Loony Loopy Lupin

Et voila, le chapitre livré en temps et en heures... (pour une fois...XD)

Merci à Mel pour la correction ( c'est pas facile !), à Loulou2a pour TES reviews - j'avais oublié de te dire merci au chap' précédent- ainsi qu'à yaone-kami et à tous les lecteurs qui lisent sans commenter...

Disclamer : Les personnages ne m'appartiennent évidemment pas... Et même l'histoire est à JK Rowling... (je ne vous apprends rien si je vous dis que ce n'est pas moi qui ai écrit le tome trois d'Harry Potter...)Mais quand même, il y a un peu de mon imagination !!! (NdMel : et vive ton imagination ! Pour l'imagination grandiose de l'auteur, HIP HIP HIP… Lecteurs : HOURRA !!!)

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Chapitre 10:A dos d'hippogriffe

La vitesse était grisante, et l'air lui giflait la figure. Il n'avait jamais ressenti cela auparavant, et les dernières expériences auxquelles il s'était prêté qui s'y apparentaient plus ou moins dataient d'une douzaine d'années à présent.

Crookshanks avait bondi, surprenant Padfoot, qui restait allongé, caché dans les buissons. Apercevant la proie du félin, Sirius sentit ses veines s'enflammer.

"Scabbers ! NON !" s'écria le jeune homme roux, et Sirius resta sourd à ses hurlements. Il s'élança, faisant gémir ses muscles sous la brutale et puissante pression.

"Laisse-le tranquille! Allez, va-t'en! Scabbers, viens ici! ... Je t'ai eu ! File d'ici, sale chat!"

Crookshanks feula. Les adolescents aperçurent alors l'énorme chien noir se dégageant de l'ombre...

Il n'osait pas fermer les yeux, de peur que la réalité se dérobe. Il n'allait pas mourir! Du moins, pas pour l'instant...

Les branches de Saule Cogneur se stoppèrent dans leur furie destructrice. Padfoot se glissa sous la racine, traînant son fardeau. Une question le tourmentait. Qu'avait choisi Remus? Il sentait son ventre se contracter. Tout dépendait de son choix...

Le sang laissait une traînée pourpre sur ses pas...

Tout était fini. Allait-il un jour revoir Crookshanks? Le chat allait lui manquer... Mais cela avait valu le coup. Remus le croyait. Enfin.

"Je pensais bien que tu viendrais sauver ton ami. Ton père aurait fait la même chose pour moi."

Qu'est ce qu'il lui avait pris? Effectivement, James aurait fait pareil pour lui, mais jamais il n'aurait ensuite écouté l'homme qu'il pensait, même si c'était à tort, le meurtrier de ses parents ! Pourquoi s'était-il mis lui même dans une situation si difficile?

"Très courageux de ta part de ne pas être allé chercher un professeur... Je t'en suis reconnaissant... Ca va rendre les choses beaucoup plus faciles..."

Sa voix, toujours si rauque, ne s'était pas améliorée depuis sa dernière utilisation. Ses mots résonnaient étrangement à ses oreilles, durs et creux... Si vraiment il avait été le traître, il ne s'y serait pas pris autrement pour parler à Harry. Il se détesta. Pourquoi fallait-il qu'il soit aussi gauche?

Buckbeack effectua une brusque ascension dans les airs. Sirius se cramponna à l'encolure de la bête. Toutes ses questions n'avaient pas encore trouvé de réponse, mais cela n'allait pas tarder. Sa vie prenait un nouveau virage. Enfin.

"Il n'y aura qu'un seul meurtre, ce soir.

-Et pourquoi ça? Vous n'avez pas eu ce genre de scrupule, la dernière fois. Vous n'avez pas hésité à tuer tout ces Moldus pour assassiner Pettigrew... Qu'est ce qui se passe, vous vous êtes ramolli, à Azkaban?"

Chacune de ses paroles traçait une blessure indélébile dans son coeur.

"Harry! supplia la jeune fille. Tais-toi!

-IL A TUE MON PERE ET MA MERE !!!"

Il n'était pas vieux, mais plus très jeune, il devait se l'avouer, et avait perdu une grande partie de sa vie. Il en ressentait de l'amertume. Peut-être arriverait-il à se rattraper? Tout dépendrait de la dernière option: Remus.

La boule de poils orangés se précipita sur lui, se jeta sur sa poitrine et s'installa à la place de son coeur. Il cilla, et trembla de la tête aux pieds.

"Va-t'en !"

C'était son combat, sa vie... Crookshanks ne devait pas s'en mêler. S'il devait être livré aux Détraqueurs de la main du fils de son meilleur ami, alors il le serait. Le chat n'avait pas sa place dans l'équation. Même si sa présence le remplissait de courage et de chaleur...

Mais la lueur qu'il percevait dans les yeux jaunes du félin lui confirmait qu'il n'avait pas du tout l'intention de se pousser. Il enfonça même encore un peu plus profondément ses griffes dans sa robe noire et rapiécée. Les secondes s'égrenèrent avec une lenteur presque insoutenable.

Lui pardonnait-il? Sirius avait été absent de sa vie durant une longue période, alors qu'il aurait pu lui expliquer bien avant... Peut-être ne l'aurait-il pas cru... Ou peut-être que si...

-ON EST ICI ! ON EST ICI AVEC SIRIUS BLACK !

