Hé oui, de retour pour un onzième chapitre écrit selon les aléas de la vie. Cette fanfiction tend à traverser les années ahahah... Ceux qui la suivent depuis le début, et je sais que vous êtes quelques-uns, ne soyez pas découragés, je compte sortir encore un ou deux chapitres avant d'accoucher (d'ici trois mois) de mon petit garçon. Bref, je ne sais pas encore comment ça va se dérouler, mais j'ai bonne espérance que vous aimerez la suite. Ce n'est pas le chapitre qui bouge le plus malgré tout. Le prochain va être plus intéressant, promis! En tout cas, c'est le but de l'opération. Dites-m'en ce que vous en penserez à la fin!
Chapitre 11 - Un dénouement inattendu
- Heureux de voir que vous allez bien... dit alors une voix en ouvrant la porte. Gaara.
Il fallait évidemment que la seule personne qu'il ne fallait pas qu'elle nous voie entre à ce moment précis.
- Et toi, tu n'étais pas évadé pour la dix-neuvième fois en deux semaines, rétorque mon ami sans marquer un quelconque énervement.
Il faut dire, je n'avais pas vraiment envie de bouger même pour me justifier. Mon corps est encore fatigué. Mes muscles ankylosés et ma volonté sur le point de s'écrouler. Laissez-moi dormir en paix.
- J'aurais cru que tu aurais été assez intelligent pour ne pas te laisser avoir encore. Mais non, reprend-il avec une certaine mesquinerie.
La tension monte rapidement, plus qu'il n'en faut, avec ses deux-là à proximité. Si l'énergie pouvait se voir, des courants électriques émaneraient entre eux.
- Monsieur Sabaku No, vous avez reçu de graves blessures sur tout le corps. Vous ne lui laissez pas le temps de se reposer. Pourquoi vous obstinez-vous à vouloir vous échapper de cette chambre? S'exclame l'infirmière Michi en le poussant à l'intérieur.
- Hmnn.
- Parfait. Alors allez vous asseoir tranquillement sur cette chaise pour une fois. Votre amie est réveillée, vous pourrez avoir des conversations maintenant. Vous devez être grandement soulagé!
- Hmnn.
- Mademoiselle Hyûga, continue-t-elle en venant vers moi, le docteur a jugé que la stabilisation de votre état est suffisante pour vous permettre d'accomplir vos activités quotidiennes, comme manger, boire, et tout le reste. Je vais vous demander, jeune homme, de sortir tandis que je lui donne les soins appropriés. Et surtout, de faire attention aux tubulures, merci.
Kiba se dépêtre en faisant bien attention de ne rien accrocher sous le regard inquisiteur de ma salvatrice. Une fois hors de vue, elle remet le rideau en place. Cela me gêne beaucoup de savoir que Gaara est juste à côté et que ça ne prendrait qu'un coup de vent mal venu pour qu'il aperçoive mes parties les plus intimes. Ce qui me ferait littéralement mourir de honte.
- L'inspecteur de police attend dehors afin de vous interroger, vous et monsieur Sabaku No. Vous avez été sous surveillance constante depuis votre entrée ici, pépie l'infirmière. Vous avez eu de gros traumatismes. Je lui ai dit de rester là en attendant que je vous enlève tous ces désagréments. Vous allez par contre devoir garder le soluté en place. Mais vous pourrez marcher, ce qui serait d'ailleurs profitable le plus rapidement possible.
Elle m'enlève la sonde urinaire et la culotte, me permets de me laver partiellement en me promettant une douche bientôt. J'enfile une jaquette d'hôpital propre. Je me sens revigorée. Elle s'en va dès que la corvée est terminée, m'envoyant le policier par la même occasion. Celui-ci rejette le rideau pour nous avoir les deux bien à l'oeil, Gaara et moi. Les cheveux noirs, l'air semi désintéressé, une cigarette éteinte aux lèvres, il s'assied sur une chaise en soupirant.
