Hey les ami(e)s comment allez-vous?
Nous voici donc au dernier chapitre. On prépare les mouchoirs, vous allez en avoir besoin! La première fois que j'ai lu ce chapitre, j'ai vider trois paquets et je ne suis pas une âme sensible, donc soyez préparé(e)s
Je remercie encore une fois TheCrasy pour son travail de correction. Tu as été parfaite ma Nanille, merci :D
Je n'ai toujours pas répondu à vos reviews et je m'en excuse, mais j'ai toooooooouuuut lu, je le jure et ça me fait super plaisir que cette histoire vous plaise autant qu'à moi :D
Je vais juste faire une petite précision, parce qu'on me l'a dit en review et qu'il faut juste qu'on se souvienne tous et toutes que
Yeux Rouges = Alpha
Yeux jaunes (ou oranges, suivant comme on les voit lol) = Bêta ou Omega
Yeux Bleus = Bêta ou Omega ayant pris une vie innocente
Pour rappel, pendant les saisons 1, 2 et 3A, Scott est un Omega et il a les yeux jaunes
Voila voilou ^^
Bonne lecture et on se retrouve en bas et en review où nous pourrons nous extasier en choeur devant le talent de l'auteur qui a eu une idée super originale et merveilleuse
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La fin de toute chose
Quand Derek et Stiles se garent à l'extérieur de la maison de Stiles, l'humain est soulagé de voir que son père n'est pas là.
- Bon, voila une balle que tu peux éviter. Littéralement, plaisante Stiles et Derek roule des yeux alors qu'il sort le sac de Stiles du coffre de la voiture.
Stiles le retrouve sur le trottoir et sourit quand Derek le lui tend avec son sac à dos. Derek se rapproche de lui et sourit d'amusement parce que Stiles est plus grand que lui en se tenant sur le trottoir. Il relève la tête et se met sur la pointe des pieds pour embrasser tendrement Stiles, posant ses mains sur sa taille.
- Être à la maison ne change rien, ok ?
Stiles fait la moue.
- À l'exception de devoir dormir seul après trois semaines à dormir à tes côtés chaque nuit, grommelle-t-il et Derek fait un bruit malheureux alors qu'il embrasse à nouveau les lèvres de Stiles.
- Ouais, ça craint, mais quelque part, je doute que ce soit très sain de me faufiler dans ta chambre pour me pelotonner contre toi la nuit, alors que ton père est le shérif, dit-il et Stiles ricane.
- Et dire que je croyais qu'être de retour à la maison voudrait dire qu'on en aurait fini avec tout ce truc de « Shérif Stilinski », plaisante-t-il.
Il soupire et presse ses lèvres contre le front de Derek.
- Merci. Pour tout.
Derek secoue la tête.
- Tu sais que je ferais n'importe quoi pour toi. Pas besoin de me remercier.
Il s'écarte et ferme le coffre de la voiture en regardant la rue.
- J'ai l'étrange sensation que je devrais y aller maintenant, dit Derek et Stiles rit au flash de peur dans les yeux du loup.
- D'accord, espèce de grand trouillard, taquine-t-il. Hey Derek ! Appelle-t-il avant que Derek puisse complètement faire le tour de la voiture. Appelle-moi ce soir, ok ? Ou viens me voir si tu te sens assez courageux.
Derek grimace.
- Je pense que le téléphone devra le faire pour ce soir. J'aime mes couilles là où elles sont dit-il et Stiles renifle, roulant des yeux alors qu'il se tourne et rentre dans la maison, sachant que Derek le regarde tout le long.
OoOoO
Stiles a juste assez de temps pour jeter ses affaires sur son lit et le sol, avant d'entendre la porte s'ouvrir en bas.
- STILES ?!
Stiles grimace à la colère dans la voix de son père. Il a juste le temps de planquer la boîte de préservatifs à moitié vide sous une pile de T-Shirts alors que des pieds martèlent les escaliers et le couloir, avant que la porte ne s'ouvre et son père se tient là, ayant l'air à moitié en rogne, à moitié soulagé.
- Bon Dieu, grogne John, traversant la pièce en trois enjambées pour attirer Stiles dans une étreinte serrée.
Stiles ravale sa culpabilité et étreint son père à son tour, s'accrochant à lui.
- Hey, papa.
John se recule et tient Stiles à bout de bras, le regardant de la tête aux pieds.
- Eh bien, tu as l'air en un seul morceau, mais merde gamin, ce petit bâtard ne t'a pas nourri ? Plaisante-t-il et Stiles roule des yeux, s'écartant pour s'asseoir sur le lit.
- Je mange, papa, dit-il, plaçant ses jambes sous lui. Et ne l'appelle pas comme ça, réprimande-t-il, plissant les yeux.
Le visage de John devient plus orageux et moins soulagé et il commence à faire les cent pas.
- Oh je pense que si, et c'est probablement le meilleur moment pour commencer, prévient-il et Stiles grimace avant que John arrête finalement de marcher et lève les mains. PUTAIN MAIS À QUOI TU PENSAIS ?! Crie-t-il avec un mélange de colère, de déception et plus que tout, de confusion. Stiles, tu n'es pas stupide et tu ne te rebelles pas, alors bordel, qu'est-ce qui t'as pris de t'enfuir pendant un mois ?!
Stiles savait que ça arriverait dès qu'il serait à la maison, mais il déteste quand même ça.
- Papa, on doit parler, mais tu devrais t'asseoir.
- Oh-ho non, dit John, recommençant à faire les cent pas. Tu vas t'asseoir là et je vais parler ! Tu as laissé un mot et tu n'as dit à personne où tu allais ! Tu as disparu et je n'ai eu aucun avertissement ! Est-ce que tu sais que j'ai honnêtement pensé que tu avais été kidnappé et ça a été un une fausse lettre pendant plusieurs jours, jusqu'à ce que Lydia Martin me rassure en me disant que tu étais en sécurité et qu'elle était en contact avec Derek –
- Whoa, quoi ?! Demande Stiles, relevant brusquement la tête, mais John ne laisse pas détourner.
- Et le seul moyen que j'avais de savoir que tu étais en vie, c'était ton stupide blog de voyage et ensuite, tu as manqué une bonne partie de la première semaine d'école, ce qui ne te ressemble pas ! Tu es un bon élève, pourquoi tu ferais ça ? Non, raye ça, tu es un bon gamin, pourquoi est-ce que tu t'enfuirais, bon Dieu ?! Exige John, ne regardant toujours pas Stiles. Seigneur, à part pour ton attitude et te fourrer dans les ennuis à cause de ta satanée curiosité – qui sont de ma faute, je sais de qui tu tiens ta grande gueule et ta curiosité insatiable – tu n'as jamais été un mauvais gamin ! Je veux dire, bien sûr, je sais pour la boisson – ne me regarde pas comme ça, je ne suis pas stupide, gamin – mais c'est tellement occasionnel, tu es bien meilleur pour ne pas faire de mauvaises choses que moi, Dieu sait que j'ai assez bu et fumé assez de shit quand j'étais un ado pour que je puisse être un hippie –
Stiles reste bouche bée et John secoue la main.
- C'est pas le problème, le problème c'est que tu t'es enfui pendant presque un mois et ça ne te ressemble pas, Stiles, souligne-t-il.
Il le regarde et la déception dans ses yeux est écrasante.
- C'est Derek Hale ? Il t'a convaincu de faire ça ? Je pensais qu'il était un bien meilleur gamin que ce que je pensais, depuis que j'ai appris la vérité, mais est-ce qu'il t'a persuadé ? Qu'est-ce qu'il a bien pu te dire pour que tu acceptes de t'enfuir, bon sang ?!
Stiles lui jette un regard noir.
- Derek ne m'a pas convaincu de faire ça, c'est moi qui lui ai demandé !
- Bon Dieu, Stiles, ça ne te ressemble toujours pas, hurle John. C'est un adulte, il sait parfaitement dans quoi il se fourrait quand il a accepté de faire traverser les frontières de l'état à un mineur sans consentement parental ! Il t'a littéralement kidnappé, Stiles. La seule raison pour laquelle je n'ai pas lancé d'appel, c'est parce que c'est un loup-garou et que je ne pouvais pas risquer que ça se sache !
Il se frotte les tempes.
- Il ne peut pas être aussi stupide. Je sais qu'il ne l'est pas.
Stiles secoue la tête.
- Je lui ai demandé, papa. Je l'ai convaincu. Je savais qu'il le ferait si je le voulais et on a décidé comme ça de le faire, d'être spontané, ce genre de trucs.
