J'espère que vus ne m'en voulez pas pour les délais..MC : j'ai pas résisté... J'aimerai que ça vous plaise... Bonne lecture à vous et gros bisous !
Elle avait passé sa plus belle robe. Enfin, pour elle, cette robe était terne, outrageusement mondaine et elle lui donnait la migraine. Mais les goûts de son époux étaient bien différents des siens, et elle était contrainte par elle ne savait quelle loi, à s'y tenir. Si sa mère la voyait, elle lui aurait hurlé en gaélique qu'aucune Paddington ne devait jamais se laisser faire par son mari, et qu'elle était bien plus forte que cet imbécile d'italien. Mais sa mère n'était pas là, et Ellen n'avait personne à qui se confier. Alors, elle avait décidé une chose : elle allait se faire une amie.
Auparavant, Ellen n'avait jamais été du genre à "rentrer dans le moule". Aujourd'hui, elle n'avait plus le choix. Elle se considérait comme en territoire ennemi. Oh, elle ne s'était pas mariée par convention sociale, non. Elle avait épousé Anthony DiNozzo parce qu'elle était tombée sous le charme de cet homme beau, à la voix grave et profonde, au teint halé et délicieusement exotique. Elle et sa peau délicate ne connaissaient que les rivages fouettés par le vent des côtes irlandaises, et l'arrivée en Terres Libres avait été un choc dont elle ne s'était remise qu'en enterrant la nostalgie pour son pays dans une mélancolie doucereuse qui l'étouffait. Et elle avait rencontré Anthony. Il avait tout pour lui plaire : catholique lui aussi (pas qu'une autre religion lui répugna, mais son âme d'enfant était encore marquée par les bains de sang qu'elle avait fui avec sa famille), d'une famille qui connaissait les valeurs de la vie, beau, intelligent, cultivé et très prévenant.
Du moins, elle l'avait cru.
Mais, après plusieurs années d'un mariage vide de sens, Ellen avait compris que son mari ne la voyait pas. Ne la voyait plus. Anthony avait d'autres buts dans sa vie que celui de former un couple uni avec sa femme, de fonder une famille et d'être heureux. Anthony DiNozzo ne recherchait pas le bonheur. Tout ce qu'il voulait, c'était une revanche sur la vie, et devenir un grand. Il voulait tirer un trait sur son passé de jeune vendeur de boutique pour ne garder en tête que son succès dans l'import des couteaux-suisses. Une honte aux yeux de sa femme. Anthony aimait trop l'argent pour aimer la vie. Alors, quand il sentait que sa femme s'ennuyait, il organisait de grandes fêtes, des réceptions, des galas. Il n'avait jamais compris que c'était lui qu'elle voulait.
Elle tourna devant la glace de son armoire et adressa un sourire de circonstance à son reflet. Elle avait été belle. Elle aurait pu être belle, encore. Mais sans personne pour le lui souffler à l'oreille, à quoi bon ? La jeune femme attrapa son rouge à lèvres sur sa coiffeuse, ouvrit le tube et le fit coulisser, laissant apparaître un demi-centimètre de pigment. Avec dextérité, elle habilla ses lèvres de pourpre puis referma le tube avant de le reposer sur le meuble de bois. En s'observant, elle regretta l'époque où son mari réussissait à la trouver jolie alors même qu'elle n'était pas apprétée.
Triste, elle tourna les talons et repensa à Clive qui, lui, devait être assis dans la lande à observer l'herbe pousser, comme tout bon irlandais.
Lorsqu'elle descendit les marches, elle prit grand soin à marcher comme une lady, avec grâce et légèreté. Elle ne comprenait pas très bien pourquoi l'hypocrisie de son mari la forçait à se faire passer pour une britannique alors qu'elle ne l'était pas. Du moins, pas à proprement parler. Lui qui avait dit l'aimer n'avait, en réalité, que pensé à l'ascension sociale qu'une femme venue du continent lui offrirait. Stupide italien sans cervelle ! En plus, c'est eejit ne s'était même pas rendu compte qu'elle avait compris son petit manège ! Oh, peut-être qu'il l'aimait. Peut-être même qu'il l'avait aimé par le passé. Mais il ne savait pas aimer une femme comme Ellen aurait voulu être aimée.
