Oopsi ... Il se pourrait que le chapitre 11 soit un poil en retard. Mais pour ma défense, je n'étais pas chez moi ce week-end (a). J'espère que malgré le retard, vous l'aimerez. C'est la suite et la fin du mariage. Pour le titre et l'inspiration, on remerciera ma culture musicale douteuse et poussiéreuse avec cette chanson de C. Jérôme que, pourtant, j'adore. Merci, toujours, pour vos reviews et vos follows, j'ai l'impression que ça vous plaît. Ceci-dit, on arrive à ce moment où la fic n'est plus écrite, c'est à dire que j'ai seulement quelques lignes du chapitre 12 au chaud. J'essaye de vous livrer la suite samedi mais peut-être que ça prendra un peu plus de temps maintenant, parce que je veux prendre le temps de vous écrire quelque chose de cool sans bâcler.

Pour les reviewers anonymes :
Dramione love : Merci à toi !
Luciole : Tout à fait ! Tout ce qu'on rêve de dire mais qui, malheureusement, ne sort jamais. Merci pour ton message !
Gwen : Je suis contente que tout te plaise :)
Wen : La suite est là, toute chaude sortie du four !


Immédiatement, la moue boudeuse d'Hermione s'envola pour laisser place à un sourire. Ça faisait terriblement de bien d'entendre un compliment, encore plus quand c'est le premier, et encore plus quand ça vient de quelqu'un dont on s'y attend pas, et qui n'a pas l'habitude de vous en faire. Et puis il avait l'air sérieux. Soit il l'était réellement et la trouvait vraiment jolie, et dans ce cas là le compliment lui faisait chaud au coeur. Soit il disait ça dans le cadre de leur accord pour la journée, n'en pensait pas un mot et dans ce cas là … et bien c'était quand même un compliment bon à prendre. Elle leva simplement les yeux vers lui, ses lèvres étirées en un petit sourire. Elle croisa les pupilles bleues de Drago qui brillaient un peu, et ses lèvres à lui aussi esquissaient un sourire réconfortant. Par la barbe de Merlin mais depuis quand était-il si attirant ? Elle se pinça les lèvres pour refouler les drôles d'idées qui venaient de lui traverser l'esprit à la seconde même et se redressa. Elle but une longue gorgée de sa coupe de champagne, secoua la tête pour évacuer les vapeurs d'alcool et adressa un sourire conquis à tout le monde, sa coupe toujours levée.

« On trinque ? »

Tout le monde suivit le geste et leva également sa coupe de champagne. Même Drago.

« À Ginny et à Harry » reprit Hermione « À votre mariage, à votre amour, à votre avenir … et aux merveilleux enfants que vous allez nous faire bientôt ! »

Dans un éclat de rire, toute la table trinqua avant de boire. Même Drago, qui s'imaginait à présent une tripotée de rouquins à lunettes, collés aux baskets de leur père. Tout le monde attaqua la succulente entrée, que Drago ne put s'empêcher de comparer avec ce que cuisinait Georgia. Il entra par la suite dans une conversation avec Bill, le Malefoy défendant bec et ongle la cuisine de son aubergiste, alors que le Weasley défendait la cuisine de sa mère. Leur échange fut interrompu par un gloussement de la part de Maddie, qui venait de rire bêtement à quelque chose que Ron lui avait chuchoté à l'oreille. Un sourcil levé, Drago se pencha sur Hermione et murmura :

« Dis moi. Tu travailles avec elle c'est bien ça ? »

« C'est mon assistante oui. J'ai pas encore trouvé de raison valable pour la virer. Le fait qu'elle couche avec mon ex ne serait pas un motif recevable. »

« Effectivement, je suis pas certain que le Ministre accepte. »

« Donc pour l'instant oui, elle travaille pour moi. Et ? »

« Et elle a planqué son cerveau dans ses seins non ? »

Hermione pouffa de rire.

« On est d'accord. »

Drago venait de passer son regard vers Ron, ce dernier étant toujours en train de faire des messes basses à Maddie en ayant les yeux rivés sur Hermione. Ou plutôt … Attendez un peu. Il suivit des yeux la trajectoire du regard de Ron pour vérifier et effectivement, cet enfoiré de rouquin avait les yeux plongés dans le décolleté d'Hermione. Il plissa les yeux avec un air de serpent.

« Tu veux mes yeux Weasley peut-être ? » aboya-t-il en claquant des doigts devant la poitrine d'Hermione.

« Je t'ai pas sonné la fouine. »

« À partir du moment où tu reluques les seins de ma copine, j'ai mon mot à dire. Alors tu vas me faire le plaisir de lever les yeux et de plutôt les diriger vers les seins de la tienne, de copine. Y'a de quoi faire. »

« Qu'est ce que tu insinues ? »

« Que ça doit être sympa pour toi. Ça peut te servir d'oreiller. »

Sous la table, Hermione pinça discrètement la cuisse de Drago. Avait-il oublié le point numéro deux sur le respect de toutes les personnes présentes ?!

« C'est sûr que c'est pas avec le misérable 85A d'Hermione que je pouvais faire ça. »

« 85A ? », Drago baissa les yeux sur la poitrine d'Hermione et dodelina de la tête « Je dirai plutôt B. Entre le B et C en fait. »

« Plutôt C que B, tu as définitivement raison. » clôtura Hermione en relevant de l'index le menton de Drago pour qu'il regarde autre chose que sa poitrine parce qu'il semblait y prendre goût, « Cela dit, ça me vexe un peu, Ronald, que tu ne connaisses pas ma taille de soutien-gorge. »

« Ce genre de chose s'oublie facilement. Tu sais, avec le manque de pratique. »

« Ne t'inquiètes pas Weasley » rassura Drago « J'en prends soin moi, du 85C. »

« Grand bien te fasse Malefoy. »

Drago ne préféra pas relever. Et puis il n'avait pas vraiment le choix parce que sous la table, Hermione n'arrêtait pas de lui pincer la cuisse pour lui faire signe d'arrêter de surenchérir.

Après l'entrée, le plat. Le blond se retint de relancer le débat sur qui de Georgia ou Molly Weasley était la meilleure cuisinière mais cela-dit, il fallait qu'il avoue que ce repas était particulièrement bon. Les discussions entre les personnes attablées allaient bon train, Drago essayant même d'en placer une de temps en temps même si pas grand monde, mise à part Hermione, ne lui adressait directement la parole. Sauf quand Fleur profita d'un moment de silence pour l'interroger.

« Drago ? Tu as fait quoi toi, après la guerre ? »

Surpris qu'on s'adresse à lui, le jeune homme eut un petit temps d'hésitation et Ron s'engouffra dans cette brèche.

« Il a du torturer des innocents, noyer des enfants ou s'occuper d'un élevage d'hippogriffes myopes. »

Il fut le seul, avec Maddie bien entendu, à rire de sa plaisanterie.

« C'est très drôle Weasley » il leva les yeux au ciel avant de regarder Fleur, « Même si l'envie de torturer des gens me démange à cet instant précis, c'est pas ce que j'ai fait après la guerre. Avec mes parents ont a fui en Irlande. Ils s'y sont installés, moi aussi pendant un an et après je suis revenu en Angleterre. »

« Ils y vivent toujours ? Comment vont-ils ? » demanda Ginny sous le regard étonné de son désormais mari, qui ne comprenait pas pourquoi elle s'intéressait à la vie de Malefoy.

Le Malefoy en question, content qu'il n'y ai pas qu'Hermione finalement qui porte de l'intérêt à sa personne et qui puisse croire qu'il est devenu un autre homme, hocha la tête.

