Bonjour,

Voici le 11ème chapitre et Dean s'ouvre un peu plus à Castiel ... sans drogue cette fois.

Les choses avancent enfin dans le bon sens pour eux deux.

Merci de me lire et de m'écrire. Je lis toujours vos messages avec enthousiasme.

Bonne lecture

A lundi

Sydney8201

Musique du chapitre :

Far from home de Five Finger Death Punch

Chapitre 11 : Vulnérable

« Le bonheur est éphémère, il passe sans s'arrêter, il s'attarde parfois, l'espace d'une illusion, mais rares sont ceux qui savent le retenir, le garder. Il est si fragile, si vulnérable, il suffit de trois fois rien pour l'effrayer, le voir fuir à jamais »

Fleurette Levesque

Castiel n'avait pas trouvé de réponses durant la nuit. Il ne s'était pas réveillé avec les idées plus claires. Mais une évidence s'était imposée à lui au moment où il avait ouvert les yeux. Il ne pouvait décemment pas continuer ainsi. Il allait finir par perdre la tête.

Il était grand temps pour lui de prendre des décisions. De déterminer une ligne de conduite et de s'y tenir.

Il croisa Dean en coup de vent au petit déjeuner. Le jeune acteur semblait encore fatigué et il repartit rapidement se coucher pour récupérer. Castiel utilisa son temps libre pour faire un énième tour de la maison puis pour faire le tour d'Internet en quête de renseignements sur Gadriel.

Dean n'émergea une nouvelle fois qu'à l'heure du déjeuner. Sam avait annulé tous ces rendez vous de la journée. Il devait retourner voir le médecin un peu plus tard et il n'était définitivement pas en état de travailler.

Castiel fut soulagé de ne pas se retrouver seul avec son client. Il y avait constamment quelqu'un avec eux. Tout le monde semblait particulièrement inquiet. Et personne ne voulait lâcher Dean du regard.

Le garde du corps choisit donc de se faire le plus discret possible. Il n'était pas totalement sûr que son client avait très envie de lui parler. Ou même de le voir. Il ne savait pas ce dont Dean se souvenait et maintenant que la drogue avait quitté son système, il n'était pas sûr non plus qu'il n'ait pas choisi de revenir sur ses propos.

Le peu de temps qu'ils passèrent ensemble inquiéta Castiel. Dean ne lui adressa pas la parole. Il ne croisa à aucun moment son regard. Il semblait songeur. Un peu honteux aussi. Le garde du corps avait la très nette sensation que son client cherchait à mettre de la distance entre eux. Qu'il reprenait des forces avant de chercher un nouveau plan pour le mettre dehors.

Castiel avait parfaitement retenu ce que Gabriel lui avait dit. Et son ami avait raison sur un point. Si Dean tentait quoi que ce soit, le garde du corps partirait. Il le laisserait gagner. Mais il s'assurerait ensuite que quelqu'un prenait sa place. Quelqu'un de compétent. Il n'abandonnerait pas Dean. Il continuerait juste à le surveiller de plus loin.

Sam accompagna son frère à l'hôpital dans l'après midi. Castiel aurait pu venir avec eux. Mais il se sentait de trop. Et Dean continuait à l'ignorer. Il ne voulait surtout pas s'imposer.

Il resta donc à la maison et continua ses recherches sur Gadriel. Il n'avait toujours rien trouvé de significatif et il commençait à perdre patience. Il ne pouvait pas interroger à nouveau le garde. Il ne voulait pas éveiller ses soupçons. Et aucun de ses contacts n'avait quoi que ce soit pour le moment non plus.

Il n'avançait pas et cela le frustrait considérablement. Il savait qu'il devait laisser les gens travailler et ne surtout pas se décourager. Mais pour le moment, il était surtout énervé. Il tenta de faire une sieste mais ne réussit pas à s'endormir. Il discuta ensuite un moment avec Jo puis partit admirer les voitures sur lesquelles Bobby travaillait.

Quand Dean revint de l'hôpital, il retourna aussitôt se coucher. Sam se chargea donc d'expliquer à Castiel ce que le médecin leur avait dit. De toute évidence, son frère l'avait échappé belle. Comme Castiel l'avait pensé, la drogue utilisée était du GHB. « La drogue du viol ». Les intentions de ses agresseurs étaient donc bien d'abuser du jeune acteur. Il n'y aurait heureusement aucun effet secondaire. Et d'ici quelques jours, Dean aurait retrouvé la forme. En attendant, il n'avait pas le droit de retourner travailler. Il allait être cloitré chez lui et mettrait très certainement le tournage du film en retard. Ce n'était pas vraiment grave selon Sam. Dean était la star du film et ils ne pouvaient pas se passer de lui. Les producteurs avaient exigé que le réalisateur le choisisse. Il était indispensable. Et s'il avait besoin de quelques jours, personne ne le lui reprocherait.

Dean n'avait toutefois pas bien pris la nouvelle. Il avait protesté. Prétexté qu'il savait mieux que le médecin comment il se sentait. Sam n'avait toutefois pas lâché le morceau. Il avait menacé son frère de démissionner si toutefois il ne suivait pas les recommandations de son docteur. Dean était furieux mais il avait cédé. Face à son frère, il cédait toujours.

