Merci pour vos reviews ! Et vous avez vu ? Je suis à l'heure ! ^^
Chapitre 11
Il hurla.
La seule chose à laquelle il était capable de penser était "Naruto". Une douleur effroyable lui parcourait les veines, comme si chaque battement de son coeur envoyait un sang vicié dans ses organes, leur ordonnant de cesser de fonctionner. Il avait presque conscience de la lutte de son corps contre cette terrible sensation, il tentait tant bien que mal de ne pas oublier de faire battre son coeur, de respirer. Il arriva à cours d'air, et son cri mourut dans sa gorge. Il inspira de manière hachée, péniblement, et se mit à balbutier des "Naruto, Naruto, Naruto" à travers ses larmes. La douleur physique quittait peu à peu ses membres, mais son estomac semblait complètement retourné, il avait envie de vomir, et son coeur... Il aurait préféré qu'on le lui arrache à mains nues, pour faire cesser la douleur. Il avait l'impression que des milliers d'aiguilles s'enfonçaient dedans, que quelqu'un le compressait à l'en faire exploser. Sa gorge aussi était douloureusement nouée, bloquant les hurlements qu'il aurait voulu pouvoir continuer de pousser.
A sa droite, Gwenvael s'était réveillé en sursaut, et ne savait comment ré était totalement inconscient de sa présence et de l'endroit où il était, les seules choses comptant étaient la douleur, et Naruto... Il continuait de pleurer contre ses genoux, bataillant pour alimenter son organisme en oxygène. Il n'avait jamais eu aussi mal de toute sa vie, n'avait jamais ressenti une souffrance aussi intense, aussi aiguë. Il sentit que l'on passait un bras autour de ses épaules, et il se dégagea en poussant un cri. Ses sensations étaient décuplés, il ne supportait aucun contact physique, encore moins de ceux qui l'avaient trahi.
Ils avaient tué Naruto.
Naruto était mort.
- Oh, calme-toi, qu'est-ce qui t'arrive ? Eh, Ludovic !
Le brun le regarda sans le voir, le visage déformé par la haine, et éructa :
- Ne me touche pas. Je ne veux plus jamais avoir affaire à vous. Vous êtes des monstres et des traîtres.
Il continua d'un ton moqueur et amer :
- Mais je dois tout de même vous remercier pour une chose, vous m'avez rappelé que l'espèce humaine est indigne de confiance et de pitié. Naruto avait réussi à me le faire oublier.
Gwenvael ne comprenait strictement rien. Il agita sa main devant les yeux d'encres qui lui lançaient des éclairs, et tenta :
- Euhhhh... Ludovic ? Allô ? C'est ton pote, Gwenvael ! Tu m'entends ?
Son meilleur ami était en train de débloquer. Il avait l'impression qu'il allait lui sauter dessus pour l'égorger à tout instant, et un frisson d'effroi descendit le long de sa colonne vertébrale. Il devait certainement être en train de cauchemarder de cette semaine où il avait disparu, mais cette hypothèse ne l'aidait en rien à savoir comment réagir. La rage déserta lentement les traits de Ludovic, et le désespoir revint, toujours plus vif. Il tenait son poing serré contre sa bouche, comme pour étouffer ses pleurs, et s'étreignait de son bras gauche en se balançant légèrement d'avant en arrière, se berçant machinalement, pour se consoler.
Gwenvael n'osait plus rien dire, de crainte d'éveiller à nouveau le courroux du brun. Il se contentait de rester là, à ses côtés, en espérant que la crise passerait. Petit à petit, les larmes se firent plus rares, les sanglots moins violents, et Ludovic se calma, même si une incommensurable tristesse marquait toujours son visage, et il semblait qu'elle ne le quitterait plus jamais. Il se tourna alors vers Gwenvael, et ce dernier ressentit un pincement au coeur devant le regard de son ami. Quelque chose s'était éteint dans ses yeux. La même chose qui avait tant faibli quand il avait appris la disparition d'Arthur, mais qui ne s'était jamais totalement éteinte pour autant. Ce n'était pas l'espoir, non, c'était beaucoup plus grand que ça. Comme si une part entière de lui venait de mourir, en emportant avec elle l'espoir, mais aussi l'amour et la joie.
- Neji hein... murmura t-il avec amertume. Désolé, ton sacrifice aura été vain, j'ai pas été foutu de le protéger...
Il se leva, et s'avança vers le mur, qu'il caressa du bout des doigts.
- Est-ce que tout ça est vraiment réel ? Ou est-ce que ce n'est encore qu'un rêve ? Une chimère à laquelle mon esprit s'accrocherait désespérément, pour fuir la douleur de la réalité.
- Ludovic..., souffla son ami, de plus en plus inquiet.