« Ils vont bien. Ils vivent tous les deux dans un cottage un peu paumé à l'ouest de l'Irlande. Je les vois une fois par mois à peu près. »

« J'ai toujours su que, dans le fond, vous n'étiez pas des mauvaises personnes. » ajouta Ginny.

La main posée contre son torse, au niveau de son coeur, Drago adressa un sourire et un regard de remerciement à Ginny. Au même moment, il sentit la main d'Hermione se glisser contre sa cuisse. Mais pas pour le pincer comme auparavant, mais plutôt d'un geste tendre et fort appréciable.

« Je te remercie Ginny. Tu fais partie des rares personnes … » il glissa son regard sur Hermione « … à avoir remarqué qu'on était finalement des gens fréquentables. »

La brune sourit sincèrement, appliquant une légère pression sur la cuisse de son amoureux d'une journée. Et puis le blond reprit.

« À part ça je dirige une auberge, celle où Hermione séjourne. Et … » il marqua une pause, hésitant, « Et je suis papa d'un petit garçon. »

La bombe lâchée, toute la tablée se tut immédiatement, rivant leurs yeux sur Drago. De toutes les personnes assises ici, personne n'avait encore eut d'enfant sauf lui. Pas même les plus âgés comme Bill et Fleur, alors la nouvelle en surprit plus d'un. Et puis il fallait avouer qu'imaginer Drago Malefoy père de famille était totalement insensé.

« C'est génial ! » relança Angelina. « Et comment il s'appelle ? »

« Il s'appelle Scorpius, il a cinq ans. Et avant que quelqu'un pose la question, j'ai pas envie de parler de sa mère. »

La main d'Hermione, qui n'avait toujours pas quitté la cuisse Drago, se resserra un tout petit peu pour lui apporter son soutien. Elle osa même bouger distraitement ses doigts, sous forme de petite caresse, pour éviter qu'il ne s'emporte.

« C'est la meilleure ça. » lâcha Ron qui avait le regard bloqué sur Hermione. « Je t'ai tanné pendant des années pour faire un enfant, tu as toujours refusé. Et là, tu sors avec lui qui est déjà papa ? »

« C'est différent Ronald » se justifia Hermione, « Il était déjà papa quand on s'est revu et … et je suis passée au dessus de ça. »

« Donc en gros, moi tu me refuses la paternité mais tu couches avec un père de famille. »

« Mais il est pas de moi cet enfant enfin ! »

« Ça revient au même. Te connaissant tu dois t'occuper de lui comme si c'était le cas. »

« Pas du tout » s'offusqua-t-elle « Et quand bien même, ça ne te regarde plus maintenant. »

« Ce que je remarque, c'est que t'es qu'une sale égoïste … »

« Une égoïste ? Tu délires mon pauvre, elle t'a fait un lavage de cerveau ta blondasse ou quoi ? » s'énerva Hermione, sortant de son langage habituellement relativement correct, alors que Ron n'en avait cure de ce qu'elle racontait.

« Tu m'as toujours refusé quelque chose qui me tenait vraiment à coeur, toujours ! » poursuivit-il en ignorant sa remarque. « Combien de fois je t'ai supplié d'y réfléchir ? Combien de fois tu m'as dit que c'était trop tôt ou pas le moment ? Et maintenant tu joues à la pseudo belle-mère avec le gosse de la première traînée qu'il s'est tapé ? »

« ASTORIA N'ÉTAIT PAS UNE TRAINÉE ! » rugit Drago en tapant du point sur la table, à la simple évocation de sa défunte femme.

Hermione bondit de sa chaise, au bord des larmes.

« Tu comprends vraiment rien Ronald ! »

« Il n'y a rien à comprendre à part le fait que je regrette tellement tout ce temps perdu à essayer de te raisonner et de te faire changer d'avis ! En fait non, tu sais quoi ? Je regrette tout. Tous nos moments ensemble, tous nos projets, nos huit ans ensemble. Je regrette de t'avoir demandé de m'épouser, je regrette encore plus de t'avoir embrassé pour la première fois il y a huit ans de ça ! Je regrette d'avoir croisé ta route. »

Alors que la brune ne retenait plus les larmes qui coulaient désormais le long de ses joues, tout le monde autour de la table avait les yeux rivés sur Ron, choqués par les propos qu'il venait de tenir. De sa spontanéité qui la caractérise, Ginny lui assena un violent coup au bras, alors qu'Harry se massait les tempes en essayant de se calmer. George secouait la tête d'exaspération alors qu'Angelina baissait les yeux, honteusement témoin de cette affreuse scène. Bill essayait de tuer son petit frère du plus foudroyant des regards, alors que Fleur était liquéfiée sur sa chaise, outrée par tant de violence.

Hermione déglutit péniblement, le souffle presque coupé, les larmes coulant maintenant en torrent incontrôlable. Elle repoussa sa chaise, remonta le pan de sa robe et se mit à courir hors des tentes, dans le froid de l'hiver. La voilà revenue au point de départ, à courir à cause de Ron mais pour une raison différente. Il était devenu tellement blessant, lui qui disait qu'elle était devenue un as dans le jeu de qui fera le plus de mal à l'autre. Finalement, il avait gagné. Du moins, tout ce qu'il avait gagné c'était qu'elle soit maintenant à la fois hors d'elle mais aussi indéniablement triste. Il lui fallait un électrochoc pour définitivement couper les ponts avec cet individu ? Et bien le voilà, l'électrochoc. Elle ne voulait plus avoir à faire à lui et à cette poupée gonflable qui lui servait de petite amie. Drago pensait que c'était un jeu pour la rendre jalouse ? Manqué. Elle avait été jalouse mais maintenant il pouvait l'épouser et lui faire des enfants, ça lui serait complètement égal. Comment avait-elle pu vivre pendant huit ans avec une pareille ordure ?

Sa course l'avait menée à l'intérieur du Terrier, au chaud, loin du mauvais karma de Ron et loin de Maddie. Elle s'était réfugiée sur un fauteuil, près de la cheminée qui crépitait, réchauffant le salon d'une douce atmosphère tiède. Elle essayait tant bien que mal de calmer ses sanglots, mais à chaque fois qu'elle y parvenait, l'image de Ron lui revenait en tête et ses pleurs redoublaient. Quelle imbécile. Il ne fallait pas qu'elle se mette dans cet état pour lui, il en serait que trop fier. Les coudes appuyés sur ses genoux, sa tête dans ses mains, elle tentait de se reprendre. Son esprit focalisé sur sa tentative de calmer ses pleurs, elle n'avait pas entendu que quelqu'un était aussi entré dans la maison. Elle s'en rendit compte seulement en sentant une main se poser sur son épaule ce qui la fit grandement sursauter.

« Tu m'as fait peur » renifla-t-elle en passant ses doigts sous ses yeux pour cacher ses larmes.

« Désolé » s'excusa Drago en s'asseyant sur l'accoudoir du fauteuil sur lequel Hermione était installée. « Il en vaut pas la peine, sèche moi ces larmes. »

« T'es marrant toi. T'as entendu ce qu'il m'a dit, c'est hyper blessant. »

« Oui, sauf que c'est faux. T'es pas égoïste, tu le sais très bien. Et je le sais aussi. »

Elle leva ses yeux humides vers lui. Il la regardait d'une manière si douce, c'était étrange. Et inattendu.

« Mais le reste. Qu'il regrette tout ce qu'il s'est passé entre nous … Je sais pas, je pensais compter pour lui. Un minimum ! »

« C'est la colère qui parlait pour lui. »

« Tu parles. C'est qu'un imbécile c'est tout. »

« Oui, ça aussi. Mais un imbécile en colère. »

« Hum. »

Il passa sa main dans son dos alors qu'elle venait de baisser à nouveau les yeux.

