Merci beaucoup à crossfan66, Plume De Pan et Masibab pour leur review ainsi qu'à Soleria pour sa mise en favorite et à Lavyuu pour son follow.
Enjoy !
CHAPITRE 10 : Je veux aider
Nous garons nos motos près du QG et je me dirige vers la porte d'entrée.
- Elsa attends !
Je me tourne vers ma cousine qui me sourit.
- Merci, me dit-elle. Merci de m'avoir forcée à venir, ça m'a fait du bien et ça m'avais manqué.
Je lui souris à mon tour et nous pénétrons dans la maison.
En nous voyant arriver, Eugène se précipite sur nous et sert Raiponce de toutes ses forces.
Il se dirige ensuite vers moi en me lançant un drôle de regard avant de me serrer dans ses bras de la même manière.
- Eugène, je l'ai fait pour elle. Je ne l'aurai pas fait si c'était dangereux, je lui explique en chuchotant.
- Je sais, c'est pour ça que je ne t'en veux pas, me répond-il à voix basse.
Il se détache de moi et nous nous sourions faiblement.
Anna en profite et vient également nous enlacer et il en de même pour Harold et Astrid à qui son petit-ami à dû expliquer la situation. Mérida et Kristoff, quant à eux, n'étreignent que Raiponce et me lancent un regard réprobateur.
Je ne comprends pas avant qu'ils ne se décident à parler :
- Elsa, qu'est-ce qui t'a pris ? commence Mérida.
- Tu n'aurais jamais dû inciter Raiponce à venir avec toi, renchérit Kristoff.
J'ouvre grand la bouche, étonnée, avant qu'ils ne continuent.
- Imagine si elle s'était blessée grièvement et qu'elle n'avait pas pu se guérir ! me lance mon amie.
Je suis totalement prise de cours, ne m'attendant pas à cette réaction de leur part, mais parvient néanmoins à parler :
- Mais Raiponce est une très bonne combattante. Elle venait avec nous il y a un an. Elle sait se défendre !
Mérida me lance un regard noir.
- Et nous avions décidé tous ensemble qu'elle resterait au QG pour la protéger !
J'aperçois Raiponce qui veut ajouter quelque chose mais Mérida l'interromps d'un signe de la main.
- Ce n'est pas elle que nous voulions protéger en faisant ce choix ! je m'exclame. C'est nous ! Ça ne lui a jamais convenu et à moi non plus d'ailleurs. C'est pour nous qu'elle l'a fait et elle en subit les conséquences ! Si tu la laissais parler au moins, tu pourrais entendre ce qu'elle a à dire !
Mérida s'apprête à répliquer mais ma meilleure amie l'interrompt.
- Laisse tomber Elsa, ce n'est pas grave.
Elle pose sa main sur mon épaule et descends en direction de la cave. Je m'apprête à la rejoindre mais Eugène me retient :
- J'y vais, me dit-il.
J'acquiesce et le regarde descendre à son tour.
Je me tourne ensuite vers Mérida qui commence à comprendre son erreur et la fusille du regard avant de sortir du QG sans rien ajouter.
Je ne comprends pas pourquoi elle a réagi comme ça. Elle devrait comprendre ce que signifie la liberté pour chacun de nous et surtout à quel point cela pouvait manquer à Raiponce !
Inconsciemment, je me suis dirigée vers l'espace d'entraînement et en profite pour me défouler.
Je n'en reviens pas. À peine somme-nous rentrées que nous sommes déjà réprimandées !
Alors que je continue de lancer des jets de glace dans tous les sens, je remarque que je suis au bord du lac. Je me retourne vers celui-ci et sursaute en voyant un jet d'eau sortir et rentrer dans l'eau comme s'il était déchaîné.
Au moment même où je pousse un hoquet de surprise, le jet disparaît et le lac retrouve son calme.
Je reste bouche-bée. Est-ce moi qui ai fait ça ? Bien sûr que c'est moi, question idiote. Mais ça ne m'était pas arrivé depuis la fois où je suis partie et que Jack m'a fait tomber dans l'eau.
Je tends la main et tente de refaire la même chose mais rien ne se produit. Je soupire et reste assise là un certain temps avant d'entendre quelqu'un arriver.
Je me retourne et aperçoit Mérida qui semble ravie de m'avoir trouvée.
Elle s'assoit à mes côtés et fixe le lac.
Nous restons ainsi une minute avant qu'elle ne se décide à parler :
- Je te demande pardon pour toute à l'heure.