Castiel n'était pas sûr que cela jouerait en sa faveur. Il savait que si son client était énervé, il passerait ses nerfs sur lui. Et il ne serait sans doute pas apte à se montrer conciliant. Castiel allait devoir repousser la conversation qu'il voulait avoir avec lui.

Il n'avait pas vraiment envie de discuter avec lui. Mais il savait que c'était nécessaire. Il devait savoir si oui ou non son client était prêt à faire des efforts pour que les choses fonctionnent entre eux. Il devait avoir une réponse définitive pour prendre la décision qui s'imposait. Mais il ne le ferait pas tant que Dean était dans cet état. Ca ne pourrait rien donner de bon.

Il choisit donc d'éviter à nouveau le jeune acteur durant le reste de la journée. Il passa un peu de temps avec Sam à étudier l'agenda de son frère pour les prochaines semaines. Il l'observa passer les coups de fil nécessaires. Le jeune agent était intéressant à regarder travailler. Quand il endossait son rôle, il devenait quelqu'un de différent. Castiel pensait sincèrement qu'ils pourraient devenir amis si toutefois il était autorisé à tisser des liens avec l'entourage de son client. Il regrettait presque de ne pas pouvoir le faire.

Le dîner se fit sans Dean. Il boudait toujours dans sa chambre et refusait d'en sortir. Jo, Sam et Bobby ne réussirent pas à le convaincre de venir. Et Castiel ne tenta même pas sa chance. Il doutait d'obtenir mieux qu'eux.

Le garde du corps resta ensuite dans le salon et alluma la télévision. Il zappa entre les chaînes avant de s'arrêter sur un match de baseball. Il le regarda d'un œil distrait. La maison était calme à présent. Tout le monde vaquait à ses occupations et Dean était toujours enfermé dans sa chambre. Castiel aimait le silence qui régnait autour de lui. Cela changeait considérablement de l'agitation permanente de l'entourage du jeune acteur.

Quand le match fut terminé, Castiel éteignit la télévision. Il n'était pas vraiment tard mais il était encore fatigué et avait bien besoin d'une bonne nuit de sommeil. Il se força toutefois à faire un dernier tour de la maison pour s'assurer que toutes les fenêtres étaient fermées et que l'alarme était en route.

Quand il passa devant la porte du bureau de Dean, il fut surpris de trouver la porte entrouverte. Il y avait de la lumière à l'intérieur et pendant une seconde, Castiel fut tenté d'aller chercher son arme. Mais il y renonçait et poussa doucement la porte pour jeter un coup d'oeil à l'intérieur. Il fut soulagé quand il reconnut Dean. Le jeune acteur était assis sur le canapé dans un coin de la pièce. Il avait un verre dans la main et une couverture jetée sur ses épaules. Son visage était pâle et il avait les yeux fermés. Castiel était presque sûr qu'il ne serait pas content d'être ainsi observé. De toute évidence, il voulait être seul. Et il n'était pas en danger dans son bureau. Castiel avait tout intérêt à le laisser tranquille.

Il allait quitter la pièce quand Dean bougea, attirant son attention.

- Je sais que vous êtes là … pour un garde du corps, vous êtes drôlement bruyant, lança t-il depuis son canapé.

Il n'avait pas ouvert les yeux mais il n'en avait de toute évidence pas besoin pour savoir qui se trouvait dans la pièce avec lui. Castiel hésita alors à partir. Mais ça n'aurait pas été très poli de sa part. Il fit à la place un pas dans la pièce et ferma la porte derrière lui.

- Je vous croyais couché dans votre chambre, déclara t-il.

Dean rouvrit enfin les yeux et les posa sur le garde du corps. Il semblait toujours fatigué. Mais il ne paraissait pas en colère. Ce qui était définitivement une surprise.

- Je n'ai pas sommeil et … j'avais besoin d'un verre.

- Je ne suis pas sûr que ce soit une bonne idée … l'alcool, je veux dire.

Dean haussa les épaules avant de boire une longue gorgée. Castiel était prêt à parier qu'il s'agissait de whisky. Il ne savait pas si son client avait mangé et il était presque sûr qu'il n'aurait pas du ingérer ainsi un alcool fort avec un estomac vide.

- J'ai passé la journée à m'entendre dire ce que je devais faire ou non … je vous avoue que j'en ai un peu assez. Je voulais juste être un peu seul. Me détendre. Oublier.

Castiel hocha la tête, pensant que son client cherchait à lui dire qu'il devait sortir. Il n'insisterait pas. Il ne savait pas vraiment dans quel état d'esprit Dean se trouvait et il ne voulait pas risquer de l'énerver. Ils avaient progressé la veille mais tout pourrait être remis en question s'il disait quelque chose qui déplaisait au jeune acteur.

Il fit donc volte face et posa la main sur la poignée de la porte. Si Dean voulait être seul, il n'insisterait pas pour rester.

- Qu'est-ce que vous faites ? Demanda alors le jeune acteur.

Castiel fronça les sourcils en regardant son client par dessus son épaule.

- Je vous laisse seul, répondit il aussitôt. Ce n'est pas ce que vous voulez ?

Dean se passa la main sur le visage puis but une nouvelle gorgée de son whisky. Il y avait quelque chose de différent chez lui. Quelque chose qui n'était pas là avant les évènements de la veille. Castiel ne savait pas encore quoi. Mais il était curieux de le découvrir.

- Restez s'il vous plait … juste … quelques minutes ?

