Assis sur la dernière marche de l'escalier, devant la porte de chez Janvier, je me demandais comment j'en étais arrivé là.

J'avais eu l'impression que nous étions proches. J'avais fini par accepter mes envies de le protéger. Il avait paru les accepter aussi, puisqu'il me laissait le contraindre à s'entraîner au combat, encore et encore, de manière totalement paranoïaque. Il commençait à se débrouiller plutôt bien, d'ailleurs, et le Sabbat, de son côté, avait relâché sa pression. Ce n'était donc pas la peur... Ce n'était pas une fuite...

Pourquoi Janvier avait-il disparu ?

Il ne s'était pas présenté hier à notre séance d'entraînement quotidienne. Personne ne l'avait vu en Elyseum, pas même le Gardien, qui ne trouvait pas choquant que Janvier ne passe pas tous les jours. Je lui avais téléphoné, mais il n'avait pas décroché. Ce soir, avant même d'aller chasser, j'étais passé chez lui. J'avais eu beau toquer, il n'avait pas ouvert. La locataire de l'appartement voisin était rentrée juste à ce moment-là, et m'avait gentiment dit que Janvier était parti la veille. Il n'avait pas précisé où exactement. Des vacances à l'étranger, pensait-elle.

Janvier avait donc disparu. Et j'étais bien plus déchiré par son absence que je ne l'aurais cru possible.

Fondamentalement, ce qui me faisait le plus mal était qu'il ne m'avait rien dit, rien laissé deviner. À en croire sa voisine, il était parti tranquillement, avec sa valise, de son plein gré... Mais alors pourquoi ne répondait-il pas ? Était-il vraiment parti de lui-même ? Avait-il été menacé, dominé, enlevé ? Je n'avais aucun moyen de savoir s'il avait besoin d'aide...

Comme un automate, je finis par me diriger vers l'Elyseum. J'étais rongé d'inquiétude, et en même temps je m'en voulais de sur-réagir ainsi. Bon sang, je ne le connaissais que depuis si peu de temps !...

- Monsieur le Régent ?

Je me retournai. C'était Merisier qui arrivait devant la salle en même temps que moi.

- J'ai eu Ariel au téléphone, ajouta-t-il comme si c'était la chose la plus naturelle, il m'a dit qu'il avait eu besoin de changer d'air et qu'il était parti. Il ne sait pas quand est-ce qu'il reviendra.

Je le remerciai d'avoir donné suite à ma question de la veille, et partis m'installer seul dans une petite salle perdue au fond d'un couloir désert. Je ne me sentais pas capable de donner le change trop longtemps dans l'état de confusion où j'étais.

Janvier était vraiment parti de son plein gré ? Sans rien me dire ? Une petite part de moi refusait encore d'y croire, et échafaudait des scénarios de menace et de domination pour expliquer cette disparition étrange. Mais peu à peu, je finis par accepter l'évidence. Janvier était parti, et il n'avait prévenu personne. Pour lui nous ne comptions pas.

Je me sentais bizarrement trahi. J'avais accepté pour lui d'abandonner mon armure d'indifférence et de professionnalisme, et voilà qu'il me prouvait que cela n'avait rien signifié. Je me sentais minable. Pourquoi m'étais-je autant investi émotionnellement dans cette relation ? Quelle mouche m'avait piqué ? D'autant que j'avais bien vu, depuis le début ou presque, que Janvier ne vivait pas dans le même monde que nous tous !...

Je m'en voulais, bien plus que je ne lui en voulais.

J'essayai de toutes mes forces d'oublier le passage éclair de Janvier sur Paris. Pendant un temps, je crus que j'allais y arriver. Une fois de plus ma non-vie reprit son cours normal, et tout semblait prêt à continuer ainsi pour des décennies, mais un soir j'aperçus de loin dans la rue une silhouette aux cheveux de feu, et d'un coup je ne pus plus supporter cette absence. C'était idiot, tellement idiot... Janvier me manquait.

