Chapitre 10 : opération récupération Eren

le 24 juillet 2012

Mon Cher Ami, le journal,

Ce matin, je suis allé au commissariat avec Levi. Cela m'a paru bizarre, et même angoissant. Il faut dire que depuis que je suis revenu chez lui rien est vraiment pareil. Il ne me touche à peine, mais s'inquiète de tout.

Parler ce matin de ce qui s'est passé quelques jours plus tôt est encore difficile. Certes, mon corps porte encore les stigmates de ces quelques heures qui ont paru durer une éternité. J'ai donc raconté tout ce qui s'est passé durant les quelques heures et surtout ce que je me souviens, vu que mon cerveau c'était plus d'une fois déconnecté. Le commissaire qui prend ma plainte a déjà en mains le rapport médical délivré par Mike. Il le lit à voix haute et les 12 pages de lecture me donnent la nausée. Je finis par me lever et partir en courant, ne voulant plus supporter cela. Levi m'a retrouvé à croupie, la tête dans la cuvette, rendant les tripes vides de tout. Il m'a aidé à me relever, mais il ne m'a pas serré dans ses bras. Je ressens un vide en moi. J'ai besoin qu'il me sert contre lui.

Il me donne l'impression d'être dégoûté de ce que je suis. Il m'aide à retourner auprès du commissaire et on finit rapidement le dépôt de plainte. On est allé voir ensuite un avocat que je suis sûr, je n'aurais jamais les moyens de me payer. Il nous explique la procédure qui va être mise en place et nous prévient que ce genre de procès peut être long, surtout si en face, il a les moyens de se prendre un avocat. Il prévient que l'on doit être irréprochable. Là, d'un coup, je flippe un peu, car je me rappelle des conneries que j'ai faites étant plus jeunes.

Il est plus de midi quand on retourne à l'appartement, il s'excuse et repart travailler. Du coup me voilà seul avec toi mon journal. Seul avec mes pensées les plus noires. Je ne sais pas pourquoi, mais j'ai envie de partir loin, très loin d'un coup. J'ai envie qu'on m'oublie.

Oui voilà, c'est ce que je vais faire. Je te dis à plus tard mon journal.

Le 25 juillet 2012

Me re voilà mon journal et tu vas rire, mais je suis de nouveau chez Levi. J'ai bien fui, mais voilà ça ne s'est pas passé comme je le pensais.

Après avoir pris l'ascenseur jusqu'aux premiers étages, j'ai fini le reste à pieds. Je sais très bien que Levi a mis un garde du corps en bas de l'ascenseur. Je ne suis pas débile à ce point. J'arrive enfin à me glisser hors du bâtiment grâce à l'entrée de service. Là, je me dirige vers la grande rue et j'appelle un taxi. Je monte dedans et je lui donne mon adresse.

Arrivé chez moi, je tombe sur Mikasa, qui limite essaye de me tuer en me prenant dans ses bras, soulagée de me voir en un morceau. Je me suis demandé un moment ce que Levi avait bien pu lui dire. Elle me demande d'où viennent mes bleus au visage et je lui réponds que je suis tellement maladroit comme à mon habitude que j'ai glissée dans la douche de l'hôtel. Elle n'insiste pas et me traîne jusqu'à ma chambre et me dit de me reposer.

À ce moment-là, je réalise que je suis vraiment fatigué et je m'endors à peine la tête sur l'oreiller. Je remarque à peine ma chambre complètement rangée, alors que la dernière fois, elle était sans dessus dessous.

Ce qui m'a sorti de mon sommeil, ce sont les hurlements de deux voix que je ne connaissais que trop bien. L'une appartient à ma sœur et l'autre à mon amant. Des quelques mots que j'entendais distinctement, Mikasa, l'empêchait de venir me voir. Depuis que je le fréquentais, je savais qu'au ton de sa voix, il ne fallait pas le chercher plus, il serait capable de faire un meurtre. En y pensant bien, ma sœur aussi. D'un coup des sueurs froides me coulent le long du cou et je me dépêche de descendre les escaliers.

Il est là, il se tient devant moi, ses yeux rétrécis par la colère. Je déglutis difficilement. Ma sœur se retourne, m'aperçoit et se déplace pour faire barrage de son corps. Je la remercie intérieurement, mais il est préférable que j'éloigne Levi d'elle. Je la contourne et tire le bras de Levi, que j'entraîne dans ma chambre. Je ferme ma porte de chambre à clefs et d'un coup, je réalise que j'ai peut-être commis une erreur. Il est en face de moi, me regarde avec ses yeux vides de toutes émotions. Dans ces moments-là, il est plus qu'effrayant.

