Rekha se dirigea vers la lisière de la forêt pour essayer d'échapper à sa vision mais elle savait que cela ne servait à rien. Elle avait peur. La jeune femme s'assit dans les feuilles mortes et se mit à pleurer. Pas de chagrin mais de peur. Elle avait peur de la suite des événements, peur de l'ennemi, peur aussi pour ses compagnons de route. Rekha avait beaucoup de responsabilités à assumer et de décisions à prendre. Depuis que la dame de Lorien lui avait parlé, cela l'avait marqué profondément. Elle avait changé, elle était toujours en proie au doute. Soudain, alors qu'elle pleurait, elle vit le bracelet offert par les Elfes émettre une lueur bleutée en direction du Nord. Rekha avait un mauvais pressentiment, elle ferma les yeux et se projeta mentalement vers le Nord. Elle n'en croyait pas ses yeux : Boromir avait l'intention de prendre l'anneau à Frodon. La jeune femme se mit à courir jusqu'à eux. Elle découvrit Boromir affalé sur le sol, la mine coléreuse. Rekha s'approcha doucement de l'homme qui semblait s'être transformé en une bête n'ayant plus ses repères. Elle décida de lui parler sur le ton de l'humour.

« - Boromir, que faites-vous par terre ? Vous cherchez des champignons ?

- Non, laissez-moi, il est a moi, a moi seul, mon précieux !

- Précieux, de quoi vous parlez ?

- De l'anneau ! Cria-t-il brusquement contre Rekha

- Calmez-vous, où est Frodon ?

- Ce sale petit hobbit a disparu

- Il faut le retrouver et vite avant que l'ennemi ne le repère et ne le capture.

- Non, vous ne me prendrez pas l'anneau !

- Je ne veux pas vous le prendre, cet anneau est à Frodon pas à vous Boromir.

- Non ! Je le veux, aidez moi à le retrouver !

- Je ne le peux car il n'est pas à vous.

- Non !

Rekha avait été douce jusque là mais voyant que Boromir ne voulait pas l'écouter elle décida d'hausser le ton.

- Boromir ! Ce n'est pas vous, vous n'êtes pas vous-même, revenez à la raison ! Dit-elle en posant une main sur l'épaule de l'homme.

- Rekha ? C'est vous ?

-Oui, c'est moi.

-Où est Frodon ?

- Il est partit car vous vouliez lui prendre l'anneau.

- Je…je…

-Ne vous en faites pas, il va bien. Ne vous culpabilisez pas, vous n'étiez pas dans votre état normal.

- Non, l'anneau, j'ai essayé de le lui prendre !

- Il faut partir Boromir, vite, allez relevez-vous !

- Oui. »

Les deux individus se mirent à courir en direction du campement mais, ils virent des trentaines d'orques débarquaient à travers les arbres. La jeune femme tomba nez à nez avec quatre orques. Ils foncèrent droit sur elle, Rekha se baissa et profita de sa position pour asséner plusieurs coups aux deux premières créatures. Elle se releva aussi vite qu'elle s'était baissée. Rekha laissa s'approcher les deux orques restants et sauta par-dessus les imposantes créatures pour leurs couper la tête. Pendant le combat, elle remarqua les hobbits, cachaient derrière des buissons épineux, ils avaient peur. Elle aussi avait peur, peur pour sa vie et pour celle de Boromir. Rekha aperçut Boromir qui essayait tant bien que mal de se défendre contre la multitude d'orques qui arrivait sur lui. Tout à coup, elle entendit un bruit sourd qui prit fin. La jeune femme se retourna et vit Boromir, une flèche dans sa cage thoracique. C'est à ce moment précis que la rage de vaincre ces Orques ce fut encore plus forte pour les hobbits et Rekha. La jeune femme redoubla d'efforts mais celle-ci tomba au sol après une parade de son ennemi. Elle rampa pour essayer d'attraper son épée. Mais, l'orque lui écrasa le bras de sa puissante jambe. Rekha releva la tête et vit le visage de son agresseur. Il était répugnant alors qu'il s'apprêtait sa lame pour tuer la jeune femme, une épée para le coup. C'était Boromir qui, malgré la douleur continuait à combattre. Cependant, c'était son dernier coup avant de s'écrouler par terre. Rekha se leva et protégea Boromir tant qu'elle le pouvait. Elle parait les flèches, esquivait tant bien que mal les coups d'épées de ses adversaires. Elle attrapa l'homme par les aisselles pour le soutenir tant qu'elle le pouvait. Mais, le chef des Orques qui se tenaient en retrait lui tira une flèche sur le côté gauche du corps ce qui la fit s'écrouler par terre. La jeune femme respira profondément et cassa la flèche qui l'avait fait tomber par terre. Le chef s'avança et prit Rekha par la gorge et commença à resserrer son emprise autour de la gorge de Rekha. Elle ne pouvait plus respirer, elle sentait que le vide commençait à s'emparer d'elle. Mais, Aragorn courut en direction de l'orque qui relâcha aussitôt Rekha. Elle prit de grandes bouffées d'air. Tout tournait autour d'elle, la jeune femme essaya de se relever mais vacilla.

