Où Jenko et Schmidt en paye les conséquences

A/N : désolé, j'aime bien mettre quelques insultes comme ça en anglais. Ca sonne mieux qu'en français.


Au pied du mur


Dickson n'avait rien dit. Pas un cri, pas une insulte. Cependant, on pouvait lire une profonde déception dans son regard. Il avait pensé mine de rien que ces jeunes recrus allaient s'en sortir malgré leurs têtes brulés et leurs actions irréfléchies, mais il avait malheureusement eu tord de leur faire confiance.

« Vous ne criez pas ? » demanda Jenko.

« Non »

« Pas d'insulte ? Rien ? » Appuya à son tour Schmidt.

« Je vais juste vous virer. »

Dickson venait de leur dire qu'ils pouvaient prendre leurs affaires et partir. Le pire dans tout ça, c'était le calme dont il avait preuve pour leur annoncer la nouvelle. Les deux policiers savaient que si ce n'était pas lui qui leur faisait une vraie leçon de moral alors le chef Hardy le ferait avec plaisir.

Jenko, suivi de Schmidt quitta le bureau pour aller récupérer leurs affaires sans un mot. Ils sentirent les regards des autres de l'équipe sur eux, à la fois de pitié et d'indifférence. Au final ils s'étaient bien plus ici à l'Aroma Christ Church. Les filles n'arrêtaient peut-être pas de se moquer, mais dans une bonne rivalité. Jenko mit ses affaires dans un carton qui se trouvaient étrangement là.

« Ca ira ? » Il leva la tête pour voir Fugazy devant lui, appuyé contre son bureau, le visage concerné.

« On a foiré, comment veux-tu que cela aille ? » Jenko continua d'emballer ses affaires. Il n'aima pas la façon dont elle flirtait avec lui depuis le début de la mission.

La blonde posa doucement sa main sur son bras et baissa le visage pour parler discrètement.

« Tu veux passer à la maison ce soir ? »

Dès les premiers jours, Fugazy avait laissé traîner son numéro sur le bureau de Jenko avec en note « appel moi ». Néanmoins, Jenko ne l'avait jamais utilisé et quand l'unique fois son esprit lui avait rappelé la jolie blonde, Erik était rentré dans son champ de vision.

« Ca ira et je dois aller récupérer mes affaires chez les parents de Schmidt. »

Les épaules de la blonde s'abaissèrent dépité, puis elle se leva pour aller continuer ses activités.

Jenko et Schmidt sortirent en même temps de Jump Street, sans un regard pour l'autre dans des directions opposées. Même si ce dernier voulait quand même essayer de parlementer, Jenko était trop têtu pour entendre quoi ce soit. Et le têtu en question pensait que Schmidt était trop borné pour qu'il puisse venir vers lui.

Des idiots l'un comme l'autre.

Une fois dans sa voiture, Jenko soupira. Voilà deux jours que l'incident du théâtre était passé et voilà deux jours qu'Erik l'harcelait mais qu'il ne répondait pas.

Beaucoup de message à base de :

« C'est quoi ces conneries comme quoi tu t'es fait virer ? »

« Tu t'es vraiment fait virer, asshole !? »

« Faut qu'on se voit... »

« S'il te plait, Brad ! »

« Fuck you McQuaid ! Rappel moi ! »

Mais Jenko n'était pas un lâche. Il démarra sa voiture et prit la direction de la maison d'Erik. Vu l'heure qu'il était, le jeune homme devait normalement être chez lui, espérant qu'il ne soit pas avec sa bande d'ami.

Il se gara, regarda autour de lui et s'avança vers le portail, mais au lieu d'appuyer sur la sonnette pour faire part de sa présence, il joignit le jeune homme sur son téléphone.

« Brad ! You bastard ! C'est que maintenant que tu rappels ! » Répondit Erik à peine après la première sonnerie.

« Calme toi, il faut qu'on se voit. »

« Évidemment » Jenko pouvait entendre le soupir de soulagement « t'es ou ? »

« Devant chez toi... »

La ligne se coupa directement. Jenko eu à peine le temps d'être surpris que la porte de la propriété s'ouvrit sur un Erik en colère. Il tira Jenko vers lui, referma le portail pour le pousser sans ménagement contre le mur. Ils restèrent ainsi dans le jardin.

