Disclaimer : Naruto ne m'appartient pas. Ni univers, ni perso.

Maintenant que l'annonce désagréable est passée... OMG ! Je suis si heureuse de poster après tant de temps ! Cela fait du bien. Je hais l'été car la chaleur me rend improductive!

D'autres réjouissances : Réponses aux reviews !

AnoS. : lol. Tes commentaires me font toujours rire. Oui Itachi a la science infuse! :p Non, mais bon, question placement et équilibre je suppose qu'un ninja peut avoir son mot à dire. Nakiri a effectivement été une apprentie geisha mais ce n'est pas la faute de Zetsu si elle ne l'est plus. :) Syndrome de ! Non ! ... Peut-être... lol En tous cas merci beaucoup ! C'est toujours agréable de recevoir une de tes reviews et ces magnifiques compliments. :3 P.S : Merci mes vacances étaient cool. :)

Dragon pourpre : Grand merci !:D Cela fait toujours plaisir de lire ces choses-là. :) Les OOC c'est vraiment ma hantise. Ravie que le style te plaise. Ah ! Oui, encore j'ai osé utiliser l'excuse facile pour qu'elle passe du temps avec l'akatsuki... bon apprécie la variante la pauvre a été achetée. lollol :) En tous cas, voici un nouveau chapitre, on verra si j'ai été à la hauteur de tes attentes. ;)

So... voilà la suite. grin


Chapitre 11

Il a fini par arriver. Ce jour que j'avais redouté. Ce jour que j'avais oublié. Ils étaient rentrés la veille. Je ne l'avais pas vu et pour la première fois depuis mon arrivée, j'étais presque reconnaissante qu'Hidan-san ait poussé ma porte.

J'avais attendu avant de sortir. Attendu qu'ils soient levés tous les deux. Je suis allée faire du thé. Mauvais timing. Seul dans la pièce. Angoisse et tremblements maîtrisés, je l'ai salué. Il m'a laissée préparer quelque chose pour le petit-déjeuner. En silence. Etouffant.

Je me suis assise. Une grande inspiration.

―Je suis désolée Kakuzu-san.

Ce n'était pas la meilleure chose à dire. Je n'en avais pas trouvé d'autre.

―Tu ne mettras plus un pied hors de ces murs.

Silence. Choc. Il n'a rien ajouté. Il n'y avait rien à dire de plus. A force de les côtoyer on finit par esquisser le cheminement de leurs pensées. Si je ne sors pas personne ne me voit. Personne ne se pose de questions. Personne ne vient s'inquiéter de cet endroit. Pas de questions sur ses occupants. Si j'avais rencontré d'autres gens, les interrogations auraient fini par tomber. Ma seule vie était pour eux.

J'ai voulu argumenter. Ce n'était pas possible. Je suppose que je devais plutôt me réjouir qu'il ait eu le temps de passer ses nerfs avant. Pas sur moi. Même si on ne le voit pas, cette partie de lui est quelque chose que je n'oublierai pas. Violent. Irritable. Aisément.

Je suis restée docile. Comme d'habitude. Docile et de mauvaise humeur. Pas suffisamment folle pour le montrer.

Les semaines qui suivirent me parurent longues, vides et insupportables. Les nerfs à fleur de peau. S'exprimer dans le vide. Quand on est seule. Ne pas prendre de risque.

Chaque journée de solitude s'étendait comme quatre. Chaque fois qu'ils rentraient, qu'ils m'utilisaient, il m'était difficile de garder mes résolutions. La moindre excuse pour les suivre dehors – comme un petit chien – me paraissait être la trouvaille du siècle. Même Tobi n'a pas toujours réussi à me dérider de cette étrange vague de déprime qui s'était si facilement emparé de moi.

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Une nuit troublée. Des souvenirs. Des remords. La solitude. L'incertitude. La peur. Je venais de changer mes pansements et m'étais installée dans le salon. Pour penser. Nombreuses sont les nuits où je ne peux pas supporter le noir. On pense trop. On se demande. On doute. On regrette. On espère. Pourquoi toujours la nuit ?

Sur le canapé du salon. Mon regard fixé sur mes doigts. Il ne restait plus que des marques rougeâtres. Pourtant… Impossible d'effacer le souvenir. Si rapidement. Si naturellement.

Lui aussi était debout. Il s'est assis à côté de moi. Sans un mot, il m'a prise dans ses bras. Surprise. Doucement il a caressé mes cheveux. Rassurant. Si étrange. Pas le Tobi qui occupait mon esprit. Ni fragile. Ni infantile. Il me caressait les cheveux comme ma mère l'aurait fait si j'étais venue pleurer dans ses bras.

―Tobi ?

―Oui Nakiri-chan ?

Hésitante.