- Monsieur Sabaku No, mademoiselle Hyûga, je m'appelle Sarutobi Asuma. Je dois vous poser plusieurs questions qui concernent la raison pourquoi vous êtes ici. Monsieur Sabaku No a eu la gentillesse de répondre précédemment à nos questions, mais je veux avoir votre version des faits précisément mademoiselle. De plus, nous avons dû obliger votre père à sortir d'ici plus d'une fois à cause de ses accès de colère fulgurants. Je souhaite que vous nous racontiez tout.
Alors je ne me gêne pas pour lui raconter tout ce que je sais, y compris sur Itachi, sur l'organisation, sur la défection de Sasori et Pein... je laisse Deidara en dehors de ça parce qu'il m'a quand même sauvée et je ferais une piètre reconnaissante si je le livrais sans merci. Comment j'ai trouvé Gaara dans un état très proche de la mort. Comment Kiba nous a sortis de là. Les noms que nous avons entendu. Une fois que j'ai tout expliqué, l'inspecteur me regarde très sérieusement. J'espère qu'il ne me mettra pas en doute comme les inspecteurs après mon viol.
- Votre histoire corrobore celle de votre ami. Cette organisation n'est pas inconnue de la police. Nous avons placé votre ancien colocataire, Akasuna No Sasori, en détention de garde à vue. Par contre, Pein, qui semble être le chef, est pour le moment introuvable.
La terreur commence à m'engourdir le visage, descendant lentement le long de mon corps.
C- e qu'il y a de certain, c'est qu'il ne peut plus se montrer en public pour le moment. Son visage passe dans tous les médias. Il est recherché pour de nombreux chefs d'accusation.
- Mais vous ne pouvez pas le retrouver... ils vont vouloir nous tuer! Nous n'en sortirons jamais vivants! Nous serons toujours en danger, couinai-je d'une voix faible.
- Votre père insiste pour que vous retourniez vivre dans votre famille, que vous serez protégée ainsi. Par contre, il y a le régime de protection des témoins qui serait plus intéressant dans votre cas. Une protection garantie, un changement de nom, un nouvel emploi ou une nouvelle université. Pour vous et monsieur Sabaku No.
- Et moi j'ai une autre option, s'interpose le monsieur en question.
- Ah oui, et laquelle, si je puis me permettre, demande monsieur Sarutobi ?
- Qu'elle vienne habiter chez moi.
La réponse est tombée comme une météorite en plein visage. Je me tourne la tête de son côté, observant ses traits impassibles. Vient-il de proposer une chose que normalement personne ne ferait pour moi? Une chose que n'avait jamais envisagée, bien que nous partagions déjà un appartement? De m'immiscer dans sa vie personnelle? De prendre de nouveaux risques à mon égard, comme si cela était naturel... Mais mes réflexions sont coupées par la voix de l'inspecteur qui ne semble pas croire que ça représente une bonne idée.
- Avec tous mes respects, je persiste à croire que le programme serait un meilleur choix. Car vous serez en danger, dans l'une ou l'autre des maisons.
- Son père ne veut plus d'elle. Il va la ramener et la séquestrera dans sa chambre jusqu'à ce qu'elle oublie même l'image du soleil. Tandis que vous connaissez ma famille, autrement influente, qui régit la ville de Suna. Nous serions très bien protégés sans faire appel à vous. Ma famille prendra soin d'elle. Mes parents sont d'accord de tout façon. J'ai déjà pris les dispositions.
- E-e-excuse-moi Gaara? Je vais habiter chez toi? Tu veux dire, dans ta maison? Qu'est-ce que ça signifie? Ne puis-je m'empêcher de dire malgré ma gêne constante.
- Je vous laisse en discuter avec votre petite amie, étant donné l'accord du Kazekage, lâche le policier en même temps qu'un énorme soupir. Jeune homme, sachez que je ferai des démarches auprès de votre père afin de vérifier la véracité de vos dires. Je reviendrai vous donner des nouvelles à tous les deux. Je vous laisse ma carte, afin que vous puissiez me contacter. Bon après-midi, monsieur Sabaku No et mademoiselle Hyûga.
- Gaara, tu n'as toujours pas répondu... continuai-je sans me soucier de l'intervention, ni du fait que notre interlocuteur en a profité pour partir, n'étant pas capable de penser à autre chose.