Arrivée dans la salle de bal, elle salua ses invités avec dignité et révérence, alignant petits mots gentils et mensonges éhontés. C'était la règle de la vie en société. Et elle la détestait.
Plus tard, alors qu'elle en était à sa deuxième flûte de champagne, elle alla s'adosser au mur, écoutant les conversations. Pourquoi ce mur ? Parce que c'était le seul qui permettait d'avoir une vue imprenable sur son tableau préféré, une nature morte du Wyoming, splendide. Ce tableau lui permettait de reprendre contenance quand elle ressentait l'envie d'arracher la tête du corps d'un de ses interlocuteurs. Ce qui, selon son mari, était fort inconvenant. A côté d'elle un couple discutait du chantier sur lequel son mari travaillait.
-Et tu dis qu'il a embauché Keith ?
-Qui de mieux qu'un militaire pour une construction solide ?
-Jethro, je t'en prie, tous les militaires ne sont pas des héros !
"Jethro" arqua un sourcil avant de passer un bras autour des épaules de la jeune femme qui l'accompagnait : une magnifique rousse au visage angélique.
-Keith est le meilleur dans son domaine.
-Je n'en doute pas une seconde chéri.
-Tu veux quelque chose à boire Shan ?
-Merci.
Ellen regarda l'homme s'éloigner. Il était séduisant. Et il semblait aimer sa femme, lui.
-Bonjour, je me présente, Shannon Fielding. Vous devez êtes madame DiNozzo.
-Enchantée. Je suis bien Ellen DiNozzo. Vous connaissez mon mari ?
-Mon ami est dans la même unité que monsieur Vinezzi, alors, il travaille sur le chantier pour transporter les marchandises.
-Connaissant mon mari, vous ne devez pas le voir souvent.
-Les horaires sont difficiles, mais ce n'est que l'affaire de quelques mois. On voudrait se marier et avoir une belle maison.
-Vous avez bien raison. Mais vous verrez que cela ne fait pas tout. Je vous souhaite beaucoup de bonheur en tout cas.
-Merci madame.
Ellen adressa un franc sourire à la jeune femme. Si celle-ci avait eu son âge, elle avait adoré s'en faire une amie. Mademoiselle Fielding lui plaisait beaucoup. Ce qu'elle ignorait à l'époque, cependant, c'était qu'elle serait présente à ce mariage. Et que l'enfant qu'elle porterait alors deviendrait le souffle-douleur du futur marié.
-Excusez-moi, je vois que mon mari me fait signe.
Shannon lui répondit par un rire.
-Tous les mêmes !
Ellen s'éclipsa en acquiesçant. Anthony était au côté d'un homme qui, lui, était de dos : il venait de se retourner pour attraper une flûte de champagne.
-Ellen, je te présente Keith Vinezzi, notre entrepreneur. Keith, voici ma femme, Ellen.
-Madame, je suis honoré de faire enfin votre... connaissance.
Les yeux écarquillés, Keith Vinezzi s'était tourné vers l'épouse de son ami et venait de réaliser, en la découvrant, à quel point elle était...
-Merveilleuse...
-Nest-ce pas ?
Anthony éclata d'un rire graveleux et s'éloigna vers d'autres convives, non sans avoir donné une accolade à Keith.
-Je... je suis désolé de ma remarque madame.
-Désolé de l'avoir faite, ou désolé de l'avoir pensée ?
-Désolé de l'avoir faite devant votre mari madame.
Ellen émit un léger rire qu'elle tenta tant bien que mal de maquiller, sans grand succès.
-Vous savez monsieur Vinezzi, vous pouvez m'appeler Ellen.
-Je n'oserai pas si vous m'appelez encore "monsieur Vinezzi".
