À l'origine, le chapitre 9 et celui ci ne devaient en faire qu'un mais avec tout ce que je voulais mettre dedans j'avais peur qu'il soit trop long, surtout pour quelque chose que l'on doit lire sur un écran. J'ai donc choisi de faire deux chapitres plus petits (environ 4000 mots contre 6000/7000 d'habitude pour ceux que ça intéresserait).

N'hésitez pas à me dire quel format vous préférez, ce qui est le plus agréable à lire pour vous.


Chapitre 10

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- Il faudrait peut être qu'ils revoient leur système de sécurité. C'était presque trop facile à faire, commente George sur le chemin du retour au dortoir.

- Si certains savaient utiliser des clés ils auraient déjà eu moins de soucis. Et puis on ne va quand même pas se plaindre qu'ils nous facilitent la tâche, réplique Ginny.

Le service de sécurité de la faction ne devait en effet pas s'attendre à ce genre d'intrusion. Le temps que tout le monde comprenne que le message avait pour portée de ridiculiser les Erudits, puis qu'ils parviennent à trouver la source de diffusion et à l'arrêter, le message avait eu le temps d'être diffusé trois fois. Ce n'était pas autant que ce qu'on avait prévu à l'origine, mais apparemment suffisant pour marquer les esprits.
Le plus drôle avait été de voir certains sourires pendant la diffusion, et d'entendre des enfants fredonner innocemment le refrain ce qui avait hérisser leurs parents.

Pendant le dîner, une seule question continuait de tourner en boucle : qui était le coupable d'un tel acte. Tom nous as adressé un regard entendu qui ressemblait à une approbation mais James n'avait pas l'air aussi amusé que Ginny l'avait prédit. Je n'ai pas réussit à déterminer si c'était à cause de Danielle ou parce qu'il ne savait pas sur quoi il travaillait quand on lui à demander son aide.
C'est tout de même sur un sentiment de victoire que l'on fini le repas.

En arrivant dans le dortoir, au lieu de la salle pleine de commérage à laquelle nous nous attendions, c'est un tribunal de fortune qui s'est installé. Entre deux rangées de lits, deux groupe se faisaient face : d'un côté Stéphanie et quelques autres natifs, de l'autre Benjamin et Judith.

- Arrête de faire semblant la Pète-Sec, il n'y a que vous pour faire un coup pareil ! aboie Stéphanie

- Qu'est ce qui se passe ici ? demande Ginny pendant que l'on s'avance vers l'attroupement.

Tout le monde tourne la tête vers nous pour voir d'où peut bien venir cette interruption. Ginny est une personne appréciée, ou du moins respectée, par la majorité des novices. Ceux qui s'apprêtaient à répliquer à l'intrus de se mêler de ses affaires se retinrent donc en la voyant.

- On à trouvé les coupables du message, révèle Malcolm, l'un des amis de Stéphanie.

Ginny me lançe un regard interloqué. Qu'est ce qui avait bien pu se passer ?

- VOUS avez décidés que c'était nous! S'insurge Judith, fermement campée devant le groupe accusateur.

Judith ne semble pas le moins du monde effrayée par ce tribunal improvisé. Les bras croisée sur la poitrine elle n'a pas l'air prête de se laisser accuser sans se défendre, contrairement à Benjamin qui, tout penaud, s'est réfugié derrière sur son lit. C'est probablement sur lui que Stéphanie et ses acolytes ont fondu en premier. Il est de notoriété publique que Benjamin n'est pas très difficile à impressionner. Judith est sans doute venu à son secours pour contrer les accusations

- Un nouvel article sur les Altruistes à été publié le mois dernier, et ils n'ont pas apprécier que l'on dise la vérité sur eux. Ils sont venu ici tout les deux pour se venger, lance Hélène en les pointant du doigt.

- Ils se sont infiltrés ici pour nous ridiculiser, et défendre leur faction, renchérit Cathie, une autre fille du groupe de Stéphanie.

Cette dernière semble d'ailleurs assez fière de la situation qu'elle à provoqué. Son groupe à l'avantage et jusqu'à notre arrivée dans le dortoir, ils pouvaient diffamer et persécuter qui ils voulaient à leur guise. Parmi la petite dizaine de novice présent, aucun ne semble avoir le cran d'intervenir. Pire, certains on même l'air de se ranger à son avis
Ginny et George ont l'air aussi estomaqués que moi de la tournure que prennent les événements. Jamais nous n'avions imaginés que cela pouvait se retourner de la sorte. Personne ne devait être accusé. Le plus compliqué allait être d'arranger la situation sans révéler notre implication.

