Bonjour les gens, je suis de retour ! ^_^
Je suis vraiment désolée pour cette absence trop longue mais j'ai été super occupée par de nombreux événements et le changement qu'est en train de prendre ma vie lol je vous passe les détails, mais ça y est je me remet enfin à écrire ! Ce que ça m'avait manqué !
Je vous remercie de continuer à me lire et j'espère que ce chapitre vous plaira...
Bonne lecture ;)
REGARDE-MOI, HARRY !
Chapitre 11 : Cœur brisé
Une fleur de feu explosa dans le ciel. Des cris de joie s'élevèrent et les Gryffondor enfourchèrent leur balai, s'élevant dans les airs. C'était l'entraînement de Quidditch quotidien. Un vendredi après-midi, après un repas copieux, et les gradins comptaient en majorité des griffons mais aussi quelques Serdaigle et un peu moins de Poufsouffle. Certains Serpentard se contentaient de regarder depuis le haut d'une tour ou depuis le parc, crachant sur leur dos avec ironie, un sourire moqueur sur leur visage bourgeois.
Hermione se réchauffa les mains en se les frottant l'une contre l'autre, songeant qu'elle aurait dû enfiler des gants car le temps commençait sérieusement à geler, et leva les yeux vers Ronald Weasley qui se tenait prêt devant les buts. Elle voulut lui faire signe mais Lavande Brown, assise non loin d'elle, fut plus rapide.
- RON, beugla-t-elle en agitant frénétiquement le bras. RON !
Celui-ci l'ignora en beauté, les yeux fixés sur son meilleur ami qui remplissait son rôle de capitaine avec brio en leur faisant un petit speech. Les cheveux et la cape au vent, le jeune sorcier à la cicatrice avait une certaine classe et sa petite sœur, Ginny – qui voletait aux côtés de son ami -, devait penser la même chose au vu du regard rêveur qu'elle avait posé sur lui.
Un léger sourire étira les lèvres du rouquin. Stop, Ginny, arrête, détourne les yeux ! Harry ne sera jamais à toi car Harry n'aime pas les filles, pensa-t-il avec force.
- Bien, clama Harry pour finir ses explications, le coupant dans ses pensées. Allons-y !
Ils prirent chacun leur position et commencèrent l'entraînement. Le vent leur gela le nez et fit couler quelques larmes, leur asséchant les yeux, mais les nuages blancs étaient hauts et l'air était sec. Ron sentit ses fesses se serrer sur son manche lorsqu'il se prépara à intercepter un Souafle il se concentra et pinça les lèvres quand il le manqua de peu, étouffant une grossièreté entre ses dents. Furtivement, il lança un œil vers Harry qui détourna les yeux aussitôt. Sans surprise.
Cela faisait plusieurs jours, depuis sa déclaration, que les deux amis s'évitaient. Ron, que la honte et la frustration rongeaient, avait préféré faire profil bas et Harry était, tout bonnement, mal à l'aise en sa présence. Hermione avait bien sûr remarqué leur regard fuyant, leurs joues rouges et leur attitude douteuse. D'abord amusée, la jeune fille avait dit à Ron que le plus dur était passé mais elle commençait à le regretter. Se retrouver au milieu de cette ambiance glaciale, à laquelle faisait écho le froid mordant du début de l'hiver, n'était franchement pas plaisant.
En se rendant aux vestiaires, le jeune Weasley soupira tout en ignorant les remarques furieuses de ses frères. Il ne pouvait pas se concentrer sur le Quidditch dans l'état actuel des choses. Sa tête était pleine de Harry, de la saveur de ses lèvres... mais aussi de regrets. Car il savait que leur amitié avait cessé d'être la même au moment où il s'était ouvert à lui.
Ses yeux bleus se levèrent sur le dos de Harry qu'il suivait d'un pas traînant. George lui lança un regard noir en parasitant son champ de vision.
- Tu devrais peut-être demander à McLaggen de remplacer Ronnie, Harry, lança-t-il pour lui faire comprendre qu'il était temps de se reprendre.