On se regarde, aucun de nous deux ne baisse les yeux en premier.

- Pourquoi t'es partie ?

Voilà la question tant redoutée est tombée. Et là comme un con, je ne sais pas quoi lui dire.

- Pourquoi t'es partie, réponds bordel !

À cet instant, je retrouve mon courage et je lui lance :

- Pourquoi toi es-tu venu ici ?

Il me regarde l'air étonné.

- Pour te chercher et te ramener.

- Pourquoi ? Ma voix commence à se casser. Non, je dois tenir le coup face à lui et ne pas montrer qu'il est devenu en un mois ma faiblesse.

- Parce que tu m'appartiens.

Et là, je ne peux plus arrêter mes paroles qui sortent de ma bouche.

- Non, je ne t'appartiens pas. Je n'appartiens à personne, même pas à moi. J'suis qu'un minable qui a toujours besoin de quelqu'un pour le sortir de la merde. J'suis qu'une merde qui n'a pas su se défendre quand il s'est fait violer pendant des heures. J'suis qu'un type dégueulasse qui s'est fait déchirer le cul par un connard de blond. J'suis un type qui écoeure tout le monde, et même toi. Oui, je suis parti pour éviter de m'attacher plus que je ne le suis à toi. Ça fait un mois qu'on se connaît, mais en un mois, il s'est passé énormément de chose et depuis que je suis sorti de l'hôpital, beaucoup de choses ont encore changé. Tu ne t'approches plus de moi. Tu m'évites comme la peste. Et tu veux que je reste avec toi. Il faut être malade pour le faire.

Il me regarde. Ses yeux montrent tellement d'émotions différentes. Je n'ai pas le temps de comprendre ce qui se passe que je me retrouve plaqué sur mon lit, Levi au-dessus de moi. Il me maintient les poignets au niveau de ma tête. Il me regarde durement. Il est à deux doigts d'exploser, je crois.

- Tu vas arrêter de dire des conneries tout de suite Eren (sa respiration est difficile). Tu vas m'écouter et faire rentrer tout ça dans ta petite tête de gamin capricieux et égoïste. Tu n'es pas un minable sans défense. Tu n'es pas une merde ni un gros dégueulasse (oh quand j'ai dit que j'étais un gros dégueulasse ?). C'est l'autre connard d'Erwin qui l'est et il va payer pour ça et si la justice ne le condamne pas, j'irai le buter de mes propres mains. Non, tu ne m'écoeures pas. Tu sais pourquoi je ne te touche pas en ce moment. C'est parce que je ne veux pas te faire de mal. Putain de merde, t'as été blessé par ma faute et tu veux que je te saute dessus alors que tes cicatrices ne sont peut-être pas complètement refermés. Et mes sentiments, tu en fais quoi hein? Eren Jaeger ! (ça y est-il explose littéralement et chaque phrase et comme une flèche tirée en plein coeur). Maintenant, tu vas arrêter tes caprices à deux balles et tu rentres à la maison avec moi.

J'suis pire qu'une gonzesse et je me mets à chialer. Je ne peux plus m'arrêter. Soudain, je sens ses lèvres sur les miennes. Le baiser est si doux. Je lui rends l'appareil et mes larmes commencent à s'arrêter. Il ne quitte mes lèvres qu'une fois que j'ai fini de pleurer. Il s'effondre sur moi. Sa bouche près de mon oreille.

- Ne me laisse plus jamais seul Eren.

Il ne m'a pas dit qu'il m'aimait, et il ne le dira jamais. Mais cette phrase, c'est l'équivalent. Moi, je n'ai pas peur de lui dire.

- Je t'aime Levi.

Nos lèvres se rejoignent à nouveau pour un nouveau ballet. Il a fallu plus d'une heure pour quitter la chambre. Non mon journal, nous n'avons rien fait que nous embrasser et nous tenir l'un contre l'autre sans un mot.

Quand on redescend, je croise ma sœur et je lui souris. Je la rassure et je lui dis que je lui donnerai souvent des nouvelles. Je monte dans la grosse voiture avec chauffeur et je retourne vers mon nouveau chez moi.

Voilà Journal, tu sais maintenant pourquoi je suis revenu ici. Ma fugue n'aura pas duré très longtemps, je l'avoue.

Bon par contre une fois ici, j'ai trinqué. Levi ne m'a pas ménagé sexuellement. Faut dire qu'entre l'émotion et la retenue de ses derniers jours, j'ai l'impression de le sentir encore au plus profond de moi. Je ne peux même plus m'asseoir.

