Et bien, me revoilà ! Comme dit précédemment, cette fiction va être terminée. En comptant celui là, il reste deux chapitres. Et bien sûr, il y aura un épilogue. Je ne sais pas si les personnes qui suivaient mon histoire sont toujours là. En tout cas je l'es père. Et si vous venez de la découvrir, alors vous avez bien fait.

Sur ce, bonne lecture!


Chapitre 10 : Apaisement New-yorkais.

Le soleil nous accueillait à Lima tout comme les parents de Noah. Je passais la matinée avec eux.
J'étais décidée. Je parlerais avec ma mère dès que je passais chez moi. Pour être sûre qu'elle ne s'en aille pas de chez moi, je lui envoyais un message lui disant que je ne passerais chez moi que demain soir avant de repartir pour YALE. Mais en réalité, j'y allais dès ce soir.

Pendant la journée, je restais avec les Puckerman. Ils reçurent la visite de la sœur de Gidon, Dinah avec son mari et ses enfants avec qui je m'entends très bien. J'étais vraiment contente de les revoir.

Mais bien vite, je dus rentrer chez moi. Noah aurait voulu m'accompagner, mais j'avais refusé. Je voulais un tête à tête avec ma mère. Sur le chemin, je commençais à m'inquiéter. En me garant devant ma maison, mes mains tremblaient. Je m'apprêtais à discuter avec ma mère du sujet que nous évitions depuis des années et qui nous avait éloigné l'une de l'autre pendant plusieurs mois. Et cette fois, la fuite ne sera pas en option.

Je fus légèrement rassuré de voir que sa voiture était dans le garage. Je toquais à la porte et attendis qu'elle vienne m'ouvrir. Au fur et à mesure, la tension augmentait. Puis elle ouvrit la porte. Elle était en robe de chambre. Elle était donc sur le point d'aller au lit ce qui prouvait qu'elle était seule. Heureusement pour moi et mon plan. Elle parut extrêmement surprise de me voir, elle resta figée quelques secondes.

-Qu… Quinn ? Mais que fais-tu ici ?

-Je viens voir ma maman.

-Mais tu ne devais pas venir avant demain soir…

-Je vois que ça te fait plaisir de me voir. Tu me laisses entrer ?

-Euh.. Oui bien sûr !

Et elle se décala pour me laisser passer. Je décidais de ne pas attendre plus longtemps.

-Maman, si je suis là ce soir, ce n'est pas pour rien. J'attends des réponses.

-De quoi me parles-tu ?

-De papa. Et ne fais prends pas cet air surpris. Il m'a proposé de passer quelques jours avec lui pendant les vacances. Et il m'a dit que TU me voyais déjà accepté.

-Peut-être..

-Peut-être ! Maman, ça fait cinq ans que Papa est parti avec une autre femme. Cinq ans que l'on se tait. Et maintenant, il est de retour et à cause de lui, on s'éloigne toutes les deux. J'aimerai juste des explications.

Mes larmes coulaient sur mes joues comme celles de ma mère sur les siennes. Elle s'assit sur une des chaises de la cuisine et je fis de même en face d'elle. Après quelques minutes, elle prit enfin la parole.

-Tu as raison Quinn. Je te dois des explications. Ton père m'a fait énormément de mal en me quittant et en laissant ses filles derrière lui. Et il pense qu'il peut revenir comme une fleur, après ces années. Quand il a appelé à la maison, en septembre, il voulait déjà se faire pardonner. Mais aucunes de nous deux n'étaient prêtes. Mais quelques temps plus tard, il a rappelé. J'avais eu le temps de ruminer. Et on a réglé nos affaires. Mais ça a été dur. Si je me suis éloignée de toi, c'est parce que je ne fais pas confiance à ton père. Et il m'a demandé de revenir dans notre vie. Il me le demande dès qu'il m'appelle. Il voudrait revenir ici. Vivre ici même avec sa femme. Mais je ne veux pas. Et j'avais peur qu'il se serve de toi pour me faire accepter.

-Mais pourquoi veut-il venir ici ? Et pourquoi veut-il ton feu vert ?

