Martha apparu sur sa passerelle du Carthage, le poing levé et le regard plein de colère. Elle resta figée un moment, surprise de se retrouver tout à coup sur son vaisseau. Ses officiers de passerelle la regardaient tous, tout aussi éberlués.
- Capitaine, risqua alors son premier officier. Tout va bien?
Elle baissa le poing et se calma.
- Contactez l'Enterprise immédiatement.
- Oui capitaine.
Sur l'écran, le visage de Riker apparut.
- Capitaine Batanide, n'étiez-vous pas dans la salle de conférence?
- Commander Riker, je crois que vous êtes familiers avec l'entité Q.
Le visage de Riker passa de la surprise à l'inquiétude. À ce moment, Picard fit son entrée sur la passerelle, il portait un padd dans la main gauche.
- Commandeur, je crains que nos ennuis ne soient plus importants que nous le croyions au départ.
- C'est ce que je constate. Le capitaine Batanide vient de m'apprendre que vous avez reçu la visite d'une vieille connaissance.
- On peut dire ça.
Il se tourna vers l'écran.
- Capitaine Batanide, est-ce que je peux vous parler sur une fréquence privée dans mon bureau?
- J'allais justement vous le proposer.
L'alerte rouge retentit alors sur l'Enterprise et la communication se coupa sur le Carthage.
- Capitaine, dit alors son officier tactique. Neufs vaisseaux klingons viennent de surgir de nulle part et attaquent l'Enterprise.
- Alerte rouge, levez les boucliers et mettez-moi ça sur écran.
La sirène retentit et l'image de l'Enterprise entouré de neuf oiseaux de guerre klingons s'afficha. Quatre des vaisseaux klingons foncèrent alors vers le Carthage.
- Appelez-les.
- Pas de réponse.
- Capitaine, coupa alors l'officier à l'OPS, il s'agit d'un vieux modèle hors service depuis au moins cinquante ans. Ils ne sont pas de taille à nous affronter.
- Alors, visez les distrupteurs et tirez.
Un tir de phaseur atteint l'oiseau de guerre de plein fouet.
- Tir directe, ils n'ont plus d'armement.
Entre temps, le Carthage reçu les tirs nourris des trois autres vaisseaux.
- Boucliers à 76%
- Désarmez-en un autre!
L'oiseau de guerre fit quelques manœuvres pour éviter le tir. Le pilote bougea le Carthage et l'officier tactique tira à nouveau et réussi à désarmé le deuxième vaisseau.
- Boucliers à 65%
- Continuez!
Après quelques manœuvres difficiles, les deux autres attaquants furent désarmés.
- Capitaine, ajouta l'OPS, l'Enteprise a réussi à désarmer ses attaquants.
Les vaisseaux klingons se volatilisèrent alors.
- Se sont-il camouflés?
- Négatif, répondit l'OPS, ces anciens modèles devraient être faciles à détecter avec les senseurs de nos vaisseaux et là il n'y a plus rien.
- Ils sont retournés dans leur réalité, comprit Martha.
- Leur réalité, demanda son officier tactique?
- État des dommages?
- Dommages mineurs à la coque, les boucliers ont tenus, mais les moteurs orbitaux ont perdu 50% de leur énergie. Les rayons tracteurs sont hors d'usages.
- Commandeur Taylor, dit-elle à son premier officier. Réunissez les officiers pour une réunion dans dix minutes. Je dois parler au capitaine Picard avant.
Elle se dirigea vers son bureau.
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Le lieutenant-commandeur Data n'avait pas perdu de temps, dès que la réunion s'était terminé, il avait constitué une équipe de sept officiers, lui-même, le commandeur Laforge, Léa, le lieutenant Lefler, le lieutenant Barklay, le lieutenant Tabiot et l'enseigne T'Rok. Ils s'étaient installés à l'ingénierie et ils travaillaient à programmer une sonde spécialement équipée pour ce genre d'anomalie. Leur travail avançait bien et Léa était impatiente d'étudier les résultats de la sonde quand son communicateur bipa.
- Enseigne Roberge, reportez-vous immédiatement à mon bureau.
C'était la voix du capitaine. Elle était perplexe : il n'était pas courant qu'il s'adresse directement à elle sans passer par son officier supérieur. Elle activa son communicateur.
- J'arrive, capitaine.
Elle s'y dirigea, inquiète. Elle sentait qu'il se passait quelque chose d'autre. Elle avait remarqué un changement dans le comportement du capitaine depuis qu'elle s'était réveillée après son retour de mission et elle ne cessait de se demander si elle avait été inconsciente tout le temps ou si elle avait déliré et révélé des choses gênantes. Mais ça ne pouvait pas être pour ça qu'il l'avait appelée à son bureau.
Elle arriva devant la porte, hésita et sonna.
- Entrez.
Elle entra. Le capitaine était assis derrière son bureau.
- Vous pouvez vous asseoir.
Elle obéit. Le capitaine tourna alors son terminal d'ordinateur vers elle. Elle vit qu'il était en communication avec sa tante Martha.
- Je ne suis toujours pas convaincu que c'est une bonne idée, rouspéta Martha.
- C'est à toi de voir, mais c'est sa vie qu'il manipule, elle devrait en être informée.
- Je sais, soupira Martha. C'est à cet argument que je me range, mais réalises-tu dans quelle situation nous la mettons.
- De quoi parlez-vous, coupa Léa?