- Ce n'est pas à moi que tu devrais t'adresser.
- Je suis déjà allée voir Raiponce, me répond-elle.
Je tourne la tête dans sa direction.
- Je me suis inquiétée…
- Pour elle ou pour toi ? je l'interromps.
Elle soupire.
- … Les deux…
Elle s'arrête un moment avant de continuer.
- C'est comme si, sans m'en rendre compte, j'avais commencé à la considérer comme la solution à toutes nos blessures. Comme si je m'étais dit qu'il fallait à tout prix la protéger, non pas pour elle mais pour son pouvoir. Je me dégoûte.
Je souris faiblement. Elle a compris quelle était son erreur.
- Elle peut se défendre elle-même, je réponds. Et ne te juge pas trop. Je te connais tu n'aurais pas réagis comme ça en temps normal. Tu ne l'aurais pas considéré comme une « solution ». C'est juste que Jack et plus particulièrement Dean sont mal en point et que tu t'inquiètes.
Mérida rougit légèrement ce qui me fait rire. Au départ vexée, elle finit pas me rejoindre et rit à son tour.
- Au fait, je reprends, je te pardonne et je sais que tu étais plus inquiète pour elle que pour n'importe quel pouvoir. On a déjà deux de nos amis inconscients, une personne de plus, quelle qu'elle soit, aurait été de trop.
Elle me sourit et me dit que le déjeuner doit être prêt avant que nous ne repartions vers la maison.
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Raiponce descendit en direction de la cave où elle prit un assortiment de poignard qu'elle se mit à jeter avec rage sur les cibles. Elle en voulait à Mérida de s'être emportée, elle en voulait aux autres de s'être plus inquiétés pour elle que pour n'importe qui d'autre, elle s'en voulait d'avoir pris la décision de rester ici il y a un an de cela, elle s'en voulait d'avoir elle-même creusée son trou et de s'être laissée s'y enfoncée jusqu'à ce qu'elle s'y soit perdue, elle s'en voulait de s'être laissée considérée comme une solution de secours.
Emportée dans sa colère, elle ne s'était pas aperçue de la présence d'Eugène qui la regardait se battre contre les cibles.
Au bout de longues minutes, et après avoir épuisé la réserve de couteaux, elle soupira et s'appuya contre un mur en respirant profondément.
- Je suis content de ne pas être l'une de ces cibles, se moqua une voix derrière elle.
Elle sursauta et se retourna pour voir Eugène contempler le résultat de sa rage.
- Désolée, marmonna-t-elle.
Il tourna la tête vers elle d'un air sérieux.
- De quoi ? De t'être exprimée au lieu de contenir tes émotions ? De t'être écoutée pour la première fois en un an ? De t'être échappée d'une prison que nous, tes propres amis, t'avions forgée ?!
Il la regarda droit dans les yeux.
- Ceux qui devraient être désolés, c'est nous, pas toi.
Elle aurait voulu répliquer, lui dire qu'il n'avait pas à se sentir coupable mais quand elle ouvrit la bouche, aucun son n'en sortit.
Les larmes lui montaient aux yeux et un nœud se forma dans sa gorge.
- J'en ai besoin, parvint-elle à articuler. J'ai besoin de me sentir utile, d'aider. Je me le suis nié une année entière mais en y retournant aujourd'hui, je me rends compte que j'en ai toujours eu besoin et que je ne peux pas faire comme si ça allait en restant ici.
Une larme lui échappa et vint glisser le long de sa joue. En voyant cela, Eugène s'approcha d'elle et la prit dans ses bras.
- Je suis désolé, s'excusa-t-il. Je te promets que tu ne resteras plus jamais ici contre ton gré, je te traînerais s'il le faut mais tu viendras.
La jeune fille rit légèrement contre son épaule et il lui caressa les cheveux.
Ils restèrent l'un contre l'autre un long moment avant que la porte de la cave ne s'ouvre laissant entrer Mérida. Celle-ci se précipita vers Raiponce au bord des larmes et la serra dans ses bras de toutes ses forces.
- Je suis désolée, sanglota-t-elle.
- Je vais vous laisser, leur dit Eugène en s'écartant.
Après qu'il eut fermé la porte, Mérida s'écarta de son amie et essuya ses larmes.
- Je n'ai aucune excuse et je me sens tellement stupide. Depuis notre dernière attaque, je suis stressée, je n'arrête pas de pleurer et je me mets à te considérer comme une solution à tous nos problèmes.