Note à moi-même : ne plus jamais énervé Levi, les conséquences pourraient être lourdes.

25 juillet 2012

Non mais quel imbécile. Il est vraiment con des fois. J'ai cru que je le tuais sur place. Non mais qu'est-ce qui lui est passé par la tête pour oser se barrer sans un mot et prétendre que je ne l'aime plus. Il va me tuer avant l'âge s'il continue. Pour rien au monde, je ne laisserai partir.

Dire que quand Erd a débarqué dans mon bureau pour m'annoncer que le gamin avait filé par la porte de derrière, mon sang n'a fait qu'un tour. Je voyais bien que quelque chose clochait. Mais moi et les discours ça fait deux. Pourtant, il le sait que je ne suis pas très expressif.

Grâce au GPS du gamin, on l'a suivi à la trace. Je me doutais bien qu'il allât retourner dans sa famille et cela n'a pas loupé. J'ai toqué à la porte et voilà que je me fais accueillir par une folle qui n'es d'autre que sa sœur. À côté, Hansi est un ange.

Elle veut m'empêcher de voir Eren, m'accusant de tout ce qui arrive à son frère. Je ne me laisse pas faire et je suis à deux doigts de la claquer contre le mur, quand j'aperçois Eren en haut des marches qui me regarde comme si je venais de sortir de tombe.

Sa sœur veut m'empêcher de l'approcher et là, il fait une chose que je ne pensais pas capable qu'il fasse. Il contourne sa sœur, me tire par le bras et m'emmène dans sa chambre.

Ils nous enferment à clefs à l'intérieur. Je regarde au tour. Mais ce n'est pas une chambre ça! C'est un dépotoir ambulant. Cet endroit m'écoeure. Mais il faut que je clarifie les choses avec Eren avant de faire le moindre commentaire sur ce qu'il appelle sa maison. Dire qu'il a fui le confort pour ce trou à rat.

Je le regarde et je finis par lui demander pourquoi. Je dois lui demander deux fois avant qu'il ne réagisse enfin et là, il me déballe tout un tas de débilité. Je me suis vu le moment où je lui foutais ma main dans la face pour sortir autant de connerie en 2 minutes.

Quand il a fini, je le saisis et l'envoi valser sur le lit. Je le maîtrise aisément et je rectifie la moindre de ses paroles. À la fin, il pleure se rendant compte de la connerie qu'il a faite. Je n'aime pas le voir pleurer, mais si ça lui remet les idées en place tant mieux.

Je finis par le libérer et je m'assois à côté de lui. Il se redresse et blottit contre moi. Je capture ses lèvres, il entrouvre sa bouche. Cela m'avait tellement manqué. J'ai envie de le faire miens, ici et maintenant, mais la réalité est trop dure et je préfère attendre que l'on soit chez nous. Oui chez nous et il n'y aura jamais rien d'autre que notre appartement à nous deux.

Je finis par me lever et on s'en va de ce taudis. Dans la voiture, je ne peux déjà plus me retenir. Je ferme la vitre teintée et j'attire sans plus attendre Eren jusqu'à moi. Nous nous échangeons des baisers violents. Il n'y a pas de douceur. Je lui baisse suffisamment son pantalon et son boxer. Il ouvre mon pantalon et fait sortir mon sexe. Il se place au-dessus de moi. Je n'ai pas le temps de le préparer qu'il s'empale sur moi. Il sert les dents, mais ne dit rien. Il commence à bouger alors que je veux l'en empêcher. Il me mord le cou. Nous n'avons pas beaucoup de trajets et nous devons faire vite. Je commence alors à accélérer le mouvement et à m'enfoncer plus profondément. J'espère juste ne pas le blesser plus qu'il ne l'est déjà. Il ne lui suffit que de quelques minutes pour venir et je le rejoins rapidement.

Nous arrivons au garage souterrain et nos bouches ne se séparent toujours pas. Heureusement que nous prenons l'ascenseur qui monte directement à notre étage.

À peine, franchit la porte de l'ascenseur que nos affaires volent dans tous les coins et là cette fois, je ne me retiens plus.

À la fin, je ne compte même plus combien de fois on s'est envoyé en l'air, mais putain qu'est-ce que c'était bon.

Nous sommes tous les deux repus que nous nous endormons sans un mot.

Le ménage attendra pour une fois.

Il est le premier à se réveiller et je l'entends peiner pour se lever. Il a sûrement très mal au cul. Je préfère faire semblant de dormir, déjà parce qu'il n'est même pas 7h du matin et qu'en plus, il l'a bien cherché et il n'a qu'à assumer.