Ron le fusilla du regard. Harry ne réagit pas mais se tourna doucement vers Ron quand ils entrèrent à l'intérieur des vestiaires. Leurs yeux se croisèrent pendant une fraction de seconde.
Fred en rajouta une couche :
- McLaggen est moins tête en l'air, je pense qu'il pourrait faire l'affaire !
Harry avait baissé les yeux. De le voir pensif rendit Ron anxieux des idées fausses emplirent sa tête et il se dépêcha de se changer pour ressortir d'un pas rageur.
- Ben, vas-y, prend McLaggen, j'en ai rien à foutre, bredouilla-t-il, s'insultant mentalement en entendant sa voix vaciller.
Il chassa les larmes qui menacèrent de poindre aux coins de ses yeux et enfila son manteau pour se protéger du froid, marchant à grandes enjambées vers le château. Il se détesta d'être si faible mais l'idée que son meilleur ami puisse vouloir choisir un autre gardien lui parut inacceptable.
Une bourrasque de vent vint le faucher et il fit volte-face, grimaçant. Puis, déplissant les yeux, il sentit son cœur faire un bond. Harry s'avançait vers lui, la cape de son manteau formant un tourbillon autour de lui. Il attendit qu'il soit devant lui et s'apprêta à recevoir la sentence.
- Ron, commença le brun, ses yeux cherchant un endroit où se fixer.
Ses joues virèrent au rose et il laissa quelques élèves les dépasser avant de poursuivre :
- Je ne veux personne d'autre, tu es le meilleur gardien... meilleur que McLaggen, je le sais...
Ron sentit son cœur se gonfler et fit un pas vers lui, l'envie de l'enlacer étant grande, mais Harry continua de parler.
- Seulement, pour ça, il faut que tu puisses te focaliser sur le match. Tu réfléchis trop...
Ses sourcils se froncèrent. Il savait de quoi il voulait parler et sa demande était aussi claire que s'il l'avait formulée de façon plus explicite.
Ron hocha donc la tête doucement.
- Ok, je ferai des efforts, dit-il d'une voix calme, peu convaincu.
Ils reprirent ensuite leur chemin ensemble, en silence.
Harry lui lança un regard en biais, des mèches de cheveux lui barrant les yeux. Des souvenirs de leur première rencontre, de leurs jeux et de leurs soirées passées ensemble lui revinrent en mémoire. Depuis quand le jeune Weasley éprouvait de tels sentiments à son égard ? Il en vint à se demander s'il n'y avait pas eu un dérapage quelque part, un événement que Ron aurait interprété comme une forme de séduction. Combien de fois, lorsqu'ils étaient plus jeunes, s'étaient-ils chamaillés comme des frères ? Se chatouillant, se pinçant et se mordant... Harry regretta pendant un instant tous ces souvenirs, son cœur se serrant de douleur. Ron avait tout gâché avec sa déclaration, avec ce baiser volé, et plus jamais ils ne pourraient redevenir aussi proches qu'ils l'avaient été. Cette pensée, qui revenait sans cesse depuis cet incident, lui était douloureuse.
Les deux amis entrèrent par la grande porte et se dirigèrent vers les escaliers, toujours sans un mot. Des groupes d'élèves s'étaient formés çà et là dans le hall d'entrée, ils durent se faufiler et en montant les premières marches, Harry leva la tête. Son regard accrocha celui de Drago. Il se tenait appuyé contre la rambarde, les bras croisés, et discutait avec un garçon de sa classe. Un léger sourire éphémère étira ses lèvres du jeune Malefoy, presque un rictus, et il suivit le brun du regard sans ciller quand celui-ci passa près de lui.
Ron fut étonné de voir Harry continuer son chemin mais n'en dit rien et les deux griffons grimpèrent les étages jusqu'à leur salle commune. Ils passèrent l'après-midi à l'intérieur avec Neville et lorsque le soleil commença à se coucher, chacun prit la direction de la sortie pour rejoindre leurs camarades à Pré-au-Lard.
