Bonjour à tous et bonne année !
J'avais dit que je publierais pendant les vacances, et j'ai tenu ma parole. :)
Voilà donc le nouveau chapitre, qui j'espère vous plaira.
Merci à tous de suivre cette histoire, et de la commenter.
Chapitre 11 : Delicta juventutis meæ
(Les fautes de ma jeunesse)
[…] Cette décision attendrait le lendemain.
Hermione se réveilla en entendant un bruit. Cela venait apparemment de la cuisine. Elle regarda le réveil à côté d'elle, qui indiquait les dix heures. Elle prit le temps de s'étirer, avant de finalement se lever. Le miroir lui renvoyait une image peu flatteuse d'elle, aussi elle essaya de dompter ses cheveux un minimum pour être présentable. Sans succès. Elle soupira et poussa la porte. Tom était attablé devant un café, et tenait la Gazette du Sorcier dans la main.
- Bonjour, lui dit-elle, avant de s'asseoir en face de lui
Il lui répondit par un grognement, et lui jeta un coup d'oeil par-dessus son journal. Hermione se saisit de sa baguette et jeta différents sorts en direction des appareils électriques de la cuisine. Au bout de cinq minutes un café se posait devant elle, accompagné de deux croissants.
- Prends-en un si tu veux, indiqua-t-elle à Jedusor
Il tendit la main et se saisit d'une pâtisserie.
- J'adore les pâtisseries françaises, ça me rappelle ma mère.. murmura Hermione
Son coeur se serra. Elle regarda par la fenêtre d'un air nostalgique, avant de bondir de sa chaise et de se poster devant la vitre. De gros flocons tombaient du ciel. Aucune voiture ne circulait, et toute la rue était recouverte d'une couche de neige. Le souffle de la jeune fille embuait la vitre.
- Ca te dit une petite balade ? demanda-t-elle à Jedusor
- Pourquoi pas..
Elle le regarda d'un air surpris. D'habitude il n'aurait pas dit oui si facilement. Haussant les épaules, elle continua.
- D'accord. Je vais prendre ma douche et m'habiller, j'en ai pour cinq minutes.
Elle se précipita dans la salle de bain et fonça sous la douche en un temps record. L'hiver était sa saison préférée, surtout quand il neigeait comme aujourd'hui. Cela lui rappelait les voyages aux sports d'hiver avec ses parents. Ses lèvres s'étirèrent en un sourire douloureux au souvenir de ses parents. C'était impossible de ne plus penser à eux. Ils étaient sa seule famille. Tom toqua soudainement à la porte. Elle se redressa et coupa l'eau.
- J'arrive !
Elle sortit et se sécha, avant d'enfiler ses affaires qu'elle avait posé sur le lavabo. Son regard fut attiré par un crayon pour les yeux qui traînait par là. Avec une moue sceptique, elle s'en saisit et se traça avec application un trait fin au-dessus des paupières. Ginny lui avait offert il y a un an de ça, mais elle ne l'avait jamais utilisé. Elle se scruta dans la glace, et décida que ça lui allait bien. Elle sortit et se retrouva nez à nez avec son colocataire.
- Tu es prête ? grogna-t-il
- Oui, on peut y aller.
Tom la regardait d'un air étrange. Il n'arrivait pas à discerner ce qui était différent chez la brune ce matin, mais en tout cas elle était plus.. féminine que d'habitude. Hermione enfila son manteau, avant de se munir d'un bonnet et de gants bien chauds. Le sorcier se contenta quant à lui de se jeter un sort de réchauffement. Ils sortirent enfin, et croisèrent un voisin dans le hall. Ce dernier regarda la jeune femme d'un air intéressé et ouvrit la bouche pour dire quelque chose, mais le regard noir de Jedusor l'en dissuada.
Dehors, tout était d'un blanc éclatant. La neige avait apparemment tombé en grande quantité toute la nuit, et le sol en était recouvert d'une bonne couche. Leurs pieds s'enfonçaient dans la neige et Tom réalisa que le sort de réchauffement ne le protégeait pas de la poudreuse qui mouillait ses pieds. Hermione s'était déjà avancée au milieu de la route, ne craignant pas les voitures vu le temps. Elle s'agenouilla, et entreprit de rassembler un gros tas de neige devant elle. Tom l'observa, curieux. Elle formait désormais une boule, et déposa une plus petite boule sur celle qu'elle venait de créer. Il réalisa qu'elle était en train de faire un bonhomme de neige. Il n'avait jamais compris l'intérêt de cette activité. A Poudlard, dès que la neige commençait à tomber, de multiples bonhommes apparaissaient dans le parc. Les élèves les ensorcelaient ensuite pour organiser des guerres entre les bonhommes, qui se soldaient par des batailles géantes de boules de neige. Mais il n'avait jamais participé à ce genre de gaminerie, décrétant que c'était trop immature.