La demande était faite d'une toute petite voix. Dean ne semblait pas sûr d'obtenir une réponse positive. Il paraissait inquiet de se confronter à un refus. Castiel retira alors sa main de la poignée de la porte et rejoignit son client sur le canapé. Il prit place à côté de lui mais laissa une distance suffisante entre eux. Dean avait les jambes remontées contre lui, la couverture recouvrant son torse et ses cuisses. Il était pieds nus à nouveau.

- Vous savez pourquoi j'ai choisi de devenir acteur ?

Castiel fut surpris par la question. Surpris que Dean prenne l'initiative de déclencher une discussion entre eux. C'était la première fois qu'il le faisait aussi facilement. Il était réellement différent ce soir. Plus ouvert. Vulnérable également. Il ressemblait à un enfant, ainsi couvert et ramassé sur lui même. Il n'avait plus la carapace derrière laquelle il se cachait en permanence. Castiel sentit son cœur se serrer. Ce Dean était adorable.

- Pour l'argent ? Tenta t-il en souriant.

Il ne voulait pas que le moment soit trop sérieux. Il espérait que son client comprendrait qu'il s'agissait là d'une plaisanterie. Il fut soulagé de voir le jeune acteur sourire faiblement en secouant la tête.

- Non, je … je n'étais pas un très bon élève à l'école. A vrai dire, mes résultats étaient réellement catastrophiques. Rien ne m'intéressait vraiment et je … j'avais quelques problèmes de discipline. Mon dossier n'aurait jamais pu me permettre d'entrer à l'université. J'avais la sensation de n'avoir aucun avenir et … chaque jour Sam revenait de l'école avec des notes excellentes. J'étais un peu jaloux.

Castiel pouvait imaginer qu'il n'avait pas été facile pour lui de voir son petit frère réussir là où lui avait échoué. Mais il estimait également que les résultats scolaires n'étaient pas représentatifs de l'intelligence réelle d'une personne. Certains n'étaient tout simplement pas fait pour les études. Cela ne les empêchait pas de réussir dans la vie.

- Un de mes professeurs pensait que j'avais besoin de … de trouver une activité au sein de l'école pour avoir quelque chose de positif à inscrire dans mon dossier. J'ai essayé le sport mais mes coéquipiers étaient tous des imbéciles. J'ai fini par jeter l'éponge avant même mon premier match. Et … ensuite, j'ai trouvé le club de théâtre.

Castiel avait conscience que Dean ne devait pas se confier de la sorte très souvent. Le garde du corps était honoré d'entendre son histoire. Et il savait que ça n'aurait pas été possible quelques jours plus tôt. Dean semblait enfin prêt à s'ouvrir à lui. Il avait eu raison de rester. Il en était persuadé à présent.

- Ca a été une vraie révélation pour moi. Etre sur scène … jouer, c'était … c'était une échappatoire. Je pouvais devenir quelqu'un d'autre l'espace de quelques heures. J'oubliais mes problèmes et je menais une vie différente. Je suis très vite devenu accroc.

Le jeune acteur s'interrompit une seconde pour boire une gorgée de whisky avant d'enchaîner.

- Mon professeur pensait que j'avais du talent. Il m'a encouragé à continuer dans cette voie. Alors quand j'ai obtenu mon diplôme, je ne suis pas allé à la fac et j'ai … j'ai tenté ma chance au théâtre. Au début, je n'obtenais que de petits rôles et j'avais besoin d'argent. J'avais besoin de trouver un appartement et Sammy voulait faire des études. Je devais pouvoir le soutenir financièrement parlant.

Castiel savait déjà que Dean avait tout sacrifié pour s'assurer que son frère ne manquait de rien. Mais entendre son client le dire ainsi, comme si c'était une évidence, lui brisa le cœur. Il aurait aimé pouvoir lui dire quelque chose de réconfortant. Mais il ne trouvait pas les mots justes. Dean l'avait pris par surprise en se confiant ainsi.

- Un ancien ami de mon père m'a proposé de poser pour lui. Il était persuadé qu'avec mon physique, je pourrais avoir du succès. Au début, j'ai surtout fait des photos pour des vêtements … des parfums et puis … finalement, j'ai été engagé pour représenter une marque de sous vêtements. Ce n'était pas ce que je voulais faire mais ça payait bien. J'ai continué quelques temps. Et quand Sammy a trouvé un travail, j'ai tout laissé tomber. La suite, vous la connaissez. J'ai été pris pour jouer dans une série. Puis dans une autre et ainsi de suite.

Castiel pensait sincèrement que le jeune acteur aurait pu faire une carrière brillante dans le mannequinat. Il avait le physique pour faire tourner la tête de tous les photographes. Il aurait pu devenir célèbre dans cette voie là également. Il aurait voyagé dans le monde entier. Mais puisque ce n'était pas son rêve, il était content de voir qu'il avait eu le courage de tout laisser tomber.

- Si je suis devenu acteur, c'est parce que je voulais devenir quelqu'un d'autre. Je voulais … je voulais pouvoir incarner d'autres personnes avec d'autres vies et d'autres problèmes. Je voulais oublier qui j'étais … oublier ce qu'il y avait à l'intérieur de moi. Je n'ai jamais vraiment été très à l'aise dans mon corps et … dans ma tête. Etre acteur, c'est laisser derrière soit notre personnalité pour adopter celle de quelqu'un d'autre. C'est libérateur.