Il sursauta. Une seule personne aurait pu se trouver à cet endroit à ce moment précis... La peur l'étreignit. Tout allait se jouer... La porte s'ouvrit en un bruit d'apocalypse, faisant jaillir des étincelles rouges.

Remus, égal à lui même, ses magnifiques yeux dorés brillant d'une étrange lueur, ses mains agitées d'un tremblement presque imperceptible, la bouche légèrement entrouverte, le visage pâle, et cette expression décidée... Il s'imposait sur le décors, semblant se détacher de la réalité.

"Expelliarmus!"

Les baguettes des jeunes gens s'envolèrent. Le lycanthrope les réceptionna habilement. Il se tourna alors vers son ancien amant avec une extrême lenteur, à ce qu'il paraissait à Sirius. Son visage était tellement vide d'expression que Sirius se sentit mal. Les cheveux châtains, parsemés de mèches grises cachaient le haut du front et retombaient avec une élégance distinguée qui lui plaisait tant...

Il retint son souffle. Lupin fit un pas. Son ventre se serra. Un autre.

"Où est-il, Sirius?"

L'Animagus leva les yeux. La vie qui lui avait parut s'arrêter reprit avec un rythme effréné. Pas de haine. Pas de peur. Pas d'indécision. Juste cette farouche question. Il avait choisi.

D'un geste, Sirius désigna Ron, sachant Pettigrew, sous sa forme d'Animagus, dans la poche du garçon.

Il était comme déconnecté de la réalité. Remus le croyait. Il savait. Il comprenait.

Un avenir incertain. Un passé également. Sa vie n'avait trop souvent tenu qu'à un fil.

L'hippogriffe volait haut, et traversa un nuage chargé d'humidité. Même si le mois de juillet débutait, la fraîcheur en altitude battait son plein, et Sirius se prit à frissonner.

-Dumbledore vous a engagé en sachant que vous étiez un loup-garou? s'écria le jeune homme roux, semblant sur le point de s'étouffer. Il est fou?"

Si Sirius s'était senti mieux, il se serait sûrement interposé entre les adolescents accusant Remus, qui, bien que ne le montrant pas, Sirius le savait, prenait chacune de leurs paroles comme autant de couteaux plantés dans la poitrine. Les Maraudeurs n'avaient jamais accepté que l'on insulte les lycanthropes, surtout devant Remus lui-même, qui lui était trop poli et réservé pour se battre ouvertement contre ces principes discriminatoires. Il aurait peut-être également rajouté une couche sur la folie de Dumbledore...

Mais à ce moment là, Sirius avait l'impression d'avoir avalé plusieurs kilos de plomb. Il allait se venger. C'était cela qu'il cherchait depuis près de treize ans, et à cause de ça qu'il avait enduré ces derniers mois. Mais était-ce la fin de l'histoire? Le sang pulsait dans ses veines, rythmant aux sons de tambours ses désirs de meurtre. N'y avait-il pas d'alternative? Bien sûr, il serait resté camper sur ses positions, mais savoir qu'il n'avait même pas de choix lui donnait l'impression que tout avait été calculé, qu'il était manipulé... Même si c'était parfaitement faux.

-Certains professeurs l'ont pensé. Il a eu beaucoup de mal à convaincre certains de mes collègues qu'on pouvait me faire confiance...

-ET IL AVAIT TORT ! VOUS L'AVEZ AIDE DES LE DEBUT!

L'hippogriffe dut le sentir car après avoir effectué un dernier looping aérien, il amorça une légère descente. L'air était moins frais à une plus faible altitude.

Les explications de Remus soulevaient le coeur de Sirius. Tant de souvenirs... La souffrance était humaine, assurément, mais s'il pouvait y en avoir un peu moins... Il n'y avait aucun trémolo dans la voix du lycanthrope, pas d'expression. Comme si un mur se dressait entre ses pensées et la vie. Remus avait enduré autant de douleur que cela ?

A présent, il se souvenait de la Carte du Maraudeur, avec ses particularités qui leur avaient maintes fois évité des retenues, ainsi que la Cape D'Invisibilité de James qui n'avait pas chômé non plus. Il aurait donné beaucoup, ne serait-ce que pour les revoir une dernière fois...

"Est-ce que je pourrais voir le rat?"Le ton de Remus trahissait sa peur et son appréhension, bien qu'il essayât de le dissimuler, car rien ne pouvait échapper à l'ouïe affinée de Sirius. La colère de celui-ci se réveilla, ayant été apaisée quelques instants par la peur et la présence rassurante Remus à ses côtés. Toutes ces années, il avait attendu ce moment. Il pouvait presque sentir, à présent, le goût du sang.

"Quoi? Qu'est ce que Scabbers vient faire là-dedans?

-Tout." Sirius sentit le lycanthrope trembler. Il aurait aimer lui apporter son soutien, mais quelque chose l'en empêchait... Peut-être avait il peur que Remus le rejette? "Est-ce que je pourrais le voir?" Continua le loup-garou.

Le jeune homme nommé Ron parut hésiter. Sirius pensa vaguement, et le regretta aussitôt, qu'il aurait été plus simple d'assommer les adolescents et de tuer Peter sans leur consentement, ou leur réprobation, d'ailleurs...

Puis le rouquin sortit d'une main tremblante le rat, ou le sorcier, terrifié qui ne cessait de gigoter. Sirius afficha un sourire carnassier, mais personne dans la pièce ne le remarqua, trop occupé à fixer Peter. Remus retint sa respiration.