Cependant, en regardant Hermione travailler avec application il pensa un fugace instant que cela pouvait être amusant. Il réalisa qu'amusant ne faisait pas vraiment partie de son vocabulaire avant son voyage dans le temps. Il était en train de changer, et il ne savait pas si ce changement le satisfaisait réellement. Il devait se concentrer sur ses projets, et améliorer son potentiel magique pour atteindre son but : l'asservissement des moldus, et l'exclusion des sangs-de-bourbe du monde magique. Mais en regardant Hermione, il ne savait plus si il voulait vraiment réaliser tous ces projets. Le grand Voldemort était confus devant une simple fille songea-t-il amèrement.
La jeune femme avait quant à elle remarqué la confusion de Tom. Elle réalisa qu'il devait penser à sa vie d'avant vu ses traits soucieux. Craignant le retour de la personnalité froide et méprisante de son colocataire, elle décida d'accaparer son attention, et lui proposa de l'aider dans la réalisation de son bonhomme de neige. Il déclina tout d'abord sa proposition d'un air hautain, mais elle s'obstina et il finit par s'asseoir avec elle dans la neige. Ils travaillaient en silence, rendant la créature de neige la plus lisse possible. Parfois, leurs mains se frôlaient. Ce contact désarçonnait Hermione, et elle rougissait aussitôt. Tom ne semblait pas vraiment réagir à leur proximité. Elle maudissait alors son visage qui se colorait trop facilement, et se remettait au travail avec encore plus d'ardeur. Bientôt, le bonhomme de neige fut terminé, et ils y mirent la touche finale en posant des cailloux pour représenter son visage.
Ils se relevèrent, satisfaits de leur travail. Le bonhomme de neige était planté là, faisant presque la taille de Hermione. Ils se regardèrent tous les deux, et la jeune femme fit un sourire éclatant à son colocataire. Elle remarqua soudain que les dents de ce dernier s'entrechoquaient sous le coup du froid. Le bas de son pantalon était trempé. Elle regarda le sien qui n'était pas mieux.
- Pourquoi est-ce qu'on irait pas prendre une boisson chaude ? dit-elle.
Elle désignait un café au bout de la rue. Ce n'était pas un café sorcier, et Tom hésita. Il décida finalement de la suivre. Le café était petit, mais accueillant. La lumière était tamisée, et rendait l'endroit reposant, voire romantique. Hermione était gênée de la tournure que prenaient les choses. Elle eut peur que Tom ne croie qu'elle l'ait emmené ici pour le séduire, mais en le regardant elle vit qu'il ne semblait pas se faire d'idées. Ils prirent place dans deux gros fauteuils. La serveuse prit leur commande, et les laissa seuls. Aucun d'entre eux ne parlaient, et le silence se faisait de plus en plus pesant.
- Qu'est-ce que tu comptes faire plus tard ? Je ne t'ai jamais posé la question.. dit soudain Hermione, désireuse de casser ce silence.
Tom sembla réfléchir un instant.
- Je n'y ai pas vraiment pensé en fait. Peut-être chercheur en sortilèges.. répondit-il, sans grande conviction. Et toi ?
- A vrai dire, j'hésite entre médicomage et une carrière dans la politique. Mais après tout ce qui s'est passé, soigner des blessés ne me passionne plus tant que ça. Enfin, passionner n'est pas vraiment le mot. Je crois que j'ai envie de voir autre chose que du sang toute ma vie.
- Tout ce qui s'est passé ?