Castiel n'avait jamais vu les choses sous cet angle. Il avait toujours imaginé que les gens choisissaient de devenir célèbres uniquement pour être sous le feu des projecteurs. Pour être reconnus dans la rue. Pour devenir riche. Il n'avait jamais pensé qu'il pouvait y avoir d'autres raisons. Des raisons plus profondes. Il avait fait fausse route.

- Ce n'était donc pas pour l'argent, souffla t-il finalement parce qu'il ressentait le besoin de parler.

Dean secoua à nouveau la tête. Il ne souriait plus à présent. Il paraissait triste et nostalgique. Fragile. Castiel était presque sûr qu'un mot mal placé aurait pu le détruire complètement à cet instant précis. Il avait de la peine pour lui.

- C'est un plus … l'argent … je ne vais pas vous dire que je préfèrerais être pauvre. Je sais ce que c'est de manquer de tout … de ne pas avoir ce qu'on veut parce qu'on ne peut pas se le payer. Je sais que je ne suis pas à plaindre de ce point de vue là. Mais ça ne fait pas tout … avoir un compte en banque rempli ne rend pas nécessairement heureux.

Castiel le savait parfaitement. Il avait grandi dans une famille qui ne manquait de rien. Il n'estimait pourtant pas avoir eu une enfance heureuse. Il avait souvent été seul. Ses parents travaillaient trop pour s'occuper de lui. L'argent était un plus mais cela ne suffisait pas.

- Mais jouer un rôle … ça me rend heureux. C'est quand je suis dans la peau d'un autre que je me sens vraiment vivant. Le soucis c'est qu'à force de … à force d'incarner des gens différents, j'ai fini par … j'ai fini par oublier qui j'étais vraiment. Et les gens autour de moi … ceux qui ne m'ont pas connu avant, ils ne me voient pas comme je suis réellement. Ils voient l'acteur. Ils m'identifient à mes personnages et … parfois, je ne me souviens plus vraiment qui est Dean Winchester. Je connais parfaitement Dean l'acteur … mais Dean, l'homme … c'est un autre problème.

Castiel hocha doucement la tête. Il comprenait ce que son client cherchait à lui dire. Il pouvait deviner qu'il était sincère avec lui. Il ne cherchait pas à se faire plaindre. Il se montrait totalement honnête pour la première fois depuis leur rencontre.

- C'est pour ça que vous avez besoin de vos proches … votre frère, vos amis … ils vous connaissent, rappela t-il.

Dean réajusta la couverture sur ses épaules avant de vider son verre d'une traite.

- Je le sais bien … Sammy me connait mieux que personne et les autres sont … ils sont là pour me rappeler qui je suis. Ici … dans cette maison, je parviens parfois à être moi même mais … quand je suis dehors … je joue le jeu. Je laisse les autres penser ce qu'ils veulent penser sans les contredire. Je donne le change. Et je finis par m'oublier … parfois, j'ai la sensation que je … non … laissez tomber, vous allez trouver cela stupide.

Castiel fronça les sourcils, surpris que son client puisse imaginer qu'il allait se moquer de lui. Il ne vivait pas la même situation. Ne savait pas vraiment ce qu'il pouvait ressentir. Mais jamais il ne se permettrait de le juger. Il avait pensé, avant de le rencontrer, que Dean était quelqu'un de superficiel. Il s'était trompé sur toute la ligne. Le jeune acteur était quelqu'un d'intéressant, d'intelligent et de profond. Il était également touchant et adorable. Quand il ne se montrait pas odieux avec lui, c'était quelqu'un qui méritait d'être connu. Pour ce qu'il était vraiment et pas pour l'image qu'il donnait en public.

- Je ne vois pas en quoi ce que vous ressentez peut être considéré comme stupide Dean. Vous pouvez choisir de ne pas me le dire parce que vous n'en avez pas envie … ou parce qu'on ne se connait pas vraiment. Mais je peux vous garantir que je ne vais pas vous juger.

Dean mordilla sa lèvre inférieure une seconde en faisant tourner son verre entre ses mains. Il finit par se passer la langue sur les lèvres avant de relever la tête pour regarder Castiel dans les yeux. Et le garde du corps lut une telle tristesse dans son regard qu'il eut envie de le prendre dans ses bras à nouveau. Il resta toutefois immobile, convaincu que ce geste n'aurait pas été apprécié par son client.

- Ok, c'est … parfois, j'ai l'impression que je disparais. C'est difficile à expliquer mais … à force d'être quelqu'un d'autre en permanence, j'ai peur de m'effacer … de … de … oui de disparaître. Je suis terrifié à l'idée de devenir une coquille vide. Juste une image qu'on modèle pour en obtenir ce qu'on veut. Je ne veux pas disparaître Castiel. Je ne veux pas oublier qui je suis.

Castiel acquiesça puis tendit la main et saisit celle de Dean. Il ne savait pas bien s'il en avait le droit mais c'était plus fort que lui. Son client semblait aux bords des larmes et il ne pouvait pas supporter de le voir dans cet état sans agir. Il avait besoin de le réconforter. Il pouvait sentir que son expérience de la veille l'avait totalement chamboulé. Et l'avait poussé à s'interroger sur tout ce qu'il avait fait jusque là.

