Oh, lala, désolée du retard, vraiment. J'ai été très prise, ces derniers temps, entre le bac, les entretiens d'écoles, etc. La cata totale. Mais bon, me revoilà avec un chapitre qui, j'espère, vous contentera. Merci aux reviewers, vous me faites toujours autant plaisir. Des bisous.
Chapitre 11 : La fièvre du vendredi soir.
A nouveau, je me retrouvais à crapahuter comme un hors la loi à l'extérieur de l'enceinte de l'établissement, remontant le quartier résidentiel d'Axel, le nez collé dans les buissons pour éviter d'être repéré. Cela me démangeait si fort que je menaçais à chaque instant d'éternuer, alors que la rouquine se dirigeait vers sa maison. Je ne savais pas ce que j'étais encore entrain de faire, mais une chose était sûre, j'allais vraiment finir par m'attirer des ennuies. Car il n'y en avait qu'un, mais alors vraiment qu'un sur cette pauvre Terre pour stalker ainsi la terreur des banlieusards parisiens. Il n'y avait que moi. Moi, le grand abruti dénommé Roxas qui se frottait actuellement le museau dans une rangée de buisson, sur la pointe des pieds, en tendant le coup comme une tortue pour tenter de voir quelque chose d'intéressant. J'étais paré pour la Corée du Nord.
Lâchant un soupire silencieux, je finis par me décoller de mes buissons, alors que la jeune fille s'approchait de sa porte. J'étais à peu près persuadé de contracter une allergie, et Larxène allait littéralement me hacher menu si je revenais couvert de plaques rouges pour l'accompagner au bal de ce soir. Quoi que, cela m'en aurait peut être dispensé. Ayant baissé les yeux vers le parterre de tomates du voisin d'Axel, celui dans lequel je m'étais allègrement jeté la fois dernière, je finis par les relever. Pour froncer les sourcils. Avant de déglutir. Violemment. Je n'avais qu'un morceau de crâne dépassant de ces foutus buisson, et pourtant, je sentais clairement le regard brûlant de la rouquine me trouer la tête. Elle m'avait vu. Elle me voyait. Je ne savais pas ce qui l'avait alerté. Mon soupire pourtant peu audible, le fait que je m'écarte de ces plantes ? Un aboiement retentit à ma droite, et je tournai doucement la tête, comme un robot. A quelques centimètres de moi, la gueule entre ouverte sur une rangée sympathique de crocs, se tenait un chien, un chien plutôt gros. Je venais d'être trahi par un putain de chien.
- Oh non, marmonnai-je.
Car comme si Axel ne suffisait pas, l'animal avait décidé de me fixer comme s'il allait me bouffer. Et je haïssais les chiens. Plus que tout. Avec la rouquine que je m'évertuais à suivre partout, ils étaient sans doute une des seuls chose sur cette Terre que je craignais. Et un représentant de cette fourbe espèce se tenait devant moi, solidement campé sur ses pattes, pouvant me bondir dessus à chaque instant, tandis qu'Axel continuait de me fusiller de son regard perçant. Pire que des plaques rouges, Larxène allait me récupérer en rondelles ou en conserve, dévoré par un molosse et achevé par une fille.
Alors, sans trop réfléchir à ce que je devais réellement faire, je cramponnai vivement mon sac en tachant de faire taire mes tremblements, avant de me mettre à courir dans la direction la plus opposée du chien. Vers la maison d'Axel, chose qui m'importait à vrai dire peu, dans l'état actuel des choses. D'ailleurs, il me sembla que la rousse haussa un sourcil en me voyant ainsi sauter la barrière, inutile tant elle était basse, de son voisin, poursuivit par un lointain cousin des caniches. Jamais je n'avais du être plus ridicule qu'à cet instant, sinon l'instant d'après. A savoir celui où je grimpais furieusement sur le perron d'Axel, victime d'adrénaline, animé par la peur, et tremblant comme un faon, pour me réfugier là où je le pouvais. Avant de me figer brusquement en réalisant ce que je venais de faire et où j'avais atterri, alors que le chien vorace qui menaçait mes jours avait plutôt choisi de répondre à l'appel de son maître qui tendait vers lui une assiette de pâtée. Je me sentis plutôt mal.