C'est George qui prend finalement la parole. Avec les sourcils froncés, ses yeux bridés ne sont plus que deux minuscules fentes.

- Steph tu dérailles. Personne n'est assez tordu pour jouer son destin juste pour faire quelque chose comme ça.

- Les Erudits ont commencés à mettre en évidence les failles dans leur fonctionnement, renchérit Stéphanie. Ils sont prêt à tout pour nous nuire et nous empêcher de continuer.

- C'est vrai que finir sans-faction juste pour pouvoir diffuser cinq minutes d'une chanson idiote semble être une idée fantastique. Qui ne voudrais pas le faire ? ironise Judith

- Ce sont bien les altruistes qui s'occupent des sans-faction ? Ose me dire qu'ils ne te reprendrais pas si tu échouais à l'initiation

- Les Altruistes respectent les règles, comme tout le monde. Si un membre qui a fait défection devient sans-faction, il le reste. Il n'y à pas de traitement de faveur !

- Les Altruistes, suivre les règles ? Tu me fais rire. Si l'on en croit les derniers...

- Stoop ! m'écriais-je en avançant entre les deux filles.

Je ne peux plus supporter une seconde de plus de voir Stéphanie mener tout le monde à la baguette selon ses humeurs et ses suppositions. Et je ne peux pas non plus laisser Judith et Benjamin se faire accuser à tord.

- Toi, siffle Stéphanie, ne te mêle pas de ce qui ne te regarde pas.

- Je me mêle de ce que je veux, surtout quand cela implique que tu lances des accusations fallacieuses et sans preuves sur des personnes que j'apprécie, répliqué-je en la regardant droit dans les yeux.

- Je me permet d'accuser des personnes qui remettent en cause le bien-être de notre faction. Mes revendications sont plus que légitimes. Quand aux preuves, elles ne tarderons pas à arriver avec l'enquête que l'équipe de sécurité va mener. Je n'ai besoin de me justifier auprès de personne si je souhaite mettre en garde les autres.

- Ce n'est pas de la mise en garde que tu fais mais une condamnation arbitraire.

Stéphanie ne semble pas vouloir en démordre.

- Avec les informations que j'ai en possession, il est de mon devoir d'Érudite de faire la lumière sur...

- Oui Stéphanie, tout le monde est au courant que tu sais plein de choses ! À quel point tu es intelligente, à quel point les professeur t'apprécient et chantent tes louanges parce que tu passes ton temps à leur lécher les bottes. À quel point tu es supérieure à nous, à quel point tu dictes ta loi partout. Tu passes ton temps à nous le rabâcher, comment voudrais-tu qu'on l'oublie ? Alors toute puissante que tu puisse être dans certains domaines, il se trouve que tu restes une Érudite, et non une Sincère. Ce n'est pas à toi de faire ce genre de chose. Par conséquent, tant que tu n'auras pas trouver le moyen de changer de faction, je te prierais de garder pour toi ta pseudo-justice.

- Comment est-ce que tu oses me parler comme ça, espèce de petite...

- Eva a raison, la coupe Ginny , toi qui tiens tellement au respect des institutions du gouvernement, laisse les faire. Les Érudits vont mener une enquête, ils en tirerons leurs propre conclusions. Si tu veux maintenir tes accusations, tu es libre d'aller voir les Leaders, mais certainement pas d'organiser un procès clandestin comme celui là.

- Tu as un avis sur la question, très bien, mais ça reste le tient, fini George. Libre à toi d'aller le partager avec les Leaders, mais tu n'as pas à mener une croisade pour que tout le monde te suive. Tant que rien n'a été prouvé, Judith et Benjamin restent hors de cause, que ça te plaise ou non …

Stéphanie semble perdre de son assurance. Elle s'attendait sans doute à pouvoir lyncher Judith et Benjamin, les mettre à dos de tout le groupe de novices sans être contredite. Jusqu'à présent elle avait toujours eu plus ou moins le champs libre pour faire ça avec les plus concilient comme Daisy.

