Yoooo!
Avec un jour de retard (Pardoooooon) voici le chapitre 11! Youhouuu! Je vais tenter de m'en tenir à un chapitre tous les vendredis. Je ne peux rien garantir mais je vais vraiment essayer!
Sinon... Dans ce chapitre, un peu des nouvelles de tout et n'importe quoi. J'espère qu'il répondra à quelques-unes des multiples questions que vous pourriez vous poser!
Sky00: Je suis aussi contente de te lire que tu ne l'es visiblement! Merci pour ta longue et très motivante review :) J'ai fait un effort pour lâcher un peu plus d'infos, ce chapitre! T'as vu, t'as vu, je suis pas une grande méchante sadique cette semaine! Héhé. Un peu de Itasaku et Karin également dans ce chapitre. J'espère que cela te plaira! Des bisous (et ne me maudis, j'ai rejoint les sadiques anonymes, je me soigne...)
Enjoy !
La cigarette aux lèvres, couché dans l'herbe, le ciel dégagé et les quelques nuages blancs s'étirant paresseusement. Les conditions étaient optimales, propices à la détente, vraiment. Mais rien ne faisait passer le goût amer qu'il avait dans la gorge.
Shikamaru tendit la main et saisit la tige de nicotine entre ses doigts, la portant loin, devant ses yeux et observant le filtre orangé. Il soupira et s'arma du briquet d'Asuma, une langue de feu allumant finalement celle-ci avant de la poser paresseusement à ses lèvres et d'aspirer la fumée. Doucement, très doucement, il la laissa s'échapper et l'observa s'élever en volutes.
Non, il n'arrivait pas à se détendre.
Dans le bureau de l'Hokage, ce matin, avait eu lieu la première réunion concernant la mission d'Itachi Uchiha et de Sakura Haruno. Il avait été surpris mais, fidèle à son poste de conseiller et stratégiquement positionné dans l'ombre du Rokudaime, il n'avait rien laissé paraître.
Il les avait entendus discuter des enjeux et des conséquences de cette mission, de ce qu'ils risquaient et surtout de comment cela se déroulerait. L'Uchiha avait conservé un air impassible, parfois un rien blasé mais Sakura…
Il revit Sakura, étrange mélange de détermination glacée et de chaude appréhension. Son air troublé lorsqu'ils avaient froidement exposé les tenants et aboutissants. Kakashi Hatake avait déclaré que trois semaines serait suffisantes pour mettre en place une histoire plausible, qu'il fallait impérativement que leurs connaissances y croient.
Leur relation amoureuse devait sembler réelle. Il n'avait pas insisté sur ce sujet, cependant, son regard s'attardant sur la distance soigneusement maintenue entre la jeune femme et l'ancien déserteur. Visiblement, ce ne serait pas une mince affaire. Il souligna l'importance de cette mission, une nouvelle fois, et surtout l'importance de Sakura dans celle-ci. Elle était la clef de tout cela.
La Kunoichi avait blêmit et supplier du regard, quelques secondes, avant de se reprendre et de feindre l'indifférence à nouveau.
Et son regard d'animal traqué lorsque son ancien sensei lui avait expliqué, à elle tout particulièrement, qu'il devrait envoyer une équipe à leur recherche. Elle avait ouvert la bouche mais n'avait rien dit. L'Uchiha lui avait lancé un long regard indéfinissable et elle avait détourné les yeux tandis que ses poings se serraient. Kakashi avait promis de sélectionné chaque personne soigneusement, lui évitant ainsi d'être poursuivie par des personnes trop proches qu'il lui serait impossible de combattre sérieusement ou qui mettrait trop de cœur à l'ouvrage.
Le silence qui avait suivi avait été éprouvant. Tsunade-sama regardait sa jeune disciple par-dessous ses cils et semblait en proie au doute et Kakashi-sama respirait la tristesse. Lui-même avait eu envie de surgir de derrière le siège et d'omettre des objections. De se proposer pour chercher une alternative.
Mais il était suffisamment malin que pour savoir où était sa place, quel était son rôle, et surtout pour comprendre que cette mission représentait un réel intérêt. Une opportunité, même. Il était supposé être un génie et était respecté tout cela, il ne pouvait se permettre de jouer au crétin vindicatif comme l'aurait fait Naruto, par exemple.
Naruto. S'il avait été là, comment aurait-il réagit en apprenant que sa coéquipière déserterait le village dans le but de devenir potentiellement l'élève d'une femme dont la dangerosité présumée dépassait Orochimaru en personne ?
Il aurait fait l'imbécile et aurait clamé haut et fort qu'il irait à sa place et blabla, belles paroles, pose ridicule et colgate-smile. Oui, il se le représentait bien, bondissant au centre de la pièce et hurlant à qui veut mieux qu'il serait le prochain Hokage et qu'il ne laisserait personne quitter ce village. Et s'il l'avait appris trop tard, se ruer sur les traces de Sakura en jurant qu'il la ramènerait coûte que coûte et se faire fi des protestations.
Naruto aurait réagi. C'était certain.
Peut-être que s'il avait été là, Kakashi-sensei n'aurait pas été aussi abattu ? C'était quelque chose à voir, l'homme d'ordinaire stoïque qui s'effondre quand la porte se referme sur son ancienne élève et sur l'Uchiha. Le bruit sourd de sa tête percutant son bureau de bois. Il avait passé sa main dans ses cheveux gris et poussé un soupir à feindre l'âme.
Puis il s'était redressé, avait regardé Shikamaru sans le voir et articulé d'une voix lasse « Prends ton après-midi, Shikamaru, tu l'as bien méritée. » avant de se lever et de se poster devant la fenêtre, les mains jointes dans le dos. Soudainement vouté par le poids des responsabilités.