-Quand nous avons divorcé, j'ai raconté à la police et au juge tout ce qu'il…

Et ma mère éclata en sanglot. Et moi je compris. Lorsque mon père a commencé sa descente aux enfers, il buvait et devenait parfois violent. Et cela se retournait contre ma mère. Elle me protégeait de lui au risque de se prendre des coups. Une semaine avant le départ de mon père, j'avais trouvé ma mère en position fœtale dans le salon, en pleurs tandis que du sang coulait de son front. Paniquée j'avais appelé les urgences qui l'avaient prise en charge.

Pour rassurée ma mère, je lui pris la main pour lui montrer que je comprenais. Elle inspira profondément puis reprit :

-Le juge a déclaré qu'il ne devait pas s'approcher de moi, ni de la maison pendant cinq ans. Mais, pour se faire pardonner il veut revenir ici. Et pour cela, il faut mon consentement sinon je peux porter plainte ou le signaler. Quinn. Je ne veux pas le revoir et encore moins voir sa nouvelle vie. Mais je ne veux pas t'influencer dans ton choix de le réintégrer à ta vie ou non. C'est pour cette raison que je lui ai proposé que vous partiez ensemble.

-C'est toi qui a eu l'idée ?

-Oui, il reste ton père.

-Je verrais maman. En tout cas, je suis contente que tu aies enfin parlé.

Je la pris dans mes bras. Enfin je la retrouvais. On passa la soirée ensemble comme avant mon départ pour YALE. Elle m'avait tant manqué.

Le lendemain, je me réveillai plus légère que la veille. Quand je descendis, je vis ma mère préparer le petit déj en chantant. La maison avait retrouvé calme et sérénité. Quand ma mère me vit, un sourire, qui se faisait rare ces derniers mois, apparut sur son visage. Je ne pus que l'imiter.

-Bonjour maman.

-Bonjour ma fille.

Et c'est elle qui vint pour m'enlacer. Ce moment fut interrompu par un frappement à la porte.

-Bouge pas, maman, j'y vais.

Je ne me demandais pas vraiment qui c'était. Si il fallait parier, je miserais toutes mes économies sur Noah. Et j'aurais eu raison car mon homme se tenait devant moi, tout sourire. Je me jetais dans ces bras et l'embrassais avec fougue.

-Je vois que ça va bien ce matin.

-Très bien, et c'est encore mieux quand tu es là.

Ma mère arriva derrière nous tout en fouettant la pâte à pancake.

-Oh Noah ! Comment vas-tu ?

-Bien et toi Judy ?

-Beaucoup mieux. Mais Quinn, fais le donc entrer ! Tu veux rester pour le petit déj Noah ?

-Volontiers.

-Je devrais même appeler tes parents et ton frère. Ils n'ont rien de prévu ce mati.. ou plutôt midi vu l'heure qu'il est ?

-Non je ne pense pas.

-Bon alors je vais de suite les appeler.

Et elle repartit. J'adorais voir ma mère comme ça.

-Ta mère a repris du poil de la bête dis donc.

-Oui, on a parlé hier soir et ça va mieux. Maintenant, il va falloir parler avec mon père. Et je pense que je vais accepter sa proposition pour pouvoir le confronter.

Noah me déposa un baiser sur le front puis dit :

-Je suis content que tu es pris la bonne décision.

Puis nous allâmes dans la cuisine pour aider ma mère. La famille de Noah avait accepté l'invitation et elle souhaitait que tout soit prêt à temps.

Nous avons passé un agréable moment. J'étais entouré des personnes que j'aime le plus au monde et ça me rendait heureuse. Mais il a fallu que je rentre. Cette fois je repartais en avion. J'arrivais au campus tard dans la soirée. Rachel arriva presque en même temps que moi. On s'était encore plus rapprochées ces derniers temps et comme à chaque fois depuis quelques semaines, elle me demandait comment ça c'était passé avec ma mère et ce que je comptais faire avec mon père. D'habitude je n'avais rien à dire. Mais là, j'étais contente de lui annoncer que ma mère et moi avions parlé et que je m'apprêtais à accepter la proposition de mon père.

