- Il a trop joué avec sa santé. C'est son gros défaut, il dit toujours que tout va bien.
Kévin soupira et porta son attention sur sa bouteille de bière, l'air dépité. Il venait d'annoncer à Dean et Castiel que Garth était malade, une mononucléose qui n'avait pas été soignée et qui avait dégénérée en grave problème respiratoire.
C'est le jeune asiatique qui avait insisté pour que son ami passe des examens médicaux et depuis que la nouvelle était tombée, il passait tout son temps libre à le soigner.
- Ca va aller, mec. Tenta de le rassurer Dean. Il va se mettre sur « off » un moment et ça ira…
Lena, jusque là devant la télévision, s'approcha et grimpa sur les genoux de Kévin. Elle se blottit contre lui et il la serra très fort.
Dean ne pouvait s'empêcher d'avoir un petit sourire à chaque fois qu'il voyait sa fille : elle venait de fêter ses 2ans1/2. Avec ses cheveux blonds bouclés et ses robes de princesse (ce qu'encourageait Castiel,au grand désespoir du Winchester),elle semblait tout droit sortie d'un Disney. C'était une enfant souriante et blagueuse, essentiellement quand elle était avec son cousin Olson. Mais les deux traits dominants de son caractère étaient l'empathie et la tendresse. Il ne fut donc pas surpris quand elle demanda
- Tonton 'in est triste ?
- Oui. Tonton Garth est malade.
- Mais tu es docteur. Tu vas le soigner.
- Bien sûr. Mais il est très malade. Ca prendra longtemps.
Les larmes lui montèrent aux yeux et il prit une grande inspiration pour se calmer.
- Et le boulot ? Demanda Dean.
- Krissy s'en occupe.
Castiel prit la main de Dean et ils échangèrent un rapide regard, même si la vie de chasseur était derrière eux, ils ne pouvaient pas abandonner leurs amis.
- Si elle a besoin d'aide, on est là.
Mais il s'avéra que Krissy n'avait besoin de personne.

Trois semaines plus tard, c'était un grand moment pour Lena : elle entrait à l'école maternelle. Pour ce jour spécial, ses pères avaient pris congé. Quand Dean se leva, sa petite famille déjeunait déjà. Il embrassa Lena sur le front en s'installant et se servit du café.
- T'as pas fait un bisou à papa Cas' ! Lui reprocha sa fille.
Le couple essaya de cacher leurs sourires c'était un jeux qu'ils adoraient : ils s'ignoraient et immanquablement leur fille leur faisait une remarque, presque énervée. Son premier mot avait d'ailleurs était « câlin ».
Dean s'approcha de l'ex ange pour l'embrasser rapidement mais Lena poussa leurs têtes l'une contre l'autre.
- Lena va s'habiller pendant le long bisou. Une belle robe rose avec…
- Pas de robe de princesse aujourd'hui, Lena. Lui dit Castiel.
- Mais une robe rose quand même ! Protesta-t-elle en s'enfuyant dans sa chambre.
Une demie heure plus tard, ils étaient tout trois devant la porte principale de l'école.
- Prête Lena ? Lui demanda Dean en prenant sa main.
- Oui ! Et bientôt, j'irai dans l'école de papa Cas' !
- Encore longtemps, ma chérie. Lui dit celui-ci.
Ils entrèrent et furent accueilli par l'institutrice. Ils parlèrent quelques minutes avec elle quand Dean les repéra. Ils avaient appris à les reconnaitre, comme il l'avait fait pour les démons. Deux femmes, accompagnées chacune par un petit garçon ne cessaient de les dévisager en parlant tout bas.
Et quand l'institutrice les quitta pour s'occuper d'un autre élève, les murmures devinrent des paroles distinctes. Et il sut qu'il avait raison : elles étaient de ces mères de famille qui pensaient que leur couple n'avait pas le droit à un enfant, elles devaient sûrement même pensé qu'ils n'avaient même pas le droit de s'aimer. Ce genre de personnes, encore fréquent, le dégoutait plus que tout mais Castiel et lui avaient appris à les ignorer. Ils ne voulaient toutefois pas que Lena doive affronter cette méchanceté, surtout un jour aussi important pour elle. Il se tourna vers son mari, pour lui conseiller de s'éloigner mais celui-ci s'approcha des deux femmes.
- Un problème, mesdames ? Demanda l'ancien soldat de Dieu, d'un ton froid.
Elles rougirent mais il ne les laissa pas parler.
- Ne critiquez jamais ma famille car les vôtres ne sont sûrement pas si parfaites que vous voulez le montrer. Vous devez tellement vous ennuyer que vous critiquez le bonheur des autres. La tolérance est une part importante de l'éducation, ne l'oubliez jamais.
Il s'éloigna d'elles puis prit Lena dans ses bras pour l'emmener dans sa nouvelle classe. Dean resta médusé quelques secondes puis adressa son plus grand sourire aux deux femmes.
Lena pleura un peu dans les bras du grand blond quand ils la quittèrent, il lui promit, tout bas, un gâteau au chocolat pour le goûter.
- Dean, as-tu conscience que notre fille de 2 ans ½ te manipule ? Lui demanda Castiel quand ils furent dans la voiture.
Dean haussa les épaules et démarra. Bien sur qu'il le savait.

