11: Bill
Elle a les cheveux blonds comme le sable de la petite crique, qui dansent comme la brise marine lorsqu'elle fait un pas vers lui, hypnotique. Fleur dépose une tasse de thé sur son bourreau et tente de le distraire de quelque baiser dans le cou, mais c'est peine perdu. À neuf heure rien n'a d'importance que la liste. Les lives de compte ont été balayés par un bras rageur et terrifié, l'encre coule comme une cascade noire le long du pied de table, abîmant l'érable et tachant la moquette rouge. Fleur regarde l'homme de sa vie, il a les yeux humides et le teint blafard, ses jointures sont blanches tant il enserre sa baguette magique, tic nerveux de ceux qui connaissent la violence, et de ceux qui l'appréhende...
À neuf heure, Fleur se sent plus seule que jamais. D'habitude elle contactait Gabrielle, mais les vacances sont finis et, à neuf heure, Fleur est seule dans la maison. Seule avec un homme qui n'est plus qu'un corps vide, transpirant l'angoisse, les yeux fermés, la main serrée sur sa baguette magique, qui ne fait pas même un geste vers la tasse de thé et ignore royalement l'encre noire dégoulinant sur la moquette. À neuf heure, Fleur se demande qui est l'homme assit au bureau du salon, au milieu des livres de compte délaissés et des traités à moitié signés, qui est l'homme immobile face à la radio.
Dans un sens, elle aimerai partager son angoisse, lui dire qu'elle aussi, elle a peur. Mais sa famille est loin, très loin de l'Angleterre, au delà de la Manche... Elle sait, elle sait qu'elle ne peut pas comprendre. Sa sœur lui donne des nouvelles chaque semaine et sa plus grande crainte est de rater son année... Dans ses moments Fleur se sent seule, elle se sent impuissante, elle se sent inutile, elle se sent triste. Elle a peur également, peur de ce qui arriverai si la liste comportait le nom d'un Weasley, peur de la réaction de Bill, peur de le perdre... Alors elle ferme les yeux et se rappelle qu'ils sont protégés, dans la petite crique escarpée, bercés par l'insouciance du ressac de la mer contre les rochers.
À neuf heure le temps s'arrête. Bill laisse son travail s'échouer au sol, lâche sa plume tel un automate, allume la radio, et écoute les noms défiler. Il gémit lorsqu'un nom ne lui est pas inconnu, même lorsque ce n'est qu'une vague connaissance brièvement aperçue... Il frissonne lorsqu'on arrive à la lettre W, et il pleure dès que la liste s'achève. Il pleure longtemps, seul, et derrière, une silhouette longiligne le regarde avec peine. Fleur se sent impuissante, impuissante face à l'homme de sa vie qui se torture à écoute chaque matin les noms, les noms des disparut, les noms des morts, les noms de ceux qu'il ne reverra jamais, les noms de ceux dont la famille pleure.
À neuf heure le temps s'arrête, Bill allume la radio, Fleur tente de nier que l'angoisse le rend fou, elle prépare un thé et essuie l'encre qui dégouline sur la moquette. À neuf heure Bill écoute les noms, et il a peur.
note d'auteur : la première partie est bientôt fini ^^ ce chapitre avait une grande importance pour moi, même si au début je voulais le faire avec Charlie, mais le point de vue de Fleur m'a soudainement semblé intéressant, et puis Bill été l'ainé donc... Ce sont tous ses petits frères. :) j'zspere que vous avez aimés et comme d'habitude les review sauvent les bébés phoques, protègent la capuche d'ozone et empêche l'extinction des pandas, donc n'hésitez pas !
Yaourt3 : merci de ta review ! Un bébé phoque à été sauvé grâce à toi, bravo ! Merci pour avoir laissé une trace de ton passage, j'espère que ce nouveau chapitre t'a plus !