- Tu as entendu ce que j'ai dit il me semble.
- Et tu n'as pas pensé de m'aviser avant de prendre une décision à MON sujet?
- Tu dormais. Et ensuite, tu étais trop occupée avec Inuzuka.
Je tourne mon corps péniblement de son côté, enroulée dans la petite couverture si mince, tenant à avoir un contact visuel. J'allais même jusqu'à esquisser un mouvement pour me lever, empoignant les ridelles pour me soulever du lit. Un pied par terre, un deuxième, ça m'aurait pris une marchette pour être sûr de ne pas me planter face contre terre.
- Il faut qu'on parle, toi et moi. Tout seuls. Maintenant.
La situation est difficilement tolérable. Par ma détermination surhumaine, je parviens à me hisser de peine et de misère, me tenant sur le poteau du soluté. Pour tituber jusqu'au garçon qui me regarde, les yeux verts et fixes qui me soutiennent. Les cheveux en désordre comme à son habitude, d'une beauté sans égale. Bon d'accord, peut-être que Sasuke l'égale. Je m'affale sur le lit, puisqu'il est confortablement installé sur le fauteuil en face. Nous allons mettre les choses au clair pour une fois. C'est le meilleur moment, non?
- Je n'aime pas l'air que tu as et ça me fait mal de voir que tu ne vas pas bien. Tu ne voudrais pas qu'on s'explique?
- Hmnnn.
- D'accord, je commence alors. Tu es jaloux de Kiba. Ne fais pas cette tête-là, je suis capable de voir que tu enrages à sa seule vue. Et pourtant, si tu es là, c'est en grande partie grâce à lui. Et si tu trouves que nous sommes intimes, c'est bien parce que ça a toujours été et c'est encore mon meilleur ami.
Meilleur ami, jusqu'à quel point, il faut se le demander. Non, plus tard Hina. Ce n'est pas le temps de gamberger, tu vois bien. De plus, il me semble que Gaara a la patience plutôt limitée surtout sur le sujet.
- Et des amis, pour moi, autant homme que femme, doivent réconforter et aider l'autre à se sentir bien. C'est pour ça qu'on appelle cette relation amitié. Alors arrête d'être agressif continuellement, ça ne sert à absolument rien. Et tu ne me feras pas changer d'idée. Sur quoi que ce soit.
- Alors je ne dis plus rien.
Passionnant comme conversation, franchement. Un air bête comme ses deux pieds. Il se lève, avec le faciès inchangé, pour envahir son lit sans égard pour moi-même. Il pourrait faire attention, tout de même, je viens de revenir de loin! Et de me pousser inévitablement sur le plancher. Je me ramasse par terre, tremblotante. À ses pieds.
- Merci de ta considération, ça fait vraiment plaisir.
- Je te considère assez pour te demander d'habiter dans notre maison, je ne me suis pas foutu de toi.
C'est pas faux. La porte s'ouvre soudainement pour laisser entrer un grand homme aux cheveux noirs et yeux laiteux avec une teinte lavande. Mon père. Quelle position désavantageuse.
- Où est ma fille? Tonne-t-il en regardant Gaara. J'exige de la voir.
Je suis cachée à son regard, sur le plancher entre les deux lits. Je me mets en position d'exercice au sol sans trop forcer (il faut sauver mon honneur). Il n'aurait jamais permis que sa fille, si décevante, lui fasse honte encore une fois. Se retrouver aux pieds d'un homme, très peu pour lui. L'autre regarde mon géniteur avec une haine non dissimulée.
- P-p-p-père, je suis ici! Dis-je d'une petite voix.
- Que fais-tu à cet endroit inapproprié, ma fille? Lance-t-il sur le même registre.
- Des exercices, père, vu mon long sommeil, pour me remettre en forme.
J'essaie de prendre l'air le plus innocent qui soit. Bref, mon air habituel.
- J'ai reçu un appel incongru. J'espère que tout ceci est une blague.
- Quel appel, père, dis-je en remontant sur mon matelas et me recouvrant de la couverture.
- L'appel du Kazekage. Il veut une rencontre formelle pour que je lui donne l'accord de ta prochaine présence dans sa demeure. Je suppose que vous, jeune homme, y êtes pour quelque chose.