-Quoi? Qu'est-ce que mon rat vient faire là-dedans? répéta le jeune homme, effrayé mais déterminé, digne d'un Gryffindor, d'après l'avis de Padfoot.

-Ce n'est pas un rat, dit-il avec rage de sa voix éraillée et rauque qu'il ne se reconnaissait pas.

-Bien sûr que si, c'est un rat." Ron n'en démordait pas.

-"Non, murmura Remus, encore plus blanc qu'auparavant. C'est un sorcier.

-Un Animagus. Il s'appelle Peter Pettigrew...

Instantanément, Sirius se sentit mieux. L'hippogriffe était décidément plutôt intelligent. L'Animagus se promit de faire bien attention à lui et de lui trouver un abri et de la nourriture rapidement.

Harry était décidément le digne fils de son père. Venir lui porter secours, alors que Sirius avait estimé cela impossible, à dos d'hippogriffe qui plus est, et bien sûr, au beau milieu de la nuit... Et Remus avait dit que c'était lui qui était en possession de la Carte du Maraudeur! Sirius s'inclinait devant la nouvelle génération.

Sa haine s'était évaporée, étrangement, et il se sentait las et fatigué. Comme s'il n'avait plus assez de force pour entretenir se feu ardent dans son esprit. Il se dit avec soulagement qu'il n'en avait plus besoin, maintenant... Il n'était plus le seul à vouloir réclamer vengeance...

-On leur expliquera après!gronda-t-il, l'envie de vengeance embrasant ses veines. Le contact avec Remus l'avait fait frissonner, et il sentait que c'était réciproque... Toutes ces nuits, il n'avait rêvé que de ça, de l'embrassait, de l'enlacer... Et voila qu'il le repoussait. Peter avant tout, s'obligeait-il à penser.

Il tenta désespérément à se libérer de l'étreinte du lycanthrope, et d'attraper le rat, qui lui tentait par tous les moyens de s'échapper.

-Ils...ont... le... droit...de tout... savoir... haleta Remus, tout contre lui, essayant, en déployant toutes ses capacités de loup-garou d'empêcher son ami d'atteindre le traître... Sirius retenait sa respiration. Pour Ron, c'était un compagnon! Il y a même certaines choses que je n'ai pas encore comprises!" Sirius trembla. Remus ne serait-il pas encore totalement persuadé de son innocence? Il diminua ses efforts pour attraper Wormtail." Et Harry... Tu dois la vérité à Harry, Sirius!" Comme toujours, Remus avait entièrement raison... Harry, le fils de Lily et James, son filleul... Il avait le droit...

Il arrêta de se débattre. Remus soupira.

-Très bien. Dis-leur ce que tu voudras. Mais dépêche-toi, Remus. Je veux enfin commettre le meurtre pour le quel on m'a mis en prison..."

Pourrait-il enfin vivre sa vie normalement? Retrouverait-on Peter, et serait-il innocenté pour de bon? Il l'espérait de tout son coeur. Vivre caché n'était pas vivre pleinement.

La pleine Lune lui fit pousser un soupir. Dans quelques heures, Remus reprendrait sa forme humaine et son esprit... Avec toujours cette même angoisse d'avoir agressé quelqu'un durant la nuit...

Depuis dix mois, il s'était promis d'y remédier. Depuis dix mois, il avait échoué. Mais cette fois, le lycanthrope avait passé sa pleine Lune en sachant la vérité. Cela changerait-il vraiment quelque chose à la donne? pensa Sirius avec amertume...

-Snape? Qu'est ce que Snape a donc à voir là-dedans? Demanda Sirius, suspicieux. Il mettait enfin le doigt sur une question qu'il se posait depuis pas mal de temps déjà.

-Il est ici, Sirius, répondit Remus d'un ton accablé, et malgré toute la tension et le côté dramatique de la situation, Sirius dût se retenir de ne pas esquissé un sourire à la vue de la mine dépitée du lycanthrope. Dans ses yeux, l'Animagus pouvait presque lire: Et tu te rends compte, j'au été obligé de le supporter durant un an ! -Lui aussi est professeur dans cette école."

Sirius se demanda bêtement pourquoi il n'y avait pas penser avant. Sûrement parce que Snape déteste les relations, avec des adolescents qui plus est, et qu'il ne lui serait jamais venu à l'idée de devenir professeur à Hogwarts, souvenir vivant de sa scolarité... mouvementée...

Qu'allait-il se passer pour Remus? Il était un loup-garou, et Sirius, bien que contraire aux lois du Ministère, se demandait comment l'ancien Maraudeur avait réussi à les contourner et à enseigner à Hogwarts.

Au fond de lui-même, il espérait que le lycanthrope ne pourrait plus occuper le poste de Défense Contre les Forces du Mal l'année suivante, et que tout deux auraient le loisir de se redécouvrir...

Peut-être était-il égoïste... Mais Remus lui avait tellement manqué! Cette angoisse sourde persistait... Et si les sentiments de loup-garou s'étaient éteints avec le temps? S'il ne voulait plus de lui?

-Donne moi une bonne raison, murmura Snape, une seule bonne raison de le faire, et je te jure que je le ferai."

La haine de Sirius était tellement intense, qu'il se demandait si il ne pouvait pas briser la baguette du professeur de Potions qui se fichait entre ses deux yeux uniquement avec sa volonté. Comment osait-il? S'attaquer à lui, il comprenait, mais à Remus ! Jamais il ne le laisserait faire...