Il ne comprenait rien à ce qu'il racontait, l'histoire de sacrifice, de chimère, ni pourquoi est-ce qu'il lui parlait d'un manga ? Le brun fit lentement le tour de la chambre, prenant certains objets, pour les observer plus attentivement avant de les reposer à leur place. Il avait l'impression de ne plus être lui-même, que son esprit était mort mais que son corps s'acharnait à rester en vie.
Et soudainement, il la vit.
La photo que Gwenvael avait rapidement caché avant qu'il n'entre dans sa chambre. La photo où on les voyait, tous les deux, avec un jeune homme blond à leurs côté, écroulés de rire. La plaie de son coeur saigna un peu plus, et un gémissement de douleur lui échappa. Naruto... Il ne pourrait jamais vivre sans lui. Il n'en aurait ni la force, ni le courage, ni la volonté. Un détail attira son attention, et il sentit quelque chose se débattre dans son esprit, comme si une bête cherchait à sortir de la prison dans laquelle elle était solidement enchainée, à en briser les barreaux, pour remonter à la surface. Sur la photo, Naruto n'avait pas de traces de griffes sur les joues. La cage explosa, libérant la bête, et les souvenirs affluèrent avec violence, envahissant son esprit d'images et de sensations. Arthur et lui riant, enfants, faisant une bataille d'eau, préparant un gâteau au chocolat en en mettant partout, Arthur, plus grand, lui parlant filles, la dispute, l'attente, l'annonce de sa disparition, la maison abandonnée, le taré à face de serpent, la peur, et cette phrase : "On aura toujours le blond".
Il avait été enlevé, par ceux-là même qui détenaient Naruto. Naruto était toujours en vie ici. Au même titre que Neji était Gwenvael, qu'il était Ludovic, Naruto était Arthur. Et il y avait une chance pour qu'il soit encore en vie, encore aux mains d'Orochimaru, Denzo, Deidara et Sasori. L'espace d'un instant, l'espoir gonfla son coeur, enfanta la détermination, et la fit plus solide et plus forte que la plus dur des pierres. Il reflua ensuite, mais ne le quitta pas, et son enfant fit s'allumer une lueur farouche dans le regard de Ludovic. Il était Sasuke Uchiha, et il avait suffisamment payé. C'était au tour de la Vie, maintenant, de lui rendre son dû.
Il sécha les dernières traces de larmes, attrapa son ordinateur portable, qu'il avait amené pour les quelques jours qu'il passait chez son ami, et mit à profit les cours d'informatiques de ce dernier. Gwenvael lui avait appris à être un fantôme et à pirater tout ce qu'il voulait, il était temps d'utiliser ces connaissances. Quelques instants plus tard, il avait réussi à accéder aux dossiers de la police. Il passa de longues heures à rechercher une quelconque information sur l'un de ses ravisseurs, éplucha les dossiers de chaque criminel, observant attentivement chaque photo, espérant reconnaître un visage, mais il semblait qu'ils n'étaient pas connus des Forces de l'Ordre. Il se frotta les yeux, rougis par l'écran, et tenta d'accéder aux dossiers de services plus secrets, plus sécurisés. S'il n'y avait rien en surface, il y aurait peut-être quelque chose en grattant un peu. Il essaya et essaya, sans prêter un seul instant attention à Gwenvael, qui sentait l'appréhension monter en lui au fur et à mesure que les tentatives échouées de son ami s'accumulait. Il allait finir par se faire repérer !
- Ludovic... Tu vas finir par te faire choper !
Le brun lui lança un regard indéchiffrable.
- Tu ne veux pas venir manger ? Tu m'inquiète là...
Son ami quitta son ordinateur en soupirant.
- Si, tu as raison... Mais j'espérais trouver quelque chose.
Le repas se fit dans un silence pesant. N'y tenant plus, Gwenvael lâcha, de manière purement rhétorique :
- Tu te rappelle de tout ?
Ludovic releva la tête, cherchant à deviner ce à quoi il pensait, mais seul une sincère affection teintée de compassion se lisait dans les yeux nacrés.
- Si par "tout" tu veux dire Arthur, mon enlèvement, les quatre connards, l'opération, comment je suis rentrée chez moi, et les effets de la drogue de mes ravisseurs, alors oui, je me rappelle.
- L'opération ? Et ils t'ont drogué ?!
- Ma cicatrice n'est pas apparu comme par magie. Et oui, pour que j'oublie tout. Ils ont fait exprès de me laisser repartir, parce qu'apparemment me garder était trop dangereux, et ils avaient plus d'intérêts à retenir Na... Arthur.
- Je... Je suis désolé, je me doutais qu'il s'était passé quelque chose, mais je ne pensais pas à un truc pareille.. Qu'est-ce que tu comptes faire maintenant ?