- Tu me revaudra ça, me dit-elle pointant son index vers moi

Vexée, et réalisant qu'elle ne peut rien faire de plus pour reprendre l'avantage, elle quitte le dortoir d'un pas rageur, Cathie, Malcolm et Hélène sur les talons.

Un calme relatif retombe sur le dortoir, mais le lendemain matin le sujet de la dispute ne semble pas avoir disparu. La graine qu'à semée Stéphanie doit avoir réussit à germer dans certains esprits car une certaine hostilité est toujours présente de la part de certains novices, et pas seulement des natifs. La tension est palpable, au point d'avoir momentanément séparé le groupe de novices en deux clans.

Cela ne devait être à la base qu'une farce et je m'en veux d'être en partie responsable de cette situation pour Judith et Benjamin. Ils sont la cible de beaucoup de regards de travers ce matin. Les relations entre Altruistes et Érudits ont commencées à se dégrader depuis quelques mois. Rien de très agressif, mais cette blague n'a fait qu'exacerber les tensions sous-jacentes parmi les novices.
Nous dénoncer ne servirais à rien, si ce n'est nous faire renvoyer. Ginny m'a dit de ne pas trop m'en faire, puisqu'ils sont innocent ils ne risquent rien et de toute façon je ne me sens pas capable de faire face à Judith pour lui expliquer l'origine de tout ce bazar. Il y a tout de même quelque chose que je veux faire, ne serait-ce que pour les venger de Stéphanie et sa dénonciation publique. Pour ça j'ai besoin de Chad.

Je le trouve à la bibliothèque après le déjeuner. Je salue Dina, la bibliothécaire, que je n'ai pas vu depuis quelques jours. Chad est seul à une table, je m'assoie à côté de lui. Il à l'air passablement surpris mais ne se formalise pas plus.

- Comment va Judith aujourd'hui ? demandé-je à voix basse.

Elle traîne souvent avec lui, Derek et Morgane. Si quelqu'un a des informations c'est bien lui.

- Plutôt bien, vu ce qu'il s'est passé hier. Elle garde la tête haute, m'informe-t-il. De toute façon j'ai rarement vu plus têtue, elle ne se laissera pas marcher sur les pieds.

- Tant mieux, dis-je sincèrement.

- Pourquoi j'ai l'impression que tu n'est pas venu me voir seulement pour avoir des nouvelles ?

- Tu étais bien chez les Audacieux ? Demandé-je, plus pour introduire le sujet que pour avoir une réponse.

- Ça fait plaisir de voir que tu te souviens de ce que je t'ai dis, répond-il en ironisant.

- J'ignore sa remarque et continue mon raisonnement.

- Et d'après les rumeurs, les jeunes Audacieux auraient tendance à faire des choses... pas toujours dans les règles

- Dis-moi directement où tu veux en venir, ça sera plus simple.

- Est-ce que tu sais crocheter une serrure ?

Il semble d'abord surprit pas ma question, puis son visage se fend d'un grand sourire.

- Alors comme ça tu fais dans le vol avec effraction maintenant ? Je ne te savais pas aussi téméraire Eva.

- Ce n'est pas vraiment du vol, précisais-je. Je ne compte pas garder ce que je veux emprunter

- Est-ce que je peux en savoir plus ?

- Pas maintenant. Mais ce soir ta curiosité devrait être satisfaite.

- Où est-ce que tu veux rentrer ?

- Le laboratoire de la salle de biologie.

Il hausse les sourcils, intrigué, mais ne fait pas de remarque. Il se cale dans le fond de sa chaise avant de me répondre.

- Je pense qu'on peut s'arranger. Mais qu'est ce que j'y gagne à t'aider ?

J'avais anticipé cette question.

- Oh rassure toi, je suis certaine que tu vas beaucoup apprécier ce que tu verra. Assure toi juste d'être dans le dortoir après le dîner.

- On est parti alors, lance-t-il avec un sourire complice.