- Dean, je ne peux pas dire que je comprends complètement ce que vous vivez mais ce dont je suis sûr, c'est que vous avez la chance d'être entourés de gens qui vous aiment. De gens qui vous apprécient pour ce que vous êtes et pas pour l'image que vous donnez … votre argent ou votre célébrité. Vous devez leur faire confiance … vous devez vous reposer sur eux pour vous retrouver. Pour vous souvenir.

Le jeune acteur baissa alors les yeux pour observer leurs deux mains jointes. Il bougea doucement ses doigts entre ceux de Castiel mais ne chercha pas à mettre un terme à ce contact.

- Vous devez penser que je me plains beaucoup n'est ce pas ?

Castiel secoua la tête. Il n'estimait pas que son client cherchait uniquement à se faire plaindre. Ou à l'apitoyer pour obtenir quelque chose de lui. Il le savait sincère. Et d'une certaine manière, il comprenait ce qu'il ressentait. Il pouvait sentir sa peur et sa tristesse. Elles étaient presque palpables.

- Pas du tout non … je pense au contraire qu'il faut du courage pour mettre ainsi des mots sur ce qu'on ressent. Ouvrir son cœur n'est pas quelque chose de facile à faire. Parce que c'est l'exposer à des blessures ou des déceptions.

Dean ne dit rien pendant de longues secondes et Castiel sut qu'il avait besoin de retrouver un semblant de calme. Il lui laissa donc l'opportunité de le faire et utilisa ce temps pour l'observer attentivement. Ses joues avaient repris un peu de couleur mais ses yeux étaient sombres et voilés. Il avait les cheveux qui pointaient dans toutes les directions sur sa tête. Il ne ressemblait en rien à l'acteur qui posait dans les magazines ou qu'on pouvait voir au cinéma ou à la télévision. A cet instant précis, il était Dean Winchester, l'homme. Il était celui qui se cachait sous le masque. Et il était à couper le souffle.

- Je pensais que Benny … quand j'étais avec lui, je pensais que les choses allaient mieux. Je pensais pouvoir être moi même mais … je ne faisais que continuer à jouer un rôle en permanence. Je mentais à tout le monde et avant tout à moi même. Je comprends qu'il ait fini par se lasser. Je ne lui en veux pas.

Castiel pensait au contraire que Benny avait eu tort. Il aurait du s'accrocher. S'il avait réellement vu qui était Dean, il n'aurait jamais du le quitter. A sa place, Castiel se serait battu. Il aurait pris son mal en patience. Il se serait accroché. Mais il était dangereux pour lui de s'imaginer à la place de l'ex de son client. Il chassa donc cette idée de sa tête aussitôt.

- Vous l'aimez toujours ? Demanda t-il finalement.

Dean ne répondit pas immédiatement et Castiel ne put s'empêcher d'être aussitôt jaloux. C'était irrationnel mais c'était plus fort que lui. Il détourna les yeux, incapable de regarder Dean plus longtemps.

- Non, murmura finalement le jeune acteur.

Castiel sentit aussitôt son cœur s'accélérer dans sa poitrine alors qu'un espoir stupide et vain s'emparait de lui.

- Non, je ne l'aime plus … je crois que j'ai cessé de l'aimer bien avant qu'on ne se sépare. Et peut être que c'est pour ça que je refusais de dire à la vérité aux médias. Peut être que je ne l'aimais pas assez pour franchir ce cap avec lui. Je ne suis plus très sûr.

Castiel supposait que ça n'avait pas du être facile pour son client de se cacher durant toutes ces années. Il avait vécu cette histoire en secret. Et il en avait souffert. C'était évident. C'était peut être en partie pour cela qu'il préférait rester seul à présent.

- Vous savez, à l'époque, quand nous étions ensemble, je pensais vraiment que nous finirions notre vie ensemble. Je nous voyais nous marier et vieillir côte à côte. Mais je crois que c'était plus l'idée d'être couple que j'aimais plutôt que Benny lui même. C'est probablement horrible et injuste de dire cela mais c'est la vérité.

Castiel aimait vraiment l'idée que Dean se montre totalement honnête avec lui. Qu'il lui dise toutes ces choses sans se censurer. Sans chercher à préserver son image. Il lui montrait qui il était vraiment. Et cette personne plaisait énormément au garde du corps. Il aurait pu tomber amoureux d'elle. Il l'était peut être déjà un peu.

- Quelle est votre plus grande peur Castiel ?

La question de Dean tira le garde du corps de ses songes. Il prit quelques secondes pour y réfléchir avant de répondre.

- D'échouer dans mon travail. De ne pas être là quand vous aurez besoin de moi. De vous décevoir.

« De vous perdre » était bien évidemment sous entendu dans ses propos. Mais il n'était pas sûr que Dean l'ait compris. Et il préférait ne pas le préciser. C'était une voie trop dangereuse et il ne devait surtout pas s'y aventurer.

- Je suppose que c'est logique dans votre profession et … je doute que vous puissiez échouer en toute honnêteté mais … je comprends.

- Et quelle est la votre ? Demanda alors Castiel en inclinant la tête sur le côté.

Dean haussa les épaules avant de se pencher vers la table basse, libérant sa main de celle de Castiel, pour poser son verre vide dessus. Il se redressa ensuite et encercla ses genoux avec ses bras. Il paraissait nettement plus petit dans cette situation. Presque comme s'il cherchait à disparaître.