Harry leva la tête vers les lampadaires dansants au gré du vent et resserra son écharpe autour de son cou. Ron lança un regard en arrière pour apercevoir Drago les suivre plus loin en compagnie d'autres Serpentard. Il fronça les sourcils et omit de l'annoncer à son ami puisque ce dernier ne lui avait plus adressé la parole depuis qu'ils s'étaient retrouvés avec Neville. Neville qui souriait béatement en écoutant la musique et les cris provenant des Trois Balais.
- Ils sont déjà à la fête, fit-il remarquer.
Cette fête était en l'honneur de Lee Jordan qui avait son anniversaire ce week-end et les jumeaux Weasley, ses deux plus grands amis, lui avaient promis une soirée mémorable.
Lorsqu'ils entrèrent à l'intérieur du pub, Harry fut surpris de voir que plusieurs élèves de maisons différentes s'étaient joints à la partie. Madame Rosmerta tentait tant bien que mal de contenir tout ce monde tout en ne cessant de servir des boissons festives pour l'occasion.
Des nains jouaient de la flûte, assis sur des tabourets au fond de la salle.
Hermione leur fit de grands signes en les voyant et les garçons rejoignirent les filles autour d'une table. Ginny, Luna et Cho levèrent la tête de leur verre et Neville engagea la conversation. Harry ignora le regard insistant de son ex petite amie tandis qu'il rendait son sourire à Ginny et Ron soupira vivement.
- Je vais me chercher un verre, marmonna-t-il en se redressant.
- Prends en un pour moi, dit Neville.
- Pour moi aussi, répondit ensuite Harry.
Il acquiesça et se hâta de se rendre au bar, voulant surtout échapper à cette tension qu'il ressentait en permanence en compagnie du beau brun.
Ok, il s'était déclaré, et alors ? Harry n'était pas obligé d'agir comme s'il était un pestiféré. Ces sentiments n'étaient pas nouveaux, il se les trimballait depuis l'enfance. Une colère sournoise bouillonnait dans ses veines. Il ressentait une terrible injustice...
Mme Rosmerta lui servit trois chopes de Bièraubeurre mais il préféra traîner un peu, analysant sa situation, réfléchissant à comment faire pour se rapprocher de son ami sans en faire trop. Il but un peu de sa bière, se prit la tête pendant plusieurs minutes, avant de repartir vers ses amis. Quand il posa la chope devant Harry et que celui-ci ne daigna même pas le regarder lorsqu'il le remercia, son cœur se serra doucement. Mais il s'installa non loin de lui sans rien dire, entre Neville et Hermione, et commença à siroter son verre.
Il s'écoula plusieurs grosses minutes durant lesquelles Ron tenta de capter l'attention de son meilleur ami, ne serait-ce qu'un regard, mais chaque fois il ne s'agissait que de coups d'œil furtifs. Hermione, pour l'aider, aimait parler de leurs mésaventures passées, des anecdotes qu'ils avaient en commun, mais cela rendait Harry encore plus mal à l'aise.
Bientôt, ce dernier se leva, prétextant une envie de prendre l'air, et s'empressa d'enfiler son manteau pour disparaître dans le froid du dehors.
Il faisait nuit noire. Harry frissonna et un sourire étira quelque peu ses lèvres alors qu'il s'avançait vers la silhouette élancée d'un jeune homme un peu plus loin.
Drago, les bras croisés et le dos contre un mur, attendit qu'il soit à sa hauteur pour parler.
- Je me demande à quoi servent tes lunettes, dit-il d'un ton agacé. J'ai pas arrêté de te faire des signes à travers la fenêtre, et je crois que la rouquine m'a vu !
Harry se gratta la tempe.
- Je t'ai vu, mais j'avais pas envie de larguer tout le monde comme ça, ils se seraient posés des questions...
Le Serpentard soupira bruyamment et se posta face à lui, plongeant ses mains dans les poches de sa veste en cachemire. Il l'étudia du regard, perplexe, et Harry le laissa faire, un sourcil levé.
- J'aimerais savoir pourquoi tu m'évites.
Le brun fronça doucement les sourcils.
- Je te rappelle que tu m'as repoussé, l'autre jour. J'avais pas envie de t'embêter davantage.
- Alors tu m'ignores ? Tu préfères passer du temps avec Weasmoche ? C'est quoi cette réaction de merde, Potter ?!