Le lendemain, je partais en cours le cœur léger. Ma journée se passa tranquillement. Puis arrivée au cours de mon père, je me surpris à lui sourire. Ça ne m' étais jamais arrivée. Je crois qu'il fut lui aussi surpris. Et à la fin du cours, j'allais le voir légèrement tendue.

-Quinn. Tu m'as l'air bien en forme.

-Oui, je voulais juste vous, enfin te dire, que j'acceptais de passer quelques jours avec toi. On pourrait comme ça, mettre les choses au point.

Son visage s'illumina. Il avait l'air réellement heureux que j'accepte.

-Oh Quinn ! Si tu savais comme je suis content. Je t'avoue que j'étais stressé à l'idée que tu refuses. Et tu as pu parler à ta mère?

-Oui. Et maintenant c'est à toi que je veux parler. Mais du coup, on irait où ?

-J'habite à New York maintenant. Donc, tu viendrais dans notre appartement.

-Wahou ! New York !

J'étais très impressionnée. Après tout, j'avais grandi à Lima, Ohio. C'était un coin plutôt paumé et comparé à NYC, ça fait pas rêver.

-Mais, tu… Tu habites avec qui ?

La question qui me démangeait depuis longtemps.

-J'habite avec Meredith, ma compagne depuis ces 5 ans. Je sais que tu peux penser qu'elle est la cause de la séparation de tes parents, mais ce n'est pas du tout ça. Ce que je veux dire, c'est que je ne veux pas que tu lui en veuille. Elle est un peu plus jeune que moi, tu l'avais vu en début d'année.

-Elle a des enfants ?

-Oui, un fils Ryder. Mais, comme vous, il n'a pas supporté le divorce de ses parents et il ne parle plus à Meredith. Elle en est très peinée et sait qu'il ne changera plus d'avis. C'est d'ailleurs elle qui m'a poussé à recréer des liens avec toi. Elle sentait que tu n'étais pas aussi bornée que son fils. Je t'avoue que moi-même, je ne pensais pas pouvoir te parler sans que tu ne ressentes de haine.

-Je m'étonne moi aussi. Bon, merci. Je vais y aller.

Je le laissais là et m'empressais de rejoindre Rachel dans notre chambre.


Ça y est ! Mes bagages sont faites. Je vais chez mon père pour la première fois depuis 5 ans. Je vais rester cinq jours avec lui et sa compagne.

Bizarrement, j'étais vraiment contente de la connaître. Malgré tout, mon père a l'air vraiment heureux avec elle.

Je suis actuellement chez Noah. Il loue depuis quelques jours un petit appart. Je passe mon temps libre là bas. Mais je vais quitter ce petit cocon pour New York ! Je vais y aller en train. Mon père m'attendra à la gare.

Noah m'a emmené à la gare. J'ai dormi pendant tout le trajet me menant à New-York. Arrivée à la gare, mon père m'attendait comme prévu. Et il n'était pas seul. Une femme qui paraissait un peu plus jeune que lui se tenait à ses côtés. Je devinais que c'était la fameuse Meredith. Je m'approchai d'eux. Je sentais qu'ils s'étaient tendus. Le sourire de Meredith était crispé. Je leur adressais un sourire sincère ce qui les détendit.

-Quinn !

-Bonjour !

J'approchai de mon père. Nous n'étions pas encore totalement réconciliés donc je me contentais de lui faire la bise.

-Quinn, je voudrais te présenter Meredith.

La femme me tendit la main.

-Salut Quinn, je ne sais pas si c'est réciproque mais je suis très contente de te rencontrer enfin.

J'avoue avoir hésiter avant de lui serrer la main. Mais finalement, je me suis dit qu'elle n'était pas responsable de la situation. Nos mains se serrèrent donc et nous nous sourîmes.

-Bonjour Meredith. Je ne pensais pas ressentir ça, mais ça me fait plaisir d'enfin mettre un visage sur ton prénom.

-Bien puisque les présentations sont faites, nous pouvons y aller.

Nous avons donc suivi mon père jusqu'à la voiture. Après dix minutes de trajet, on s'arrêta devant un building plutôt imposant. J'étais vraiment impressionnée. Je ne voyais pas du tout mon père ici mais apparemment il était heureux. Mon regard s'arrêta sur Meredith qui me remarqua. Elle me fit un grand sourire rassurant. Je pense pouvoir vraiment bien m'entendre avec elle.

