C 11
Le noir et l'obscurité m'avaient emporté. J'avais froid. C'était comme si, tout s'arrêtait lentement. J'entendais des bruits lointains. Des voix, des sirènes. Je voulais serrer la main de Booth, ne jamais la lâchée. Mais je ne ressentais physiquement plus rien. Seul mon esprit me faisait ressentir un tas d'émotions et de sentiments. La rage : je devais me battre. Revoir ma fille. Revoir Booth. Aller au Jefferson et résoudre des meurtres. La colère : J'avais laissé Conor gagner. L'amour : Booth était là, près de moi. Je ne partirai pas seule. La tristesse : je ne voulais pas que Booth souffre. Mais il souffrait déjà. Je le savais. Parce que Booth était ce genre d'homme, celui qui s'inquiète, et qui me protégerait contre tout ce qui pourrait me faire du mal, même au prix de sa vie. Je ne voulais pas abandonner Paloma et qu'elle grandisse sans sa mère. Comme moi.
L'obscurité finit par emporté mon esprit. Peut être la fin était arrivée.
Booth POV
Lorsque je suis entré dans le batiment pour y trouver Bones au sol, en sang, une arme pointée sur elle, je savais que je n'avais que quelques secondes pour la sauver. Et malgré tout mes efforts, je n'y étais pas parvenu. Conor avait tiré bien plus vite que moi. Cependant, Bones essayait de s'accrocher comme elle pouvait. J'avais abattu Conor avant de me jeter au sol, près de ma Bones pour appuyer sur la blessure. Ses lèvres bougeaient mais aucun son n'en sortait. Ses yeux ne parvenaient plus a rester ouvert. Mais elle ne pouvais pas partir. Pas maintenant. Pas comme ça. Paloma l'attendait, je l'attendais. Nous avions encore tellement de choses a vivre. Il était trop tôt. Je tenais sa main, l'embrassant entre chaque supplications.
- Reste avec moi Bones !
Je la suppliais de rester. Je ne voulais pas un nouveau partenaire. Ni au travail, ni à la maison. Elle fut emmenée à l'hôpital en urgence, et envoyée au bloc. Elle avait perdu énormément de sang. Les heures passées dans la salle d'attente, sans nouvelles de Bones me rendaient malade. Il nous avait fallu tellement de temps avant que l'on réussisse a se dire la vraie nature de nos sentiments l'un envers l'autre... L'idée de la perdre était inacceptable. Je ne pouvais pas perdre Bones. Elle était devenue une partie nécessaire dans ma vie. Nécessaire a ma propre survie. Pendant des semaines j'avais pensé à la demander en mariage. Mais sa réaction quand j'ai parlé d'avoir un bébé m'avait refroidi. Peut être que Bones ne voulait qu'une histoire passagère, pourtant, elle semblait avoir de réels sentiments envers moi. Peut être que je l'avais un peu trop brusquée. Bones était une femme différente. Elle était spéciale. Dans toute la beauté du terme. Aucune femme ne ressemblait à Bones. Aucune ne l'égalait.
L'attente était interminable. Je m'imaginais des tas de scénarios. Peut être qu'elle ne serait plus jamais à mes côtés, peut être que je n'entendrais plus jamais sa voix. Peut être qu'à l'instant où j'étais assis, priant de toutes mes forces pour que ma Bones me revienne, elle était déjà partie. Mais je ne devais pas perdre espoir.
Après de longues heures, un médecin arriva vers moi.
- Les blessures de votre amie sont extrêmement graves. Nous avons tout fait mais elle est dans le coma. Nous ne pouvons vous dire si elle se réveillera.
- Comment ça ? Demandais je, choqué, incertain d'avoir bien saisi.
- Il se peut qu'elle ne se réveille jamais, comme elle pourrait se réveiller demain. Il est impossible de se prononcer. Elle sera remontée en chambre dans une heure, vous y aurez accès si vous souhaitez la voir. Je vous... Je vous conseillerais de vous préparer. Son état est, encore une fois, très grave.
Le médecin partit sans rien ajouté, me laissant incapable de réfléchir. Coma. Mort. Mon esprit était encombré de pensées déchirantes et je ne pouvais rien faire. J'étais inutile. Je n'avais pas su sauver Bones, et sa mort serait ma responsabilité. J'étais coupable. J'aurais du abattre Conor quand j'en avais eu la possibilité et ne pas attendre. Je lui avais donner la possibilité de la tuée. Je revoyais son corps au sol. Le sang. L'expression de douleur sur son visage. Je fermais les yeux, toujours debout au milieu de la salle d'attente, et repensais à nos derniers moments ensemble. Notre dernier baiser. Son regard plein d'amour et de tendresse. Son rire quand je disais n'importe quoi, son sourire lorsqu'elle berçait Paloma. Paloma... Qu'allais faire avec Paloma... Appeler Sully ? Sully n'avait presque aucune relation avec la petite, il était son père biologique certes, mais Paloma semblait pensé que c'était moi son père. D'ailleurs Bones le disait souvent. J'élevais Paloma, mais je n'avais aucun droit sur elle... Je secouais la tête, non, je n'avais pas le droit de penser ainsi. Bones pouvait s'en sortir. Je sortis le téléphone et contactais Camille. Après lui avoir expliquer la situation, elle décida de créer un planning de garde pour Paloma. Ainsi, tour par tour Paloma serait gardée. Camille commencerait puis Angela, Hodgins et ainsi de suite. Je rejoignis l'étage où Bones serait installée. Une infirmière m'appela lorsque Bones fut installée dans la chambre. J'entrais dans la chambre sans trop savoir à quoi m'attendre. Elle avait une trachéotomie et des dizaines de cables qui la reliaient à des machines. Elle semblait si paisible. Sans peine. C'était comme si elle dormait simplement. J'avais terriblement envie de m'allonger à ses côtés, de la serrer contre moi et de sentir son odeur. Je voulais l'embrasser, lui dire combien je l'aimais. Que rien n'avait autant d'importance qu'elle. C'était elle. Ca avait toujours été elle. Je m'assis à ses côtés, prenant délicatement sa main dans la mienne.
- Tempérance. Soufflais je. Je suis là. Je serais toujours là. J'ai besoin de toi. Je t'en pris, reviens. On a pas besoin d'un enfant ensemble ou de se marier ou de quoi que ce soit. On a juste besoin l'un de l'autre. Ma Bones... Ne me laisse pas je t'en prie.
Bones POV
J'avais l'impression de flotter. Aucune douleur, je ne ressentais aucune sensation physique. Du moins, jusqu'à ce qu'il prenne ma main. Je sentais sa main dans la mienne. Je n'étais donc pas morte. Pas encore. J'entendais sa voix. Il me parlait. Il était là. Il ne m'abandonnait pas. Il disait qu'il serait toujours là. Je voulais lui répondre, lui dire que j'étais là également, mais rien.
- Je t'en pris, reviens.
Je veux revenir Booth. Entend moi. Je suis là. Je ne veux pas partir. Je suis si bien avec moi, mon partenaire.
- On a pas besoin d'enfant ensemble ou de se marier ou de quoi que ce soit.
Je veux tout ça Booth. Un enfant. Un mariage. Je veux vivre. A tes côtés.
- On a juste besoin l'un de l'autre.
Booth je t'en prie, je suis là. Je suis là.
- Ma Bones... Ne me laisse pas je t'en prie.
Seeley. Je ne veux pas partir ne me laisse pas partir.