C'est vrai que cela devait être un fardeau dans ces conditions, le pouvoir. Envoyé sciemment une kunoichi qu'il a vu grandir, s'épanouir et devenir forte, droit dans des filets ennemis. Accompagnées, de surcroît, d'un shinobi ne sachant plus se battre. Cruel dilemme entre l'affection et la raison.
Circé l'enchanteresse.
Sacré bout de femme. Le long regard échangé entre le Rokudaime et la Godaime avait suffi à lui faire comprendre qu'elle ne devait pas être une tendre et qu'ils envoyaient Sakura dans des méandres tumultueux. Mais la jeune kunoichi ne manquait pas de ressources et il avait longuement réfléchit avant de conclure qu'effectivement, personne ne pourrait mieux coller à cette mission qu'elle. Elle avait toutes les cartes en main pour réussir brillamment là où même Tsunade-sama s'était vue rire au nez. Il devait avoir confiance en la jeune femme, absolument. Sinon il s'inquièterait et il ne pouvait pas se le permettre. Surtout quand il verrait défiler les ordres de missions la concernant.
Foutu monde ninja et fichus principes. Pas de sentiments dans cet univers.
« - Ah, te voilà ! » S'exclama une voix féminine reconnaissable entre mille de par son volume et son accent chantant du sud.
Une ombre s'étira, le cachant aux rayons du soleil. Et un sourire fendit le visage rond de Temari alors qu'elle se penchait légèrement au-dessus de lui, son odeur de sable et d'épices portée par le léger vent.
« - Debout, paresseux ! J'ai faim ! » S'exclama-t-elle en lui infligeant un léger coup de la pointe de sa botte directement dans les côtes. Il grogna et passa sa main sur l'endroit de l'impact, grimaçant exagérément. Un rire cristallin suivit et il ne put s'empêcher de sourire légèrement.
Le voilà, son apaisement. Mieux que les nuages, le ciel bleu et la clope.
Sa tornade était là, emportant tout sur son passage, même son vague à l'âme.
Une main sur le flanc droit et l'autre sortant gauchement un bandage de sa trousse de secours, Sai haletait. Il avait trouvé refuge dans la cime d'un arbre marquant la frontière entre l'oasis et le désert et tentait de compresser au mieux la large entaille lui scindant le côté. Il observa la plaie et ne put que constater qu'elle n'était pas belle à voir. Pas du genre à en faire un dessin et à être considérée comme un trophée. Il s'en fit la réflexion avec une profonde indifférence avant de s'atteler à bander correctement le tout. Sakura aurait fait des miracles, si seulement elle avait été là… Il soupira face à cette pensée envahissante. Dérangeante. Il ne devait pas penser à elle. Pas maintenant alors qu'ils devaient sauver leurs peaux.
Ils avaient été attaqués dès qu'ils avaient mis le nez hors de l'entrée, l'ennemi patientait sur le lac et semblait très bien informé. Sasuke avait pesté en grommelant quelque chose comme « Connerie de genjutsu qui les a avertis » et Naruto avait bondi, trop heureux de pouvoir se battre.
Mais l'ennemi était venu en quantité –à défaut d'en qualité, mais il était tout de même blessé donc ce serait malvenu de dire cela- et rapidement les combats avaient été rudes, ils étaient assaillit de toute part. L'Uchiha avait dû sortir l'artillerie lourde pour ne pas se faire submerger puisqu'il était rapidement apparu qu'il était principalement la cible et qu'on cherchait à le blesser et non à le tuer, contrairement à Naruto et Sai qui clairement n'était que des gênes aux yeux ennemis.
Un des adversaires, plus doué que les autres, avait tenté de leurs subtiliser des informations concernant le laboratoire. Il n'était visiblement pas mêlé à ce qu'il y avait là-dessous et semblait peu au courant, sans doute étaient-ils envoyés pour en apprendre d'avantage également.
L'issue du combat avait été rapidement estimée favorable, Naruto se battait avec la hargne caractéristique de Kurama, Sasuke avait soif de sang et Sai se contentait d'aider ici et là à tuer ceux tentant de s'enfuir –toujours plus nombreux face aux assauts impressionnants des deux autres. Il traquait donc un des déserteurs quand subitement, venue de nulle part, une attaque d'élément air l'avait surpris et coupé au flanc.
Il avait immédiatement répliqué et l'homme s'était effondré, transpercé de toutes parts par ses traits d'encre, mais le mal était fait et la suite des réjouissances avait été ardue dans son état. De plus, ils n'étaient pas certains d'avoir éliminés tous les ennemis et ils devraient être prudents. Quitter la zone le plus rapidement possible était leur meilleure chance de préserver les informations obtenues là dessous.
C'était donc la dernière pause avant de longues heures de traversée ensablée. Ils devaient se soigner sommairement et reprendre un rien de force, restaurer leurs réserves de chakra puis courir, encore et encore. En direction de Konoha.
Ils n'en avaient pas discutés réellement, mais Sasuke ferait son grand retour.
Naruto était transporté de joie à cette idée et n'arrêtait pas de babiller à propos de toutes les choses géniales qu'ils feraient pour célébrer la réinsertion de son camarade. L'Uchiha se contentait de grogner de temps à autre, les yeux fermés et légèrement somnolant. Il avait perdu pas mal de sang en utilisant son Sharingan et semblait en proie à un vif épuisement. Fait totalement surréaliste pour le porteur du Kyûbi qui continuait de sauter de branches en branches autour de ses coéquipiers et de bavarder, illustrant grossièrement la déculottée infligée aux ennemis et exprimant, entre autre, son impatience de rentrer voir Hinata, sa petite épouse chérie, au village où elle l'attendait sûrement pour aller manger des nouilles en amoureux.