« Tu vois, tu voulais lui faire un peu de peine en venant avec moi mais sans trop lui faire de mal. Résultat, c'est lui qui te fait pleurer. »

« Je l'ai bien cherché. Je savais que venir à ton bras allait le mettre hors de lui mais .. mais pas à ce point. »

« L'important c'est que toi tu restes digne. Tu n'as rien à te reprocher ? »

« Si ce n'est d'avoir menti à tout le monde aujourd'hui, non. »

« On vit très bien avec le mensonge, crois moi. Mais à part ça ? »

« Non, rien. Enfin je crois pas. »

« Alors que lui, il va s'en mordre les doigts d'avoir agi comme ça. Il vient de perdre une amie et crois moi, t'as raté ça, mais il vient de se mettre à dos une partie de sa famille. »

Devant l'air interrogateur d'Hermione avec ses sourcils froncés, il poursuivit.

« Quand t'es partie, Ginny l'a traité de tous les noms. Je te passe les détails, c'est vraiment pas poli ce qu'elle a dit. Potter a soutenu sa femme en disant qu'il venait de gâcher leur mariage et qu'il avait été trop loin. Et puis après, George et Bill se sont mis à hurler en même temps, j'ai pas tout compris, mais ça avait pas l'air d'être des mots d'amour. »

La brune laissa échapper un petit rire. Il avait ce don incroyable, d'arriver à détourner une situation dramatique en quelque chose de drôle. Elle souffla un peu.

« Tu penses toujours qu'il s'est mis avec Maddie pour voir ma réaction et me faire enrager ? »

Il dodelina de la tête.

« Non. Ils ont l'air d'être vraiment ensemble … J'ai pas l'impression qu'ils jouent un jeu. »

« Pourtant nous on joue un jeu mais tout le monde y voit que du feu. »

« C'est parce qu'on est les meilleurs comédiens que la terre ai porté Hermione, tout simplement. »

Elle décrocha à nouveau un petit rire.

« Mais crois moi » continua-t-il « Weasley a perdu au change avec Maddie. Elle t'arrive pas à la cheville. »

Elle le regarda, un sourire maintenant dessiné sur ses lèvres. Sur ses lèvres à lui aussi, un sourire franc et sincère.

« Merci. »

« Bah ! » lança-t-il accompagné d'un geste de la main « C'est trois fois rien. »

« Si je te jure. Ça me touche que t'essaies de me remonter le moral. »

« Il paraît que c'est ce que font les amis, non ? »

Elle se sourit, se remémorant la fois où il lui avait dit mot pout mot la même chose, quand elle était rentrée à l'auberge après avoir justement appris que Ron fricotait avec Maddie.

« Il paraît. Mais moi j'ai pas l'impression d'être là pour toi … »

« Tu rigoles ? T'as été un peu trop curieuse au début, c'est vrai, mais t'as été tellement indulgente avec moi quand je t'ai montré mes souvenirs. Tu m'as remonté le moral toi aussi, à propos d'Astoria, maintenant j'ai beaucoup moins de mal à parler d'elle. Et puis, tu m'as accordé le bénéfice du doute et ça c'est génial. J'aurais pu être encore un fils à papa imbuvable, ça m'arrive encore peut-être, mais t'as continué à me parler, à me voir, à essayer de comprendre et de voir le meilleur chez moi. Alors c'est bien caché je le conçois mais tu fais partie des rares personnes à avoir compris que j'étais pas si mauvais dans le fond. Et surtout, t'es un ange avec Scorpius. Donc c'est moi qui te remercie. »

Touchée, Hermione sentit le rouge lui monter aux joues. Il avait raison, mais l'entendre lui réchauffait le coeur. Elle n'avait pas l'habitude de l'entendre parler comme ça mais elle ressentait sa sincérité.

« De rien. Ca sert à ça les amis » ponctua-t-elle d'un clin d'oeil.

« Allez ! » il bondit et vint se placer accroupi devant elle, ses mains sur ses genoux, « Sèche tes larmes, et nettoie un peu ton visage, tu ressembles à un panda. »

Elle pouffa de rire avant d'essuyer ses yeux et d'essuyer son visage, de façon à ce que plus aucune trace de maquillage dégoulinant ne se trouve sur sa figure. Elle sortit de son sac le nécessaire pour se refaire une tête potable.

« Bien » poursuivit le blond, « Maintenant tu me suis. Ginny et Potter vont pas tarder à ouvrir le bal, et je voudrais qu'on vole la vedette à Weasley et sa greluche sur la piste de danse. »

Il se leva et lui tendit sa main, main qu'elle n'hésita pas à prendre avant de se lever elle aussi. Remise de ses émotions, elle le suivit pour retourner sous les tentes. Les tables avaient changé de disposition de façon à laisser au milieu d'elles, en cercle, la place à tout le monde de danser. Justement, Ginny et Harry étaient au centre, dans les bras l'un de l'autre, mouvant leurs corps au rythme de la douce musique qui retentissait dans la tente. La main d'Hermione toujours logée dans celle de Drago, il faut dire que lui non plus n'avait pas tenté de la lâcher, elle regardait, attendrie et émue, ses deux amis profiter de leur première danse en tant que mari et femme. Harry était très maladroit, il manquait de peu à chaque pas de marcher sur les pieds de Ginny, mais cette dernière rattrapait le coup à chaque fois, pour ne pas que ce premier slow vire au désastre. Leur maladresse était néanmoins très touchante. Elle se pencha sur Drago pour lui chuchoter :

« Ils sont beaux, pas vrai ? »

« Si tu le dis. »

« Sois un peu objectif, et oublie qu'il s'agit d'Harry. »

M'ouais. En fait … Honnêtement il me fait penser à moi. »

« C'est vrai ? »

« Ouais. Avec Astoria on a fait un mariage très simple ; ses parents, les miens, sa soeur et c'est tout. Et j'ai voulu lui faire plaisir et lui offrir une vraie première danse parce que je savais qu'elle adorerait ça. J'avais même demandé à ma mère de m'apprendre à danser. Mais au moment de danser avec elle, avec seulement cinq personnes qui nous regardaient, j'ai paniqué, j'ai fait n'importe quoi et je lui ai écrasé les pieds environ trente fois. Elle a quand même apprécié l'effort. »

« C'est touchant que tu aies fait ça pour elle. »

« Je lui avais imposé un mariage en petit comité, elle méritait bien une danse. »

Hermione sourit simplement. Elle sentait que le regard de son voisin devenait fuyant, que sa mâchoire commençait à se serrer comme à chaque fois qu'il était sur le point de s'emporter, alors elle choisit de ne pas insister sur le sujet. Il avait fait, au fil des semaines, d'énormes progrès à propos d'Astoria. Il arrivait à parler d'elle, à se remémorer des souvenirs, à raconter tout ça à Hermione sans entrer dans une colère noire ou sans avoir l'oeil larmoyant. Il faisait énormément d'efforts, efforts qu'Hermione appréciait et trouvait remarquables.