John s'effondre dans la chaise de bureau et fixe Stiles avec désespoir.
- Qu'est-ce que tu as bien pu lui dire pour le convaincre de –
John s'arrête et fixe Stiles.
- Stiles, dit-il avec un avertissement dans la voix et Stiles se mord la lèvre, essayant de ne pas avoir l'air aussi coupable qu'il s'imagine avoir l'air. Je jure devant Dieu, si tu as fabriqué de faux papiers et que tu t'es enfui pour te marier, je vais littéralement assassiner Derek Hale.
Stiles halète, surpris de voir où les idées de son père sont allées.
- PAPA !
- Si tu es le mari de quelqu'un, je vais chercher mon arme tout de suite –
- PAPA !
- Je ne plaisante pas, Stiles, tu as intérêt de ne pas être marié –
- Papa, je ne suis pas marié, hurle Stiles, lui jetant un regard incrédule. Sérieusement !? S'enfuir pour se marier ?! C'est à ça que tu as pensé ?! Je ne me suis pas marié avec Derek, je n'ai pas fabriqué de faux papiers pour faire croire que j'ai dix-huit ans et il n'y pas besoin de tuer quelqu'un, ok ?
John se rassoit et passe une main sur son visage.
- D'accord, mais j'ai raison, non ? Demande-t-il, avec de la colère mordante dans la voix. Derek et toi vous êtes enfuis ensemble pour une connerie d'amour de vacances, pas vrai ?
Stiles lui jette un regard noir.
- Non. Ce n'était pas du tout comme ça. Bon Dieu, tu me penses vraiment si irresponsable ?
John a un regard incrédule qui l'air de dire eh bien tu t'es enfui pendant un mois.
- Écoute papa…
Stiles se frotte le crâne, fixant ses genoux.
- Donc, pour ma tranquillité d'esprit, tu dis que tu n'as pas couché avec un homme de 23 ans ? Demande John et Stiles se mord les lèvres et regarde son père dans les yeux.
John grimace davantage.
- Tu viens de dire –
- J'ai dit qu'on n'avait pas fait ça pour une romance d'été et ce n'est pas ce qu'on a fait, insiste Stiles d'une voix calme. Et techniquement, ce n'est pas illégal parce que l'âge du consentement est de 16 ans dans le Maine, dit-il simplement.
John grommelle.
- Ce n'est pas important que ce soit illégal ou non, Stiles, le fait est qu'il est adulte et que tu as 17 ans –
- Et je ne vais jamais en avoir 18 ! Hurle Stiles alors qu'il saute sur ses pieds et marche autour de son lit, les bras croisés autour de sa taille.
Il n'entend rien d'autre qu'un silence complet et il se tourne pour regarder son père, qui le fixe juste avec quelque chose qui ressemble à de la confusion et de la peur. Stiles déglutit difficilement, laissant tomber sa tête en arrière alors qu'il combat les larmes.
- C'est de ça dont il s'agit, papa. C'est de ça qu'il s'agit. Pas de moi et Derek et ce que nous ressentons l'un pour l'autre, mais à propos – à propos de ça.
John le regarde, se léchant lentement les lèvres.
- Stiles. Qu'est-ce que tu veux dire ? Demande-t-il, sur un ton calme et prudent.
Stiles revient au pied de son lit et s'assoit.
- Je suis en train de mourir, dit-il et la peau de John perd toute couleur.
Il commence à secouer la tête et Stiles hoche la sienne, des larmes dans les yeux.
- J'ai découvert plus tôt cet été que j'ai un cancer, souffle-t-il et John se redresse, secouant lentement la tête. Je savais que je n'aurais que quelques mois et je voulais – je voulais vivre avant de mourir-
- Non, non Stiles, conteste John. Non tu ne peux pas être en train de mourir, pas comme ça-
Stiles hoche la tête, les larmes coulant librement.
- Un cancer de la peau qui n'a pas été remarqué jusqu'à ce qu'il se soit métastasé dans mes poumons.
- Il y a des traitements et – et des médicaments, Stiles, tu ne peux pas-
Stiles coupe John avec un sourire triste.
- Si, papa, renifle-t-il. J'ai fait promettre à Melissa et au docteur Bennings de ne rien te dire. Je ne voulais le dire à personne d'autre en dehors de Derek, mais maintenant que tu as mentionné Lydia, j'ai dans l'idée que quelqu'un l'a dit à la meute, murmure-t-il. Je sais-je sais ce que la chimio t'as fait et je me souviens combien maman a souffert et je ne-
Sa respiration devient saccadée quand il voit les larmes s'échapper des yeux de son père.
- Je ne voulais pas de ça pour moi quand je savais que ça ne ferait que prolonger l'inévitable.
Il s'essuie le visage.
- J'ai fait le choix d'avoir quelques mois en bonne santé au lieu d'une année en étant malade.
- Seigneur, non, s'étrangle John et Stiles hoche faiblement la tête.
- C'est pour ça que Derek m'a emmené en voyage, papa. Je lui ai dit, une nuit. Je-Je voulais qu'il me promette de garder un œil sur Scott et tous les autres quand je serais parti et – et il a dit qu'il ferait n'importe quoi pour m'aider à être heureux pendant que je pouvais l'être, dit-il en souriant à travers ses larmes. Mon amie Magnolia voulait que je vienne la voir à San Francisco et – et Derek a proposé et ensuite, je lui ai demandé s'il voulait prendre la route, m'aider à faire tout ce que je pouvais avant de mourir et il a accepté.
Il rit faiblement.
- C'est un homme tellement bien, papa. Je sais, je sais que tu le hais là, maintenant, mais il est juste après toi dans la course pour « le meilleur homme du monde », plaisante-t-il.
Il s'essuie les yeux.
- Il m'a emmené là où je voulais aller et il m'a aidé quand j'en avais besoin et il a essayé de prendre soin de moi, même quand je ne voulais pas de sa pitié. Et il m'a parlé de sa famille et m'a même emmené là où il a vécu avec Laura à New York. Toutes les choses stupides que je voulais faire, il n'a pas bronché, il est venu en sachant qu'il aurait l'air stupide, parce qu'il voulait me faire sourire et me faire plaisir, murmure-t-il faiblement. Je sais que tu lui en veux papa, mais ne rend pas les choses plus dures pour lui qu'elles ne le sont déjà, dit-il, regardant John. Il m'aime tellement, papa. Il m'aime et il va me perdre comme il a déjà perdu tous ceux qu'il aimait. Il ne mérite pas ça et il n'avait pas à se rapprocher de moi, il aurait juste pu – garder ses distances et rendre ça plus facile, mais il m'a laissé avoir le peu de temps que je peux avec lui, même si ça va lui faire encore plus mal. Alors ne le blâme pas et ne rend pas les choses plus dures pour lui. Il va tellement souffrir et je sais que tu es meilleur que ça parce que tu- tu sais ce qu'il va traverser, alors s'il te plaît, ne sois pas en colère contre lui pour m'avoir donné la fin de mon dernier été la plus parfaite, ok ?
Stiles étouffe un sanglot et met son visage dans ses mains.
John glisse à genoux devant Stiles, enroulant ses bras autour de lui avec précaution, comme s'il avait peur de le briser alors qu'il le prend dans ses bras. Stiles étreint désespérément son père, glissant de son lit jusque dans les bras de son père.
- C'est bon Stiles. C'est bon fils, souffle John, regardant le plafond alors qu'il inspire profondément pour ne pas s'effondrer. Il doit être fort, pour Stiles.
- Je te tiens. C'est bon Stiles, clame-t-il, le berçant gentiment, tenant Stiles contre lui, comme lorsqu'il était petit. Papa est là, c'est bon, souffle-t-il, serrant les dents de rage et de douleur qui veulent le mettre en pièces.
Il est surpris par la colère qu'il ressent envers l'univers parce qu'il passé tous les moments éveillés pendant plus de 17 ans à protéger son enfant, la chose la plus précieuse au monde et maintenant, après tout ce à quoi ils ont survécu ensemble et séparément, la même putain de maladie qui a emporté sa femme va prendre leur bébé.
- Oh putain, je suis en train de mourir, sanglote Stiles contre son torse. Je vais mourir putain, gémit-il. Papa, je ne vais jamais avoir 18 ans. Oh mon Dieu, je ne vais réellement jamais avoir 18 ans !
Le cœur de John se brise de plus en plus avec chaque frisson qui ravage le corps dans ses bras.