Des nouilles. En amoureux.
Il n'y avait que l'Uzumaki pour trouver une quelconque once de romantisme là-dedans. À se demander comment il s'y était pris pour séduire une fille douce telle que l'héritière Hyûga.
Mais le peintre n'avait pas le courage de le charrier à ce propos et préféra imiter l'autre imbuvable, fermant momentanément les yeux et somnolant rapidement, allongé sur sa branche et apaisé par les rayons du soleil d'une fin d'après-midi brûlante. Bientôt, il faudrait se remettre en route. Et sa fierté ne lui permettrait pas de décéléré alors que l'Uchiha le tancerait probablement au moindre signe de faiblesse.
Shiho effectuait le tour de la bibliothèque, chassant les dernières personnes présentes et qui trainait la patte. Oui, l'heure de fermeture était avancée, bon sang, elle avait une vie également et des impératifs. Pourquoi diable les gens ne le comprenait-il pas ? Ce n'était pas elle qui choisissait, à la fin !
Elle surprit le regard exaspéré d'une jeune civile alors qu'elle se postait face à celle-ci, patientant sous son nez pour qu'elle daigne enfin sortir ce dernier de son roman d'amour et prendre le chemin de la sortie.
En réalité, tenir la bibliothèque était un rôle qu'elle endossait avec plaisir depuis sa tendre adolescence. Elle-même y demeurant des heures et se permettant même de temps à autre quelques petits écarts concernant les heures d'accès. Elle travaillait dans l'unité de cryptographie de Konoha et il lui arrivait régulièrement de surgir en pleine nuit, à la recherche de tel ou tel ouvrage pouvant aider à résoudre un cas en cours. Sans compter, pour son usage personnel, les centaines d'heure passée à écumer les différents rayonnages. Elle pouvait donc comprendre les personnes pestant contre la fermeture imminente et n'ayant pas d'autre choix que d'abandonner leur lecture. En temps normal, elle compatirait même.
Mais ce soir, elle ne pouvait pas rester. Même cinq minutes de plus. Ils avaient reçu un document codé contenant les résultats d'analyse et d'interrogatoire de quatre shinobis issus de Kirigature. La missive expliquait brièvement qu'ils avaient été capturés par Yamato puis avaient été livré au village caché de la cascade lors d'une mission de l'équipe 7. Tout un programme. Et il était apparemment primordial qu'elle s'y attèle avec le reste de son équipe, ordre direct du Rokudaime. Et ce dernier ne faisait pas grand cas de son emploi de bibliothécaire. Il la voulait au boulot et il la voulait au boulot maintenant. Son chien-ninja l'avait clairement souligné.
Elle soupira de satisfaction en terminant sa ronde, l'immense salle était désormais vide.
Au boulot !
Quand elle arriva dans son bureau, son équipe était déjà là, penchée sur un parchemin noircit d'écritures.
« - Bonjour vous deux ! » Salua-t-elle ses collègues, Yûri et Shûko. Toutes deux relevèrent la tête et soufflèrent un bonjour à peine audible avant de laisser place nette à Shiho pour qu'elle puisse se faire une impression.
Le cryptage utilisé était simpliste et elle jeta un regard sceptique aux deux femmes, se demandant pourquoi elles n'avaient pas déjà entamé une traduction.
« - Nous t'attendions pour avoir ton avis. Cela me semble trop simple que pour être réellement la bonne interprétation. » Confia Yûri en mâchouillant une mèche de ses cheveux Aubrun, lisant simultanément une des lignes du parchemin.
« - Au contraire, cela me semble très clair qu'il s'agit d'un code simple. C'est simplement un compte-rendu d'interrogatoire, je ne vois pas d'intérêt à complexifier outre-mesure. » Affirma Shiho en attrapant une feuille vierge et une plume, commençant la traduction mentalement. On ne pouvait compter que sur soi-même, bon sang !
Elle travailla de tête, ainsi, un quart d'heure avant de transcrire correctement le tout. Satisfaite elle relut la missive et tressaillit en prenant conscience de ce que celle-ci impliquait.
Orochimaru signait son grand retour. Le serpent se constituait une armée et souhaitait bâtir un empire. Comme tout ceci était original, tiens donc. De plus, il expérimentait des techniques de résurrection et possédait des ninjas extrêmement puissants. Si par malheur, ils revenaient à la vie… Un frisson traversa l'épiderme de la bibliothécaire au souvenir de la guerre précédente.
Quand les morts pourront-ils reposer en paix ? Était-ce trop demander que de ne pas systématiquement ressuscité les mêmes ninjas légendaires et causer toujours plus de peine à leurs proches encore en vie ? La nouvelle l'horrifiait. Et au vu des expressions totalement fermées de Shûko et Yûri, elles n'en menaient pas large non plus. La guerre encore. Alors que le peuple portait toujours les stigmates de la précédente.
L'horreur ne s'arrêtait-elle donc jamais ?
Elle devait porter ceci à Kakashi-sama, et le plus tôt serait le mieux. Peut-être même croiserait-elle Shikamaru Nara, d'ailleurs…
Jour de repos rimait avec achat à gogo.