Petit à petit, des couples avaient investi la piste de danse, autour de Ginny et Harry, pour danser eux aussi et partager un moment en amoureux. Drago prit l'initiative de se diriger sur la piste, attirant Hermione avec lui, se fondant dans la foule au milieu de tout ces vrais couples. La main gauche du blond dans la main droite de la brune, sa main droite lovée au creux de sa hanche alors que la main d'Hermione venait spontanément de se poser sur l'épaule de son cavalier, ils entamèrent un slow digne des plus grandes ouvertures de bal. Feintant la tendresse et l'amour, Drago n'avait qu'à baisser un tout petit peu les yeux pour croiser le regard d'Hermione, qui souriait. Oui au fond cette danse n'avait rien d'une véritable danse langoureuse comme celle que partageaient tous les couples présents, mais la leur avait une autre dimension. La jeune femme découvrait que cet homme pourtant tant détesté pouvait s'avérer être un partenaire de choc et de charme hors pair. Elle appréciait la tendresse dont il faisait preuve, la délicatesse qu'il mettait dans ses pas et l'effort qu'il faisait pour ne pas lui écraser les pieds. Elle avait bien entendu remarqué qu'à quelques reprises il avait regardé ses pieds pour voir où il allait et elle était touchée par son attention. Aucun des deux ne parlait, seuls la musique et le brouhaha des invités retentissaient sous la tente mais Hermione n'y prêtait aucune attention parce que là, elle sentait et entendait son coeur frapper incessamment contre sa poitrine. Était-ce le fait de danser avec lui ? Était-ce d'avoir son regard gris si intense posé sur elle, et seulement elle ? Était-ce de sentir petit à petit son corps se rapprocher du sien par une force incontrôlée ? Était-ce d'avoir la gorge nouée ou de sentir son estomac se serrer à chaque fois qu'il lui souriait ? Par Merlin mais comment était-ce possible d'avoir un tel contrôle de soi, de dégager une telle force et en même temps une telle candeur si attirante ? Il était relativement dur pour elle, à cet instant précis, de refouler certaines pensées. Ses cheveux blonds brillants à la lumière, ses pupilles bleutées si intenses, ses pommettes rosies par leur proximité, ses lèvres roses et charnues qu'il se plaisait à mordiller, peut-être par simple provocation, tout ça combiné concoctait un cocktail détonant qui ne demandait qu'à exploser. Elle papillonna des yeux pour chasser la pensée absurde qui venait de traverser l'esprit à propos de la boucher de son partenaire, et glissa le regard au dessus de l'épaule du jeune homme, apercevant non loin d'eux Ron, avachi sur une chaise, les yeux rivés sur eux. La jeune femme pouffa de rire avant de diriger ses yeux sur Drago, qui lui demandait du regard, un sourcil arqué, ce qui pouvait la faire rire.

« C'est Ron. Je crois qu'à cet instant précis il est en train de s'imaginer un scénario improbable dans lequel il te tue de ses propres mains. »

« Qu'il fasse. Je suis plus fort que lui. » se vanta Drago.

« J'en doute pas … Attends. »

Hermione rythma leur danse de façon à ce qu'ils fassent un demi tour et que ce soit Drago qui ait une vue plongeante sur Ron. Lui aussi se mit à pouffer de rire.

« Il est ridicule. »

« Il a même pas invité Maddie à danser. »

« Parce que s'il le fait, elle va passer le pire moment de toute son existence. »

« Probablement ! Ron est un très mauvais danseur et en plus, il ne fait aucun effort. »

En voyant que Weasley n'avait visiblement pas envie de les lâcher visuellement, Drago choisit la voie de la provocation et incita Hermione à passer ses deux bras autour de son cou, alors que lui venait de la saisir fermement par les hanches, d'une manière à la voix virile, ferme mais terriblement intense. Il décala son visage pour approcher sa bouche de l'oreille d'Hermione. À peine le souffle du blond venait d'heurter sa nuque et à peine sa voix chuchotante avait atteint ses oreilles, que la brune sentit un long frisson lui parcourir la colonne vertébrale. Seigneur …

« Riposte dans trois … deux … un … »

Bingo. Il avait juste prononcé le 'un' que Ron avait déjà prit d'assaut la bouche de Maddie pour l'embrasser d'une manière très peu conventionnelle, pas très polie et sans la moindre gêne. Le baiser fut d'ailleurs interrompu par Molly Weasley, venant d'administrer une tape sur l'arrière de la tête de son fils en lui hurlant qu'il ne savait pas se tenir. Drago fut obligé de rire, sortant Hermione de la douce tendresse dans laquelle ses précédents gestes l'avait plongé.

« Qu…quoi ? »

« T'as raté un moment d'anthologie. Weasley a essayé de se la jouer prince fougueux en embrassant goulument Maddie, lui laissant un peu de bave au coin de la bouche, et il s'est fait rappeler à l'ordre par sa mère. »

« Molly doit être outrée du comportement de son fils, c'est tellement pas dans ses habitudes. »

« Je suis même sûr qu'elle est plus choquée du couple qu'il fait avec Maddie que de notre pseudo couple à nous. »

« Ça, c'est certain. »

Alors qu'Hermione s'était plongée à nouveau dans un étonnant mutisme, Drago avait tout à loisir d'analyser son comportement. Leur slow semblait durer une éternité, et en plus, il avait mal aux pieds dans ses chaussures. Mais il avait à coeur de se tenir à carreaux pour Hermione et lui offrir cette première danse. Il devait aussi contrôler ses pas pour faire attention à ne pas lui écraser les orteils, ce qui lui demandait une concentration extrême. Sa partenaire avait le regard fuyant, il ne croisait ses pupilles noisettes qu'une micro seconde toutes les deux minutes alors que lui essayait pourtant de capter son attention pour qu'elle le regarde enfin, au moins trois secondes d'affilé. Non, elle ne le regardait définitivement pas. Distraitement, elle venait même de poser sa tête sur son épaule et de fermer ses yeux, comme si elle souhaitait profiter au maximum de l'instant. Ma foi, il la laissait faire. Il continuait de mener la danse d'une main de maître, laissant lui son regard vagabonder d'invités en invités, se faisant la remarque qu'il ne connaissait vraiment personne et que les Weasley avaient définitivement des fréquentations douteuses. Entre Lovegood père qui parlait aux plantes, Lovegood fille qui partageait maladroitement une danse, absolument pas en rythme, avec Londubat, Londubat justement qui était aux bras d'une femme mais qui n'en profitait absolument pas, des vieilles tantes en robes à fleurs collées aux baskets de Percy Weasley, des oncles déjà bourrés qui commençaient à avoir des propos et des gestes déplacés, ou encore Arthur Weasley profitant de l'abondance de personnes pour sortir sa collection d'objets moldus. Bref, une famille beaucoup trop étrange pour lui et il refusait encore de croire qu'il avait du sang en commun avec ces énergumènes. Il décida de reporter son attention sur sa cavalière, qu'il aurait pu croire endormie sur son épaule si elle ne suivait pas aussi bien ses pas. Elle paraissait apaisée même s'il se doutait qu'elle était tourmentée par le comportement de son ex fiancé et toujours déçue et triste à propos de ce qu'il avait osé lui dire. Ne voulant pas remettre le sujet sur le tapis, il préférait continue de danser avec elle. Il choisit de déplacer ses mains de ses hanches pour venir les joindre dans sa chute de rein. Sous son geste, il sentit Hermione se tendre et inconsciemment rapprocher son corps du sien, ne laissant entre leurs ventres respectifs même pas une infime place pour glisser un parchemin. Drago sourit en coin, ravi de constater qu'il avait encore un certain pouvoir sur les femmes avec un simple geste. Alors bien entendu que malgré les tentatives d'Hermione de cacher ses réactions et émotions, il avait remarqué que ses gestes entreprenants, ses sourires et ses chuchotements la mettaient dans tous ses états. Mais il en jouait, parce qu'il avait toujours adoré jouer de son pouvoir de séduction. Et là, c'était le moment idéal pour tester son sex-appeal. Sex-appeal qui, visiblement, n'avait pas pris la poussière depuis ces six mois de célibat.

Alors que le groupe présent pour assurer la musique du mariage venait de ranger les violons et les pianos pour laisser place aux guitares et aux basses, Hermione se redressa s'excusant du regard auprès de Drago pour avoir investi son épaule pour la fin de la danse. Ne lui en tenant pas rigueur, il approuva son envie de rejoindre leur table puisqu'il n'avait aucune envie de bouger son corps au rythme de la musique plus rythmée. A leur table, il ne restait que George et Bill, avec leurs épouses respectives, qui accueillirent d'un sourire Hermione et Drago.