Devant le regard empli de colère du blond et au ton cassant de sa voix, Harry sentit bouillir son sang et il recula d'un pas.
- Va te faire foutre, Malefoy ! Cracha-t-il. C'est toi qui as des réactions de merde !
Il se détourna pour repartir mais Drago ne lui en laissa pas l'occasion et l'attira dans une ruelle en le tirant par la manche. Ensuite, il le bloqua contre un mur mais Harry ne se laissa pas faire -contrairement à d'habitude- et le poussa violemment.
Drago releva des yeux surpris sur lui en se rattrapant de justesse alors que ses souliers glissaient sur le sol humide.
Le regard vert le défia et il frissonna. De peur -que ce regard ne le regarde plus avec amour- et de plaisir sadique. Oui, Drago était quelqu'un de très contradictoire.
- Je sais pas à quoi tu joues, grogna le griffon, un jour tu veux me serrer, l'autre tu me repousses. Tu crois que ça me fait plaisir ?
Le jeune Malefoy avala sa salive en jetant un regard vers la route pour s'assurer que personne ne les espionnait et s'avança doucement vers son amant. Prudemment.
- J'étais pas bien, ce jour-là, commença Drago, préférant éviter d'en raconter les raisons.
- Pourquoi tu donnes signe de vie au bout de plusieurs jours seulement ?
Drago loucha sur la cicatrice qui dépassait de sous les cheveux de jais et fut tenté de la toucher mais se retint, descendant son regard sur les lèvres du jeune homme. Il soupira d'envie, ce qui n'échappa pas à Harry. Son petit sourire mesquin étonna le serpent qui plongea ses yeux dans les siens.
- T'es en manque, dit le brun sur le ton de la conversation, croisant les bras. Tu veux que je te suce ?
La question eut le don de couper le souffle au concerné, puis il pouffa de rire comme la situation lui sembla irréelle. Harry, pourtant, ne broncha pas. Il le regardait sérieusement plus aucun sourire n'étirait ses lèvres.
Drago se mit alors à hésiter. Il se racla la gorge.
- Si je dis oui, tu... m'en veux ?
La réponse se fit attendre. Enfin, Harry haussa les épaules et s'agenouilla devant lui.
- Non, ça me plaît que tu penses à moi pour assouvir tes désirs.
Un long frisson agréable serpenta dans son corps lorsqu'il sentit les doigts du jeune Potter passer la barrière de son pantalon et de son boxer. Son sexe se mit à gonfler sans tarder dans la main ferme du Gryffondor et il ferma un brin les yeux.
- Il n'y a que toi qui peux les assouvir, de toute façon.
Même si ces paroles firent du bien à Harry, un ressentiment ne le quittait plus. Il ne pardonnait pas le comportement récent du blond envers lui et se demandait s'il ne prenait pas cette histoire pour de la rigolade.
Malgré tout, il prit son rôle à cœur et lui fit une fellation des plus exquises, donnant presque à Drago l'envie de pleurer de plaisir. Ses doigts fins serrés dans les cheveux hirsutes du brun, il posa son regard humide sur lui lorsqu'il eut fini de jouir. Il le laissa se redresser et s'essuyer la bouche.
- Satisfait ?
Le serpent sentit son cœur se crisper au ton ironique de Harry et hocha doucement la tête en se rhabillant. Et pour une fois, il eut honte. Honte de ce qu'il lui faisait endurer. Il eut envie de le serrer dans ses bras, mais la menace du Seigneur des Ténèbres et de sa mission secrète l'empêcha de le faire. C'est donc avec regret qu'il laissa le Survivant s'en aller dans un soupir.
-o-o-o-o-o-
La fin du mois de novembre apporta le froid rude et glacial de l'hiver. Les premières neiges recouvrirent les toits du château et les arbres de la forêt interdite, plongeant les alentours dans un silence féerique.