Je voulus nier ce sentiment, mais rien n'y faisait. À présent que j'en avais pris conscience, il me dévorait un peu plus chaque nuit. Jusqu'à, finalement, devenir littéralement insupportable.

Je tentai à plusieurs reprises de téléphoner à Janvier, mais finis par comprendre qu'il ne voulait pas me répondre. Il ne décrochait jamais quand j'appelais, mais je savais que Merisier parvenait à le joindre. Cela me fit mal. Je me demandai ce que j'avais bien pu dire ou faire pour le braquer ainsi contre moi. J'avais besoin d'une explication.

J'allai voir le Gardien pour lui demander s'il savait où était Janvier.

- Il est à la Cour de Londres, monsieur... Monsieur le Régent ? Quelque chose ne va pas ? ajouta Merisier précipitamment.

- Rien de grave, répondis-je en m'éloignant.

Londres. Holy shit, pourquoi de toutes les villes du monde avait-il fallu qu'il choisisse Londres ?! C'était bien le dernier endroit au monde où j'avais envie de retourner...

Pourtant, trois jours plus tard, j'étais à la gare de St Pancras.

Comme dans un mauvais rêve, je retournai à l'Elyseum de Londres. Je ne savais pas comment retrouver Janvier autrement qu'en le croisant là-bas ou en demandant à quelqu'un, mais -dear god- j'avais tellement envie de ne pas y mettre les pieds...

Les lieux n'avaient pas changé. Je connaissais encore par cœur chaque corridor, chaque tableau, chaque dorure. Je m'attendais presque à ce qu'il m'attende au détour d'un couloir. Mais il était mort, bien mort, et j'essayai de chasser de mon esprit ce fantôme du passé.

- Jewel ? Je rêve, c'est bien vous ? s'exclama en anglais une voix qui ne m'était malheureusement pas inconnue.

Je me retournai pour constater que le visage de l'homme n'exprimait rien moins qu'un déplaisir certain.

- Lord Abney... le saluai-je avant de poursuivre dans la même langue. Mon séjour ici ne devrait être que de très courte durée.

Il ne prit pas la peine de cacher son mépris. Je serrai les dents. Je savais que j'allais passer un mauvais, très mauvais moment si je revenais... et voilà qu'on m'en offrait un petit échantillon gratuit.

- Je vais avertir le Régent de ma présence, repris-je avec une politesse impeccable. Bonne soirée.

Je m'éloignai. Il ne me suivit pas, et je fis de mon mieux pour me détendre un peu, pour des résultats difficilement visibles. Je souhaitai retrouver Janvier au plus vite et quitter cette maudite ville.

J'entrai dans la salle principale. Je fus soulagé de constater que la plupart des présents m'étaient inconnus -et que je devais donc leur être tout aussi inconnu. Le Régent était là, mais je ne vis Janvier nulle part. Je m'approchai du Régent, qui me regarda venir avec tout d'abord de la surprise, puis rapidement de la colère au fond du regard. Je n'eus même pas le temps de m'incliner pour me présenter qu'il attaqua.

- Jewel Collingwood ! Comment osez-vous revenir ici après ce que vous avez fait ? lança-t-il d'un ton cinglant.

Je me crispai, mais ne me laissai pas démonter. Je m'inclinai.

- Monsieur le Régent, je n'entends pas rester ici plus que nécessaire. J'ai malheureusement une affaire personnelle qui me contraint à passer quelques nuits ici. Je vous demande humblement de m'accorder le droit de résider sur le domaine de Londres.

Il me considéra un moment. Je me demandai s'il allait me refuser tout droit de résidence, ou même me bannir, mais il finit par incliner la tête.

- Vous pouvez passer trois nuits sur la Cité. Pas une de plus. Et maintenant sortez, je ne veux plus vous revoir.

Je me redressai, soulagé, le saluai rapidement et tournai les talons. Avant de quitter les lieux, j'accostai néanmoins la vampire qui me paraissait la plus jeune de l'assemblée.

- Excusez-moi mademoiselle, sauriez-vous où je pourrais trouver un certain Ariel Janvier ?

