Tiens donc, aurais-je oublié qu'on était jeudi ? Oui, un peu.
Coucou tout le monde ! J'ai lamentablement oublié de poster le chapitre hier ! Mais j'ai une bonne excuse (comme d'habitude) : j'ai enfin fait le grand saut et j'ai rejoint le cercle des étudiants LGBT de ma ville et... aaaaah c'était cool. J'ai une nouvelle famille. Hourra :D Mais du coup, depuis mon petit nuage arc-en-ciel j'ai oublié le chapitre.
Du coup aussi, j'ai pas répondu aux reviews, mais ça veut pas dire que je ne les ai pas relues 58548937 fois chacune. Merciiii :D Luv luv
Avant de vous faire chier plus longtemps, je vous laisse lire mon bébé o/
At his side and drunk on pride,
We wait for the blow.
Deux jours avaient passé et rien n'avait vraiment changé.
(« J'ai une personnalité addictive, John » par-dessus le journal du matin « Moi aussi, Sherlock » par-dessus la première tasse de thé de la journée)
Ils partageaient un lit et quelques baisers toujours hésitants.
(« Je ne me souviens d'aucune date importante. Je ne sais même pas quand tombe la Saint-Valentin cette année » depuis le microscope « La même date que chaque année. Mais on peut faire la Saint-Valentin quand tu le préfères » depuis le divan)
Sherlock essayait de ramener John à la raison ou bien il vérifiait simplement qu'il était sûr de lui. Qu'il savait dans quoi il s'engageait.
(« Si tu ne veux pas que ce soit… comme ça entre nous, dis-le clairement, Sherlock » la main dans la joue le coude sur le dossier du divan, l'air un peu las ou pas vraiment « Je m'assure que ce soit bien ce que tu veux, c'est tout » la main sur la hanche l'autre dans la nuque, un air feint de vexation, les yeux noyés d'incertitude)
Ils attendaient des nouvelles de son frère, qui arrivèrent dans l'après-midi du deuxième jour. Sherlock était perché sur l'accoudoir du fauteuil de John, parce que Mycroft s'était installé sur le sien – il ne l'en avait pas vraiment empêché, il préférait être près de John de toute manière, près de ses mains distraites qui traînaient sur son genou ou sur sa cuisse, naturellement.
- Nous avons trouvé des éléments intéressants dans les ordinateurs des suspects que tu m'avais indiqués. Il s'agit maintenant de décider ce qu'on en fait, commença l'aîné en faisant tourner entre ses doigts la poignée de son parapluie.
La météo était capricieuse en ce tout début de février. Sherlock regrettait presque de ne plus pouvoir sortir et sentir la pluie glacée dans ses cheveux.
- Quels éléments ? insista John en croisant les jambes.
- Dans le premier, nous avons retrouvé la vidéo diffusée par Moriarty. David en est vraisemblablement l'auteur. Son rôle dans l'organisation ne se limite pas à ça…
Mycroft désigna l'un des deux épais dossiers qu'il avait amenés avec lui et déposés sur la table basse. L'autre portait le nom de Janine.
- Dans le second, une très précieuse liste de… contacts. Lourdement cryptée, bien entendu, mais mes services ont commencé à la décoder, suffisamment pour se faire une idée de ce qu'elle contient. Je suppose que tu pourras te charger de la suite, cher frère. Tu es tellement plus efficace qu'eux…
Sherlock jeta un œil dans le dossier. Il estima pouvoir craquer le code en moins d'une demi-journée. Ça devrait compenser pour la pluie.
- Qu'est-ce que vous avez fait de David et Janine ? demanda soudain John après s'être éclairci la gorge. Cachés dans une prison secrète sous le Loch Ness ?
Mycroft sourit de la seule manière qu'il connaissait – froidement, cyniquement, dans une parodie de joie – mais ils savaient tous les trois qu'il n'était pas totalement réfractaire à l'humour direct de John Watson.
- C'est là qu'est le problème.
- La Ligue des Droits de l'Homme vous a obligés à fermer la prison secrète, soupira John, incapable de ne pas rire de la situation, aussi grave soit-elle.
Sherlock lui jeta un regard de côté pour le contraindre au silence, et contre toute attente la méthode fonctionna.
- Pour l'instant, notre incursion dans les ordinateurs de ces personnes est restée indétectable. Ms. Morstan n'est pas encore au courant que nous avons découvert les membres principaux de son réseau. Si nous les arrêtons maintenant, elle se saura surveillée et risquera de passer à l'attaque, ce qui n'est pas envisageable pour nous tant que nous n'avons pas un plan.
- D'où ta gracieuse visite de courtoisie, ironisa Sherlock.