Snape, lui aussi paraissait hors de lui, mais semblait jubiler intérieurement, ce qui donna envie de vomir à Padfoot. L'homme ne l'emporterait pas au paradis...

A présent, l'aube ne tarderait plus à se lever. Il devait trouver un abri pour Buckbeack et pour lui même. Il ne devait pas se faire voir par des sorciers, et encore moins par des Moldus.

L'hippogriffe, comprenant le désir de son cavalier, diminua encore l'altitude, sans pour autant trop se rapprocher du sol. Sirius constata avec surprise qu'ils survolaient déjà les côtes Sud-Ouest de l'Angleterre. Sirius flatta l'encolure de Buck, trouvant l'animal futé d'avoir longé les cotes, où ils avaient le plus de chances de trouver une caverne ou quelque abri s'y rapportant.

-Bien sûr, souffla Remus qui semblait ébranlé par la constatation. C'était simple... Et remarquablement intelligent..." Sirius aurait aimé lui crier qu'il n'avait pas à s'en vouloir, qu'à sa place, lui non plus n'aurait pas crût Peter coupable... Mais justement, il n'était pas à sa place. C'était lui qui avait passé presque la moitié de sa vie cloître à Azkaban... Et non Remus..." Il se l'est tranché lui-même?

-Juste avant de se transformer, cracha-t-il, se souvenant douloureusement de ces moments de souffrance... Quand je l'ai immobilisé dans un coin, il s'est mis à hurler que j'avais trahi James et Lily pour que tout le monde l'entende autour de nous. Et avant que j'aie eu le temps de lui jeter un sort, il a dévasté la rue en tenant sa baguette magique derrière son dos. Il a tué tous les passants dans un rayon de cinq ou six mètres. Et puis, il s'est transformé et il a pris le fuite par les égouts, avec les autres rats..."

La chance lui souriant une fois de plus, il aperçut rapidement un trou sombre dans la roche d'une falaise en bord de mer. Heureusement que sa fuite avait lieu durant l'été, car il se doutait bien que ç'aurait été radicalement plus difficile en hiver, le froid le tenaillant en plus de la fatigue et de la faim.

-Prêt, Sirius?

Le temps s'était arrêté. Il tenait sa vengeance...

-Ensemble? murmura-t-il du bout des lèvres, ne quittant pas des yeux le rat que tenait Remus.

-Oui, répondit le lycanthrope, la voix légèrement tremblante. Tout devait se faire très vite. A trois... un... deux... TROIS !

Le sortilège était informulé, et les deux anciens Maraudeurs le pratiquaient depuis longtemps. Il leur avait été bien utile au début de leurs transformations, pour reprendre leur forme normale après une métamorphose raté. Bien sûr, à ce moment là Remus n'était pas au courant, mais les trois jeunes homme l'en avaient avertit par la suite.

Sirius retint sa respiration. L'Animagus, touché de plein fouet par le rayon bleu azur, chuta sur le sol. La transformation n'était absolument pas la même que celle basée sur le volontariat, et celle-ci était beaucoup plus surprenante à voir. Les parties du corps grandissaient et grossissaient pour reprendre leur taille, leur couleur, leur pilosité, leur poids et leur forme d'origines avec une lenteur exagérée par rapport à la vitesse naturelle.

Peter, charnu, le crâne dégarni, le nez retroussé, et cet air qui donnait pitié et en même temps du dégoût. Les yeux rentrés dans leurs orbites de Sirius s'allumèrent d'une lueur sanglante. Il dût faire appel à toute sa volonté pour ne pas tuer immédiatement le traître.

"Bonjour, Peter, dit Remus sur un ton qui paraissait détaché et joyeux- mais qui en vérité ne l'était pas du tout, Padfoot le savait, tout le corps et les gestes du loup-garou le criaient... Ca fait longtemps qu'on ne s'est pas vu."

-S...Sirius...R...Remus"

Le premier interpellé fixa l'Animagus rat avec dédain et hargne d'un niveau si élevé qu'il en était indéfinissable.

"Mes amis... Mes chers vieux amis..."

Sur une légère pression du talon sur le flan gauche de Buckbeack, Sirius intima à l'hippogriffe d'entamer sa descente vers l'abri qu'il avait choisi pour passer sa nuit. Le vent agita ses cheveux noirs et sales, comme s'ils étaient animés d'une vie propre.

-Sirius... C'est moi... C'est Peter... Ton ami... tu ne vas quand même pas...

Sirius fut empli d'un profond dégoût et d'une rage sans nom. Comment pouvait il encore lui parler? Oser le regarder en face? Le supplier d'épargner sa vie alors que lui avait gâcher treize ans de la sienne ?

Il se retint au dernier moment de lui lancer un coup de pied violent. Pas encore...

-Ma robe est suffisamment sale, ne la touche pas en plus! cracha-t-il, le seul moyen qu'il avait trouvé pour extériorisé toute la haine qu'il ressentait.

Le rat se tourna alors sur Remus, jetant son dévolu sur le loup-garou.

-Remus! Tu ne vas pas croire tout ça... Sirius te l'aurait dit s'ils avaient changé de Gardien du Secret..."

Ce dernier serra les mâchoires. Voila qu'ils abordaient un sujet glissant... Un sujet qu'il avait à la fois hâte et appréhendait de parler...