Hermione faillit lui parler de la guerre. Quand elle se rendit compte de la réelle identité de celui qui lui faisait face, elle se tut subitement. Tom l'interrogea du regard, mais elle détourna les yeux. Le rapprochement entre eux deux était dangereux. Elle ne pouvait pas lui révéler toutes les épreuves qu'elle avait vécu car cela concernait son avenir.. La jeune femme se rendit compte que ce tabou mettait une distance insurmontable entre eux. A cette pensée son coeur se serra. Elle lui demanda de l'excuser et s'éclipsa dans les toilettes du café. Elle se mit de l'eau sur le visage et s'observa dans la glace. Elle ne comprenait pas pourquoi elle était triste de cette distance imposée entre eux. Après tout c'était Tom Jedusor, celui qui allait assassiner Tonks, Lupin, et bien d'autres.. Mais il était si différent de Voldemort. Il n'y avait réellement aucune ressemblance entre Voldemort et son colocataire. Elle ne voyait plus Tom comme le futur mage noir, mais au contraire comme un jeune homme de son âge. Jeune homme qui l'attirait fortement par ailleurs.
Elle retourna dans la salle. Tom l'attendait en remuant son chocolat chaud d'un air distrait. Elle prit place en face de lui, et lança un sujet badin sur la différence entre la cuisine moldue et sorcière. Elle ne voulait pas que le sujet de tout à l'heure réapparaisse dans la conversation. Cela fonctionna à merveille, même si il lui sembla que Jedusor n'était pas dupe face à son manège. Ils restèrent deux heures à se parler de choses et d'autres. Le courant passait bien entre eux deux. Ils parlèrent surtout de la matière de laquelle Jedusor voulait faire son métier : les sortilèges. Il semblait très avancé dans ce domaine, et possédait des connaissances largement supérieures à celle de la brune. Cette dernière se rendit compte que cela lui faisait du bien de voir quelqu'un de son âge aussi passionné qu'elle par les cours et les différents domaines magiques. De plus, Tom la faisait beaucoup rire avec ses traits d'esprits mordants envers le corps professoral.
L'horloge du café indiqua qu'il était treize heures. Hermione commençait à avoir faim. Elle se leva et demanda à Tom de l'attendre un instant, le temps qu'elle paye l'addition. L'argent moldu n'était pas vraiment la tasse de thé du jeune homme. Quand elle revint, Tom la regardait d'un air étrange. Il la pria de s'asseoir deux minutes, avant de déposer un paquet sur la table.
- C'est pour toi. Cadeau de Noël.. grimaça-t-il
Cela semblait être un moment douloureux pour lui. Il n'était visiblement pas habitué à offrir des cadeaux à qui que ce soit. Hermione lui lança un regard étonné, mais néanmoins ému. Il se saisit du minuscule paquet. Elle le tourna entre ses doigts, hésitant à déchirer le papier cadeau.
- Vas-y, ouvre-le !
Tom semblait impatient d'en avoir fini avec cette histoire. Hermione ne put contenir un petit rire, avant d'ouvrir le paquet et d'aviser ce qui se trouvait à l'intérieur. C'était un collier somptueux. Il était composé d'une chaîne en or et d'un cristal transparent comme pendentif. Des volutes de lumière blanche tournoyaient autour du cristal et lui donnaient un aspect.. féérique. Hermione resta hypnotisée quelque secondes devant ce spectacle, puis adressa un regard émerveillé à Tom.
- Merci beaucoup ! Il est vraiment magnifique.. Quelle pierre est-ce ?
- Un cristal de Brocéliande, répondit le jeune homme. Il protège des sorts mineurs, et a sans doute d'autres propriétés, mais elles n'ont pas encore été découvertes.
- Mais tu as fais une folie ! Il ne fallait pas.. Merci beaucoup.
Son regard s'était embué sous le coup de l'émotion. Elle savait que ces cristaux étaient très chers, et très rares. Il n'avait pas beaucoup d'argent à sa disposition et il avait sans doute dû économiser pendant pas mal de temps pour l'acheter.
- Pas la peine d'en faire tout un plat non plus.. On y va ? Je commence à avoir faim.
Hermione lui adressa un grand sourire. Elle commençait à comprendre le jeune homme et savait qu'il avait coupé court à ses remerciements car cela le gênait. Il n'était pas habitué aux relations sociales. Ils sortirent du café et se mirent en route pour aller chez Hermione. Quand la jeune femme rentra dans son appartement, elle se rendit compte que la présence de Tom ne la dérangeait plus tant que ça. Elle en venait même à apprécier sa présence au quotidien.
Leur relation resta au beau fixe les jours suivants. Ils s'entendaient assez bien, et parlaient de plus en plus fréquemment - même si les sujets qu'ils abordaient restaient très scolaires. Quelques fois Tom redevenait distant et froid, mais cela ne durait pas longtemps en général.