-Alors, je dois abandonner "monsieur Vinezzi" ? Dommage, ça vous va bien.
-Je suis plus à l'aise loin des invitations mondaines.
-Allons Keith, il n'y a donc rien qui vous plaise ici ?
Il se mordit la langue pour ne pas répondre "vous", et cette moue enfantine le rendit, aux yeux d'Ellen, plus craquant encore.
-Et vous Ellen ?
-Et bien, j'ai un secret à vous confier, si vous pouvez le garder.
-Je le conserverai jusqu'à ma mort.
-Et pas après ?
Ils échangèrent un rire.
-Sachez que je déteste les réceptions mondaines. Mais celle-ci me plait beaucoup.
-Ah oui ?
-Oui.
Cette fois, ce fut Keith qui eut du mal à contenir sa joie.
La soirée s'écoula doucement, et avec elle, Ellen et Keith apprirent à se connaître. Etrangement, en quelques heures, Ellen en avait plus dit sur elle à cet inconnu qu'elle n'en avait jamais dit à Anthony. Et elle ne regrettait rien.
-Avez-vous des regrets Keith ?
-Des regrets ?
Il posa sa flûte de champagne sur le napperon le plus moche de la maison (elle lui avait fait faire le tour du propriétaire, et ils en avaient profités pour discuter de la manière dont le jeune homme décorerait la maison si elle était à lui. Ellen avait eu son mot à dire. Et le classement officiel des napperons par leur laideur avait vu le jour. Une idée de la jeune femme.), non sans un clin d'oeil à Ellen.
-Quelques uns sans doute, comme tout le monde. Mais, je tente d'y remédier.
-Keith...
Elle avait murmuré son prénom. Surpris, il avait relevé la tête et murmuré, à son tour.
-Oui ?
-Je crois que je vous aime.
-Alors nous sommes deux.
Keith Vinezzi se révéla être l'homme le plus merveilleux qui soit. Alors qu'Anthony ne cessait de développer une liste sans fin de défauts, Keith, lui, avait commencer par décrire à Ellen, dans des lettres enflammées, ses pires défauts, ce qui avait énormément plu à la jeune femme. Elle avait d'abord tenté de lire tout ceci avec indifférence, de laisser une distance entre le jeune militaire et elle, mais tout cela lui semblait impossible. Au fil des jours, elle s'était sentie plus seule que jamais, et pourtant, elle était désormais entourée, son mari ayant eu l'idée (saugrenue, s'entend bien) de lui engager une dame de compagnie.
La demoiselle n'était pas méchante, mais elle était particulièrement guindée et manquait cruellement d'humour. Au point n s'était réfugiée dans le bureau de son mari, feignant un intérêt soudain pour le métier de son époux.
-Et là, je vais appeler monsieur blahblahblah, pour discuter avec lui du tarif des blahblahblah-blahblahblah, ...
Et Ellen d'acquiesçer...
Seule la plupart du temps, elle recevait néanmoins des appels téléphoniques du continent (après une dispute assez violente durant laquelle l'ouragan Paddington avait démolli une grande partie de la salle de réception, Anthony avait consenti à ce que sa femme ait une ligne privée pour téléphoner à l'étranger, et donc, principalement, à son frère, Clive), ce qui lui permettait de se changer l'esprit.
-... trois moutons ! Je te jure ! Trois moutons !
-Non Clive, c'est impossible, tu mens.
-Je te jure que non, il m'a acheté les trois moutons en les prenant pour des veaux ! Ces anglais...
Et elle avait rit aux histoires stupides de son frère, se rappelant encore l'époque où Clive espérait faire prendre une bouture de brie sur la toison d'un agneau pour faire des moutons-fromages... Il avait cinq ans, et des idées étranges.
-...J'espère pouvoir venir bientôt.
-Venir ? Tu... Tu veux venir ? En Amérique ?
-Bah oui, en Amérique. A moins que tu ne partes vivre en Nénetsie, auquel cas, il va vraiment falloir que je me mette aux langues étrangères...