Tout du moins, c'était ce qu'Ino Yamanaka pensait, une multitude de sacs remplit de vêtements à la main et ses lunettes de soleil sur son nez aquilin. Elle profitait des derniers rayons de soleil, tannant sa peau légèrement hâlée due à sa récente mission où elle avait doré à loisir tout en supervisant une caravane de marchands se rendant dans les terres. Pas de garde à l'hôpital avant deux jours et son prochain entrainement d'équipe aurait lieu le lendemain. Elle avait donc eu quartier libre toute la journée et s'était adonnée avec plaisir au bonheur des achats compulsifs et tout à fait dispensable.
Gratifiant sa garde-robe de trois nouvelles petites robes tout à fait stupéfiantes et d'autant de tops courts qu'il n'y avait de jours dans la semaine. Parfaitement inutile, au vu de sa penderie déjà surchargée, mais carrément indispensable au vu de son humeur quelque peu maussade.
Elle souffrait de la solitude. C'était une grande première en la matière. Sa meilleure amie était toujours occupée entre l'Uchiha et son cas inexplicable et ses différentes fonctions à l'hôpital, ses coéquipiers roucoulaient tout leur soûl auprès, respectivement, d'une tornade rousse issue de Kumo et d'une tornade blonde issue de Suna - Il était malaisé d'estimer laquelle des deux était la plus survoltée- et ses autres amis étaient répartis sur diverses missions.
Même Kiba, après l'avoir inondée de fleurs et diverses attentions, semblait porté disparu depuis presque deux semaines. Personne, donc, pour lui tenir compagnie et rien à faire sinon se reposer. Or elle détestait être inactive. Ou, tout du moins, être inactive seule.
Elle s'obligea à adopter un autre point de vue, où justement les choses étaient très bien comme elles étaient puisqu'elle avait pu s'accorder du temps pour elle et trouver des merveilles dans les boutiques pratiquement désertes en cette fin de mois. Et un léger sourire vint fleurir naturellement sur ses lèvres rosées, déridant son joli visage. Elle s'élança dans la rue marchande, plus légère, et décida de rentrer chez elle admirer ses trouvailles et se faire une beauté pour manger dehors ce soir. Elle passerait voir si Sakura n'était pas libre et la trainerait certainement de force dans son sillage. Oui, voilà, elle irait manger avec Sakura. Plutôt le restaurant de poissons ou le nouveau traiteur issu de Suna au coin de la rue ?
Elle en était là de son questionnement quand elle aperçut sa dite meilleure amie attablée dans un salon de thé en charmante compagnie.
Et par charmante compagnie, comprenez grand, musclé, brun, les traits frôlant la perfection et un grain de peau si pâle qu'il ne demandait qu'à être caressé. Itachi Uchiha, en personne.
La petite garce, accepter un rendez-vous avec pareil apollon sans même en aviser sa meilleure amie ! Ino releva ses lunettes de soleil sur son front et s'approcha de la devanture, s'assurant de la sorte de ne pas avoir la berlue et qu'il s'agissait réellement de l'Haruno. Effectivement, c'était elle. Que faire, maintenant ? Surgir tel un diable de sa boite et ainsi mettre la jeune femme terriblement mal à l'aise ou laisser couler et attendre –impatiemment- qu'elle lui en parle d'elle-même ? La seconde option pouvait prendre du temps, cependant. Et son appétit de ragots et informations de premier cru était sans limite.
Sans plus de réflexion, Ino poussa la porte d'entrée et s'avança dans le petit salon de thé. Zigzaguant péniblement entre les tables, ses sacs accrochant des chaises à intervalle régulier, Sakura eut tout le temps de la voir approcher et de se décomposer graduellement à chacun de ses pas dans sa direction. Bien, elle semblait se rendre compte de son erreur. Toute amie qui se respecte informe sa meilleure amie quand elle fréquente un garçon sérieusement et d'autant plus quand il s'agit d'une biche du niveau de l'Uchiha.
« - Coucou, grand front ! » La salua Ino d'une voix innocente
« - Ino… » Soupira la rose en lui lançant une œillade peu amène ayant pour but qu'elle la laisse tranquille. Mais n'intimide pas la Yamanaka qui veut et, présentement, la blonde n'avait que faire des signaux d'alertes lancés par son amie.
« - Alors, que faites-vous de bon ? Premier rendez-vous ? » Demanda-t-elle dans un sourire candide et totalement faux. « C'est un peu cliché, non, cet endroit suintant le romantisme à deux balles ? »
« - Ino. » L'averti à nouveau Sakura.
« - D'ailleurs, n'est-ce pas toi qui t'étais moquée d'un de tes prétendants qui souhaitait t'emmener ici ? » Sembla réfléchir la jeune fleuriste en se passant la main dans sa cascade de cheveux blonds. « Comment s'appelait-il, déjà ? Tu sais, le grand blond… Rin ? Rei ? »
« - Ren, Ino. Et tu le sais pertinemment puisque tu as couché avec la semaine qui a suivit. » Grinça l'Haruno dans un regard mauvais.
« - Ren ! C'est cela ! » Battit des mains la blonde, victorieuse, en ignorant totalement la pique. « Tu vois, Itachi-kun, tu es un privilégié… » Elle lui fit un petit sourire avant de prendre une chaise et de s'installer à leur table « Alors… Vous deux… ? »
« - Arrête ça, Yamanaka. » Souffla Sakura, menaçante, yeux plissés et poings serrés.
« - Je suis en droit de savoir si c'est du sérieux, tu es ma meilleure amie… » Plaida la fleuriste dans une moue boudeuse. « Donc, vous êtes ensemble ? » Reprit-elle dans un large sourire qui fit grincer des dents Sakura.