Raiponce aurait voulu parler mais encore une fois elle n'y parvint pas. Elle se contenta donc de prendre son amie par les épaules et de la regarder. Son regard plein de remord eu pour effet de dénouer la gorge de Raiponce qui put enfin parler.
- Je te comprends et je ne t'en veux pas. Au fond de moi je sais que j'aurai fait la même chose, tu n'es pas la seule fautive dans l'histoire. Et puis pour ce qui est de pleurer, nous sommes tous un peu sur les nerfs en ce moment alors c'est tout à fait normal. Laissons cette histoire derrière nous.
Toute rancune s'était échappée d'elle laissant place à un immense soulagement. Elle ajouta :
- En revanche je remercie énormément Elsa pour m'avoir forcée à venir avec elle.
Elles rirent.
- Justement, il faut que j'aille la voir, intervint Mérida.
- Alors dépêche-toi, on va bientôt manger, sourit son amie.
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Nous déjeunons tous en riant et parlant de choses et d'autres. Kristoff s'est également excusé et nous avons pu passer à autre chose. Je n'ai pas pu m'empêcher de sourire en constatant que Raiponce riait de bon cœur.
Après avoir débarrassé la table, je me dirige vers la chambre de Jack. Je m'assois à ses côtés et commence à lui parler. Je lui raconte la matinée, le fait que Raiponce participera désormais aux combats, le petit garçon de ce matin. Je le fixe dans l'espoir de voir le moindre petit signe qui témoignerait de sa santé mais rien ne se passe.
- Tu sais, ça en deviendrais presque trop calme sans toi pour tous nous agacer, lui dis-je en riant.
Je marque une pause.
- Tu dois me trouver stupide à venir te parler comme ça, ce n'est pas comme si tu étais dans le coma ! Tu vas te réveiller dans quelques jours, tu as juste besoin de repos… pas vrai ?
Seul son visage impassible me répondit.
Je soupire.
- Bon je vais voir Dean, mais fais attention, à force de dormir, tu vas devenir insomniaque !
En temps normal, il aurait sûrement rit. Je soupire une nouvelle fois et sors de la chambre pour aller voir Dean.
Étrangement, pas de chevelure rousse à l'horizon. Je m'assieds donc à son chevet et lui intime l'ordre de se réveiller. Sans succès.
Je reste ainsi une dizaine de minutes avant d'être rejointe par Astrid et Harold. Je les laisse donc et retourne au salon.
Raiponce discute avec Eugène et Mérida mais impossible de trouver Anna. Quand je demande à ma meilleure amie si elle l'a vu, elle hausse les épaules et me conseille d'aller voir dehors avant de repartir dans sa discussion.
Je me dirige donc vers la clairière où je retrouve tous les dragons. J'en profite pour demander à Flamme si elle ne l'a pas vue et elle m'indique l'espace d'entraînement. Je la remercie et marche quelques minutes avant d'y arriver et d'effectivement trouver ma petite sœur.
Celle-ci est assise près du lac et fixe l'eau d'un air absent. Je m'approche mais elle ne semble pas s'apercevoir de ma présence. Je finis donc par m'asseoir à côté d'elle et la dévisage.
- Ça va ? je la questionne.
Elle tourne finalement la tête vers moi et semble enfin s'apercevoir de ma présence.
- Désolée, je ne t'avais pas vue, s'excuse-t-elle. Et oui ça va super bien.
Je hausse les sourcils, elle se moque de moi. C'est comme si quelqu'un en train de pleurer toutes les larmes de son corps vous disait que c'était le plus beau jour de sa vie !
- Anna ? j'insiste. Désolée de te le dire mais tu n'es pas crédible.
Elle ne rit même pas et se contente de resserrer ses genoux contre elle.
Je commence vraiment à m'inquiéter et la force à me regarder.
- Eh, tu vas me dire ce qui ne va pas ou je dois deviner ?
Elle soupire et marmonne quelque chose d'inaudible.
- Pardon ? je lui demande.
Nouveau soupir.
Elle se tait pendant plusieurs minutes avant que je ne me lève.
- Bon eh bien quand tu seras décidée à me parler, tu sais où me trouver, je lui lance légèrement agacée.
Je m'apprête à partir quand elle se décide enfin à parler.
- Je veux combattre avec vous !
Je me stoppe net.
- Je veux apprendre à manier les armes et venir avec vous, reprend-t-elle plus calmement.