La jeune femme me dévisagea un instant, comme si elle espérait lire mon crime sur mon visage. Manifestement elle ne trouva rien pour expliquer la détestation que semblait me vouer le Régent, et elle répondit donc tout à fait cordialement.

- Je pense qu'il doit être avec Tania... Ils vont souvent en boîte de nuit tous les deux. Essayez la Scala.

Je la remerciai et quittai les lieux sans plus m'attarder. Ce n'est qu'une fois dehors que je me mis à trembler. De la tension accumulée. De rage de savoir que Janvier était peut-être avec cette dévergondée de Tania. De peur qu'il n'ait aucune envie de repartir avec moi...

Je ne pus me précipiter jusqu'à la Scala. J'avais bien trop peur de ce qui pourrait ressortir de ma confrontation avec Janvier. S'il ne voulait plus me voir... J'arrivai néanmoins dans la boîte de nuit. J'entrai sans difficulté, et cherchai du regard la chevelure rousse de Janvier et celle, noire comme l'ébène, de Tania.

La jeune vampire ne s'était pas trompée. Ils étaient là tous les deux. Ils dansaient ensemble, et cette vision était proprement insupportable.

Leur danse était hypnotique. Pleins d'énergie, de vie, d'une sensualité tenace, leurs mouvements se répondaient comme s'ils ne formaient qu'un seul être. Tania avait toujours été une jouisseuse, déjà du temps où j'habitais à Londres, mais jamais je n'aurais imaginé qu'Ariel puisse avoir une telle séduction dans son sourire, dans ses gestes.

Il avait l'air heureux. Je me sentais perdre pied, ramené à l'égoïsme de ma démarche. Si Ariel avait quitté Paris, c'était bien qu'il préférait être ailleurs...

Leurs mains liées, Ariel et Tania tournaient, virevoltaient au rythme lancinant de la musique. Ils jouaient de la distance entre eux, s'éloignant et s'approchant, presque à se frôler.

C'en était trop. Je m'approchai d'eux, bouillant d'un sentiment trouble que je n'arrivais pas très bien à définir. Ce dont j'étais sûr, c'était que je voulais les séparer.

Ce fut Tania qui m'aperçut la première. Elle me décocha un sourire outrageusement séducteur, et poursuivit sa danse, peut-être encore plus sensuelle, comme si elle espérait m'exciter par son comportement. Puis Ariel croisa mon regard. Il devint blanc comme un linge, et je crus un instant qu'il allait tourner de l'œil. Il arrêta la danse, et lâcha aussitôt Tania.

Ce simple geste m'emplit d'une satisfaction malsaine, et je compris dans un éclair de lucidité que ce sentiment qui me poussait, plein de colère, vers le couple, c'était la jalousie.

- Monsieur le Régent... murmura Ariel en français.

- Tiens, Jewel ! s'exclama Tania en anglais. Ça faisait longtemps... Vous êtes toujours aussi frigide ?

Ariel ouvrit de grands yeux, apparemment choqué par le sans-gêne insultant de Tania.

- Et vous toujours aussi vulgaire... grinçai-je.

- Quel bon vent vous amène ? L'instinct du meurtrier qui revient toujours sur les lieux du crime ?

- Quoi ?... murmura Ariel, totalement perdu.

- Je ne l'ai pas tué, répondis-je sans tenir compte de l'intervention d'Ariel, en martelant chaque syllabe. Tout le monde le sait, mais c'est tellement plus simple d'avoir un bouc émissaire !

La part de mon esprit qui était encore calme et analytique me fit remarquer que j'étais en train de sortir de mes gonds, et que perdre tout contrôle de moi-même n'était pas une bonne idée. Surtout en public, et surtout face à Tania qui n'aimait rien tant que jeter de l'huile sur le feu -à part sans doute s'envoyer en l'air.

- Qu'est-ce que... Jewel, qu'est-ce que ça veut dire ? m'interrogea Ariel à voix basse, en français.