Je l'emmène jusqu'à l'étage au dessus de notre dortoir. Ginny m'avait montré ce coin souvent déserté, surtout en ce dimanche après midi ou les membres comme les novices préfèrent se retrouver dans les lieux communs. Comme prévu les salles de travail sont vide : l'endroit parfait pour apprendre à forcer une serrure.
Chad me montre comment m'y prendre avec des épingles à cheveux. Il n'y à rien d'autre d'adéquate sous la main ici. Selon lui, les salles de classes ne sont pas des endroits qui nécessitent beaucoup de sécurité, elles ne sont donc équipées que de serrures basique. Rien qui nécessite un matériel trop élaboré.

Au bout d'un certain moment, et après de nombreuses tentatives, il me déclare prête. Je le remercie vivement et on retourne vers le hall.

- Alors, est-ce que tu te plaît toujours chez les Érudits ? Qquand on ne te demande pas te forcer des serrures bien sûr? lui demandé-je pour faire la conversation.

- Ouais. Je suis bon au milieu des bouquins poussiéreux, j'ai toujours adoré apprendre pleins de choses, sur tout et n'importe quoi. Les combats c'était vraiment pas pour moi. Et puis le costard me va vraiment bien tu trouves pas? dit-il en passant ses pouces sous le col de sa veste.

J'approuve en rigolant et on continue de discuter jusqu'à arriver au hall de la fourmilière. Je mets un certain moment à trouver Ginny – dehors avec Lucy et Sophie – et lui demande de me couvrir si quelqu'un essaye de me trouver jusqu'à ce que je revienne. Elle aussi a l'air intriguée mais ne pose pas de questions. C'est exactement le genre de chose qu'elle ferait.

Il ne me reste plus qu'à entrer dans la salle sans être vue.

Dimanche après midi. Jour de repos pour les membres, de travail pour les novices mais certainement pas à cet endroit de la faction. J'ai encore moins de raison de traîner dans ce coin aujourd'hui, qu'hier avec Ginny. Si elle était là elle saurait nous sortir de n'importe qu'elle situation, mais c'est quelque chose que je veux faire par moi même. S'il se passe quelque chose, j'improviserais.

J'avance prudemment jusqu'au troisième étage et me faufile discrètement à travers les couloirs jusqu'à la salle que je veux. Je sors deux pinces de mes cheveux et crochète la serrure comme Chad me l'a montré. Il me faut un peu de temps pour retrouver le bon geste, mais comme il l'avait prévu la porte cède facilement. Je jette un coup d'œil aux alentours : personne. Je me glisse dans la salle comme une ombre et referme la porte délicatement. La porte du laboratoire adjacent n'est pas plus compliqué à ouvrir.

C'est que je commence à avoir le coup de main.

J'avance jusqu'aux cages et terrariums soigneusement alignés sur les plan de travail et ouvre ma sacoche, vidée de son bazar habituel pour l'occasion.

- Pardon Monsieur Hal, je murmure en dérobant l'objet de mes désirs

Je referme soigneusement les deux portes, et entame le chemin inverse. Je suis presque rendue aux escaliers quand des pas derrière moi, puis une voix.

- Quelqu'un aurait-il oublié qu'en dehors des heures de cours, cet endroit n'a pas lieu d'être fréquenté ?

Je me retourne en sursautant. Des épaules larges, des yeux presque aussi noirs que ses cheveux coiffés en arrière, une légère barbe : c'est Aiden Clark, l'assistant du professeur Harrison. Il se pose au milieu du couloir, les bras croisés sur la poitrine.

- C'est la deuxième fois du week-end que je te vois traîner là ou tu ne devrais pas. J'ai l'impression que ça devient une habitude.

J'avais imaginé un mensonge à sortir si l'on me posait des question sur ma présence, mais je ne m'attendais pas à ça. Il m'a lui aussi reconnu hier en fin de compte. Je n'ai aucun argument, ou mensonge, plausible à lui sortir pour m'expliquer. Je ne suis même pas sûre qu'il mordrait à l'hameçon de tout façon. Je décide de tenter une autre approche, plus frontale.

- J'avais besoin de marcher, de me dégourdir les jambes. J'avais des fourmis, lancé-je avec aplomb. Monter et traverser les étages est parfait pour ça.

- C'est tout ce que tu as pour ta défense ? Rien d'autre que ça pour éviter que je ne rapporte ta présence ?

Parfait, ça prend la tournure que je voulais.

- Je pourrais aussi te conseiller de ne pas boire l'eau de la fontaine de la cafétéria, mercredi prochain.

- Comment ça ?