« Ca va Hermione ? » demanda Fleur de sa voix si douce.

Le brune hocha la tête.

« Ca va mieux oui, je te remercie. »

« Ne fais pas attention à Ron » intervint George, « Depuis qu'il fréquente Maddie, on a tous l'impression qu'elle lui a fait un lavage de cerveau et qu'il a des synapses qui se connectent plus là haut. »

« C'est vrai » ajouta Bill, « On le reconnaît plus. Hier soir, il est rentré à quatre heures du matin, hilare, en chantant des chansons paillardes, avec une mauvaise haleine de whisky pur feu à décoller du papier peint. Ce matin quand on lui a demandé ce qui l'avait mis dans cet état là, il a juste répondu 'Maddie'. »

« Elle a une très mauvaise influence sur lui » enfonça Angelina « Il a l'impression d'avoir retrouvé une vie après votre rupture mais elle fait que l'enterrer encore plus. »

« Mais vous savez quoi ? Au fond ça m'est complètement égal » fit Hermione. « Je ne veux pas avoir à faire à lui, à croiser sa route ou à lui adresser la parole. J'ai fait une grosse erreur la première, je me suis excusée, tout semblait être rentré dans l'ordre. Maintenant il se gâche et il se fout en l'air avec la première écervelée qui lui ai passé sous la main ? Grand bien lui fasse. »

Drago sourit devant l'aplomb dont Hermione venait de faire preuve. Ça ressemblait donc à ça, une Gryffondor déterminée ? Il passa son regard d'elle à Fleur quand cette dernière prit timidement la parole.

« En tout cas toi, tu es sublime. Je pense qu'on a devant les yeux la parfaite représentation des opposés qui s'attirent. Personne n'aurait parié une mornille sur vous deux mais on peut pas nier que vous êtes très beaux ensemble. »

Dans une synchronisation parfaite, chacun tourna sa tête vers l'autre avec les lèvres étirées en un sourire amoureux. 20/20 pour leur démonstration d'acteur à tous les deux. A moins que cette spontanéité dans le sourire ne soit pas feinte ? En tout cas pour Hermione, ses yeux confortablement installés dans le bleu azur de ceux de Drago, tout n'était joué qu'à moitié. Comment était-il possible, pour n'importe quel être humain de sexe féminin, de rester insensible à ce qui se dressait sous ses yeux ? Il était physiquement très beau et ça, personne dans l'assistance ne pouvait le nier. Tout allait très bien ensemble, des cheveux jusqu'aux chaussures vernies, en passant par les boutons de manchette et le sourire hollywoodien. Elle se trouvait bien fade à côté de lui.

« Merci Fleur ! » décrocha spontanément Drago, délogeant ses yeux de sa voisine, voisine qui papillonna du regard brusquement. « J'appréhendais de venir mais premièrement je ne peux rien refuser à Hermione et deuxièmement vous êtes finalement tous super cool. Roux, mais super cool. »

Toute la table le suivit dans son éclat de rire. Les danses endiablées battaient leur plein sur la piste, autant que les discussions à la table des mariés. Harry, Ginny, Ron et Maddie avaient finalement repris place à table pour prendre le dessert avec tout le monde. Un énorme wedding-cake au chocolat et au praliné que Drago avait dévoré en un clin d'oeil, après avoir demandé s'il pouvait en ramener une part pour son fils. Si Ron et Maddie ne décrochaient plus un mot - vu que dès que l'un d'eux ouvrait la bouche, Ginny sortait sa baguette - tout le monde prenait part à toutes les conversations, incluant Drago à chaque fois. Comme si le passé avait été réduit en poussière et jeté à Azkaban. Et le blond appréciait réellement l'indulgence de toutes les personnes présentes autour de lui.

Petit à petit, l'aube approchant, tout le monde partait se coucher sous la tente qu'Arthur Weasley avait aménagé comme une sorte de dortoir avec des lits de camp, offrant à tout le monde la possibilité de dormir sur place. Chose qui n'était pas une mauvaise idée parce qu'à cet instant précis, après avoir légèrement abusé du champagne pendant et après le repas, Hermione totalement désinhibée, presque seule au milieu de la piste de danse, était en train d'essayer maladroitement de danser. La scène faisait bien rire tout le monde, sauf Harry qui s'inquiétait qu'elle se prenne son pied droit dans son pied gauche à force de sautiller sur place et qu'elle ne se casse la figure. Ayant pris la décision de venir à la rescousse de son amie, il sentit un bras se plaquer contre son torse. Drago, n'écoutant que son courage, avait pris les devants.

« J'y vais. »

« Tu fais gaffe ! » prévint Harry, « C'est rare quand elle boit, j'ai peur qu'elle ai l'alcool mauvais ou très triste. »

« Je gère Potter, fais moi confiance. »

Difficile pour Harry de voir son ancien ennemi de toujours avancer d'un pas nonchalant mais assuré vers son amie. L'ancien ennemi en question venait de glisser son bras autour des hanches d'Hermione qui tituba.

« Oh ! Drago ! C'est toi ! »

« En chair et en os. Bon sang mais pour reprendre les mots de Bill, t'as une haleine à décoller du papier peint. » grimaça-t-il.

« C'est le champagne. C'est bon le champagne. T'en veux ? » proposa-t-elle en lui tenant sa coupe vide. « Oh .. Y'en a plus ! On va en chercher ? »

« On va rien chercher du tout. Tu vas aller te coucher. »

« Non ! » s'opposa-t-elle fermement, prenant appui sur l'épaule de Drago pour ne pas tomber. « On va pas en chercher si tu veux pas mais on va pas se coucher. J'ai pas envie. »

D'une petite mine boudeuse, elle releva ses yeux chocolat vers le blond, battant des cils pour le faire flancher.

« Et t'as envie de quoi, là ? »

« De champagne ! »

« A part de champagne. »

« Rabat joie. Euh … De danser ? »

« Ah non, j'ai assez dansé ce soir pour toute une vie, et même pour une deuxième. »

« S'IL TE PLAIT ! » rugit Hermione en se pinçant les lèvres, se rendant compte qu'elle avait parlé un peu trop fort. « S'il te plaît ? » chuchota-t-elle désormais.

« Dans tes rêves Granger » chuchota-t-il lui aussi, levant de devant les yeux d'Hermione, quelques boucles qui s'étaient échappées de son chignon.

« M'appelle pas Granger ! Pas alors que toi et moi on est des a-mou-reux ! » rit-elle en ponctuant chaque syllabe par un dodelinement de tête.

« Juste pour ce soir, ne l'oublie pas. »

« M'ouais. Bon. On danse ? »

Il soupira en fermant les yeux, exaspéré.

« Une danse et après on va se coucher ? »

« Une danse et après on va se coucher ! » répéta-t-elle, plus enthousiaste, en levant les bras d'un air victorieux mais en les reposant sur les épaules de son partenaire en se sentant vaciller.

D'un claquement de doigts à l'égard du groupe, Drago ordonna qu'ils jouent un morceau plus doux et ils s'exécutèrent. La brune se mit à siffler.

« Ben dis donc, quelle autorité. »

« Quand on a du pouvoir on sait comment se faire obéir. Vous, vous êtes pas assez autoritaires et fermes pour qu'on vous écoute et qu'on vous respecte, après vous vous étonnez qu… »

« Oh tais toi donc ! » lâcha Hermione en plaquant sa main sur la bouche de Drago. « Le discours de l'héritier moralisateur tu peux te le foutre là où je pense. T'arrives à deviner à quel endroit je pense ? Bien. Fous toi le là bas et danse. »

Devant l'autorité Grangerienne qu'il déplorait pourtant il y a cinq secondes, Drago obtempéra. Une main dans la sienne, l'autre sur sa hanche après avoir forcé Hermione à le tenir par l'épaule, leurs pas se synchronisèrent aussitôt pour danser ensemble, comme quelques heures plus tôt.