« - Oui. » Répondit Itachi, désinvolte, prenant de court les deux jeunes femmes qui se fusillaient du regard. Il se prit de plein fouet l'aura meurtrière de la rose et le regard inquisiteur de la blonde et prit le parti de se cacher derrière sa tasse de thé, portant celle-ci à ses lèvres et buvant avec une infinie lenteur.
« - Ohooooh ! » S'écria la commère en positionnant ses mains de part et d'autre de son visage dans une expression se voulant sans doute outrageusement surprise mais peu convaincante. « Et excusez-moi si je suis indiscrète mais depuis combien de temps ça dure, vous deux ? C'est du solide ? » Ses prunelles azures s'étant plissées instinctivement, comme le ferait un prédateur ferrant sa proie. Mais elle semblait oublier qu'elle n'était pas au sommet de la chaine alimentaire et que face à elle, il y avait homme bien plus haut placé dans celle-ci. Ce dernier l'étudiait silencieusement et l'aura se dégageant lors de cette brève inspection suffit à mettre mal à l'aise la blonde. Il posa délicatement le petite tasse de thé et analysa la blonde avec le plus grand sérieux, mettant celle-ci quelque peu mal à l'aise sous le poids de son regard. Elle déglutit et fit mine de ne rien remarquer, insistant auprès de la rose pour qu'elle lui livre les détails de cette petite amourette naissante mais le teint blême et le regard fuyant de son amie ne lui apportait aucuns indices. Visiblement l'Haruno aurait souhaité être partout plutôt que prise en tenaille entre sa meilleure amie et son « petit ami ».
« - Yamanaka ? » L'interpella soudainement l'Uchiha, le menton posé dans le creux de sa paume et l'air passablement ennuyé. La blonde se tut instantanément et se devisa le cou dans sa direction. « Tu te rends compte de ton extrême grossièreté ? »
« - Oh. » Elle battit des cils « Excuse-moi Itachi-kun, ce n'était pas mon intention mais j'ai été passablement surprise, après l'ambiance chez Sakura l'autre jour, de vous trouver ainsi en plein rendez-vous galant. Je pensais que vous ne pouviez pas vous sentir… » Son regard transperça la jeune femme aux cheveux roses qui devint instantanément rouge comme une tomate bien mûre. « Mais visiblement cela a changé ! Bon amusement ! » Claironna Ino en rassemblant ses paquets et quittant les lieux sans plus rien ajouter.
Sakura saurait à quoi s'en tenir la prochaine fois, ainsi. Personne n'ignorait impunément Ino Yamanaka. Pas même sa meilleure amie. Elle avait ciblé l'Uchiha dès son retour et celui-ci s'était montré peu réceptif à ses avances, mais quand bien même ! Qu'importe ! Elle l'aurait. Foi de Yamanaka !
Le silence s'étira dans le petit salon de thé. Sakura fixait ses mains, les joues toujours chaudes et les doigts tremblants. Elle n'aimait pas cette mascarade, ne se sentait pas à l'aise dans son rôle d'amoureuse éperdue et se posait de plus en plus souvent la question du bien fondé de tout ceci. Ils en étaient à leur second rendez-vous de la semaine et c'était loin d'être des réussites.
Le premier avait eu lieu près du lac, l'endroit était plus discret qu'en pleine ville et ils s'étaient accordés sur le fait que démarrer doucement ne serait pas de refus. Mais ils n'avaient croisés absolument personne.
Plutôt problématique quand le but de « sortir ensemble » est de faire croire au village qu'ils se fréquentent.
Elle reporta, lentement, son attention sur l'homme face à elle et le trouva plongé dans ses pensées, penché sur sa tasse vide. Elle scruta son visage fin et le trouva amincit. Ses joues étaient légèrement creuses et mangées par de grandes cernes violacées. Même son teint, pourtant habituellement déjà diaphane, semblait blafard.
« - Tu dors mal ? » S'enquit-elle pour la forme, il était évident que c'était le cas.
Il releva des yeux fatigués sur la jeune femme et l'observa à travers une mèche de cheveu jais.
« - Hn. » Approuva-t-il en langage Uchiha.
« - Les corbeaux ? » Demanda Sakura sur un ton professionnel. À l'instant elle venait inconsciemment de repasser médecin face à l'un de ses patients.
« - Chaque fois que je ferme les yeux. » Confirma l'homme, visiblement épuisé. Il passa une main sur ses yeux puis la laissa retomber mollement. Elle ne l'avait jamais vu aussi…
Aussi quoi, d'ailleurs ? Faible ne s'appliquait pas à Itachi Uchiha. Même assaillit de cauchemars, sans chakra et sans sharingans, il continuait à dégager cette puissance meurtrière indescriptible qui entourait les grands combattants. Il faisait partie de ces gens qui savent se faire craindre d'un regard, dont les mots sont superflus. Même aussi démuni il restait quelque chose de sauvage chez lui.
Inqualifiable.
Sakura fronça les sourcils et plissa le nez. Elle n'aimait pas se sentir démunie et c'était systématiquement le cas face à pareil cas d'école. Et puis, toute cette mission, c'était uniquement dû à cet homme. Sa foutue résurrection.
Non content d'être revenu des morts, sa carcasse présentait des mystères inexplicables et il était entouré de piafs de malheur attendant dieu sait quoi de lui. Fichu Uchiha.
« - Il te parle ? » Il hoche la tête « Tu leurs as déjà demandé ce qu'ils veulent ? »
Question stupide s'il en est. Il le lui fit comprendre d'un regard dédaigneux. L'homme n'est pas stupide, lui aussi doit se questionner et tenter de trouver des réponses.