Cette ambiance rendit la communauté de Poudlard détendue. Les étudiants ne se privèrent pas de sortir dans le parc, de marcher dans la neige épaisse, emmitouflés dans leur écharpe, et de s'adonner à divers jeux. Entre autre, ils se lancèrent dans un concours de bonhommes de neige, certains s'aidant de la magie. Cela se voyait sans mal à l'œil nu : les bonhommes de neige créés à partir de la magie étaient magnifiques, de vraies œuvres d'art que Colin Crivey ne manqua pas de prendre en photo.
Harry marchait d'un pas vif dans les couloirs, sur les nerfs, la cape de son manteau virevoltant dans son dos, et tentait d'ignorer le jeune homme qui lui courait après.
- Harry, Harry, criait-il pour attirer son attention, une photo dans la main. Regarde !
Le Survivant dut faire preuve d'un sang froid surhumain pour ne pas l'envoyer à l'autre bout du couloir à coup de baguette magique et se tourna d'un coup vers Colin.
- QUOI ?!
Le blondinet fit crisser ses chaussures sur le sol et se prit le torse de Harry de plein fouet, se mangeant le pull en laine. Il fit un bond en arrière et rougit, riant nerveusement.
- Désolé, je voulais... juste te montrer ça...
Harry le regarda d'un œil mauvais avant de loucher vers la photo qu'il brandissait fièrement. Un bonhomme de neige aussi grand qu'un arbre à son effigie, super réaliste. Ses lunettes avaient été faites en glace.
Il grogna bruyamment, agacé d'avoir perdu dix secondes de sa vie pour une foutue sculpture.
- Super, railla-t-il, tu ne veux pas un autographe par hasard ?
Colin ne remarqua pas le ton sarcastique de son camarade de maison et bondit de joie.
- Oh si, ça me ferait plaisir !
Le brun pesta tout bas et se dépêcha de signer la photo avant de tourner les talons sans plus attendre.
Il marcha tous les couloirs avec la même ardeur, sans se retourner, et se dirigea vers les cachots. Là, des Serpentards l'avisèrent d'un œil mauvais et chuchotèrent sur son passage. Quelques uns sifflèrent, mais Harry les ignora en beauté, décidé, en atteignant leur salle commune.
Devant la porte close, il reconnut Pansy. Occupée à se lisser les cheveux à l'aide de ses doigts, celle-ci le regarda de haut en bas, un sourire amusé aux lèvres.
- Potter ?
- Je veux voir Malefoy, dit-il d'un ton sérieux.
- Bien sûr que tu veux le voir, répondit-elle simplement.
Elle disparut derrière la porte et le jeune sorcier patienta, lançant un regard noir à Théodore Nott qui passa près de lui avec un « Oh, mais c'est Harry Potter » d'une voix suave et une main aux fesses. Il le suivit des yeux un instant, sourcils froncés, avant que Pansy ne revienne.
- Drago est occupé, il ne peut pas te voir, annonça la jeune fille.
Harry vit rouge et la bouscula sans ménagement pour entrer à l'intérieur. Il scruta le salon, les grandes fenêtres baignées par la lumière du lac, et s'avança sans aucune crainte au milieu des élèves verts et argents.
Il gravit les marches du dortoir et son sang ne fit qu'un tour en découvrant Drago, allongé sur son lit, les bras derrière la tête. Celui-ci, surpris de voir apparaître Harry Potter dans sa chambre, se redressa d'un bond et le regarda avec des yeux ronds. Une certaine frayeur s'empara de lui devant les yeux verts furibonds.
- T'es occupé, hein ?! Grogna le Gryffondor en furie.
Drago sentit son cœur s'emballer, il se leva pour se donner plus d'assurance, ne voulant pas paraître vulnérable aux yeux de son rival.
- Tu devrais sortir d'ici, murmura Drago de peur qu'on les entende.
Une dispute dans la salle commune des Serpentard n'était pas la bienvenue.
- Pourquoi ? T'as peur du regard des autres ?
En voyant Harry s'approcher dangereusement, il sortit sa baguette, la pointant droit sur son visage alors qu'il se retrouvait à deux mètres de lui.
- J'plaisante pas, ça va mal se finir.
Le Survivant avisa la pointe de la baguette avec incrédulité. Comment pouvait-il réagir de la sorte après ce qu'ils avaient vécu ensemble ces derniers jours ?