Le plus grand se laissa faire. Rester calme et en finir rapidement :

« Tu te fais virer du lycée et tu ne donnes plus de nouvelle ? D'ailleurs qu'est-ce qui t'a pris de faire ça ? » Commença Erik irrité, passant sur les salutations.

Jenko regarda sur le côté, se calmant intérieurement. Le ton que prenait Erik avec lui commençait à l'énerver.

« A ce que j'ai pu voir ça te faisait bien marrer plus qu'autre chose » répondit-il avec ferveur.

Erik recula un peu surpris.

« T'étais juste ridicule. » fit le plus jeune le visage fermé. « Et Doug ? »

« Doug ?! Si tu veux des nouvelles de ton meilleur pote demande lui. Fuck you Erik je ne suis pas là pour ça ! »

Jenko se passa une main sur ses cheveux. Il ne pensait pas que ce qu'il allait dire le mettrait autant mal à l'aise. Finalement cette relation l'avait touché plus qu'il ne le pensait. Fuck it.

« Toi et moi c'est fini. » lâcha-t-il de bute en blanc.

Erik le fixa, pas sur de comprendre :

« What ! »

« T'as très bien compris. »

Un silence suivi, avant qu'Erik se mit de nouveau à crier :

« you fucking asshole, tu te moques de moi là ?! Je viens de rompre avec Molly uniquement pour toi ! Et maintenant tu me sors ça ! Ne me dis pas que tu as honte ou quelque chose de totalement con dans ce genre ? »

Erik criait maintenant, en agitant les bras :

« Je... »

« Ne dis surtout pas ça ! » Le prévint Jenko en le pointant du doigt. Erik fronça les sourcils avant de rire de façon haineuse.

« Tu penses sérieusement que j'allais dire que je t'aimais ! Comment ai-je pu même apprécier un batard comme toi ?! Comment ai-je pu même imaginer que finalement j'avais trouvé un mec bien ! Espèce de... »

Jenko resta silencieux face à cet élan de colère et de rage. Méritait-il vraiment tout ça ?

Il savait qu'il avait merdé et sur beaucoup de points, mais il pensait qu'Erik le prendrait bien. Après tout, lui tout comme Erik ne s'étaient engagés à rien... n'est-ce pas ?

Le policier observa l'adolescent face à lui. Il sentait qu'il y avait quelque chose d'autre.

« Qu'est-ce qui ne va pas ? » demanda-t-il au-bout d'un moment.

Erik lui tournait le dos et s'était arrêté de parler. De nouveau le silence avant qu'Erik se mette de nouveau à parler :

« Qu'est-ce que ça peut te faire ? Casse-toi si tu n'as plus rien à me dire. »

Cette indifférence dans la voix d'Erik ne laissa pas de marbre le policier. Il voyait bien que quelque chose n'allait pas. Une simple rupture - le mot écorchait sa langue - ne pouvait pas prendre de telle proportion ? Mais à l'heure actuel qu'en avait-il réellement à faire ? Jenko ne faisait plus partie de Jump Street. Il avait été viré de Saigon High, de son unité et maintenant de la maison de son petit ami. Il regarda une dernière fois Erik qui lui tournait encore le dos avant de quitter les lieux. Même la tentation de le prendre dans ses bras était forte, mais il partit sans dire un mot.

Il avait sacrément merdé.

Une fois installée dans sa voiture, il frappa violemment le volant. Pourquoi ? Tout ça parce qu'il avait été jaloux de Schmidt, parce qu'on ne lui avait pas apporté autant de crédit que son coéquipier. Jenko n'avait pas aimé qu'on le rabaisse comme ça, son égo en avait pris un coup et maintenant il en payait les conséquences. On lui avait souvent dit au lycée que c'était une tête brûlé, qu'il n'écoutait personne et c'est justement en allant à l'école de police, qu'il voulait prouver à tous qu'ils avaient eu tord. Il avait des muscles certes, mais il en avait aussi dans la tête. Ce n'était peut-être pas un petit génie comme Schmidt, mais il se débrouillait.

Jenko regarda son téléphone et vit de nouveau un message d'Erik. Il l'effaça sans le lire.