Deux mois plus tard, l'état de Garth demeurait stable et l'espoir apparut. Mais Kévin,lui,n'allait pas bien : son temps était partagé entre l'hôpital et Garth. Délaissée, Amanda l'avait quitté et il se remettait difficilement de cette rupture. Un jour, Sam lui dit qu'il avait l'impression de revenir des années en arrière, quand le prophète traduisait les tablettes. Ce dernier se contenta de répondre que la santé de son ami était aussi important que la traduction des écrits de Dieu.
Ce samedi matin là, Dean se réveilla dans le calme puis jeta un œil au réveil : 7h00. Il allait être en retard.
- Putain de merde ! S'exclama-t-l en se levant.
Puis, il s'inquiéta pour Lena. Celle-ci avait l'habitude, les samedi, de le réveiller par des chatouilles avant de prendre sa place dans le lit conjugale
- Avec Charlie et Jack. Week-end tout les trois. Expliqua la voix ensommeillée de Cas',sans que Dean n'ait posé la question.
- Ah wé…C'est vrai.
En regardant son mari, l'ancien chasseur eut une idée. Il se remit au lit, mais cette fois, le corps contre celui de Castiel.
- Dean, tu es déjà en retard. Dit celui-ci en ouvrant grand les yeux.
- Je m'en fous…C'est moi le boss.
Dean lui embrassa le cou, son protecteur gémit. Ce dernier entoura ses hanches avec ses jambes et plaqua son amant encore plus contre lui.
- Cas'…Lui Dit Dean, dans un souffle. Je voudrai un autre enfant.
- D'accord, Dean.
Ce dernier s'arrêta et releva la tête.
- Je suis sérieux.
- Moi aussi, Dean. Mais s'il te plait, remettons cette discussion à ce soir. Je souhaiterai continuer ce que nous avons commencé.
La conservation fut donc remise au soir, Castiel se montra ravi de l'envie de Dean et sortit les documents qu'il avait déjà préparé. La semaine suivante, ils comptaient déposer un nouveau dossier. Ils passèrent la soirée rien que tout les deux, comme ils en avaient rarement l'occasion.

Ce soir là, quand ils allèrent se coucher, Dean oublia de remettre du sel sur le pas de la porte et de vérifier les pièges anti-démons. Ce soir là, pour la première fois de sa vie, il se sentait en totale confiance. Castiel le remarqua mais ne dit rien, il se contenta de s'endormir, le sourire aux lèvres.