- Ne bois pas dans la fontaine, c'est tout. Et tu ne devrais pas avoir de...désagréments

Il ne semble plus savoir quoi dire, et je peux presque voir les rouages de son cerveau en train de tourner. Il doit se demander de quoi je parle, si je bluff, s'il doit me prendre au sérieux, ce que cela impliquerait s'il ne le fait pas.

Après quelques instant d'hésitations, il fini par reprendre la parole.

- Admettons que je te crois pour cette fois, dit-il me fixant de ses yeux sombres. Mais que je ne te reprenne plus à traîner dans le coin sans raison valable.

Je ne pousse pas la chance plus loin et le remercie d'un signe de tête avant de faire volte face pour quitter définitivement cet endroit.

Heureusement que les cours de rattrapage sont fini. Ça aurait été l'enfer après ça.

Bien que soulagée, ma manœuvre n'est pas fini. Je doit encore m'approcher du lit de Stéphanie et lui glisser mon cadeau sous ses couvertures, ce que je réussit sans problème dans le dortoir vide de cette fin d'après midi. Je vais ensuite retrouver Ginny pour finir la journée comme si de rien n'était.

- Il va vraiment falloir que tu me dise ce que tu as fait ? déclare Ginny pendant que l'on quitte la cafétéria après le dîner.

- Après ce que vous avez fait hier, ce n'est pas le meilleur moment pour en rajouter une couche, ajoute Lucy en faisant la moue.

Avec Ginny, on se s'arrête et on se tourne vers elle comme un seul homme. Comment est-elle au courant ? C'était censé rester entre George, Ginny et moi.

- Quoi ? Je commence à vous connaître à force, répond-elle comme si c'était une évidence.

- On ne voulait pas te forcer à participer, et risquer de t'attirer des ennuis, dis-je pour lui expliquer la raison de ne pas l'avoir mis au courant officiellement.

- J'apprécie de ne pas être mêler à vos bêtises, ça m'arrange en fait. Mais vous savez que ce n'est pas parce que je ne participe pas que vous ne pouvez pas vous confier à moi.

Nous craignions que son côté trop sérieux ne nous apporte des problèmes. On s'était peu être fait trop d'idées.

- Alors, à propos de ça, commence Ginny se mettant à lui expliquer de coup de la fontaine pour la semaine prochaine.

C'est sur les commentaires de dégoût de Lucy que l'on rejoins le dortoir.

Assise sur mon lit, en train de feuilleter un livre de génétique animal, j'attends patiemment. Le dortoir s'est remplit assez vite ce soir, comme c'est souvent le cas le dimanche soir, avant la reprise des cours. Ginny et Sophie sont installées sur le lit de Lucy, elles discutent toutes les trois. Il ne reste plus qu'à attendre un peu.

Le moment attendu arrive enfin quand Stéphanie rentre dans le dortoir, enlève ses chaussures, ouvre son lit pour attraper son pyjama

- Aaaah ! crit-elle en faisant un bond en arrière.

Les cinq crapaud dans son lit ne semblent pas du même avis et se mettent à croasser gentillement. L'un d'entre eux, sans doute pour lui montrer son affection, ou bien par envie de liberté, lui saute sur les pieds provoquant un nouveau cri et un autre saut en arrière.

- Qui a fait ça ? Qui à mis ces créatures dans mon lit ?! Hurle-t-elle à travers la pièce.

Ginny m'avait raconté une fois, la peur et le dégoût de Stéphanie pour les crapauds et autres batraciens depuis qu'une fois, enfant, elle était tombée dans une marre qui en était remplie. Ginny n'était d'ailleurs pas étrangère à cette chute.

Avec tout ce vacarme, tout le monde tourne son attention vers la scène et devant les supplications et le piétinement de Stéphanie pour qu'on éloigne les animaux, chacun en va de son petit rire ou d'un commentaire. Les natifs dans la même rangée qu'elle ne semblent pas pressés de l'aider, trop occupés à pouffer de rire devant la situation. Voir Stéphanie se tourner en ridicule elle-même ne doit pas être courant.