- Et bien si un journaliste me posait cette question, je suppose que je dirais que ma plus grande peur est de ne plus pouvoir exercer mon métier. De ne plus être à la hauteur des rôles qu'on me confie et de décevoir mon public. Ou peut être que je leur dirais que c'est de perdre un de mes proches ce qui fait définitivement partie de mes plus grandes peur mais … à vous, je dirais que c'est la solitude.

Castiel fronça les sourcils, surpris par la réponse du jeune acteur. Il était fier de voir que son client faisait une distinction entre lui et les autres. Qu'il lui donnait une réponse plus sincère que celle qu'il aurait donné à un inconnu. Mais elle le déstabilisait quand même. Dean était entouré. Il n'était jamais seul. Il n'avait pas cru qu'il pouvait avoir ce genre de crainte. Ce n'était toutefois pas la première fois qu'il tenait ces propos. Il lui avait dit quelque chose de semblable quand il était encore sous l'effet de la drogue.

- Je sais ce que vous vous dites, enchaîna alors Dean en souriant tristement. Je sais bien ce que cette réponse peut vous pousser à penser. Je ne suis jamais seul. Je suis toujours entouré … par mes proches … par les gens avec qui je travaille. Mais la plupart du temps, je me sens seul. Peu importe qu'il y ait du monde avec moi, j'ai l'impression qu'ils ne me voient pas. J'ai l'impression qu'ils ne me comprennent pas. Et je me sens seul. J'ai peur … j'ai peur que cela ne fasse que s'aggraver avec le temps. Je suis terrifié à l'idée de vieillir sans personne à mes côtés et de mourir seul dans mon lit … je crois … non je sais que c'est ma plus grande peur.

Castiel comprenait mieux à présent pourquoi son client était resté aussi longtemps avec un homme qu'il n'aimait plus vraiment. Il ne voulait pas être seul. Il préférait être avec quelqu'un et mentir sur ses sentiments que continuer sa route sans personne. C'était une peur commune à bien des gens. Castiel lui même se demandait parfois s'il ne vieillirait pas seul. Il ne pouvait pas dire que cela l'effrayait vraiment. Il l'avait accepté. Mais il pouvait comprendre ce que Dean ressentait.

- Je suis sûr que vous finirez par trouver quelqu'un … et en attendant, vous avez votre frère et vos amis. Vous n'êtes pas seul.

Dean hocha la tête mais il ne semblait pas convaincu. Castiel se doutait qu'il lui faudrait du temps pour accepter ce qu'il venait de lui dire. Il ne savait même pas s'il avait une chance de le lui faire croire. Il était toutefois prêt à essayer. Il voulait voir le jeune acteur sourire à nouveau.

- Et vous ? Vous … vous n'avez jamais peur de finir seul ? Je veux dire … vous avez peut être quelqu'un dans votre vie et dans ce cas, ma question est stupide mais … vous n'êtes pas obligé de répondre. Je suppose que je dépasse les bornes.

Castiel ne devait pas répondre. Il ne devait pas donner d'informations personnelles le concernant. Il ne devait surtout pas parler de sa vie privée. Dean n'en faisait pas partie. Et il était dangereux de s'ouvrir à lui. C'était contre l'éthique et toutes les bonnes résolutions qu'il avait prises depuis qu'il faisait ce métier. Mais il avait envie de répondre. Principalement pour montrer à son client qu'il voulait faire un pas dans sa direction.

- Je n'ai personne … je n'ai jamais vraiment … à vrai dire, je n'ai jamais été en couple. J'ai connu des hommes mais aucun qui n'ait vraiment compté. Ce n'est pas facile avec mon métier. Je prends des risques au quotidien et je ne veux pas faire peser ce poids sur quelqu'un. C'est plus simple si je suis seul. Si je m'interdis de m'attacher. Mais bien sûr … j'aime l'idée de rencontrer l'homme de ma vie et de vieillir à ses côtés. Peut être plus tard … peut être quand je serais trop vieux pour ce travail.

Dean retira alors ses bras de ses jambes et attrapa à son tour la main de Castiel. Ce geste surprit considérablement le garde du corps. Il aurait du refuser. Il aurait du reculer. Mais il en avait envie. Et cela semblait presque naturel après tout ce qu'ils s'étaient confiés.

- Je suis sûr que vous trouverez quelqu'un. Je veux dire … vous êtes quelqu'un de bien. Et vous êtes plutôt séduisant.

Castiel avait envie de demander à son client de préciser ce qu'il entendait par là. De lui demander s'il lui plaisait vraiment. Mais il ne le pouvait pas. Il laissa donc les propos du jeune acteur s'imprégner dans son cerveau sans demander de précisions.

- Vous avez des regrets Castiel ? Des choses que vous auriez préférées faire différemment ? Ou ne pas avoir faites du tout ?

Dean semblait déterminé à en apprendre plus sur lui. Il semblait prêt à l'accepter dans sa vie. Mais il avait besoin d'avoir plus d'informations. Il ne laissait personne s'approcher de lui s'il n'en savait pas suffisamment. Il ne s'entourait que de gens qui lui étaient proches. Castiel devait lui donner ce qu'il voulait pour avoir une chance que les choses fonctionnent.

- Quelques uns oui … comme tout le monde je suppose. Je regrette de vous avoir bousculé notamment. Je regrette de vous avoir hurlé dessus également.

- Je le méritais, assura Dean en regardant à nouveau leurs mains.