Il avait vraiment tout fait pour que cette mission soit une réussite. Le coup du mouchard dans le téléphone d'Erik ait été un succès - mi succès- mais succès quand même et qu'est-ce qu'il eut en retour : absolument rien.

Il avait voulu se rattraper auprès du chef Hardy pour la libération de Domingo et de sa bande. Il avait voulu se rattraper auprès de Schmidt pour ces années qu'il lui avait fait subir. Il avait aussi voulu prouver à son père qu'il était un homme qui pouvait réussir.

Mais surtout se prouver à lui-même qu'il était un homme bien. Et encore une fois, cela avait échoué.

Quant à Erik...

Il devait rapidement le sortir de sa tête. Ça aussi, ça avait merdé. D'un côté il était tout de même soulagé, ce n'est pas lui qui allait lui passer les menottes le moment venu, mais savoir qu'il finirait en prison, le démangeait.

« Fuck ! »

Il devait encore récupérer ses affaires chez les Schmidt.

Annie essaya tant bien que mal de parlementer pour son fils. Elle s'excusa auprès de Jenko et tenta vainement de le convaincre de rester. Mais Jenko, autant il avait apprécié les parents de son coéquipier autant il ne pouvait se permettre de rester. Tout était fini.

« Il s'en veut tu sais, mais il est têtu comme une mule. » fit Annie doucement en accompagnant Jenko vers la sortie.

« Je sais. Ne lui en voulait pas trop. » Et il prit dans ses bras la femme qui l'avait accueillit ses derniers mois. La remerciant et en s'excusant pour tous les problèmes qui lui avaient apporté. Faisait référence à l'incident de la soirée. Mine de rien ça faisait maintenant 7 mois (1) que ça s'était passé. 7 mois qu'il avait dérapé avec Erik...

Jenko prit ses affaires et se dirigea vers sa voiture. Il vit en levant la tête Annie engueuler Schmidt à l'étage et le montrer du doigt.

D'ailleurs, quelque instant après, Schmidt vint à sa rencontre. Jenko mit ses sacs dans le coffre de sa voiture avant de se tourner vers son coéquipier toujours énervé :

« Tu sais ce qui me paraît dingue, c'est que j'ai cru qu'on était au final des frères. » Mais le plus petit eut à peine le temps de dire deux trois mots que la voiture d'Erik apparut. Il était au volant et à côté de lui se trouvait Amir. Jenko fronça les sourcils et jeta un oeil vers Schmidt tout aussi surpris :

« Montez » lâcha d'une voix ferme mais anxieuse le jeune dealer.

« Pourquoi je devrais ? » Demanda Jenko en le toisant de haut.

« Monte dans cette putain de voiture » s'énerva Erik.

« Pas avant que tu me le demande gentiment. » Jenko avait encore de la rancoeur envers Erik, il avait tout de même encaissé un flot d'insulte sans raison.

Il vit le jeune homme lui jetait un regard, avant d'avaler difficilement et de lâcher un « s'il te plait » crispé. Schmidt ne se fit pas prier pour monter dans la voiture et encouragea Jenko à faire de même.

Cependant, en 7 mois, Jenko avait commencé à comprendre Erik et l'inquiétude le gagna. Qu'avait-il depuis cet après-midi ? Il ne l'avait jamais vu comme ça, autant préoccuper, inquiet et sur la défensive. Et cette façon dont il s'adressa à eux, avait-il finir par découvrir qu'ils n'étaient pas du tout Brad et Doug McQuaid ?

Jenko jeta un regard vers le rétro pour croiser celui d'Erik, noir de colère.


(1) : le bal de fin d'année se situe au alentour de Mai, étant donnée qu'ils ont fait leur rentrée 1 mois après les autres, j'ai supposé que Jenko et Schmidt était rentré vers mi septembre. Rentré scolaire au state qui se fait généralement mi aout.

Je voulais que la scène entre Erik et Jenko ne soit pas trop dramatique. Tout cet élan de colère est justifié et vous comprenez bien que ce n'est pas que la rupture qui l'a mit dans cet état là… Enfin, bon. Par contre, je suis contente je voulais faire ressortir la culpabilité de Jenko. Parce que pour moi, ce n'est pas juste monsieur musclor, il est plus que ça et cela n'a pas été prouvé à sa juste valeur #TeamJenko