- Shhhh, je suis là Stiles. Je suis là, murmure-t-il. Je te tiens.
Stiles laisse échapper un bruit douloureux et totalement dévasté qui donne à John l'impression qu'un millier d'aiguilles lui transperce le cœur.
- Pourquoi est-ce que ça arrive, Papa ? Pourquoi ça arrive ? Tout allait bien, après tout, tout allait bien. Pourquoi est-ce que ça m'arrive ? Pleure-t-il, ayant l'air encore plus perdu qu'avant. Je ne veux pas te laisser, papa. Je ne-Je ne veux pas te laisser tout seul-
- Oh seigneur, non Stiles, tout va bien, tout va bien, seigneur, non, jure John, secouant la tête.
Le corps de Stiles s'agite sous des sanglots brisés, des gémissements douloureux et de violents frissons qui donnent envie de mourir à John tellement ça lui faire mal de le voir comme ça.
- J'ai peur, murmure Stiles, comme si le dire à voix haute serait trop pour une confession. J'ai peur papa, je ne veux pas mourir. J'ai tellement peur.
- Je sais Stiles, je sais, calme sourdement John.
Ni Stiles, ni John ne bougent du sol de la chambre pendant un très long moment.
OoOoO
John n'est pas surpris de voir que la porte du loft est ouverte quand il sort de l'ascenseur. Il entre et voit Derek qui attend, ayant l'air autant terrifié que déterminé alors qu'il attend, les mains dans le dos, dans une tentative claire de ne pas avoir l'air mal à l'aise. C'est hilarant, vraiment, de voir ce jeune homme au caractère si dur et qui peut déchirer John en quelques secondes, avoir l'air aussi effrayé par John.
- Je ne suis pas armé, arrête d'avoir l'air si inquiet, plaisante-t-il et Derek a l'air un peu moins tendu. Allez, assieds-toi, dit-il en allant jusqu'au canapé.
Derek le zieute d'un air méfiant avant d'aller s'asseoir dans le fauteuil de l'autre côté du canapé, de façon à ce que la table basse soit entre eux.
- Écoute, pas besoin de tourner autour du pot. Je suis venu te parler de la maladie de Stiles.
Derek lève rapidement les yeux, l'inquiétude replaçant la peur.
- Attendez, il a eu un autre incident-
- Wow, filston, calme-toi, dit John en levant une main. Quel incident ? Demande-t-il.
Derek se frotte le visage.
- Il en est au point où quand il commence à tousser, il ne peut plus s'arrêter et il finit enroulé sur lui-même, cherchant son souffle. Le jour où nous avons décidé qu'il était temps de rentrer à Beacon Hills, il en a eu un si mauvais qu'il a lâché la vaisselle et est tombé et j'ai presque eu une crise cardiaque quand je l'ai rejoint.
John soupire lourdement.
- Je suis surpris que ça n'ait pas commencé plus tôt, dit-il faiblement.
Il lève les yeux.
- Ok, toi et moi devons parler d'à quel point il est malade.
Derek le regarde avec de grands yeux incrédules.
- Pas de moi étant un criminel pour de vrai cette fois ? Demande-t-il, pour ensuite fermer la bouche, la peur revenant dans ses yeux.
John grogne.
- Fils, entre ça et mon fils ayant un cancer, je ne vais pas m'embêter à m'en occuper. En plus, de ce que je sais, l'âge du consentement est de 16 ans dans le Maine, dit-il et Derek rougit.
- Oh mon Dieu, je parlais de faire traverser les frontières de l'état à un mineur. Stiles vous a dit pour –
Sa bouche se ferme et John ricane, zieutant l'expression neutre forcée sur le visage de Derek, qui est loin d'être efficace.
- Derek, relaxe, dit John sur un ton doux.
Il secoue la tête.
- J'étais en rogne. J'étais prêt à te tirer dessus quand j'en étais encore à la conclusion « un adulte a emmené un mineur en voyage de débauche », mais en me plaçant du côté « Mon fils a un cancer et quelqu'un d'autre que moi l'aime assez pour passer un mois à traverser le pays pour cocher une liste de choses à faire », je ne peux pas vraiment t'en vouloir.
Derek a l'air suspicieux et John sourit tristement.
- Quelqu'un qui voudrait juste prendre du bon temps avec un adolescent et jouer avec ses émotions ne l'aurait pas traité de la façon dont tu l'as fait, Derek. Et Stiles n'est pas assez jeune ou naïf pour se faire avoir par quelque chose comme ça. C'est un bon gamin, il est intelligent et il a un grand cœur, mais il ne se fait pas avoir. Le fait que tu n'aies jamais rien essayé avant me donne toutes les preuves dont j'ai besoin pour savoir que tu tiens réellement à lui, dit-il simplement. Ce qui nous amène aux raisons de ma visite : je veux savoir ce qui peut être fait pour Stiles en dehors de la médecine.
Derek déglutit difficilement, regardant ailleurs.
- Je ne sais pas.
Il s'appuie contre le dossier du fauteuil et regarde le plafond avec inquiétude.
- Dès que nous avons quitté la ville, j'ai dit à la meute ce qui se passait et ils ont cherché une solution magique. Quelque chose. Un remède ou un sort… N'importe quoi, dit-il faiblement. Mais j'ai appelé Lydia après l'incident et elle n'avait toujours rien. C'était il y a quatre jours.
John met les coudes sur ses genoux. Il lève les yeux, une lueur hésitante dans le regard.
- Tu ne pourrais pas le mordre ?
Derek secoue la tête.
- Seul Scott le pourrait, mais Stiles ne veut pas, dit-il fermement. Il ne veut pas et il pourrait mourir. La morsure peut soit transformer, soit tuer et malade comme il est, les chances de mourir sont plus élevées que celle de se transformer.
- Eh bien, il est en train de mourir de toute façon-
La voix de Derek craque alors qu'il parle.
- C'est horrible. C'est… C'est terrible. La morsure vous tuant, c'est atroce et brutal et insoutenable. C'est comme si chaque cellule du corps humain commençait à se battre entre elles et elles laissent tomber. C'est – même s'il ne haïssait pas complètement l'idée d'être un loup-garou, je ne le conseillerais toujours pas, à moins que ce ne soit le dernier recours.
John grogne.
- Alors, qu'est-ce qu'on fait ? Je vis sur une putain de bouche de l'enfer et tu me dis qu'il n'y a rien-
- Non, on va trouver quelque chose, dit Derek avec force. On va trouver un moyen. Quelque chose. N'importe quoi. Si on a besoin de quelqu'un, je le trouverai. Si on a besoin de quelque chose, j'irai le chercher. Si on a besoin d'acheter la coopération de quelqu'un, j'ai plein d'argent. Je me fiche de savoir si je dois sacrifier une chèvre à ce putain de Nemeton, il ne va pas mourir, jure-t-il.
John sourit d'un air fatigué, les yeux plus las que ce que Derek n'a jamais vu.
- Derek, tu en as déjà fait plus que n'importe qui d'autre. Je pense qu'il est temps que tu laisses les autres partager le fardeau. Si nous avons besoin d'un de ces trucs, toi, moi et les autres pouvons le faire ensemble.
Derek roule des yeux.
- Je me fiche de qui le fait, ce qui compte, c'est que je n'ai plus rien à perdre à part Stiles. Beacon Hills a besoin de vous, les autres ont tous des amis, de la famille et des vies. Je me fiche d'aller en prison pour enlèvement. Je me fiche de dépenser jusqu'au dernier centime à mon nom et je me fiche de mourir pour le sauver. Nous allons trouver un moyen et je donnerai tout ce qui est nécessaire-
- Wow, tu l'aimes vraiment, n'est-ce pas ? Rit John avec surprise.
Il secoue la tête en se frottant les tempes.
- Bon sang, pourquoi Stiles ? Pourquoi lui ? De toutes les personnes dans le monde-
- Pourquoi quelqu'un qui est aimé par autant de personnes ? Demande Derek avec un sourire triste. Je me le suis demandé de nombreuses fois. S'il y a une chose que je sais à présent, c'est que la vie aime me baiser de toutes les façons possibles, dit-il franchement. Clairement, elle n'a aucune indulgence pour vous non plus.
John secoue la tête avec un sourire triste.
- Non, pas vraiment.
Il place son visage dans ses mains pendant un moment, avant de relever les yeux.
- Je dois aller surveiller Stiles. J'ai attendu qu'il dorme avant de partir.
Derek hoche la tête.