-Oh Clive ! Quand est-ce que tu viens ?
-Dès que j'ai l'argent pour le billet, je viens de te le dire grande soeur... déjà sénile ?
-Très drôle... Tu sais très bien que je ne t'écoute pas quand tu te parles tout seul. Il te manque combien exactement ?
-Je ne parlerai pas d'argent avec toi.
-Tu préfères en parler avec Anthony peut-être ?
-Avec ton imbécile de mari ? Pour qu'il me traîte de flemmard dépensier au chômage ?
-Clive...
-Passe-le moi !
Et c'est ainsi que monsieur DiNozzo fit venir, en jet privé s'il vous plait, monsieur Clive Paddington dans sa luxueuse demeure de Long Island. Et, bien entendu, ce qui devait arriver arriva.
-Ton frère est un être sans avenir Ellen.
-Pardon ?
-Ecoute-le parler. Il n'a pas ta distinction. Ce n'est qu'un pauvre petit garçon des landes, perdu à l'autre bout de l'océan.
-Peut-être, mais le "petit garçon des landes" a traversé l'Atlantique juste pour venir me rendre visite, lui. J'en connais qui ont juste un couloir à parcourir et qui n'ont jamais fait le déplacement, sauf pour l'heure du souper ! Souper que je ne cuisine même pas moi-même, donc, on ne peut même pas dire que ce soit par amour pour ma cuisine !
Sur ce, la lady quitta la table d'un pas indigné, faisant claquer ses talons sur le parquet ciré. Agacée par le son, elle les retira dans le couloir, tout en marchant, et monta les étages d'un pas vindicatif, ce qui ne manqua pas de faire sortir Clive de la chambre d'ami où il logeait.
Il s'approcha doucement et posa une main sur l'épaule de sa soeur.
-Si tu veux, rentre au pays. Je m'occupe de lui et, le temps que tu sois au chaud devant une bonne tasse de thé avec Mamaí, il sera déjà refroidi.
-Clive, tu ne peux pas me proposer d'exécuter mon mari ! Tu n'es qu'un enfant...
-J'ai grandi. Je t'ai toujours promis de te défendre, quoi qu'il arrive.
-C'est gentil, mais inutile. Et puis, ce n'est pas comme si tu savais te servir d'une arme...
-J'ai grandi.
-Pas assez pour devenir un terrorriste. Pour ça, il faut dépasser sa grande soeur d'au moins trente centimètres.
-Hé ! Avant, c'était vingt !
-Je ne pensais pas que tu les attendrais. Bonne nuit Clive.
-Oíche mhaith Ellen...
Le lendemain, Clive faisait ses bagages. Il avait fait un pari avec Anthony : il aurait un travail et serait plus riche que son beau-frère avant six mois. Un pari qui avait fait rire DiNozzo, certain que le gamin était fou. Ellen, elle, savait que son petit frère allait humilier son mari. Elle savourait la victoire à venir. Et elle la savoura bien plus encore quand elle apprit, une semaine plus tard, lors d'un dîner entre Keith et son époux, que le militaire avait embauché un certain Clive Jones sur un chantier. Il ne tarrissait pas d'éloges devant le courage et le travail du jeune homme et l'avait proposé à un collègue pour un gros chantier en Pensylvannie. Clive serait, selon lui, très bien payé.
Plus le temps passait, plus Ellen voyait Keith. Régulièrement invité à dîner par son époux, le jeune homme se faisait une joie de ne décliner aucune invitation, trop heureux de passer du temps avec sa belle. Il trouvait d'ailleurs toujours le moyen de lui offrir un cadeau (pas forcément des plus chers, mais toujours quelque chose qu'elle aimait, elle). Inutile de préciser que le jeune femme flottait sur un petit nuage.
Plus le temps passait, plus Anthony appréciait Keith. Et plus il appréciait Keith... plus Keith avait le droit de passer à la maison. Un véritable bonheur. Keith avait remplacé la dame de compagnie d'Ellen. Il était tout aussi prude qu'elle. Autant dire que les choses n'allaient pas vite. On était loin du remake de Tristan et Yseult.