Je me retourne et me rends compte qu'elle me fixe avec sérieux. Elle veut vraiment se battre !
- Anna…, je commence.
- Non ! m'interrompt-elle. Pas d'Anna, je sais ce que tu vas dire ! Mais si je reste au QG toute seule alors que vous partez tous y compris Raiponce, et que je suis la seule à ne pas savoir me battre, je me sentirais plus qu'inutile !
- Anna, tu n'es pas inutile, tu nous aide en nous indiquant si des Black Arms arrivent ou pas.
- Mais c'est Raiponce ou toi ou Harold ou encore Astrid qui savent pirater les caméras de surveillance. Je ne sais pas le faire !… Même sur ce point je ne sers à rien.
Je veux répliquer mais ne trouve rien à dire. Je me contente donc de regarder ma petite sœur qui me fixe avec espoir.
De longues minutes s'écoulent et, voyant qu'elle attend que je dise quelque chose, je bafouille :
- Je… j'ai… j'ai peur !
Elle m'interroge du regard. Je continue :
- J'ai peur pour toi, que tu te fasses blesser. Je ne veux et ne peux pas te voir mourir !
- Pas plus que tu ne supporterais de voir mourir l'un d'entre nous ! Nous sommes une famille !
- Mais tu es ma petite sœur ! Je dois te protéger ! C'est mon devoir… et c'est aussi la seule chose que je peux encore faire pour Papa et Maman.
Elle se calme à l'entente de cette dernière phrase et reprend plus doucement :
- Je comprends mais… je ne peux pas rester ici, tu le sais.
Je reste muette un instant puis réplique :
- Mais tu es trop jeune, tu n'as que quinze ans.
- Et c'est l'âge que tu avais quand tu as décidé de prendre ta vie en main de t'enfuir de l'orphelinat.
Elle a raison. Au départ, lorsque nous avons fuis et après avoir trouvé refuge dans notre actuel QG, nous avons commencés à nous entraîner, que ce soit au corps à corps, aux armes ou avec nos pouvoirs. Lorsque, au bout d'un an, nous avons enfin été prêts à combattre, il était prévu que seuls les garçons partent, étant donné leur âge légèrement supérieur à celui des filles. Nous n'étions pas vraiment d'accord mais puisqu' Astrid venait d'avoir 16 ans comme ma cousine et moi, nous avons décidé de partir, Raiponce, elle et moi avec les garçons en laissant Mérida qui était encore trop jeune et ne maîtrisait pas encore très bien les armes avec Anna qui, elle, n'avait aucune pratique.
Je regarde ma sœur qui rajoute :
- Et puis, j'aurai 16 ans dans quelques mois.
Dans ma tête, je pesais le pour et le contre à une vitesse hallucinante. D'un côté, je venais de défendre le droit de Raiponce à venir avec nous mais j'empêchais Anna de faire de même. Cependant ce n'étais pas la même chose. Anna n'avait jamais combattu et encore moins manié une arme tandis que ma cousine était une combattante aguerrie. De plus, il restait la question de l'âge, Anna avait encore 15 ans, de même que moi l'année où j'ai décidé de quitter l'orphelinat avec tout le groupe, mais aucun de nous n'avait combattu avant d'avoir au moins 16 ans.
Je soupire.
Nous sommes en octobre, je vais bientôt avoir dix-huit ans ainsi que Raiponce qui est né le même mois. Anna, quand à elle, n'aura seize ans qu'en mai ce qui nous laisse sept mois. Où plutôt ce qui me laisse sept mois pour l'entraîner et la faire devenir une combattante apte à venir sur le terrain avec toute l'équipe.
Je relève la tête et fixe ma petite sœur qui n'a pas bougé.
- Je te préviens, je suis un professeur exigeant, ça ne va pas être facile.
Elle pousse un hurlement de joie et me saute au coup telle une enfant à qui l'on aurait cédé un caprice. Sauf que c'est différent, ce n'est pas un caprice. De même que Raiponce et que chacun d'entre nous, elle a besoin de se sentir utile, d'aider les gens. Et cela, nous le ferons ensemble, tous ensemble.
Et voilà ! Bon, un chapitre assez court, je m'en excuse. Je me rattraperai avec le prochain.
N'hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensez en laissant une review.
Lunazzura
PS : pour ceux qui n'auraient pas compris, les passages entre "/\/\/\/\/\/\/\/\/\/\/\/\/\/\/\/\/\/\/\/\/\" se déroulent simultanément.