"Il ne me l'aurait pas dit, s'il pensait que c'était moi, l'espion... C'est bien pour cette raison que tu ne m'as rien dit, Sirius?"

Le dernier des Black fixa son ancien amant avec une tristesse non dissimulée. Durant tout l'année qui avait précédé le meurtre de Lily et James, les quatre Maraudeurs savaient pertinemment qu'il y avait un traître parmi eux. Chaque jour, Sirius faisait attention, se méfiait, mais la nuit... Chaque nuit, lorsqu'il rejoignait Remus, il mettait tous ses doutes de côté... Il ne voulait pas penser à ce que l'amour de sa vie ait pu un jour le trahir. Il ne voulait pas y réfléchir, ne pas avoir à lui cacher certaines choses... Mais il se le devait... Qui cela aurait-il put être, sinon Remus? Certainement pas Peter, le petit Peter, pas assez intelligent pour aller à Ravenclaw, pas assez ambitieux pour Slytherin, pas assez loyal pour Hufflepuff, et juste assez brave pour Gryffindor...

Il s'en voudrait sûrement le reste de sa vie pour cette erreur de jugement.

-Pardonne-moi.

Dans son coeur, il voulait demander pardon pour bien d'autres choses...

-Bien sûr, Patmol, mon vieil ami, dit Remus, insistant sur ces derniers mots, comme sur le fait que tout n'était pas encore réglé, que leur ancienne relation viendrait toujours les hanter... Et toi, tu me pardonnes d'avoir cru que c'était toi, l'espion?

-Evidemment, répondit Sirius, le coeur pesant lourd dans sa poitrine " Et pour tout le reste" pensa-t-il...

Toucher le sol lui fit un bien fou, mais ses jambes engourdies pas le froid de l'altitude et par ces heures restées dans la même position ne le portaient plus. Il s'écroula sur le sol de la caverne en poussant un glapissement étouffé. Puis, en se traînant laborieusement avec ses bras jusqu'à l'intérieur de la cavité, saisit sa baguette de remplacement pour allumer un feu.

"NON!"

Le cri résonna comme des tintements de cloches aux oreilles de Sirius. Pourquoi non? A la grande surprise de son parrain, Harry se plaça entre Pettigrew, l'assassin de ses parents, et les deux baguettes brandies.

-Vous ne pouvez pas le tuer, dit le jeune homme, l'air affolé et relativement perdu, des mèches de cheveux lui tombant sur le visage. Vous ne pouvez pas le tuer!"

Sirius respectait le fils de Prongs, et au court de l'année avait découvert pour lui une affection insoupçonnée... Mais de quel droit se permettait-il de lui dicter sa conduite ?

-Harry, c'est à cause de cette vermine que tu n'as plus de parents. Ce lamentable détritus t'aurait même tué, toi aussi, sans le moindre scrupule, dit-il d'une voix creuse. Tu l'as entendu. Sa répugnante petite personne avait beaucoup plus de valeur à ses yeux que toute ta famille."

-Je sais. Mais il faut l'emmener au château. Nous le livrerons aux Détraqueurs. Il ira à Azkaban... Ne le tuez pas... lâcha Harry, semblant cette fois déterminée et campée sur une décision inébranlable.

-Harry! Merci... C'est plus que ne mérite... Merci...

-Lâchez-moi. Je ne fais pas ça pour vous. Je le fais parce que je pense que mon père n'aurait pas voulu que ses meilleurs amis se transforment en tueurs... simplement à cause de vous..."

Sirius pensa distraitement que peut-être la fumée attirerait quelqu'un et signalerait sa présence. Il prit donc tout de même la peine de jeter un sort de camouflage sur le feu. Il se sentait fatigué, encore plus qu'auparavant...

-Vous plaisantez? Bien sûr que je veux quitter les Dursley ! Vous avez une maison? Quand est-ce que je peux m'y installer?

Sirius ouvrit de grands yeux ronds, étonnés par tant d'enthousiasme...

-Tu veux vraiment?

-Oui, je veux vraiment!

Buckbeack se rapprocha de lui, et Sirius s'appuya sur le fort flanc de la bête.

Il sentait les griffes déjà gorgées de sang pénétrer dans sa peau, à travers les poils, et les crocs le mordant sans relâche. Bien plus qu'une souffrance physique, les souvenirs des Pleines Lunes passées avec James et Peter s'imposaient à lui, et il n'était pas aussi vif qu'il l'aurait souhaité.

Il tenta vainement de retenir la bête pour ne pas qu'elle se rende en liberté dans la forêt, mais c'était peine perdue...

Sirius ferma les yeux. Il pourrait enfin dormir paisiblement... Pour la première fois depuis bien longtemps...

Le Détraqueur s'approcha de lui en glissant sur les airs. Pourquoi s'était-il retransformé? Il savait pourtant pertinemment que les Gardiens d'Azkaban avaient moins d'emprise sur lui sous sa forme animale! Mais sa capacité de réflexion avait été réduite à néant. Dans son esprit, il entendait des cris, des pleurs, des supplications... Comment, si peu de temps après un bonheur presque parfait, tout pouvait être aussi sombre, froid et dur? Allait-il mourir? Perdre son âme?

Plus aucune pensée heureuse ne parvenait à lui donner un semblant d'espoir. Il se sentait vidé de toute son énergie. "Dommage que je n'aie pas eu le temps de demander à Remus s'il pourrait un jour me pardonner..."