« - Ils m'ont dit que je serais convoqué en temps voulu. »
« - En temps voulu… » Répéta la fleur, dubitative. Cela pouvait être à peu près n'importe quand. Il n'y avait, une fois de plus, rien d'exploitable dans pareille réponse. Les oiseaux se jouaient d'eux, tentant de les rendre marteaux. Il n'y avait pas d'autres options. Il se fichait d'eux !
« - C'est ce que j'ai dit. » Lui confirma Itachi froidement et un rien moqueur. Il poussa même le vice à hocher la tête d'un air entendu en voyant l'air sombre de son vis-à-vis. Elle le scruta de ses grands yeux verts et il se demanda si elle allait lui sauter à la gorge.
Imprévisible et un peu frappée, à l'image de son maître. Quel idée avait eue l'Hokage de le mettre en binôme avec une kunoichi voulant sa mort un jour sur deux ? Il ne se faisait pas d'illusion, Sakura Haruno ne l'appréciait pas. Elle le jaugeait sans cesse, s'agaçait facilement de ses réponses et ne trouvait son compte que lorsqu'il rentrait dans son jeu de provocation. Curieux personnage.
Mais intéressant. Elle était rafraichissante. Quelque chose chez elle, peut-être sa façon de sur-réagir, rendait leurs entrevues agréables. Était-ce sadique de sa part d'aimer la faire sortir de ses gonds ? Il retint le petit sourire qu'il sentait poindre et se refocalisa sur l'instant présent.
Aujourd'hui, il était trop las que pour parvenir à ses fins et il décida, à contre cœur, d'abréger cette conversation. Une joute verbale avec l'Haruno requerrait trop d'énergie, il devrait se contenter de la voir se casser la tête sur l'énigme qu'il était.
Il se leva et Sakura leva des yeux étonnés dans sa direction. Elle n'avait même pas fini sa tasse de thé.
« - On en a fini pour aujourd'hui. » Annonça-t-il et, coupant court à toute protestation, il s'en alla. Il lui laissa le soin de régler leurs consommations, luttant contre son côté gentleman qui lui soufflait que cela ne se faisait pas.
Mais voilà, là, il était sûr qu'elle allait le lui faire payer la prochaine fois. Il résista à l'envie de se retourner pour voir la tête qu'elle faisait mais se la représenta aisément fulminante et les prunelles étincelantes hurler son nom et le maudire sur seize générations.
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À l'accueil de l'hôpital, il faisait curieusement calme aujourd'hui. Les urgences du jour avaient été bénignes et il y avait peu de consultations, plusieurs médecins étant absents.
Karin rangeant la paperasse qu'elle s'était attelée à compléter, faute de travail plus plaisant, et entreprit de trier les épaisses fardes décorant l'étagère derrière son comptoir. La plupart auraient dû être transférées aux archives depuis belle lurette. Elle décidé donc de s'en charger et d'organiser un minimum son espace de travail, cela aurait le mérite de lui occuper et le temps et l'esprit.
Elle avait repris son poste la veille après quelques quinze jours d'absence. Tsunade semblait mi courroucée mi soulagée de sa réapparition et la rousse prétendit avoir été victime d'une vilaine chute et être restée clouée au lit. Elle ne se faisait pas d'illusions, la blonde n'en avait pas cru un mot.
La mine sceptique et le regard semblant lire à travers elle, la princesse limace n'avait pourtant pas demandé plus d'explications, lui signalant simplement que c'était la première et dernière fois qu'elle tolèrerait une absence injustifiée avant de l'enjoindre à reprendre le travail. Et c'est ce que l'ancienne déserteuse avait fait, retrouvant avec plaisir ses petites habitudes.
Elle n'avait réalisé que son boulot à l'hôpital lui avait manqué que lorsqu'elle s'était installée sur son siège, derrière l'imposant comptoir d'accueil. Et les réflexes routiniers s'étaient remis en marche.
Elle soupira en tirant une énième farde estampillée « consultations » et datant d'au moins dix ans, l'ajoutant à la pile déjà conséquente des papiers à déplacer, quand un raclement de gorge la fit relever la tête. Elle n'avait entendu aucuns bruits lui indiquant une présence et ses sens de kunoichi sensitives n'avaient rien détecté non plus.
Elle plissa ses yeux carmin en réalisant qui lui faisait face, comprenant instantanément la raison pour laquelle l'individu n'avait pas été repéré.
Tokuma Hyûga lui faisait face, tout sourire et nonchalamment appuyé sur le comptoir. Ses coudes reposant sur le bois et ses mains liées maintenant son menton, elle se demande depuis combien de temps il l'observait. Une sueur froide couru le long de son échine et elle s'imposa le calme.
« - En quoi puis-je vous être utile ? » Demanda –t-elle d'une voix qu'elle espérait professionnelle et en espérant qu'elle paraisse ferme et ne tremble pas.
« - Karin-chan, pas de ça entre nous… » Ronronna l'homme face à elle, son sourire macabre toujours visé sur ses lèvres pâles.
Elle lutta contre l'envie de s'enfuir. Et contre celle de se rouler en boule sous son bureau. L'ancienne Taka prit sur elle et fit face, avec ce qu'il lui restait de courage, elle demanda calmement « Que puis-je faire pour vous » à nouveau. Et le sourire de l'autre s'élargit d'avantage.
« - Je venais voir où notre petite affaire en était. » Susurra Tokuma avant de se lécher tranquillement la commissure des lèvres.