A la fin du combat, Aragorn accourut vers Boromir qui, avait reçu plusieurs flèches. L'homme avait la peau blanche comme un linge et avait beaucoup de mal à respirer. Rekha quant à elle avait réussi à se rapprocher de Boromir comme elle le pouvait.

« - Non ! Non ! S'exclama Aragorn.
- Ils ont enlevés les petits !
- Restez tranquille.
- Frodon. Où est Frodon ?
- Je l'ai laissé s'en aller.
- Alors vous avez fait ce que je n'ai pas pu faire. L'Anneau. J'ai essayé de le lui prendre.

Rekha, elle, ne savait pas quoi dire ni faire. Elle assistait cette scène de désolation et de mort. Elle prit alors les mains de Boromir et les serra dans les siennes qui commençaient à être tremblantes. Aragorn les rejoignit et serra les mains de la jeune femme et de l'homme qui, à présent était mourant. Ce geste était alors comme la preuve de leurs amitiés.

- Sachez à présent que l'Anneau est hors d'atteinte.
-Rekha, pardonnez-moi pour toutes les paroles stupides que je vous ai dites, mes propos n'étaient pas aussi fondés que je le pensais. Aragorn, pardonnez-moi. Je n'avais pas réalisé. A cause de moi vous avez tous échoué.

- Non, arrêtez de parlez comme cela, tous les hommes font des erreurs mais se ravisent ensuite. Boromir, vous êtes un loyal compagnon, murmura Rekha qui sentait ses forces s'amenuisaient.
- Vous avez combattu bravement. Votre honneur est sauf.

- Laissez cela. C'en est fini. Le monde des Hommes s'effondrera. Tout ne sera que ténèbres. Et ma cité sera détruite.
- J'ignore quelles sont les forces qui nous restent, mais nous vous jurons que nous ne laisseront pas prendre la Cité Blanche. Ni notre peuple échouer.
- Notre peuple ! Notre peuple ! Je vous aurai suive, mon frère, mon capitaine, mon Roi !

C'est avec ces paroles remplies d'espoir que le jeune homme mourut. La jeune femme laissa échapper quelques larmes qui roulaient sur ses joues. Aragorn, fit de même.
- Reposes en paix, fils du Gondor, lâchèrent l'homme et la femme dans le silence morbide qui régnait autour d'eux. »

Rekha s'effondra sur le sol, elle n'avait plus la force. La force de lutter pour sa vie, de se lever, tout simplement la force de vivre. Mais, dans les méandres de sa inconscience, elle entendit une voix douce s'adressait à elle.

« - Rekha, réveillez-vous, s'empressa de dire Aragorn avec douceur en lui posant une main sur le front.

La jeune femme ouvrit ses yeux emplis de larmes.

L'elfe se dirigea vers la jeune femme qui, visiblement était contente de le revoir et l'aida à se relever mais une horrible douleur lui traversa les côtes. Aragorn avait fait du mieux possible pour soulager Rekha mais la blessure prendrait du temps à guérir. Mais, ce n'est pas cela qui inquiétait la jeune femme, Boromir était mort, mort par sa faute. Elle s'en voulait terriblement de ne pas avoir eu une vision à cet instant, cela aurait permit de sauver la vie à son compagnon de route. Legolas l'interrompu dans ses pensées.

« - Ne vous culpabilisez pas, vous n'êtes en aucun cas responsable de la mort de Boromir.

- Mais, si j'avais eu une vision à ce moment là, il serait encore en vie.

- Non, il faut regarder vers l'avenir et non vers le passé.

- Oui, vous avez raison. »

Les compagnons installèrent alors le corps de l'homme du Gondor dans une des barques elfiques. Rekha prononça alors des incantations dont elle seule savait le sens. En effet, c'était pour que l'esprit de Boromir quitte son corps et qu'il soit réincarné par une autre forme de vie. Après cette tâche pénible, l'elfe prit la parole, visiblement pressé de rejoindre les deux hobbits.

« - Dépêchez-vous. Frodon et Sam vont atteindre la rive orientale. Vous n'avez pas l'intention de les suivre.
- Le destin de Frodon n'est plus entre nos mains.
- Alors tout aura été fait en vain. La Communauté a failli.
- Pas si nous restons loyaux les uns envers les autres. Nous n'abandonnerons pas Merry et Pippin à une mort atroce. Pas tant qu'il nous restera des forces. Débarrassons-nous de tout ce qui n'est pas nécessaire. Voyageons léger. Allons chasser de l'Orque.

- Je suis d'accord avec vous, allons exterminer ses pourritures, dit Rekha.
- Oui ! Ah ! Ah ! S'exclama le nain. »