- En effet. Comme je l'ai dit à l'inspecteur ainsi qu'à mes parents, je juge qu'elle sera plus en sécurité dans notre demeure que dans la vôtre, dit Gaara d'un ton sans réplique.
Je suis impressionnée, je n'avais jamais vu quelqu'un, surtout de mon âge, qui se permette de parler comme cela à mon père. Peut-être que parce qu'il est le dirigeant du clan Hyûga et que tout le monde préfère s'écraser que de répliquer. Mais le tempérament génétique des Sabaku No n'est pas du genre à s'en formaliser, pénétrés de leur propre importance. Enfin je suppose puisque je n'ai rencontré que la fratrie pour le moment.C'est une chance... pour moi. Je n'ai pas envie de subir l'humeur épouvantable de mon père, des domestiques, les sous-entendus... rien ne pourrait plus m'affliger après ce que je viens de vivre.
- Alors vous avez convaincu votre père, le dirigeant d'une des plus grandes villes du Japon, de prendre soin de Hinata?
Il est sûrement en train de se dire que malgré sa position favorable, il a trouvé une famille plus influente que lui... son avenir dépend sûrement de sa réponse. Il doit se plier et il le sait, je le sais, Gaara le sait.
- JE suis le futur Kazekage. J'assume mes responsabilités et ceux que je désire prendre en charge sont les mieux traités de tout le sud du pays. Y compris si cela inclus votre fille. Elle a frôlé la mort de nombreuses fois en peu de temps et m'a sauvé la vie. Vous ne verrez pas d'inconvénient à ce que je prenne les dispositions requises afin que cela ne se reproduise plus, dit-il en plantant ses yeux verts dans ceux de mon père.
- Ainsi ce que j'avais entendu est donc vrai. Tu as sauvé la vie du fils du Kazekage, ma fille. C'est plus que surprenant. Enfin. Peut-être ai-je enfin la récompense de mon acharnement à faire de toi quelqu'un de respectable. Je me vois dans l'obligation d'accepter cette offre. J'irai voir votre père incessamment pour lui faire part de ma décision.
Et de se mettre dans ses bonnes grâces. Pour qui nous prenez-vous, il est évident que vous allez concocter un nouveau plan sordide. Car, vous mon père, êtes excellent pour les plans foireux. Je sais que l'idée de nous marier à la fin des études, Neji et moi, lui a effleuré l'esprit plus d'une fois. Peut-être que certains clans se suffisent en relations incestueuses, mais je ne ferai pas les frais de cette idée machiavélique. Même si pour cela les dons héréditaires finissent par se perdre. En tout cas, c'est ce que je pense très fort. Il pense peut-être se débarrasser une fois pour toutes de moi enfin. Ou que ça permettra au clan de s'épanouir avec des relations aussi haut placées.
- Par contre, ma fille, vous représentez les Hyûga . Je ne vous permettrai pas de bouleverser qui que ce soit ou de faire quoi que ce soit qui nous déshonorerait encore plus que vous ne l'avez déjà fait. J'espère que vous avez compris. Votre sœur m'a dit qu'elle compte vous voir dans un avenir rapproché, dit-il d'un faux air paternaliste. (Juste pour adoucir ses paroles en présence d'une autre personne.)
- Elle aura toute la liberté de visite qu'elle voudra dès que vous serons sortis d'ici, réplique l'homme aux cheveux rouges. Ce qui ne devrait pas tarder à mon avis.
C'est vrai, combien de temps vais-je encore être obligée de rester dans ce lit, avec ce voisin désagréable, à la vue de tous? Je commence à fatiguer. Kiba, l'enquête, Gaara, mon père... je laisse ma tête retomber sur l'oreiller. Sûrement le médecin qui va venir aussi dans la journée. Elle n'est pas terminée. Mais comme mon géniteur et mon ami ne semble pas avoir besoin de mon approbation pour quoi que ce soit et que la conversation ne se déroule qu'entre eux, je me permets de fermer les yeux quelques instants.