- Je sais, dit-il et il se mord la lèvre de culpabilité.
John hausse un sourcil.
- Dis-moi que vous étiez au téléphone et que tu n'as pas grimpé jusqu'à sa fenêtre, dit-il et Derek sourit d'un air gêné.
- Au téléphone, cette fois, mais si on est en pleine révélation, j'ai grimpé jusqu'à sa fenêtre avant. Pas pour – ça, corrige-t-il rapidement et avec maladresse. Juste… Pour que vous ne sachiez pas qu'il y avait des loups-garous dans la maison.
John se lève avec un éclat de rire.
- Passe par la porte d'entrée à partir de maintenant, dit-il et Derek hoche la tête d'un air penaud, alors qu'il suit John pour refermer derrière lui. Écoute, appelle-moi demain matin quand tu auras parlé avec les autres, ok ? Nous avons besoin d'avoir une conversation.
- Ouais, on en a vraiment besoin, dit doucement Derek, souhaitant bonne nuit à John alors qu'il referme la lourde porte derrière lui.
Alors que John marche jusqu'à sa voiture, il regarde le haut de l'immeuble et secoue tristement la tête.
S'il a raison – et on dirait bien que oui – alors il sait exactement où se situe Derek dans tout ça et il déteste voir un gamin qui a déjà tant perdu, perdre une autre partie de lui-même comme ça. Même si Stiles n'était pas son fils, John voudrait quand même tout faire pour que Derek ne traverse pas ce qu'il a lui-même vécu.
OoOoO
Quand Stiles descend rejoindre Derek qui attend avec John, le Shérif est amusé par la chaleur qui fleurit sur les traits de son fils.
- Hey, dit-il d'une voix légère, presque tendre, quand il s'adresse à Derek, ignorant essentiellement John qui est dans la cuisine.
John regarde Stiles de près alors qu'il marche vers Derek et se penche pour l'embrasser, seulement pour que Derek tourne la tête afin que Stiles embrasse sa joue à la place. Stiles n'a absolument pas l'air déçu par le changement de cible, il roule juste des yeux et se tourne.
- Je vais m'habiller avant qu'on parle, je reviens, dit-il, lançant un rapide « bonjour papa ! » à John avant de remonter.
John voit l'air presque constipé de Derek quand il lui jette un regard nerveux et John roule des yeux.
- Hale, je suis au courant que tu as fait bien plus que l'embrasser, ne sois pas timide à cause de moi, fait-il remarquer.
Derek se racle la gorge et carre bravement les épaules.
- J'étais courtois.
Il hésite avant de continuer.
- Et je ne suis pas désolé. Je ne vais pas agir comme si je regrettais quoique ce soit que j'ai pu faire ou non avec Stiles. Je refuse de me sentir coupable pour ça et j'espère que vous n'allez pas en faire un problème, dit-il, même si le temps qu'il termine, son courage semble s'être flétri et sa nervosité est visible.
John hausse un sourcil appréciateur et ricane, secouant la tête.
- Tu as des tripes, dit-il, puis il s'appuie contre le dossier de sa chaise, souriant tendrement. Mais non, je ne vais pas faire de problème. Même si je n'aime pas le fait que tu aies six ans de plus que lui, je ne plaisantais pas quand j'ai dit que je voyais que tu tiens à lui sans condition. J'ai réalisé depuis longtemps que tu es un bon gamin, Derek. Je ne doute pas une minute que tu ne lui aurais pas parlé de tes sentiments avant qu'il ne soit assez vieux, si ça ne s'était pas passé comme ça et dans les faits, je préfère qu'il soit heureux et aimé pendant qu'il en a encore la chance, que de ne pas savoir ce que tu ressens.
Derek est suspicieusement immobile, mais au moins il n'a pas l'air d'avoir peur.
- Bien. Juste-Juste pour qu'on soit clair.
- Comme de l'eau de roche, confirme John avec un petit hochement de tête.
OoOoO
Quand ils arrivent à la maison de Scott, Melissa est justement en train de se garer. Stiles lui fait un sourire innocent et penaud alors qu'elle sort de la voiture et court.
- TOI !
Elle se dépêche et l'étreint.
- Oh mon Dieu, ne me refais jamais ça, dit-elle en le frappant sur le côté de la tête. Je devrais t'écorcher vif, mon pote.
- Aïe, papa m'a déjà crié dessus, tu n'as pas besoin de le faire aussi ! Dit-il, en s'esquivant derrière son père. Sauve-moi ! Siffle-t-il à John qui lève les yeux devant le comportement de Stiles.
- Oh, tu es celui qui a raté la première semaine d'école, je devrais la laisser faire puisque je ne suis plus assez en colère, dit-il et Stiles lui fait un sourire coupable.
- Euh, rien d'important n'arrive la première semaine ? Tente-t-il et puis contourne et se glisse derrière Derek. Bouclier loup-garou ? Suggère-t-il et Derek lève les yeux.
- Vous voulez que je le tienne pour vous ? Demande-t-il à Melissa, et Stiles lui donne un coup de coude en passant.
- Tu es un bouclier horrible, dit-il, en se précipitant vers la maison. SCOTT ! MON POTE ! TU DOIS VOIR LES PHOTOS DE VIEUX HIPPIES À POIL ! Crie-t-il en passant la porte, fouillant dans son téléphone.
Derek et John échangent un regard amusé et Melissa les fixe avec un regard critique.
- C'est quoi ça ? J'aurais pensé qu'il t'aurait déjà tiré dessus, dit-elle à Derek, et John rit en frappant une main sur l'épaule de Derek.
- Derek n'est pas un si mauvais garçon, Melissa, dit-il alors qu'ils suivent Stiles dans la maison.
Stiles est au milieu d'un tas de câlins avec Scott sous lui sur le sol et Isaac au-dessus de lui, les embrassant autant qu'il les maudit.
- Je suis désolé de ne pas vous l'avoir dit !
- Non, je suis désolé de n'avoir rien remarqué…
- Non, mec, c'est bon…
- Pas vraiment Stiles, nous sommes tellement désolés…
- Je vous aime les gars, d'accord ?
- Ouais mec.
- Idem, sans vouloir faire gay.
Danny se racle la gorge depuis le canapé sur lequel il est assis.
- Vous ne pensez pas qu'il y a quelque chose de mal à être gay, les gars, n'est-ce pas ? Demande-t-il et Isaac lui fait un sourire penaud.
- Non. Je suis tout à fait pro-gay, juste... Tu sais, pas avec Stiles.
Scott fronce les sourcils.
- Hé, pourquoi pas ? Stiles est génial, il n'y a rien de mal à vouloir Stiles. Tu serais chanceux d'avoir Stiles, défend-il et Stiles rit, en roulant hors du tas de câlin.
- Oh mon Dieu, non, Scott, Isaac n'a pas à me vouloir, c'est cool, mec.
Il agite la main vers Danny depuis le sol sur lequel il gît juste à côté de Scott.
- Hey Danny Boy !
- Stiles ?!
Lydia entre et se dirige sur lui, s'arrêtant avec les mains sur les hanches alors qu'elle baisse les yeux sur les garçons entassés sur le sol.
- Stiles Stilinski, je pourrais te gifler, dit-elle, et il sourit d'un air contrit.
- Je suis désolé…
- Oh, ne t'avise pas de faire ça, petit merdeux, dit-elle, avec un regard qui promet mille tortures. J'ai passé le mois à travailler pour sauver ton cul maigrichon et tu ne viens même pas me voir quand tu rentres à la maison !
Stiles soupire.
- Ce n'est pas comme si je le savais ! Quelqu'un…, dit-il en jetant un regard noir à Derek, n'a pas tenu sa promesse de ne rien dire. Ou d'arrêter d'essayer de me sauver quand j'avais accepté le fait que j'allais mourir.
Scott penche la tête.
- Tu sais, je n'aurais jamais cru que tu portais des sous-vêtements de garçon, dit-il.
Lydia halète, plaquant sa jupe entre ses jambes avant de lancer un coup de pied à Scott.
- Aïe ! Quoi ?! C'est toi qui te mets juste au-dessus de ma tête !
Isaac siffle, rampant lentement hors de portée.
- Oh mec, tu vas mourir.
Stiles grogne et s'assoit.
- Bien, bien, pas de sang dans le salon, dit-il en se levant, se laissant tomber à côté de Danny avec un sourire. Alors, je t'ai manqué ?
Danny roule des yeux.
- Terriblement. Tu es le meilleur en recherches. Tu aurais pu nous sauver une bonne semaine, dit-il avec un soupir.