Il sombra dans l'inconscience...

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"On ne m'avait jamais dit que les Français étaient aussi... excentriques..." (1)

Sirius sentit son coeur se serrer lorsqu'il se rappela que Crookshanks ne lancerait pas une réplique ironique pour confirmer ses propos. Un groupe de jeunes gens composé essentiellement d'adolescentes qui semblaient surexcitées et hystériques passa devant lui.

La banlieue parisienne n'était peut-être pas le meilleur endroit pour se cacher, s'était-il dit immédiatement, lorsqu'il avait survolé pour la première fois cette région de la France, mais après une réflexion plus approfondie, il avait finalement admis que la foule était en fait le moyen le plus pratique pour dissimuler son existence... Qui ferait attention à lui dans une ville de plus d'un million d'habitants? De plus, il avait trouvé une cavité idéale pour cacher l'hippogriffe aux yeux des Moldus.

Il n'était jamais venu dans ce lieu et découvrait cette agglomération et sa banlieue avec joie et curiosité, et dans la journée, il se prenait même à passé des bon moments... Jusqu'au soir, où ses ennuis qu'il avait presque réussi à semer le rattrapait...

Les Paris-Brest, les baguettes françaises, le fromage et le vin éveillait en lui un désir de tout découvrir, et il ne se retenait pas.

Il avait l'impression de vivre dans un autre univers, où il n'avait jamais été arrêté, et où il pouvait vivre comme il le désirait... L'idée de rester chez ses voisins au drapeau bleu blanc et rouge traversa vaguement Sirius, mais il la refoula aussitôt... Si ce jour il était libre de toutes contraintes, qui lui prouverait que ce serait la même chose le lendemain? Le Ministère finirait bien par le retrouver, ou tout du moins sa trace... Bien sûr, cette fois, il avait Dumbledore avec lui, ce qui était un avantage non négligeable. Mais ce dernier, dès que l'Animagus lui ferait par de cette envie de demeurer en France le rappellerait alors immédiatement à l'ordre en lui ordonnant que se déplacer sans arrêt...

Il s'arrêta à la terrasse d'un café. L'été et les vacances permettaient aux étudiants de sortir et de se retrouver entre amis, comme le groupe qu'il avait vu passer précédemment, et ce fut donc sans surprise qu'il vit deux couples d'adolescents en train de siroter quelque jus de fruit ou autre boisson, et quatre amis qui semblaient avoir la vingtaine, lui rappelant étrangement James, Remus, Peter et lui, et il se sentit un peu nostalgique.

Vers la fin de l'après-midi, après avoir fini de visiter le quartier dans lequel il se trouvait, il retourna dans l'hôtel Moldu où il s'était payé quelques nuits. Le gérant lui fit un signe de la main quand il passa devant lui, et lui lança un "Bonjour" hésitant avec un fort accent. Sirius lui sourit en retour, appréciant l'effort et le regard chaleureux que l'homme lui lançait. Au fond de lui même, il savait que si ce dernier s'était douté qu'il était l'homme le plus recherché de Grande Bretagne en cet instant, il aurait été beaucoup moins amical. Mais l'Animagus avait pris ses précautions et modifiant légèrement son aspect, car à cause de la baguette de remplacement et de la baisse de son niveau de magie lors de son "séjour" à Azkaban il ne pouvait faire plus en maintenant le sort, et avait éclairci ses cheveux et ses yeux ainsi qu'arrondi sa mâchoire. Mais tout de même, seuls Remus et, peut-être, Dumbledore aurait été capable de le reconnaître, pensait-il.

Sa chambre n'était pas des plus luxueuse, mais avait un bon rapport qualité/prix, et Sirius s'en contentait, surtout qu'il aimait beaucoup l'ambiance et la bonne humeur des français y séjournant... Il s'écroula sur le lit, qui émit un grincement plaintif. Lui rappelant un peu celui qu'avait fait la porte du cachot de Hogwarts quand elle s'était ouverte, dévoilant...

"Professeur Dumbledore...

-Sirius...

-Heureux de voir que vous vous portez toujours aussi bien."

Sirius, recroquevillé sur lui même dans un coin sombre de la pièce s'avança en son centre, là où la faible lumière parvenant de la Pleine Lune qui illuminait les cieux au dehors pouvait l'éclairer, dévoilant ses yeux enfoncés dans leurs orbites, son teint cireux et ses joues creuses. Dumbledore entra doucement dans la pièce, ne semblant pas craindre, comme tous les autres avant lui le prétendu meurtrier.

"Malheureusement, je crois que je ne peux pas en dire autant de toi...soupira le vieil homme.

-A qui la faute?" Il n'y avait aucune personne visée en particulier, hormis Peter... Devait-il en vouloir à la mère du traître pour avoir mal éduqué son fils? A James et lui pour avoir écarter Peter lors des dernières années de la vie de Prongs? Dumbledore qui n'avait pas su voir le coup de venir? Qui n'avait pas su différencier le vrai du faux? Au monde entier de l'avoir cru coupable?

Le directeur ne pouvait répondre qu'à une seule accusation: avoir laissé Remus seul toutes ces années... Mais chaque chose en son temps.

Un grand silence fit place à la réplique de Padfoot.