- Mademoiselle Hyûga? Je suis Dr Shizune. Je viens faire votre évaluation quotidienne. L'hôpital se remplit rapidement, il n'y a pas eu autant de blessés depuis des années! Dès que vous serez prête à prendre congé je vous signe l'autorisation de sortie.
- D'accord.
- Alors, je dois d'abord prendre vos signes vitaux et vous poser plusieurs questions sur votre état de santé actuel...
S'ensuit un long dialogue de questions-réponses sur toutes sortes de sujets. Sur mon bien-être. Sur la rémission des cicatrices, les précautions à prendre lors du retour, des notions premières de sécurité. Bref, des questions banales qui m'empêchent de trouver le sommeil une nouvelle fois. Comme les réponses et les tests semblent la satisfaire, elle m'annonce que d'ici quelques heures je recevrai mon congé de l'hôpital. Dans quelques heures donc je serai sortie de cet endroit aseptisé pour m'installer dans un palace, à Suna, qui m'est totalement inconnu. Rien qui soit vraiment rassurant, à mon avis. Chose certaine, il me faut prendre du repos autant que possible avant de tomber entièrement dans les griffes des No Sabaku. Parce que ça risque de gruger pas mal d'énergie. Comment vais-je continuer mon cursus scolaire, récupérer mes effets personnels restés à l'appartement, expliquer le tout à mes amis?
Vais-je encore avoir le droit de leur parler?
Ou serai-je suivie vingt-quatre heures par jour pour éviter de me faire trucider comme la dernière des demeurée...
Bref j'ai des tas de questions. Quand la docteure finit enfin par me laisser tranquille, je m'endors de nouveau en quelques secondes. Une nouvelle aptitude qui ne manque pas ne me plaire.
- Pourquoi tu veux envoyer Matsuri venir nous chercher? Tu sais comment elle est, je vais avoir de la peine à supporter son humeur... en plus qu'elle va sûrement piquer une crise de jalousie pour Hinata! Si tu insistes, d'accord, mais ne t'attends pas à un miracle de ma part. Dans combien de temps? D'accord, va falloir que j'accélère le processus.
Le bruit du combiné qui retombe sur son socle. Difficile de ne pas entendre, surtout quand il n'y a pas de murs pour couper le son. Un soupir de la part de Gaara. J'espère qu'il va finir par être de meilleur poil, parce que franchement ça ne donne pas envie de le suivre. Mais il a raison sur un point, c'est que ça ne peut être pire qu'avec mon père. Et malgré son renfermement continuel, il a su me témoigner de la réelle douceur à plus d'une occasion.
Je ne sais pas quelle intention il a réellement en me gardant près de lui, et je ne sais pas à quoi m'attendre non plus en fait. En terme d'aventure, je crois avoir largement eu ma dose pour longtemps.
- Mademoiselle Hyûga?
Tiens une voix qui ne m'est pas inconnue.
- Les dernières formalités pour votre départ sont prêtes. Monsieur Sabaku No aussi.
Je me lève péniblement pour aller chercher l'enveloppe remplie de papiers que la docteur me donne enfin. Gaara ne prend même pas la peine de signifier qu'il a entendu. Cet homme, pas capable de vivre avec, pas capable de vivre sans, que voulez-vous. Il m'énerve à un point qu'il n'y a que lui pour repousser les limites à chaque fois. Je fais semblant d'écouter ce que la dame me dit, mais je me concentre pour rester debout. De toute façon, sur les papiers il doit bien être écrit ce dont il retourne, non.
Je ne suis pas fière, faire semblant n'est pas mon genre d'habitude, je devrais être attentive, mais rien n'y fait. Le babillage produit cesse soudain et elle me regarde étrangement.
- Euh oui oui, je ferai tout cela. Maintenant, permettez-moi de rassembler mes choses et je vous jure de ne plus jamais revenir ici.
Comme si je pouvais répondre quelque chose de censé alors que je n'ai aucune idée de ce qu'elle disait. Manifestement, cela la satisfait tout de même puisqu'elle se tourne vers mon ami pour discuter. Celui-ci qui décide que de répondre par le silence le préserve de toutes les questions posées.
- Dépêchez-vous, nous avons une domestique qui vient nous chercher dans dix minutes, la coupe-t-il.