Enfin, ça, s'était jusqu'à ce fameux voyage à Venise...
-Mais regarde-moi cette tribu de pigeon !
-Une... tribu de pigeon ? Keith ?
-Je t'en prie, tu vois le nombre de pigeon agglutinés sur ce tout petit bout de bitume ?
-On est à Venise. S'ils ne veulent pas avoir les pieds dans l'eau, ils n'ont guère le choix...
-Je sens comme... de l'amertume dans ta voix. Qu'est-ce qu'il y a ?
-Mais on est à Venise Keith !
-...
-On est à Venise, voyage payé par mon mari. Mari qui, par ailleurs, s'amuse je ne sais où et avec je ne sais qui, alors qu'il m'abandonne dans la ville la plus romantique d'Europe avec son entrepreneur !
-Tu es vexée ?
-Il y a de quoi non ?
-Pour moi, oui.
Elle fronça les sourcils. Keith lui fit un sourire malheureux.
-Je suis à Venise, tout frais payé par le patron, avec sa femme, dont je suis amoureux. Et elle, elle se plaint parce que son mari travaille, alors que je suis là.
Un rire étranglé s'échappa de l'échappe qui couvrait le visage d'Ellen.
-Et le pire Ellen ! Le pire, c'est que je crois que cette femme m'aime aussi ! C'est...
-Consternant.
-Désolant.
-Affligeant.
-Démoralisant.
-Un comble.
-Je suis amoureux.
-Bonne nouvelle.
-Je suis malheureux.
-Arrête de faire l'idiot.
-Je vais me jeter à l'eau.
-Keith...
-Ah, je glisse !
-Keith !
Un gros "plouf" retenti alors que l'italien tombait dans l'eau. Ellen, affloée, se pencha par dessus la gondole. Elle chercha un moment dans l'onde la silhouette de l'homme mais, ne la voyant pas, elle commença à paniquer. C'est alors que la tête de Keith apparu. Il s'ébroua comme un jeune chiot en riant, éclaboussant la pauvre madame DiNozzo.
-Keith, tu es un idiot.
-Déjà dit.
-Tu mériterai d'être châtié.
-J'accepte mon châtiment ma dame, quel qu'il soit.
-Vraiment ?
-Vraiment.
-Soit.
Et elle plongea sa main par dessus bord, plaçant la tête de Keith sous l'eau pour encore une fraction de seconde, sans aucun remord.
-C'était vilain, ça.
-Quelque soit le châtiment, c'est ce que tu as dit !
Ils rirent ensemble alors que Keith remontait dans la gondole, trempé jusqu'aux os. Il embrassa Ellen sur la tempe, ce qui ne manqua pas de la faire rougir. Ils retournèrent à l'hôtel, préférant se changer que d'attraper la mort (Keith ne souhaitant pas ajouter au désespoir d'Ellen).
Alors que la jeune femme jouait à arranger, réarranger, désarranger les fleurs du vase sur la commode, Keith, lui, avait pris une douche chaude et enfilé une tenue plus... décontractée. Une chemise et un jean. Amplement suffisant quand on écoutait l'italien. Légèrement superflu si Ellen avait laissé parler sa conscience.
-Ca va ?
Il se tenait appuyé à la porte, ses cheveux en bataille encore humides. Il avait dû tenter de les sécher, la serviette autour de son cou en étant la preuve, mais le résultat restait terriblement mouillé.
-Viens-là.
Il obéit et alla s'asseoir sur le lit. Ellen prit la serviette et, à genoux sur le matelas, commença à essorer les cheveux du jeune homme.
-Tu sais, tu aurais pu mourir.
-De m'être mal essuyé les cheveux ?
Incrédule, Keith s'était retourné pour la regarder.
Lui assénant un coup de serviette pour qu'il arrête de bouger, elle reprit.