" Il me semble que Remus n'a pas pris sa potion, ce soir." fit finalement Dumbledore, après avoir jeté un coup d'oeil par la fenêtre.

"Bien que je ne sache pas de quoi vous parlez, effectivement, j'ai entendu Snape dire quelque chose dans ce genre là, lorsque... quand..."

Sirius ne put continuer, une boule s'était formée dans sa gorge. Tout s'était pourtant si parfaitement déroulé... Mais cela avait dut échouer. Où avaient-ils commis une erreur?

"Vous me croyez coupable, n'est-ce pas, professeur?" interrogea Padfoot avec amertume. Le vieil homme redressa ses lunettes qui avaient glissé sur son nez.

"Il est vrai que tout t'accuse... Mais je me pose des questions. Des questions auxquelles j'aimerais que tu me répondes."

Sirius fut surpris par cette réplique, et garda sa bouche hermétiquement close, attendant que le directeur reprenne la parole.

"As-tu pénétré dans le château le soir d'Halloween?

-Oui.

-Remus t'a-t-il aidé?

-Non! Remus ne savait pas que...

-Et la nuit suivant le match de Quidditch Gryffindor/Slytherin?"

Sirius ignorait comment Dumbledore savait qu'il suivait précisément la saison de Quidditch, qu'il avait réussi à garder le compte des jours, mais le fait était que ses hypothèses étaient vérifiées.

"Egalement.

-Et Remus?

-A essayé de m'arrêter."

Dumbledore semblait réfléchir intensément. Il se lissa la barbe.

"Etais tu le Gardien du Secret de James et Lily Potter?

-J'aurais du.

-Je repose ma question.

-Non. C'était Peter."

Si le vieil homme ne semblait pas étonné outre mesure, Sirius, lui, devait lutter pour garder son sang froid. Comment le directeur pouvait-il être aussi calme? Aussi détendu? Les mains de l'Animagus, elles, tremblaient. C'était de son âme dont il était question, de sa vie, de son passé, et surtout, de son avenir.

"Etait-ce l'espion?"

Sirius sentit son ventre se nouer.

-Depuis le début. Il a renseigné Lord Voldemort des déplacements et des actions de Lily et de James durant un an avant leur mort... Et lorsque... Lorsque je lui ai donné l'occasion de devenir leur Gardien du Secret, en pensant que cela pourrait brouiller les pistes, puisque tout le monde pensait que ce serait moi, il en a profité pour aller les vendre à son Maître...

Dumbledore le regardait fixement, une étrange lueur dans les yeux.

-Comment? Comment as-tu fait pour t'échapper d'Azkaban?

-De la même manière que je suis rentré ici, je suppose.

-Tu supposes?

-Azkaban est gardée par des Détraqueurs, et elle est remplie de fous. Qui garderait l'esprit clair dans ce lieu?

-Et comment as tu pénétré dans Hogwarts?

-...

-Sirius, ce secret n'en est plus un!

-Il ne vous l'a pas dit durant une année, je ne le dirai pas non plus.

-Il le savait?

-..." Sirius su qu'il avait commis une erreur, et en voulut à Dumbledore pour l'y avoir forcé. "Il s'en doutait...dit-il finalement.

-La situation a changé. Il ne t'en voudra pas si c'est pour prouver ton innocence.

-Sans vouloir vous manquer de respect, professeur, je pense que vous n'en savez rien." Son ton insolent démentait ses paroles, et la colère le gagnait.

-Et pourquoi donc?" Demanda Dumbledore, qui n'avait pas l'air agacé, mais plutôt curieux et compatissant ce qui énerva encore plus Sirius.

"Etiez-vous auprès de lui durant ces douze années?" dit-il si sèchement et durement que même le vieux sorcier cilla.

"Ceci est l'erreur d'un vieil homme." Soupira Dumbledore en regardant l'ancien détenu d'Azkaban par-dessus ces lunettes en demi-lune, avec ses yeux bleus limpide, calmes et sereins, qui donnaient plus que tout à Sirius envie de le frapper.

"Eh bien il y a certaines erreurs que ce vieil homme en question ferait mieux de ne pas faire, répliqua-t-il acerbement, ne décolérant pas.

-Je te l'accorde. Mes fautes se cumulent, ces temps-ci, dit-il simplement.

Sirius se leva d'un bond. Il ne supportait plus la vue de ce vieil homme, de ses lunettes en demi-lunes, de ces yeux bleus si clairs, de cette barbe blanche, de ce ton si calme... Il eut envie de le remettre à sa place une fois pour toutes, de le frapper, de lui faire comprendre qu'il n'aurait jamais dût quitter le lycanthrope, au pire moment de sa vie, là où Sirius n'était pas là pour lui...

Il se contenta de se retourner d'un geste brusque vers la fenêtre. Il savait que la violence n'atteindrait jamais Dumbledore.

"Tu aimerais me frapper, Sirius?

-...

-...

-...

-Je suppose que te dire que je suis désolé ne te suffira pas.

-Effectivement, mais de toutes façons, ce n'est pas moi qu'il faut aller voir. C'est lui. Et lui, il vous pardonnera sûrement. Beaucoup plus facilement qu'il ne me pardonnera à moi.

-Sirius...

-Professeur!

-Je te comprends, crois moi, mais il faut que tu me dises comment tu as fait pour rentrer dans le château... Comment pourrais-je te croire complètement si tu ne me le dis pas?