La fille ne s'offusque même pas et finit par jeter les documents sur la table de chevet.
- Nous souhaitons ne plus jamais vous revoir ici vous non plus, dit-elle sans malice en quittant les lieux.
Une fois seuls, Kiba parti je ne sais où mais jamais revenu, j'ai des questions à poser à mon compagnon mais je me dit que ce serait peut-être mieux de ne rien demander. J'aurai sans doute les réponses asse rapidement. Je n'ai qu'à faire comme d'habitude, être naïve, surprise et innocente.
- Hinata, tu as entendu, tu te dépêches à ramasser tes trucs avant que l'autre arrive!
La bonne humeur va finir par l'étouffer (si ce n'est pas moi avant...) mais je ne dis rien. Sûrement qu'en étant passive il va se calmer. Je continue sereinement à chercher mes vêtements... oh non! J'ai seulement la robe de l'Akatsuki! Mais je ne peux décemment pas sortir avec ça! Alors que j'y pense, ce doit être le cas de Gaara aussi...
- Gaara, nous avons un problème... t'aurais pas du linge de rechange par un pur et simple hasard?
- Pourquoi encore, dit-il en se levant et traversant le rideau avec impatience. T'es au courant que je vois tes fesses d'ici?
Kami-sama. C'est la jaquette qui est ouverte et laisse entrevoir mes parties arrières. Je me dépêche de me couvrir du mieux possible, mais le tort est fait.
- Quand nous sommes arrivés nous étions en robe de l'organisation, tu te rappelles...
- Oui, et?
- Justement c'est le problème. T'aurais pas d'autres vêtements que ceux que tu portes?
Parce que monsieur malgré son air bougon et ses cheveux rouges en pétard arborait un ensemble noir assez chic avec un t-shirt et des espadrilles assortis juste pour faire plus jeune.
- Pas vraiment.
- C'est bien, c'est bien, et tu crois que je vais sortir d'ici comment?
- Je vais appeler Matsuri qu'elle aille t'acheter quelque chose avant d'arriver.
Aussitôt dit, aussitôt fait.
- Ouais, et prends-lui du small. Juste quelque chose pour être présentable à mes parents.
Je roule de gros yeux. Pour être présentable, il faudrait plus que du nouveau linge, comme une douche, un lavage de cheveux, quelque chose comme ça...
- Bon. Quand on va sortir d'ici, attends toi à être bombardée par des photographes et des journalistes. Avant d'aller à la maison, je vais te laisser avec Matsuri, elle va t'emmener faire des affaires de filles, dit-il en fermant son téléphone. N'oublie pas que dès maintenant, tu es sous ma garde et protection ainsi que celle de ma famille. Tu ne passeras pas inaperçue et pour tout ces gens, toi égale Sabaku No et plus particulièrement moi. Compris?
- Oui, Gaara.
Il fait un pas hésitant dans ma direction.
- Je te remercie de faire tout ça pour moi. J'espère que tout va bien se passer chez toi.
J'ai de la pression comme c'est pas possible. Non seulement dans la ligne de mire avec ma propre famille, il fallait aller dans une famille encore plus imposante que la mienne et donc automatiquement plus de responsabilités. Qui est cette Matsuri, aussi? Jamais entendu ce nom. Je n'ai même pas de sous-vêtements, tandis que j'y pense. Mais ça, pas question de le dire à mon ami, je prie seulement pour que la fille ne m'achète pas quelque chose où ça risque de paraître.
- Tout va bien se passer, oui, c'est sûr. Je te fais confiance. Ce sont des avertissements de base, pour te mettre dans le bain, parce que c'est surprenant quand on ne s'y attend pas.
Je te fais confiance? Mots étranges venant de lui.
Quelques minutes plus tard, ça cogne à la porte. Enfin quelqu'un avec du savoir-vivre. Une jeune femme en tailleur blanc entre, les cheveux châtains aux épaules, un sac argenté de grande taille dans les mains. Elle s'incline avec ferveur devant Gaara, qui lui ne s'incline pas du tout. Elle me dévisage sans trop en avoir l'air, me jaugeant du regard. Je sais que je ne suis pas reluisante.