« Drago ? »

« Quoi ?! »

« Ohlala, ce que tu peux être aigri ! T'es de mauvaise humeur ou quoi ? »

« J'aime pas faire la baby-sitter pour les adultes qui savent pas boire avec modération, c'est tout. Mais je t'écoute, qu'est ce que tu voulais me dire ? »

« Il va se passer quoi demain ? »

« Qu'est ce que tu veux qu'il se passe demain ? »

« Bah justement je sais pas c'est pour ça que je te demande, triple buse. ll va se passer quoi demain ? »

« Une journée normale ! Tu vas te lever, tu vas boire du thé, manger une tartine avec de la confiture, sans beurre parce que c'est trop gras et à la fraise la confiture, et après tu vas te doucher, t'habiller et te recoucher parce que t'auras mal à la tête à cause de tout l'alcool que t'as bu. »

Les sourcils froncés, elle leva le yeux pour le regarder.

« Comment tu sais tout ça ? »

« J'ai des talents de legilimens, tu savais pas ? »

« Fous toi de ma tronche ! » s'agaça-t-elle en le frappant à l'épaule « Comment tu sais tout ça, sur mon petit déjeuner ? »

« Parce que ça fait quatre mois que tu déjeunes dans l'établissement que je dirige et que la plupart du temps je suis là. »

« Han .. Tu m'observes. Espèce de voyeur ! »

Elle se mit à rire et il la suivit. Avait-il vraiment porté attention à ses faits et gestes durant ces quatre mois ? C'était à la fois touchant et flippant. Mais beaucoup plus touchant que flippant en y réfléchissant bien. Ça montrait qu'il s'intéressait à elle, à ses goûts, à ses choix.

« Je t'observe aussi sous la douche, t'as pas remarqué ? »

« Gros porc ! » elle rit de plus belle, appuyant son front contre son torse. « Tu sais quoi ? Ça fait du bien. »

« De quoi ? »

« De rire, et de te fréquenter. Je sors de mes sentiers battus, de ma zone de confort et bon sang ce que ça fait du bien ! »

Elle ponctuait chacun de ses derniers mots d'un coup de tête contre le torse de Drago, faisant grimacer l'héritier Malefoy à chaque coup.

« Arrête de me frapper s'il te plait, mon torse n'est pas un défouloir. Ceci dit ça me fait plaisir ce que tu dis, même si tu le dis probablement sous le coup de l'alcool, que tu le penses pas et que demain t'auras oublié. »

« Probablement. Mais au moins tu le sais et tu pourras me le répéter demain. »

Les deux faux amoureux se turent un instant, laissant leur danse s'exprimer à leur place. La tête d'Hermione venait de reprendre place sur l'épaule de Drago, alors que ce dernier venait de lâcher sa tête contre la sienne. Faisaient-ils réellement semblant ? Tout était-il réellement joué ? Jusqu'où allait leur comédie ? Même avec l'esprit embrumé par l'alcool, la jeune femme s'admettait petit à petit que sa présence était réconfortante. Comme elle lui avait avoué un peu plus tôt, depuis qu'elle le fréquentait elle se sentait différente mais dans le bon sens du terme. Comme si une nouvelle Hermione prenait le pas sur l'ancienne, comme si elle redevenait maître de sa vie. Et Drago, si une partie de son esprit conservait l'image d'Astoria dès qu'il était un peu trop proche d'une femme, la raison lui susurrait que sa défunte femme justement, n'aurait pas apprécié qu'il se morfonde sur son sort, qu'elle aurait voulu qu'il aille de l'avant. Mais c'était pas si simple quand son coeur gardait bien emprisonné ses sentiments envers Astoria. Même s'il devait s'avouer à lui même que l'arrivée d'Hermione dans sa vie il y a quatre mois de ça, avait bouleversé tous ses plans.

Après une bonne vingtaine de minutes de slow, Hermione sentait ses paupières si lourdes qu'elles se fermaient toutes seules. Elle choisit de réagir avant de s'endormir sur place et de chuter dans les bras de son amoureux d'un jour.

« J'ai sommeil … » avoua-t-elle d'une voix enfantine ensommeillée, ses yeux fatigués plongés dans ceux pourtant bien réveillés de Drago.

« Juste à côté de la maison, il y a une tente improvisée en dortoir. Tu peux aller t'y coucher. »

« Tu m'accompagnes ? »

« Et ensuite je te déshabille, je te mets en pyjama, je te couche, je te borde, je te lis une histoire, je t'embrasse sur le front et je te souhaite de faire de beaux rêves ? Non Hermione, tu n'es pas Scorpius je ne ferai pas ça. »

« Et je t'ai jamais demandé de le faire. »

« C'est pas faux. Mais non, tu prends ton courage à deux mains et en avant ma belle ! »

« S'il te plaît ! » pesta-t-elle en tapant du pied par terre comme une petite fille capricieuse.

« On dirait mon fils. Je me décharge de mon autorité paternelle pour une soirée et on me refourgue une adulte de vingt-cinq ans qui semble finalement en avoir huit et qui supporte mal l'alcool ! »

« Bon ben puisque t'es jamais content … »

Elle se détacha de lui et commença à avancer pour sortir de la tente, sauf qu'elle titubait sans arrêt, zigzaguait entre les tables et les chaises, et manquait à chaque pas d'entrer en collision avec quelqu'un. Ne voulant pas avoir une chute mortelle sur la conscience, Drago accouru derrière elle, la soutenant avec un bras autour des hanches.

« Tout droit Granger. La ligne droite c'est le chemin le plus court pour arriver à destination, oublie les virages. »

« Arrête de m'appeler Granger, gros nul ! »

Il se mit à rire, amusé par l'attitude enfantine qu'elle avait.

« Très bien Hermione, on se détend. »

Il la soutint jusqu'à la tente/dortoir, sous laquelle plusieurs personnes avaient déjà rejoint les bras de Morphée. Il l'accompagna jusqu'à un lit de camp au fond de la tente, un peu séparé des autres. Si elle venait à être malade dans la nuit, au moins elle dérangerait personne. Il l'aida à s'assoir puis à s'allonger, et la vit fermer aussitôt les yeux après s'être blottie sur elle même en position foetale. Il sourit en coin, attendri par ses gestes. Il s'accroupit à sa hauteur et dans un élan de tendresse incontrôlé détacha doucement l'élastique qui retenait ses cheveux pour la libérer un peu plus.

« Ça va ? »

« Humpf … » grogna-t-elle à son intention.

« Je prends ça pour un oui. Je te laisse dormir. Bonne nuit … »

Il s'apprêtait à partir quand il la sentit essayer de le retenir par le bras.

« Qu'est ce qui t'arrive ? »

« Merci » articula-t-elle péniblement, d'une faible voix à moitié endormie, « T'as été super aujourd'hui. »

Je t'en prie. »

« Bonne nuit Drago. Et je veux des tartines à la fraise demain. »

« Tu les auras » admit-il en riant. « Dors bien. »

Il quitta la tente les mains dans les poches pour rejoindre les quelques survivants sous la tente principale. Il se sentait un peu seul maintenant qu'il n'avait plus son bras droit à ses côtés mais l'accueil avait été finalement correct de la part de tout le monde alors il savait qu'il ne serait pas mis dehors à coup de pied aux fesses, même s'il n'avait plus Hermione à côté de lui, et même si certains en mourraient certainement d'envie. Il alla se servir un grand verre d'eau pour éponger le reste d'alcool dans son organisme même si lui, contrairement à Hermione, avait très bien su se contrôler.