Je tournai mon regard vers lui et lus de la peur au fond de ses yeux. Je manquai perdre pied pour de bon mais me contins in extremis. Je m'approchai de Tania, presque à la toucher, et grondai à son oreille :

- Allez-vous en. Et n'approchez plus jamais d'Ariel.

Elle se recula légèrement, et ouvrit la bouche, sans doute pour une réplique cinglante, mais elle sembla réaliser que j'étais proche de perdre le contrôle de ma Bête, et elle préféra battre en retraite.

- Et bien, bonne soirée à vous... siffla-t-elle d'un ton acide, avant de tourner les talons.

Je la regardai s'éloigner en essayant de me calmer. Je repris d'un coup conscience du bruit qui nous entourait. Je me tournai de nouveau vers Ariel, pour constater qu'il me dévisageait, toujours aussi pâle.

- Jewel, qu'est-ce que c'est que cette histoire de meurtre ?...

Je serrai les dents, contenant une bouffée de colère, et Ariel recula d'un pas, apeuré.

- Je ne vais pas vous attaquer... dis-je entre mes dents. Laissez-moi juste un peu de temps pour me calmer, et je vous réponds...

Il hocha la tête, et regarda autour de lui. La boîte de nuit était bruyante, emplie à craquer, et nous étions en plein sur la piste de danse. Il n'y avait absolument aucun coin tranquille.

- On sort ? suggéra Ariel.

Je le suivis jusque dans la rue. Nous nous éloignâmes de la Scala, jusqu'à trouver une rue un peu plus déserte. Je m'adossai à un mur et fermai les yeux une minute. Quand, à nouveau maître de moi-même, je les rouvris, Ariel me fixai, hésitant. Il semblait ne vraiment avoir aucune idée de comment se comporter face à moi.

- Je n'ai tué personne, commençai-je. Je...

Je baissai les yeux, sentant une vieille douleur que je croyais guérie revenir à la charge.

- J'ai été étreint à Londres, poursuivis-je un ton plus bas. C'était le début des années cinquante. Mon Sire avait été mon Domitor pendant près d'un demi-siècle, et mon Étreinte était tout à fait planifiée, réfléchie. Pourtant, quelque chose a mal tourné. Je ne sais pas quoi, et personne n'a jamais compris. Mon Sire est devenu fou peu de temps après. J'ai fait de mon mieux pour l'aider, mais je luttais moi-même avec les changements induits par ma nouvelle nature... Je n'étais pas de taille. Personne n'a voulu entendre mes appels à l'aide. Je n'étais qu'un Infant, qui donc aurait pu m'écouter ?... J'ai pris l'habitude de vivre avec les lubies malsaines de mon Sire. J'ai réussi à me débrouiller par moi-même pour apprendre à vivre en tant que vampire. J'avais déjà vu comment mon Sire vivait pendant des décennies, ce n'était pas si dur de prendre modèle...

Je revoyais encore ces jours sombres comme si je n'en étais jamais sorti.

- Il m'a présenté comme Nouveau-Né. J'avais déjà abandonné depuis longtemps tout espoir que quelqu'un m'écoute à propos de sa folie. Je n'ai pas essayé de me faire entendre. Je suis resté auprès de mon Sire, à habiter chez lui, à essayer de... de l'aider. Je n'ai pas pu. Je n'étais pas assez fort.

Je fermai les yeux un instant. J'avais l'impression de devoir faire un deuil que jamais je n'avais pu me résoudre à prendre.

- Mon Sire s'est suicidé. Toute la Cour m'en a jugé responsable. Je suis resté enfermé chez moi pendant un moment pendant qu'on délibérait de mon cas. Au final je n'ai jamais été condamné à quoi que ce soit, mais je n'ai pas pu supporter cette certitude qu'ils avaient tous à mon égard. J'ai fui.

Un long silence s'installa entre nous. Je n'avais pas le courage de regarder Ariel en face. Pas tout de suite. Je voulais d'abord enfermer de nouveau cette blessure jamais guérie au fin fond de moi-même.