- Ce n'est pas une visite de courtoisie si tu ne m'as pas proposé de thé, répliqua Mycroft.
Le détective leva les yeux au ciel mais finit par accepter de préparer le thé – principalement parce que John lui avait frôlé le poignet du bout des doigts et, d'un regard, lui avait fait comprendre qu'il en voulait également.
- Mais je suppose que tu as déjà un plan, dit Sherlock en ramenant trois tasses fumantes.
- Evidemment. Il faut simplement que vous l'approuviez.
Mycroft redressa légèrement sa cravate et réorganisa les plis de son gilet avant de reprendre la parole.
- Il faut noyauter le réseau de Ms. Morstan. La plupart de ses contacts ne seront pas assez fidèles pour ne pas se laisser persuader par mes arguments. D'autre part, il est plus que certain qu'elle ne connaît pas suffisamment le visage de tous ses larbins pour qu'on ne puisse pas remplacer discrètement l'un ou l'autre par mes hommes. Et si ce n'est pas suffisant, il est toujours possible de faire en sorte que mes agents soient recrutés par cette charmante personne.
Sherlock vit que John ne savait pas comment réagir à ce discours. Tout cela devenait un peu trop roman d'espionnage pour lui, sans doute.
- Janine ne doit pas savoir qu'on a eu accès à ces informations, sans quoi ce sera impossible d'infiltrer le réseau. La question est de savoir si on arrête David ou pas, compléta Sherlock en croisant les bras. Est-ce qu'on joue la carte de la prudence, ou est-ce qu'on lui fait savoir qu'on est après elle.
- Mais tu n'es pas un homme prudent, conclut Mycroft.
Sherlock fronça les sourcils. Il pouvait se montrer prudent. Il pouvait prendre la décision la plus sûre, il pouvait refuser de révéler son jeu à Mary jusqu'à la dernière minute. Il avait appris de ses erreurs.
Mais le plan – le plan qui venait de se former, balbutiant, à l'arrière de son crâne – exigeait une certaine dose d'imprudence.
- On n'atteindra jamais Mary si elle ne se sent pas en danger. Elle ne fera pas d'erreur si elle ne sait pas qu'on peut lui nuire.
- Je donne l'ordre d'arrêter David ? demanda Mycroft en levant un sourcil.
- Sherlock… commença John.
Il se tut quand une longue main blanche se posa sur son épaule, assurée.
- On ne va pas commettre d'imprudence, et c'en serait une. Avant d'arrêter qui que ce soit, il faut s'assurer de notre présence au sein du réseau. Quand ce sera fait, interceptez David. Ça servira de signal.
Mycroft hocha la tête, lentement, distraitement, comme s'il pensait à autre chose. Le thé tiédissait dans les tasses et Sherlock entendait tous les mots que John n'osait pas dire.
- Elle ne pourra pas résister en sachant qu'on s'attaque à elle, elle sera obligée de sortir de l'ombre pour défendre son territoire, murmura Mycroft en se levant, serrant son parapluie dans son poing.
Ses jointures étaient blanches.
- Je vais analyser les dossiers que tu as apportés, promit Sherlock en se levant également. La liste de contacts. Je t'envoie les résultats au fur et à mesure.
- Toutes les heures.
- Toutes les heures.
Les deux frères se tenaient face à face, plus proches qu'ils ne l'avaient jamais été. Ils auraient pu se serrer la main, ils l'auraient fait dans une autre vie, quand Sherlock était enfant et qu'ils jouaient à être des grandes personnes sérieuses. C'était plus drôle alors.
- Il semblerait qu'on puisse annuler ton vol pour la Serbie, dit Mycroft à mi-voix, en guise d'au revoir.
Il disparut dans l'embrasure de la porte. Sherlock erra quelques instants dans la cuisine, avant de retourner auprès de John. Il était préoccupé. Il le voyait à la tension dans son front, aux plis aux coins de ses yeux, à la façon dont son index et son pouce pressaient sa lèvre inférieure.
- Tu me fais confiance ? souffla Sherlock en effleurant son épaule du bout des doigts.
Le geste hésitant, la question timide, si seulement, si seulement il n'avait pas si peur. Il détestait avoir si peur. John leva la tête pour le regarder, laissant retomber sur l'accoudoir la main qui triturait sa bouche.
- Oui. Bien sûr.
S'il entendit le soupir qui s'échappa de la poitrine de Sherlock, il n'en dit rien. Leurs doigts s'entrelacèrent brièvement, une pression, tout va bien, tout ira bien, puis un mouvement de poignet, un mouvement d'épaule, Sherlock s'écarta pour s'asseoir dans son fauteuil et commencer à éplucher les dossiers de Mycroft. Craquer le code.
