Confessions. Par Draco Malfoy.
Disclaimer : L'univers d'Harry Potter appartient à J.K. Rowling.
Genre : Slash.
Couple : Harry-Draco
Petite note : Merci à Dalou et Leelo qui ont accepté de me suivre encore une fois pour cette fic. Merci également à tous les lecteurs en espérant ne pas vous décevoir.
Désolée pour le grand, immense, retard. Je sais que c'est impardonnable... J'espère que vous ne m'en voudrez pas trop...
Chapitre 10.
« Comme je suis joueur, je vais te définir les règles. »
Le sourire sadique du Lord Noir m'a donné de violents frissons. Il savourait d'avance la souffrance qu'il allait infliger à Harry.
« Tu vois ces personnes... » a-t-il continué.
Harry a alors aperçu pour la première fois cette famille si semblable à la sienne. J'avais longtemps imaginé sa réaction, le voyant tour à tour éclater de rire, faire une moue dégoûtée ou fondre en larmes, mais je n'aurais jamais pensé à une réaction aussi violente : il a brutalement pâli, vacillant un instant sur ses jambes avant de se rétablir dans un équilibre fragile. Il m'a ensuite jeté un regard perdu qui m'a brisé le cœur avant de se tourner de nouveau vers les Moldus apeurés.
Je me suis levé, voulant courir vers lui, voulant le prendre dans mes bras, voulant lui dire que ce n'était rien, que tout était fini, mais Vous-Savez-Qui a fait disparaître ma bulle et m'a envoyé un Doloris qui m'a ôté toute envie de rébellion.
Cela a quand même eu un effet positif : Harry est sorti de son état d'abattement pour contrer le sort de douleur et m'enfermer dans un bouclier magique aux légères teintes violines. Si j'étais maintenant protégé des sorts, Harry se retrouvait seul face au Lord Noir et je n'avais plus aucun moyen de l'aider.
Puis, mon Gryffondor a de nouveau reporté son attention sur les Moldus et les a observés avec beaucoup d'attention.
J'ai un moment craint qu'il ne retombe dans un état d'hébétude, mais il a levé un bras dans leur direction, faisant apparaître dans un mouvement souple du poignet une protection magique aux lueurs noirâtres. J'ai tout de suite compris que cette dernière était l'œuvre du Seigneur des Ténèbres, mais je me demande encore comment Harry a pu dévoiler sa vraie nature alors qu'elle nous apparaissait jusqu'à maintenant comme un bouclier très ordinaire.
Le Lord a paru un instant déstabilisé lui aussi, mais il s'est vite repris et a lancé un rire qu'il voulait sinistre.
D'accord, j'avoue qu'il le réussissait très bien : j'ai senti en entendant ce son démoniaque les poils de tout mon corps se dresser au garde-à-vous.
Le petit Johann, quant à lui, s'est serré contre sa mère qui tentait de le rassurer.
À l'étonnement de tous, moi le premier, Harry a répondu au rire du Lord Noir par un sourire un peu triste. Puis il a pris la parole d'une voix posée, presque tendre.
« Mon pauvre Tom, tu ne t'es pas amélioré dans l'art de la communication. »
Le Seigneur des Ténèbres s'est figé en entendant ce prénom. À cette époque, je ne savais pas encore que le Lord Noir, alias le Seigneur des Ténèbres, alias Vous-Savez-Qui, alias Voldemort pour les quelques courageux qui arrivent maintenant à prononcer son nom, avait eu une autre identité avant, qu'il avait eu une enfance, des parents...
Lorsque j'ai entendu Harry appeler ce grand sorcier presque immortel « Tom », sa prestance a tout de suite diminué.
Tom.
Pas tout à fait un prénom, presque un diminutif, prononcé d'une voix douce et maternelle par le Survivant.
Puis Harry a fixé Vous-Savez-Qui, le visage soudain impassible, sérieux, impressionnant.
« Quelles sont tes règles ? »
Le ton était sec, sans réplique. Le temps des jeux et des politesses était passé.
« Eh bien, comme tu as pu le constater par toi-même, je me suis amusé avec ces Moldus pour qu'ils te rappellent quelques souvenirs. Un papa et une maman aimants et vivants, entourant un petit garçon brun, aux lunettes rondes et à la cicatrice en forme d'éclair. Voici la famille Potter reconstituée. On va voir si tu es plus doué que tes parents pour les sauver. Mais j'en doute, tu n'as déjà pas pu aider tes deux amis... »
Harry s'est légèrement tendu, mais il a réussi à garder un calme remarquable.
« Explique-toi.