Castiel était content de voir que le jeune acteur acceptait sa part de responsabilité dans cette histoire. Cela allait leur permettre d'avancer dans la bonne direction.

- Peu importe ce que vous aviez fait, j'aurais du rester maitre de mes émotions. Je n'aurais pas du laisser tout ceci m'atteindre. Je sais que je vous ai fait peur.

- Vous êtes humain Castiel et il est normal de perdre son calme quand on est attaqué. Je ne vous en veux pas. Je ne vais pas vous mentir … vous m'avez effectivement fait peur mais … c'est fini. C'est oublié. Je préfère qu'on aille de l'avant et qu'on tire un trait sur tout ça.

C'était exactement ce que Castiel avait besoin d'entendre pour être enfin sûr qu'il devait rester auprès de son client. La preuve définitive que les choses avaient changé. Il poussa un long soupire de soulagement avant d'hocher la tête. Il ne voyait pas quoi dire de plus. Il préférait garder le silence.

Dean ne dit rien non plus et le silence s'installa finalement entre eux. Après de longues minutes à regarder le jeune acteur sans bouger, Castiel décida de reprendre la parole. Il n'était pas vraiment mal à l'aise mais il voulait entendre son client se confier à nouveau. Il voulait en savoir plus sur lui.

- Et vous ? Vous avez des regrets ?

Dean ricana une seconde avant de lever les yeux au plafond et de soupirer longuement à son tour. Castiel sut à cet instant précis qu'il n'en dirait pas beaucoup plus sur le sujet. Que c'était sensible et qu'il n'était pas prêt à se confier totalement pour le moment.

- Plus que je ne le voudrais … j'ai pris quelques mauvaises décisions par le passé. Et j'en ai subi les conséquences. Je les subis toujours d'une certaine manière.

Il y avait quelque chose de sérieux derrière ses propos. Une blessure que le jeune acteur continuait de soigner encore aujourd'hui. Elle expliquait probablement son comportement et sa méfiance. Dean avait vécu quelque chose qui le suivait toujours. Castiel avait envie de savoir quoi. Il avait envie d'obtenir le nom de la personne qui l'avait manifestement fait souffrir. Mais il savait qu'il n'obtiendrait rien pour le moment. C'était trop tôt.

- Si ça ne vous dérange pas, je préfèrerais ne pas … je préfèrerais ne pas en parler. C'est juste … c'est encore trop … présent.

Castiel hocha la tête aussitôt. Il n'insisterait pas. Il n'en avait pas le droit. Et il était presque sûr que Dean n'avait jamais parlé de ça à qui que ce soit. Que même Sam ne le savait pas. Il était honoré que le jeune acteur ait abordé le sujet avec lui. Il se sentait vraiment spécial à cet instant précis.

- Je suis content que vous soyez là, vous savez. Je suis … je suis soulagé, confia alors Dean en posant sa deuxième main sur celle de Castiel.

Le garde du corps sentit alors un frisson lui remonter le bras et secouer tout son corps. Il aurait préféré ne pas réagir aussi fortement à ce simple contact. Mais une nouvelle fois, c'était plus fort que lui.

- Je refusais d'admettre que je puisse être en danger … je pensais que je n'avais pas le droit d'être … inquiet pour ma sécurité. Mon père m'a souvent dit que les hommes ne devaient pas avoir peur. Mais après hier, j'ai compris … j'ai compris que j'avais besoin d'aide. Et je pense sincèrement que vous êtes la personne idéale pour cela.

Castiel fut flatté par ce qu'il entendait. Il n'avait jamais pensé en obtenir autant de la part du jeune acteur. Il regretterait toujours d'avoir manqué de vigilance et de l'avoir laissé se mettre en danger. Mais il en était ressorti quelque chose de positif. Et en cela au moins, cette expérience avait eu du bon.

- Je n'ai pas été très sympa avec vous jusque là mais je peux vous garantir que les choses vont changer. A partir de maintenant, je serais plus conciliant. Et … enfin … juste … merci d'avoir tenu bon.

- Merci à vous de me faire confiance.

Dean lui serra alors les mains une seconde avant de les relâcher. Il étendit ensuite ses bras au dessus de sa tête pendant quelques instants avant de les laisser retomber le long de son corps. Il semblait un peu mieux qu'à l'arrivée de Castiel. Mais il y avait toujours quelque chose qui assombrissait son regard. Le garde du corps aurait aimé être capable de le faire disparaître. Mais il supposait que ce n'était pas là son rôle. Il prit une grande inspiration, conscient qu'ils venaient de vivre un moment important. Il était temps d'alléger un peu la tension qui régnait dans la pièce. De dire quelque chose de moins sérieux pour soulager son client.

- Alors vous ne pensez plus que je suis une sorte de robot froid et insensible ?

Dean éclata alors de rire et Castiel apprécia ce son plus qu'il n'aurait du. Il voulait entendre Dean rire toute la journée. Il voulait le voir sourire et heureux. Et cela en disait une nouvelle fois long sur ce qu'il ressentait pour le jeune acteur.

- Non, j'ai changé d'avis sur ce point. Même si je dois vous avouer que votre façon de fixer les gens sans cligner des yeux continue de me surprendre … j'ai eu la preuve que vous étiez humain hier. Et honnêtement … j'aime nettement plus le Castiel qui s'emporte que celui qui ne dit jamais un mot plus haut que l'autre.