« Oh seigneur ! » sursauta-t-il en se retournant, quand il se retrouva nez à nez avec une paire de lunettes rondes. « Plus jamais ça Potter, mon coeur risque de pas le supporter une deuxième fois. »

« Elle est couchée ? »

« Et en un seul morceau. Elle a même pas vomi. »

« Bien. »

Il commença à faire demi-tour, puis revint sur ses pas.

« Je te manque déjà ? » plaisanta Drago, les mains dans les poches, l'attitude nonchalante et le sourire arrogant en coin de lèvres.

« Ne joue pas à ça avec moi. Tu sais que la seule raison pour laquelle tu es encore là, vivant, c'est parce que tu sors avec Hermione ? »

« Oui, mais en même temps si je ne sortais pas avec elle je ne serai jamais venu. Tes déductions sont surprenantes de logique. »

« On se marre. Mais j'ai une question. »

« Allons-y professeur Potter ! J'attends l'interrogatoire du meilleur ami protecteur depuis que j'ai mis les pieds ici. Je suis surpris de l'avoir à cinq heure du matin, t'es long à la détente. »

Harry choisit d'ignorer le sarcasme de Drago, la meilleure solution pour que leur échange ne dure pas jusqu'à midi.

« Qu'est ce qu'elle te trouve, franchement ? »

« Ah ça, c'est à elle qu'il faut le demander, elle sera mieux placée que moi pour répondre. »

« Je conçois que tu as changé. Ça se voit, et puis j'ai toujours su que dans le fond t'étais juste un gamin capricieux et pas courageux. »

« C'est blessant venant de toi, mais terriblement vrai donc je ne m'énerve pas. »

« Mais même si tu as changé, en partie, je constate que t'es toujours arrogant et supérieur. Tout ce qu'Hermione n'aime pas en fin de compte. »

« Peut-être que je suis arrogant et supérieur avec ceux qui le méritent Potter. »

« Comment ça ? »

« Je l'ai été avec Hermione quand nos chemins se sont re-croisés, mais je le suis plus. Je suis père de famille, j'ai pour but d'inculquer à mon fils tout le contraire des valeurs qui m'ont été inculquées à moi quand j'étais plus jeune. »

« Et ? »

« Et j'ai appris à m'ouvrir aux gens, à laisser tomber les masques et les apparences. À être vrai avec quelqu'un, et ce quelqu'un c'est Hermione. Peut-être que ce qu'elle apprécie chez moi finalement c'est ma transparence. Le fait que je ne fasse pas semblant, que je ne joue pas à un jeu avec elle. Et puis elle avait envie de changer de vie, de ne plus être une Miss-je-sais-tout terriblement chiante, donc qui mieux que moi pour la faire changer ? »

« Tout ce que j'espère c'est que tu ne la transformes pas en une version féminine de toi. »

« Oh ça arrivera pas, elle se laisse pas faire et tu le sais très bien. »

« T'as pas tort. »

« Tu apprendras avec le temps, que j'ai rarement tort Potter. »

« Par Merlin ça veut dire qu'on va être amenés à se revoir … Je pense ne pas en dormir de la nuit. »

« Moi qui croyais que la seule chose qui ne te ferait pas dormir cette nuit, ça serait Ginny … »

Drago ne put retenir un fou rire en voyant Harry rougir jusqu'aux oreilles, ne sachant plus où se mettre devant tant d'audace de la part de quelqu'un comme lui.

« Détends toi Potter ! C'est humain tu sais, et totalement normal de faire des folies de son corps le soir de la nuit de noce. Généralement c'est à ce moment là que le premier enfant est mis en route. »

« C'était ton cas ? »

Drago serra les dents à sa question. Parler d'Astoria avec Hermione qui connaissait leur histoire c'était une chose. En parler avec Potter en était une autre. Il choisit la voie du « oui, mais » pour se défiler.

« Oui, mais là n'est pas la question. »

Soulagé qu'Harry n'insiste pas, il but d'une traite son verre d'eau qu'il n'avait pas encore touché. L'eau fraîche lui remis les idées en place.

« À mon tour d'avoir une question pour toi Potter »

« Est-ce que tu pourrais faire l'effort de m'appeler par mon prénom ou c'est trop te demander ? »

« Je peux essayer mais je garantis rien, Harry » ponctua-t-il en mimant une envie de vomir.

« Oublie. »

« Donc je disais, est-ce que tu crois que ça rentrera dans l'ordre un jour entre Hermione et Weasley ? »

« Dans quel sens ? »

« Dans le sens où est-ce qu'ils arriveront à passer au dessus de ça ? Ils devraient être amis maintenant, il compte beaucoup pour elle et il ne lui rend pas vraiment bien. »

« C'est parce que c'est encore très frais. Hermione est vite passée à autre chose, lui aussi en apparence, même si Maddie personne peut se l'encadrer, mais il a encore la rupture en travers de la gorge. Une fois que ça sera digéré et qu'il acceptera de la voir avec quelqu'un d'autre, même si c'est toi, ça ira. Hermione n'est pas quelqu'un de rancunière, elle passera au dessus de ça. »

« Elle serait passée au dessus de ça s'il n'avait pas été aussi blessant ce soir. »

« Je suis d'accord avec toi, même si ça m'écorche la bouche de le dire, mais il parlait sans réfléchir. Il a été con, on est bien d'accord, mais ça s'arrangera. Je leur fais confiance, le tout c'est qu'il faut pas qu'on s'en mêle parce que c'est leur histoire. »

« Je ne m'en mêlerai pas, à part s'il va trop loin. Là il faudra que j'intervienne. »

« Et tu seras pas seul à lui remonter les bretelles. »

« Mais je serai le seul à lui faire si peur qu'il préfèrera aller vivre dans la tanière d'une meute de loups carnivores au fin fond de la Russie plutôt que de me re-croiser. »

Harry décrocha un petit rictus.

« Je te fais confiance pour ça. »

Un silence glacial s'installa entre les deux - anciens ? - ennemis de toujours, qui dura quelques longues, très longues secondes. Harry s'excusa auprès de Drago et partit rejoindre Ginny qui l'appelait, trépignant d'impatience de commencer à consommer son mariage de la plus honorable des façons. Le blond choisit d'aller rejoindre en extérieur George, Bill, Charlie, Neville et Luna qui avait l'air au beau milieu d'une conversation de la plus haute importance, tellement importante qu'il sentait qu'il était de son devoir d'aller y mettre son grain de sel.

Sauf qu'avant qu'il n'ai pu s'immiscer dans la conversation, George claqua des doigts vers lui avant de le désigner d'un index menaçant.

« Drago ! Voilà ! »

« Quoi ?! » s'indigna Charlie, « Ça va pas non, plutôt crever. C'est hors de question. Je réfute totalement cette idée ! »

« Attendez, quelle idée nécessite de se laisser crever dans la seconde ? » interrogea Drago qui ne comprenait pas ce qu'on lui voulait.

« Mais si ! » insista George, « Élément positif indéniable pour le projet ! Enfin pour ceux avec qui il va coopérer. »

« Mais coopérer dans quoi ?! »

« Moi je refuse » lâcha Neville, boudeur, « Ça va virer à la catastrophe cette histoire, surtout si je fais équipe contre lui. Il me déteste. »

« C'est faux Londubat, c'est faux. Mais de quoi on parle au juste ? »

« C'est rien Drago » ajouta Luna de sa voix fluette, « Tu vas comprendre. »

« Figure-toi que j'aimerais bien oui ! »

« On vote à main levée. Qui vote pour ? » proposa George.