- Eh bien, comme tu le vois, j'ai entouré cette brave famille d'un bouclier magique qui va transférer tous les sorts que tu m'enverras sur ses occupants. Tu veux une démonstration ? »
Harry n'a pas répondu. Il a légèrement froncé les sourcils, attendant avec appréhension la suite.
Vous-Savez-Qui a alors pointé sa baguette vers son propre corps et a lancé un violent Doloris.
Le hurlement m'a fait bondir, un hurlement inhumain, insupportable, intolérable, la souffrance d'un enfant.
Le petit Johann se tordait de douleur dans les bras désespérés de sa mère, impuissante.
Son cri s'est arrêté aussi vite qu'il avait commencé, laissant le gamin tremblant et hagard. Un voile de compassion m'a envahi ; ayant moi-même subi ce sort, ayant moi-même été prêt à tout sacrifier pour ne jamais ressentir une fois de plus cette souffrance, je ne pouvais tolérer de voir cet enfant innocent endurer une telle chose.
Depuis quand étais-je devenu si ouvert aux autres ?
« Tu comprends mieux la situation, petit Potter ? Soit tu les tues pour espérer pouvoir me toucher ensuite, soit tu les épargnes et tu abandonnes le combat.
- Si j'abandonne, vous les relâcherez ?
- Mais bien sûr.
- Et Malfoy aussi ?
- Pourquoi te séparer de ton tendre ami ? »
J'avais envie de hurler, de dire à Harry de ne pas le croire, mais ma langue était comme engluée à mon palais. En même temps, j'avais envie qu'il fuit, qu'il nous laisse, qu'il reste en vie, mais je savais qu'il ne supporterait jamais d'être la cause de notre mort.
Harry a relevé la tête et s'est mis à rire, un rire léger, un rire frais, un rire comme il n'en avait plus eu depuis très longtemps.
Puis il s'est arrêté et a regardé Vous-Savez-Qui d'un air sérieux.
« Vous pensiez vraiment que j'allais vous faire confiance ? »
Le Lord Noir a haussé ses épaules pointues.
« Il faut croire que j'ai perdu mon sens de la persuasion... Mais je t'aurais prévenu. »
Sans crier gare, il a lancé une volée de sorts à Harry que le Survivant a dévié sans aucune difficulté mais sans jamais les rendre.
Pendant un temps qui m'a semblé infini, Vous-Savez-Qui a jeté des Sortilèges que Harry évitait. Le regard de mon brun se posait souvent sur les Moldus, comme s'il cherchait une solution à ce problème inextricable. La femme suppliait Harry du regard pour qu'il sauve son enfant.
Aucun des deux grands sorciers ne semblait fatiguer.
Enfin, Vous-Savez-Qui a arrêté l'attaque dans un rire rauque.
« Tu te défends bien, petite vermine, mais si tu n'attaques pas, jamais tu ne pourras gagner. »
Harry s'est contenté de lui sourire, un sourire pâle et sans joie. Puis, il lui a répondu d'une voix plus assurée.
« Si tu ne me touches pas, Tom, toi non plus tu ne pourras jamais gagner. »
Le sourire du Mage Noir s'est fait rictus alors que sa colère enflait. Il est alors reparti dans une série de sorts d'une violence effarante.
Harry n'avait aucune peine à les arrêter. Pourtant, il semblait ailleurs, les yeux dans le vague, presque spectateur.
Il se dégageait de lui une impression de facilité, comme s'il chassait une mouche d'un geste vague de la main.
Vous-Savez-Qui devait avoir la même sensation car sa rage augmentait d'une façon impressionnante.
Puis, alors que la situation paraissait s'enliser, Harry a créé autour de lui un bouclier doré et il a commencé à concentrer de la magie entre ses mains.
Vous-Savez-Qui a hésité un moment avant de rire grassement.
« Tu te décides enfin à attaquer, petit vermisseau ? »
Harry ne lui a pas répondu. L'avait-il seulement écouté ? Moi, je le regardais, la peur au ventre, me demandant s'il allait vraiment attaquer son adversaire en sachant que ce seraient les Moldus qui prendraient le sort.
Le Mage Noir essayait toujours d'atteindre Harry mais ses sorts rebondissaient de manière anarchique sur la protection qui entourait le brun. En fond sonore, on entendait la Moldue supplier pour que l'on sauve son fils.
Et soudain, le bouclier doré s'est évaporé, Harry a dirigé ses mains vers les Moldus, envoyant dans leur direction un flash de lumière turquoise qui nous a tous aveuglés.