-Meredith, emmène Quinn dans l'appart et fais lui visiter. Je vais m'occuper de tes affaires.

-Oh merci, tu n'es pas obligé, pap…

Je n'arrivais pas encore à l'appeler papa. C'était un peu trop dur. Il eut l'air de comprendre puisqu'il me fit un sourire sans rien ajouter.

-Viens par là, Quinn. Je vais te montrer notre petit chez nous qui est le tien dès que tu passes ici.

Je la suivis. Sa joie de vivre naturelle, malgré la tension de la situation, était communicative. On entra dans le bâtiment. On alla directement vers l'ascenseur. Meredith appuya sur le bouton menant au 4ème étage. Nous étions chacune d'un côté de l'ascenseur. Le plus loin l'une de l'autre.

-Donc… Quinn. Je veux mettre les choses au clair avec toi. Je ne suis pas là pour remplacer ta mère. Mais je veux être comme une amie pour toi. Ce que je veux dire, c'est que tu peux me détester, mais je ne te détesterais jamais. Tu es la fille de l'homme que j'aime. Tu penses peut-être que je suis à l'origine du divorce de tes parents, mais ce sont leurs histoires et je n'ai rien à voir avec ça. Ma rencontre avec ton père était un hasard. Et…

Je me devais de la stopper.

-Je ne te déteste pas Meredith. J'avoue t'avoir détester, mais plus maintenant. Tu as l'air cool, vraiment. Et puis mon père à l'air vraiment heureux avec toi. Il me faudra juste du temps parfois. Si vous pouviez juste éviter de m'exposer votre amour tout le temps.

On avait ri à ma demande. Puis elle me sourit.

-Je suis contente que ça se passe comme ça entre nous.

C'est à ce moment que les portes de l'ascenseur se sont ouverte sur un couloir.

-Notre appartement est au bout du couloir.

Je la suivis. Quand elle ouvrit la porte du bout du couloir, ma mâchoire s'ouvrit d'elle même. L'appart était plutôt énorme. On entrait sur un joli salon rattaché à la cuisine.

-Wahou ! C'est grand ! Vous êtes sûre d'avoir besoin d'aussi grand à deux ?

-A vrai dire, Russel a toujours espérer renouer avec vous. C'est pour ça que nous avions prévu grand. Et puis, j'aurais voulu que mon…

Cette fois elle se stoppa seule. Son visage s'était refermé. Elle pensait sûrement à son fils.

-Que ton fils vienne. Mon père m'a dit que tu avais un fils mais qu'il.. n'avait pas supporter le divorce.

-Ryder, mon fils vit avec son père en Arizona. Il a 16 ans. Je me suis séparée de son père quand il en avait 9 ans. Je suis celle qui est partie. Il ne l'a jamais bien pris. Avant que je ne fréquente ton père, je le voyais très peu. Une semaine dans les vacances de Noël et deux en été. Puis j'ai officialisé ma relation avec ton père et il a décidé de ne plus venir. Il ne supporte pas le fait que j'ai refait ma vie. Son père ne s'est pas remis non plus du divorce.

Meredith avait les larmes aux yeux. Je ne savais pas trop quoi faire, alors je posais sa main sur mon épaule en signe de réconfort. Elle se dirigea vers une porte qui, je le devinait, menait à la salle de bain. Au moment où elle referma la porte, mon père entra avec mes sacs. J'accourus l'aider.

-Alors Quinn, l'appartement te plaît ?

-Oui, je n'ai pas été voir tout, mais déjà, je peux dire qu'il est énorme.

-Tu n'as pas encore vu ta chambre ? Où est Meredith ?

-Elle a du aller aux toilettes. J'ai ma chambre ?

-Oui, ta propre chambre. Viens que je te montre.

Je le suivis jusqu'à une porte en bois. Quand il l'ouvrit, je découvris une pièce simple, avec un lit, une commode et une armoire tout en bois. Les murs étaient gris. C'était très joli.

-Voilà. Fais comme chez toi. D'ailleurs tu es chez toi. Dès que tu voudras revenir, cette chambre sera pour toi. Personne d'autres n'y dormira.