-Je n'ai pas besoin de votre compassion, et je me fous que vous me croyiez ou non. Remus le sait, et Harry aussi. C'est tout ce qui compte.

-Tu te trompes. Tu sais très bien que tu ne sortiras jamais d'ici en vie, ou tout de moins avec ton âme, sans moi. Mais tu dois me faire confiance.

-J'avais confiance en vous, professeur. Mais vous n'avez pas tenu vos promesses. Vous ne m'avez pas fait confiance, et vous n'avez été là que pour Harry, et encore, d'après ce que j'ai entendu, très relativement... Sans vous occuper de ceux qui restaient..."

Dumbledore baissa les yeux pour la première fois, et garda le silence.

"Mais vous aviez oublié un point, professeur -à présent, l'appellation sonnait comme ironique lorsque Sirius la prononçait- c'est que vous alliez avoir besoin de nous plus tard... Maintenant, vous n'avez plus qu'à ramasser les restes, et récolter ce que vous avez semé..."

Un silence lourd de reproches s'installa dans la pièce. Sirius savait qu'il avait gagné, mais n'en tirait aucune joie.

"Pensez vous pouvoir honorer votre parole, cette fois? lâcha Sirius, ne supportant plus le malaise poignant qu'il ressentait.

-Je ferai tout mon possible pour cela, Sirius."

Ce dernier hésita quelques instants encore.

"Tout a commencé il y a à peu près vingt ans, lors de notre seconde années à Hogwarts, quand nous avons appris que Remus était un lycanthrope..."

Les quelques minutes de repos qu'il s'était octroyé furent radicalement abrégées par un bruit étouffé provenant de la fenêtre. Avec un étonnement non dissimulé, il vit un oiseau entièrement noir, sans compter le centre de ses pupilles d'un jaune canari, essayé par tous les moyens de pénétrer dans la chambre.

Mi curieux, mi amusée, Sirius se précipité pour aller lui ouvrir.

L'oiseau se jeta sur lui et l'aveugla dans une boule de plumes et de poils noirs. Sirius saisit l'animal à deux mains et l'éloigna le plus possible de lui. A sa patte droite était accrochée une lettre. Padfoot sourit, et décrocha le parchemin. Sur l'enveloppe, était marqué d'une écriture fine et soignée, à l'encre noire: Sirius Padfoot Black.

La bonne humeur de l'Animagus monta encore d'un cran, et il se dépêcha d'ouvrir le message que Remus lui avait envoyé.

"Mon cher Padfoot,

J'espère que tu as réussi a trouvé un petit coin tranquille quelque part loin de La Grande Bretagne où tu as pu te cacher, ainsi que l'hippogriffe Buckbeack. Dumbledore m'a raconté tout ce qui c'était passé cette nuit là. Tout est de ma faute. Encore une fois...

J'ai dû démissionner de mon poste de professeur de Défense contre les Forces du Mal- à croire qu'il est vraiment maudit- car le secret concernant ma lycanthropie a malheureusement été découvert, et je ne désire pas plus que cela recevoir des lettres de parents furieux venant de toutes parts ni mettre le professeur Dumbledore dans l'embarras. Ce dernier m'a d'ailleurs contraint à aller habiter dans un manoir au bord de la mer à Bristol, qui surplombe une falaise, car il dit qu'il lui sera plus facile de garder un oeil sur moi, à croire que je ne suis pas plus vieux que les premières années à qui j'ai enseigné les rudiments de la Défense l'année passée... Mais de toutes façons, je ne vois pas comment il pourrait me surveiller si je me trouve à l'autre bout de l'Angleterre!

Je ne t'écris pas que pour te dire ces informations futiles, mais pour te prévenir. J'ai besoin de te voir. Il faut qu'on parle. Sans témoin, juste toi et moi... L'occasion ne s'est pas présentée jusque là, mais je compte bien tirer profit du "cadeau" du directeur. Je sais que tu ne devrais pas venir en Grande Bretagne, et que c'est dangereux, mais si tu penses pouvoir le faire, ce qui ne m'étonnerait pas vu la tête brûlée que tu es, cela comptera beaucoup pour moi. Il y a beaucoup de choses que nous devons mettre au clair.

Prends bien soin de toi, et envoie moi rapidement une réponse pour me dire si tu pourras revenir. Fais très attention.

Amitiés, ton Moony.

PS: L'oiseau se nomme Sny et risque de te sauter dessus quand tu lui ouvriras. Ne le frappe pas trop fort."

Sirius ne garda pas le sourire tout le long de la lettre. La formule de politesse, plus précisément, lui arracha une grimace... "Amitiés"... N'y avait il plus que de l'amitié entre eux? Mais malgré cela, une douce chaleur se répandit dans son corps. Remus lui avait envoyé une lettre. Remus voulait lui parler. Ils allaient enfin mettre au clair leurs sentiments. Et dans l'ensemble du message, seuls quelques mots restèrent gravés dans la mémoire de l'Animagus. La promesse de se revoir...

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(1)Désolée, je n'ai pas pu m'empêcher d'incérer des Français excentriques dans mon récit...( ne vous inquiétez pas, je me tape déjà la tête contre un mur...)

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Voili voilou ! Le dernier chapitre PoV Sirius ! J'espère que vous avez aimé...

MEL : Réactions à chaud : aaaaaaaaaaaw, sortez les mouchoirs ! non, en fait, abandonnez les kleenex, prenez plutôt un parapluie…