- Monsieur Sabaku No, je suis très heureuse de constater que les soins que vous avez reçus vous ont amené sur le chemin de la guérison. Voici donc votre amie...
- Matsuri, donne-lui les vêtements que nous puissions partir d'ici le plus vite possible, ça traîne.
- Malheureusement, j'ai bien peur que ça ne soit pas tout-à-fait dans son style vestimentaire...
Qu'est-ce qu'elle sait de mon style vestimentaire, elle?
- Rien à faire. C'est déjà mieux que rien.
Avec réticence, elle me tend le sac. Et disparaît discrètement dans le couloir, ainsi que Gaara. En sortant ce qu'elle a acheté, je sais d'ores et déjà qu'elle avait raison. Un robe vert pomme à mi-cuisse, légèrement évasée, largement décolletée à cause de ma grosse poitrine avec de petites bretelles noires. Avec un soutien minimal à ce niveau. J'ai l'air d'une greluche de mode. Mon père va faire une syncope s'il tombe sur des photos avec ça. Des petites ballerines noires assorties. La seule chose qui me plaît finalement. Et pas de petites culottes ni soutien-gorge. Bref, la classe.
En espérant qu'il n'y aura pas de coup de vent inopportun. Je regarde une dernière fois autour de moi, sûre que je n'ai rien laissé ici. Avec une quasi déception, je découvre le couloir de l'hôpital ainsi que les deux personnes qui m'attendent dont une impatiemment. À voir les yeux de la dénommée Matsuri, je comprends que mon décolleté est trop plongeant. C'est de ta faute, ce n'est certainement pas moi qui ai choisi ça. Gaara ne dit pas un mot en me lorgnant mais décide de me mettre sa veste sur le dos.
- Hinata n'a pas l'habitude de se faire poursuivre par des gens dénués de sens moral, alors tu prends soin d'elle et surtout tu t'arranges pour qu'il ne lui arrive rien.
- Oui bien sûr, monsieur Sabaku No.
- On y va.
Et ces deux énergumènes de m'entraîner dans le dédale, vers la sortie la moins passante sans doute dans l'espérance de voir réduit le nombre d'assaillants à l'extérieur. Ce qui ne sert pas à grand chose, étant donné la trentaine de personnes qui trépignent dehors. Des flashs commencent à m'irriter la rétine. Un brouhaha assourdissant règne quand mes compères poussent la porte. Gaara passe un bras autour de ma taille, me poussant à avancer plus vite.
- Sabaku No Gaara, s'agit-il de votre salvatrice? Crie une femme dans l'assemblée.
- Monsieur Sabaku No, votre impression après avoir échappé à une mort certaine? Lance une autre.
Ainsi de suite sans discontinuer. Un homme élégant nous ouvre la porte d'une petite limousine noire. Se promener en limousine comme ça, c'est spécial.
Nous roulons jusqu'à un centre d'achat immense que je n'avais jamais vu encore. La voiture s'arrête sur le bas-côté. Le chauffeur fait le tour pour venir ouvrir la porte. Mais pourquoi on vient ici, je croyais qu'on allait directement à la maison de Gaara...Matsuri me fait signe de sortir. Je ne comprends toujours rien.
- Tu fais comme on a dit, Matsuri, pas une minute de plus c'est bien compris, exige mon ami.
- Oui, bien sûr, monsieur Sabaku No.
Le chauffeur referme la porte sans plus de précision et redémarre en trombe pour aller dans un lieu inconnu. Me voici donc seule avec une domestique que je vois pour la première fois de ma vie. Qui marche d'un pas décidé vers l'entrée qui annonce le Mizu, qui m'est totalement inconnu. Je n'aime pas ça du tout.
- Nous avons une heure pour vous coiffer et vous maquiller, ainsi qu'un traitement de choc pour l'épiderme. Une fois installée, je vais vous laisser seule pour remplir une garde-robe qui sera à votre taille. Ne vous inquiétez pas, ils sont très compétents, mesdames Karura et Temari viennent exclusivement à cet endroit, vous aurez un traitement de faveur, tout est déjà arrangé. Monsieur Gaara tient à ce que vous rencontriez ses parents dans le meilleur état possible malgré votre convalescence récente.