- Euh... Bonjour, bredouillai-je maladroitement en tentant de sourire à peu près naturellement.
Aussi naturellement qu'un Terminator.
- Qu'est ce que tu fous là ?rétorqua aussitôt Axel d'une voix plutôt en colère.
Voir même très en colère. Je magnais l'euphémisme avec beaucoup de bonheur, ces temps ci.
- Je...
Je n'avais rien à répondre. Je ne pouvais décemment pas lui avouer que j'étais ici parce que je l'avais suivi, et que je souhaitais plus que tout connaître l'intégralité de sa vie car elle commençait à sérieusement m'intriguer. J'allais au pire passer pour un psychopathe, et au mieux pour un attardé. Et dans les deux cas, j'allais me faire frapper.
- Tu m'as suivi ?!cracha la jeune fille en me poussant du bout de la main.
Je déglutis en descendant les marches de son perron à reculons.
- Mais non... Mais... Mais quelle idée !répliquai-je mollement.
Je n'étais pas vraiment convaincant. J'avais perdu toute assurance, et ce pour une raison plutôt inexplicable, alors qu'elle me poignardait de ses beaux yeux verts. Car ses yeux étaient beaux, et je ne pouvais le nier. J'eus un instant l'impression de les découvrir.
Je n'eus pas le loisir de la détailler plus longtemps. Un poing serré s'abattit contre mon visage, me forçant à fermer l'oeil gauche. La douleur fut vive, le choc abrupte, et je chutai lourdement des marches, les dévalant sur le flanc. Je grimaçai, et posai lentement une main contre ma joue gauche. J'en lâchai un gémissement douloureux. Cela commençait déjà à enfler. Elle ne m'avait pas loupé.
- Dégage de chez moi !cria Axel, rouge de colère. Je veux pas te voir ici ! Je veux pas te voir tout court, t'as compris ? !
J'allais hocher la tête, mais un détail me troubla légèrement. Il n'y avait aucune voiture, ni garée devant chez elle, ni dans le garage jouxtant la maison.
- Tes parents sont pas là quand tu rentres le soir ?demandai-je, à moitié suicidaire.
Axel se figea, et entre ouvrit la bouche.
- Quoi ?lâcha-t-elle d'une voix blanche, visiblement parfaitement surprise.
- Rien, marmonnai-je en me relevant.
Avant qu'elle ne reprenne ses esprits, je choisis de prendre la fuite. Sinon, il était claire qu'elle m'aurait tué et donner en pitance au chien de son voisin. Quartier de tarés.
ooo
Larxène allait me tuer. Sérieusement, je ne voyais pas d'autres options. Je lâchai un profond soupire en reposant ma brosse à cheveux. J'étais devant le miroir de notre salle de bain, en smocking, chemise mal boutonnée et nœud papillon abandonné à côté de ma brosse à dent, occupé à admirer mon coquard. J'avais un coquard. Et je n'avais même pas assez de cheveux pour le planquer derrière. Fabuleux. J'étais à présent à demi violet. Heureusement qu'Aqua n'était pas là pour voir ça, ni aucun membre de ma bande, sinon j'étais bon pour un second savon. Malheureusement pour moi, ils seraient tous à la soirée, et ne manquerait pas de remarquer que j'avais mangé un coin de mur. C'est tout ce que j'avais trouvé comme excuse. Un coin de mur. C'était assez pitoyable.