Il aida John à se lever pour aller aux toilettes, ses larges mains sous ses coudes, leurs torses frôlés, un baiser léger, presque sans y penser. Ce n'était pas si difficile de garder une place dans son esprit pour John, pour faire attention à lui, pour s'occuper de lui, même quand il travaillait. Il l'avait toujours fait, d'une certaine façon.
Il avançait petit à petit dans la liste et envoyait ses résultats régulièrement à son frère. John somnolait. C'était fatigant d'attendre que son corps se remette à fonctionner.
Vers dix-huit heures, l'infirmière engagée par Mycroft vint vérifier les cicatrices de John. Ils ne passèrent pas dans la chambre, contrairement à l'habitude, et Sherlock put jeter un regard furtif sur la peau blêmie par l'hiver et le manque de soleil. L'une des deux balles était rentrée presque au centre de la blessure qu'il avait ramenée d'Afghanistan. L'autre était sous le cœur. Comme la sienne. John vit que Sherlock regardait et il détourna les yeux pour préparer le thé.
L'infirmière repartit après avoir confié à Sherlock une boîte d'analgésiques (pourquoi ne les avait-elle pas donnés directement à John ?) qu'il rangea dans un placard. Il sortit du frigo un reste de risotto et le réchauffa. Il en restait assez pour une personne. Il n'avait pas faim. Il continua de travailler, penché sur sa table, pendant que John mangeait en regardant la télé.
Peu après une heure du matin, il fit craquer les articulations de son cou et envoya le dernier message à son frère. Il referma le dossier, vaguement fier de lui. Il rejoignit John dans le divan. Il dormait.
Il y avait une atmosphère particulière dans le salon presque éteint, dans le silence de la nuit, dans le sifflement de leurs respirations. Il voulut s'entraîner à dire les mots, mais même là, il craignait qu'il l'entende, même endormi. Il posa ses lèvres sur sa tempe, doucement, et lui murmura de se réveiller. John battit des cils, désorienté.
- Viens te coucher, chuchota Sherlock. Tu es fatigué.
Il y avait une douceur en lui qu'il n'aurait jamais soupçonnée. Qu'ils n'auraient jamais pu imaginer.
- J'arrive, marmonna-t-il en réponse. Tu as fini ?
- Oui.
- Il se passe quoi, maintenant ?
- On attend.
John articula un oh silencieux et ils fixèrent chacun un point imaginaire de la pièce. Ils pensaient sans doute à la même chose, à l'exaspération de cette espèce d'étrange guerre de positions dans laquelle ils s'étaient embarqués. Sherlock ne savait pas ce que valait son plan, qu'il n'osait pas tracer dans les détails tant que la situation n'était pas plus clairement définie. La suite de la route était encore plongée dans les ténèbres, et contre toute attente, John lui faisait confiance.
- Je suppose que ton frère est au courant, lâcha John sans prévenir. Pour nous.
Leurs mains étaient de nouveau enlacées, c'était presque irritant, cette manière qu'ils avaient de ne pas avoir à y réfléchir.
- Evidemment, répondit Sherlock, secrètement soulagé que Mycroft n'ait pas tenté de le narguer à ce sujet.
Il y avait d'autres priorités.
- Ça ne te dérange pas ? tenta John, sans trop savoir s'il s'engageait sur un terrain miné.
Sherlock fronça les sourcils, incompréhensif. Déranger ?
- Tu n'es pas… gêné, reformula-t-il. Honteux ?
La suite de la discussion résonnait dans le crâne de Sherlock comme les dialogues clichés d'une comédie romantique (honte de toi, comment pourrais-je avoir honte de toi, je t', oh je t', tellement, si tu savais à quel point je t' et les mots se coinçaient je t', désespérément, je t'). Il fallait dire autre chose, qui soit quand même quelque chose.
- Non. Fier. Je suis… fier.
C'était l'euphémisme du siècle et c'était tout ce que John parviendrait à lui arracher, l'aveu de la féroce fierté qui commençait à s'éveiller en lui à l'idée que ça y était, John l'avait choisi.
John souriait, et ça rachetait le temps perdu. Il embrassa le coin de sa bouche si étrangement dessinée et Sherlock ferma les yeux, épuisé de l'aimer aussi terriblement fort.
- Il faut aller dormir, dit-il finalement, et Sherlock acquiesça.
A suivre...
Heyyyy :D Vous en avez pensé quoi? J'essaie de ramener un peu l'intrigue avec Mary, tout en restant dans la petite bulle mignonne qui commence tout juste à entourer John et Sherlock... équilibre compliqué !^^
Laissez un commentaire pour me dire si c'est réussi, je vous retrouve au prochain épisode, avec du whisky, des révélations, et des bisous !