Lydia hoche la tête, s'asseyant à son tour.
- Nous sommes sérieusement à court d'idées. Nous avons pensé à sacrifier une autre vierge à cette fichue souche.
Danny ricane.
- Mais on essaye de te sauver, alors te sacrifier serait contre-productif, plaisante-t-il et Isaac sourit.
Stiles rougit soudain et détourne les yeux en même temps que Derek trouve soudain le sol très intéressant. John ricane et va s'asseoir à côté de Melissa sur la causeuse.
- Trop tard, murmure-t-il et Melissa lève un sourcil tout alors que Scott lève la tête et regarde John avec un froncement de sourcils.
- Hein ?
Il fixe Stiles qui observe le motif de la chemise de Danny de très près.
Isaac se met à genoux et reste bouche bée.
- Oh mon Dieu !
Il regarde Derek.
- Tu l'as laissé avoir une aventure de vacances ?! C'est irresponsable, tu as de la chance, il aurait pu finir au fond d'un puits quelque part !
Scott le regarde à son tour.
- Mec, c'est pas cool, dit-il à Derek. Tu ne sais pas quelle sorte de personne peut vouloir d'un gamin de dix-sept ans, accuse-t-il.
Lydia lève un sourcil devant l'attitude nerveuse de Derek qui semble échapper aux yeux de tout le monde et soupire.
- Vous êtes tous des idiots, dit-elle.
Les yeux de Danny passent de Stiles à Derek et il sourit. Lydia lui donne un coup de coude et partage un sourire amusé avec lui. Danny siffle et fait un clin d'œil à Stiles.
- Putain, mec, tu tapes haut, hein ?
Scott et Isaac inclinent la tête presque simultanément et il hausse un sourcil.
- Vous vous rendez compte que vous ressemblez à des chiens quand vous faites ça ?
Stiles souffle et regarde son père.
- Merci, papa.
- Hé, tes amis sont des idiots, j'y suis pour rien, dit-il avec un petit rire amusé.
Lydia hoche la tête.
- Ouais, tu as bien fait de choisir un petit ami plus intelligent que tes amis, informe-t-elle Stiles qui écarquille soudain les yeux de surprise.
- Waouh, je n'avais pas vraiment pensé à ça comme à « avoir un petit-ami », dit-il et Derek grogne en roulant des yeux. Hé, ne fais pas le roulement d'œil, petit malin, je n'ai jamais été le petit-ami de quelqu'un avant, donc arrête ça, le réprimande-t-il et Derek soupire en se laissant tomber sur le canapé à côté de lui.
- Pourquoi est-ce que je t'aime bien ? Demande-t-il et Stiles sourit.
- C'est probablement pour mon joli visage parce que Dieu sait que je suis ennuyeux comme la pluie, taquine-t-il avant de se tourner vers Lydia. Bon, blague à part, dit-il, son sourire devenant quelque chose de plus sombre. Lydia, ma belle rock star, je suis tellement reconnaissant que tu aies travaillé si dur, mais...
Il secoue la tête
- Il n'y a rien à faire.
Le visage de Lydia se fait austère.
- Putain, si. Nous avons travaillé seulement un mois et je ne suis pas prête d'abandonner.
- Je ne te le demande pas, dit calmement Stiles. Mais je savais que j'allais mourir quand j'ai fait mon choix. Et je vais mourir, dit-il doucement. Merci d'essayer de m'aider, mais je ne mettrais pas autant d'espoir dans un remède magique à un problème médical.
- Stiles, dit doucement Scott. On ne va pas te laisser mourir, mec. Je ne sais pas où nous allons chercher, mais nous n'abandonnons pas.
Scott hésite avant de demander :
- Pourquoi tu ne m'as pas demandé de te mordre ?
- Je ne veux pas, déclare Stiles immédiatement. Écoute, je sais que tu penses que ça va me guérir, mais j'ai fait le compte. Je pourrais le faire et je peux sans doute apprendre à contrôler le loup-garou assez facilement, mais je ne vais pas le faire, Scott.
- Mais pourquoi pas ?! Tu es celui qui me dit depuis le début que ce n'est pas si mal et tu avais raison. Tu peux le gérer.
- Ou mon corps pourrait rejeter la morsure, fait valoir Stiles. Scott, après ce qu'Allison, toi et moi avons fait, j'ai fait des rêves, d'accord ? J'ai vu des choses, admet-il pour la première fois. J'ai vu ton corps mourir cellule après cellule parce qu'il rejetait la morsure et je ne veux pas ça, dit-il d'une voix enrouée.
Il regarde Scott et secoue la tête.
- J'en sais plus sur le cancer qu'aucun de vous, je sais où je vais et je sais que ça va être rapide. Je ne vais pas beaucoup souffrir parce que quand ça arrivera, ce sera soudain. J'irai à l'hôpital, je serai mis sous antidouleurs et des sédatifs, et je partirai paisiblement en une semaine, explique-t-il lentement. Je l'ai accepté. Je suis désolé. Je déteste plus que tout devoir vous laisser, mais la morsure n'est pas une option.
- Alors, nous allons trouver quelque chose d'autre, déclare simplement Danny. Nous n'allons pas te laisser mourir.
Stiles hausse les épaules.
- Cherchez tout ce que vous voulez, mais n'espérez pas trop, d'accord ?
Il sourit tristement.
- N'espérez pas trop, parce que ça fera encore plus mal quand je mourrai.
- Tu ne vas pas mourir, déclare Derek doucement, glissant sa main dans celle de Stiles.
Stiles lui lance un regard noir.
- Tu sais, si j'avais su ce que tu avais fait pendant qu'on était parti, j'aurais été tellement en rogne, Derek. Tu es le mieux placé pour savoir qu'il ne faut pas espérer. Tu sais ce qui va se passer -
- Je sais qu'on va trouver un moyen de te sauver et je ne vais pas m'excuser pour ça, soutient-il, à voix basse, en parlant de sorte que seul Stiles puisse vraiment l'entendre. Nous ne laisserons pas ça arriver, alors tu vas juste accepter que nous allons continuer à chercher une solution, que tu le veuilles ou pas, d'accord?
Il fait un petit sourire triste à Stiles.
- Laisse-nous essayer, d'accord ? C'est à nous de faire face aux conséquences, pas à toi.
Stiles soupire, posant la tête sur l'épaule de Derek.
- Tu te mets en position d'avoir le cœur brisé, Derek, murmure-t-il et Derek rit faiblement.
- Échouer fera moins mal que te perdre, alors je doute qu'on s'en rende compte, Stiles, murmure-t-il contre la tempe de Stiles et l'humain grimace.
- D'accord, déclare Stiles à haute voix alors qu'il se redresse. Continuez à chercher tout ce que vous voulez, je vais même vous aider si vous avez besoin de moi, mais n'espérez pas. Sérieusement. Ça ne sert à rien.
Personne ne dit rien et Stiles espère vraiment qu'ils le croient.
OoOoO
Derek regarde Stiles qui est endormi sur le canapé à côté de lui, la tête sur ses genoux et il peut voir à quel point il est fatigué alors même qu'il dort. Stiles garde la main gauche de Derek en otage, les doigts entrelacés restant contre son torse, pendant que Derek passe gentiment sa main droite dans ses cheveux, en faisant attention de ne pas le réveiller. Il sourit tristement quand Stiles bouge sous son toucher et fait un doux bruit heureux. Derek passe son doigt sur son front, le long de l'arête du nez et ensuite, il trace la forme des lèvres de Stiles avec son index avant de recommencer à la caresser les cheveux.
- Il a toujours été beau.
La capacité de Derek à toujours rester calme est la seule raison qui fait qu'il ne saute pas au plafond. Il a atténué les bruits de la maison et n'a pas remarqué John qui se tient dans l'embrasure de la porte. John lui sourit.
- Quand il est né, à la minute où je l'ai tenu et regardé, j'ai pensé « Bon Dieu, j'ai aidé à créer quelque chose d'aussi magnifique ? » et je suis quasiment sûr que sa mère a pensé la même chose, mais il lui ressemble, dit-il doucement. Ses yeux changent de couleur tellement vite et il a toujours eu ces grands yeux de biche et ces longs cils. Il a toujours eu un magnifique sourire, un visage heureux et de grands yeux expressifs.
Son sourire s'altère un peu.