Visiblement les Érudits sont prompte à suivre ceux qui savent parler pour convaincre les foules – comme Stéphanie avait réussit à le faire hier – mais aussi à se moquer de n'importe qui. La solidarité n'a pas l'air d'être quelque chose avec laquelle ils sont très familier.
Plus loin dans le dortoir, je vois Chad et son visage brun illuminé par un grand sourire qui lève ses pouces vers moi pour me féliciter et je lui répond avec un clin d'oeil. Ginny s'avance jusqu'à moi.

- Alors là, chapeau. J'avoue que je n'y avait pas penser à celle là ! Mais comment tu as fais tout ça ?

- J'apprends des meilleurs, que veux-tu, dis-je fièrement en bombant le torse

On pouffe de rire toute les deux et on se frappe discrètement dans les mains.

- C'est vraiment toi qui à fait ça ? souffle Lucy, toujours sur son lit.

- Si personne ne s'oppose jamais à elle ça ne va faire qu'empirer. Je lui ai juste donné une petite leçon, pour qu'elle comprenne ce que ça fait d'être au milieu d'une situation désagréable.

- Tu étais vraiment obligé de faire ça de cette façon ? dit-elle, visiblement en désaccord. C'était vraiment mesquin.

- Avec ce qu'elle a fait hier elle l'a mérité, ose me dire le contraire.

- Ce n'est pas en utilisant les mêmes méthodes que tu vas faire avancer les choses, fini par dire Lucy.

- Parfois il faut savoir jouer sur le même terrain pour marquer des points

Lucy ne trouve rien à redire, elle sait qu'au fond j'ai raison. Si Stéphanie s'était contenté d'être désagréable, je ne me serait jamais permis d'exploiter ce détail personnel. Mais vu son comportement, si je veux que ça ait un impact il faut que je m'abaisse à son niveau, et je n'hésiterais pas à recommencer si besoin.

L'incident fait encore jaser pendant un certain moment, jusqu'à ce que quelqu'un se décide à faire sortir les pauvres crapaud, mettant fin aux couinements de Stéphanie. George nous rejoins et même si Lucy ne semble pas vouloir se dérider, j'ai leur raconte tous les détails de cette petite vendetta jusqu'à ce que Chad et Derek viennent nous voir. Chad n'a plus l'air aussi amusé que tout à l'heure, même s'il m'adresse un petit sourire entendu.

- Est-ce que vous êtes au courant ? demande Derek

- De quoi ? répond Sophie, parlant pour nous tous.

- Daisy. Dans le début de la soirée, avec Finn, on l'a vu quitter la faction.

- Quitter, définitivement ? demandé-je, choquée

- On a essayé de la retenir mais rien à faire, elle a refusé de rester un jour de plus. Entre Stéphanie qui lui est retomber dessus après son coup raté d'hier soir, et les professeurs qui lui disaient qu'elle n'arrivait à rien depuis le début, elle a craquer. Elle a abandonné l'initiation...

Voilà donc la première à avoir craquer sous la pression. On se regarde tous, surpris mais aussi troublés. Troublés De penser à Daisy, qui a à peine seize ans se retrouve sans-faction parce qu'elle n'a su s'adapter. De ne pas avoir fait quelque chose pour l'aider parce qu'aucun de nous n'avait nouer de liens avec elle. Mais aussi au fond, troublés d'espérer que le prochain à partir de sera pas nous. Parce que dans ce cas là, on préfère toujours que ce soit les autres.


Je me rend compte que jusqu'à présent j'ai assez peu, voir pas presque pas du tout, parlé des autres novices, mis à part certains personnages secondaires. Je dois avouer que je ne pense à les inclure que lorsque la situation s'y prête, et donc en général ils apparaissent un peu comme par magie. Je vais essayer de créer une ambiance de fond qui inclus un peu plus leur existence.

Pour vous faire une petit mémo, au total il y à 30 novices au début de l'initiation répartis de cette manière (selon leur ancienne faction) :

Érudits : Ginny, Tom, George, Sophie, James, Danielle, Gracie, Daphné, Stéphanie, Hélène, Cathie, Malcolm, Oliver, Jake, Adam

Sincères : Eva, Derek, William, Eloïse, Scott

Audacieux : Chad, Kyle, Morgane, Anna, Finn

Fraternels : Lucy, Daisy, Joshua

Altruistes : Judith et Benjamin

J'avais envie d'avoir des membres originaires de toutes les factions, je ne pouvais pas me décider à en exclure une (et surtout choisir laquelle) ^^'