- Et moi j'aime nettement plus le Dean qui sourit que celui qui cherche à me faire fuir.

Il avait dit cela sans réfléchir et il ne réalisa la portée de ses propos que lorsque le jeune acteur le regarda en fronçant les sourcils. Castiel ne pouvait pas revenir en arrière. Et il s'en voulut d'avoir parler sans réfléchir. Parce qu'il était évident que ce qu'il venait de dire avait éveillé quelque chose chez son client. Il déglutit avec peine et ouvrit la bouche pour dire quelque chose. Dean lui coupa l'herbe sous le pied.

- Castiel, je … est-ce que vous … on ne peut pas …

Dean ne savait pas quoi dire. Il était évident qu'il ne parlait que pour ne pas laisser le silence s'installer entre eux. Il était conscient que les propos de son garde du corps avaient une signification particulière. Castiel leva ses deux mains dans sa direction pour le faire taire.

- Non, je sais et ce n'est pas ce que je voulais dire par là. Je cherchais juste … je voulais plaisanter. Mais je ne suis pas très doué pour ça. A vrai dire, je ne devrais même pas essayer. Il est évident que ça ne me réussit pas !

Dean ferma alors la bouche et détourna les yeux. Il était évident qu'il avait compris ce qui se passait dans la tête de Castiel. Il avait compris que le garde du corps ressentait quelque chose pour lui qui n'avait pas sa place dans leur relation professionnelle. Il était mal à l'aise. Castiel pouvait le comprendre. Il espérait sincèrement que cela ne le pousserait pas à se renfermer sur lui même à nouveau. Il ne pourrait jamais se le pardonner.

- Dean, je vous assure que je ne cherchais pas à vous mettre mal à l'aise. Je ne suis pas très doué pour … à vrai dire, je n'ai pas l'habitude de parler ainsi avec mes clients. Je me suis laissé emporter et j'en suis sincèrement désolé.

Il pria ensuite pour que le jeune acteur ne lui en tienne pas rigueur. Le temps sembla se suspendre pendant un instant. Mais il fut soulagé quand Dean se tourna à nouveau dans sa direction avec un sourire sur les lèvres. Castiel ne savait pas ce qui s'était passé dans sa tête durant ces quelques secondes mais de toute évidence, les choses s'étaient arrangées d'elles mêmes.

- Je sais Castiel. Je sais. C'est … je crois que je suis fatigué. Je devrais probablement aller me coucher. Et vous aussi d'ailleurs. J'ai besoin d'un garde du corps en forme.

Castiel sourit à son tour. Son client n'allait pas le repousser à cause de ce qu'il venait de dire. Il avait visiblement choisi d'ignorer ce que ses propos trahissaient. Tout allait bien entre eux. Mais le garde du corps allait devoir faire attention à présent. Cela ne devait surtout pas se reproduire.

- Je suppose que vous avez raison. Il est tard de toute façon.

Castiel se leva finalement du canapé et regarda Dean en faire de même. Le jeune acteur jeta ensuite la couverture sur le fauteuil à côté de lui. Il portait un pantalon de survêtement trop grand pour lui et qui reposait bas sur ses hanches. Son tee shirt, quant à lui, était trop petit d'au moins deux tailles. Castiel pouvait entrapercevoir l'élastique du caleçon du jeune acteur et un petit morceau de la peau de son ventre. Il détourna aussitôt les yeux.

- Ca m'a fait plaisir de vous parler … je veux vraiment que ça fonctionne entre nous, avoua Dean en s'étirant à nouveau.

La tentation était trop grande et Castiel ne put s'empêcher de regarder son client quand il le fit. Son tee shirt remonta considérablement sur son torse et le garde du corps observa une seconde la peau pâle de son ventre. Il l'avait déjà vu nu mais bizarrement, le voir ainsi était plus fort encore. Il sentit son corps réagir aussitôt et il se racla la gorge en se passant une main dans les cheveux.

- Ca m'a fait plaisir aussi. Bien … je … je vais vous laisser. Bonne nuit Dean.

- Bonne nuit Cas … je peux vous appeler Cas hein ? Castiel est … c'est trop long.

Castiel avait envie de lui dire qu'il pouvait bien l'appeler comme il le voulait. Ou qu'il aimait terriblement entendre ce surnom dans sa bouche. Mais il se contenta d'hocher la tête. Il préférait ne pas prendre le risque de dire quelque chose qu'il regretterait ensuite.

Il adressa ensuite un petit signe de la main à son client et tourna les talons. Il sortit rapidement du bureau et reprit le chemin de sa chambre. Il était encore un peu perturbé par ce qu'il venait de vivre. Par la façon dont Dean s'était ouvert à lui et avait accepté de se montrer vulnérable. De laisser tomber sa carapace. Il avait découvert une nouvelle facette du jeune acteur. Et si c'était une bonne chose pour leur relation, ça n'en était pas une pour le garde du corps. Parce qu'il avait été totalement bouleversé par ce qu'il avait entendu. Et charmé par ce que Dean avait dévoilé. Il aurait été facile de tomber amoureux de son client dans ces circonstances. Castiel ne devait surtout pas se laisser aller. Il était grand temps pour lui de reprendre les choses en main. Il avait remporté une victoire et il ne comptait par s'arrêter en aussi bon chemin. Peu importait qu'il doive nier l'évidence pour y parvenir. Ce ne serait pas la première fois qu'il le ferait.