Sa voix s'étrangla lorsqu'il posa la question qui lui brûlait les lèvres :
- C'est qui ce mec ?
Il eut l'impression, l'espace d'un instant, que le regard de Drago se fit douloureux puis un sourire narquois étira les lèvres pâles.
- Ma nouvelle pute, déclara-t-il comme si cela coulait de source.
Harry serra les poings et s'élança pour agripper le blond par le col de sa chemise avec force. La vitesse de l'attaque fut si forte qu'il tomba en arrière et ils atterrirent tous deux sur le lit. La baguette trembla contre le ventre du binoclard qui le dominait mais Drago ne formula aucun sort, ses yeux gris effrayés plantés dans ceux foudroyants de son vis-à-vis. Il ne put bouger -bien qu'il n'essaya même pas- tandis que les poings se serrèrent sur son col et Harry eut une envie subtile de plaquer sa bouche contre la sienne mais l'image de son amant dans les bras d'un autre acheva de tordre ses entrailles.
- Comment tu peux oser... ?! Cria-t-il.
De la porte surgirent Crabbe et Goyle mais Drago leur ordonna de les laisser. Il se tortilla, grimaça lorsqu'un genou de Harry vint se presser contre son entrejambe, et tenta de le repousser.
- Je n'ai jamais été sérieux avec toi, Potter, dit-il d'une voix bien plus basse.
Il pouffa de rire en voyant le visage du brun se décomposer et continua :
- J'me suis bien foutu de toi, comme tu t'es foutu de moi la première fois. C'était une belle revanche. T'es vraiment naïf. Il suffit qu'on te dise des mots doux ou qu'on te caresse pour que tu donnes ton cul.
En voyant les yeux verts se remplir de larmes, il songea qu'il était très facile de briser un cœur et cela lui fit de la peine. Jamais encore il n'avait vu Harry dans cet état.
Tremblant, celui-ci mit un certain temps avant d'esquisser un geste et ce fut pour le frapper au visage. De toutes ses forces. Drago étouffa une plainte de douleur en recevant son poing en pleine mâchoire.
- Tu as raison, j'ai été naïf, répéta Harry en tremblant furieusement. Je pensais que tu pouvais avoir des sentiments mais je me suis trompé. Tu n'es qu'un sale mangemort.
Drago écarquilla les yeux.
- Oui, continua le brun, j'ai vu la marque sur ton bras. T'es mauvais en sortilège de désillusion.
- Je..., bredouilla le serpent, encore plus pâle que d'habitude.
- Malgré ça, je voulais croire que tu étais différent.
Il le relâcha enfin et Drago l'observa se redresser et se frotter les yeux. Son cœur battait comme un fou à cette déclaration.
- Je te remercie de m'avoir ouvert les yeux, Malefoy, termina-t-il dans un soupir.
Il lui lança un dernier regard avant de quitter les lieux, laissant Drago se redresser sur son lit et regretter les mots blessants qu'il avait osé lui cracher à la figure. De savoir que Harry connaissait son secret mais qu'il avait fait preuve d'ouverture d'esprit jusqu'à présent piétina sa fierté. Il eut envie de le rattraper, de s'excuser et de le traîner jusque dans son lit pour le réconforter mais, encore une fois, il en fut incapable. Alors, il se laissa retomber sur les draps, massant sa mâchoire endolorie.
Il n'y avait pas été de main morte !
Harry partit se cacher dans un couloir des cachots pour pleurer à l'abri des regards. Il s'appuya contre un mur et se laissa glisser tant ses jambes tremblaient. Ce manque soudain de force lui fit tourner la tête et il enfouit son visage dans un de ses bras, qu'il avait préalablement posé sur ses genoux.
Depuis la veille, lorsqu'il avait aperçu ce garçon embrasser Drago dans les toilettes, son mental en avait pris un coup et le fait d'avoir explosé -et laissé exprimer sa colère- l'avait complètement vidé.
Il enleva ses lunettes et se frotta vivement les yeux au son de bruits de pas se rapprochant, tentant de se persuader qu'il allait finir par s'en remettre, que Drago finirait par le regretter un jour ou l'autre.