- Quand Claudia est morte… Même après, je pense que j'avais plus peur qu'il ne sourie plus jamais qu'autre chose. Je sais exactement combien de temps ça a pris avant que je ne le voie sourire pour de vrai à nouveau. Je ne l'oublierai jamais.
Il croise les bras, s'appuyant contre le chambranle.
- Pendant deux mois et six jours quand il avait huit ans, il n'a pas souri une seule fois. Et puis un jour, je ne me souviens même pas ce qui s'est passé, il m'a regardé et m'a fait ce grand sourire à la Stiles et j'ai su que le monde ne s'était pas écroulé. J'ai su qu'on irait bien à nouveau.
Derek regarde Stiles et passe son pouce sur l'un de ses sourcils.
- Je vois duquel vous parlez, marmonne-t-il. Je n'ai jamais vu de photo de lui quand il était petit. Je sais que je l'ai rencontré une fois, mais je ne m'en souviens pas.
- Vraiment ? Demande John et Derek hoche la tête à contre cœur, relevant la tête.
- Après le feu. Il était au poste avec vous quand Laura et moi étions là. La première semaine après le feu est encore floue, alors je ne me souviens pas de lui, mais il en a parlé récemment. Il avait presque oublié, mais je parlais de Laura et il a dit qu'il se rappelait d'elle, ce jour-là.
John regarde Stiles installé sur les genoux de Derek.
- Il a passé la moitié de son enfance au poste avec moi. Même avant que sa mère ne meure, il a toujours aimé venir au travail avec moi. Je sais de qui il tient son comportement et sa curiosité naturelle, ça c'est sûr.
Ses yeux deviennent lourds et il les baisse.
- Malheureusement, il ne fait pas que lui ressembler physiquement, il a les mêmes mutations génétiques, on dirait.
Derek déglutit en regardant Stiles.
- je ne peux pas le perdre, admet-il d'une voix tendue. Je sais qu'il est votre fils, je sais que vous l'aimez plus que je ne le fais, mais je… Je ne peux pas-
Il déglutit difficilement.
- Je ne pensais pas que quelque chose pouvait être pire que perdre tous ceux que j'ai perdu dans ma vie. Je devrais être habitué. Mais avec Stiles, c'est juste- C'est différent.
- Oh, filston, grogne John. Derek, dit-il alors que les yeux de Derek croisent les siens. La perte est la perte. Tu as perdu du monde, mais ça ne rend pas les choses plus faciles à supporter. Et à moins que tu aies un jour des enfants et que je me trompe, le perdre va être la chose la plus dure pour toi, dit-il sur un ton d'excuse. Mes grands-parents sont morts quand j'étais adolescent. Mes parents sont morts quand j'avais 25 ans. Accident de voiture, précise-t-il. Je n'ai jamais eu de fratrie, alors je ne sais pas ce que c'est de les perdre. Mais perdre sa mère ?
John secoue la tête.
- Si je n'avais pas eu Stiles, je ne serais pas là où je suis aujourd'hui. Sans une personne qui avait besoin de moi, je me serais perdu au fond d'une bouteille parce que pendant un temps, chaque inspiration était plus douloureuse que la précédente, parce qu'elle m'éloignait encore d'elle, dit-il faiblement, les yeux brillants alors qu'il regarde Derek. Mais aussi douloureux que ça ait été, je reviendrais en arrière et je la perdrais encore et encore, si ça voulait dire ne jamais perdre mon fils, dit-il fermement, sa voix vacillant légèrement.
Derek regarde à nouveau Stiles et son souffle s'étrangle.
- Je n'ai plus personne à perdre, à part lui. Je lui dois tellement de fois la vie. Merde, la seule raison qui fait que les autres m'ont laissé dans la meute c'est parce que Stiles les a faits arrêter d'être des imbéciles et me rejeter.
Derek sourit et relève la tête.
- Est-ce que vous saviez qu'une fois il m'a tenu dans deux mètres quarante d'eau pendant deux heures parce que j'étais temporairement paralysé à partir du cou ?
John hausse un sourcil et Derek hoche la tête.
- Il est tellement plus fort que ce que les autres pensent, physiquement et de caractère. Nous n'étions pas amis. Merde, je venais juste de le menacer pour qu'il fasse un truc pour nous. Mais quand même, il est resté pour me sauver la vie au lieu de s'enfuir.
Derek prend le visage de Stiles dans sa main.
- Vous avez raison, il est la chose la plus magnifique que j'ai jamais vue, mais ce n'est pas juste son visage. C'est lui. Tout ce qu'il fait, chaque force qu'il a, chaque fois qu'il n'abandonne pas… C'est ce qui le rend aussi beau.
John hoche la tête avec un sourire triste.
- Quand il me mentait, ça faisait mal parce qu'il a toujours été une bonne personne. Il a plus de cœur et de courage que moi et je ne voulais pas le voir perdre cette part de lui-même. Je suis plus fier de mon fils que la plupart des gens ne le pensent.
Derek sourit narquoisement.
- Même quand il s'enfuit avec un loup-garou de 23 ans ? Plaisante-t-il.
- Oh, je ne sais pas, Dit John, de l'amusement dans les yeux. Il est intelligent et arrive bien à déchiffrer les gens. J'étais en colère au début, mais connaissant Stiles, il ne t'aiderait pas s'il n'avait pas une raison logique. Et même si c'était juste par amour, il n'est pas aveugle. Merde, regarde Lydia Martin. J'ai toujours pensé qu'il était stupide d'être obsédé par la plus jolie fille de l'école à cause de son apparence, mais tu sais quoi ? Rit-il. Il s'avère qu'il a vu qu'elle était une personne bonne et intelligente sous cette façade.
Il hoche la tête vers Derek.
- Et quand on en vient à toi, tu as l'air du mauvais garçon type, mais plus je te connais, plus je peux voir que tu es une bonne personne à qui de mauvaises choses sont arrivées. Je ne doute pas une seconde que même si tu n'étais pas un loup-garou et que si tu ne ressemblais pas à un mannequin de chez Calvin Klein, il tiendrait quand même à toi.
Derek renifle, roulant des yeux.
- Croyez-moi, je me suis très vite fatigué de mon visage. La seule raison qui fait que je ne souhaite pas être différent, c'est que le miroir est le seul endroit où je peux voir à nouveau ma mère-
Il se fige, son visage perdant toute couleur quand il réalise ce qu'il vient d'avouer.
John grimace.
- Oh merde, gamin.
Il passe une main sur son visage et soupire lourdement.
- Je vais me coucher comme ça, on arrêtera de parler, dit-il et Derek hoche fermement la tête. Ne le laisse pas dormir ici trop longtemps ou il se sentira mal demain. Si tu ne veux pas le réveiller, je sais que vous autres les loups-garous êtes forts, alors porte le juste dans sa chambre, ok ? Il a besoin de tout le repos qu'il peut avoir.
Derek hoche la tête.
- Oui, monsieur.
- Arrête avec ça, ronchonne John. Appelle-moi John, Derek.
- Bonne nuit John, répond Derek, et John hoche la tête avant de se tourner et de monter les escaliers.
OoOoO
Ils font des recherches après l'école tous les jours pendant trois mois. Chaque semaine, Stiles devient plus faible et ses yeux plus sombres et ça tue chacun d'entre eux. Au moment de l'anniversaire de Derek, Stiles est mince au point que plus personne ne peut l'ignorer. John a dû parler avec la conseillère scolaire après qu'elle l'a appelé, inquiète que Stiles souffre de trouble de l'alimentation et, quand il a expliqué la vérité, Stiles ne lui a pas parlé pendant deux jours, parce qu'il voulait éviter de dire à l'école qu'il était malade, ne voulant pas que ses camarades ou les profs le traitent différemment.
Lors de l'anniversaire de Derek, la meute se réunit pour dîner dans son appartement et ils passent la nuit ensemble en tant que meute, incluant même les parents à la fête. Stiles fait un gâteau d'anniversaire absolument magnifique pour Derek et quand il insiste pour que Derek fasse un vœu en soufflant ses bougies, il n'y a qu'une seule chose qu'il pourrait souhaiter, même s'il sait que ça n'arrivera pas.
Les vœux ne deviennent jamais réalité pour Derek.
Cette nuit-là, après que tout le monde soit parti, John n'a même pas tenté de rappeler à Stiles que c'est une veille d'école, Derek et Stiles font l'amour pour ce que Derek a peur d'être la dernière fois, lentement, tout doucement parce que Derek est tellement inquiet de la fragilité de Stiles. Après, alors qu'ils sont allongés dans les bras l'un de l'autre, Derek combat les vagues d'horreur alors qu'il écoute la respiration laborieuse de Stiles et qu'il peut compter ses côtes sous sa peau. Voir Stiles alors qu'il est allongé nu à ses côtés est à vous briser le cœur. Il est douloureusement mince et même ses mouvements, alors qu'il bouge pour se mettre à l'aise, trahissent sa faiblesse.