Je grimaçai en touchant légèrement mon hématome. Il était plus de 7 heure passé, et Larxène devait m'attendre en bas. Larxène. Il avait en plus fallu que j'invite Larxène. Je n'allais clairement pas passé inaperçu, et j'allais devoir répondre à la même question à peu près 292 fois dans la même soirée. A savoir, comment tu t'es blessé ? Bien simple, j'ai bouffé un coin de mur. Vachement con, vous trouvez pas ? Et oui, que voulez vous, je suis assez maladroit. A peu près aussi crédible qu'un nazgul en tongs.
- Bon, de toute façon, va falloir y aller, marmonnai-je en rangeant mes affaires.
Je ramassai ma trousse de toilette pour retourner dans la chambre. Chambre pour la première fois tout à fait calme. En effet, tout le monde était descendu, et j'étais bien en retard. Je rangeai rapidement mes affaires dans mon armoire, avant de m'armer de courage et de quitter la chambre. Mollement, je me dirigeai vers les escaliers, et les descendis avec un empressement assez incroyable. Je n'avais aucune envie d'y aller. Pas que je n'aime pas les soirées, mais les soirées des internes, ce n'était pas la même. C'était une soirée à thème au moins aussi niais qu'un roman de Stéphanie Meyer, où une centaine de lycéen se déhanchait en dragouillant comme des débiles dans un véritable bain de vapeur, et en plus accompagnée de jus de pomme plutôt que d'alcool. Pas que je sois un adepte des grandes beuveries, mais un peu de punch n'avait jamais tué personne.
Finalement, je parvins en bas. Juste devant la baie vitrée patientait une fille en escarpins, de dos, vêtue d'une jolie robe en mousseline surmontée de dentelles lui arrivant à mis cuisses. Je reconnus sans peine les courts cheveux blonds qu'elle avait plaqué contre sa nuque.
- Hey, Larxène !balançai-je sans grande conviction.
La jeune fille se retourna, visiblement plutôt agacée. Et ouvrit de grands yeux en voyant la tête que j'arborais. Elle resta plusieurs secondes ainsi, avant de retrouver une expression mauvaise et de croiser les bras contre sa poitrine.
- T'es au courant que t'as une sale gueule ?lâcha-t-elle sèchement.
- Toi aussi, je te rassure, répliquai-je en souriant légèrement.
Pourtant, ce soir, elle était plus jolie que d'ordinaire. Elle ne s'était presque pas maquillée. Elle s'était contentée de poudre et de mascara.
- T'es rentrée en croisade contre la dictature du maquillage ?repris-je, amusé.
- Mêle toi de ce qui te regarde, rétorqua la blonde.
Aucun de nous ne bougea. Curieusement, elle sembla aussi peu pressée que moi d'aller se frotter à l'ensemble de l'internat dans une ambiance très mièvre. Finalement, elle pencha la tête sur le côté, et s'approcha de moi. D'un geste plutôt doux, elle écarta mes cheveux de ma joue gauche, et inspecta ma blessure.
- Tu devrais postuler pour la nouvelle saison de The Walking Dead, soupira-t-elle en reposant mes cheveux blonds.
- Merci du compliment, grognai-je.
Cela ne me vexait pas. Rien de ce que me disait Larxène ne me vexait, de toute manière. J'avais plus ou moins compris, que, quoi qu'elle dise, c'était sa manière à elle de me témoigner de l'affection. Nous étions comme devenus plus ou moins amis en ne cessant de s'envoyer des vacheries en pleine goule.
- Allez, viens là, souffla Larxène en m'attrapant par le bras.
- Hein ?m'étonnai-je en la suivant.
Elle se dirigea d'un pas assuré vers les toilettes, et je haussai les sourcils. Le soir de la soirée des internes, cela allait paraître à peine suspect si on nous surprenait ici. La blonde me planta devant le miroir, et commença à fouiller dans son sac, pour en sortir un tube de fond de teint, quelques poudres et un pinceau.