Tuer un homme. Responsable de la mort d'un second. On se sent mal. Si mal. Parce que ce n'est pas nous. Parce qu'on se sent coupable d'avoir pris une vie. Ce que les gens savent et pensent. La façon dont ils nous regardent, nous traitent. Peut-être était-ce exagéré ? Oui, après tout qui savait que j'existais encore ? A part eux… Des criminels.

Eux… Leur première fois. S'étaient-ils sentis aussi mal ?

―Est-ce que… ça ne te fait pas mal ?

Il m'a lâché et s'est reculé. Confus, très certainement.

―Hum non Nakiri-chan, mais si tu veux je peux changer de place.

Il n'a pas attendu ma réponse. Il s'est assis un peu plus loin. Il s'est allongé. Il a cherché sans cesse pendant quelques minutes une façon d'être confortable, réconfortant et tout près. Finalement il a posé sa tête sur mes genoux. Ses pieds sur l'accoudoir.

La diversion n'a duré qu'un instant. Machinalement, ma main dans ses cheveux. Ses mèches entre mes doigts. Une des miennes autour des siens.

―Tobi… Comment est-ce qu'on oublie que l'on a tué un homme ?

―Il ne faut pas être triste pour ça Nakiri-chan ! Il suffit de ne plus y penser. Ce n'est rien. Tout ira bien.

Eux… Ils n'ont pas de culpabilité. Pas ou plus. J'ai espéré malgré mon mal-être, ne jamais devenir comme eux.

Il a fini par s'endormir. Je n'ai pas pu. Pas tout de suite. Trop de questions. Sur leurs motivations. Sur les siennes. Le souvenir de son baiser. Je me suis demandée qui me regardait sous ce masque.

Ils en portent tous un. Je voulais tous le leur enlever. Ne pas être la seule à souffrir.

Avec ma morne humeur cependant, quelques instants de clarté. Une bonne chose ?

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Une autre journée de pluie. Il s'est laissé tomber sur le canapé. Un soupir à fendre l'âme. Un coup d'œil dans ma direction. Bref sourire. Il a sorti de l'argile et a commencé à la travailler. Je l'ai regardé. Fascinée. Des mouvements vifs. En apparence aussi hasardeux que gracieux. Précis pourtant. La masse prenait forme en un rien de temps. Un hibou. Une sculpture raffinée. Minutieusement détaillée. Le temps de quelques battements de cils. De quelques passages entre ses doigts. A peine terminée, détruite. Un nouveau soupir. Las.

Il a serré et desserré le poing plusieurs fois de suite. Crampe. Sourcils froncés. Pas un mot. Il m'a tendu la main. Cœur battant. Je l'ai prise dans les miennes. J'ai commencé à masser. L'idée de caresses a traversé mon esprit. Nerveuse. Je n'ai pas osé le regarder. Même furtivement. Un nœud dans l'estomac. En tête, toutes ces fois où sa peau a rencontré la mienne. Toutes ces fois où il a semblé offrir plus sans trop en prendre… Le cœur battant. Ne pas penser à ça. Parce que bizarrement ce n'était pas déplaisant. Je ne savais pas pourquoi. J'ai eu peur de commencer à vouloir ce que j'étais.

Je me suis focalisée sur ce que je faisais. Sur ses mains. Malgré cette particularité plutôt déconcertante, elles sont belles. Celles d'un artiste et non d'un shinobi. Fines. De longs doigts. Douces. Je ne l'ai fait qu'une fois, mais j'ai aimé tracer les lignes dans ses paumes, ses articulations, ses veines…

Comme Deidara-san, celles d'Uchiha-san sont belles, élégantes. Il a cependant les doigts plus courts, la peau moins souple. Bizarrement, le vernis sur ses ongles ne choque pas. Comme une touche de raffinement excentrique. Pour quelqu'un loin de l'être…

Les mains d'Hoshigaki-san sont larges, calleuses, abîmées. Celles d'un homme d'armes. Je me sens fragile lorsqu'il me touche. Petite. Si facile à briser.

Hidan-san. Comme un compromis entre un homme et une femme. Elles sont aussi couvertes de cicatrices. Parfois je rencontre la sensation et l'odeur de la crème n'ayant pas encore totalement pénétré la peau. Si ses os sont apparents, ses paumes en revanche sont lisses, sans la moindre ligne…

Zetsu-san, lui a les veines saillantes. Je les sens sans les voir. Une de ses mains est blanche, l'autre noire. L'une est douce, l'autre plus rugueuse. Il garde ses ongles très courts et sans vernis.

Tobi. Les mains de Tobi. Je les ai rarement vues. Je me souviendrai toujours de la première fois…

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Je préparais des pancakes – encore. Toujours quand il est là. Il était à côté de moi. Je savais qu'il n'attendait que de goûter la pâte. Qu'il l'avait fait plusieurs fois. Trop rapide pour moi. J'ai attendu, fait semblant de sortir du sucre. Vision périphérique. Je me suis retournée. Son index dans sa bouche. Masque à peine relevé.