- Jewel... Je me doute que je ne peux rien faire, mais j'aurais aimé pouvoir soulager un peu votre douleur. Vraiment.

- Merci, répondis-je d'une voix étouffée.

Je relevai les yeux et me forçai à sourire. Je ne devais pas avoir l'air très convaincant.

- Est-ce qu'on peut marcher un peu ? demandai-je.

- Bien sûr.

Nous déambulâmes en silence dans les rues de Londres. Je me détendis peu à peu, et me surpris même à apprécier, nostalgique, certains lieux que j'avais connu.

- Jewel ?

- Oui ?

Ariel hésita.

- Pourquoi êtes-vous venu à Londres ? demanda-t-il finalement.

Je m'immobilisai et le regardai. Il semblait simplement curieux.

- Je voulais savoir ce qui vous avait poussé à quitter Paris si brusquement.

Il parut surpris, puis baissa les yeux. J'avais eu le temps d'y apercevoir quelque chose comme de la tristesse.

- J'ai fui, moi aussi, dit-il avec un sourire sans joie.

- Comment ça ?

Il me regarda, impénétrable.

- J'ai fui mes sentiments, mes réactions dont je n'étais plus maître.

Je ne comprenais pas de quoi il parlait.

- Vous auriez pu me prévenir, tout de même... murmurai-je. Je me suis inquiété...

- Vous étiez la dernière personne que je pouvais prévenir...

Blessé, je m'approchai doucement de lui, m'arrêtant à moins d'un pas.

- Vous me fuyiez moi, fis-je d'une voix sourde.

Ce n'était pas vraiment une question. Il ne répondit rien. J'avais envie de l'attraper par les épaules et de le secouer pour l'obliger à m'expliquer enfin clairement ce qui n'allait pas.

- Qu'est-ce que je vous ai fait ? insistai-je.

- Absolument rien...

Devant mon air mi-incrédule mi en colère, il ajouta :

- Vous ne me laisserez pas partir tant que vous ne comprendrez pas, n'est-ce pas ?

Sans attendre ma réponse, il s'approcha de moi. Seuls quelques centimètres nous séparaient encore, et j'avais une envie violente de les faire disparaître. Il planta son regard émeraude droit dans le mien. Il paraissait un peu effrayé, mais aussi très calme et digne.

- Je préfère des centaines de kilomètres entre nous à ces quelques centimètres... murmura-t-il.

J'étais incapable de réagir. Je ne parvenais pas à réaliser. Est-ce qu'il voulait vraiment dire ce que j'espérais qu'il voulait dire ?...

Il parut prendre mon silence comme une désapprobation, car il s'éloigna avec un sourire triste.

- Vous comprenez pourquoi je ne peux revenir à Paris ? souffla-t-il.

Il tourna les talons. Il était déjà dix pas plus loin quand je parvins enfin à sortir de ma paralysie.

- Ariel !

Il se figea. Je fis disparaître de quelques enjambées rapides toute distance entre nous, l'obligeai à se tourner de nouveau vers moi d'une main ferme sur son épaule. J'hésitai un instant. Il me regardait d'un air interrogateur qui cachait mal la blessure que je lui infligeais en permanence sans le vouloir. J'aurais pu me noyer dans ses yeux...

Je l'attirai contre moi et l'embrassai. Surpris, Ariel se raidit un instant, puis il s'abandonna et me rendit mon baiser avec passion. Quand nos lèvres se séparèrent, je pus lire sur le visage d'Ariel un mélange d'incrédulité et d'émerveillement. Je supposai que mon expression devait être plus ou moins similaire. Ariel se lova contre moi. Tout ceci me paraissait tellement surréaliste... Était-ce possible ?...

Je sentis Ariel s'appuyer un peu plus contre moi. Je raffermis ma prise autour de sa taille juste à temps pour le retenir alors que ses jambes se dérobaient sous lui.

- Ariel ? Ariel ! l'appelai-je, paniqué.

Je lus dans ses yeux qu'il essayait de me fixer sans y parvenir. Puis il s'évanouit.