Elle déglutit douloureusement, sa gorge étant trop serrée. Elle observa ses mains et constata, sans surprise, qu'elle tremblait légèrement. Comment avait-elle pu trouver un jour ce ninja séduisant ? Elle avait été verte de jalousie en le voyant tourner autour de l'insupportable kunoichi rose bonbon, si elle avait su… Plus loin elle était de ce taré, mieux c'était !
Quel genre de type acceptait de pactiser avec Oroshimaru en connaissance de cause ?
Bon, il était vrai qu'elle-même avait longtemps été dans le faux à ce propos. Sans parler de Sasuke-kun, l'autre imbécile aqueux et la marque maudite ambulante. Et bien d'autres. Mais tous n'avaient été que des pions, aveuglés par le pouvoir et l'illusion d'appartenir à quelque chose. Lui, ce Tokuma, c'était un Hyûga ! Il était membre d'une des familles les plus puissantes que compte le monde ninja, il avait tout. Un village adulant son clan, un poste dans la brigade d'infiltrations, une famille, un certain succès auprès de la gent féminine…
Qu'espérait-il obtenir de plus qui justifie un pacte avec le démon serpent ?
Elle eut brièvement un flash de la nuit de son agression, dans la petite ruelle sombre aux pavés saillants qu'elle avait abreuvé de son sang, et revit l'éclat fou dans les pupilles blanches et entendit à nouveau la voix sifflante tant haie sortir de la bouche du Hyûga.
Par quel sombre procédé Oroshimaru communiquait-il par le biais de cet homme ? Combien d'autres marionnettes humaines se promenaient dans Konoha à l'insu de tous ?
Mais surtout, pourquoi n'avait-elle rien dit ? Kiba l'avait suppliée de parler. Si pas à lui, à l'Hokage ou à Tsunade-sama. Il avait senti qu'elle cachait quelque chose d'important et elle le lui avait confirmé à demi-mot. Sans rien confier de cette nouvelle folie qui se profilait et de la peur panique qu'elle ressentait.
Certes, ce satané serpent l'avait menacée. Mais qu'en avait-elle à faire ? Pourquoi était-elle si stupidement inerte face à lui ?
Il prétendait être son créateur, qu'elle n'était que sa chose, une infamie issue de ses expériences et qui lui doit tout. Obéissance surtout.
Pas cette fois. Pas encore. Elle avait enfin construit un semblant de vie, trouvé un mince équilibre et commençait même à établir des liens sociaux normaux. Plus de dégénérés habités par des vengeances sordides, plus de gamins aimant le sang plus que de raison, plus de filles acceptant n'importe quel sacrifice contre un semblant de pouvoir. Plus de laboratoire, plus d'errance, plus de fuite en avant.
Elle se sentait enfin chez elle, ici, à Konoha. Contre toute attente. Et il n'était pas question qu'une fois encore elle perde tout.
Et Kiba... Elle chassa l'image du ninja aux allures de canidés de son cerveau. Elle l'évitait depuis quelques jours et n'avait aucune envie d'y penser maintenant.
Et puis, ce n'était pas le sujet. Le sujet étant quoi d'ailleurs? Son choix cornélien et déprimant?
Mais que faire ? Livrer l'Uchiha à Oroshimaru et espérer qu'il l'oublie par la suite ? Ou s'attirer ses foudres en déballant tout au Rokudaime ? Ce dernier la croirait-il, d'ailleurs ? Il était fort probable qu'il s'attende à un piège de sa part. Sans doute n'accorderait-il qu'un crédit limité à ses propos.
Une gifle assourdissante la reconnecta avec la réalité. Choquée, elle écarquilla les yeux et croisa le regard froid de Tokuma, main en l'air et sourire toujours éclatant.
« - Je te parle, tu me réponds. Tu as compris, petite conne ? »
Aux oubliettes le ton suave et les manières charismatiques. Tokuma se dévoilait sous son vrai jour et ce n'était pas pour la rassurer.
« - Est-ce que je peux savoir ce que cela signifie ? » Intervint une voix féminine depuis la porte de la salle du personnel.
Tokuma lui jeta un regard de mise en garde puis opéra un demi-tour gracieux et se composa un visage contrit. Karin, elle, n'eut tout simplement pas la présence d'esprit de jouer la comédie. Elle était à la fois terrorisée et immensément soulagée.
« - Karin ? Tu vas bien ? » S'inquiéta la voix de Shizune et la rousse s'empressa de la rassurer d'un mouvement de tête. « Hyûga-san, puis-je savoir ce que vous faites ? » Grinça-t-elle alors.
« - Je rendais une simple visite de courtoisie à une amie chère à mon cœur. » Enjôla l'homme en souriant tendrement à Karin. Celle-ci en aurait vomi.
« - Et vous frappez souvent les amies ''chères à votre cœur '' ? » Cingla la brune d'une voix sans appel.
Elle avait assisté à la scène. Le cœur de l'ancienne déserteuse eut un raté. Elle ne maitrisait absolument plus rien de la situation. Note qu'elle ne maitrisait pas grand-chose précédemment non plus mais cela avait le mérite de se jouer entre Tokuma et elle. Là, elle ne savait plus comment agir.
Le couvrir ou le dénoncer ? Le choix qu'elle aurait dû faire depuis des semaines, et qu'elle repoussait sans cesse, s'imposait. L'un ou l'autre. Trahison ou mort. Elle se racla la gorge nerveusement et Tokuma lui laissa une œillade contrariée signifiant clairement qu'elle n'avait pas intérêt à dire quoi que ce soit de compromettant. Son visage changea du tout au tout quand il répondit au bras droit de Tsunade, se faisant peiné et quelque peu inquiet.
