenir. Quand ils s'étaient mis ensemble deux ans auparavant, ils ne l'avaient dit à personne et donc bien sûr tout le monde n'avait bientôt parlé que de ça. Des paris avaient été lancés au sein du MI6 pour savoir combien de temps ils tiendraient. C'était Eve qui avait remporté le jackpot en disant que ça durerait jusqu'à ce que James se fasse descendre par l'un des innombrables tueurs qui voulaient sa peau, ou par Q, au choix. James rit légèrement en repensant à la tête que Q avait faite quand Eve le leur avait annoncé. Celui-ci avait grommelé que s'il continuait à faire le contraire de ce qu'il disait via oreillette, ça risquait d'arriver plus vite qu'on ne le pensait. Il n'aimait vraiment pas être contredit. Heureusement qu'il était le meilleur Quartermaster que le MI6 ait jamais connu, et que cela n'arrivait que rarement.
James avait été le premier surpris de voir qu'ils s'entendaient si bien. Que malgré les accrochages fréquents, souvent orchestrés par eux car ils aimaient se donner en spectacle, plus les jours passaient et mieux ça allait. James n'avait jamais ressenti ça avec les femmes, pourtant nombreuses, qu'il avait connues au cours de sa vie. La liste était d'ailleurs longue des choses que Q faisait mieux que personne, du moins à ses yeux.
Q savait exactement comment être le plus efficace possible pour le guider lors des missions qu'il effectuait. C'était presque comme s'il s'agissait de ses propres pensées et pas de celles d'un homme à des kilomètres de là. Lorsqu'il s'agissait de trouver un itinéraire, Q était le plus rapide, même s'il découvrait tout juste l'organisation des lieux. Il n'était pas rare d'ailleurs qu'il fasse autre chose en même temps, même quand il y allait de la vie de l'espion. Son sens des priorités était assez particulier.
Q était celui qui rabattait le mieux son caquet à M. Il était loin le temps où le timide Quartermaster avait fait son entrée au MI6. Maintenant, il avait dans les membres du secteur technologique une véritable armée, qu'il était seul à pouvoir vraiment contrôler, et qu'il n'hésiterait pas à lâcher sur quiconque voudrait s'opposer à la manière dont il voyait les choses. M aurait dû le virer quand il était encore temps, pensait James en souriant, maintenant c'était trop tard.
Q fabriquait les meilleurs codes. Après l'affaire Silva, il s'était enfermé dans son bureau et en l'espace d'une semaine, il avait refait l'intégralité du système informatique du MI6, dans lequel il était maintenant le seul à pouvoir entrer. Il choisissait ceux à qui il donnait les codes d'accès, et il devait désormais se classer dans le top cinq des hommes avec les meilleurs moyens de pression du monde. Heureusement qu'il avait, à l'insu de tous, confié à James la clé du coffre dans lequel il avait caché le manuel de décodage avec les instructions. Il n'était pas totalement fou non plus.
Q faisait les meilleurs scones. Ça n'avait rien à voir, mais c'était franchement appréciable. Quand il en ramenait au bureau, il pouvait être sûr qu'ils disparaîtraient dans les cinq premières minutes. Il avait même dit à l'espion qu'il attendait un peu avant de commencer à les vendre, quand les autres ne pourraient plus s'en passer. Parfois, Q était un peu effrayant.
Mais quand James se réveillait au milieu de la nuit, haletant, après avoir vu une fois de plus les corps ensanglantés de ceux qui avaient été ses amis ou le visage sans vie de Vesper, Q savait exactement quoi dire, quoi faire, pour qu'il puisse laisser derrière lui les songes, et qu'il rejoigne le monde des vivants. Et il savait aussi le gérer après, quand il était furieux contre lui-même parce qu'il n'aimait pas du tout se replonger dans le passé. N'importe qui d'autre aurait abandonné son cas depuis longtemps, mais pas lui, son côté têtu sans doute, se dit James. Parfois, ça l'effrayait même, de voir à quel point il était rapidement devenu dépendant de ce maigrichon à lunettes aux cheveux ébouriffés. Il se souvenait encore de la terreur qu'il avait ressentie quelques semaines plus tôt lorsque celui-ci s'était fait enlever, heureusement peu de temps.
Un voyant rouge s'alluma sur son bureau, et l'espion secoua la tête pour chasser ces idées noires en se levant pour rejoindre le Quartermaster qui devait encore avoir quelque chose à lui dire à propos de l'équipement. Il sourit en refermant la porte derrière lui et se dirigea vers le sous-sol nonchalamment, les mains dans les poches.
o0o
Q fulminait en grommelant pour lui même dans son bureau. Il n'y était pas souvent, lui préférant le secteur technologique où il était entouré de ses collègues. Peu à peu, son bureau était devenu une sorte de laboratoire où il entreposait tout un tas de choses inutiles, et où il lui arrivait de dormir, lorsque James était en mission et qu'il restait au MI6 plusieurs jours.
Il n'entendit pas la porte s'ouvrir, pas plus qu'il n'entendit quelqu'un rentrer.
« Tu voulais me voir ? demanda une voix très bien connue.
- Oui ! rétorqua Q en cachant dans son exclamation son cri de surprise. Tu peux récupérer ton arme, ajouta-t-il plus calmement en montrant vaguement la table de la main gauche.
- C'est tout ? répliqua James, en haussant un sourcil.
- En fait non, continua Q un sourire en coin. Je voulais aussi te dire que 005 s'est montré assez...entreprenant tout à l'heure. Je sais que tu n'aimes pas trop être coincé sans rien avoir à faire au MI6 donc si tu as besoin de passer tes nerfs sur quelque chose... finit-il d'un air entendu.
- Je vois que tu me connais bien, répondit l'espion. Il n'a toujours pas compris ? Dans le genre insupportable, on ne fait pas mieux que lui.
- Et on ne fait pas mieux que toi pour la destruction de l'équipement, renchérit Q, lui au moins me le rend en bon état.
- C'est lui qui ne sera pas en bon état quand j'en aurais fini avec lui », murmura James entre ses dents.
Le brun sourit légèrement à ses mots, et se retourna. Il prit le temps d'embrasser le blond avant de susurrer à son oreille en le repoussant doucement vers la porte :
« Ne t'en fais pas, tu es meilleur que lui sur bien d'autres points. »
Avant que James n'ait eu le temps de répondre et surtout d'assimiler ce que Q venait de lui dire, il se retrouva le nez collé à la porte avec son arme dans la main droite. Est-ce qu'il devait comprendre que son amant avait... ? Avec cet abruti ? Non ?
Il tourna les talons d'un pas rageur, et commença à chercher l'idiot qui pourrait vraiment répondre à ses questions. Parce que non content de les éluder, Q était aussi le meilleur pour lui faire perdre ses moyens et le rendre incapable d'en poser.
Et voilà ! Ce n'est pas le chapitre dont je suis le plus satisfaite, je le trouve légèrement bancal, mais je n'avais pas le coeur à le réécrire complètement, j'ai juste corrigé ce qui me frappait le plus. J'espère qu'il vous à plu quand même et comme d'habitude, les remarques sont les bienvenues... ;-)
Je vous dis à très vite pour Moonraker (qui me donne bien du fil à retordre).