- Enseigne Roberge, dit alors Picard avec douceur. Le capitaine Batanide a quelque chose à vous dire. C'est assez personnel, alors je vais sortir.
Il se leva et quitta son bureau. Léa resta seule avec sa marraine.
- Que se passe-t-il, dit-elle avec inquiétude?
- J'ai quelque chose à t'apprendre et je suis désolé d'avoir à le faire comme ça et non en personne, mais nous sommes en situation d'alerte, je dois rester sur mon vaisseau.
- Je comprends.
- Ça va te causer un choc : tu as été adoptée.
Léa resta impassible.
- Je le savais déjà.
- Comment, demanda Martha intriguée? Tes parents n'étaient pas sensé te le dire.
- Je l'ai découvert par moi-même quand j'avais 15 ans. Papa avait parlé du fait qu'il faisait du parachutisme avec maman avant ma naissance, mais il a mentionné une date où maman aurait dû être enceinte. J'ai pensé à une erreur, mais après avoir fait ma petite enquête, j'ai trouvé d'autres preuves.
- Je vois, dit Martha. N'as-tu pas eu envie de confronter tes parents à ce sujet?
- Au début oui, mais j'ai réalisé que j'aimais ma vie telle qu'elle était, je n'avais pas envie d'en savoir plus sur mon passé, alors j'ai décidé de ne pas le leur dire, de ne rien changer. Mais toi, tu ne respectes pas leur volonté en me le disant, pourquoi? Et pourquoi maintenant?
Martha pesa chacun de ses mots.
- Léa, tes parents ont toujours voulu te le dire. C'est moi qui ne voulais pas.
- Toi? Mais qu'as-tu à voir là-dedans?
En disant ces mots, Léa comprit.
-Tu es… ma mère!
- Je suis désolée de te l'apprendre comme ça, mais nous avons raison de croire qu'une entité omnipotente appelée Q a provoqué ta naissance en manipulant le temps et ça a peut-être un lien avec ce qui se passe ici.
Léa n'écoutait que d'une oreille distraite, elle n'arrivait pas à le croire, sa marraine, tante Martha, sa mère. Tout se mélangeait dans sa tête. Qui était ce Q?
- Je n'aurais pas dû naître, c'est ça?
- Si ton père n'avait pas voyagé dans le temps, dans son propre passé, tu n'existerais pas. Tu comprends sûrement mieux que moi les implications de tout ça.
Elle le comprit immédiatement. Elle était la preuve vivante de sa propre théorie. Elle devrait se passer elle-même un scanner quantique. Elle devait être entourée d'antichronitons en permanence.
- Oui, je comprends, ajouta-t-elle. Puis-je te demander qui est mon père?
- Peut-être après cette mission, Léa. Ça te fait assez de révélations comme ça pour l'instant et tu dois te concentrer sur ta mission.
Elle soupira, Martha avait raison à ce sujet. Elle ne souhaitait pas une autre révélation fracassante sur son passé.
- D'accord, tante… heu… Maman?
- C'est comme tu veux.
- Je dois y aller : nous nous apprêtons à lancer la sonde.
- Très bien. Je suis désolée, Léa, je ne voulais pas bouleverser ta vie.
Léa ne répondit pas, elle était encore sous le choc et elle sentait la colère monter. Elle avait toujours beaucoup aimé sa marraine, mais elle n'appréciait pas le fait qu'elle lui ait menti toute sa vie. Elle se sentait trahi. Elle se leva et quitta la pièce pour se retrouver sur la passerelle. Elle se dirigea vers l'ascenseur, le capitaine la suivit.
- Ingénierie, dit-t-elle à l'ordinateur.
Le capitaine ne donna pas de destination.
- Tout va bien, enseigne Roberge?
- Vous le saviez, n'est-ce pas?
- Le capitaine Batanide est une vieille amie et l'entité Q, dont elle t'a surement parlé, nous a mis sur la piste.
- Si je le rencontre, je lui dirai ma façon de penser.
- Ordinateur, arrête l'ascenseur.
Elle le regarda, intriguée et un peu mal à l'aise que sa vie privée prenne tout à coup trop de place.
- Q est un être arrogant et prétentieux, commença Picard. Ce n'est pas toujours une bonne chose de croiser sa route, mais sans lui, vous n'existeriez pas. Et depuis que vous êtes sur mon vaisseau, je peux apprécier vos qualités : votre intelligence, votre gentillesse, votre force de caractère. Ses manipulations dans le temps sont discutables, mais le fait que ça a mené à votre naissance, ce n'est quand même pas un si grand malheur.
Elle fut surprise par le compliment inattendu. Elle n'avait jamais pensé qu'il avait une si haute opinion d'elle, surtout après son changement d'attitude envers elle depuis l'attaque des vaisseaux blancs.
Il lui tendit le padd qu'il tenait à la main.
- Je ne sais pas ce que Q prépare, mais je suis sûr qu'il n'aime pas plus cette anomalie que nous. Il m'a donné ce padd. J'ignore si l'information qui s'y trouve est utile ou fiable, mais c'est à vous qu'il revient de le découvrir.
Elle prit le padd et parcouru rapidement les données qui s'y affichaient.
- C'est incroyable, dit-elle! Aucunes sondes n'auraient pu être aussi précises. C'est exactement ce qu'il nous faut. Je dois retrouver mon équipe au plus vite.