Pour la première fois depuis probablement plus d'une décennie, Derek prie cette nuit-là. Il ne croit même pas vraiment en Dieu, mais il prie pour quiconque l'écoute. Il prie pour que Stiles aille mieux. Il prie pour que Stiles arrête de s'affaiblir. Il prie pour garder Stiles juste un peu plus longtemps afin qu'ils aient le temps de trouver un remède. Il tient Stiles dans ses bras après qu'il se soit endormi et pleure des larmes silencieuses dans les cheveux de Stiles, alors qu'il prie quiconque l'écoute pour qu'on les aide à trouver quelque chose, n'importe quoi, peu importe le prix, qui pourra sauver le jeune homme dans les bras de Derek.
Mais les prières de Derek restent sans réponse.
Seulement trois jours plus tard, Stiles commence à tousser du sang et a de la fièvre et doit être emmené à l'hôpital au milieu de la nuit, après que John l'a découvert à peine conscient sur le canapé en rentrant du travail. Quand Derek arrive à l'hôpital, la première chose qu'il voit est John assis dans la salle d'attente, sa tête entre ses mains. C'est comme un mauvais rêve. Derek trébuche et va s'asseoir à côté de lui, et quand Melissa arrive, il est à peine capable de comprendre les mots qui sont dits. Des mots comme pneumonie et septicémie et antibiotiques d'urgence.
A l'aube, John et Derek sont autorisés à voir Stiles. Stiles a l'air tout petit dans le lit d'hôpital. Il est réveillé et sourit quand il les voit, mais ses yeux sont tellement lourds et sombres que Derek est frappé par l'horrible réalisation que c'est vraiment vrai. Derek et John restent à ses côtés toute la journée, ne le quittant même pas pour appeler les autres, laissant Melissa le faire. La fièvre de Stiles grimpe quatre fois cette après-midi-là et Derek passe plus de temps que ce qui est sain à prendre la douleur de Stiles, jusqu'à ce qu'il ait l'impression qu'il va partir en flammes. John est assis et regarde sans rien pouvoir faire, les poignets de Derek être parcourus de veines noires, encore et encore. Quand enfin, Stiles tombe dans un sommeil agité, Derek continue de prendre sa douleur assez longtemps pour qu'il dorme paisiblement.
Derek s'endort avec sa tête à côté de la hanche de Stiles et la main de Stiles dans la sienne, la tenant contre lui comme s'il avait peur que quelqu'un ne vienne physiquement le prendre et, quand il se réveille, c'est au son de faibles sanglots qui proviennent de la salle de bains. Il n'a pas besoin de lever la tête et de constater son absence pour savoir que c'est John qui pleure. Il ne fait aucun doute que voir Stiles aussi faible et relié à tant de machines doit littéralement être le pire cauchemar de John. Dieu sait que c'est celui de Derek. Si les autres ne trouvent rien bientôt, Derek a quelques idées drastiques qu'il n'a pas peur de mettre en œuvre en cas de besoin.
La première tournée d'antibiotiques échoue à produire des résultats et le visage de Melissa alors qu'elle annonce la nouvelle et la seule chose dont Derek a besoin pour prendre sa décision.
OoOoO
Derek déteste plus que tout être de retour au Nemeton. Après toutes les fois où Lydia et lui ont fait des remarques à son propos, il ne s'attendait vraiment pas à y revenir. Les souvenirs sont trop douloureux, pour chacun d'eux. Mais le voilà ici, se tenant devant lui. La cave en dessous s'est effondrée après que les parents aient été sauvés, mais la souche est toujours là. Derek voit même de jeunes pousses autour de la base. Il se tient debout et le fixe. Il a l'air modeste. Juste une grosse souche. Une grosse souche dans une forêt pleine d'arbres qui ont tous l'air pareils. Mais il sait que ce n'est pas pareil.
- D'accord. Tu as gagné, dit-il faiblement. Toute la magie qu'on a combattue, toute la négligence à laquelle tu as dû faire face, espèce de putain de bâton, tu as gagné cette fois.
Il se rapproche et tend la main pour le toucher. Il peut sentir le bourdonnement de la magie même après tout ce temps.
- Donne-moi un signe que tu peux le sauver et tu peux m'avoir.
Il grimpe dessus et s'agenouille au milieu de la souche. Il prend une profonde inspiration et enlève sa veste. Il sort ses griffes et les presse contre son avant-bras, ralentissant son facteur de guérison, il trace une ligne sur son bras, son sang remonte à la surface, puis tombe goutte à goutte sur le Nemeton avant de s'infiltrer dans ses lignes et ses pores.
- Allez. Tu me veux ? Tu peux m'avoir. Juste- Juste sauve le. Tu peux le faire. Je le sais.
Rien ne se passe et Derek trace trois autres lignes le long de son bras pour que son sang tombe plus vite.
- Allez !
- Hey Derek.
Derek se fige.
- Non, souffle-t-il, secouant la tête, son cœur martelant à ses oreilles. Non.
- Tu voulais un signe, pas vrai ? Je pense que je suis le signe le plus gentil qui puisse être conjuré pour toi, Derek.
Derek ouvre les yeux et relève la tête pour la voir se tenir au bord de la souche, le regardant.
- P-Paige ? Souffle-t-il faiblement.
Elle sourit tristement et hoche la tête.
- C'était moi ou l'autre et je doute que tu veuilles la voir, plaisante-t-elle.
Derek déglutit difficilement.
- Pourquoi- Pourquoi tu es là ?
Paige soupire et saute sur la souche, se tournant pour lui faire face avec les jambes croisées sous elle.
- Le Nemeton n'a pas de visage pour parler, alors c'est à moi de jouer.
Elle penche la tête.
- Tu as bien grandi, hein ? Dit-elle avec amusement. C'est bizarre de te voir adulte.
Derek rit faiblement.
- Je peux imaginer.
Il regarde son avant-bras et tout le sang qui s'en échappe.
- J'hallucine, pas vrai ?
- Pas vraiment, mais si quelqu'un d'autre était là, tu serais le seul à pouvoir me voir, répond Paige. Pourquoi es-tu là, Derek ? Demande-t-elle doucement.
Derek frissonne et prend une inspiration tremblante.
- Je n'ai plus rien d'autre à essayer, grince-t-il. Le Nemeton a encore le pouvoir. Je le sais. C'est mon seul espoir.
Elle le regarde avec curiosité.
- Tu vas vraiment te sacrifier ? Ici ?
Il hoche la tête.
- Si ça le sauve, je me trancherais la gorge ici même, admet-il sans hésiter. Si la magie du Nemeton peut le sauver, je lui donnerai ce qu'il veut, peu importe le prix.
Paige fait un bruit de gorge.
- Parle-moi de lui, dit-elle, puis plisse le nez. Je n'arrive pas à croire que tu sois tombé amoureux d'un garçon cette fois. Tu as toujours été un sportif.
Derek sourit faiblement.
- Il est la personne la plus incroyable du monde, dit-il simplement. Je suis tombé amoureux de lui parce qu'il est bon. Il est la première chose à laquelle je pense chaque jour et la dernière et tellement de fois entre les deux. Il est beau et intelligent et drôle et c'est un petit malin et je ne m'ennuie jamais avec lui.
Elle sourit malicieusement.
- Ça a l'air familier, dit-elle et Derek lui sourit en retour.
Elle croise les yeux de Derek et sourit sincèrement.
- Je suis tellement contente que quelque chose de bien t'arrive pour une fois, Derek. Après moi, et après ta famille et tout le reste… C'est si bon de te voir enfin trouver le bonheur. Tu étais toujours heureux quand je te connaissais.
Le torse de Derek se serre et il ferme les yeux.
- Je ne pourrai pas le supporter, Paige. Après t'avoir tuée, j'ai cru que je ne tomberais plus jamais amoureux et avec Stiles, c'est tellement plus. On était des gamins, alors je ne savais pas à quoi ça pouvait ressembler d'aimer comme j'aime Stiles, murmure-t-il et il secoue la tête. Je ne peux pas le perdre, s'étrangle-il. Je peux le voir dans ce lit s'éloigner de moi. Je ne peux pas regarder une autre personne que j'aime mourir encore. Je ne peux pas.
