« Hé bien il y a plusieurs raisons qui me viennent à l'esprit » Dit Hermione. « Il y a tout d'abord le fait que je sois née-moldue, notre très ancienne aversion mutuelle, la rivalité entre nos deux maisons, le fait que nous ayons été dans les deux camps qui s'opposaient pendant la guerre. Tu détestes mes amis et ils te le rendent bien. On arrive à peine à tenir une conversation civilisée, et je pourrais continuer »

Drago resta allongé, les mains sous la tête et pensa à une des raisons qu'elle n'avait pas cité : elle n'avait parlé ni de sa tante ni des horreurs qu'elle avait subi chez lui.

« Je comprends pourquoi moi je ne suis pas ton type » Rétorqua-t-il.

« Oh oui » Elle avait dit ça d'une voix traînante mais amusée « Riche, mignon et populaire, pas du tout mon genre »

« Je pensais plus au fait que j'aie été un mangemort » Il tourna la tête pour la regarder « Et si tu crois que je suis populaire, souviens toi de ça »

« Je comprends pourquoi ça pourrait te faire perdre des amis, mais je ne pense pas que tu en aie réellement été un »

Drago essaya de la fixer dans l'obscurité. « Est ce que la guerre a abîmé ton cerveau ? » Demanda-t-il après un long silence. « Tu as l'air d'aller bien mais je sais que les traumatismes peuvent rendre les gens bizarres. Je t'assure que j'en suis un. Du moins je l'ai été. Regarde mon bras, j'ai été marqué. C'était très désagréable et même si je le veux, je ne pourrais pas oublier »

Elle semblait irritée. « Drago, si quelqu'un m'avait tenu pendant qu'on m'appliquait la marque est-ce que ça aurait fait de moi un mangemort ? »

« J'ai tendu mon bras, personne ne m'a forcé » Dit-il en espérant qu'elle comprenne enfin.

« Il n'y a pas que la violence pour forcer quelqu'un à faire quelque chose » Reprit-elle doucement. « Tu étais jeune, ton père était en prison. L'honneur de ta famille, que tu estimais autant que ta propre vie, était en jeu » Il sentit ses doigts effleurer les siens et les serrer : « Tu as été un crétin et un emmerdeur tout le temps ou je t'ai connu, mais tu n'étais pas réellement un mangemort. Pas comme les Carrow, ni comme ta tante »

Drago eut l'impression que se disputer avec elle ne lui apporterait rien, et l'idée que peut être quelqu'un ne le détestait pas à cause de la marque sur son bras, qu'elle ne pensait pas qu'il était un vrai mangemort le séduit suffisamment pour qu'il s'arrête là « Je ne suis quand même pas populaire »

« Eh, la popularité est surfaite, je n'ai jamais eu beaucoup d'amis. Les gens me trouvent arriviste »

Ce fut tellement honnête que Drago rit et se tourna pour la regarder elle plutôt que le ciel sans lâcher sa main. Elle était sur le dos mais avait la tête tournée vers lui. Dans l'obscurité il crut voir un air troublé plutôt plaisant sur son visage. Une nouvelle fois il se demanda qui était cette fille qui avait réussi à faire fuir ses peurs juste en l'écoutant, qui l'avait traîné ici et avait fait en sorte de transformer ses excuses en un espèce de flirt.

Et il commença à comprendre pourquoi une star internationale de Quidditch l'avait invité au bal en quatrième année.

« Attends » Réalisa-t-il. « Est-ce que tu as dis que j'étais mignon ? »

« J'ai aussi dit que tu étais un emmerdeur »

« Mais un emmerdeur mignon » Répondit-il.

« Hé bien, je ne suis pas aveugle. Et j'ai travaillé avec toi toute la journée pendant plusieurs jours. J'ai même mangé avec toi et tu n'es pas déplaisant à regarder.

Il tendit la main et effleura son visage des doigts dans le noir « Tes remarques élogieuses vont me donner un ego surdimensionné Hermione Granger »

Quand les doigts du jeune homme effleurèrent ses lèvres, elle inspira fortement et s'éloigna de lui. « Je crois qu'on devrait rentrer ou on sera trop fatigués pour travailler demain. »

« D'accord » Dit-il. Elle ralluma la lampe et attendit sans le regarder maintenant que la sécurité de l'obscurité n'était plus. « Merci de m'avoir écouté et de m'avoir amené ici. Ça faisait longtemps que je n'avais pas regardé les étoiles et ça m'a aidé.

Elle attrapa ses doigts de la main qui ne tenait pas la lanterne et lui dis « Amis ? »

Il regarda la jeune femme qui se tenait près de lui. Elle avait de nouveau cette lueur dans les yeux et il secoua la tête « Je ne pense pas » Elle le regarda comme s'il l'avait giflée jusqu'à ce qu'il fasse courir de son pouce sur ses lèvres.