- Mais pourquoi tu trimbales tout ça dans ton sac ?m'exclamai-je.
- Pour les cas d'urgence comme celui ci, me répondit elle en écartant à nouveau mes cheveux.
Elle sortit de sa poche plusieurs pinces à cheveux de différentes couleurs, et me tira les cheveux en arrière, ce qui me fit grimacer.
- Ca te fera peut être un peu mal, me prévint Larxène en attrapant son fond de teint.
- Je suis sûr que ça te fait trop plaisir de me faire souffrir, grognai-je en cherchant mes cheveux d'une main.
La jeune fille sourit de toutes ses dents, et tira un peu plus sur ma tignasse.
- Oh, si peu, confirma-t-elle.
Puis, elle s'attaqua à mon hématome, y étalant pas moins de la moitié de son tube. Les doigts qu'elle passait dessus me firent en effet plutôt mal, et je dus serrer un peu les dents par moment. Cependant, je dus reconnaître qu'elle s'appliquait particulièrement à sauver mon apparence, chose qui me fit plaisir.
Au bout d'une bonne quinzaine de minute, elle s'empara de ses poudres et de son pinceaux, pour en appliquer plusieurs couches à différents endroits.
- On est plus ou moins amis, maintenant, n'est ce pas ?demandai-je alors que la blonde finissait son travail.
Elle haussa dédaigneusement les sourcils en essuyant son pinceau.
- Mais ça va pas la tête ?s'exclama-t-elle en secouant la sienne. J'ai sauvé ton apparence juste pour sauver ma réputation.
Je fis la moue, avant de regarder mon reflet dans le miroir. Je fus assez stupéfait d'un trouver ma joue presque refaite. Même si sa teinte était encore un peu anormale, elle avait reprit un visage humain.
- Félicitation !plaisantai-je. Tu vas pouvoir rattraper mes idioties, je t'embauche !
Larxène leva une nouvelle fois les yeux au ciel, et m'attrapa à nouveau très délicatement par le bras. Elle me traîna hors des toilettes alors que je ne cessais de m'admirer dans le miroir comme une fille, et me balança presque dans le couloir menant au grand hall, dans lequel avait lieu la soirée.
- Tu es de plus en plus charmante, la charriai-je en réajustant ma veste.
- Va te faire voir, cracha-t-elle en croisant les bras contre sa poitrine.
Je lâchai un rire, n'y tenant plus. Nous faisions une sacrée équipe. Je ne comprenais pas pourquoi personne n'avait jamais essayé de casser la glace avec Larxène. Les gens ne savaient pas ce qu'ils loupaient.
Nous arrivâmes finalement devant la grande porte du hall avec près de trois quarts d'heure de retard. Là, Larxène se stoppa, et se tourna vers moi pour me faire face. Elle leva une main pour me faire aussitôt taire, alors que j'allais lui demander ce qu'elle faisait.
- Je ne suis pas dupe, Roxas, me dit elle d'une voix assez neutre. C'est elle qui t'a fait ça.
Je baissai la tête. Avec elle, il était visiblement inutile que je cherche à mentir.
- Et il faut vraiment que tu arrêtes de l'énerver, reprit-elle, déjà plus soucieuse qu'elle ne le souhaitait elle même. Je ne serais pas toujours là pour rattraper le coup !
Je me passai une main dans les cheveux. Je lui étais réellement reconnaissant de s'inquiéter pour moi. Cela m'allait droit au cœur, et je commençais à la considérer comme une amie assez chère. A sa manière, elle prenait soin de moi, comme je prenais soin d'elle.
- Larxène, merci, soupirai-je. Mais je dois continuer. Je veux savoir ce qu'elle a, tu comprends ?
- Non, rétorqua aussitôt la blonde, retrouvant son air naturellement supérieur.
Cela me fit sourire, et, un peu plus confiant, je poussai la porte du grand hall pour plonger dans un bain d'étudiants ne furie.