Ce geste de la part de mon père me touchait énormément. Je ne savais pas quoi dire. Alors je lui souris. Je sentais que ce petit séjour allait se passer tranquillement. Bien sûr il y aurait la fameuse discussion avec mon père. Mais dans l'ensemble, je pense que nous pouvions repartir de zéro. Et c'est sur cette note positive je rangeais mes affaires avant de rejoindre mon père et Meredith pour un petit dîner. Il fut plutôt silencieux. Je ne savais pas vraiment comment combler le silence, mais ce n'était pas tellement dérangeant. Après ça, je fis un détour dans la salle de bain puis allait enfin me coucher.

Cette nuit avait était une nuit sans rêve, ni cauchemar. Quand je me réveillais, je vis le soleil à travers ma fenêtre. Quand je m'y approchai, je vis qu'elle donnait sur la rue déjà débordante de vie. Depuis toute petite, je rêvais de venir au moins une fois à New York. Et j'y étais maintenant. Un bruit dans la cuisine me sortit de mes pensées. Je me glissai donc en dehors de ma chambre. Dans la cuisine mon père était en train de boire une tasse de café en lisant son journal. Ça me rappela quand il vivait encore chez nous. Il avait la même habitude. Ça me fit chaud au coeur de savoir que certaines choses ne changeaient pas. Je m'avançais pour lui faire savoir que j'étais là. Il leva les yeux de son journal et me sourit.

-Oh bonjour Quinn ! Bien dormi ?

-Oui. J'ai eu un peu de mal au départ. J'étais trop excitée à l'idée d'être à New York !

-Tu t'y feras. Tu veux boire ou manger quelque chose ? Il y a pleins de choses dans le frigo, prend ce qui te fait plaisir.

Comme si il l'avait entendu, mon ventre grogna bruyamment, ce qui nous fit rire. Je m'approchai donc du frigo. Pendant que je l'inspectai mon père continuait de lire son journal. Je n'entendais pas d'autres bruits dans l'appartement.

-Où est Meredith ?

-Elle est partie travailler. Elle est agent d'accueil dans une banque. Elle aurait voulu être là pendant ton séjour, mais son patron ne lui a accordé qu'une seule journée de libre, demain.

-Oh, ce n'est pas grave. Que faisons-nous aujourd'hui ?

-J'avais pensé te faire découvrir un peu la ville, ou du moins la petite portion de cette ville que je côtoie habituellement.

-Oh oui ! Laisse moi juste le temps de me préparer et on y va.

-Oh mais prend ton temps !

Je finis donc de manger, allais me préparer puis nous partîmes à la découverte de New York.

New York est vraiment une magnifique ville. Mon père m'avait montré quelques petits endroits où il aimait aller, puis nous nous étions arrêtés dans un petit restaurant pour manger le midi. Et à présent, nous nous baladions dans Central Park. Alors que nous asseyions sur un banc, je sentais que les choses sérieuses allaient arrivées. Pendant la matinée, nous n'avions parlé que de choses futiles.

-Bon, Quinn. Je pense qu'il est temps de parler.

-Oui. J'aimerais comprendre tout ce qu'il s'est passé.

-Pour cela, on va revenir en arrière. Tu te rappelles peut-être de l'entreprise où je travaillais avant de vous quitter.

-Oh oui, la dernière fois que j'y suis allée, tu venais d'avoir ta promotion.

-Oui.. Cette fameuse promotion. Je l'avais eu car nous avions changé de PDG. Mais il s'est avéré que ce PDG devait tout simplement viré des gens car l'entreprise ne marchait plus très bien. Ce PDG avait été nommé par une autre entreprise qui avait racheté la nôtre. Pour ne pas éveiller les soupçons, il avait au contraire accordé des privilèges à tous ceux qu'il voulait viré. Dont moi. La promotion n'avait lieu que sur papier. Réellement, je n'ai jamais touché plus, car j'ai été viré même pas un mois plus tard. Je ne pouvais pas vous le dire. Les temps étaient durs et ta mère et moi nous éloignions déjà.