- Te voilà, Potter.
L'interpellé leva la tête vers Théodore Nott, priant pour que ses yeux ne soient pas trop rouges, et essuya ses lunettes avant de les remettre sur son nez.
- Quelle chance, j'ai vu Harry Potter pleurer...
- Laisse-moi tranquille, marmonna Harry.
- Je suis désolé mais tu es sur notre territoire.
Comprenant qu'il devait s'en aller, le jeune homme se redressa mais Nott lui barra le chemin de toute sa hauteur, les mains sur les hanches.
- Alors, tu t'es fait jeter par Drago, il paraît ? Ricana-t-il.
Un soupir lui répondit.
- Pousse-toi, c'est pas tes affaires, ordonna Harry, épuisé, en tentant de se frayer un chemin.
Mais Théodore continua de le lui barrer et essaya de le faire reculer. Harry serra les dents, sentant sans peine l'excitation émaner du jeune Serpentard. Sans doute aimait-il martyriser les autres, pensa-t-il.
- Nott...
- Non, je te laisserai partir quand tu m'auras raconté comment était Drago au lit...
Le griffon leva des yeux surpris sur son ennemi tandis qu'il se faisait coller contre un mur.
- Je veux tout savoir, dit Nott dans un sourire pervers, plongeant son regard brillant dans le sien tandis qu'une de ses mains glissa contre le manteau, cherchant à s'infiltrer à l'intérieur des couches de vêtements.
Un sursaut s'empara de Harry qui le bouscula avec violence et prit ses jambes à son cou pour déserter les cachots, prenant la direction de la tour des Gryffondor.
-o-o-o-o-
La nuit, le jeune sorcier à la cicatrice ne parvint pas à fermer les yeux et ce fut le cas pour les deux nuits suivantes. Il lui fallut du temps pour avaler la pilule. Dans les couloirs, en cours, dans le parc et lors des matchs de Quidditch, Drago lui lança de brefs regards indifférents et à chaque fois, le cœur du jeune griffon se serra en rencontrant les yeux argentés.
Heureusement, sa relation avec Ron semblait revenue à la normale. Les deux amis s'étaient remis à plaisanter ensemble et il n'y eut presque plus de malaise entre eux. Sauf lors de la douche ou lorsque Ron s'approchait d'un peu trop près.
Finalement, pour la fête de Noël, Harry choisit d'y aller seul, laissant Romilda pleurnicher dans son coin et épancher son désespoir sur ses amies.
En se rendant dans les cachots -où se trouvait le bureau du professeur Slughorn-, son estomac se contracta et il espéra ne pas croiser le blond. Il soupira, aux aguets, en marchant lentement dans le dédale de couloirs, frissonnant à l'air froid qui se faufila sous son costume.
Soudain, une silhouette sortit de l'ombre et il fit littéralement un bond en arrière. Théodore Nott se mit à rire en le voyant tomber sur les fesses et Harry grimaça de douleur.
- Putain, qu'est-ce que tu veux ? Marmonna-t-il.
Nott s'empressa de l'aider à se relever mais ne lâcha pas sa main et l'entraîna à l'intérieur d'un cachot vide et obscur. Le cœur de Harry s'emballa brusquement il fit demi-tour mais Nott revint à la charge pour le faire basculer sur le sol poussiéreux, l'immobilisant de tout son poids et lui bloquant les poignets.
- LÂCHE-MOI ! hurla le jeune griffon, se tortillant comme un beau diable, le bout de ses doigts effleurant la poche de son pantalon d'où dépassait sa baguette.
Le sourire de Théodore s'élargit dans le noir.
- Oh oui, remue comme ça, Potter, susurra-t-il d'une voix rauque.
Lorsqu'il relâcha un des poignets de Harry pour passer une main sous son haut, ce dernier lui asséna un coup de coude en pleine tête qui le déstabilisa, lui permettant de se dégager en rampant. Le Serpentard se remit du choc rapidement et lui agrippa le pantalon pour le tirer vers lui mais fut projeté en arrière par un sort. Le souffle court, Harry, toujours allongé sur le sol, avait levé sa baguette d'une main tremblante pour se défendre.