George, Bill et Luna levèrent leur main alors que Charlie et Neville la gardèrent baissée.

« La majorité l'emporte. Drago, tu es des nôtres ! » ajouta George.

« Wah super, j'en suis extrêmement honoré. MAIS DES VÔTRES POUR QUOI ?! » s'énerva-t-il.

« Et c'est avec ça que tu veux faire équipe Georgie ? C'est mort. Pas moi. »

Charlie croisa ses bras sur son torse, objectivement contre l'idée de faire équipe avec Drago.

« S'il vous plaît, quelqu'un m'explique ? Sinon je me casse et je vous laisse sur les bras une Hermione qui décuve en dormant et qui est susceptible de se réveiller à tout moment pour gerber sur vos chaussures vernies. »

Les quatre grimacèrent, sauf George que l'image dut faire rire.

« On voulait jouer au Quidditch, enfin une version remaniée ça va de soi, mais il fallait qu'on soit un nombre pair. Maintenant que tu es des nôtres on est six, c'est parfait. »

« Aah voilà pourquoi ton adorable grand frère ne veut pas faire équipe avec moi. T'as peur que le meilleur attrapeur de Serpentard de tous les temps te mette la raclée, Charlie ? »

« Bordel c'est pas la modestie qui t'étouffe toi. Et tu penses bien que non, c'est simplement que tu es un joueur violent, tu vas en tuer un et c'est pas le moment. »

« Je suis père de famille Charlie, c'est pas le moment pour moi de finir à Azkaban pour avoir mis à terre un Weasley qui sait pas jouer au Quidditch. »

« Trêve de bavardages inutiles » trancha finalement Bill. « Si on retire Charlie et Neville qui ne veulent pas faire équipe avec Drago, ça fait quatre contre deux, c'est pas équilibré. »

« Bravo ! » applaudit l'héritier Malefoy, « Tu sais compter ! »

« Tu la fermes ? Bon pour la peine je vais avec Charlie et Neville. Luna, George et Drago, vous faîtes équipe tous les trois. »

Drago haussa les épaules, quand même très peu enclin à partager un match de Quidditch, à six, avec ces gens là. Mais soit, il n'avait absolument pas sommeil et puis ça pouvait être drôle de martyriser deux Weasley et Londubat. Il prit la parole.

« Et ça se joue comment, votre Quidditch à six ? Je suis sceptique. »

De sa plus belle voix éloquente, George expliqua le principe à Drago, ce dernier étant de plus en plus sceptique sur le déroulement du jeu sachant qu'il n'y avait pas de vif d'or et pas de cognard. C'était beaucoup moins drôle que ce qu'il s'imaginait. George finit par le convaincre avec un argument ultime : un jour en jouant avec ses frères à cette version réduite du Quidditch, il avait mis Ron à terre, le laissant inconscient pendant deux jours. Très emballé à l'idée de faire subir le même sort à Charlie, il se laissa embarquer. C'est alors que les joyeuses, mais improbables, équipes commencèrent à jouer, le scepticisme de Drago laissant rapidement place à de l'amusement. Il lui arrivait même de rire, prenant énormément de plaisir à voler sur un balai et à jouer, Luna et George s'avérant être de très bons coéquipiers. Et puis, sans avoir réussi à mettre Charlie à terre comme il se l'était promis, le jour s'était levé.

Les yeux piquants à cause de la lumière du jour qui passait à travers la tente, Hermione se réveillait de sa petite nuit. La bouche pâteuse de tout l'alcool qu'elle avait bu, et une petite barre en plein milieu du front signe qu'elle avait vraiment trop bu, elle se redressa sur son lit de camp. Elle se frotta les yeux, essaya d'aplatir, vainement, sa crinière de lionne qui avait fait la fête elle aussi pendant toute la nuit, et regarda tout autour d'elle. Certains invités dormaient encore mais la majorité des lits étaient vides, signe que finalement, pas grand monde n'avait dormi. Légèrement amnésique elle avait quelques bribes de souvenirs de la veille qui lui revenaient en tête mais pas tout. Par exemple, comment s'était-elle retrouvée au lit ? Elle paria sur Harry, le seul qui avait du avoir de la peine pour elle devant son état. Elle se leva péniblement, prit le temps d'étirer tous les muscles de son corps, ne prit par contre même pas la peine d'enfiler ses escarpins car ses pieds étaient encore endoloris de la veille, et marcha d'un pas trainant vers l'extérieur.

« Malheur ! » s'écria-t-elle, une main sur le coeur, après avoir vu Drago filer droit sur elle avec son balai. « Nom d'une chouette mais qu'est ce que tu fab… aaaah ! »

Après Drago, c'était George qui lui fonçait droit dessus, s'arrêtant net à sa hauteur.

« Il vous manque une case à tous les deux c'est pas possible. Ca m'étonne pas que vous vous entendiez si bien. »

« Bonjour Hermione ! » lâcha George après avoir posé ses deux pieds au sol. « Bien dormi ? Pas envie de vomir ? »

« Non … » elle fronça les sourcils « Et pourquoi j'aurais envie de vomir ? »

« Parce que t'as ingurgité une quantité astronomique de champagne hier soir, probablement plus que tous les Weasley réunis. »

« Oh … mon … dieu. »

Pendant un instant elle se demanda si elle n'avait pas fait de bêtises … Non, sinon ils ne la regarderaient pas comme ça tous les deux, et Drago se serait empressé de se moquer d'elle. Drago justement, était lui aussi descendu de son balai et avait déposé un baiser sur sa joue en guise de bonjour.

« Tu m'en veux pas, je t'embrasse pas, mais t'as encore l'haleine alcoolisée. »

Hein ? Le cerveau encore embrumé par les dernières vapeurs d'alcool et par le sommeil dont elle était à peine tirée, ses doigts glissant sur sa joue à l'endroit même où il l'avait embrassée, elle avait du mal à rester sur terre. « Je t'embrasse pas » ? Ah parce que si elle avait eu une haleine décente, il l'aurait embrassé ? Seigneur. Elle se pinça les lèvres pour masquer son haleine et partit en courant jusqu'au Terrier, s'enfermant dans la salle de bain pour se brosser les dents. Son coeur frappant fort contre sa cage thoracique, elle essayait de ne pas s'étouffer avec son dentifrice. Mais pourquoi se mettait-elle dans un tel état au juste ? Il aurait été normal, vu leur situation de faux couple, qu'il l'embrasse pour lui dire bonjour, alors pourquoi la simple idée de ses lèvres effleurant les siennes la mettait dans un état pareil ? Peut-être parce que … non. Pas possible.

Une fois l'haleine fraiche, elle retourna sous la tente principale, où Molly avait installé une grande table de petit déjeuner. Plus personne sous la tente/dortoir, il ne restait plus que tous les Weasley et leurs pièces rapportées, comme disait Drago, ainsi que Neville, Luna, et Drago justement. Hermione sourit en voyant, sous ses yeux, toutes ces personnes importantes pour elle. Et elle sourit encore plus en remarquant que Ron était seul, sans sa poupée blonde collée à lui. Elle trottina pour s'assoir à sa place, à côté de Drago évidemment, souriant maintenant au maximum de ce qui était physiquement possible, en constatant qu'avec son thé se trouvaient deux tartines de confiture à la fraise, sans beurre. Comment est-ce que Molly savait que c'était son petit-déjeuner préféré ? Elle tourna la tête à sa gauche, croisa le regard pétillant de Drago qui la fit fondre et des souvenirs de la veille lui revinrent en tête. C'était lui. Elle se mordillait timidement la lèvre inférieure.

« Maintenant que je me suis brossée les dents, tu comptes m'embrasser pour me dire bonjour ? »