-Mais tu as eu ta promotion au moins six mois avant de partir…

-Oui… J'ai réussi à cacher ça pendant plusieurs mois. Après deux semaines sans emploi, j'avais commencé à boire. Et puis, j'ai rencontré Meredith. Je te promets que ma relation avec ta mère était, pour moi en tout cas, finie. Ce que je veux dire c'est que Meredith n'est pas responsable de notre divorce. D'ailleurs, nous ne nous sommes pas mis ensemble dès notre rencontre. Elle a surtout été là pour les moments où je ne savais plus quoi faire. Elle était ma confidente. Mais malgré tout, je continuais de boire. J'ai d'ailleurs été violent et je m'en excuse aujourd'hui. Je me rends compte que j'ai été dangereux. Tu sais, ta mère a porté plainte contre moi. Pendant cinq ans, je n'ai pas le droit de l'approcher elle, ni sa maison. Mais je veux retourner vers Lima. Vers vous. Et pour ça, j'ai besoin de son consentement. Normalement d'ici trois mois, j'ai à nouveau l'autorisation de m'approcher, d'aller lui parler en face. Mais même avec cette autorisation, je veux que ta mère soit d'accord. Je lui ai fait bien trop de mal pour risquer encore d'aller en justice.

Malgré tout le mal qu'avait fait mon père, je voyais qu'il était sincère quand il parlait de se racheter. Et pour ça je lui était reconnaissant. Maintenant, j'étais prête à faire des efforts. Pour lui montrer mon soutien, je lui pris la main. Il me sourit instantanément puis il reprit.

-Puis, un jour, ta mère se retrouva face à un chèque refusé. Je n'avais pas retrouvé de travail. C'est le jour où je suis partie. La nuit d'avant, je venais de succomber au charme de Meredith. C'était la goutte d'eau qui a fait déborder le vase pour ta mère. Mais c'était plus par fierté que trahison. Nous savions que notre histoire allait s'arrêter.

-Je me souviens de cette soirée là. Mais tu avais déjà préparé tes valises.

-Oui, Meredith voulait absolument que je fasse quelque chose à propos de mes problèmes d'alcool. Elle m'avait inscrit dans une maison de repos pour deux semaines. Au départ, je voulais prétexter un voyage d'affaire puis, en comprenant ce qui était arrivé à ta mère, j'avais décidé de ne pas mentir, mais de ne rien dire. Et puis ta mère m'a viré de chez nous. J'avais un mois pour récupérer mes affaires. Après être partie, Meredith m'a hébergé. Nous étions déjà sur New York. La maison de repos m'a fait beaucoup de bien. Il y a deux ans maintenant, j'ai repris les études pour devenir journaliste. J'ai eu quelques petits articles dans des petits journaux puis j'ai été recruté par YALE suite à un article. Et voilà comment j'ai fini ici.

Je ne savais pas quoi dire. Mon père venait de répondre à toutes les questions qui me venaient à l'esprit. J'avais enfin eu des explications après toutes ces années. Je n'avais envie que d'une chose, le serrer dans mes bras. Après tout, pour lui non plus, ça n'a pas été facile.

-Tu m'as manqué, papa.

Quand il m'a entendu dire papa, je le sentis très ému. Je ne pouvais plus attendre, alors je le pris dans mes bras. Il me rendit mon étreinte, mes larmes coulèrent. Et cette fois, c'étaient des larmes de joie. La joie de retrouver mon père. Après ce petit moment, il décida qu'il était l'heure de rentrer. Il avait une idée en tête. Et en effet, une fois arrivé, il regarda dans son frigo puis me dit :

-Quinnie, j'ai une petite idée ! Et si on cuisinait des lasagnes comme quand tu étais petite. Et puis ça ferait, je pense, plaisir à Meredith.

Je me mis à rire. J'avais retrouvé mon père.

-Oui ! Ça me rappelle tellement de chose.

Et nous avons commencé à préparer notre festin.


Et voilà pour le dixième chapitre. Plus q'un et ensuite l'épilogue marquera la fin de cette longue aventure. Encore merci à ceux et celles qui auront suivi. N'hésitez pas à laisser un petit mot, c'est super sympa et ça fait plaisir. Voilà, voilà!

A bientôt!