Dans l'obscurité de mes paupières closes, j'ai senti quelque chose s'agripper à moi. J'ai voulu le rejeter, mais une douce tiédeur venant de mon dragon blanc m'a distillé une impression de quiétude.
Quand j'ai pu de nouveau ouvrir les yeux, j'ai d'abord vu Harry qui se dressait devant le Seigneur des Ténèbres stupéfait.
Dans la bulle contenant les Moldus, il n'y avait plus que deux adultes.
Et serré contre moi se tenait le petit Johann, bien à l'abri derrière le bouclier de mon brun.
Lorsqu'il a vraiment compris la situation, Vous-Savez-Qui est devenu fou de rage. Il a lancé dans notre direction un Avada Kedavra d'une force effrayante. J'ai vu notre dernière heure arriver alors que le rayon vert se précipitait vers nous. Mais au dernier moment, le bouclier aux teintes violines s'est mis à briller plus intensément et a désintégré le sort.
Harry, quant à lui, reformait déjà une boule de magie entre ses doigts fins, mais Vous-Savez-Qui a remarqué ses gestes et a renforcé la prison noire d'un lent mouvement de baguette.
Le visage de mon brun s'est légèrement tendu et il a cessé d'accumuler sa magie.
« Tu croyais que j'allais me laisser avoir deux fois de suite ? Tu as pris l'enfant, mais tu n'auras jamais ses parents. »
Le combat a repris avec plus de force encore, mais cette fois-ci, Harry répondait aux sorts de Vous-Savez-Qui. Ne croyez pas qu'il lançait des Doloris ou autres sorts dangereux.
Non, il se contentait de sorts mineurs, comme une modification de la couleur des cheveux ou celle des vêtements. Il associait à chaque fois différents sortilèges comme s'il cherchait l'association adéquate lui permettant de passer outre le bouclier de magie noire.
Le temps semblait comme suspendu entre les deux sorciers. Je commençais à voir les premiers signes de fatigue de part et d'autre.
Alors que les sorts s'essoufflaient, Vous-Savez-Qui s'est arrêté, observant attentivement le Gryffondor en face de lui, un rictus de rage sur le visage.
Harry, quant à lui, était presque désespéré. Il n'avait trouvé aucun moyen pour annuler la magie de la bulle sombre. Il n'avait plus aucun espoir : jamais il ne pourrait atteindre le Lord Noir sans blesser les deux Moldus.
C'est alors que la voix de la femme s'est élevée.
« Je vous en prie, achevez-nous... »
Harry s'est violemment tourné vers elle et a murmuré un « non » presque inaudible.
« Je vous en prie, c'est la seule solution pour sauver mon fils. Si vous mourez, combien d'autres enfants ce monstre fera-t-il encore souffrir ? Pour Johann comme pour tous les autres qui viendront après, vous devez le faire. »
Harry a baissé la tête, les poings serrés. Vous-Savez-Qui regardait la scène, curieux de connaître la suite. Johann s'était blotti contre moi et inconsciemment, j'ai resserré mes bras autour de lui.
« Je ne sais pas pourquoi vous vous retrouvez devant cet homme alors que vous êtes si jeune. Je devine le fardeau que vous devrez porter en accédant à ma demande. Mais ça ne doit pas vous arrêter. Je ne connais pas cet homme, mais je sais que s'il survit, notre terre deviendra un enfer vivant. »
Vous-Savez-Qui n'a pas pu s'empêcher de rire face aux paroles de la femme.
Harry a longtemps regardé les Moldus, puis il s'est tourné vers le Sorcier Noir. Avec un sourire un peu triste, il a fermé les yeux et, dans un tourbillon de lumière opaline, il a laissé place à un magnifique Dragon d'Albâtre aux écailles d'un blanc éclatant, à la queue rouge sang et aux yeux d'or.
De son museau s'échappaient des volutes de magie pure.
Il était d'une beauté irréelle, d'une pureté telle que le regarder était presque douloureux.
Vous-Savez-Qui était pétrifié. Lui si fort, si impressionnant, si sûr de lui, était d'une pâleur mortelle. Il avait perdu presque toute sa superbe.
Le Dragon, enfin Harry, a légèrement reculé son élégante tête puis a projeté un flux de magie vers le sorcier déchu. Le souffle s'est enroulé autour de Vous-Savez-Qui puis s'est dirigé vers les Moldus, les entourant presque avec tendresse.
Alors, l'homme et la femme se sont endormis dans les bras l'un de l'autre, un sourire de pur bonheur aux lèvres.
Je n'ai compris que lorsque j'ai vu une larme, comme une goutte de cristal, tomber sur la peau pâle de Harry.
Les Moldus étaient morts. Harry les avait tués.