Ils passèrent le nouvel an ensemble dans un bar de quartier. Hermione s'était habillée pour l'occasion d'une robe noire assez chic, et les hommes dans le bar l'avaient regardé d'un air trop libidineux du point de vue de Tom. Il s'était énervé contre eux, sans raison d'après la jeune femme qui n'avait pas compris la cause de cet énervement. C'était la première dispute entre eux depuis quelques semaines. Cela peina la jeune femme, mais les tensions s'apaisèrent rapidement.
Quelques jours après, ils durent faire leurs bagages. Le train les ramenait à l'école des sorciers. Hermione était heureuse de revoir ses amis au château, mais elle aurait aimé rester un peu plus longtemps en Angleterre. Elle n'était exceptionnellement pas très enthousiaste à l'idée de reprendre les cours. Durant le trajet, elle fit plusieurs rondes dans les différents wagons. Elle eut quelques difficultés pour calmer les serpentards, qui semblaient plus agités que d'habitude. Zabini essayait de les raisonner, mais ils n'écoutaient rien. Elle ne savait pas pourquoi ils étaient si excités, et cela la préoccupait. Elle craignait une mauvaise blague des verts et argents. La fin du trajet se déroula néanmoins dans le calme, et ils arrivèrent à l'école sans encombre le dimanche midi.
Pendant le dîner, Hermione affichait un air anxieux. Elle ne touchait quasiment pas à son assiette, et ne prononçait pas un mot. Tom la regardait d'un air perplexe, tandis que Harry tentait de la faire rire. Cependant, la stratégie du Survivant ne marchait pas, et le repas se passa dans le silence. Quand elle eut fini de triturer ses petit pois avec sa fourchette, la sorcière se leva pour se rendre à ses appartements. Harry la suivit, et lui proposa d'aller dans la salle sur demande pour parler de ce qui n'allait pas. La jeune femme accepta, soulagée de pouvoir se confier à son ami.
Pendant ce temps là, à la table des Gryffondor, une joute verbale s'était engagée entre Ron et Tom Smith. Dès que Hermione avait quitté la table, Ron avait profité de son absence pour adresser une remarque acerbe à son voisin de table.
- Alors Smith ? Tu n'as pas tout à fait réussi à prendre ma place dans le Trio d'Or on dirait ?
Le brun ne lui avait tout d'abord pas répondu, se moquant éperdument de ce que pouvait lui dire le rouquin.
- En tout cas, tu ne pourras jamais me remplacer auprès de Hermione. Ne t'imagines pas que tu puisses débouler et tout changer. Elle et moi on se connaît depuis huit ans, et ce n'est pas toi, arrivé il y a quatre mois, qui va lui faire oublier tout ça.
Tom n'arrivait pas à tout saisir de son discours, car Ron fourrait des patates dans sa bouche dès qu'il avait fini une phrase. Il avait en avait quand même compris les lignes générales, et lui répondit sèchement.
- Elle n'a pas eu besoin de moi pour t'oublier apparemment.
Après avoir entendu la réponse de son voisin, Ron voulu lui sauter dessus, mais fut retenu par Seamus et un autre gryffondor.
- Arrête Ron, arrête ! McGo nous regarde !
- M'en fiche ! Je vous jure que je vais le..
La directrice fit alors apparaître un bâillon sur la bouche de Ron et le regarda d'un air sévère en secouant la tête. Ron se rassit, jetant un regard rageur à son adversaire. Tom lui sourit d'un air supérieur, une lueur rouge dans les yeux. Il avait la main posée sur sa baguette, et la serrait fermement entre ses doigts. Ronald Weasley ne se rendit jamais compte qu'il avait échappé de peu à la mort ce jour là.
Hermione, pendant ce temps, n'avait aucune idée de ce qui se passait dans la Grande Salle. Elle et Harry étaient dans la Salle sur demande, transformée en grand salon dans lequel brûlait un feu de cheminée. Le jeune femme avait raconté à son ami ce qui s'était produit en Australie. Il l'avait réconforté comme il le pouvait, mais il sentait qu'il y avait plus que ça. Quand il lui demanda si quelque chose d'autre la tracassait, elle se releva et fit le tour de la salle.
- Eh bien.. C'est vrai qu'il y a quelque chose d'autre, mais il faut que tu me promettes de ne pas rire..
Harry lui promit de ne pas se moquer d'elle, même si il ne voyait pas pour quelles raisons il aurait pu le faire.
- Hum... Tu vois, ce garçon ? Tom Smith ?