Nott râla en revenant à lui et Harry se releva d'un pas chancelant, reculant vers la porte.
- Attends, j'ai pas fini, grogna le jeune homme, mais sa proie était déjà partie.
Courant tout en jetant des regards en arrière pour vérifier qu'il n'était pas suivi, le griffon ne put éviter la collision avec Ron -qui arrivait en sens inverse- qui le retint de justesse avant qu'il ne s'écrase au sol.
- Harry ? Qu'est-ce qui t'arrive ?! T'es pas à la fête ?
Haletant, le brun s'appuya sur le bras de son ami pour se redresser et le regarda avec soulagement.
- Je... Je me suis fait attaquer, articula-t-il, mais c'est rien, ça va, dit-il précipitamment en voyant son air inquiet.
- Par qui ?
- Théodore Nott.
Ron fit une petite grimace, le regardant reprendre son souffle.
- Nott ? Pourquoi il s'en prend à toi ?
- J'en sais rien, soupira Harry, les mains appuyées sur ses genoux. Allons nous en.
Ils prirent le chemin de la sortie et Ron ne posa plus de questions. Une fois à l'extérieur, dans la cour d'un des cloîtres du château, Harry partit s'asseoir sur un muret et leva la tête vers le ciel étoilé.
Tant pis pour la fête de Noël. Passer du temps en compagnie de son meilleur ami lui allait très bien. Même s'il ne le disait pas, il était heureux et soulagé de s'être réconcilié avec lui. Il n'y avait pas eu de mots, juste un vague sourire, quelques rires et peut-être un désir réciproque de se retrouver. Comme des frères, ils s'étaient juste naturellement pardonnés.
Ron s'adossa à une poutre non loin de lui et croisa les bras, non mécontent d'avoir Harry pour lui tout seul. Du coin de l'œil, il étudia ses traits fins. Les cheveux emmêlés, les yeux d'où miroitaient les étoiles, le nez légèrement pointu...
- Ma mère a déjà préparé notre chambre pour les vacances.
Harry tourna la tête vers lui et un sourire étira ses lèvres, son cœur s'emballant de plaisir en songeant au Noël qu'il allait passer au Terrier. Les repas toujours copieux, l'ambiance familiale et leur lit douillet étaient autant de bonnes choses qui les attendaient chez les Weasley.
- J'ai hâte d'y être, répondit-il simplement.
Le visage de Drago apparut quelques secondes dans ses pensées et il déglutit pour faire partir le goût amer dans sa gorge.
Il allait passer de bonnes vacances et essayer de ne pas penser à lui !
- Mon Ron-Ron, fit une voix langoureuse.
Le brun sursauta à l'arrivée inattendue de Lavande Brown qui avait bondit sur son ami pour l'embrasser à pleine bouche.
Il regarda la scène, la bouche entrouverte sous la surprise.
- Salut, Lavande, marmonna la voix gênée de Ron en la repoussant gentiment.
La jeune fille gloussa et sembla enfin remarquer la présence de Harry.
- Oh, salut Harry. Je vous laisse entre garçons, à tout à l'heure Ron !
Elle envoya un baiser au concerné puis partit en sautillant gaiement vers l'entrée du château.
- Ron-Ron ? Fit Harry d'un air dégoûté.
Un rire nerveux échappa à son ami.
- Oui, ça fait deux jours qu'elle m'appelle comme ça...
- Je ne savais pas que vous sortiez ensemble...
- Désolé, je voulais pas m'afficher... Elle est aussi invitée à la maison pour les vacances, au fait.
Cette révélation fit écarquiller les yeux du Survivant qui soupira de déception. Lui qui espérait un Noël tout aussi magique que les années précédentes risquait d'être déçu...
A suivre...
-o-o-o-o-
Drago est compliqué, vous ne trouvez pas ? Vous n'êtes pas trop déçu ? Une chose est sûre, il s'en mordra les doigts :)
Une petite review est la bienvenue :) A très bientôt pour le chapitre 12 !