J'ai l'air d'un chien battu, si je comprends bien. Pas assez correcte pour la première rencontre... C'est sûr, ça n'aurait pas passé chez moi non plus. La honte, blablabla, l'honneur qui doit être préservé, blablabla, toujours la même rengaine. Je suis déçue. On s'entend, n'importe quelle autre fille qui entendrait parler d'esthéticienne et de nouvelle garde-robe serait excitée... Mais non. Nous entrons dans l'antre de ma torture. Je dois avouer que c'est très joli, mais comme j'ai l'air de traîner, Matsuri me pousse vers le comptoir étincelant tenu par une fille qui a dû passer beaucoup de temps sur sa propre chaise.
- Mizu bonjour, mesdames. Voici donc la petite protégée? C'est parfait, laissez-la moi.
Tout est fait sans me demander mon avis, remarquerez-vous, et avec autorité. La jeune fille châtaine me laisse seule avec mon bourreau m'installe confortablement sur un fauteuil de coiffeuse.
- Nous allons vous laver les cheveux, premièrement, ensuite une petite teinture pour rafraîchir tout ça ne fera pas de mal... mon assistant s'occupera de la manucure, pédicure. Si nous en avions le temps, l'épilation aurait été une bonne option mais... nous allons nous arranger autrement.
- Une teinture? Désolée mais je préfère mes cheveux avec cette couleur, madame...
Air dubitatif de sa part.
- Laissez-moi au moins vous faire une coiffure digne de ce nom.
Je ne prononce pas un mot, peut-être va-t-elle comprendre mon malaise. Je crois qu'elle s'en fout. Je passe donc quarante-cinq minutes à me faire harceler tous bords tous côtés. J'attends ma délivrance avec impatience, c'est-à-dire le retour de Matsuri. Qui entre en trombe dans la boutique cinq minutes avant l'heure limite, les bras chargés au maximum. Je ne compte pas les sacs et les paquets, seulement de penser que tout ça c'est pour moi... absurde.
- Mademoiselle Hyûga, il faut se dépêcher, monsieur Sabaku No est déjà dehors...
Comme si c'était ma faute.
- Merci madame Polidori, très beau travail, nous nous reverrons cette semaine, lance-t-elle à la dame superficielle au possible.
- Au plaisir de vous revoir.
Je lui ouvre la porte étant donné la difficulté qu'elle a à mettre ses pieds l'un devant l'autre. La petite limousine attendait devant, comme promis. Le chauffeur se précipite à notre rencontre, disposant les sacs dans un certain ordre à l'intérieur. Mon ami aux cheveux rouges, assis dans le fond, me jette un regard intéressé.
- C'est très satisfaisant, Matsuri, mais tu aurais dû la faire habiller avant de revenir.
- Pardonnez-moi, monsieur, je vais réparer cette erreur tout de suite. Chauffeur, montez la vitre derrière.
Un paravent de miroir noir se place entre Gaara et nous. L'embarcation s'éloigne du centre d'achat.
- Je vous conseille cette robe-ci, et fouillez dans ce sac que j'ai pensé à vous prendre.
Cette robe-ci est mauve, et le sac est vert et énorme. Il s'agit de sous-vêtements. Elle doit se dire que nous fricotons ensemble, son employeur et moi, sinon elle aurait choisi autre chose que de la lingerie sexy. Je m'habille rapidement en lui tournant le dos, malgré l'exiguïté de l'endroit. Ça fait du bien de se sentir moins nue.
Elle appuie donc sur un bouton caché sous le banc, qui nous fait réapparaître à la vue de Gaara.
- Franchement, je n'aurais jamais cru que tu pouvais ressembler à ça.
Quelle remarque intempestive.
- Et bien c'est parfait, vraiment, parce qu'on arrive chez moi.
En observant dehors, j'aperçois l'endroit gigantesque qu'il va me falloir habiter durant … durant un temps indéterminé.
Une bouffée intense de chaleur et désapprobation s'empare de mon corps, le souffle court, jusqu'à ce que finalement je m'évanouisse.