Tobi !

Rapidement il a fait comme si de rien n'était. Mon sourire s'est bien vite effacé quand mon regard a accroché l'état de sa main. Pâle. Marquée. Abîmée. Ses ongles, rongés à sang. Je suis restée médusée. Il a rapidement remis son gant. J'ai tendu la main pour prendre la sienne. Instinct.

Tobi…

Un instant de silence. Trop de choses à dire – demander. Pas assez. Un shinobi porte des cicatrices. Au moins de jeunesse mais… Ce n'était pas ça.

Nakiri-chan, ça va brûler.

Une excuse. Je me moquais que ça brûle. Cette image de lui me faisait mal. Noir des pieds à la tête… Que cachait-il d'autre sous ses vêtements ? Sous ce masque ? Je l'ai pris dans mes bras et j'ai serré. Fort.

Nakiri-chan…

Ses bras dans mon dos. Qui confortait qui ? Je ne sais pas. Je n'y pensais pas. Il était juste ce petit frère que l'on croit avoir toujours besoin de protéger. Celui qui ne grandit pas. Celui qui se plaint et pleurniche dans vos bras. Qui ne veut pas aller se coucher. Qui taquine. Qui demande des gâteaux au retour de l'école. Des histoires le soir, depuis sous vos couvertures. Celui qui ne se bat pas… Celui qui ne tue pas.

Je ne l'ai jamais considéré comme un ninja ou un criminel. Je le vois par ce qu'il m'offre. Confort. Sourire. Détente. Oubli. Famille.J'ai voulu lui demander pourquoi et comment. Pas le temps. L'environnement m'a rappelée à l'ordre. Un odeur de brûlé. Je me suis hâtée de sortir le pancake de la poêle. Mettre fin aux exclamations de Tobi. Carbonisé. J'ai soupiré.

Ce n'est pas grave Nakiri-chan. On le laissera à Deidara-senpaï puisqu'il se lève toujours trop tard.

Un coup d'œil par-dessus mon épaule. Un sourire. Un soupir. Du mal à oublier. J'ai trempé mon doigt dans la pâte. Sur son masque, un autre œil et une ligne courbe niant la gravité. Un portrait grossier. Un éclat de rire. Le mien. Depuis quand ? Si longtemps que j'ai eu du mal à reconnaître mon propre rire. Il avait l'air si ridicule je n'avais pas pu résister. Je ne voulais pas m'arrêter.

Qu'est-ce qu'il y a de si drôle yeah ?

Ton grognon et ensommeillé. Cheveux emmêlés. Juste de quoi alimenter mon rire.

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Tous ces détails dont j'avais conscience mais que je n'avais jamais trouvé pertinents. J'ai réalisé que certainement j'en savais beaucoup sur eux. Parce que j'avais commencé à faire attention…

Quelque chose d'humide sous mes doigts. Autour. Sursaut. Un rictus. Perdue dans mes pensées. Mon cœur battait trop vite. Mon regard est descendu sur ses lèvres. Je me suis demandée comment il le ferait. Comment cela serait si lui m'embrassait. Cette pensée m'a secouée. Masquer mon embarras. Bien trop tard. Je me suis levée, prétextant l'envie – le devoir – de quelque chose à faire. Confuse.

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Maintenant que j'y repense cela me semble évident. Ce qui avait pu bouleverser ainsi mon humeur et secouer mes sentiments… Logique. Je crois.

Je l'ai réalisé un matin. La dernière fois que du sang s'était mêlé à l'eau de ma douche datait. Panique. Ce n'était pas possible ! J'ai cherché, espéré trouver un souvenir. Une preuve. Non. Rien. Une main tremblante sur mon estomac. J'avais oublié… Oublié que ce dont j'avais besoin pour l'éviter avait été perdu avec mes courses, avec la possibilité de sortir de ces murs… J'ai cherché sous mes doigts la moindre trace de changement – priant pour n'en trouver aucune. Pas une. Ma peau. Lisse. Humide. Aucun relief. Pas même celui d'une cicatrice. Ça n'a pas suffi.

Je me suis sentie mal. L'eau continuait de s'écouler. Je continuais de la regarder. Scruter. Ce liquide diaphane qui n'avait pas une once de rouge en lui. Depuis combien de temps ?

Mécaniquement je me suis essuyée, habillée. Je me suis assise dans la cuisine. L'estomac noué. Les mots ont eu du mal à sortir. Une réalité si je le prononçais. Une réalité que je ne pouvais pas affronter. Pas prête. Pas assez forte. Quelle réaction ? La question qui me hantait alors que mes lèvres articulaient.

―Zetsu-san… Je crois que – une grande inspiration - je suis enceinte.


...

...

Oui, cela devait arriver n'est-ce pas. Bon et bien, merci à tous ! Lecteurs et reviewers ! Bonnes vacances à tous !