Le jeune homme hocha la tête avec vigueur.
- Je crois que.. Enfin tu vois quoi. Je crois qu'il me plaît.
Harry pouffa. Sa meilleure amie n'avait jamais été très douée pour les relations amoureuses.
- Et alors ? Où est le problème ?
- Mais justement Harry, des problèmes il y en a plein ! Je devrais me morfondre pour mes parents, mais je ne peux pas m'empêcher de penser continuellement à lui ! Je suis une fille monstrueuse, asséna-t-elle. Et puis tu ne le connais pas, mais je ne crois pas que c'est.. un garçon bien.
- Tu n'es pas monstrueuse Hermione. Au contraire, je trouve ça plutôt bien que tu te changes les idées. Et puis Tom Smith n'a pas l'air si méchant que ça, si ? En tout cas, il se faisait du soucis pour toi ce soir, je peux te l'assurer.
Hermione le regarda, comme pour tester la véracité de ses propos. Elle sembla un instant soulagée, avant de se laisser tomber dans le fauteuil et de se prendre la tête entre les mains. La jeune femme semblait totalement chamboulée, et son ami ne comprenait pas pourquoi. Evidemment, il ne pouvait pas comprendre le dilemme de son amie.
- Sincèrement, je ne crois pas que ça soit possible..
Harry ne répondit pas, car il sentait que cela ne servirait à rien pour le moment. Son amie semblait considérer que cette relation ne pourrait jamais aboutir, il suffisait de lui montrer qu'elle avait tort. Restait à savoir comment. Hermione l'interrompit dans ses machinations pour lui demander des nouvelles de son couple. Il la rassura, Ginny et lui s'entendaient beaucoup mieux maintenant. Sans doute parce que Ron s'était fait une raison, et qu'il n'interférait plus dans leur relation. En parlant de Ginny, cette dernière toqua et poussa la porte de la salle.
- Comment tu as fait pour venir ? demanda Hermione
- C'est simple, j'ai juste pensé à vous deux, répondit-elle dans un sourire.
Elle s'avança vers son amie et la serra dans ses bras. Harry s'approcha d'elle et ils échangèrent un baiser sous les yeux attendris de Hermione. Ils passèrent la soirée dans la salle, à se raconter les derniers potins, et à rigoler comme au bon vieux temps. Si ce n'est que Ginny avait remplacé son frère dans le trio...
Quand Hermione rentra dans ses appartements, il était déjà une heure du matin. Elle avait croisé Zabini en chemin, mais il ne lui avait pas reproché sa virée nocturne et lui avait juste demandé de rentrer dans ses appartements. L'autre préfet en chef faisait bien ses devoirs, avait-elle pensé en souriant. L'appartement était plongé dans le noir, même si une faible lueur brillait en-dessous de la porte de son colocataire. Elle se changea, et alla chercher un livre dans la bibliothèque du salon. Elle se surprit à espérer que Tom sorte de sa chambre, mais elle dut se résigner en voyant sa lumière s'éteindre. Elle lut quelques minutes avant que le sommeil ne vienne ne la prendre complètement.
Au milieu de la nuit, Tom fut réveillé par un hurlement provenant de la chambre de sa voisine. C'était la voix de Hermione, et elle semblait atrocement souffrir. Il se leva aussitôt, et accourut pour voir ce qui se passait. Elle était dans son lit, agitée de soubresauts, et criait comme une possédée. Ses yeux étaient clos, et des larmes coulaient le long de ses joues. Ses draps s'étaient enroulés autour d'elle. Il s'approcha et tenta de la calmer en lui parlant, sans succès. Il la secoua alors pour essayer de la réveiller, mais rien n'y faisait, elle restait dans son cauchemar. Le collier qu'il lui avait offert brillait d'une lueur rouge. Soudain, les cris de la jeune femme redoublèrent d'intensité. Tom essaya de comprendre pourquoi, quand il vit que des entailles apparaissaient sur ses bras. Il se saisit de sa baguette et tenta de la soigner, mais les plaies ne voulaient pas guérir. D'autres apparaissaient, rougissant les draps de son sang. Jedusor commençait vraiment à paniquer, quand il sentit une sensation de coupure au niveau de son épaule. Il y jeta un coup d'oeil, et réalisa qu'il commençait aussi à saigner. Il serra les dents, et recommença à secouer Hermione. Il fallait absolument la réveiller pour la sortir de ce calvaire. Ses plaies saignaient abondamment, elle perdait trop de sang. La pluie martelait les vitres et le tonnerre grondait au loin, rendant la scène apocalyptique. Hermione n'avait pas arrêté de hurler. Jedusor essaya de se concentrer et de trouver une solution, mais les coupures qui apparaissaient progressivement sur son bras l'empêchaient de se concentrer.