« - Veuillez m'excuser si mon geste vous a paru déplacé. Mais je me devais d'éclaircir les idées de mon amie Karin qui envisageait de nous quitter prochainement. »
Shizune sonda la réceptionniste, les sourcils froncés et vraisemblablement pas dupe. Elle finit par sourire au Hyûga et entamer un mouvement de repli
« - Je vois, cela ne me regarde en rien dans ce cas. » Elle s'apprêtait à quitter la pièce et Karin avait la bouche sèche. Pourvu qu'elle ne la laisse pas seule avec ce sociopathe. « Ah, j'oubliais. » S'arrêta la brune alors qu'elle allait disparaitre « Karin, Tsunade-sama te demande immédiatement dans la salle des autopsies. » Et la porte se referma.
Tokuma fixait toujours l'endroit d'où était apparue la femme et l'entièreté de son corps semblait sous tension. Il s'en détourna doucement pour reprendre sa pause nonchalante sur le comptoir, plus de sourire mais une impitoyable dureté dans les yeux.
« - Fais ce que tu as à faire. Ne m'oblige pas à revenir. » Cracha-t-il avant de s'en aller rapidement.
La rousse soupira longuement dès qu'il fut hors de vue et entreprit de calmer les tressaillements de ses membres. Elle se leva mollement et resta immobile quelques minutes, le temps de consolider ses jambes et d'être sûre de ne pas s'effondrer au premier pas, et ensuite elle entama lentement sa marche vers l'échafaud. Cette convocation était une aubaine et une pénitence.
Elle ne savait toujours pas quoi faire et cette visite n'avait en rien simplifié le combat qui faisait rage dans sa tête. Elle expira un grand coup et toqua à la porte de la morgue.
Ce fut Shizune qui vint lui ouvrir, une lueur inquiète dans ses yeux noisette, l'invitant à entrer d'un geste de la main.
Karin constata instantanément qu'elles étaient seules. Elle tourna vivement la tête vers la jeune médecin mais celle-ci lui tournait le dos, continuant à ranger du matériel dans des grosses caisses brunes.
« - Il est parti sans faire d'histoire ? » S'enquit finalement Shizune en se tournant vers la rousse, s'asseyant par la même occasion sur le charriot pour lui faire face. Karin se contenta d'opiner mollement « Bien. Et si tu me racontais ce qu'il se passe ? »
La kunoichi ouvrit la bouche, sciée. Était-ce si visible que quelque chose n'allait pas ? Ses efforts pour paraitre naturelle n'avaient apparemment pas eu l'effet escompté.
« - Co-Comment cela ? » Tenta-t-elle tout de même, peu convaincante.
« - Jouons cartes sur table, veux-tu ? Tu disparais sans raison pendant deux semaines, prétends t'être blessée et être alitée chez toi. Hors tu t'imagines bien que nous étions inquiètes et que Tsunade-sama a fait vérifier ton domicile. Nous trouvons du sang t'appartenant dans une ruelle mais aucunes traces de toi et tu réapparais soudainement, inventant cette excuse qui ne tient pas la route. Et aujourd'hui, Tokuma te frappe et te menace dans le hall de l'hôpital. » Résuma grossièrement la brune avant de s'épousseter l'épaule pensivement « Donc, où étais-tu passée et que se passe-t-il ? »
Nous étions inquiètes. Cette petite phrase stupéfia Karin plus que la clairvoyance de la brune. Elles s'étaient inquiétées pour elle, l'ancienne déserteuse et création du serpent, comme elles l'auraient fait pour une des leurs. Et elle, en retour, hésitait à les trahir.
Elle eut honte d'elle-même et de sa faiblesse. Honte d'hésiter encore. Honte sous le regard compatissant et si doux de la brune.
« - Tokuma Hyûga est à la solde d'Oroshimaru. » Avoua-t-elle d'une traite sans articuler. Si elle ne se dépêchait pas de tout avouer, elle hésiterait à nouveau et finirait par céder à l'homme. « Il me menace pour que je lui livre Itachi Uchiha. »
Elle l'avait fait. Immensément soulagée, Karin observa le visage de la medic-nin se teinté de surprise. De toute évidence, elle ne s'attendait pas à pareille confession.
« - Karin… » Souffla doucement la femme « Es-tu sûre de ce que tu avances ? »
Vexée la rousse plissa les yeux et jaugea sa supérieure hiérarchique. Elle brûlait de rétorquer que non, elle ne savait absolument rien, qu'elle inventait au fur et à mesure et Tokuma lui avait en réalité caressé la joue tout à l'heure. Mais elle contrôla ses remarques acerbes et se contenta de rouler des yeux, exaspérée.
« - Je te crois » Assura la brune face à l'attitude de la réceptionniste « Mais c'est tellement… inattendu. »
Un silence s'ensuivit où l'on pouvait presque voir les rouages du cerveau de Shizune travailler. Finalement, elle posa un regard approbateur sur la jeune nunkenin et lui sourit.
« - Tu as fait la bonne chose à faire, je suis heureuse que tu nous aies rejoint, Karin. »
Avant de se lever et de quitter les lieux en toute hâte. Puis de rouvrir la porte et de passer la tête dans l'interstice, interrogatrice.
« - Tu viens ? »
Elle sourit et s'empressa de passer le seuil aux côtés de la pétillante medic-nin.
Oui, réellement, Karin aimait Konoha.
Voilà, voilà! J'espère que vous avez apprécié le retour de Tokuma (Il s'était un peu fait oublié ces derniers temps!) et le rencart de nos deux protagonistes pas très... enthousiastes, dirons nous. Oh et quelques réponses, par ci par là! Héhé.
J'attends vos impressions !
Des bisous!