Il balaya ses excuses d'un gestes désinvolte. Il n'en voulait pas à Gwenvael, il en voulait à tous ceux qui l'avait fait souffrir.
- Retrouver Arthur. Le ramener. Et les faire payer.
Le châtain tressaillit. Son ami avais quelque chose de dangereux, d'effroyablement menaçant. Se souvenir l'avait changé. Ce qu'il avait vécu durant cette semaine avait dû être terrible. Ludovic le fixait, se demandant si lui aussi se souvenait de sa vie d'avant, de quand il était Neji et non Gwenvael.
- Ne t'inquiète pas pour moi, je me souviens d'absolument tout, je connais beaucoup de choses sur ces hommes. Bien plus qu'ils ne le croient.
- Pourquoi est-ce que tu ne racontes pas tout à la police ? Si tu as peur qu'ils ne te croient pas, parles en à tes parents, il sauront quoi faire !
- La police sera inefficace face à ce genre de personnes. Ils savent ce qu'ils font, tout était soigneusement préparé et calculé, et ils ont des hommes de mains nombreux et armés. De plus, prévenir la police ne mettrait pas seulement les policiers chargés de l'affaire en danger, mais aussi leurs proches... Pour mes parents, je n'ai jamais voulu leur dire pour diverses raisons. Au début, c'était parce que je refusais d'accepter la vérité, et l'énoncer à voix haute aurait été lui donner crédit, admettre que c'était réellement arrivé. Ensuite, j'avais peur qu'ils ne comprennent pas mon comportement, pourquoi est-ce que cela m'affecte tellement... Et maintenant, c'est parce que je sais qu'ils savent pour Arthur, forcément, et ils n'ont pas levé le petit doigt alors qu'ils sont venus me chercher et m'ont ramené.
- Comment peut tu être sûr qu'ils savent pour Arthur si tu ne leur a jamais rien dit ?
Gwenvael avait bien compris que quelque chose lui échappait, qu'il lui manquait des pièces du puzzle, et il essayait tant bien que mal de comprendre les raisons qui poussaient son ami à agir ainsi.
- Je t'en prie, du jour au lendemain j'oublie mon ami d'enfance, l'une des personnes les plus chères à mes yeux, de loin la plus proche de moi, et il ne donnerait aucunes nouvelles, ne dirait strictement rien ? Demain tu oublies mon existence, je ferais des pieds et des mains pour que tu te rappelles. Mes parents sont loin d'être stupides. Et c'est encore pire que ça, parce qu'ils m'ont volontairement empêcher de me rappeler plus tôt. Tu te rappelle la grande photo d'Arthur et moi en cosplay, que j'avais accroché sur ma porte ? Ils l'ont enlevé.
- Mais pourquoi feraient-ils ça ?
- Je ne sais pas... Mais j'aurais le fin mot de cette histoire, peut importe le nombre de bâtons que l'on me mettra dans les roues.
Aucun des deux ne réaborda le sujet de la journée. En fin d'après-midi, Ludovic rentra chez lui. Il était une seule personne, mais avec deux passés différents, et manger avec ses parents lui semblait à la fois naturel et terriblement surréaliste. Il essaya de ne rien laisser paraître de son trouble, mais les réflexes acquis durant sa vie à Konoha ne disparaitrait pas aussi aisément, et il devait lutter pour afficher les émotions qu'il affichait habituellement, au lieu d'adopter son masque inexpressif. La situation le perturbait plus qu'il ne voulait bien l'admettre. D'un côté, il savait que ce qu'il avait vécu en tant que Ludovic était réelle, et sa vie à Konoha lui semblait complètement ahurissante, mais d'un autre côté il découvrait avec stupeur que ce qu'il croyait n'être que des rêves étaient des souvenirs, la soudaine restriction de ses libertés lui déplaisait assez, et la joie de voir sa famille unie était ternie par le fait qu'ils étaient différent de ceux qu'il avait connu à Konoha. Pourtant, une petite voix au fond de lui acceptait tout cela, et lui chuchotait qu'il savait depuis longtemps.
Le moment le plus délicat fut lorsque Arnaud s'amusa à lui faire peur. Il était arrivé derrière lui en pensant être silencieux, mais ses capacités physiques, résultantes de longues et dures heures d'entraînement, l'avaient suivi avec ses souvenirs. Ludovic attendait donc le moment où son frère crierait "Bouh !", en sachant qu'il devrait faire semblant de sursauter. Seulement, son frère, au lieu de crier, lui attrapa la taille. Il en fut réellement surpris, et dû se faire violence pour ne pas se retourner et attaquer l'ennemi qui n'en était pas un. Ludovic n'avait aucun réflexe de combat. Et même s'il était autant Sasuke que Ludovic, personne ne devait se douter de rien, car il n'aurait rien pu leur expliquer, qui croirait une histoire pareille ? Son unique objectif était, pour le moment, de retrouver Arthur, en priant pour qu'il ne soit pas trop tard et pour qu'il se souvienne aussi. Une fois dans sa chambre, il attrapa un petit carnet dans lequel il entreprit de noter tous les éléments de son enquête. Il prit soin d'écrire en japonais, d'une écriture gribouillée que seule lui parvenait à déchiffrer, afin que personne ne puisse comprendre ce qu'il savait ou avait deviné même s'il se le faisait voler.