La porte s'ouvrit à la volée, laissant apparaître la directrice en robe de chambre. Elle était affolée, et se précipita tout de suite au chevet de la jeune femme, bousculant Tom au passage. Il ne comprenait pas comment elle avait pu être au courant de la situation, quand il remarqua le miroir enchanté regarder la scène avec inquiétude. Il devait être relié à celui de la directrice. Son attention se reporta sur la scène qui se déroulait devant ses yeux. MacGonagall tenait sa baguette tendue au-dessus de Hermione, murmurant une litanie en latin. Ca devait être un sort d'ancienne magie. Hermione semblait réagir au charme de la directrice, et elle se calmait progressivement. Elle ne tremblait plus, et avait arrêté de crier. Pourtant, elle semblait toujours endormie et pleurait encore. Son regard fut attiré par les draps maculés de sang. Il y en avait trop. Soudain, la sorcière arrêta de parler. Elle transpirait à grosses gouttes, et haletait. Tom compris que la crise était finie, et que Hermione était sauvée. Les plaies avaient toutes arrêté de saigner, même si elles ne s'étaient pas refermées.
- M. Smith, aidez-moi.
Elle jeta un Levicorpus à son élève, imitée par Tom. Cela assurait plus de stabilité au corps frêle de la jeune femme. Il avancèrent prudemment et sortirent des appartements des préfets en chef. Heureusement, l'infirmerie était au même étage, ils n'avaient donc pas besoin de faire beaucoup de chemin. Hermione gémissait, ce voyage semblait la blesser d'avantage. Le coeur de Jedusor se serra en entendant sa colocataire gémir. Lui-même souffrait à cause de ses blessures, et il n'imaginait même pas ce que pouvait endurer la jeune femme. Ils arrivèrent à l'infirmerie, et virent que Mme Pomfresh les attendait au pied levé. Des marques de draps étaient imprimés sur ses joues, mais elle semblait alerte. Ils déposèrent délicatement la brune sur un lit, tandis que l'infirmière s'avançaient vers elle. Elle appliqua un onguent sur les blessures de la jeune femme qui commençaient à suinter. Tom s'avança et s'assit une chaise à côté d'elle.
- Vous pouvez retourner dans votre dortoir, je m'occupe d'elle.
- Il n'en est pas question, rétorqua-t-il sèchement.
Il ne voulait pas la laisser seule. Il savait que ces blessures étaient dues au sort qui les unissait depuis le début de l'année, et qu'il pouvait se manifester de nouveau. Le brun devait bien avouer qu'il était inquiet du sort de Hermione. Il avait eu peur pour sa vie tout à l'heure, et ce sentiment d'anxiété lui enserrait encore la poitrine.
- Mademoiselle Granger ?
Les paupières d'Hermione s'ouvrirent doucement, pour se refermer aussitôt. L'effort lui était trop douloureux.
- Il faut que vous ouvriez les yeux mademoiselle Granger. J'ai besoin que vous les ouvriez.
Elle essaya de nouveau, et les laissa cette fois-ci à moitié ouverts.
- Bien. Maintenant avalez ça.
L'infirmière lui présenta un flacon, qu'elle but doucement. Son teint cadavérique changea progressivement. Elle reprenait des couleurs, mais elle restait quand même livide. L'infirmière lui caressa le bras en un geste réconfortant, puis lui enjoignit de dormir. Les yeux de la jeune femme se fermèrent doucement. L'infirmière se retourna vers Tom et sembla hésiter.
- Vous pouvez prendre le lit de droite pour cette nuit. Mais c'est la première et la dernière fois.
Il hocha la tête, sans bouger pour autant. Mme Pomfresh se retira, le laissant seul dans la pièce désormais silencieuse. Il souffla, et passa la main dans ses cheveux. Elle était sauvée. Mais pour combien de temps ? Chaque nuit était une chance de plus pour qu'elle se fasse tuer par ce satané sortilège... Soudain il entendit la voix de Hermione.
- T..Tom ? Réussi-t-elle à articuler.
- Je suis là.
- Je.. Je sais.. Qui a fait.. ça.