Derek halète quand il sent une main froide sur son visage et il relève la tête. Paige pleure aussi. Elle lève son autre main et essuie ses larmes de ses joues alors qu'elle lui sourit.
- Ne pleure pas, Derek. Je déteste ça.
Il la regarde choqué et elle sourit, les yeux humides.
- Allons, juste parce que je ne suis pas vivante, ne veut pas dire que je suis juste une projection, tu es plus intelligent que ça, Hale.
Il essaye de parler et ne trouve pas les mots. Paige le regarde et caresse ses pommettes.
- Tu as donné la vie au Nemeton quand tu m'as amenée ici, Derek. Il ne demandera jamais plus que ce que tu lui as déjà donné. Ma vie est en lui et il ne peut que te remercier pour ça.
Paige se penche et Derek ferme les yeux quand elle l'embrasse gentiment.
- Je n'ai jamais pu te dire au revoir Derek, souffle-t-elle en se reculant.
- Que-
Elle coupe Derek en posant un doigt sur ses lèvres.
- Dors. Laisse le Nemeton te guérir. Ensuite, quand tu te réveilleras, va le voir, dit-elle, avec un sourire chaleureux. Il y a longtemps, tu as donné au Nemeton la première personne que tu as aimée. Ce n'est que justice que le Nemeton te laisse garder la personne que tu vas aimer pour très longtemps.
Derek ouvre et ferme la bouche quelque fois, alors qu'il est soudain de plus en plus fatigué, mais avant que Paige puisse disparaître, il hoche la tête.
- Merci.
Elle penche la tête et la hoche.
- Au revoir, Derek.
Derek sent la terre s'incliner, mais avant qu'il ne puisse toucher le sol, tout disparaît.
OoOoO
Quand Derek se réveille, le soleil est levé et il est étalé sur le sol près du Nemeton. Il s'assoit lentement et regarde son bras, surpris de ne voir aucun sang. Il n'est pas surpris d'être guéri, mais il n'y a plus aucune trace de ce qu'il a fait. Il trébuche sur ses pieds, se sentant toujours désorienté, puis quitte la forêt pour retourner à sa voiture.
Quand il y arrive, sa tête est un peu plus claire, alors il ne pense pas avoir de problème pour conduire. Quand il trouve son téléphone entre les sièges, son sang se change en glace quand il voit qu'il a 15 appels manqués de différents numéros.
- Stiles, souffle-t-il, son cœur se serrant alors qu'il pense que le pire est arrivé.
Ça n'a pas fonctionné. Ça n'a pas fonctionné et il n'était pas là quand Stiles a eu le plus besoin de lui.
OoOoO
Derek sprinte à travers l'hôpital, ignorant les cris de colère de gens. Quand il arrive à la chambre de Stiles, il entend les voix fortes et tranchantes de John et Melissa à l'intérieur et il ne perd pas de temps, ouvrant la porte, terrifié à l'idée que quelque chose se soit passé pendant qu'il n'était pas là. Toutefois, quand il entre dans la pièce, ce qu'il découvre est suffisant pour figer le temps.
Stiles est debout à côté du lit, essayant de mettre sa veste pendant que Melissa essaye de l'en empêcher et John essaye de le pousser dans le lit.
- NON ! Dit Fortement Stiles. Vous les avez entendus ! Je vais mieux et ça veut dire qu'il est parti faire quelque chose de stupide-
- Stiles, soupire de soulagement Derek, submergé par les mots vais mieux.
La tête de Stiles se redresse brusquement et Melissa et John se tournent, des expressions surprises sur le visage des adultes et de la rage presque meurtrière sur celui de Stiles.
- TOI ! Éclate Stiles, marchant vers lui. Qu'est-ce que tu as fait Derek ?! Bordel, qu'est-ce que tu as fait pour-
- Stiles, je vais bien, oublie ça. Mais toi ? L'interrompt Derek, s'avançant pour prendre le visage de Stiles entre ses mains. Tu ne devrais pas être sorti du lit, Stiles.
Stiles plisse les yeux.
- Je sais que tu mens. Qu'as! Tu! Fait !? Demande-t-il. Pourquoi je n'ai plus de cancer ? Demande-t-il, l'inquiétude emplissant ses yeux. Derek, s'il te plaît, s'il te plaît, dis-moi que tu n'as rien fait de stupide.
Derek regarde Melissa pour avoir confirmation et elle sourit avec précaution, croisant les bras.
- Il commence à répondre aux antibiotiques. La pneumonie s'éclaircit déjà. Il va devoir rester quelques jours en observation et passer d'autres examens, parce que ce qui a été diagnostiqué comme un mélanome métastasé aux poumons est maintenant une infection respiratoire chronique qui a évolué en une très méchante pneumonie.
Elle a un long regard vers Stiles.
- Plus aucune cellule cancéreuse dans aucun des tests. Plus aucun signe dans les poumons. Rien. Ils penchent pour un mauvais diagnostique.
Derek déglutit péniblement. C'est presque trop beau pour être vrai.
- Alors… Alors, il répond au traitement ? Il va aller mieux ? Demande-t-il d'une vois haletante.
- Ouais, ils pensent qu'il va complètement se remettre, confirme Melissa, et Derek s'affaisse alors que le soulagement le traverse.
- Stiles, murmure-t-il, l'attirant dans une étreinte.
Il colle son visage dans le creux du cou de Stiles et inhale, sanglotant presque de soulagement quand Stiles sent à nouveau comme lui-même.
Stiles s'écarte, ayant l'air en colère.
- Qu'as! Tu! Fait! Gronde-t-il d'une voix basse et dangereuse. Derek, personne n'a trouvé de remède. Pendant quatre mois, personne n'a rien trouvé. Peu importe ce que tu as fait, si tu es maintenant en danger, je vais te tuer moi-même-
Derek coupe Stiles avec un baiser. Il se fiche que John et Melissa regardent, parce que Stiles va bien. Il s'écarte à contrecœur et croise les yeux de Stiles.
- On parlera plus tard, je te le promets, mais je vais bien, vraiment. Je-Tout est parfait maintenant que tu es sauvé, murmure-t-il d'un ton bourru, ses yeux dérivant vers les lèvres de Stiles. Je t'aime, murmure-t-il et Stiles soupire, laissant son front tomber contre celui de Derek.
- Si tu me mens, je ne te le pardonnerai jamais, dit-il avant de se reculer. Putain, je suis fatigué, ronchonne-t-il d'une voix rauque et Derek ouvre les yeux.
- Putain oui, j'imagine.
Il tourne Stiles et le pousse vers le lit.
- À quoi tu pensais, bordel, sortir du lit alors que tu te remets d'une pneumonie presque mortelle ?! T'es fou ? Demande-t-il avec un regard noir, alors que Stiles vire ses chaussures et sa veste et se glisse dans le lit.
- Pas plus fou que ce que tu as fait pour que ce ne soit plus qu'une pneumonie, couillon, claque Stiles en jetant un regard noir à Derek jusqu'à ce qu'il s'installe sur la chaise à côté du lit.
Stiles prend la main de Derek, se mordant la lèvre avec inquiétude, cherchant la vérité sur son visage.
- Derek… Promets-moi que c'est fini, parce que je jure devant Dieu, si tu penses à mourir pour moi, je vais chasser ton cul jusque dans l'au-delà pour lui coller la fessée du siècle, menace-t-il.
Derek sourit et secoue la tête.
- Je vais bien. Je te le promets, murmure-t-il, souriant à Stiles. Maintenant ferme la et repose-toi, demande-t-il et Stiles lui fait un doigt avant de changer de position et d'appuyer sa tête sur son oreiller.
- Je te déteste vraiment parfois, marmonne Stiles et Derek sourit tristement alors qu'un souvenir le traverse.
Derek pose sa tête contre celle de Stiles et fait un bruit de gorge, lui serrant la main.
- Tu m'aimes*, murmure-t-il et Stiles hoche juste la tête d'un air endormi avant que ses yeux ne se ferment.
FIN
*Référence à l'épisode 8 de la saison 3. Paige dit à Derek « je te déteste » et Derek lui répond par « Tu m'aimes »
Alors, verdict? L'auteure est pas juste trop fabuleuse? Si hein ^^ Elle aura mis le angst jusqu'au bout et aura jouer avec nos émotions jusqu'au bout du bout...
Du coup, combien de paquets de mouchoirs sont morts pendant votre lecture?
A bientôt ;)