-Mais non eejit ! D'être tombé à l'eau !
-Je sais nager.
-Ce n'est pas une raison pour mourir. Qui te dit qu'il y a une piscine géante au paradis ?
-Tu sais que tu es vraiment folle ?
-A côté de toi, je suis parfaitement saine d'esprit.
-C'est vrai.
Il se retourna encore et lui vola la serviette. Ellen poussa un cri indigné.
-C'est fini, on arrête, je ne pourrais jamais être plus sec que ça. Après, ça s'appelle de l'humain lyophilisé !
-C'est ça, fait ton malin... Moi, je sais ce que je fais. Et je suis certaine que ta mère m'approuverait.
-Je plains les futurs petits DiNozzo.
-Pourquoi "petits DiNozzo" ?
Le silence s'abattit sur la pièce.
-Pourquoi, "petits DiNozzo" ? Keith...?
Le ton devenait déjà vénimeux. Keith aurait pu trembler, prendre la fuite ou attaquer. Mais on lui avait toujours dit que, face à un ours, il fallait rester immobile. Alors, c'est ce qu'il fit.
-KEITH ! Réponds ou je jure devant Dieu que je te ferai avaler tout ton matériel de chantier !
-Tout?
La petite voix blanche de Keith calma un instant Ellen. Jute assez pour que l'italien reprenne contenance.
-Eh bien... c'est que, tu es mariée et...
-Et je suis censée pondre trois marmots à celui qui m'a passé la bague au doigt, c'est ça ?
-Non ! Surtout pas !
Nouveau silence. Cette fois, la jeune femme se mit à rire.
-Oh, ça, c'est très mignon.
-Je...
-Keith...
-Je... Je veux bien que tu aies des enfants avec lui, mais si tu ne l'aimes pas, je préférerai que tu évites.
Elle s'assit sur le lit, à côté de lui.
-J'aime quand tu me dis des choses comme ça.
-Ah bon ?
-Oui.
-...
-...
-Ellen ?
-Hmm?
-Tu veux vraiment avoir des enfants avec lui ?
-Non.
-Tu aimes les enfants ?
-Beaucoup.
-Les garçons ou les filles ?
-Je n'ai connu que Clive.
-Clive ?
-Mon petit frère, idiot.
-Clive... le Clive du chantier ! C'était pour ça ton fou rire l'autre jour ? Et le pique-nique... c'était pour Clive, pas pour moi !
Elle se mit à rire. Il joua les hommes jaloux et malheureux.
-Ce pique-nique, c'était pour moi. Pas pour Toi, pas pour Clive. Juste pour moi. J'avais envie d'aller vous voir.
-Je bosse avec ton frère...
-Mon Petit frère Keith. Tu bosses avec mon petit frère. Cet être merveilleux et travailleur dont la fiche de paie semble faire rager Anthony.
-Et ça t'amuse ?
-Oui. Clive va humilier Anthony. Et on s'en fait une joie, tous les deux.
-Je ne vois pas de quoi tu parles, mais je m'en fais une joie, moi aussi.
Ellen laissa échapper un baillement.
-Fatiguée ?
-Désolée. J'associe toujours Clive et moutons...
Keith sourit et passa un bras autour des épaules d'Ellen, l'attirant à lui.
-Envie de dormir un peu ?
-Mmm-oui. Il est environ quatorze heures, Anthony revient vers...
Elle fut interrompu par l'index de Keith qui lui barrait la bouche.
-Et si tu arrêtais de toujours tout faire en fonction d'Anthony ? Tu veux bien ?
Surprise, elle acquiesça, encore choquée. Keith lui fit un nouveau sourire et s'allongea, Ellen toujours dans les bras.
-Je t'aime. Marmotta-t-elle juste avant de s'endormir, blottie contre Keith.
Ce dernier ne tarda pas à rejoindre sa belle au pays des rêves, avec un sourire qui passerait à la génération suivante.
La suite... bientôt ! (et encore un chap de Washington, et oui...)