Il nota les prénoms des quatre ravisseurs, le lieu où ils l'avaient enlevé, il griffonna rapidement un plan du lieu où il avait été détenu, souligna qu'Arthur y avait été également mais qu'il avait dû être transféré ailleurs, puis réfléchit aux paroles d'Enzo. Il avait dit que seul le blond était important, ce qui signifiait qu'il avait une utilité en tant que personne. Il n'arrivait pas encore à comprendre pourquoi, mais si c'était le cas, alors il y avait de fortes chances pour qu'une autre personne soit impliquée, volontairement ou non. Il élimina aussitôt Lise des suspects. Il savait quand quelqu'un mentait, et ce n'était pas son cas, elle ne savait vraiment strictement rien. Par contre, il ne savait rien du père de son ami, excepté son prénom : Gauthier. Ce dernier avait abandonné sa femme et son fils alors qu'il n'était encore qu'un bébé, et n'avait pas donné signe de vie depuis. Il pouvait être n'importe qui, ce qui incluait une personne intéressante pour les ravisseurs. Il y avait également la pseudo petite-amie d'Arthur, rencontrée sur Internet. Comme par hasard, il avait été enlevé le jour où il avait commencé à sortir avec elle, et même si son ami avait affirmé la connaître depuis quelques temps déjà, il trouvait cette coïncidence pour le moins suspecte. Penser à cette fille le fit dériver vers une autre idée : est-ce que quelque chose aurait changé pour Arthur juste avant son enlèvement, quelque chose qui pourrait avoir un lien avec ? Il essaya de se remémorer tout ce qu'il pût, mais cela faisait environ deux mois qu'Arthur avait disparu, le soir de leur dispute.
Un détail finit par lui revenir. Il ne s'en était pas alarmé sur le coup, mais avec le recul... Son ami lui avait raconté en riant qu'il croisait souvent deux hommes blonds, jamais en même temps, et qu'il était sûr qu'ils ne vivaient pas dans le coin car il n'avait eu vent d'aucun emménagement, lui qui était toujours au courant de tous les commérages. Il avait remarqué leur présence pour la première fois environ un mois avant la date de sa disparition. Ludovic se souvint alors qu'Arthur avait commencé à parler avec Olivia, la fille d'Internet, à peu près aux mêmes dates. Et l'un de ceux qui l'avait enlevé était blond. Cela faisait beaucoup de coïncidences. Un peu trop pour que ce n'en soit. Il décida qu'il irait fréquenter les mêmes lieux qu'Arthur, aux mêmes heures, afin de vérifier si les deux blonds étaient toujours là ou non. Après tout, il était possible que ces hommes aient une petite amie dans le secteur, ou une quelconque autre raison d'y venir régulièrement, sans aucun lien avec ne pouvait se permettre d'aller trop vite en besogne et d'être trop prompt à accuser des gens, car il risquerait de se tromper et de perdre un temps précieux. Il devait mener une enquête minutieuse et dans les règles de l'art, en mettant ses sentiments pour Naruto de côté, exactement comme s'il s'agissait d'une mission à Konoha.
Il se mordilla la lèvre inférieur, quelques larmes venant noyer ses yeux teintés d'angoisse. Il craignait se réveiller à Konoha, il ne voulait plus jamais y retourner. La mort de Naruto lui semblait improbable, son subconscient la refusait, tous son corps était tendu, attendant de le voir surgir, ses yeux azurs pétillants de malice. Mais il savait, consciemment, que c'était fini, et la douleur le prenait à la gorge. Les larmes redoublèrent, et il se blottit dans son lit, souhaitant plus que tout que ce ne soit qu'un affreux cauchemar...
J'espère que le chapitre vous aura plu ! Je ne suis pas super douée pour écrire des trucs sombres, alors j'espère que vous ne vous êtes pas arrachés les cheveux en mode exaspéré ^^" Enfin, je ne suis pas plus douée pour les trucs tout guimauveux, mais bon... La suite mercredi prochain normalement ! Je serais à un anniversaire, mais je piquerai l'ordi de mon pote (eh oui, un mec, le pauvre lol)
